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Al-Urwa Al-Wûthqa [Presse du régime] - Page 3

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QABALIE : l'Imam Rahmatullah propose de « conquérir Carnavale »
Posté par Khalid Cerhân le 06.08.2018

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« Allâh, Béni soit Son Nom, nous a donné la puissance » ; devant ses militants réunis à l'occasion d'un meeting de l'Association Islamique pour la Paix et le Progrès (A.I.P.P.), Hassan al-Rawî ibn Hakim, qui se fait appeler « Imam Rahmatullah » depuis qu'il est leader de son parti, a tenu un discours offensif touchant aux éléments de politique internationale. L'A.I.P.P., petit parti confessionnel, ultra-conservateur et distinct du mouvement islamo-constitutionnel de la Nahda, en est pourtant un partenaire d'appoint pour le maintien du régime. Si elle refuse le compromis de 1978 entre islam et modèle à caractère parlementaro-démocratique, l'A.I.P.P. n'en est pas moins intégrée aux rouages du système azuréen. Plus d'une quinzaine d'oulémas siégeant au Majlis, la chambre haute chargée de l'élaboration de la doctrine officielle et détentrice de pouvoirs importants, en particulier d'élire le Khalife, revendiquent ainsi leur appartenance à la ligne « dure » incarnée par l'Imam Rahmatullah ; un lien avec le pouvoir califal que ce dernier aime afficher.

« Il a l'oreille de Son Altesse Sémillante », veut croire l'un de ses soutiens, maire d'une localité du nord du pays. « L'Imam Rahmatullah est un personnage influent », renchérit un toutologue qui signe désormais sous les initiales de P.B. pour des raisons de confidentialité. « L'A.I.P.P. est un partenaire du Parti de la Renaissance Islamique depuis 1978. C'est un facteur d'union des soutiens au régime », derrière les institutions héritées de la restauration de 1978, selon lesquelles, malgré un mode de scrutin pluraliste et des préprogatives législatives et budgétaires accordées à un corps de délégués issus de la société et des élections, la règle constitutionnelle demeure soudée à l'ijtihâd — l'interprétation de la Shari'a, prérogative unique des oulémas et du premier mujtahid du pays : le calife. « En tant que leader de la doctrine religieuse et politique de l'Azur, le Khalife s'informe et consulte fréquemment », prévient Ahmed Handarazâr, délégué au Sérail pour l'A.I.P.P. Selon lui, « l'Imam Rahmatullah est l'un des plus écoutés », ce dernier revendiquant pas moins de six audiences privées obtenues avec le personnage principal de l'édifice institutionnel durant la seule année 2016.

« Il a probablement été moins reçu en 2017 », juge une source informelle au Diwan, qui scrute les allées et venues au Masjid al-Najim, la « mosquée des Etoiles » où réside, prie et travaille le Khalife Kubilay al-Marwâni Ibn Sayyid. Un point souligné par plusieurs responsables de la Nahda, en particulier depuis le Congrès de 2016, qui a vu l'aile réformatrice du parti prendre l'ascendant sur les conservateurs. « Le Diwan est de plus en plus éloigné des prétentions de l'A.I.P.P. », toujours selon cette même source, « notamment sur les sujets sociétaux et électoraux » ; l'investiture accordée par la Nahda à l'ancienne ministre des Affaires étrangères, la progressiste Houria Ben-el-Telja, pour l'élection locale dans la capitale aurait déclenché l'ire des ultra-conservateurs. « On en parle peu, mais cette alliance électorale est aussi de plus en plus malmenée » ; d'après P.B., bien que l'année 2018 ait commencé sur des chapeaux de roue pour l'opposition au régime, il faudra désormais scruter les rapports entre les différents courants de l'islamisme politique. Si tant est qu'on sache lire.

