25/11/2018
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Activités étrangères en Icamie - Page 3

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Les observateurs du monde entier auraient dû avoir les yeux rivés sur Ibishima : la plus grande ville du monde venait de déclarer son autonomie selon les principes du mouvement communaliste. Pourtant, personne ne disait rien. C’était comme si cet acte potentiellement fondateur de la nouvelle Aleucie n'avait aucune importance. Un arbre tombant dans la forêt, le fracas du silence.

Aux commandes de son Kuntur, Joyce serra les poings sur les manettes, une chaleur désagréable montait dans sa poitrine. La frustration. Voilà ce que c'était. Ce silence des médias mondiaux était pire qu'une condamnation. C'était du mépris. Elle s'attendait aux accusations habituelles, aux gros titres pointant du doigt l’Union et son nid de rebelles d'Axis Mundis. Une pirouette facile, presque réconfortante dans sa prévisibilité. Le tic toc de l’horloge, le bruit attendu de validation, qui confirme qu’une même action amène toujours aux mêmes conséquences. Mais rien. Pas même un commentaire de diplomate en marge des grands conflits d’Eurysie. Comme si cinquante millions d'âmes décidant de leur propre avenir n'étaient qu'une note de bas de page dans le grand livre des oligarques. « Ils doivent se chier dessus », pensa-t-elle avec une satisfaction amère. Bien sûr qu'ils avaient peur. Le Communalisme était déjà au gouvernement fédéral.

D’ailleurs la ville ne déclarait pas son indépendance, mais l’accélération de l’Histoire au sein d’un pays déjà brisé par la crise. La Fédération laissait faire. Sans moyen de communication, mieux valait accepter les excentricités des extrêmes que les pousser à la sécession. C'est du moins ce qu'avait expliqué Curao, le député en mission, lors du briefing.

Comme s’il lisait dans ses pensées, Craven − son copilote − grogna. Un son étouffé par son masque.

« Putain.
– Ouais.
– Sacrée ville.
– Oh que oui. »

Elle acquiesça. Depuis le porte-conteneur, ils ne devinaient que la silhouette lumineuse d'Ibishima. Des tours de béton et d'acier formant comme une muraille sous un ciel violacé. Les panneaux publicitaires et de nombreuses fenêtres réduits à une masse d’yeux crevés. Maintenant que le Kuntur prenait de l'altitude, les deux kah-tanais mesurèrent l'immensité de la métropole. Un miroir d'étoiles colorées, tungstène, néon, renvoyait l'image déformée d'un ciel voilé par la pollution. Un miroir qui semblait sans rivages.

« Des types vivent là-dedans », insista Craven. »

Elle acquiesça.

« T’as déjà mis les pieds à Heon-Kuang ?
– Je vois où tu veux en venir. T’inquiète. »

Elle rit. Ils venaient tous les deux des villes intermédiaires de l'Union, où les métropoles devenaient rarement des mondes en soi. Heon-Kuang, qui faisait exception, comptait dix millions d’habitants. Une plaisanterie face aux cinquante millions d'Ibishima.

Joyce poussa les manettes. Le Kuntur vibra, ses réacteurs latéraux se redressant dans un bruit de turbine hydraulique. La trajectoire verticale laissa place à une courbe élégante. Il s’élança en avant. Craven attrapa l’intercom.

« Tout va bien derrière ? »

Deux coups frappèrent la porte du cockpit. Il ricana et raccrocha le micro au plafond. Puis il jeta un coup d’œil à son tableau de bord. Manifestement la mission avait héritée d’un statut prioritaire : la constellation de satellites géostationnaires chargés de la surveillance en Aleucie faisaient directement parvenir des paquets d’information cryptée à l’ordinateur de bord, lequel les passait au broyeur et en extirpait des produits finis. Une carte satellite, des lectures spectrographiques indiquant les principaux attroupements, des informations sur les centres du nouveau pouvoir et la présence d’autres appareils dans le ciel. Tout était traité par un centre opérationnel intelligent, géré par leur opératrice de bord, et la technologie de pointe du Commissariat à la Paix.

Un doute terrible saisit Joyce, alors qu’elle faisait passer le transport au-dessus d’une première rangée d’immeubles.

« Tout leur système internet est down, c’est bien ça ?
– Pas down, mort », rectifia Craven. »

Elle fit contourner une tour particulièrement haute au Kuntur pendant que Craven arpentait la carte satellite à la recherche d’une place ou d’une avenue. Joyce secoua la tête.

« C’est lié à un virus ?
– De ce qu’on sait. »

Elle cligna des yeux, plusieurs fois. Un tic nerveux associé chez elle à un certain niveau de nervosité. Elle se sentait soudain à l’étroit dans sa combinaison.

« Et si le truc s’infiltre dans nos systèmes ?
– On a pris des mesures contre.
– Mais si elles ne suffisent pas ? »
– Qu’est-ce que tu proposes ?
– On devrait couper la liaison satellite, déjà. »

Craven mis quelques secondes pour réfléchir à sa proposition. Il secoua la tête.

« Je pense que si c’était un risque les grosses têtes nous auraient briefés en conséquence.
– Ben, je sais bien... »

Pour autant, ça ne lui semblait pas des plus prudents. Elle jeta un œil à son copilote. Son front s'était plissé. Il partageait maintenant son malaise. Sentant peut-être son regard, il se força à sourire, tapotant les outils de navigation du bout des doigts avant de pointer la carte satellite de la ville.

« On a un candidat pas mal, quinze kilomètres à une heure.
– Fais voir ? » Elle jeta un coup d’œil à sa propre interface, où venait de se matérialiser l'image d'un terrain vague entouré de hauts murs. Elle acquiesça. « Bath. Guides-moi. »

Répondant à ses gestes comme une extension de son corps, le Kuntur s’orienta dans le ciel de la métropole et accéléra en direction du nord.

À l'arrière, dans le compartiment de transport, le citoyen Curao regardait les mêmes immeubles défiler par un hublot épais. Il voyait déjà les cicatrices de la révolution. C’est vrai, Ibishima avait souffert, bien que les violences locales n'eut rien à voir avec celles matérialisées dans les pays d’Eurysie centrale où l’on pratiquait la révolution comme un sport de masse, et la guerre civile comme son corollaire naturel. C’était plutôt l’un de ces évènements exceptionnels, durant lesquels la population arrivait à prendre les choses en main avec suffisamment d’efficacité pour éviter un conflit prolongé. Les kah-tanais avaient peu d’information sur les détails des évènements, évidemment. C’était même l’une des raisons de cette mission. Cependant, ils avaient de l’expérience, et pouvaient ainsi former une image mentale assez précise de la façon dont tout avait eu lieu. Même un évènement aussi exceptionnel que la formation d’une commune de cinquante millions d’âme répondait à certaines réalités historiques et matérielles.

Et, évidemment, la diffusion sur les réseaux sociaux d’autant d’images que le shutdown des communications le permettait y était pour quelque chose.

C’était aussi pour ça que le citoyen Curao avait refusé de parler de révolution modèle lorsqu’on lui avait demandé de défendre son projet de partir pour l’Aleucie au sein d’une mission de contact semi-officielle. « Une révolution peut être modèle en pratique, si nous la désignons comme telle nous risquons de heurter la sensibilité de nos amis libéraux. »

En somme les têtes coupées de l’oligarchie locale, placée sur des pics le long des principales voies praticables, représentait un symbole totalement incompréhensible pour la bonne société bourgeoise. Il fallait la comprendre. Celle-là n’avait, au fond, jamais connu de risque existentiel. Elle passait une vie fainéante à maximiser ses profits et cultiver ses contacts, à se complaire dans une prospérité modérée ou totale, avec des préoccupations parfois sincères, mais très rarement rares. L’irruption de la mort dans leur quotidien tenait de l’accident, ou carrément de l’injure.

Ces gens étaient incapables, tout à fait incapables, d’imaginer la vie d’un prolétaire. D’imaginer celles et ceux pour qui tout avait une nature si sensiblement existentielle. Des têtes sur des pics. Choquant ? Peut-être. Mais parmi les décapités, combien avaient facilités, par leur action, leur inaction, leurs ordres, leurs consignes, la mort lente et rapide de millions d’autres ? Les blessures au travail, la maladie, la misère, la faim, la destruction rapide des corps, consommés, jetés dans le grand brasier productiviste. On avait pendant des siècles utilisé les travailleurs comme le charbon de bois de la grande expérience productiviste. Et maintenant on prétend de découvrir que le feu brûlait.

