BALSILEK ISHAK
avec son brave médecin, le professeur Ambroise Crogère

Crise des missiles avec l'Antérie, chouinage de l'Azur, Balsilek Ishak prend la parole pour réagir à l'actualité internationale.
Une fois de plus, c'est la situation internationale qui m'amène à prendre la parole devant vous. Alors que les processus de pacification et de normalisation de nos relations avec l'Afarée vont bon train, quelques nations, toujours les mêmes, travaillent à perturber le bon déroulé des opérations. Faisant fi de la mission d'observation menée conjointement avec l'Althalj et le Finejouri, l'Antérie est venue chercher l'escalade militaire en provoquant notre nation par des tirs balistiques à proximité de nos zones civiles. Une menace inacceptable pour la sécurité de nos concitoyens et qui a fait l'objet d'un tir de semonce proportionné en retour. En tant que PDG-Protecteur du désert, je ne laisserai aucune dictature, aucun État voyou mettre en danger le peuple kabalien. Hier la violation de notre espace aérien par le Califat d'Azur, aujourd'hui les menaces de l'Antérie, chacune a reçu une réponse adéquate et qu'il soit extrêmement clair que si la Kabalie rouge est pacifiste, elle répondra coup pour coup aux agressions initiées par ceux qui se déclarent ses ennemis. Je renouvelle le souhait exprimé par mon peuple à vivre en paix en Afarée et condamne toutes les initiatives et provocations étrangères visant délibérément à nous dénier ce droit, et à saboter le processus de pacification de la région.
Une fois de plus, ce ne sont pas des nations ouest-afaréennes qui cherchent à raviver les tensions. Il est toujours aisé d'attiser les braises du conflit loin de chez soi. Azuréens, Atériens, je leur dis, prenez garde car la guerre que vous appelez de vos vœux pourrait bien toucher votre sol plus tôt que vous ne le pensez. Il est aisé d'allumer un incendie, mais bien moins d'arrêter les flammes lorsque celles-ci dévorent tout. Je renouvelle ma confiance en nos voisins de l'Althalj, du Finejouri, du Grand Kah, de Carnavale et de toutes les autres nations de bonne volonté, pour tenter de trouver ensemble une voie pour faire prospérité ensemble, dans la paix et la fraternité. Nous ne laisserons pas les forces du chaos triompher. Les investissements demandés au conseil actionnarial restent d'actualité et courent pour l'année 2020-2021. Faute de garanties sécuritaires supplémentaires de la part du continent afaréen, la Kabalie assurera sa défense elle même.
J'ai pris bonne note des déclarations de l'Antérie, à travers son chef d’État et son ministre des Affaires étrangères. Je leur réponds avec la plus grande fermeté : la réponse proportionnée de notre tir de missile balistique est à considérer comme un coup de semonce et non un acte de guerre. Si guerre il devait y avoir, ce que je ne souhaite pas, elle serait de l'initiative de l'Antérie ou de ses alliés, et ce n'est pas dans la mer que notre missile aurait frappé, mais sur le palais présidentiel de Jakamé Idi Akim. Qu'il se le tienne pour dit et mesure ses paroles à l'avenir.
Nous entendons toutefois la sagesse du Royaume du Finejouri qui appelle à baisser les armes. J'en appelle moi aussi à faire taire les canons et je le réaffirme : aucun Anterien n'a à craindre de la Kabalie rouge. La seule menace qui pèse sur eux, c'est l'inconséquence des paroles de leur gouvernement. En signe de bonne volonté, je suis disposé à rencontrer Jakamé Idi Akim au Finejouri s'il le désire toujours. Nous parlerons paix et commerce, comme avec n'importe quelle nation d'Afarée prête à faire preuve de bonne volonté. La Kabalie rouge peut être un allié précieux autant qu'un ennemi terrible, que chacun choisisse son chemin en son âme et conscience.
Il a également été porté à ma connaissance un communiqué du Diwan azuréen. Nous savons tous ici à quel point la diplomatie de cette nation déborde de fiel et de mensonge. Ce n'est pas pour rien si le Califat a été méthodiquement écarté de toutes les initiatives diplomatiques en Afarée de l'ouest, après avoir tenté d'ingérer en Althalj, au Grand Kah et en Kabalie rouge. On ne dialogue pas franchement avec des pays dont un mot sur deux est trompeur et qui, lorsqu'il ne parvient pas à obtenir ce qu'il veut par de douces paroles, tente de vous tordre le bras par la corruption, la propagande et la tromperie.
Je me suis entretenu hier avec nos partenaires économiques et, puisqu'ils ont été ciblé directement par les paroles du Diwan, les Laboratoires Dalyoha ont pour une fois souhaité répondre aux accusations portées contre eux. Je laisse à présent la parole au Professeur Ambroise Crogère, directeur de la banche afaréenne des Laboratoires Dalyoha, que je remercie de se prêter à cet exercice.

