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« Plusieurs clans kabaliens, une seule Kabalie. Et unité des Peuples, Justice pour Tous »
Proclamée à Azour, le 6 janvier 2018République unie des peuples des clans de Kabalie de l’Ouest et de l’Est (RUPK)Émetteur : Vilo Colo, Consul exécutif (mandat du 6 janvier 2019 au 6 janvier 2020)
Destinataire : Balsilek Ishak, signataire en qualité de PDG protecteur de la Cramoisie
Objet : Réponse sur la transition, la décolonisation et la coopération économique
Date : 01.12.2018
Votre réponse est reçue. Vous exposez une dépendance massive à Carnavale, vous affirmez que votre sécurité et votre survie économique reposent sur cette présence, et vous posez des garanties. Nous allons répondre uniquement sur les points concrets, et proposer un chemin praticable.
D’abord, sur notre nature politique, puisque vous opposez vos institutions aux nôtres. La RUPK ne s’est pas construite sur une fiction. Notre système politique s’est construit par l’aval des soixante-dix clans. Un clan recouvre généralement trois réalités sociales : une classe dite noble, composée des pères du clan et des lignages fondateurs reconnus par l’ensemble du corps clanique, une population plébéienne au sens civique, et une classe riche que nous avons appelée chevaliers, parce que, historiquement, les plus riches étaient ceux qui possédaient des chevaux. Cela n’a rien d’insultant. Cela décrit une structure sociale. L’égalité parfaite à cent pour cent n’est pas le socle culturel kabalien tel que nous le connaissons, sauf à intégrer d’autres cultures ou doctrines. Cette précision n’est pas un jugement, elle sert à dire ceci : votre égalitarisme proclamé n’autorise pas, à lui seul, à disqualifier notre système, pas plus que notre système n’autorise à disqualifier le vôtre. La discussion doit donc porter sur des mécanismes concrets, pas sur des slogans.
Ensuite, sur votre point central, la dépendance à Carnavale. Vous dites que si vous cessez de travailler avec les natifs de Carnavale, l’économie s’effondre, les hôpitaux cessent, l’électricité se coupe, et la transition devient impossible. Nous entendons cela, et c’est précisément pour cette raison que notre proposition n’a jamais été une rupture brutale. Elle est une transition. Une substitution progressive. Une sortie de dépendance par étapes.
Premier point de notre proposition, et vous devez l’entendre comme un outil de stabilisation, pas comme une punition : nous proposons un accord d’importation via la Kabalie afin de remplacer Carnavale progressivement. Importations venant de l’Afarée du Nord en général. L’objectif est double. D’une part, éviter que vous deveniez dépendants d’une organisation unique, qu’elle s’appelle OND ou toute autre structure susceptible, un jour, de changer d’attitude. D’autre part, contribuer à votre autonomisation, à votre capacité à produire, à améliorer la vie, et à faire en sorte que la Kabalie de l’Est puisse, à terme, se suffire à elle-même avec ses propres ressources. Nos lois économiques sont précisément conçues pour organiser ce type de flux, de manière contrôlée et progressive. Nous sommes prêts à négocier ce mécanisme, poste par poste, secteur par secteur, avec un calendrier réaliste.
Deuxième point, complémentaire et concret : nous proposons l’envoi d’Afaréens et surtout de Kabaliens de l’Est afin de remplacer progressivement les personnels carnavalais dans les secteurs vitaux, à commencer par les hôpitaux et l’énergie. Votre propre message montre que vous êtes prisonniers d’une dépendance technique. La réponse logique, si vous voulez sortir de cette dépendance, est de remplacer le savoir-faire carnavalais par un savoir-faire kabalien et afaréen. Nous avons l’intention de produire massivement des panneaux solaires. Nous pourrons, à mesure que l’infrastructure se mettra en place, transmettre de l’électricité, soutenir les réseaux, et éviter que l’énergie ne reste un levier d’influence extérieur. Cette trajectoire doit servir aussi un objectif de dépollution et de reconstruction écologique du désert, parce qu’une terre détruite n’est pas une paix, c’est une cicatrice permanente. Là encore, tout cela se fait dans le temps. Pas en une semaine. Mais cela doit commencer.
Troisième point, qui répond directement à votre logique de blocus et de pression : notre État demeure en dialogue avec l’OND, avec le Pacte, et avec de nombreux pays, dont certains vous sont hostiles. Nous proposons donc une négociation de désescalade et de déverrouillage progressif. Nous ne ferons pas une dénonciation brutale et stérile des pressions, parce qu’une dénonciation pure et dure ne sert à rien si elle ne produit pas une solution. Si nous allons voir l’OND ou d’autres États en leur disant d’arrêter la pression, nous récolterons un rejet et vous n’aurez rien gagné. En revanche, si nous allons les voir avec un plan, un calendrier, un accord de transition, des étapes mesurables, alors une négociation devient possible. C’est cette méthode que nous proposons. L’objectif est de faire sauter progressivement les verrous qui empêchent la transition, sans exiger un renoncement total et immédiat des acteurs extérieurs.
