

Nouvelle tête au Questan :
C'est dans ce contexte que les élections générales ont vu une certaine Mila Horny accéder au poste de Commissaire aux Relations Extérieures. Née à Mistohir en 1991 d'une mère estalienne et d'un père kaulthe, tout juste diplômée de droit international à l'Université de Mistohir en 2013 lorsque la Révolution de Novembre éclate, elle est embauchée comme fonctionnaire au siège de la Commission aux Relations Extérieures, le Questan, en 2014 puis est nommée secrétaire adjoint de la Commissaire aux Relations Extérieures en 2016. La jeune femme est donc, au moment de son élection en 2019, déjà habituée des services diplomatiques estaliens, élue déléguée de sa commune durant la législature de 2018 et très proche de l'ancienne Commissaire dont elle partage les idéaux husakistes et la réflexion politique publiquement. Héritière de la politique étrangère volkiavienne, elle reprendra l'ensemble des dossiers du Questan et avec eux, l'ensemble des problèmes actuels de la Commission. En effet, loin d'être une vitrine monolithique et modérée parfaite, la Commission est elle-même sujette au partisanisme de ses effectifs entre l'influence grandissante des idées radicales du SRR qui commencent à se répandre dans le corps diplomatique et une autre partie du Questan qui commence à montrer des signes de fatigue et de lassitude vis-à-vis des politiques interventionnistes de l'Estalie autant chez ses alliés que chez ses ennemis. Bien que l'Anarchisme Renouvelé soit fondamentalement tourné vers l'interventionnisme et qu'il ne peut être autrement, beaucoup de membres du Questan prêtent l'oreille aux revendications de plus en plus bruyantes des familles de l'Armée Rouge, victimes les plus visibles et directes des guerres à l'étranger qui envoient des pères, des mères, des fils et des filles se faire tuer dans des pays lointains. Et au fur à mesure que ces morts s'accumulent, ce sont les familles plaignantes qui s'accumulent avec, ce qui porte un coup à la détermination du Questan à porter un projet politique radical à l'extérieur des frontières. Mila Horny se retrouve donc dans cette position intermittente où elle doit gérer deux courants opposés au sein du Questan entre une partie qui clame à ce que la politique étrangère estalienne soit plus frontale, plus directe, plus violente si nécessaire, quitte à rompre toute forme de contact et de bienséance avec les pays capitalistes et fascistes étrangers tandis que d'autres prônent à ce que la priorité soit mise à la paix, à l'arrêt des conflits armés et à la propagation révolutionnaire par d'autres moyens que les armes. Souvent, cette dernière partie compte généralement des fonctionnaires issus du Bloc Anarcho-Communiste, généralement opposés aux sentiments va-t-en-guerre des husakistes qui ne voient idéologiquement pas la propagation révolutionnaire autrement que par le rapport de force violent avec des systèmes capitalistes eux-mêmes violents et réactionnaires par nature. Ce dernier point se manifeste déjà de manière concrète dans les premiers mois du mandat de Horny. En mars 2019, une coalition informelle de délégués du BAC et du BSDR a déposé au Congrès une motion d'information demandant un bilan détaillé des pertes humaines estaliennes dans l'ensemble des théâtres d'opérations extérieurs depuis 2015, un chiffre que la Commission à la Guerre n'a jamais communiqué de manière consolidée et publique en dehors de rares exceptions. La motion, techniquement recevable, a été renvoyée en commission pour examen préalable, ce qui revient à l'enterrer temporairement mais le signal est là car pour la première fois depuis la Révolution, une partie du Congrès commence à réclamer des comptes sur le coût humain de la politique étrangère, et non plus seulement sur ses résultats géopolitiques. Horny l'a compris. Dans une note interne au Questan datée du même mois, dont l'existence a fuité dans la presse sans que son contenu précis soit connu, elle aurait demandé à ses services de préparer un état des lieux de la perception de l'Estalie dans ses pays partenaires, du point de vue des populations civiles. Néanmoins, malgré que la succession au Questan semble délicate, Mila Horny ne semble pas être prise au dépourvue. En effet, entre ces deux positions, elle continue de s'inscrire dans une logique d'équilibre propre à la politique volkiavienne de ces dernières années, négociant quand cela est possible et affrontant par les armes quand cela est nécessaire. C'était la position de l'ancienne Commissaire et cela ne semble pas changer sous la direction de Mila Horny. La nouvelle Commissaire ne semble pas cependant dégarnie en terme de moyens et d'intelligence : déjà, son premier coup diplomatique fut de convaincre le nouveau régime de Slaviensk d'entrer dans l'Internationale Libertaire (l'Estalie ayant déjà notamment milité, sous Volkiava, à l'entrée de l'Ustia dans l'organisation dans laquelle la Fédération est désormais un des acteurs principaux). Une tentative qui s'est montrée concluante puisque le référendum qui s'en est suivi s'est montré favorable à une dite adhésion. Il est donc certain que la nouvelle Commissaire aux Relations Extérieures, sans avoir renié la logique de la politique volkavienne, compte bien poursuivre dans la continuation de celle-ci. Néanmoins, c'est aussi l'occasion pour une nouvelle génération de diplomates estaliens, dont Horny est la fière représentante, de montrer que la diplomatie estalienne est devenue compétente et mature avec le temps et l'expérience des premiers pas de l'Estalie en tant que puissance ouverte à l'étranger après des décennies d'isolationnisme.