« Ô croyants ! Ne délaissez pas le combat contre les agents du Shaytan ! » L'Imam Rahmatullah, connu pour ne pas lésiner sur les admonestations traditionnelles aux musulmans, aura profité d'un meeting politique à Ghanzaldaqr, un fief ultraconservateur des Monts du Tigre où l'A.I.P.P. détient l'essentiel des pouvoirs, pour réaffirmer avec vigueur une forme d'exaltation nationale, « dont la Nahda s'abstient de plus en plus. » Si Afaghani Pasha invoque régulièrement la diplomatie et sa doctrine d'ouverture pacifique pour justifier une mise en sourdine des revendications panislamistes et panafaréennes, l'Imam Rahmatullah, lui, n'est tenu à l'observation d'aucun élément de langage. En lieu de la langue de bois, il fait valoir un franc-parler et une audace qui font sa popularité au sein des populations religieuses et traditionnelles du pays.

« Puisque nous avons le huitième budget militaire au monde, pourquoi devrions-nous accepter de composer avec ceux qui nous insultent ? » Aux journalistes, le leader politique insiste sur l'un des points les plus épineux de l'actualité continentale : la confrontation avec la République Actionnariale de Cramoisie (R.A.C.), que certains jugent « inévitable » et « imminente. » Ainsi, l'Imam Rahmatullah estime que « la colonisation, ça peut aller dans les deux sens. » Devant un parterre de spectateurs amusés et électrisés par son sens rhétorique, il a dressé le tableau d'une conquête de Carnavale par l'Azur ; « nous érigerons une forêt de minarets » au lieu de leurs « champs de poireaux » ; « Nous ferons de cet enfer un peuple exemplaire dans l'application de la Shari'a. » Comment ? « Ces rats de laboratoire croient pouvoir nous apprendre l'art de la lobotomie », s'amuse le religieux, qui voit dans les cinquante millions de miséreux peuplant la métropole occidentale « une foule de croyants », ou bien « une armée d'esclaves » pour l'industrie azuréenne. « Les colons ont voulu prendre le pétrole de l'Afarée ; nous prendrons l'or de Carnavale », a-t-il cinglé, rappelant les rumeurs selon lesquelles les zones portuaires et marécageuses de la Cité Noire seraient tapissées par les trésors de la famille royale. « Nous rebaptiserons la ville », ses quartiers, ses rues ; « nous en ferons un paradis de boucheries hallal, de barber-shops et de restaurants kebab. » Il harangue la foule : « pas mauvais, hein ? On devrait suggérer l'idée à l'O.N.D., qu'en dites-vous ? » Interrogé plus tard par une journaliste sur ces propos pour le moins excessifs, il clôt la polémique : « le reste du monde a supporté l'extermination des Qabaliens ; il supportera la conversion des Carnavalais. » Carnavale, prochaine terre d'Islam ? L'imam Rahmatullah veut pourtant être pris au sérieux ; « nous en avons les moyens techniques, et la légitimité politique » après la colonisation de la Qabalie. « Ils se prévalent de ne reconnaître aucune justice ? Nous nous ferons justice. Notre bannière flottera sur leurs édifices », ajoute-t-il, « ou du moins ce qu'il en restera. »

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CINQUANTE ANS DU RÉGIME : LE CALIFAT LE PLUS STABLE AU MONDE ?
Posté par Khalid Erzanpur le 06.09.2018 à 23h14

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C'était il y a cinquante ans. Le long de la Perspective al-Maryâ, qui traverse la capitale depuis le Shediz jusqu'à la colline Ismaïla, longeant le Fort Rouge du Sérail et l'obélisque de la Constitution, de grandes célébrations prononçaient, en septembre 1978, l'adoption d'un nouveau régime politique après le renversement, huit mois plus tôt, de la République. « La grande manifestation du 26 septembre 1978 est considérée comme l'acte de naissance du Califat constitutionnel », explique Faranz al-Karnawalî, historien de la période contemporaine et spécialiste de la « décennie de sang » qui vit, à la fin des années soixante dix, l'Azur basculer et « reconquérir son identité musulmane. » La Constitution du 26 septembre 1978, qui réglemente depuis les instances politique séparée entre le régime religieux — Conseil des Oulémas, réseau des cadis, confédérations confessionnelles officielles, et l'imamat assuré par le Khalife — et le régime civil — Sérail des délégués élus, conseils de provinces et de localités municipales — est toujours en vigueur. Elle fête cette année ses cinquante ans.

