Codigo
A la demande de notre représentante dame Taliska Strakhova, moi, Colonel Cadio Oye Valera, soumet l'ouvrage dit du "Codigo".
Introduction
AlinéaLe "Codigo" est un ouvrage doctrinal et militaire qui théorise la pratique de la "guérilla". Notes prises pour l'état-major de la République Fédérale Kartienne:
1. Il sera nécessaire de comprendre le mot lui-même de "guérilla", de "Codigo" et les conflits conventionnels des armées régulières.
2. Le mot "guérilla" n'est pas nouveau, il vient de l'espagnol "guerrilla", il désigne littérairement "un détachement de troupes légères qui effectue la reconnaissance et engage les premières escarmouches". Plus populairement, la guérilla semble désigner une pratique de conflit asymétrique où la partie minoritaire, devant être celle attaquée et sur son propre territoire, use de moyens non-conventionnels contre une armée régulière: Sabotages, escarmouches et embuscades.
3. Le mot "codigo" est un néologisme, il vient de l'espagnol "codigo rojo", qui se traduit littéralement par "code rouge". Le "codigo" servira désormais à désigner le présent ouvrage, ainsi que la méthode militaire qu'il théorise.
4. Jusqu'à lors, les théâtres conflictuels ont en grande partie accueillis des conflits liant des armées régulières. La pratique de guérilla découle très majoritairement d'une guerre asymétrique qui tient origine d'un conflit entre armées régulières. Il est nécessaire de comprendre le déroulement d'un tel conflit en conséquence.
5. La réalisation de cet ouvrage tient pour résultante la guerre dire de "l'Ouest rouge", qui désigne populairement l'invasion de la Loduarie Communiste sur la République d'Antares. A noter que la République d'Antares, actuel Concordat de Shaula, est une franche alliée de la République Fédérale Kartienne.
Un conflit dit conventionnel est multifactoriel, il en existe trop de possibilités pour les traiter dans son ensemble. Il est probant de partir du postulat d'une guerre simple, un conflit entre deux pays frontaliers qui cherchent de part et d'autre à se conquérir. Il existe dès lors trois phrases, en plus d'une accessoire:
1. Désorganisation. La désorganisation consiste à l'avant même du conflit, à préparer le terrain. Elle consiste à l'envoi plus ou moins massif de frappes balistiques sur des infrastructures stratégiques, pour justement désorganiser au mieux le pays adverse. Cela peut se suivre de diverses cyberattaques pour paralyser la chaîne de commandement, ou encore de frappes moins conventionnelles comme l'agent jaune ou le napalm.
2. Domination aérienne. La domination aérienne est la seconde étape, plus ou moins simultanée à la première. Le pays qui contrôle l'air contrôle l'observation directe du front, le pilonnage des troupes adverses et la protection de cet effet sur les siennes. Notre pays la République Fédérale Kartienne, par la théoricienne et Générale Zorya Ernova, a bien compris cet aspect par la "doctrine Andoca". Nous possédons l'une des plus grandes armées de l'air au monde.
Δ. Domination maritime. Aspect accessoire car potentiellement non possible, la domination de l'espace maritime se passe également plus ou moins en simultanée des deux premières étapes. Elle sert avant tout à étrangler le commerce, couper le ravitaillement et devient un potentiel nouveau front de projection.
3. Conflit terrestre. L'ensemble des étapes qui précédent le conflit terrestre lui servent, leur réussite plus ou moins effective qui peut s'additionner complique ou facilite le véritable conflit armée. Il s'agit d'une stagnation des fronts ou d'une guerre éclaire, les armées respectives cherchant à percer le front pour prendre le contrôle d'axes stratégiques et notamment les villes. Cette phase témoigne surtout de l'importance du soutien aérien, de l'artillerie et de la logistique.
Δ. facteurs décisifs. Un tel conflit est multifactoriel, il dépend de nombreux points que sont: La capacité industrielle, le renseignement, la supériorité technologique, l'expérience, le moral, la géographie, les soutiens extérieurs ainsi que la masse.
En conclusion d'introduction, lorsqu'un pays perd contre une armée régulière sur son propre territoire, le choix de la guérilla et du codigo lui est possible. Plus encore, il lui est nécessaire.
Chapitre premier
AlinéaDès la présente, il est amplement nécessaire de comprendre le Codigo, pourquoi il gagne, comment et en quoi il consiste, et de quoi découle-t-il. Ce dernier point a déjà été élucidé, une partie doit choisir cette méthode lorsqu'elle perd une guerre dite classique, régulière et conventionnelle. Sont appelés "partisans" les individus soutenant le Codigo. La question est donc: Comment et pourquoi la méthode Codigo gagne-t-elle ? Il faut comprendre:
1. Que la victoire de la méthode Codigo n'est pas celle des conquêtes victorieuses classiques. Cette méthode est la résultante de l'armée conventionnelle d'en face. Cette dernière contrôle et raisonne par axes stratégiques que sont les villes, les hubs et les administrations. Tout cela sera sous contrôle de l'ennemi, mais le pays ne le sera pas. Le réel combat n'est pas territorial mais humain, le Codigo tient appui dans la population.
