22/08/2019
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Feuilles de choux et papier de verre - Page 4

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La feuille de choux

Au sein des organes représentatifs kabaliens : le bloc d'opposition divisé face aux soutiens du régime



Au sein des organes représentatifs kabaliens : le bloc d'opposition divisé face aux soutiens du régime


Le paysage politique kabalien se laisse entrevoir par petites touches : après plus d'une année à se structurer, les équilibres politiques internes des natifs kabaliens nous apparaissent désormais plus clairement. Trois blocs se dessinent désormais : le premier, dit "loyaliste", est celui organisé autour de la figure du dernier chef kabalien encore en vie et PDG-Protecteur de la RAD, Balsilek Ishak. Ses membres reconnaissent et se fédèrent autour de l'autorité traditionnelle des clans kabaliens, et ont fait le choix de faire confiance au dernier chef encore en vie pour les représenter à la tête de la République actionnariale. Face à ce bloc, l'opposition forme un camp capable de s'opposer d'une seule voix, mais divisée dès lors qu'il s'agit d'être force de proposition. En témoigne la galaxie de micro-factions aux objectifs et revendications contradictoires les unes avec les autres. Enfin, entre les deux se trouve le bloc des indécis, parfois en mesure de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Ceux-là sont les dignitaires kabaliens les plus indépendants, fils et filles d'anciens propriétaires terriens ou de notables locaux qui ont acquis la confiance de leur communauté. Ni d'un camp ni de l'autre, ils temporisent et font preuve d'opportunisme, cherchant avant tout à faire valoir des objectifs clientélistes, plus qu'une vision politique à longs termes.

Si les loyalistes sont bien connus du paysage politique kabalien, l'opposition, elle, a plus de mal à se faire entendre. Elle a mis plus de deux ans à se rassembler, éclipsée par l’ascension des Kabaliens pro-régime, et elle commence tout juste à se doter de ses propres tribunes et chambres de résonance au sein de la population. Il faut dire que certaines de leurs ambitions sont parfois difficiles à suivre. Ainsi, si le groupe des décoloniaux radicaux s'est fédéré derrière une revendication claire et simple : le départ de tous les Carnavalais de la région, d'autres projets politiques sont quant à eux plus originaux. On pense notamment au petit mais populaire groupe des nomades spatiaux, qui réclament la reprise du plan MARS pour s’exiler dans l'espace et visiter d'autres galaxies, ou le groupe technomade, qui exige de la part de la RAD qu'elle lui fournisse des chameaux mécaniques. Plus classique est la création du Parti Communiste Kabalien (PCK) en faveur de la collectivisation des terres et des oasis, mais qui se voit chahuter par la Ligue de l'ouest (LDO) qui, elle, prône l'invasion de la RUPK dont elle accuse les clans de lui avoir volé des morceaux de terrains...

Une opposition bigarrée, donc, qui peine encore à parler d'une seule voix tant ses visions de l'avenir divergent. Une chose les unit toutefois : l'opposition au bloc loyaliste et la critique de Balsilek Ishak, dont les politiques sont jugées trop complaisantes avec les Carnavalais. S'ils savent s'unir pour réclamer le blocage de certains projets ou des politiques réparatoires du génocide plus ambitieuses, l'opposition se cantonne le plus souvent à un rôle politique défensif, et peine à imposer son agendas face aux clans unis derrière le PDG-Protecteur. Il faut dire qu'en plus de peiner à parler d'une seule voix, l'opposition souffre également du sentiment de lassitude des Kabaliens qui, pour le moment encore, semblent vouloir faire confiance à Balsilek Ishak pour améliorer la situation. Encore en état de grâce un an seulement après sa prise de fonctions, beaucoup d'espoirs reposent sur les épaules du PDG estropié qui, s'il n'est pas exempt de critiques, a aussi obtenu plusieurs beaux succès que ce soit sur le plan diplomatique ou en matière de politique intérieure. La plupart des Kabaliens sont encore en train de panser leurs plaies et ils redoutent le déclenchement d'une guerre civile où ils se retrouveraient immédiatement en situation défavorable face à la masse des Carnavalais. Ces craintes et l'espoir d'une vie meilleure, entretenu par les autorités lucifériennes, tendent à fédérer les natifs derrière la figure consensuelle du PDG-Protecteur.

Il y a un biais évident qu'il faut toutefois rappeler : les Kabaliens les plus opposés à la présence des Carnavalais dans le désert rouge sont également ceux qui refusent de siéger au sein des institutions. On sait qu'au moins deux clans historiques du désert ont déclaré faire sécession de la République actionnariale et vivent désormais en totale autonomie dans le désert. Ils ne sont toutefois pas à confondre avec les communautés kabaliennes vivant dans le désert mais ayant, elles, accepté de jouer le jeu des institutions républicaines en envoyant leurs représentants à Salem-Aleykoum.