« Le Califat constitutionnel est un régime solide et stable », veut croire Hafiz, commerçant dans le quartier Babûri à Agatharchidès. « Il est la mesure même entre l'obéissance aux lois de Dieu et la consultation du peuple » ; la « shûra », principe de consultation de ses disciples ayant été pratiqué par le Prophète Muhammad — Que la Paix de Dieu soit sur lui — à l'époque où il assumait la conduite de la communauté des croyants, est la traduction islamique de ce que les Occidentaux appellent — à tort — la « démocratie. » « La shûra assure la vigilance et l'équilibre du gouvernement », selon le Sheikh Wizân al-Ghamdani, membre du Parti de la Renaissance islamique. Pour cet imam respecté dans la région des Sorcandes méridionales, aux confins du Grand Désert Occidental, le principe-clé du Califat constitutionnel — une synthèse entre le primat de la Shari'a et la gestion parlementaire et pluraliste des affaires du gouvernement — est avant tout une imitation muhamadienne, et en aucun cas une « valeur. » Néamoins, pour Yasmina, étudiante en électronique à Seylimsaray, dans le centre du pays, la shûra est aussi la clé de la stabilité du pays. « Sans un processus d'élections libres, le régime se serait sclérosé et divisé », estime-t-elle, finaude, « alors que la Constitution actuelle garantit un régime de droits légaux qui nous classe plus haut sur les indices que bien des démocraties faillies. »

Un système que le Grand Vizir, Afaghani Pasha, avait lui-même qualifié de « dialectique » et « ambivalent » à l'époque où il siégeait en tant que professeur de droit islamique, mais qui était selon lui — et selon le Parti de la Renaissance Islamique, la Nahda — le dispositif permettant de faire vivre la loi musulmane dans une société moderne. « Avec cinquante ans à son actif, notre modèle démontre son efficacité et sa popularité », a déclaré la Nahda dans un communiqué à l'occasion des célébrations du mois de janvier. Une façon oecuménique d'illustrer la domination que le Parti exerce sur les institutions ; en majorité à la Chambre des délégués, le Sérail, depuis 1978, la Nahda n'aura connu que de brefs revers pour un plébiscite populaire renouvelé depuis cinquante ans. Ainsi, mis à part dans les grandes villes (Agatharchidès, Seylimsaray, Méroème, Mysore...) et dans certaines provinces particulières (Asarbeylik et Mirobansar), la Nahda demeure le principal parti du pays, soutenu par des classes moyennes rurales et des couches religieuses de l'électorat, ainsi que par des « réservoirs de soutien » que représentent, selon le politologue P.B. (nom flouté pour des raisons d'anonymat), les étudiants et les jeunes actifs de moins de 30 ans, ainsi que les minorités confessionnelles. « Paradoxalement, le vote Nahda semble presque plus élevé chez les chrétiens ou les juifs que chez les musulmans », indique le politologue anonyme, qui veut pour explication le régime de « protection constitutionnelle » mêlant éléments de la Shari'a et textes rédigés en 1978, et qui fait des croyants de religions du Livre des citoyens à part quasi-entière, dont le rôle dans la société est pleinement reconnu. « Ces électorats sont la prédilection du Diwan actuel », analyse le flouté, qui identifie en Jamal al-Dîn al-Afaghani un « grand réformateur » capable « d'impulser une nouvelle ère pour son mouvement politique. » Une ère de domination sans partage ?

Tandis que le mouvement califal gouverne, tiraillé dans ses ailes gauche et droite, l'opposition, elle, reconnaît les avantages du régime. « 1978 est une année importante pour tous les partis politiques », nous dit un spécialiste interrogé par Azuri FM ; « du côté des sociaux-démocrates et des libéraux, cela a été un moment de refondation et de résurrection politique », la fin de la République s'étant traduite par le retour à la légalité de ces mouvements politiques ayant accompagné la Semaine des Manguiers (insurrections antirépublicaines de janvier 1978). « Nous rendons hommage à nos trois mille martyrs », a déclaré le chef du P.S.D.A. lors d'une cérémonie laïque de mémoire aux militants sociaux-démocrates tombés sous la dictature. « Plus jamais ça », crient régulièrement les adhérents des partis de gauche à l'occasion de rallyes politiques à haute teneur mémorielle, et qui créent un « gouffre de sang » avec l'opposition de droite — Jeunes-Altaïs en tête.