Il était grand temps de tout incendier.

Mais tout de même, ces têtes empêchaient de parler franchement. Parce que rien n’existait dans le vide, et qu’il fallait rendre la révolution acceptable – jusqu’à un certain degré – pour permettre sa survie, il ne fallait pas qualifier les violences autrement qu’en tant que telles. Ergo, Ibishima n’était pas une Révolution Modèle. Aucune révolution ne pouvait l’être. Le public de cette mascarade était opposé au principe même de Révolution. Tout l’enjeu était de lui faire croire qu’une révolution pouvait ne pas en être une.

Une pensée qui le laissa songeur. Assez pour qu'il murmure pour lui-même :

« Tout de même... »

Il ne parlait à personne en particulier. D’ailleurs les soldats qui l’entouraient ne réagirent pas. Ils parlaient entre eux. Une douzaine d’hommes et femmes en uniforme noir, lourdement harnachés, préparé à mener un combat qui n’aurait pas lieu. C’était l’une des premières choses qu’ils lui avaient demandées lorsqu’il s’était présenté à eux sur le pont du Cargo.

« Hey, citoyen ! Vous pensez vraiment que c’est nécessaire ?
– Non.
– Mais on va quand même venir.
– La Révolution est jeune, et pour être honnête on ne sait pas encore bien si elle est stabilisée. Ça pourrait être dangereux. »

Une autre était intervenue à ce moment. Curao se souvenait très bien de son expression. Sérieuse, un peu incrédule. Essayant d’être aussi respectueux que possible. Elle avait des tatouages qui remontaient de sa nuque jusqu’à son front.

« Mais vous êtes sûr de vouloir nous accompagner, dans ce cas ? »

"Dans ce cas". Elle aurait aussi bien pu dire "comme ça" : la tenue des représentants en mission n’était pas des plus sobres. En fait rien, chez Curao, n’était adapté à une mission à haut risque. Il n’avait même pas pris part aux entraînements de la protection civile. C’était un individu plutôt non-violent.

Ce qui ne l’avait pas empêché d’acquiescer.

« Les communes m’envoient. Nous envoient. »

Et ça leur avait suffi.

Une unique note synthétique émergea du plafond, précédent les messages des pilotes. La voix de Craven – il semblait à Curao que c’était le nom du citoyen – retentit dans l’habitacle, légèrement déformée par l’enceinte.

« On a trouvé un lieu convenable, atterrissage d’ici trois minutes. »

Il y eut quelques rires, Curao entendit distinctement l’un des gardes répéter le mot « convenable ». Une autre se pencha dans sa direction.

« La dernière fois ils nous ont plantés au milieu d'un marais. À leur décharge des Loduariens nous tiraient dessus.
– Je vois. Je doute qu’on en trouve ici. »

Elle sembla hésiter, ce qui ne le rassura pas. Il lui semblait cependant improbable que la République Communiste, en proie à ses propres démons, ait trouvé le temps de déployer qui que ce soit dans ce qui était encore une actualité très fraîche. Le Grand Kah lui-même ne pouvait traverser le détroit qu’en vertu de sa proximité régionale. Et il allait sans dire qu’on agissait avec une prudence extrême dès lors qu’il fallait faire transiter des hommes ou des moyens dans la région.

Un écran au mur s’alluma, présentant un schéma dont Curao ne comprit qu’une part très superficielle des tenants et aboutissants. Un terrain plan, ceinturé de murs et de monticules de terre ou de gravats. Un bâtiment en chantier juste au nord, et des immeubles de bureau ou d’habitation sur la droite. Zone à densité de peuplement intermédiaire. Des icônes triangulaires oranges semblaient représenter des zones d’intérêt. Les soldats s’étaient rassemblés devant l’écran, se tenant aux barres au plafond. Ils pointaient le schéma, le commentaient.
« Pas de signature thermique à moins de cinquante mètres, pas mal. Sauf ça, ce sont des habitants ou des squatteurs ?
– Rien qui ressemble à un poste de garde ou de sniper, ça devrait être sûr.
– C’est quoi ce truc à quatre heures, on dirait un transformateur électrique mais c’est trop chaud.
– Un incendie ?
– Faudra checker. »

Celle avec les tatouages, qui avait interrogé Curao sur le pont du cargo, avança jusqu’à la porte séparant le cockpit de la soute, et donna plusieurs coups.

« Joyce, vous restez en soutien ?
– Pourquoi, bichette, t’as peur que je te pique ton fun ?
– Be my fucking guest. »

« Bichette » s’appelait en fait Becky, pour Rebecca Black, et venait de Reaving. Elle avait un accent anglais impeccable, quoi que chargé d’un lourd passif en disant déjà pas mal sur elle. Fille de pêcheur ou de marin, cette façon de parler comme on avale du gruau. Quelque chose d’épais, mais de vrai.

Aussi personne ne fut vraiment surpris quand elle donna un dernier coup sur la porte, avant d’ajouter :

« Si tu manœuvres sans te planter je t’invite bouffer. »

Car vraisemblablement, elle le pensait. Son regard croisa d’abord celui du sergent Hollow, qui rappelait les consignes de sécurité au reste de l’équipe, puis celui du député Curao. Curao avait deux qualités qu’elle appréciait. Il était mignon, de pas tout à fait stupide. Elle leva un pouce approbateur dans sa direction.

« Tu te sens comment ?
– J’ai hâte de poser le pied au sol.
– Tu as déjà fait ça, citoyen ? Dropper sur une cible ?
– Dropper ? Ah ! Non, non jamais. »

Il eut un rire très franc. Rebecca souffla du nez, amusée. Elle détailla sa tenue. Avec son chapeau à plumes et ses écussons tape-à-l'œil, il était aussi discret qu'un nez de clown. Les coutures rouges de son manteau traçaient des sillons sur le tissu bleu profond, comme un improbable système sanguin exposé à la vue de tous.

« Curieux qu’ils t’aient envoyés.
– J’ai demandé à venir. »

Elle fronça les sourcils.

« Pourquoi ?
– Je suis en charge de l’Aleucie dans la commission inter de la Convention.
– Donc tu te sentais responsable ?
– Pourquoi avoir choisi cette mission ? »

Elle avait horreur qu’on réponde à une question par une autre, et la sienne eut pour effet de la faire grimacer. Mais pas longtemps. Le sens de la remarque ne lui échappait pas : oui, elle avait aussi choisi cette mission parmi les assignations proposées. Pourquoi ? Pour voir du pays, pour visiter une expérience sociale et révolutionnaire unique. Pour voir si elle pouvait aider un peuple frère. Rebecca sourit.

« Pour voir du pays, rencontrer des gens intéressant.
– Jolie formule. »

Elle inclina la tête, un brin ironique. Puis elle fit un geste du menton, en direction du fond du compartiment. Harnachée au sol, une bâche plastique blanche, couvrant la silhouette compacte d’une caisse.

« Et le cadeau qu’on leur amène ? »

Il suivit son regard.

« Je trouvais ça amusant.
– C’est un peu glauque, non ?
– Oh oui. » Et il pivota dans sa direction. « Oui, ça l’est ! »

Il lui rendit un sourire si honnête qu’elle ne sut pas quoi répondre. Un peu mignon, de pas tout à fait stupide et, elle décida de l’ajouter à la liste, manifestement dérangé. Pas de toute, Curao était un kah-tanais de la capitale.

Hollow donna plusieurs coups contre le plafond de la cabine et haussa le ton.

« Citoyens ! On touche sol, pas de contact confirmé par les capteurs, mais on reste sur nos gardes. Équipe Anarchie, vous prenez la gauche, déployez en éventail et établissez le périmètre. Bastille, vous couvrez la droite, cordon de sécurité immédiat. Commune, avec moi : trois hommes vers le bâtiment à deux heures, on a une signature thermique suspecte. Restez compacts, pas d’exposition inutile. Le reste, verrouillez le secteur et tenez la ligne. Allez, on bouge ! »

Rebecca sourit.