2. Que le temps est une arme sacrée. L'armée régulière cherchera la bataille décisive, or il ne faudra pas lui en offrir. Le Codigo réussit lorsque la survie passe justement avant la victoire. Comprendre cette thèse par le fait qu'un partisan mort est un héros, un partisan vivant est un problème tant qu'il l'est toujours. En réalité il doit s'agir d'une guerre d'usure, d'ordre humain et financier.
3. Qu'il ne s'agit pas d'une grande victoire mais d'un ensemble. Les partisans ne doivent jamais attaquer de grandes garnisons ou des armées, ils perdront. Ils doivent effectuer des attaques localisées et perpétuelles afin de déclencher un coût économique drastique pour la partie d'en face.
4. Que pour engendrer ce coût économique, la logistique est le point faible de la partie d'en face. S'attaquer aux ponts, routes, antennes, chemins de fer et dépôts, c'est à cela qu'il faut s'intéresser. Car une fois détruites, ces infrastructures devront être réparées et gardées. Plus les attaques sont incessantes, plus la partie d'en face devra mobiliser ses effectifs pour simplement protéger un territoire déjà conquis.
5. Que la paranoïa est une arme de choix. La guerre doit se faire dans l'ombre, de sorte à instaurer un climat de peur pour la partie d'en face. Le soldat moyen adverse doit être nourri d'une peur perpétuelle: Il doit voir ses frères disparaître, sans aucun jour de repos. Il faut démoraliser les soldats de la partie d'en face, et également l'arrière front. Les civils de la partie d'en face doivent croire que leur gouvernement agit unilatéralement et que l'opération d'invasion n'a pas de sens, si ce n'est celui de perdre de l'argent et des hommes.
En conclusion, le Codigo vise à rendre l'occupation de l'armée régulière plus coûteuse que ce qu'elle apporte politiquement, de sorte à ce qu'elle se demande réellement si son opération tient encore un sens.
Chapitre deuxième
AlinéaLa méthode Codigo dépend en grande partie du soutien de la population, tout comme l'intervention de l'armée régulière d'en face perdra crédibilité si son peuple ne la soutient plus. Il est question d'un maintien de propagande idéologique, la Résistance doit être sacralisée. Il appartient à la culture, et à tout individu à sa plus petite échelle, d'œuvrer pour la survie. La question est: Comment la Résistance peut-elle survivre dans un territoire entièrement occupé ?
1. Le Codigo survit par l'organisation de cellules indépendantes et moyennes, pas de grande taille. La compartimentation évite qu'une simple arrestation ou découverte fasse tomber tout un pactole derrière elle, les cellules doivent communiquer au strict minimum entre elles.
2. Le soutien civil est la clef puisqu'il permet d'éviter l'application d'une politique d'assimilation. La paralysie de la culture signifierait la réduction de légitimité de Résistance, facteurs qui se nourrissent l'un l'autre. Les médecins, policiers locaux, enseignants, ouvriers, tout cela doit participer à la Résistance. La Résistance et la population ne doivent faire qu'un.
3. Il appartient à l'Etat d'entamer, avant même l'entière occupation, la dispersion et la cache de son matériel militaire. Il doit être accueilli dans de multiples refuges, de sorte à ce qu'en trouver un seul soit insignifiant. Ces armes serviront à mener les opérations du Codigo, de destruction ou autre.
4. La communication lorsqu'elle doit avoir lieue est silencieuse, codifiée et clandestine. Elle est liée aux récoltes des renseignements, qui sont d'une importance capitale puisqu'ils permettent de connaître les localisations à attaquer, les effectifs peu protégés et toute cible potentielle.
5. La discipline ne sera pas de fer en l'absence volontaire d'un quartier général fixe, il appartient cependant aux partisans de ne pas se fixer l'idéal du banditisme mais bien d'œuvrer pour la Résistance. La partisan vit du peuple et non sur lui, celui qui vole sert l'occupant.
En conclusion, l'organisation de cellules clandestines et la conservation du matériel militaire s'avéreront une nécessité avant même la défaite officielle.
Chapitre troisième
AlinéaA la présente, il est important de comprendre comment le Codigo doit frapper pour optimiser ses coûts, forces et effectifs. Comprendre:
1. Que toute action dont l'issue est incertaine doit être exclue. Le rôle des renseignements est clef, connaître la cible, sa faiblesse, où, quand et comment. La rapidité n'est pas de mise, c'est l'outil de l'armée régulière. La Résistance fonctionne par l'usure.
2. Que le sabotage des infrastructures sera aux frais de l'armée occupante. Elle devra réparer et protéger la réparation après même sa fin, puisque sans cela, les partisans pourront à nouveau s'attaquer à l'infrastructure. L'armée occupante devra renforcer ses effectifs de plus en plus, c'est par cette immobilisation que le coût augmente.