« Les religieux règnent sur un pays divers, une mosaïque prête à s'effriter », dénoncerait un blogueur d'extrême-droite, posant pourtant un regard lucide sur la société azuréenne : une société particulièrement colorée, composée de « dizaines de communautés confessionnelles et culturelles », réparties sur un territoire aussi vaste que contrasté. « Aucune majorité politique ne peut se dégager d'une telle démographie », se lamente un espion étranger sous couvert d'anonymat, en vacances en Grisolia ; « difficile de constituer une alternative majoritaire nationale, capable de déboulonner la Nahda. » Si la C.I.A. existait, elle aurait sans doute transformé l'Azur en champs de ruines avant de l'abandonner à un mouvement islamiste violent ; « nous sommes ce qu'aurait été l'empire des Timourides », veut croire un fantôme traversant le quatrième mur et la cinquième dimension ; « si les Treize Colonies n'avaient jamais eu leur indépendance. » Bref, l'Azur semble résolu à demeurer sur sa trajectoire, imperturbable et imminent.

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DIWAN : AMASTAN AG AMENAY NOMMÉ MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Posté par Maswûd Kezekgan le 10.09.2018 à 20h27

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« Ça s'est décidé dans les dernières minutes » : des sources internes à la Porte Splendide ont confirmé, quelques temps avant la publication d'un communiqué officiel, le nom du prochain ministre des Affaires étrangères, succédant à Houria Ben-el-Telja. Celle qui avait été la première femme à exercer cette fonction avait en effet remis sa démission il y a quelques mois, officiellement pour se consacrer au scrutin électoral de 2020 ; la place était, depuis, vacante. « Honnêtement, c'est un peu une surprise », confie Adam Cyrusha, délégué au Sérail au nom des minorités confessionnelles, et rattaché à la Nahda, le parti califal. « On attendait un profil plus bureaucratique, capable de gérer des situations complexes » ; le nom d'Amir Bey il-ir Usdeli, poussé en coulisses d'après nos informations, était le plus retenu ; ce haut fonctionnaire, compatible avec la frange conservatrice du régime, semblait être le profil idéal pour incarner une politique étrangère solide et réunir les différents courants de la majorité au sein d'un gouvernement de synthèse, avant les élections.

« Afaghani Pasha veut garder la main sur la diplomatie », conjecture un conseiller en communication rattaché à l'opposition. « Plutôt que d'aller au compromis avec un poids lourd, pragmatique, distant de ses positions internationales cultivées, il préfère jouer une carte de la pioche » : Amstan Ag Amenay, fraîchement accueilli ? « Un binational ne devrait pas être membre du Diwan », a protesté Hasan Çerkes, président des Jeunes-Altaïs (nationaliste), pointant un fait inédit sous le Califat constitutionnel : pour la première fois, le chef de la diplomatie ne sera pas un Azuréen de pure souche, mais un citoyen étranger naturalisé il y a environ quinze ans. Originaire de Kabalie, Ag Amenay semble plutôt « avoir été choisi en raison de ses origines », la Kabalie étant hissée en priorité numéro un de la politique étrangère azuréenne.