« À plus, citoyens.
– Eh bien bon courage. »

Il la regarda s’éloigner. L’arrière de la soute s’ouvrit dans un bruit mécanique, révélant la terre meuble du terrain vague, s’étendant jusqu’à un monticule d’électroménager abandonnés. Carcasses blanches de réfrigérateurs, machines à laver, télévisions, ordinateurs, les ossements blancs de la consommation. Derrière s’étendait les silhouette muettes des bureaux vides. Les militaires sautèrent les uns après les autres et se déployèrent selon les consignes données par leur leader. Le Kuntur, lui, repris son envol. S’il y avait une fusillade il devait être en mesure d’éliminer immédiatement toute forme de menace.

Les ingénieurs avaient beaucoup discuté, lorsqu’il avait été question de donner un petit nom à ce modèle dernière génération d’appareil. C’était il y a longtemps, maintenant, et on venait à peine d’abandonner les nomenclatures strictement techniques des années 80. Kuntur. Condor. Ce nom avait fait débat. Voulait-on donner le nom d’un charognard à ce qui devait, alors, représenter les progrès techniques de l’Union ? Les arguments pour avaient finalement triomphé sur la base seule du les Condors vivaient dans des terrains particulièrement escarpés, et pouvaient transporter des carcasses particulièrement lourdes.

Pour le reste, le vol stationnaire de l’avion n’avait pas grand-chose à voir avec les élégants cercles que formaient les rapaces lorsqu’ils planaient autour d’une source particulière de nourriture. On pouvait au moins arguer que les deux mouvements avaient une qualité intrinsèquement inquiétante, d’autant plus que le Kuntur kah-tanais était bardé de systèmes d’armes et assez blindé pour résister aux éventuels tirs d’une infanterie ou DCA traditionnelle. Un véritable char volant, pratiquement inutile dans la plupart des cas, évidemment.

En tout cas ça ne semblait pas décourager les locaux, c’est ce que voyait Curao : un attroupement commençait à prendre forme dans les pourtours du terrain vague. Une masse compacte et diverse qui déboulait des rues adjacentes, sortait des bâtiments situés hors du périmètre, se rassemblaient, discutaient, pointaient du doigt l’appareil, les militaires.

Le représentant en mission était resté dans l’appareil le temps qu’on lui déclare la zone comme sûre. Une précaution qu’il avait concédée à ses accompagnateurs militaires, sans chercher à cacher l’irritation qu’elle lui inspirait. Une précaution qu’il commençait doucement à regretter.

En bas, la semblait impossible à désigner. Jeune mais vieille, populaire et branchée, elle comptait autant de guérilleros tout droit sortit du narcotrafic que de jeunes adultes qui n’auraient pas dépareillé dans les raves les plus en vue de la côte d’Or du Paltoterra. Et les civils, évidemment. Leur présence seule annonçait la couleur. Quelqu’un chez les kah-tanais eu la présence d’esprit de se rappeler qu’on était en terrain ami, et aucun fusil ne fut pointé dans la direction des icamiens.

Plus tard, il sembla rétrospectivement qu’on aurait pu s’attendre à ce résultat. Ibishima ne dormait jamais, cette mission n’avait de toute façon pas l’ambition d’être discrète.

Mais sur le moment Curao redoutait surtout qu’une fusillade n’éclate. Il se mit à frapper contre la porte du cockpit.

« Citoyens, faites poser cet avion ! »

Puis, car les choses ne se faisaient pas assez vitre à son goût :

« Au nom du comité et de la Convention, posez-nous ! Je dois leur parler ! »
– Oui oui, laissez-nous deux secondes, on doit juste se positionner.
– Bon sang ! Bon sang ! »

Il martelait la porte du cockpit, des scénarios catastrophes se bousculant dans son esprit. Un soldat kah-tanais trop nerveux. Un révolutionnaire icamien trop zélé. Un seul coup de feu, un seul malentendu, et son geste de solidarité historique se transformerait en un massacre absurde, une note de bas de page sanglante dans le grand livre des malentendus fâcheux.

Le Kuntur arriva finalement à se poser au milieu du terrain vague, entouré du cordon de militaires et d’une foule désormais épaisse. La porte de l’appareil s’ouvrit et Curao en bondit aussitôt. La rencontre au sol semblait très éloignée de ses inquiétudes. La garde Black semblait en train de comparer son fusil d’assaut avec celui d’un jeune homme en short, portant une arme manifestement faite main, les autres échangeaient des mondanités et des blagues dans un listonien approximatif. Peu à peu, les regards s’orientèrent en direction du représentant en mission, et le silence se fit.

« Citoyens, je pense qu’on peut sortir notre cadeau. »

Le sergent Hollow acquiesça, et fit signe à trois des gardes de l’accompagner alors qu’il retournait à l’intérieur du Kuntur. Curao se racla la gorge. Son listonien à lui était parfait.

« Chers amis, camarades ! Nous sommes le Grand Kah ! »

Dans son dos, les gardes avaient fini de détacher les harnais et de retirer la bâche blanche. Il poussa la caisse située en dessous jusqu’à l’extérieur. Elle tomba sur la terre meuble et s’enfonça un peu. Curao continua.

« Et le Grand Kah vient en ami ! »

Hollow appuya sur un bouton situé sur un panneau de contrôle, sur le côté de la caisse. Il y eut un déclic sourd, un bruit de mécanisme, et elle se déploya comme une fleure éclosant en quelques secondes. En un instant, la caisse avait laissé place au fameux cadeau.

Curao pivota vers la Guillotine pliable, et écarta les bras.

« Vive l’Humanité ! »
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08.10.2017

Votre demande de construction d'usine a été acceptée !

Merci d'avoir choisi Ayx pour installer Fang TV. Les profits perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).

Messalie remercie ses Bienfaiteurs.

Note : construire une usine crée de l'emploi à Ayx-en-Garance, et donne un boost de faveur à la municipalité locale (Parti chrétien-démocrate) pour les prochaines élections.
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https://i.imgur.com/SLRmTvs.pnghttps://zupimages.net/up/25/42/ybkp.png


28.10.2017

Votre demande de construction d'usine a été acceptée !

Merci d'avoir choisi Messalie pour installer une agence de la banque impériale et une régie de médias. Les profits perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).

Messalie remercie ses Bienfaiteurs.

L'usine est construite pendant les municipales, pas de boost attendu en faveur du maire.
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Crisse... crisse... crisse..., une publicité clignotante apparut sur un des ordinateurs plus trop en état de ce qui servait autrefois de MAE

Communication de la Communauté Continentale Paltoleucienne

Logo temporaire de la Communauté Continentale Paltoleucienne

Nous vous informons que la CCP vous invite à rejoindre ses rangs en tant que membre. La CCP, aussi nommé Communauté Continentale Paltoleucienne est une organisation internationale visant à rassembler les pays Aleucien et Paltoterran afin de pouvoir organisé des évènements et normalisation entre ses membres afin de garantir une cohésion continentale et maintenir la stabilité de la région. Nous vous invitons donc à nous rejoindre afin de pouvoir participer au décision à l'échelle continentale qui seront prise au sein de la communauté, notamment sur le récent projet transpaltoleucien, qui commenceras par le transaleucien, ce projet vise à relier les pays membre et non membre le souhaitant via des lignes de train afin de garantir un liaison entre les pays. Rejoindre la CCP c'est rejoindre un organe international non orienté, cela veut dire que votre pays peut le rejoindre peut importe sont régime et sont orientation politique, peu importe si un pays que vous considéré comme votre ennemis juré fait partie de la Communauté Continentale Paltoleucienne au contraire ! Vous voulez le laisser participer au décision en restant dans l'ombre sans pouvoir rien y faire ? Bien sur que non ! Participé, même face à un ennemis vous permettras d'exposé vos idée et d'exposé votre avis sur ce que vous trouver de mauvais dans les projets proposer.
Si vous souhaiter nous joindre et participer à l'avenir du continent inscrivez vous >>>ici<<<
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Banque de Messalie
23.04.2018

Récépissé de transaction

120 obligations souveraines émises le 14 avril 2018 par la Banque de Messalie sont ce jour transférées à Madame Maxime Che Fang via Fang Industries. Le coupon est de 2 % et la duration est éternelle. Ces obligations donnent droit aux représentants de Fang Industries pour 120 voix au Conseil d'Administration de la République. Les dividendes perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).