Guerre en Antares ou la schizophrénie générale eurysienne :
Le 11 Septembre 2018, l'armée loduarienne a traversé la frontière antarienne, menant une opération spéciale visant à pacifier le pays. En effet, depuis plusieurs mois déjà, Antares était en proie à une guerre civile latente entre la MIRA, les services de renseignements du pays, les indépendantistes corvuns, une culture pré-antarienne cherchant à acquérir son indépendance vis-à-vis du pouvoir central antarien. Cette guerre civile a amorcé chez les cercles dirigeants le début des préparations de l'invasion du pays. En soit, les vélleités expansionnistes loduariennes sur Antares ne datent pas d'hier, il est de notoriété publique de dire que la Loduarie envahit Antares davantage pour relier les deux parties principales de son territoire continental que par véritable préoccupation pour les populations souffrant de la guerre en cours en Antares, la lutte entre Corvuns et Antariens n'agit ici que comme un pur prétexte au profit d'un dessein purement expansionniste de la part de Lyonnars, visiblement définitivement remise de la mort de son Secrétaire Lorenzo et du chaos qui s'en est suivi dans tout le pays, jusqu'à la récupération finale de la capitale par les troupes loduariennes. Cependant, bien que l'invasion de la Loduarie en Antares semble injustifiée et indigne d'une nation prônant des idées à priori socialistes, il convient de noter que la guerre a provoqué une forme de dissonance cognitive, pour ne pas dire une schizophrénie générale, qui s'est propagée dans tout le continent et qui a imprégné les actions et les paroles de tous les acteurs connus de ce conflit. A commencer par les Loduariens et les Antariens eux-mêmes, les premiers concernés. L'allocution de la nouvelle Secrétaire, Aurore, qui donne déjà le ton en affirmant qu'elle va rétablir le gouvernement élu et légitime en Antares pour défaire de son trône les "espions qui se sont faits rois" en Antares et les livrer à la justice antarienne. Une allocution qui est vide de sens dès lors que l'on prend connaissance des faits : la Loduarie combat ce qu'elle prétend rétablir, c'est-à-dire le gouvernement antarien lui-même qui est de connivence avec la MIRA et avec les indépendantistes corvuns. De quel gouvernement légitime la Secrétaire Aurore parle exactement ? Il sonne creux de dire que la Loduarie va seulement pacifier la région et repartir sans aucune contrepartie, même en faisant preuve d'une bonne foi qui relève de la grâce divine, en connaissance des cas passés de la Translavya ou de l'Okaristan, aucune des nations agressées par la Loduarie ne s'est mieux portée que ce soit après leur départ ou pendant leur occupation. Doit-on parler de l'état de la Translavya avant que les Loduariens ne partent ? Doit-on souligner que cette nation, pourtant largement dominée par des eurycommunistes idéologiquement alignés sur les principes loduariens, a plongé sa population dans un régime autoritaire comme il en existe des dizaines sur le continent eurysien ? En quoi le cas d'Antares diffère dès lors que l'objectif principal de la Loduarie est de rétablir à sa place un gouvernement avec qui elle est pourtant en guerre ? Pour les civils ? Bien, dans ce cas, pourquoi aucune entreprise humanitaire n'a été orchestrée par la Loduarie dans les mois qui ont précédés la guerre ? En effet, plusieurs camps humanitaires, appuyés notamment par des éléments kartiens, ont étés érigés au cœur du territoire antarien mais il n'est pas improbable que ces camps humanitaires n'aient pas étés les seules destinations des rescapés antariens. La Loduarie est littéralement un pays limitrophe à l'Antares, c'est une des destinations les plus probables des réfugiés antariens et pourtant, aucun signe d'actions humanitaires ne semblent pas avoir étés menés par les Loduariens pour venir au secours des civils antariens. Et c'est normal : les Loduariens se foutent bien du sort des populations civiles, mais cela ne les empêchent guère d'intervenir et de parler en leur nom propre, quitte à les instrumentaliser comme bon leur semble. Pure rhétorique autoritariste et élitiste de parler au nom des peuples, surtout que l'on est la première source de leurs malheurs et davantage lorsque l'on a un large palmarès d'interventions militaires se soldant par l'effondrement dans le chaos de régions entières, par l'établissement de régimes autoritaires tout aussi