Il faut aussi rappeler que plusieurs obstacles concrets s'opposent à la stabilisation d'une opposition politique. Le désert rouge, toujours inhabitable, ne permet aucune alternative politique crédible tant que la Kabalie rouge ne se sera pas dotée des outils qui permettront de le rendre viable à nouveau. Nappes phréatiques polluées, pistes ancestrales balayées, faune et flore dévastée, rien de ce qui permettait hier un mode de vie traditionnellement nomade n'existe plus. En témoigne les communautés kabaliennes retournées dans le désert, qui sont toujours dépendantes des livraisons d'eau et de vivres depuis les villes. "La situation sanitaire et humaine des clans ayant fait sécession avec la République est terrible" relèvent plusieurs organismes de vigilance et de Santé publique. "Nous devons en passer par les Kabaliens rouge pour commercer avec leurs frères sécessionnistes et indirectement leur permettre de survivre" explique Henri Holistique, représentant des Laboratoires Dalyoha dans le désert rouge. Les livraisons de médicaments et de produits de première nécessité restent difficiles et le refus obstiné de ces clans à dialoguer avec le PDG-Protecteur ou toute émanation directe de la RAD rend l'évaluation des risques très périlleuse.

Outre l'invivabilité du désert, il y a les risques que font peser l'Azur et le Churaynn sur les Kabaliens. Les menaces d'invasion proférées par le Sadr et les intrusions militaires dans l'espace souverain de la Kabalie rouge pilotées par le Diwan font craindre à la fois une monté des tensions à l'intérieur du pays, mais aussi des changements de priorité stratégique pour l'Etat kabalien. Numa Gaber, la porte-parole des communautés natives de Kabalie rouge, en témoigne : "les pressions militaires qui pèsent sur les lucifériens rendent de plus en plus compliquées les négociations budgétaires. On demande davantage de châteaux d'eau, on nous répond qu'il faut avant tout penser à l'entretien de la flotte d'avions de guerre." Si les sanctions économiques ne sont heureusement pas vraiment suivies d'effets, elles impactent malgré tout marginalement l'économie locale : "Si au lieu d'acheter vos engrais 10 CC, vous les payez 15 CC parce qu'ils doivent contourner les navires de l'Azur et de l'OND, forcément à la fin cela se ressent sur le budget national et nous avons moins de marges de manoeuvre pour mettre en place des politiques publiques nécessaires aux plus démunis."

Autre tabou : la rentabilité des actionnaires. S'il est acquis que la Kabalie rouge n'a pas vocation à être rentable à courts termes (la Société Luciférienne Universelle et la Dalyoha Compagnie, les deux principaux actionnaires de la RAD à ce jour, poursuivent chacun des objectifs non lucratifs), les pressions politiques exercées sur la Kabalie rouge rendent les investisseurs plus frileux. "On avait commandé six cents panneaux solaire à un prestataire carnavalais, mais il a annulé au dernier moment. Trop dangereux, le risque de se faire saisir la cargaison le dissuade, il préfère vendre à Carnavale. On a beau lui expliquer que les navires azuréens n'ont pas assez de ravitaillement pour représenter une menace, l'effet d'annonce rend frileux et c'est nous qui en pâtissons." Résultat, tendanciellement moins d'investissements, malgré une reprise soutenue de la croissance, seuls les plus grandes fortunes ou les partisans du luciférisme en Eurysie prennent le risque de parier sur la Kabalie. "Nous sommes dans un moment crucial où nous avons encore besoin de tout, chaque route doit être construite, chaque hôpital bâti à la force des bras... et alors que notre survie est en jeu, certains estiment judicieux de nous mettre des sanctions..."

Les chiffres ne mentent pas : le PAS et l'OND subissent un fort rejet dans l'opinion publique, ayant été identifiés comme le principal frein au développement du pays. Certains représentants kabaliens d'opposition témoignent d'ailleurs de leur amertume vis-à-vis de ceux qu'ils auraient pu considérer comme des alliés. "Si au moins ils proposaient quelque chose, s'ils apportaient des capitaux, des ressources, ou même des idées, on pourrait leur faire confiance, mais ils ne savent qu'entraver et ralentir..." Le rappel douloureux d'une énième promesse non tenue par le PAS, celle d'aider au développement du projet MARS en fournissant des matières premières et de l'argent pour les acquérir, sert de leçon aux Kabaliens. "Ne faites jamais confiance à un Azuréen, ils vous disent qu'ils viennent vous aider mais à part déstabiliser le pays, qu'ont-ils fait pour nous ? Je n'aime pas les Carnavalais, je ne leur pardonnerais jamais, mais ce sont eux qui érigent les serres, mettent un toit sur nos têtes et soignent nos enfants. Ça compte toujours plus que ceux qui ne font que parler sans jamais agir."