Messalie remercie ses Bienfaiteurs.
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29.06.2018



Votre demande de construction d'usine a été acceptée !

Merci d'avoir choisi le Haut-Teyras pour installer Lavare Construction S.A. Les profits perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL). Attention vous êtes dans le rouge à -5155 après prélèvement du coût de cette usine, la Banque océane ne fera plus crédit.

Messalie remercie ses Bienfaiteurs.

Note : construire une usine crée de l'emploi dans le Haut-Teyras, et donne un boost de faveur à la municipalité locale (L'Olivier) pour les prochaines élections.
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Le Toucan du Soir - N°49 du 12/08/2018
N°49 du 12/08/2018
L'Icamie sort enfin de la crise
Depuis plusieurs mois, l'Icamie voisine est en proie à une crise informatique de grande ampleur qui a paralysé le pays, sans que l'on ne sache pour le moment avec certitude ce qui pourrait bien être à l'origine de cette immense cyberattaque. Heureusement, ce désastre a pris fin grâce aux compétences des services informatiques icamiens.

Des discussions sont en cours au Conseil de l'Ima, l'organe principal qui contrôle la Zone Ima, notre espace monétaire commun avec l'Icamie et avec de nombreux pays aleuciens. Il s'agit visiblement de demandes icamiennes d'aide économique, qui serait d'après nos sources relativement élevée. Rien d'étonnant quand l'on voit l'ampleur des dégâts et la taille de l'Icamie. Il ne suffira pas d'un billet de 20 Imas pour arranger cela.
Des protestations contre cette demande ont rapidement démarré, notamment à Kopip, la capitale de la Napalawie. Cette région pourtant culturellement extrêmement proche de l'Icamie semble être la moins prête à débourser des fonds pour aider à la reconstruction de l'Icamie. Les habitants du Territoire Principal, s'ils ne sont tout de même pas enthousiastes à l'idée d'aider grandement l'Icamie, semblent y être plus favorables. Les autres États du Condominium Natif ont déclaré être prêts à soutenir l'Icamie à leur petites échelles respectives, sans que l'on n'en sache plus pour le moment.
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le patriote

18/08/2018

Après les grenades Venturi, voici les mines Tat’épé

Présentateur – Si vous avez suivi l’actualité récente autour du monde automobile, vous n’avez pas pu manquer le vote à l’Assemblée nationale portant sur l’introduction d’un moratoire sur les airbags de la marque velsnienne Venturi. La raison invoquée de ce moratoire étant l’utilisation de nitrate d’ammonium, un composé chimique utilisé notamment comme engrais, mais ayant la fâcheuse tendance d’exploser sous certaines conditions. Cela fait donc deux mois que le moratoire est en place ; actuellement, la CNIA effectue des tests comprenant notamment des tests de vieillissement accéléré sur les airbags. Encore plus récemment, une marque icamienne a fait parler d’elle, mais pas forcément en bien. Lorsque Venturi a présenté ses tout nouveaux airbags à base de nitrate d’ammonium, la marque s’est targuée de pouvoir proposer un produit un tiers moins cher que ses concurrents, mais cette prouesse fut rapidement remise en cause par le conglomérat icamien spécialisé en chimie NovoQuimica. En effet, le conglomérat, au travers de sa filiale Tat'épé, commercialise depuis peu des airbags encore moins chers que ceux de Venturi, près de cinq fois moins chers d’après l’entreprise. Pour revenir sur cette actualité, nous avons avec nous aujourd’hui un invité spécial.

Comment allez-vous, monsieur Mannheimer ?

Joseph Mannheimer – Très bien, et vous ? Vous pouvez m’appeler Joseph, vous savez.

Présentateur – Je vais bien également. Du coup, Joseph, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Joseph Mannheimer – Bien entendu. Du coup, enchanté, je m’appelle Joseph Mannheimer, ingénieur automobile à la retraite. J’ai effectué une grande partie de ma carrière chez Steiner ; le dernier projet que j’ai mené fut la conception de la Zora, première du nom, en 2006.

Présentateur – Très bien. Pour commencer, la question qui me semble la plus logique est tout simplement : à quoi sert un airbag et comment fonctionne-t-il ?

Joseph Mannheimer – Je vois. Dans l’imaginaire collectif, un airbag est, pour le grand public, rien de plus qu’un gros ballon qui empêche, lors d’un accident, que l’on vienne faire un bisou au volant ; si, dans l’absolu, c’est le cas — airbag se traduisant littéralement par sac d’air ou coussin d’air — c’est, dans la réalité, plus compliqué que ça. Lors d’un accident un peu violent, nous n’avons que quelques millisecondes entre le moment de l’impact et le moment où l’on vient s’encastrer dans le tableau de bord. Pour empêcher cela, il faut que l’airbag se gonfle dans cette période de temps, et vous conviendrez avec moi que ce serait beaucoup trop long si on devait le gonfler en soufflant dedans ; c’est pourquoi nous utilisons des composés pyrotechniques, mais une catégorie bien spécifique. Ce que l’on cherche, ce n’est pas une grosse puissance : on ne veut pas que le volant nous explose au visage. Ce qui est recherché, c’est que le composé libère, au moment de l’activation, une grande quantité de gaz pour venir gonfler l’airbag en quelques millisecondes. Cela reste cependant une réaction pyrotechnique très rapide, à savoir un phénomène qui libère de l’énergie ; ainsi, les airbags sont brûlants, mais entre mourir et juste être brûlé, il a fallu faire un choix.

Présentateur – Vous avez commencé à évoquer la rapidité et la production de gaz, très concrètement, que se passe-t-il dans une voiture entre le choc et le gonflage de l’airbag ?

Joseph Mannheimer – C’est relativement simple en réalité, de nos jours, les voitures sont bourré de capteur, au moment de l’impact, c’est capteur vont enregistrer le choc que vient de subir la voiture, si celui-ci est supérieur à une certain valeur alors il envoie le signale. Ce signale est envoyé au calculateur d’airbag qui va croiser les informations des différents capteur pour s’assurer que ce n’est pas juste un capteur qui dit n’importe quoi. Une fois que l’information est confirmé par le calculateur, il envoie le signale aux airbags ou plus précisément aux l’amorce, une sorte de mini explosif qui va déclencher le composé pyrotechnique qui va ensuite gonfler l’airbag.

Présentateur – Je vois, mais du coup la question qui fâche, c’est : quelles sont les qualités dont doit disposer le composé pyrotechnique ?

Joseph Mannheimer – Il y a globalement quatre qualités dont doit disposer un composé pyrotechnique utilisé dans un airbag. Premièrement, et sûrement la plus importante, c’est sa capacité à générer une grande quantité de gaz lors de sa déflagration par unité de masse ; je le rappelle, on cherche à gonfler un ballon : si le composé libère peu de gaz, il faudra alors en mettre plus. Deuxièmement, sa puissance : il faut que le composé, lors de sa déflagration, ne libère pas trop d’énergie, car cela pousserait alors à renforcer la capsule le contenant pour éviter qu’elle n’éclate et projette des shrapnels dans l’habitacle. Troisièmement, sa stabilité : il faut que le composé possède une bonne résistance aux chocs, aux changements de température et au temps ; pour le dire autrement, il ne faut pas qu’il se dégrade avec le temps, ou seulement de manière marginale. Enfin, le prix : cela concerne plus les constructeurs que l’automobiliste, mais quand même, car si on a un composé très stable, peu puissant et libérant beaucoup de gaz, mais qu’il est l’équivalent du caviar pour la cuisine, l’airbag coûtera une fortune et cela se répercutera directement sur l’automobiliste au moment de l’achat.

Présentateur – Très bien, maintenant que nous savons comment marche un airbag, revenons sur l’actualité, voulez-vous. Comme vous le savez, il y a maintenant deux mois, le gouvernement raskenois a adopté un moratoire sur les airbags Venturi utilisant du nitrate d’ammonium. Ma question est donc : le nitrate d’ammonium est souvent présenté comme dangereux. Est-ce intrinsèquement vrai, ou est-ce une question d’usage ?