tyranniques que les précédents (mais alignés sur Lyonnars donc ça va !) et par l'auto-justification que l'expansionnisme loduarien fournit quasiment gratuitement à l'Organisation des Nations Démocratiques pour que cette dernière mène, par réflexe réactionnaire classique, à son tour une intervention qui permet d'étendre ses tentacules au-delà de sa zone d'influence. Chaque intervention loduarienne se solde par une intervention onédienne et devinez qui remporte véritablement le rapport de force ? Bingo, l'OND, toujours et encore car les Loduariens ne savent juste pas se contenir et se limitent à assouvir une politique étrangère éminemment violente et réactionnaire qui force ses ennemis idéologiques à se liguer contre elle, alors qu'elle prétendait, il y a pas si longtemps, le contraire en prétendant avoir à faire preuve de plus de dialogue à l'international. C'est en quoi le premier cas de schizophrénie institutionnelle avérée de cette affaire se manifeste : en cherchant à agir en rupture avec son père, la jeune Aurore se contente de reproduire les schémas interventionnistes de son père, sans en tirer les leçons. A vrai dire, ça n'a rien de surprenant : la politique étrangère des Etats ne sont que le reflet des contradictions des régimes qui tiennent en place ces mêmes Etats et en l'occurrence, la nouvelle Secrétaire n'a strictement rien touché à l'ordre établi en Loduarie, le système répressif et autoritaire loduarien est identique à celui de l'époque de Lorenzo et inévitablement, ce système répressif s'exporte une fois que la Loduarie est entraînée dans un quelconque rapport de force à l'étranger. Une victoire loduarienne à Antares ne sera que la pâle reproduction de l'échec honteux de la reconstruction de la Translavya, que les Loduariens tentent par tous les moyens à planquer sous le tapis pour faite oublier leurs échecs passés.
On pourrait se dire que les Loduariens sont les grands méchants de l'Histoire et effectivement, leur comportement impérialiste est à condamner de manière aussi sévère que pour n'importe quel régime réactionnaire, c'est une évidence. Cependant, les Antariens sont loin d'être dans une position victimaire que l'on prêterait volontiers aux agressés en temps normal. De toute évidence, il faut accorder un point aux Loduariens lorsqu'il s'agit de dénoncer la MIRA et les exactions perpétrées par cette dernière, que ce soit avant ou pendant la guerre civile. La MIRA s'est rendue coupable de plusieurs exécutions publiques de civils innocents afin d'envenimer la situation, provoquer les Corvuns et mettre le feu aux poudres en exposant les Corvuns face au fait accompli de la répression étatique. En bref, la MIRA a délibérément provoqué la guerre civile, ça coule de source, précisément afin de justifier en premier lieu sa prise de contrôle des institutions civiles du pays puis pour éradiquer de manière légitime l'opposition par le biais d'un conflit armé. Il convient donc d'affirmer que la MIRA est donc la première responsable du conflit civil, qu'elle est l'origine de la plupart des crimes de guerre que cette guerre civile a engendré et que sa dissolution immédiate devrait figurer en premier dans la longue liste des griefs qu'on peut avoir contre Antares (une condition absente par exemple chez les Kartiens qui se contentent de soutenir sciemment un Concordat qui comprend des criminels de guerre dans ses rangs). Le gouvernement antarien a lui-même fait preuve dès le départ d'une sévère irresponsabilité vis-à-vis du conflit en ordonnant qu'à l'étranger, personne ne soutienne un camp ou l'autre pour la simple et bonne raison que "les deux camps sont légitimes à recevoir du soutien" en omettant que...ça dépend pour qui ! Le gouvernement antarien estime donc qu'il y a de la légitimité pour quiconque à soutenir des services de renseignements accusés de commettre des meurtres sur la place publique ? Peut-être que ce raisonnement devait être à la destination des Rimauriens fascistes ou de leurs camarades kartiens pressés de soutenir des meurtriers, on sait pas ! Cette légitimité à soutenir la MIRA semble, par un relativisme qui effrayerait les plus fervents kantiens, avoir été mise à égalité avec la légitimité des Corvuns à acquérir leur indépendance car pour le gouvernement, mettre sur le même niveau des exécuteurs en place publique et des indépendantistes, c'est une façon convenable de voir les choses. Evidemment, on