Depuis le début de la crise kabalienne, le P.A.S. avait réussi, malgré des divergences parfois importantes, à maintenir une image relativement stable d’organisation de coopération régionale tournée vers la sécurité collective, la désescalade et la coordination continentale. Le Royaume de Finejouri, premier président de l’organisation et encore aujourd’hui figure centrale de son équilibre interne, avait notamment multiplié les efforts diplomatiques afin de préserver le dialogue entre les différentes parties, y compris avec des acteurs aux visions profondément opposées, mais les révélations venues d’Althalj risquent désormais d’alimenter une inquiétude croissante au sein des Etats afaréennes, celle d’un décalage entre les objectifs officiellement affichés par le Pacte et certaines méthodes employées individuellement par plusieurs de ses membres.
Le problème n’est pas seulement moral ou diplomatique. Il est stratégique.
Chaque opération unilatérale menée sans coordination politique fragilise l’image collective du P.A.S. et donne à ses adversaires un argument puissant pour dénoncer une organisation qui prétend défendre la stabilité tout en laissant certains de ses membres agir selon leurs propres logiques d’influence ou de confrontation.
Le risque est alors double.
D’un côté, les États encore hésitants vis à vis du Pacte pourraient commencer à voir celui-ci non plus comme une structure de coopération sécuritaire, mais comme un instrument servant les intérêts particuliers de certaines puissances régionales. De l’autre, les ennemis déclarés du P.A.S. trouveraient dans ces affaires une occasion idéale pour alimenter la méfiance populaire, attiser les tensions internes et présenter le Pacte comme un acteur déstabilisateur plutôt que stabilisateur. Cette situation est d’autant plus délicate qu’elle intervient au moment même où le Finejouri tente de préserver un équilibre extrêmement fragile entre fermeté continentale et poursuite de la diplomatie avec la Kabalie rouge et l’Althalj. Or, chaque crise de confiance entre alliés réduit un peu plus la crédibilité des efforts de médiation entrepris depuis des mois.
Plusieurs observateurs commencent ainsi à poser une question jusqu’ici rarement formulée publiquement, le P.A.S. peut-il durablement conserver sa crédibilité internationale si certaines initiatives individuelles continuent d’échapper à tout mécanisme de supervision politique collective ?
La question des sanctions internes revient désormais dans les débats diplomatiques et universitaires. Après les précédents désaccords ayant déjà conduit à des tensions avec le Churaynn, certains analystes estiment qu’un véritable cadre disciplinaire pourrait devenir nécessaire afin d’éviter que des actions nationales isolées ne compromettent l’ensemble des objectifs stratégiques du Pacte. D’autres, au contraire, redoutent qu’une telle évolution n’ouvre une crise institutionnelle majeure entre les membres du P.A.S., à un moment où l’organisation tente précisément de renforcer sa cohésion face aux multiples instabilités régionales.
Une chose semble néanmoins certaine, l’Afarée entre progressivement dans une nouvelle phase de la crise kabalienne. Une phase où les menaces d'affrontements militaires directs laissent place à des guerres d’influence,des opérations culturelles et des affrontements diplomatiques beaucoup plus diffus mais potentiellement tout aussi déstabilisateurs.
Et dans ce contexte, une interrogation demeure désormais au cœur des débats continentaux :
les initiatives individuelles des alliés du Pacte Afaréen de Sécurité peuvent-elles, à terme, fragiliser l’image du Royaume de Finejouri et celle du P.A.S. lui-même sur la scène internationale sachant que le Royaume de Finejouri depuis son ouverture à l'international place sa souveraineté et donc son rayonnement au centre de ces préoccupations.