Joseph Mannheimer – C’est une question d’usage, mais c’est le cas pour toute chose : un bidon d’essence n’est en soi pas dangereux, mais si on le laisse traîner à côté du barbecue, là, ça pose un risque. Le nitrate d’ammonium est dangereux, mais si l’on suit correctement toutes les procédures, alors on est en sécurité. Le problème avec le nitrate d’ammonium, comme avec les autres matières dangereuses, c’est que les procédures à mettre en œuvre pour arriver à cet état de sécurité sont plus que conséquentes. Le problème du nitrate d’ammonium, c’est que plein de facteurs veulent le faire exploser. Déjà, il supporte mal l’humidité, car en sa présence, il va l’absorber et se décomposer en une solution légèrement acide, pouvant alors dégrader son environnement. Ensuite, il n’apprécie pas du tout les impuretés : s’il est mélangé à des poussières métalliques ou à des acides, il se transforme en un véritable explosif. De plus, lorsque le nitrate se décompose, il va libérer des gaz qui, s’ils ne sont pas évacués, s’accumulent et peuvent rendre le mélange explosif. Enfin, il y a également un facteur à prendre en compte : la réaction liée à la décomposition du nitrate d’ammonium est exothermique, c’est-à-dire qu’elle libère de la chaleur. Le problème, c’est que passé une certaine température, le nitrate va se décomposer spontanément, libérant de la chaleur, décomposant alors encore plus de nitrate, et ainsi de suite jusqu’à l’explosion si la chaleur n’est pas évacuée c’est ce qu’on appelle un emballement thermique.

Présentateur – S’il a tous ces problèmes, pourquoi le choisir pour des airbags ?

Joseph Mannheimer – Parce que, derrière tous ses défauts, le nitrate d’ammonium dispose de beaucoup d’avantages : il a un très bon rendement, libérant beaucoup de gaz par unité de masse, stable la majorité du temps et surtout peu cher.

Présentateur – Du coup, dans le cas des airbags de Venturi, quels sont selon vous les points de vigilance principaux ?

Joseph Mannheimer – Pour moi, les principaux éléments à surveiller sont, dans un premier temps, l’humidité et le confinement, car dans le cas d’un airbag, le composé pyrotechnique est confiné dans une capsule hermétique. Comme je vous l’ai dit, l’humidité provoque la décomposition du nitrate, formant un acide ; acide qui peut alors attaquer la paroi de la capsule en la rongeant de l’intérieur, ce qui va, à terme, provoquer la formation de poussières métalliques, poussières qui, comme je l’ai dit, une fois mélangées au nitrate, deviennent explosives. Enfin, il faut également prendre en compte la température : un airbag est, comme la voiture, soumis aux aléas climatiques ; il peut être soumis à 40 °C comme à -20 °C, et ça, le nitrate n’apprécie pas du tout. Si ce n’est qu’une fois, cela va encore, mais c’est le fait que ce cycle se répète un grand nombre de fois qui fait que ça devient dangereux.

Présentateur – Lors de l’introduction du moratoire par l’Assemblée nationale, l’une des raisons invoquées est le vieillissement ; pourquoi est-ce un facteur critique pour un airbag ?

Joseph Mannheimer – Ce n’est pas forcément critique, mais c’est un facteur qui va aggraver tout ce qu’on a déjà vu. Initialement, la capsule contenant le composé pyrotechnique est supposée étanche, mais avec le temps, elle va se dégrader, tant par l’humidité, qui va la faire rouiller, que par les cycles de température, qui vont dilater puis contracter la capsule, fragilisant son enveloppe à terme. Neuf, je n’ai aucun doute sur le fait qu’un airbag Venturi soit aussi sûr qu’un airbag classique, mais après cinq ou dix ans, je serais beaucoup moins serein quant au fait de monter dans une voiture équipée de cet airbag. En fait, il faut voir ça comme un barrage qui cède : en cédant, il va agrandir l’ouverture ; qui dit ouverture plus grande veut dire plus d’eau, qui va à son tour agrandir d’autant plus l’ouverture, et ainsi de suite. Pour un airbag au nitrate d’ammonium, c’est pareil : à partir du moment où le nitrate commence à se dégrader, tout s’accélère ; ce n’est pas un phénomène proportionnel, dont la dangerosité va croître proportionnellement avec le temps, mais bien quelque chose d’exponentiel.

Présentateur – Mais dans ce cas, est-on en capacité de garantir qu’un système pyrotechnique comme celui des airbags reste sûr même après 5, 10 ou 15 ans dans une voiture ?

Joseph Mannheimer – Bien entendu, c’est ce qu’on fait depuis l’invention du dispositif. Qu’une capsule perde en étanchéité, ça, on le sait, c’est écrit dans le marbre ; mais dans ce cas, il faut choisir un agent pyrotechnique qui ne se dégrade pas, ou peu, avec le temps, et ne réagisse pas avec l’humidité. De manière générale, une voiture finit à la casse aux alentours de la vingtaine d’années ; si l’agent pyrotechnique se dégrade au bout de 40 ans, ce n’est pas notre problème. En revanche, ça devient notre problème s’il se dégrade alors que la voiture est toujours utilisée. Je vous ai dit qu’en se mélangeant avec de la poussière métallique, il devenait explosif, certes, mais ce n’est pas le seul point, car son énergie d’activation devient beaucoup plus basse. Imaginez que l’airbag se déclenche avec la puissance d’une grenade au passage d’un ralentisseur.


Présentateur – Je vois ; dans ce cas, passons à un autre sujet. Il y a maintenant quelques jours, un autre acteur a fait parler de lui, je parle bien évidemment de la marque Tat’épé, filiale du conglomérat icamien NovoQuimica. Si l’entreprise a fait parler d’elle dernièrement, c’est pour ses airbags, oui encore, mais cette fois avec la promesse d’un prix inférieur à ses concurrents, oui encore ; mais cette fois-ci, Tat’épé ne fait pas les choses à moitié, car si Venturi se targuait de proposer des airbags un tiers moins chers que ses concurrents, Tat’épé affirme que ses airbags sont cinq fois moins chers que ceux de Venturi. En tant qu’ingénieur confirmé, quelle fut votre première réaction en entendant cela ?

Joseph Mannheimer – Il y a anguille sous roche, monsieur. Non, pour être honnête, quand j’ai vu cela pour la première fois, j’ai cru à une fake news, puis j’ai pensé que ce n’était qu’un coup de com de la part de l’entreprise. Tat’épé est relativement récente, et lorsqu’on est nouveau, il est difficile de se faire entendre ; alors déformer un peu la réalité pour faire parler de soi est cohérent, beaucoup de marques font ça. Cependant, avec le temps, leur posture n’a pas changé, et avec l’article de presse les concernant, sorti il y a peu, j’ai compris pourquoi.

Mais avant de continuer, j’aimerais revenir un peu sur ce qu’ont pu dire les représentants de NovoQuimica. Tout d’abord, quand ils parlent du fait que les normes sont inventées par pur protectionnisme et non pas pour les consommateurs, j’aimerais tout de même rappeler que si certaines normes n’avaient pas été introduites, les airbags ne seraient pas obligatoires ; il en est de même pour les structures de déformation. Toutes ces normes rajoutent non seulement du poids, mais également du coût de développement et de fabrication, qui se répercute sur le consommateur. À un moment, si tous les pays se sont dit que mettre des airbags et des dispositifs de sécurité dans les voitures est une bonne idée, c’est peut-être parce que les consommateurs eux-mêmes ont commencé à se dire que mourir dans sa voiture des suites d’un impact à 30 km/h, ce n’était pas top.

Ensuite, l’article dit que le moratoire est introduit au nom d’un accident vieux de près d’un siècle, mais il le dit sur le ton du reproche, comme si, parce que c’est vieux, on ne devait pas le prendre en compte. Vous imaginez un ingénieur nucléaire vous dire que, parce que l’explosion d’une centrale s’est produite il y a 80 ans, on ne devait pas la prendre en compte ? Ce serait absurde, vous en conviendrez, et cet ingénieur serait immédiatement discrédité. Pour le nitrate d’ammonium, c’est pareil : ce n’est pas parce que l’accident du port de Bonnberg a eu lieu en 1962 (soit il y a 56 ans et non 80 ou 100 ans comme Venturi ou Tat’épé) que l’on doit l’ignorer. Vous savez, en histoire, on dit souvent qu’il faut apprendre du passé, car qui l’ignore est voué à reproduire ses erreurs ; en ingénierie, c’est pareil, on apprend constamment de nos erreurs. De plus, Tat’épé parle de cet accident comme si le nitrate venait d’être découvert, or je tiens à rappeler que celui-ci existe depuis le XVIIᵉ siècle et qu’on l’utilise de manière conséquente depuis le XIXᵉ ; cela fait plusieurs siècles qu’on connaît ses propriétés.