ne peut pas mentionner la schizophrénie générale de l'Antares sans mentionner la formation du Concordat de Shaula dans le même temps en réaction à l'invasion loduarienne, un concordat qui affirme que la guerre civile n'était qu'une gigantesque partie de jeu entre élites depuis le début et que les Loduariens étaient supposés comme simples "tricheurs". Joli euphémisme pour légitimer la continuation d'une guerre civile visant à assouvir des velléités de pouvoir tout à fait personnelles, peut-être est-ce en lien avec la mégalomanie crasse de la plupart des acteurs antariens connus du conflit ? Il aurait été de bon ton de dire que c'est de la pure extrapolation dès lors que le nom même du concordat, le Concordat de Shaula, découle du nom de la gardienne du jeu en Antares, explicitant cette idée morbide que la guerre civile en Antares n'est effectivement qu'un jeu et les morts avec ne sont que partie remise, de simples pions exploitables, qu'ils soient soldats ou civils. La question du sort des civils est d'ailleurs tout à fait intéressant car elle nous permet de faire le pont avec le principal argument que Karty cherche à recycler lorsqu'il s'agit de justifier son intervention aux côtés de l'Antares. Loin de se soucier qu'elle a juste choisi entre la peste et le choléra en omettant que dans les deux cas, sa position était compromise, la justification kartienne afin de soutenir en toute conscience des criminels de guerre et la perpétuation d'un conflit armé chez un de ses alliés (drôle d'allié, tout de même !), c'est l'idée que la guerre civile ne provoque que peu de morts civils, telle fut la justification kartienne donnée à la Commission aux Relations Extérieures. Il serait naïf de le prétendre compte tenu des éléments que nous disposons. Tout d'abord, aucun ordre d'évacuation n'a été donné dans les villes concernées par la guerre civile, le gouvernement antarien a même incité les populations locales à effectuer leurs routines quotidiennes en dépit de la guerre. Il convient aussi de noter que les Corvuns appliquent de nouvelles méthodes de guérilla qui comprennent notamment l'usage de bâtiments publics distinctifs et généralement épargnés dans les conflits telles que des églises et autres bâtiments publics et se cachent parmi la population afin de mener leurs opérations les moins conventionnelles. En quoi ça pourrait mal se terminer ? Il est vrai que quand un ennemi se cache dans la foule et mène une tactique de guérilla parmi une population civile pourtant innocente, il n'y a que peu de risques que les autorités répressives ne dérapent et finissent par faire des tirs groupés ! Quid des bombardements de la MIRA sur des zones clairement délimitées comme civiles ? Quid des rapports qui démontrent que la MIRA utilise des véhicules blindés en terrain urbain et mènent des opérations de contre-insurrection à l'intérieur même de zones habitées par des civils ? Karty vous dira certainement que les balles se liquéfient quand elles touchent des civils, le tir allié a visiblement été désactivé dans les paramètres. Alors, oui, les Antariens ont peut-être raison lorsqu'il s'agit de dire que les Loduariens aussi tuent des civils, c'est un fait mais la vérité est plus nuancée et dérange le discours de propagande des deux camps qui se veulent protecteurs des populations en bafouant leur droit le plus élémentaire à simplement vivre, cette vérité qui est en filigrane dans l'ensemble du raisonnement des deux belligérants et qui va peut-être ne pas vous surprendre : personne n'en a rien à foutre des civils. Ce qui n'empêche évidemment pas les deux camps d'instrumentaliser ces derniers comme de vulgaires pions, de simples objets rhétoriques sans aucune valeur quelconque autre que pour convaincre quelques attardés crédules à l'international du bienfondé de la cause des deux camps. Il serait d'autant difficile ici d'exposer en longueur que cette dissonance cognitive, partagée dans les deux camps, se transmet aussi chez les Kartiens eux-mêmes. Nous avons déjà exposés cette fausse prétention à défendre la guerre civile pour la simple raison qu'elle n'est pas meurtrière pour les civils, d'autant que du point de vue kartien, la guerre civile n'a carrément plus lieu d'être ! Bien sûr, lorsque les Kartiens tendent à dire une bêtise pareille, c'est parce qu'elle a volontairement omis de dire au Questan que le Concordat de Shaula est une