3. Que les escarmouches et embuscades sont pratiques de choix mais dangereuses. Il n'est pas question d'attaquer des garnisons et des régimes entiers, mais bien seulement des patrouilles isolées, des convois et des détachements dispersés.
4. Que la Résistance ne doit pas rester au même endroit trop longtemps, soit quoi elle sera vulnérable.
5. Que la guerre est psychologique. L'occupant doit avoir la sensation qu'il n'est pas le bienvenu ici, qu'il est un intrus. Il doit avoir la peur qui le nourrit sans cesse, qu'il peut mourir à tout instant, son frère d'arme tout autant. Il est réellement question de terroriser l'armée occupante par des démonstrations: Le soldat mort ne doit pas être camouflé mais exhibé comme un exemple.
En conclusion, la Résistance doit mener une guerre économique et psychologique. L'occupation doit être un gouffre financier, et une terreur psychologique pour ceux qui la pratiquent.
Chapitre quatrième
AlinéaToute action du Codigo entraînera une réaction de l'armée occupante, c'est inéluctable. L'occupant cherchera toujours un moyen de réduire l'ensemble des coûts évoqués. Il faut comprendre:
1. Que l'armée occupante cherchera systématiquement à infiltrer la Résistance, c'est pourquoi la compartimentation en cellules est une nécessité.
2. Que l'occupant cherchera toujours à délégitimer la Résistance par sa propagande, il la traduira par terroriste, criminelle et comme responsable des maux de la population. Il ne faut pas servir l'occupant en lui donnant des éléments factuels d'appui, c'est pourquoi le banditisme et l'exposition des morts doit être réellement organisée et réduite.
3. Que l'occupant cherchera à séduire la population. Il y aurait par exemple la pratique du pardon et de l'amnistie, l'occupant peut très bien promettre aux peuples occupés de devenir occupants eux-mêmes, en échange de leur voix politique.
4. Que la culture sera visée à la destruction. L'occupant cherchera généralement à brûler les institutions politiques et les représentants, ou tout symbole et repère fort pour le peuple. L'ethnocide sera une réalité à fortement prendre en compte, il se traduira par divers moyens.
5. Lorsque l'ensemble des points évoqués n'auront pas suffi, l'occupant œuvrera systématiquement par la répression. Et c'est à ce moment que le Codigo peut l'emporter: L'occupant doit être le premier à lever la main sur la population. Dès lors, cette dernière soutiendra plus encore la Résistance, ou souhaitera à minimum la fin de l'occupation. Polarisation et radicalisation se nourrissent, de tels clivages peuvent entraîner la relance par la guerre civile, beaucoup plus ravageuse pour l'armée occupante. La répression est dangereuse, mais elle peut être tournée à son avantage.
En conclusion, la partie d'en face cherchera en globalité à œuvrer par politique douce au départ, puis lorsqu'elle échoue par la répression. Il appartient à la Résistance de prévoir ces coups et ne pas se faire surprendre.
Chapitre cinquième
AlinéaL'ensemble a été traité, il ne manque plus qu'à comprendre que tout Codigo soutenu à l'extérieur sera considérablement renforcé. Ce chapitre cinquième visera directement la guerre de l'Ouest rouge, puisque tout soutien extérieur doit s'adapter et se muer en fonction de la situation. Ici et à cette heure, il s'agit du soutien de la République Fédérale Kartienne envers sa sœur Antarienne. Il faut concevoir que:
1. La Loduarie ne pourra jamais venir à bout de Karty militairement, elle ne pourra foncièrement pas arrêter son soutien.
2. La Résistance Antarienne bénéficiera des outils Kartiens, qui eux n'ont pas à se camoufler: Analyses, reconnaissances, interceptions...
3. La République Fédérale Kartienne pourra, et fera, des opérations de déstabilisation sur le sol Loduarien: Les cibles militaires sont priorisées. Il appartient à Karty de s'attaquer à cet aspect, la Résistance Antarienne doit s'occuper formellement de son propre territoire.
4. La République Fédérale Kartienne visera un soutien extérieur et international en maintenant la question Antarienne sur la scène du monde, tout en finançant la Résistance afin de l'appuyer et lui éviter le banditisme, facteur qui rendrait impopulaire.
5. Une partie du gouvernement légitime de l'Antares devra se rendre en Karty. Or, cela n'est pas même une suggestion puisque cette occurrence est déjà accomplie. Karty bénéficie de l'appui direct de la Première Dame Pamela Roos, du Président de la République Arthur Dabi, de la Ministre des Affaires Etrangères Clara Malmaison et de la Porte Parole du Mouvement Corvun Lÿsä Köwnatör. Cela appuie considérablement toute légitimité, il appartient à Karty de protéger ces personnalités.
En conclusion, tant que le soutien Kartien sera à l'actualité, l'occupation réellement finale de la Loduarie Communiste sur l'Antares sera obscure et quasiment inatteignable. Or, la République Fédérale Kartienne et la République d'Antares ne sont pas seulement nourries d'accords écrits, mais d'une alliance sacrée dans l'Histoire et la culture.