« C'est un membre d'un clan respecté en Kabalie occidentale », selon un journaliste qui a épluché la biographie du nouveau Ministre ; son père, Amenay Ag Aylan, est un grand propriétaire, « dont beaucoup de biens et de proches ont été annihilés par la Cramoisie. » Un héritage lourd à porter, et qui marque le nouveau responsable de la diplomatie califale, au point de « créer un tropisme », s'inquiète un psychanalyste sur le réseau faussial dixcorde. Tropisme ? Une accusation réfutée par le porte-parole du Diwan : « Au-delà de la seule question qabalienne, Amastan Ag Amenay portera sur la scène internationale de nouvelles offensives diplomatiques importantes », telles qu'un texte sur la décolonisation des territoires non-autonomes, cher au Diwan, mais surtout un dispositif juridique international en mesure de gérer les « crimes de masse. » Dans la lettre d'objectifs qu'il a reçue de la Porte, le nouveau ministre dit également figurer « l'approfondissement des partenariats prometteurs », qu'on suppose essentiellement tournés vers l'Afarée, mais aussi vouloir « découvrir les nouveaux Etats qui comptent » ; bien qu'il se soit limité pour le moment à une brève déclaration, le nouveau Ministre se serait déjà mis au travail pour concevoir ses prochains déplacements.

« Je suis ravie de ce choix », déclare Anashyata, militante pour la paix et les droits humains ayant participé au rassemblement pour la Qabalie de ce vendredi à Mysore, dans le sud de l'Azur. « C'est une garantie qu'on n'oubliera pas les Qabaliens et qu'on ne laissera pas faire l'impunité cramoisienne » ; venue témoigner avec sa mère, cette dernière, au contraire de sa fille, est plus prudente : « j'espère qu'il ne va pas nous faire partir en guerre contre Pervenche Obéron » ; le nom de la cheffe de guerre carnavalaise retentit encore, comme un écho du passé. Sur la place Ögödey Khan de Mysore, la foule rassemblée hebdomadairement pour demander la destruction de la R.A.C. scande pourtant des slogans très agressifs.

« Le vrai défi d'Ag Amenay sera de convaincre dans la durée », signe un mystérieux observateur de la géopolitique sous les initiales de « PB » ; pour lui, « un Qabalien aux affaires peut légitimement inquiéter sur un entraînement à la marche vers la guerre », évoquant le « ressentiment et l'appétit de vengeance » entretenu depuis deux ans à l'égard de la R.A.C. Selon PB, « Afaghani Pasha joue une carte délicate en renforçant le dossier cramoisien dans la perspective azuréenne sur le monde », étant donné l'extrême polarité qui agite la communauté internationale sur ce sujet. « C'est pourtant logique », réplique Restitutor Occidentis, un compte Wasl'App d'actualité internationale : « Afaghani Pasha est un militant de l'ordre mondial par le droit et le multilatéralisme », des principes qui « ne peuvent tolérer » les libertés prises par la R.A.C. vis-à-vis de sa responsabilité génocidaire historique.


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KABALIE : DEUX AVIONS AZURÉENS ABATTUS PAR LA CRAMOISIE, UN CONSEIL DE GUERRE EST EN COURS
Posté par Sahar Sultan le 30.12.2018

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« Deux de nos appareils ont été pris pour cible » hier soir, aux alentours de dix-huit heures, a confirmé le gouvernement azuréen dans la matinée, par « un escadron supérieur en nombre » qui aurait tiré sans sommation sur la mission pourtant routinière de surveillance des activités aériennes en Afarée occidentale. Partis autour de dix-sept heures de la base azuréenne de Rioty, dans l'ouest du Finejouri, les deux pilotes placés sous les ordres de la colonelle Kahina Samarqand auraient filmé en direct l'embuscade tendue par des forces aériennes « alliées à la Cramoisie », sur lesquelles le Diwan n'a pas souhaité donné de détail.

Le gouvernement n'a pas laissé transparaître d'indication sur le sort des pilotes ni sur leur identité, et a indiqué qu'un Conseil de Guerre était réuni autour du Grand Vizir en vue d'élucider les causes et les conséquences d'un « grave incident. » Plus tard dans l'après-midi, une source informelle au Ministère des Affaires étrangères a été citée sur les réseaux sociaux, expliquant que « les pilotes azuréens ont été témoins d'un acte d'extrême trahison » et qu'ils ont « été pris pour cibles en vue d'occulter la vérité. »

L'attaque de forces afaréennes par la République Actionnariale du Désert rouge serait une première dans le conflit diplomatique qui l'oppose au Pacte afaréen de sécurité, et pourrait entraîner une escalade, de l'avis de tous les gens censés. Le Royaume de Finejouri a signifié son souhait de voir les activités militaires dans son voisinage interrompues. Sur les réseaux sociaux, la responsabilité du Grand Kah dans l'incident ne fait aucun doute.