Sur les prix et la dépendance commerciale, nous réaffirmons un engagement simple : aucune hausse de prix ne sera effectuée dans le mécanisme d’importation que nous proposons. Un exemple suffit. Si nous achetons un produit à un prix donné à Fortuna ou ailleurs, nous vous le revendrons au même prix. La Kabalie ne cherchera pas à faire du profit sur votre transition. Nous voulons casser une dépendance, pas la remplacer par une rente. Ce point est essentiel, et il est non négociable de notre côté.
Sur la décolonisation, nous vous le disons clairement, parce que votre exigence est trop large : nous reconnaîtrons que la Kabalie de l’Est est un interlocuteur légitime pour négocier et organiser une décolonisation, mais cette décolonisation doit se faire avec la participation de la République de Kabalie, c’est-à-dire l’État kabalien légitime, et dans une mise en commun des intérêts. Une indépendance totale construite contre l’unité kabalienne serait absurde et contre-productive. Si vous refusez ce point précis, nous aurons des doutes sérieux sur vos objectifs futurs. Nous ne sacrifions pas l’unité kabalienne pour obtenir une simple pause de confort.
Sur la souveraineté séparée et vos garanties d’indépendance totale, nous sommes cohérents : nous ne pouvons pas accepter une garantie d’indépendance totale de votre entité. Ce n’est pas envisageable pour nous. Nous pouvons discuter d’un accord sur le désert, de mécanismes de reconstruction, de coopération, de statuts particuliers, mais pas d’une séparation définitive. Une partie de la partition sera rejetée, parce que la partition est précisément le cœur du problème.
Vous indiquez accepter un accord de coopération économique et un accord de libre-échange. Très bien. Nous intégrons donc l’accord de libre-échange dans le paquet d’accord global, comme un point supplémentaire structurant, en cohérence avec les deux premiers volets importation et substitution des dépendances.
Concernant la formation militaire, vous affirmez que la paix passerait par la possibilité de former une armée. Nous ne rentrerons pas dans une logique où le réarmement devient le préalable à tout. En revanche, nous vous proposons un mécanisme qui sert votre objectif réel, qui est de sortir d’une armée fondée sur des natifs carnavalais : nous avons l’intention de faire former nos troupes par l’Azur, avec qui nous avons des liens. Une fois nos forces formées, nous pourrons organiser des exercices communs entre nos deux armées, afin de créer une doctrine de défense, de survie et de stabilisation, sans que l’Azur n’ait à intervenir directement. L’idée est simple : construire des forces kabaliennes autonomes et autosuffisantes, capables de protéger les civils et de tenir un cadre. Ce point doit être progressif et encadré. Il ne s’agit pas d’imposer l’Azur chez vous, il s’agit de construire une capacité kabalienne qui remplace, dans le temps, la dépendance carnavalienne.
Vous évoquez aussi la question de la présence des Carnavalais et des Kabaliens de l’Est. Nous le disons sans détour : notre entité politique démocratique, qui fait participer chaque groupe à sa place, pourra accueillir la présence de populations diverses, car les clans de l’Est existent et la société kabalienne est plurielle. Mais tout cela suppose une trajectoire de réunification, pas une sanctuarisation séparée.
Enfin, vous proposez une idée symbolique forte sur le nom. Nous y répondons franchement : pourquoi ne pas porter le même nom. Pourquoi ne pas vous renommer République unie des peuples des clans de Kabalie de l’Ouest et de l’Est. Ce serait extrêmement fort à l’international. Ce serait un signal immédiat que votre entité n’est pas fermée, qu’elle accepte l’idée d’un cadre commun, et que la négociation est réelle. Cela aiderait mécaniquement, dans nos discussions externes, à faire comprendre que la réunification est l’horizon, et non la séparation. Qu’en pensez-vous.
Nous concluons simplement. Votre message décrit une dépendance et demande des garanties. Notre réponse propose un accord de transition, long terme, en plusieurs volets : importations de substitution, remplacement progressif des personnels carnavalais par des Afaréens et des Kabaliens, stabilisation énergétique par solaire, négociations externes pour desserrer des pressions par méthode et non par dénonciation brute, absence totale de marge commerciale dans l’intermédiation, décolonisation organisée avec participation de la République de Kabalie, refus de l’indépendance totale, et ouverture d’un cadre de coopération économique et de libre-échange.
Si vous acceptez ce paquet comme base de négociation, nous pouvons avancer. Si vous refusez le principe de participation de l’État kabalien légitime à la décolonisation, ou si vous exigez une souveraineté séparée garantie, alors la discussion n’aura pas d’issue.
Dans l’attente de votre position sur ces points précis.
Vilo Colo, Consul exécutifFin de note diplomatique de la RUPK