Ensuite, ils parlent de cet accident en disant qu’il s’agit d’une mauvaise gestion, ce qui est le cas. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cet accident, je vais faire un petit résumé. Pour faire simple, au tout début de la guerre civile, en 1956, un cargo est arrêté par la douane, ce cargo contenant près de 3 000 tonnes de nitrate d’ammonium. Ce nitrate d’ammonium est alors déchargé et stocké dans les entrepôts du port, mais la situation interne du pays se dégradant à grande vitesse, la cargaison fut purement et simplement oubliée. Pendant plusieurs années, les normes de stockage n’étaient plus respectées. Tout ceci continua pendant six ans jusqu’en 1962, où un incendie se déclara dans les entrepôts du port, incendie qui gagna peu à peu les 3 000 tonnes de nitrate d’ammonium, qui, après plusieurs heures, explosèrent, réduisant une bonne partie de la ville en cendres.

Là où je veux en venir, c’est que les situations entre cet accident et les airbags sont plus que similaires. Un airbag, comme la cargaison du port, est plus ou moins oublié : vous n’allez jamais chez le garagiste pour faire la révision de votre airbag. De plus, la situation dans un airbag est encore plus dangereuse, car là, on se trouve en atmosphère confinée, contrairement aux entrepôts du port, qui, eux, sont bien ventilés.

Présentateur – Je vois, je vois. Passons maintenant au cœur de la stratégie de Tat’épé pour être en capacité de proposer des airbags cinq fois moins chers que ceux de Venturi, eux-mêmes un tiers moins chers que ceux du marché. Dans son interview, Roa Noke, le porte-parole de Tat’épé, mentionne que, pour faire baisser les coûts, ils utilisent comme agent pyrotechnique du peroxyde d’acétone. Est-il comparable techniquement au nitrate d’ammonium ?

Joseph Mannheimer – Ah non, il n’est en rien comparable. Je dois vous avouer que, jusqu’à l’affaire Tat’épé, je n’avais jamais entendu parler du peroxyde d’acétone et, quand j’ai posé la question à mon entourage, ou même à des ingénieurs de chez Steiner avec qui j’ai gardé le contact, personne ne connaissait ce composé pyrotechnique.

Présentateur – À ce point ?

Joseph Mannheimer – Oui, mais j’ai rapidement compris pourquoi : ce n’est pas un agent pyrotechnique, c’est un explosif primaire, utilisé normalement dans l’armée, mais même eux rechignent à l’utiliser à cause de son extrême sensibilité.

Présentateur – Pourtant, dans l’interview, il est dit que le peroxyde d’acétone est couramment utilisé dans l’agroalimentaire, notamment pour blanchir la farine.

Joseph Mannheimer – Oui et non. En fait, sous l’appellation peroxyde d’acétone se cachent deux molécules : le TATP (triacétone tripéroxyde) et le DADP (diacétone diperoxyde), ce dernier ayant effectivement été utilisé dans l’agroalimentaire pour blanchir chimiquement les farines. Le DADP a également la particularité d’être légèrement moins sensible que le TATP ; cependant, au vu du nom de la marque, je pense pouvoir affirmer sans trop de risque que c’est bien du TATP qui est utilisé.

Présentateur – Je vois, vous avez dit qu’il était instable, mais à quel point ?

Joseph Mannheimer – M’attendant à cette question, je me suis un peu renseigné et, ayant des amis chimistes, j’ai pu dégoter quelques chiffres. Premièrement, la sensibilité au choc : il est admis de manière générale que le nitrate d’ammonium a besoin d’un choc supérieur à 50 joules pour s’allumer ; pour le peroxyde d’acétone, c’est 0,3, soit 167 fois plus sensible. En comparaison, lorsqu’on passe un ralentisseur un peu vite, il y a quelque chose de l’ordre du joule qui est transmis au composé pyrotechnique. Ensuite, la sensibilité à la friction : le nitrate d’ammonium, lui, s’en sort bien, car il peut résister à plus de 360 N ; le peroxyde d’acétone, lui, de son côté, se déclenche avec une friction inférieure à 0,1 N. Et enfin, pour la chaleur, le peroxyde d’acétone serait deux à quatre fois plus sensible que le nitrate. Si utiliser du nitrate d’ammonium dans les airbags est une idée avec des défauts et des avantages, utiliser du peroxyde d’acétone est tout bonnement meurtrier, car il peut se déclencher pour un rien.

Présentateur – Pourtant, les représentants de Tat’épé mentionnent qu’ils ont stabilisé le peroxyde avec de la vaseline, ou du moins un dérivé.

Joseph Mannheimer – Je n’y crois pas une seconde. La vaseline ne va en rien stabiliser le peroxyde d’acétone et, pire, va aggraver le problème. La vaseline, globalement, c’est un mélange d’hydrocarbures de paraffine qui est chimiquement inerte, c’est-à-dire qu’elle ne va pas réagir avec le peroxyde. Le problème du peroxyde d’acétone, c’est que, dans sa molécule, il a une liaison, la liaison oxygène-oxygène, et cette liaison est très instable et contient une grande quantité d’énergie. Pour le stabiliser, il faudrait un élément venant renforcer cette liaison ; or la vaseline est inerte, elle ne va pas réagir. De plus, elle ne va pas augmenter sa résistance au choc ou à la friction : un choc reste un choc, si rien ne l’absorbe, il est transmis. Enfin, le plus aberrant, c’est que la vaseline, étant un mélange d’hydrocarbures, est très inflammable, ce qui, en cas d’explosion, aggrave le problème. Ce que dit le représentant de Tat’épé, c’est : « On a stabilisé l’explosif en lui rajoutant du carburant. »

Présentateur – Dans ce cas, pourquoi l’utiliser ? Est-ce que celui-ci dispose d’avantages comme le nitrate d’ammonium ?

Joseph Mannheimer – Même pas. Enfin, si, un : il est vraiment pas cher ; à ce stade-là, c’est presque donné. Mais en dehors de ça, il n’a aucune des qualités que se doit de posséder un airbag. Au début, je vous ai dit qu’on ne cherchait pas une explosion, mais une génération de gaz conséquente. Le problème, c’est que le peroxyde d’acétone génère peu de gaz utile pour un airbag, et surtout pas de manière contrôlable, mais plus que ça, il explose, et fortement. Si on voulait absolument l’utiliser dans des airbags, il faudrait en mettre une quantité absurde, ce qui forcerait à concevoir une capsule ultra-blindée pour résister à l’explosion, et encore, même là, on ne serait pas sortis de l’auberge. Vu que le peroxyde d’acétone explose fortement, il ne provoque pas une déflagration, mais une détonation, provoquant une onde de choc puissante, tellement puissante qu’elle briserait l’airbag. On se retrouverait donc non pas avec un ballon venant amortir notre tête d’un choc, mais avec un jet de gaz brûlant supersonique.

Présentateur – En clair, ce n’est pas un produit compatible avec un airbag dans l’industrie l’automobile ?

Joseph Mannheimer – Effectivement, il est bien trop sensible, dégage peu de gaz et est beaucoup trop puissant.

Présentateur – Malgré tout, du fait de son prix très bas, n’avez-vous pas peur que certaines marques puissent tout de même l’utiliser ?

