Posté le : 08 mars 2026 à 10:14:23
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Comme depuis leur arrivée, le ciel était gris, la pluie tombait à grosses gouttes et le vent soufflait. Autrement dit, le temps à Liberurbo était mauvais, un temps de mois d'octobre après tout. L'hôtel donnait une vue panoramique sur le centre-ville de la capitale de la fameuse république communiste d'Ouaine. En plus de cette vue, l'hôtel possédait une salle de sport plutôt bien équipée, un spa et une piscine intérieure. Le restaurant de l'hôtel était d'excellente qualité et servait une nourriture digne de restaurant étoilé. Pour autant, les deux hommes arrivés récemment par l'aéroport de la même ville la veille n'étaient pas ici pour l'hôtel et ses avantages, quels qu'ils soient ; bien que ces derniers aient abondamment profité des services de ce dernier. Non, en effet, si ces deux bonhommes avaient choisi cet hôtel particulièrement, c'était aussi car il donnait une vue presque directe sur le siège du ministère des Armées de la République démocratique populaire d'Ouaine. Ce ministère était le lieu le plus probable pour accueillir un puissant logiciel. Ce logiciel, désormais convoité par certaines personnes, était en réalité un simple logiciel répertoriant le nombre de missiles balistiques ainsi que leur position que la RDP d'Ouaine possédait. Si ces derniers désiraient ce logiciel, c'était pour une raison simple : depuis quelques années, le gouvernement de la RDP d'Ouaine ne cessait de brandir leur jeu de missiles à la moindre occasion. Les deux hommes, officiellement bozyurts, munis de leur papier d'identité de la même nation, rangèrent légèrement leurs affaires pour laisser la femme de ménage de l'hôtel faire correctement son travail, puis fermèrent la porte de leur chambre et descendirent à l'accueil.
Une fois sortis, les deux hommes marchèrent tranquillement dans les rues de la belle capitale de la république communiste. Le moment n'était surement pas le plus propice en raison de la pluie actuelle se déversant à petites gouttes en grand nombre sur les parapluies des deux hommes. De plus, les rues étaient vides, seulement deux personnes vêtues d'un k-way et munies de parapluies marchaient dans les rues. Tout semblant bizarre. Pas seulement la météo ; mais leur présence, la pluie presque constante, les rues vides, les bruits de pas difformes accompagnés d'un "ploc" régulier, ect. Au bout d'un certain temps de pluies régulières et monotones, la météo se dégrada encore et devint quasiment une tempête. La pluie tombait à grosses gouttes et de plus en plus fort. Les deux parapluies ne suffisaient plus et les deux hommes durent donc se réfugier dans un bâtiment. Ils continuèrent alors leur route puis ouvrirent une porte. C'était la porte du ministère des Armées de la République démocratique populaire d'Ouaine.
La porte donnait sur l'accueil du siège du ministère. L'accueil était rempli d'hommes et de femmes qui ne cessaient de marcher dans des directions opposées, piles de feuilles ou ordinateur en main. Chaque homme et chaque femme étaient proprement habillés d'un uniforme simple : chemise blanche, pantalon, chaussure de travail et cravate. Tous se ressemblaient et marchaient tels des robots effectuant une même tâche en boucle. Les deux hommes restèrent donc là, contemplant le balai des fonctionnaires communistes. Le spectacle put être observé très longtemps, une vingtaine de minutes passèrent avant qu'un des petits fonctionnaires vînt à leur rencontre leur demandant ce qu'ils faisaient donc, posés debout comme des piquets dans l'entrée du ministère des Armées d'Ouaine.
— On est entrés à cause de la tempête, on pouvait pas rester dehors, vous comprenez.
— Oh oui, ce n'est pas grave. Asseyez-vous sur les sièges prévus pour les visiteurs et attendez que la pluie se termine. Vous inquiétez pas, je comprends, on a une fuite depuis quelques jours, c'est horrible ! La pluie tombe dans le bâtiment et on ne peux rien faire pour arrêter ça.
Les trois hommes continuèrent quelque peu leur conversation pendant quelques instants puis l'Ouanais repartit à ses occupations répétées. Nos deux hommes avaient miraculeusement constaté que la tempête de pluie dehors avait enfin cessé et repartaient donc eux aussi à leur occupation. Cette petite visite dans les locaux du ministère des Armées avait été très productive finalement. Une brèche s'était créée et permettrait peut-être aux deux espions de récupérer leurs informations tant convoitées. La bureaucratie de la RDP d’Ouaine allait leur couter cher, très cher. Le chemin de retour vers l'hôtel fut d'abord silencieux, on entendait encore et comme à l'aller les bruits de pas et les gouttes de pluie fine faire leur "ploc" habituel. Cependant, une fois arrivés dans l'ascenseur de leur lieu de séjour, ils s'exclamèrent.
— C'est bon, on l'a notre entrée !
— Exact ! Moi qui me disait que cette météo ne nous aiderait pas, j'ai eu tout faux.
La discussion se coupa nettement. L'ascenseur venait d'arriver à leur étage. Ils descendirent donc de ce dernier et marchèrent dans les couloirs vides en direction de leur chambre. Leur pas sur le sol en moquette rouge se faisait entendre dans tout l'étage. Un des deux inséra sa clé dans la porte, fit un tour vers la gauche, puis un second. Il rencontra une petite résistance, tira la porte vers lui et termina ce second tour de clé et la porte s'ouvrit. La chambre d'hôtel avait bien été nettoyée lors de leur absence. Elle sentait une odeur presque universelle, celle du nettoyant pour sol que l'on trouvait dans la quasi-totalité des magasins peu importe le pays. Les lits avaient aussi été faits, ils avaient été faits au carré. Les serviettes étaient posées sur le bord du lit, pliées en forme d'un petit serpent sur l'une, pliées en forme d'un petit oiseau sur l'autre. Une fois s'être assuré que personne ne les écoutait et que personne ne pouvait les entendre, l'un prit la parole.
— Écoute, ce qu'on va faire, c'est que demain, on ira tous les deux, dans une tenue de chantier, à l'accueil de leur ministère des Armées tout comme on a fait aujourd'hui, à la seule différence que cette fois, on ira nous-mêmes dans la direction de la salle informatique. Avec un peu de chance, leur fonctionnaire robotique nous laissera passer et continuera sa tâche ridicule, nous laissant donc seuls. À ce moment-là, toi tu iras sur un des ordinateurs et tu copieras rapidement le logiciel qui nous permettra de localiser et de savoir combien l'Ouaine a de putains de missiles balistiques. C'est juste parfait !