Je vous remercie également, PDG-Protecteur, de laisser aux Laboratoires cette opportunité de nous expliquer davantage. Étant une entreprise privée, la Dalyoha Compagnie s'exprime rarement sur les questions géopolitiques qui sont du ressort des gouvernements et des peuples. Néanmoins lorsque la probité de nos actions est questionnée, il est normal de faire preuve de pédagogie de façon à ne pas laisser des interrogations légitimes en suspend, susciter une crainte ou une défiance injustifiée.
La Dalyoha Compagnie a pris le temps de consulter les inquiétudes formulées par le gouvernement azuréen et je vous assure que nous les prenons avec un grand sérieux. La science, et en particulier la biologie médicale, surtout lorsqu'elle est étudiée à un niveau d'expertise très avancé, peut sembler un peu mystérieuse vue de l'extérieur. Le système international des brevets et du secret des affaire dissimule volontairement le détail des découvertes des uns et des autres afin de les laisser exploiter le résultats de leurs recherches. Cette opacité suscite des frustrations et, pour des personnes religieuses, des craintes légitimes quant au traitement du vivant et du sacré. Je crois en revanche que nous ne devons pas céder à la peur de l'inconnu et que science et religion peuvent marcher côte à côte, en dialoguant confraternellement. Je crois d'ailleurs savoir que certaines formes d'islam ne sont pas incompatibles avec la curiosité scientifique et la pensée critique, ce qui est porteur d'espoir pour l'avenir des relations carnavalo-azuréennes.
A Carnavale, les Laboratoires Dalyoha organisent régulièrement des journées pédagogiques à destination des scolaires afin d'initier les nouvelles générations à la méthode scientifique dès le plus jeune âge. Cette initiative, dont les résultats ont été salués, porte ses fruits depuis plusieurs décennies et malgré la forte imprégnation de la religion catholane à Carnavale, on mesure un fort recule des superstitions et des peurs irrationnelles au sein des populations ayant pu bénéficier de ce programme. La Dalyoha Compagnie serait heureuse de permettre à l'Azur de profiter, elle aussi, d'un tel programme, qui permettrait nous en sommes sûrs de poser aujourd'hui les bases d'une coopération sereine dès demain.
D'ici là, je tâcherai de répondre à quelques points soulevés légitimement par l'Azur.
Le Diwan a qualifié "d'humiliation coloniale" les récents investissements de la Dalyoha Compagnie en Kabalie rouge. Un tel qualificatif nous semble grandement exagéré et être le produit d'une vision faussée de la situation dans le désert rouge. La Dalyoha Compagnie est une entreprise pharmaceutique qui fournit chaque jours des dizaines de millions de personne en médicaments et services de santé nécessaires à leur survie ou leur bien être au quotidien. Guérir, soulager, rendre la vie plus douce et facile, voici nos missions. En Kabalie rouge, la Dalyoha Compagnie a financé les hôpitaux, les pharmacies, des serres qui nourrissent la population et elle travaille désormais à dépolluer le désert rouge. Qu'a fait l'Azur pour le bien être des Kabaliens ? Elle les a placé sous blocus, provoquant des pénuries ponctuelles et une stagnation du niveau de vie général. Stagnation que monsieur le PDG-Protecteur Balsilek Ishak et monsieur Blaise Dalyoha travaillent chaque jour à combattre en augmentant le nombre d'investissements dans le désert.
Le désert rouge est aujourd'hui dans une situation précaire. Il a besoin d'irrigation, d'industrie, d'infrastructures, de logements, d'être dépollué, d'être nourri... ces besoins vitaux et urgents ne peuvent se permettre d'attendre la bonne volonté de la communauté internationale. N'en déplaise au Diwan, les Laboratoires Dalyoha ont collectivement prêté le serment d'Hypocrate et nous ne pouvons laisser mourir un individu souffrant au nom de "son honneur colonial" ou tout autre concept théorisé à Agatharchidès. Qui a faim sera nourri, qui est malade sera guéri, qui a froid sera vêtu et logé. Voilà ce que peuvent les investissements de monsieur Blaise Dalyoha et nous n'y renoncerons pas sous prétexte de faire plaisir à des diplomates azuréens qui tempêtent la panse pleine et les pieds au chaud.
Le Diwan s'est inquiété de l'épandage d'ammoniac sur les sols stériles du désert. Comme convenu avec les autorités kabaliennes, cet épandage s'inscrit dans un processus long de phytorevitalisation, c'est à dire le nettoyage des sols par les plantes. En faisant pousser certaines fleurs, nous pouvons traiter les métaux lourds et dépolluer progressivement. Cet épandage s'est fait dans un cadre légal, discuté avec le gouvernement de la RAD et à la condition d'une mise en sécurité préalable des populations susceptibles de vivre ou de traverser les zones concernées. L'épandage est désormais terminé et toutes les populations déplacées ont pu revenir dans le désert. Les inquiétudes du Diwan sont donc assimilables à un excès de prudence, que je ne me permettrai pas d’assimiler à de la "paranoïas", mais qui est probablement imputable à une mauvaise connaissance du désert rouge et à des renseignements alarmistes remontés par une opposition minoritaire.