trêve et précisément, une trêve n'a pas vocation à durer. Les Antariens parlent précisément d'une suspension du jeu, quelle est la garantie qu'une fois les "tricheurs loduariens" vaincus, l'arbitre ne décide pas de reprendre la partie là où elle s'est terminée ? Aucune. En imaginant le scénario idéal où la Loduarie est mise en déroute, que se passera-t-il ? Quelle est la garantie que Karty dispose pour mettre fin au massacre autre que dire "vous verrez" ? Précisément aucune, car l'aide kartienne, dans aucune de ses missives à destination des Antariens n'énonce ne serait-ce qu'une seule notion de conditionnalité à l'aide kartienne. Les Kartiens sont loyaux, même quand ils soutiennent des fascistes. Ironique venant de nos anciens alliés de circonstance qui n'étaient pas avares de mots pour dénoncer les Hotsaliens et les Teylais. Visiblement, les crimes de guerre, c'est bien quand c'est les copains qui le font !
Cependant, si l'argumentation en plastique de capote des alliés de l'Antares laisse à désirer quant aux objectifs réels de ces derniers, le soutien franc et inconditionnel des lèches-bottes habituels du régime loduarien sont à l'inverse des champions hors compétition lorsqu'il s'agit d'être de parfaits idiots utiles ! Et là, c'est le festival. Les Antériniens tout d'abord, qui n'hésitent non seulement pas à s'aliéner l'ensemble des socialistes non-eurycommunistes en faisant l'étalage de leur pureté militante la plus crasse qui soit en brandissant comme à leur habitude la soi-disante supériorité dialectique de leur théorie qui se veut scientifique, alors même que le principe initial d'une théorie scientifique est qu'elle soit remise en question jusqu'à que l'expérimentation confirme ou infirme celle-ci, auquel cas il ne s'agit rien de moins que d'un dogme. Et un dogme, vous pourrez en répéter les crédos cinq fois par jour religieusement, ça n'en fera pas une vérité. De là, il suffit de dérouler le reste du fil pour voir d'ici les relents habituels du discours néo-conservateur typique que les impérialistes ont su maîtriser tous les codes depuis plusieurs décennies : la guerre vise à garantir la paix, le pseudo-humanisme des Loduariens dans l'exercice de leurs desseins hégémonistes (tout en prônant le pragmatisme et le réalisme avec la bonté d'âme des Loduariens, le passage est juste lunaire et laisse entendre une certaine pathologie chez l'auteur), le classique appel à l'urgence et au réalisme géopolitique pour justifier une guerre qui s'avère stratégiquement inutile puisque par défaut, un pays en guerre civile ne peut structurellement pas représenter un risque existentiel pour ses voisins (il faudra donner des cours de stratégie militaire aux Antériniens, ils ont trop l'habitude de se prendre des roustes au Nazum), bref rien ne va. On ne peut évidemment pas non plus passer à côté des autres attardés de service de l'UICS, en premier lieu les Illiréens qui se prêtent volontiers à intervenir dans un conflit qui ne les concernent pas et qui met directement en danger sa propre population du fait de la proximité géographique de l'Illirée avec Karty, des capacités kartiennes à frapper (et certainement écraser) l'Illirée, alors même que la Loduarie n'a aucun moyen de secourir son allié illiréen dans le cas où ce dernier est sévèrement visé par Karty. Le seul protecteur viable de l'Illirée sera alors l'OND, techniquement toujours protecteur du pays. Encore une belle démonstration que les actions loduariennes alimentent directement la machine à broyer de l'OND et ce, sous toutes ses formes, notamment en justifiant ses interventions et l'avancée de ses pions. De la pure cooptation entre deux blocs qui se connaissent bien et qui, depuis bien longtemps, ont arrêtés d'être antagonistes l'un envers l'autre dès lors que l'Internationale Libertaire joue désormais le rôle du Grand Méchant Loup depuis la guerre en Eurysie Centrale. Il serait inutile enfin de mentionner le PEV qui fait montre une fois de plus de ses capacités à jouer son rôle de chien de garde loduarien en mobilisant des effectifs velsniens envoyés pour soutenir les Loduariens dans leur macabre entreprise ? Après tout, le PEV ne tend pas à dénoncer l'impérialisme crade de la Grande République dans laquelle elle tend à jouer le parlementarisme, il fallait pas être un génie pour prédire divinement que le PEV n'allait pas non plus dénoncer l'impérialisme de ses maîtres.