Joseph Mannheimer – Non, en tout cas pas sur le marché raskenois, et cela pour une seule raison. En cherchant des informations, je suis tombé sur un texte de loi datant du 7 mars 1986 portant sur l’utilisation d’explosifs primaires. Ce texte de loi, de plusieurs dizaines de pages, catalogue tous les explosifs primaires, avec leur nom, leur description, etc., et précise qui peut les utiliser : certains explosifs sont par exemple limités à l’excavation minière, d’autres sont utilisés comme amorces, et bien d’autres encore. Cependant, dans le cadre du peroxyde d’acétone, celui-ci est exclusivement classé parmi les explosifs primaires les plus sensibles et, à ce titre, son usage est strictement interdit à l’industrie civile, réservé aux forces armées ou à la recherche sous autorisation exceptionnelle. Je ne me souviens plus exactement de sa description, mais en résumé, cela donnait quelque chose comme ça : le peroxyde d’acétone est l’un des explosifs primaires les plus sensibles qui soient ; à ce titre, il ne peut être utilisé par la société civile et est réservé à un usage militaire et/ou de recherche.

Présentateur – Je vois. Sur un autre sujet, certains acteurs comme Tat’épé dénoncent un excès de normes pouvant freiner l’innovation. En tant qu’ingénieur, qu’en pensez-vous ?

Joseph Mannheimer – C’est vrai, les normes ralentissent l’innovation, mais est-ce que c’est mal ? Les normes sont faites pour instaurer un cadre dans lequel on considère que ce qui s’y trouve est moralement acceptable. Tout au long de l’histoire, les normes et les lois ont été instaurées à partir du moment où quelque chose allait trop loin. L’accident du port de Bonnberg en est un bon exemple : après cet accident, les normes de stockage dans les entrepôts portuaires se virent grandement renforcées. Alors oui, c’est plus contraignant, mais est-ce que, pour autant, il faut les enlever ? Personnellement, je ne pense pas, car je n’ai pas envie de vivre un deuxième accident de ce type. Les pays où l’innovation est complètement débridée, ça existe ; je pense par exemple à Carnaval ou à Drovoslki. Est-ce que, pour autant, j’ai envie d’y vivre ? Non. Quoi qu’on dise, l’humain reste un enfant toute sa vie : si on ne lui met pas de limites, si on ne lui impose pas un cadre, on sait très bien que ça va mal finir.

Présentateur – Eh bien, je vous remercie, Joseph, du temps que vous nous avez accordé pour revenir sur cette actualité ; ce serait un plaisir de vous revoir.

Joseph Mannheimer – Si c’est mon domaine, je répondrai favorablement à vos invitations.

Présentateur – Avant de partir, auriez-vous une dernière chose à dire ?

Joseph Mannheimer – Oui, une seule : sans normes, on refait les mêmes erreurs ; le progrès sans responsabilité n’est pas un progrès.
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Logo de l'armée régulière pontarbelloise, l'Armée Nationale du Pontarbello Libre

12 septembre 2018 - Lancement d'exercices militaires conjoints entre le Pontarbello et l'Icamie.

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Les forces icamiennes et pontarbelloises renouent avec les entrainements conjoints.

"Nos militaires vont pouvoir s'entrainer avec leurs frères icamiens, afin de construire la paix aleucienne. C'est merveilleux." lance le Général Leopoldo Sapateiro au détour d'une interview informelle le 10 septembre dernier, tandis qu'on le questionnait sur les raisons du départ d'un petit groupe aéronaval en direction des côtes icamiennes. Effectifs investis dans la manoeuvre? environ deux cents hommes et de femmes sous l'uniforme pontarbellois. Des forces essentiellement concentrées sur les exercices terrestres mais malgré tout impressionnantes sur de rares manoeuvres navales à l'Ouest du Golf alguareno, au large des côtes icamiennes. Après plusieurs années d'une relative platitude diplomatique, les deux pays mettent un coup d'accélération à leur coopération et le volet militaire semble en tête de la liste. Quand deux armées s'engagent à oeuvrer de concert au sein d'une manoeuvre militaire, vous avez là un solide gage de rapprochement net et inarrêtable que de nombreux observateurs étrangers ne pourront manquer. Il faut dire que la sécurité en Aleucie, considérant la perdition autour du territoire de Dakora, l'attaque en mer d'un convoi militaire westalien et surtout l'épisode quasi insurrectionnel ayant traversé l'Icamie elle-même, sont autant de coups de marteau portés contre une planche chargée de soutenir la stabilité de l'Aleucie. Un rapprochement entre le maillon fort de la Sud-aleucie et l'Icamie n'apparaitrait donc jamais plus opportun qu'en cette circonstance.

Dans un communiqué cette fois plus officiel et émanant des autorités pontarbelloises, le Général Leopoldo Sapateiro a confirmé le tenue d'un premier cycle d'exercices militaires sur le sol icamien dès le mois de septembre. Des forces projetées en territoires icamiens depuis la base militaire de Chileneda, un lieu pas nécessairement stratégique mais en tout cas à minima symbolique pour traiter des questions de coopération internationale sur les thématiques de la défense. Cette base, nichée dans le sud du Pontarbello a organisé le départ de deux mille soldats de l'Armée Nationale du Pontarbello Libre vers les terrains de manoeuvre icamiens. C'est indubitablement une première dans l'histoire diplomatique des deux pays. Des unités chargées de s'entrainer aux côtés des forces armées icamiennes, dans une logique interarme, avec la présence en mer de trois bâtiments pontarbellois depuis lesquels des manoeuvres héliportées sont executées en direction des côtes icamiennes. Mais l'objectif est double, pour les icamiens, l'enjeu est de se former aux combats de haute intensité qu'a pu connaître l'ANPL au titre de la Guerre d'Indépendance du Pontarbello tandis que cette dernière, vient chercher au contact de l'armée icamienne des techniques de guérilla et de combat en milieu urbain. Mais on oublie pas ses bases et des entrainements au tir ainsi qu'à la coordination de plusieurs unités en situation opérationnelle sont également déroulés. Un fait d'autant plus vrai qu'il convient de noter l'absence de véhicules de combat opérationnels au sein de l'armée icamienne. La capacité des forces armées icamiennes à faire l'usage d'équipements lourds est aujourd'hui très contestée et appelle une formation renforcée sur laquelle les forces de l'ANPL s'investissent pleinement.

Toutes les deux échappées de la colonisation au terme d'une Guerre d'Indépendance meurtrière, l'Icamie et le Pontarbello connaissent le prix de leur souveraineté et oeuvrent ardemment pour muscler leur dispositif militaire. Des exercices conjoints au combat d'infanterie sous des théâtres tropicaux sont là pour donner du relief à leur engagement, après de longues années dédiées aux effets d'annonce non suivies d'actes. Issues de la désintégration impériale listonienne, les deux pays s'affichaient occasionnellement sur certains rendez-vous historiques de la décolonisation pontarbelloise, comme le rendez-vous de ses dix ans d'indépendance le 12 juillet 2017, où des détachements de l'armée icamienne avaient défilé sur des avenues de la capitale pontarbelloises. Mais ces annonces passées, les deux armées avaient continué d'oeuvrer avec une coopération limitée au strict minimum. Mais l'élévation du niveau de prédation à l'international, marqué par les frappes balistiques carnavalaises à Estham, l'invasion de Carnavale par l'OND, le scénario relativement semblable à une échelle moindre en Hotsaline et cette situation insurrectionnelle récente en Icamie, changent singulièrement la donne et amènent à repenser les dynamiques militaires régionales jusqu'ici accaparées par l'ASEA. L'ASEA, une alliance continentale, en voie de délitement avec les appels du pied faits par l'OND, d'abord à la Westalie et désormais à la Lermandie. Ces deux pays, gros contributeurs de l'ASEA, laissent les autres membres de l'organisation dans le flou s'ils alignent leurs intérêts géostratégiques sur ceux de l'OND. Les allégeances se font et se défont, l'Icamie et le Pontarbello redéfinissent la leur...