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DÉCOLONISATION : COMMENT L'AZUR S'EST FORGÉ CONTRE L'IMPÉRIALISME
Posté par Khalil Nosri le 23.01.2018

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« Une priorité diplomatique du Diwan » : pour Mojtahid al-Ghansî, conseiller en relations internationales du Parti de la Renaissance islamique, et membre de la tariqa Naqshbandiyya, « la décolonisation fait partie de l'ADN du gouvernement. » A l'occasion d'une intervention du Ministre des Affaires étrangères, le récemment nommé Amastan Ag Amenay, la Nahda a réitéré son engagement pour « l'émancipation définitive de tous les peuples afaréens. » Mais pourquoi un tel engagement de la part de l'Azur ? « La détermination dont font preuve les Azuréens inquiète de plus en plus », juge Pascal Bonnebouille là où il est. Ce spécialiste émérite des grandes questions mondiales, reconnu pour son expertise en toutologie, demeure sceptique sur les possibilités de réalisation du projet d'Agatharchidès. « La décolonisation, tout le monde en parle mais peu savent ce que ça veut dire », résume l'expert messaliote.

« L'Azur est une nation qui s'est construite dans la résistance à l'impérialisme extérieur », explique Mojtahid al-Ghansî. Pour ce soufi patenté, l'imbrication entre le fait anticolonial et la doctrine politique azuréenne remonte au dix-huitième siècle, à l'âge d'or du sultanat azuréen. « Les sultans d'Agatharchidès ont été les premières victimes de l'impérialisme eurysien dans l'Océan des Perles », avec la destruction de leur puissante flotte de guerre pendant la Guerre de Neuf Ans, lors de la bataille de Qoray. « Les routes commerciales sont alors déviées vers les réseaux fortunéens et velsniens », qui établissent des jalons sécurisés pour le ravitaillement de la métropole en sucre, thé, café, coton provenant des colonies et des protectorats en Afarée et au Nazum. L'encens, les épices, la soie, le camphre, l'or et l'ivoire n'échappent pas à cette reconfiguration du commerce mondial qui à la fin du XVIIIème siècle peut sans aucun mal être décrit comme « mondialisé » par les grands voiliers eurysiens et leurs escadres, dont les canons contrôlent les côtes et les voies de passage. En 1802, la province sultanale du Mirobansar est envahie ; les troupes eurysiennes campent même près de l'Al-Garth al-Shediz (le palais sultanal sur le lac), et un traité de paix divise le sultanat. Détaché du reste du pays, le Mirobansar, province la plus riche d'Azur grâce à son climat humide propice à l'agriculture et à une culture florissante, est placé sous la coupe d'un condominium protectoral colonial. Les concessions étrangères s'accaparent les comptoirs le long du grand fleuve de la province : à Mysore, à Anascandar, à Hydabalpûr, des quartiers eurysiens sont aménagés ainsi que de puissants entrepôts destinés à accueillir les flottes de commerce et leurs cargaisons ; « à partir de 1802, l'Azur est une colonie. »