Enfin, il y a nous, les libertaires. Oh, ne soyons pas arrogants car notre position n'est pas plus enviable ! C'est simple, nous sommes les abonnés absents du conflit. A travers un accord chapeauté par le Kah, le matériel situé au Goïda va finir de nouveau entre les mains des Loduariens afin d'alimenter les flammes de la guerre sur le continent eurysien car il est toujours bon de nourrir l'Ogre par cynisme au lieu d'allouer ce matériel autrement plus utile ailleurs, au hasard dans des théâtres où les camarades libertaires sont engagés à travers le monde, essayant de réellement forger des contre-modèles démocratiques et autogérés. Après, il est difficile pour l'impérialisme kah-tanais de ne pas chapeauter celui des Loduariens, vous comprenez, c'est un peu nos cousins d'une certaine manière. Bon, des cousins attardés mais des cousins quand même ! Et l'Estalie alors ? Elle joue la montre, comme d'habitude. La transition entre Volkiava et Horny se faisant en douceur, la difficulté pour les nouvelles équipes de la Commission aux Relations Extérieures est autant de trouver une position diplomatique qui ne soit pas compromettante qu'une prise de position qui n'aliène pas l'opinion publique. Les Estaliens n'ont pas oubliés ce que les adorateurs de Lorenzo ont faits dans les rues de Mistohir il y a trois ans de cela et il est donc difficile de faire avaler à l'opinion publique un soutien explicite envers les velléités expansionnistes loduariennes pour quelques avantages malavisés en Translavya. Quels avantages, d'ailleurs ? Allez savoir, la diplomatie loduarienne est en retard sur pas mal de points, elle semble vouloir jouer des cartes dont la date de péremption est dépassée depuis fort longtemps, essayant de jouer de son influence sur une Translavya qui s'est aussitôt débarrassée des Loduariens une fois ces derniers disparus durant un temps. Il n'a pas fallu longtemps à la Translavya pour tomber dans une crise existentielle et maintenant qu'une brèche a été ouverte dans le mythe eschatologique loduarien en Translavya, la population translave ne voit que l'éléphant dans la pièce, sans possibilité d'en détourner les yeux et de revenir à la situation antérieure. La position de l'Estalie est donc loin d'être aussi enviable et à vrai dire, c'est aussi la faute du Questan d'avoir été aussi indécise. La volonté de départ de la Commission a été initialement d'accepter de condamner l'invasion loduarienne et pour cause, elle est hautement condamnable, et de proposer à l'inverse une médiation afin de rétablir la paix. Cependant, ce projet de médiation s'est montré immédiatement irréaliste en l'état : aucun soutien du Grand Kah, aucun terrain d'entente possible entre les belligérants, précipitation des Kartiens à intervenir directement dans le conflit et objectifs maximalistes de la Loduarie vis-à-vis de l'Antares font que la médiation proposée initialement par Mistohir s'est révélé être un projet mort-né. Ensuite, le sketch : la Loduarie a demandé à l'Estalie son soutien et nos éminents diplomates, toujours sur le coup, ont eu la brillante idée de tomber dans le piège. Pourquoi, comment, par quelle magie le Questan s'est dit que c'était une bonne idée de non seulement promettre un soutien explicite en cas d'attaque kartienne mais en plus de menacer Karty d'une intervention dans son dos en cas d'intervention alors même que nos propres troupes ne sont techniquement pas prêtes à envahir Karty ? Et qui, en Estalie, veut mourir pour la Loduarie ? Résultat des courses : méfiance des Kartiens et fortification de la frontière avec la Kaulthie, comme au bon vieux temps. La Commission a été sévèrement irresponsable sur ce coup, elle n'a pas pris les dispositions requises et n'a pas répondu au bon sens qu'il convenait d'appliquer dans ce genre de situations, c'est-à-dire en allant dire aux Loduariens d'aller cordialement se faire foutre !