Lyonnars, le 17 novembre 2018
Ordre du jour:
- Désengagement de la Poetoscovie de l'UICS

Mes bien chers camarades,
Aujourd'hui n'est pas tant pour l'occasion de prendre l’initiative d'une proposition, mais d'effectuer, à l'occasion d'évènements récents, un rappel de ce que représente l'UICS, ainsi que le rôle historique et social que nous lui avons donné.
L'Union internationale du communisme et du socialisme n'est pas un rassemblement de l'entre-soi et de l'autosatisfaction: cela, nous le faisons déjà bien assez dans nos propres pays. Nous ne sommes pas ici pour reproduire les guerres de chapelles que nous opérons déjà avec beaucoup d'enthousiasme. Nous le savons bien, à quel point nous nous efforçons tous de nous convaincre de posséder le système de pensée idéal dans l'optique de l'appréhension de la lutte éternelle et immémoriale qu'est la guerre de classe, que viennent nous livrer des élites depuis la nuit des temps. Donnez leur le nom que vous voulez: maîtres et esclaves, seigneurs féodaux et serfs, ouvriers et patrons... Le visage change, mais la course de l'Histoire est toujours la même.
Nous sommes pragmatiques dans la lutte, évidemment. Nous, forces de la rupture eurycmmuniste velsnienne, nous avons acté le fait qu'il n'existe pas de solution unique visant à mettre fin à cet état de fait, et à permettre l'avènement de la société socialiste. Chaque situation est singulière, et nous ne sommes pas tous à la même étape du dépérissement de l'Etat bourgeois: la réalité velsnienne a contraint le PEV à se structurer selon des principes centralisateurs forts, de même qu'en Loduarie où l'oppression d'un fascisme implacable a contraint les révolutionnaires loduariens à adopter les principes du centralisme démocratique et de de la discipline de parti, tandis que nos camarades kah tanais évoluent dans un société qui a dépassé le stade de la confrontation avec des élites bourgeoises, et a pu se permettre un certain relâchement politique. Nos situations ne sont pas les mêmes, nos oppresseurs ne sont pas les mêmes dans leurs méthodes et la structuration de leur pensée. Cela, nous l’acceptons volontiers, et cette diversité de solutions face au déroulement de l'Histoire constitue, je le pense, une force.
Mais toutes ces variations, je tiens à m'adresser à vous: eurycommunistes, anarchistes, communalistes, sociaux-démocrates radicaux et communistes réformistes, ces méthodes différentes sont le reflet d'un but unique. L'UICS n'est pas là pour enfiler des perles, nous ne sommes pas là pour adoucir la vie, "changer la vie", ou tout autre slogan éculé de sociaux-traîtres conquis par l'état qu'ils rêvaient de parasiter, et qui se sont mis dans la tête que finalement, le capitalisme était un horizon indépassable. Non ! L'UICS regroupe des mouvements divers, mais TOUS ont pour but d'enclencher la prochaine étape de l'Histoire. Nous avons de la place pour communistes, communalistes et anarchistes de tous bords, mais en aucun cas pour les tièdes et les mesurés. En aucun
cas pour ceux qui ont abandonné la mission d'émancipation qu'ils se sont donnés en entrant dans cette Internationale.
Pourquoi vous dis-je tout cela ? Toutes ces paroles qui paraissent des acquis à la quasi totalité d'entre nous ? Parce que précisément, le poison de la trahison est venu s'infiltrer jusque dans nos institutions. Il a profité de notre hospitalité et de notre solidarité, il a prétendu être des nôtres, il a partagé nos réunions et nos conseils. Nos "camarades" poetoscoviens ont cru bon quitter l'UICS. Cela, en soi, n'est pas un crime: nous ne sommes pas prêts, parfois, à la lutte et à l'intégration de nos causes dans un système de partage de ressources à l'international. Cela arrive. En revanche, de la Poetoscovie, il y a un scandale réel qu'est celui de la raison de ce retrait, et de l'attitude qu'ont eu ses représentants tout au long de leur expérience au sein de l'Internationale.
Depuis le premier jour, ses délégués se sont montrés tièdes parmi les tièdes. Ceux-ci n'ont fait preuve d'aucune manifestation de bonne volonté, d'aucune détermination à la mise en commun de nos luttes, d'aucun travail de réflexion en matière de pensée politique. Encore aujourd'hui, nous ne saurions les classer dans aucun courant si ce n'est celui de l'acceptation de l'ordre capitaliste. La seule chose pour laquelle ses dirigeants ont été doués, j'ai l'impression, a été de cultiver la traîtrise de classe: que ce soit dans le cadre de son absence totale de soutien vis à vis de la CSN lors de ses démêlés avec les réactionnaires du Khardaz, de son rapprochement plus que suspect avec l'OND, ou encore dernièrement de l'opposition à l'opération de libération des prolétaires antariens par l'armée loduarienne, qui a été la raison ayant déclenché le processus de retrait de la Poetoscovie de l'UICS. La Poetoscovie, de même, n'a jamais cachée ses ambitions impérialistes au Nazum, qui viennent s'opposer aux principes mêmes de notre organisation, qui résident en l'émancipation des peuples de toute tutelle d'un colon. Ainsi, nous prenons acte, outre ce retrait, de la trahison de ses dirigeants vis à vis de la seule cause qui vaille: celle des travailleurs et de leur libération.
D'ordinaire, le retrait d'un pays serait vu comme un échec de notre organisation, il nous pousserait à nous remettre en question. Mais dans ce cas-ci, je puis le dire sans regret: le départ de la Poetoscovie est une excellente nouvelle qui renforcera la cohésion de notre organisation, et qui nous ouvre d'autres perspectives. La purge est parfois vue comme un gros mot, mais dans tout processus politique, c'est une mesure qui s'avère nécessaire. Maintenant que cette affaire est réglée, mettons nous au boulot. Il nous faut préparer l'intégration de nations et de peuples désireux de s'affranchir: la Confédération socialiste du Nazum toque à notre porte, il nous faut débuter des démarches auprès du Slaviensk, et libérer le peuple antarien.
Je vous remercie de votre attention.