L'occupation du Mirobansar et la restructuration de l'économie locale pour aménager des plantations de denrées d'exportation (canne à sucre et coton notamment) est la face visible d'un colonialisme qui s'étend en réalité à tout le pays. « Loin d'être anéanti par l'invasion eurysienne, le sultanat azuréen est préservé par elle » : le sultan Mozaffar III, qui règne entre 1795 et 1811, ainsi que ses successeurs (Mustafa IV, entre 1811 et 1819 ; et Mustafa V, qui règne entre 1819 et 1862), accepte des réformes drastiques et l'arrivée en Azur de délégations eurysiennes chargées de superviser le pays et notamment de créer la Caisse d'administration de la dette sultanale (en 1807). Cette institution, qui obtient la gestion du trésor du pays, et qui devient de fait un créancier-directeur du sultanat, impose un système politico-financier qui « régule » l'économie du pays. Petit à petit, les concessions étrangères se multiplient, sur l'exploitation du tabac, du salpêtre qui fait alors la richesse du Plateau azuréen, mais aussi sur le commerce en général. L'Etat s'endette auprès des banques internationales. « Il y est contraint et forcé par les contrôleurs eurysiens », qui entretiennent avec la Cour sultanale une relation de dépendance. En échange de privilèges sur le reste de la population, la monarchie, affaiblie et impuissante, accepte que le pays se transforme en champ d'exploration et en vaste entreprise à l'air libre pour des capitaux placés à Fortuna, à Velsna, à Caratrad, en Antérinie, ou encore au Lofoten.

« La soumission par la dette et les contrôles financiers n'est pas moins coloniale que l'administration directe dans les colonies officielles », explique Mojtahid al-Ghansî. « Les décisions prises par les financiers eurysiens impactent très concrètement le pays », avec un tarrissement économique et un appauvrissement généralisé de la population dans les années quarante à soixante-dix du dix-neuvième siècle. « L'Azur devient une destination pittoresque » pour les voyageurs en mal de romantisme et d'orientalisme. Comme l'écrit un intellectuel en vadrouille en Syrane dans les années 1860 : « "il n'y a dans ce pays de somptueuses tours, de puissantes forteresses, de vieux portiques, que dans les souvenirs d'une très grande gloire ; des souvenirs qui s'écaillent sous le soleil, qui se craquèlent sous le vent, et aux pieds desquels une foule de bestiaux malingres, d'enfants chétifs, de vieillards mal nourris se bouscule et s'admoneste, parfaitement ignorante de son passé"... » Pour Yara Beliktaz, artiste peintre de Karahisar, dans le nord, « c'est l'époque où se façonne la vision stéréotypée, coloniale et raciste de l'Orient. » L'appauvrissement de l'Azur au long du dix-neuvième siècle, concommittant avec l'ouverture de mines et de carrières, l'introduction du chemin de fer et du télégraphe, des travaux de terrassements qui s'amorcent, et la réintroduction de l'esclavage dans les colonies de plantation du Sud via le régime des travailleurs détachés du Nazum — les coolies — témoignent de l'imbrication historique entre la nation azuréenne et le capitalisme impérialiste du coeur du dix-neuvième siècle.

« C'est alors que se produit le miracle. » Pour la plupart des historiens, l'année 1876 est authentiquement « révolutionnaire » : « c'est la première fois qu'un peuple se débarrasse d'un système oppressif et réussit à le substituer à un nouvel ordre interne. » Commencée en 1875, la révolte de la tariqa Qâdiriyya dans l'ouest (vallées de Tigrane) contre des projets d'infrastructure pilotés par des capitaux étrangers a pris à la fin de l'année la tournure d'une véritable guérilla, qui menace l'intégrité du pays. Le sultanat, « qui marine dans la corruption », est incapable de réagir. La guerre est brutale et s'achève en 1876 par un ralliement général des tribus et des sheikhs du Plateau à la « Révolution de Safran » du Sheikh Abd-al-Qâdir al-Jazayri, « Père de la Nation. » Le régime sultanal et capitalistique est renversé par les armes, et un régime califal est restauré en Azur le 23 janvier 1976, pour la première fois depuis le onzième siècle. C'était il y a cent-quarante-trois ans. « Les années suivantes verront la fermeture du pays aux capitaux étrangers » et la poursuite, par le « soufisme révolutionnaire », d'une politique unique au monde de modernisation technique et de revivalisme culturel et religieux.

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« Le Califat est né dans la lutte contre l'impérialisme », conclut Mojtahid al-Ghansî ; « il y a une continuité depuis Abd-al-Qâdir », et ce jusqu'au gouvernement actuel, que préside le Grand Vizir Afaghani au nom du Khalife Kubilay.

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