Le Diwan a exprimé son souhait que les investissements de la Dalyoha Compagnie soient suspendus. Je lui demande alors quels investissements doivent être gelés ? Voici la liste non exhaustivement des hôpitaux et cliniques de la Dalyoha Compagnie, lesquels doivent être fermés selon le Diwan ?
Hôpital de Salem-Aleykoum-centre, hôpital de Salem-Aleykoum-plage, hôpital de Salem-Aleykoum-sud, hôpital militaire de Grand Cratère, hôpital de Petipont-ville, hôpital du Saint Sauveur, hôpital Bonne Espérance, hôpital de Leucytalée, clinique Sauve-qui-peut, clinique Bon pied bon œil, clinique Santé au jasmin, clinique Espoir, clinique Saint Julien, clinique Saint Jérémimosa, clinique de la Raison pure...
J'arrête ici la liste, vous avez compris mon point. Nous pourrions faire le même exercice avec les projets alimentaires de la Dalyoha Compagnie : quelles serres doivent être fermées ? Et vers qui devons nous nous tourner pour remplacer ces services ? L'Azur est-elle prête à payer de sa poche les investissements nécessaires dans les infrastructures de la Kabalie rouge ? Si le Diwan le réclamme, nous serons heureux de lui faire parvenir une facture. Le conseil actionnarial n'interdit à personne d'investir en Kabalie rouge, d'ailleurs des actions sont en vente. Si le Diwan souhaite contribuer au bonheur des Kabaliens, il lui est possible de faire comme monsieur Dalyoha et d'investir sur place. Sans cela, les appels à la "décolonisation" ou à respecter "la souveraineté des Kabaliens", proférés depuis Agatharchidès, ne sont que le masque qui déguise le souhait de voir la Kabalie sombrer à nouveau dans la pauvreté et le désespoir. La nature a horreur du vide et le capitalisme a pour vertu d'offrir à tous des opportunités équitables de faire le bien, c'est à dire ce qui est rentable. La Dalyoha Compagnie ne dirige par la Kabalie rouge, mais elle est l'une des entreprises qui y investit le plus et à ce titre, contribue le plus à l'élévation du niveau de vie de la population.
Le Diwan accuse à ce titre les représentations natives d'avoir été rendues inopérantes. La Dalyoha Compagnie se permet de souligner que dans aucune nation les investissements privés ne sont soumis à la validation démocratique. Ni la Kabalie rouge, ni la Principauté de Carnavale, ni le Califat d'Azur (je crois) ne sont des pays se réclamant du communisme. S'il existe un État stratège en Kabalie rouge, l'initiative privée reste libre et la propriété reste un droit inaliénable. Par ailleurs, je ne crois pas que le Califat soumette au référendum chaque arrivée de capitaux étrangers chez lui. Exiger de la Kabalie rouge que son gouvernement contrôle et pilote l'économie, c'est lui demander de devenir communiste afin de briser son économie. Ce chantage n'a pas lieu d'être dans un pays démocratique et souverain. Si les Kabaliens veulent le communisme, ils voteront pour.
La Dalyoha Compagnie investit en Kabalie rouge dans le cadre légal que lui offre le conseil actionnarial en discussion constantes avec le parlement natif. Le Diwan sera sans doute surpris d'apprendre que les Kabaliens n'ont pas voté contre la construction de nouveaux hôpitaux ni contre les projets de dépollution des sols. Il est facile de brandir la fierté et l'honneur depuis l'autre bout de l'Afarée, mais le Califat d'Azur est un décolonial en pantoufles, nous l'informons poliment que, sur le terrain, le peuple a besoin de médicaments et de services de santé, et qu'il ne refuse pas de se les voir fournis. J'ajoute avec malice que le Diwan devrait se réjouir des investissements carnavalais en Kabalie rouge. S'il prétend, comme certains partis d'opposition, saisir les avoirs et le capital de la Dalyoha Compagnie, le magot sera d'autant plus important que monsieur Dalyoha aura investi sur place...
Je terminerai en disant qu'il ne m'appartient pas de commenter la légitimité de la RAD en Afarée. La Dalyoha Compagnie ne fait pas de politique, elle investit là où cela est possible, là où cela est rentable et là où la population en a le besoin. Si le Diwan a des griefs à l'égard du mode de gouvernement de la Kabalie rouge, la Dalyoha Compagnie entend rester éloignée de ces conflits.