Le moment donné à chacun de se réinvestir sur la question militaire est venu, amenant les entrainements à reprendre avec un scrupule restauré, pour suivre un cadre géopolitique régional considérablement modifié, pour ne pas dire, complexifié. L'Aleucie du Sud, si elle est définie par l'Icamie, l'Akaltie et le Pontarbello offre une nouvelle base solide pour une coopération militaire de proximité. Une coopération militaire dont les moyens et les intérêts des trois parties prenantes suffisent à les investir pleinement au sein de toutes les crises locales qui menaceraient la stabilité de frontières et de flux en biens ainsi que personnes, partagés auprès des trois nations. Si une seule certitude était offerte à la région Sud-aleucienne, c'est bien que des trois pays cités aucun ne présente d'intérêts à un conflit chaud sur des questions territoires, culturelles ou encore identitaires. La nomination d'un nouvel ambassadeur icamien à Santialche, la capitale pontarbelloise, peut ne pas être étrangère à ce regain d'activités militaires entre les deux pays, considérant le passif du personnage, dénommé Général Figueiredo dans les cercles militaires, en dépit de ses fonctions politiques présentes et de l'abandon de ses charges militaires.
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@Typhon
24 semptembre 2018

[INTERNATONAL | ECONOMIE] Canal everien entre les Deux Mers de l'Occizyan : le projet fou du gouvernement inquiète les investisseurs

Récemment, le journal everien L'Enquêteur a révélé au monde un projet gouvernemental pour le moins titanesque, sinon pharaonique : celui du percement d'un canal entre les deux mers de l'Occizyan. Grâce à celui-ci, le gouvernement - alors en pleine campagne électoral et cherchant à garantir la victoire de la candidate du parti au pouvoir, Valwen Silaris - entend profiter de la position stratégique de l'Everia entre la mer intérieure et la mer d'émeraude, et surtout, contourner le détroit de Lahunkal-Marianopolis.

Ce dernier, contrôlé et très surveillé par ses deux voisins que sont l'Akaltie et l'Icamie, avait déjà fait parler de lui récemment, notamment lors de la "Guerre du Soda", ou encore du fait... qu'il est miné ! Petit souvenir de la guerre d'indépendance icamienne, au cours de laquelle l'Empire listonien avait jugé bon d'empêcher les indépendantistes d'accéder à la mer par le minage total du détroit. Aujourd'hui, les deux pays riverains assurent à tous les pays qui se signalent à eux une traversée sans encombre, grâce à des efforts constants pour localiser et neutraliser les mines... Des efforts que la propagande everienne avait déjà volontairement ignoré, lors d'accusations sulfureuse, chargeant alors le gouvernement fédéral icamien de la responsabilité de la situation. Accusations - infondées et mensongères, cela va sans dire - que L'Enquêteur a renouvelées récemment, ignorant totalement les, pourtant nombreux, démentis icamiens, et répandant un peu plus la propagande du gouvernement everien.

Pour en revenir au canal, censé, donc, pallier aux difficultés de transit des navires everiens dans la mer intérieure après les multiples accrochages avec les gérants du détroit, il promet pour le moins d'être titanesque. D'une largeur de 200 mètres, pour 28 de profondeur, le tout sur quatre-vingt-dix kilomètres de long, le projet s'annonce ambitieux, très ambitieux. A cela s'ajoutent pas moins de quatre tunnels automobiles, huit tunnels ferroviaires, ainsi que trois ponts, censés relier l'Everia à... on ne sait trop quoi, la frontière avec la Costa Sueñoleja étant hermétiquement fermée, et surveillée par un système policier digne de la Loduarie ou du Morzanov.

Le projet, très ambitieux donc - peut-être trop ? -, bien que nécessitant une main-d’œuvre folle (on parle de 80 000 travailleurs, au bas mot) et donc censé créer de nombreux emplois, peine à rassurer quant à sa viabilité et à la santé de l'économie everienne. En effet, le pays - déjà lourdement endetté du fait d'un système policier gargantuesque et d'investissements répétés dans le spatial pour alimenter la "course à l'espace" que l'OSE (organisation spatiale everienne) entend mener seule contre tous, et surtout l'ASEA - n'a, selon de nombreux experts internationaux, aucunement les moyens d'assumer un tel investissement. "Le coût d'un tel projet se compte habituellement en milliards, sinon en dizaines ou centaines de milliards de dollars", déclare l'un d'eux. De fait, des estimations réalistes planchent sur 50 à 100 milliards de dollars pour le percement d'un tel canal, soit 7 à 13% du PIB everien, englouti en une fois dans un projet mené à la va-vite.

Et oui, car c'est sans doute ce qui inquiète le plus : la durée du projet. Le gouvernement assure pouvoir garantir le trafic seulement 16 mois après le début du chantier, études de terrain comprises. Un trafic qui se ferait, évidemment, sans qu'aucune mesure de sécurité n'ait été prise, puisqu'il y aurait une "absence [totale] d’infrastructures complètes sur les berges". Au total, le projet serait terminé en à peine deux ans, selon les estimations de L'Enquêteur. La durée, drastiquement réduite en comparaison de la durée habituelle d'une telle entreprise (quatre à cinq ans pour les estimations les plus optimistes, jusqu'à une dizaine d'années ou plus pour les plus pessimistes) inquiète notamment quant à la viabilité de l'ouvrage réalisé. Un tel canal serait-il empruntable ? Pourrait-on raisonnablement envisager de le traverser, dans la mesure où il s'agirait ni plus ni moins que d'une tranchée boueuse entre deux mers ? Les risques qui planent sur une telle structure sont nombreux : effondrement des parois latérales, enlisement des navires, impossibilité de dégager la voie en cas d'immobilisation d'un navire du fait de la vétusté de l'aménagement des berges... sans parler du fait qu'une construction - brutale - sans aucune écluse pourrait fragiliser grandement certaines portions du canal.

Autant de raison, donc, qui inquiètent les investisseurs internationaux, et les tiennent pour le moment éloignés de l'Everia. Alors même que le chantier n'a pas encore commencé, et que le projet n'a pas encore été approuvé, les multiples incertitudes autour de sa réalisation font planer une atmosphère de doute et de peur sur les marchés, qui pourrait perturber l'économie everienne avant même le premier coup de pelle. Ajoutons à cela la question de la rentabilité d'un canal qu'aucune compagnie maritime sensée ne souhaiterait emprunter, et il est clair que ce projet, s'il voit le jour, sera un fiasco sans précédent pour le "pays du futur"...

Posté le 24 septembre 2018 à 13h48
2021
Le Toucan du Soir - N°50 du 30/09/2018
N°50 du 30/09/2018
Construction d'un mur à la frontière icamo-napalawienne
Dans un contexte plutôt tendu depuis des décennies entre la Napalawie, région akaltienne considérée comme plutôt riche, et l'Icamie voisine, un pays où les favelas sont légions, les gouvernements des deux cités situées dans le désert de l'ouest de la région ont démarré la construction d'un mur le long de la frontière. Les autorités de cette partie de la Napalawie ont jugé ce mur comme étant indispensable face à "l'immigration de masse" en provenance de l'Icamie. Ils arguent ne pas être séparés de leur gros voisin par de hauts sommets qui empêchent tout déplacement humain en dehors des routes. Le désert napalawien est extrêmement chaud et sec (il arrive que la pluie ne tombe pas pendant plus d'une décennie sur certaines zones), mais également très plat et ainsi relativement pratique pour contourner les axes majeurs de communication, qui sont également les points de passage les plus surveillés par les douanes.
Parmi les habitants des cités concernées, presque tous se sont montrés favorables à la construction de ce mur. Ils disent être submergé par les migrants icamiens, qui "peuplent les rues" et "les rendent moins sûres". Une rumeur circule même, selon laquelle ils mangeraient les animaux domestiques des napalawiens. Rumeur qui n'a obtenu aucune confirmation de la part de la moindre autorité sérieuse, mais est néanmoins relayée par beaucoup d'habitants.

Dans le Territoire principal, l'opinion est toute autre. "Les icamiens sont un peuple frère, nous n'avons pas à les rejeter ainsi", nous dit une jeune femme interrogée à Tikalan. On retrouve donc plutôt une majorité défavorable à la construction de ce mur, bien qu'ils n'aient techniquement pas leur mot à dire dans les politiques locales menées par les cités napalawiennes.

La population du Protectorat de Lahunkal, territoire aussi très proche géographiquement de l'Icamie, semble mieux comprendre les napalawiens. "Le moindre ferry en provenance de l'Icamie est toujours plein d'illégaux qui se cachent partout ! Dans les cales, les coffres, les soutes, ils s'accrochent parfois même sur la coque ou à l'ancre. Ça ne peut pas continuer comme ça !".

Le nouveau mur construit sur la frontière icamo-napalawienne.Le nouveau mur construit sur la frontière icamo-napalawienne.
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