Autre obstacle à surmonter pour le bloc d'opposition : leurs divergences sur des sujets fondamentaux. Si les plus radicaux réclament encore le départ pur et simple de tous les Carnavalais du pays, ceux-là sont loin de faire l'unanimité, y compris au sein de l'opposition. Alors que le pays est ravagé, le besoin de capitaux, de main d'oeuvre, d'ingénieurs, de scientifiques et de médecin s'impose comme une absolue nécessité. Face à des voisins gourmands, au premier chef d'entre eux la RUPK, beaucoup de natifs du désert s'inquiètent à juste titre de devenir une fois de plus les proies des puissants. "Ceux qui s'imaginent que le Pays des Trois Lunes était une sinécure ne connaissent rien au désert. Les clans se vouent une rivalité profonde depuis la nuit des temps pour le contrôle des pistes, des oasis et des voies commerciales. La RUPK a bien joué sa partie en s'unissant face à nous mais je ne crois pas une seule seconde que s'ils prenaient le pouvoir, ils n'en profiteraient pas pour imposer leurs revendications historiques sur nos terres." Face à cette menace et au fait accompli du génocide, les lucifériens semblent paradoxalement un moindre mal puisqu'ils se proposent de développer le désert et non de le piller. "La RUPK existe depuis plus d'un an et pas un seul sous n'a été investi dans les infrastructures, ils ne font qu'acheter des armes. Ça ne laisse rien présager de bon, ni sur leurs intentions vis-à-vis de nous, ni sur leur volonté de faire quelque chose du désert. Si demain les Carnavalais partent et la RUPK prend le contrôle du territoire, il y a toutes les raisons de penser qu'ils se contenteront de redistribuer les pistes à leur avantage et d'abandonner l'ouest dans son marasme."

Une Kabalie rouge vidée des Carnavalais serait, de fait, une proie facile pour tous les impérialistes, même parés de bons sentiments. Si certains pays ont proposés des garanties aux Kabaliens, "who watch the watchmen ?" comme dit l'adage. Ainsi, peu nombreux sont les Kabaliens, même d'opposition, à faire confiance aux garanties du PAS. "Une alliance où on trouve à la fois l'Antérie et le Churaynn pour nous protéger ? Merci mais non merci." Qui ira en effet s'opposer au PAS le jour où celui-ci décidera d'imposer à la Kabalie rouge ses conditions ? "Les Carnavalais créent du rapport de force, il y a plusieurs blocs qui nous courtisent, ça oblige tout le monde à se tenir tranquille. Je ne rêve pas d'un scénario où l'un des camps aurait pris le pas sur l'autre, l'équilibre me convient mieux" nous confie l'une des représentantes de l'opposition. La Kabalie, si elle veut un jour compter dans le concert des nations, doit se doter d'un appareil industriel et d'une souveraineté énergétique, militaire et scientifique. C'est le pari de Balsilek Ishak, partagé y compris par certains groupes de l'opposition. Si tous ne désirent pas préserver la République actionnariale, les opinions sont divisées quant aux futurs possibles sans les Carnavalais, au point d'envisager sérieusement les modalités de la cohabitation. Encore plus prosaïquement, certains Kabaliens apprécient sincèrement leurs nouveaux compatriotes : "Bien sûr qu'il y a eu le génocide mais mes voisins sont arrivés après, ce sont des pauvres gens, certains sont à peine éduqués, ils viennent fuir la misère et contribuer à reconstruire le pays. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à les haïr autant que le revendiquent certains des clans."

Le cas de la maison Dalyoha est lui aussi complexe et fait objet de tensions. Dans l'esprit des Kabaliens, il y a une distinction entre la maison Dalyoha, qui a participé au génocide en créant l'agent CRAMOISI, les Laboratoires Dalyoha qui sont source d'innovation et les cliniques Dalyoha qui soignent, il faut bien le dire, mieux que personne. "On peut être révolté du génocide et heureux de voir son enfant sauvé ou une fausse couche évitée, plus le temps passe plus cette ambivalence s'impose et j'ai de plus en plus de proches qui se demandent s'il est vraiment judicieux de renoncer à un système de soins performant par fierté ou au nom d'une justice un peu abstraite." Certains qualifient cela de chantage insidieux, d'autres y voient la raison capitaliste, mais les médecins Dalyoha ne peuvent pas être contraints à rester dans le désert s'ils ne sont pas rémunérés et n'y trouvent pas un niveau de vie acceptable pour leurs standards. Il faudra dix ans à la Kabalie rouge pour former des médecins natifs, et faire marcher les machines Dalyoha nécessite de suivre un cursus à Bourg-Léon, ce qui revient encore à se placer dans la main du colon. Si les loyalistes ont choisi de négocier avec cet état de fait en exigeant de la maison Dalyoha des avantages pour la Kabalie rouge ainsi que des partages de brevets, l'opposition, elle, se déchire sur la question. Car si la réalisation de certains objectifs politiques passe par le départ de la maison Dalyoha (c'est le cas du groupe Kabalie souveraine), d'autres en revanche ont besoin des Dalyoha pour atteindre leurs objectifs. Ainsi le groupe technomade mise tout sur la technologie pour retrouver un mode de vie nomade, entre tradition et modernité. Sans parler des partisans du nomadisme spatial qui savent qu'ils devront travailler avec les scientifiques carnavalais s'ils veulent un jour s'envoler vers la planète Mars ou au-delà.

Résultat, des votes souvent dispersés, qui ne parviennent que rarement à s'imposer face au bloc majoritaire. Chaque débat fait l'objet de longues tractations pour attirer à soi les incertains du bloc central, où cohabitent toutes sortes de profils qu'il faut convaincre individuellement. La structure même des organes représentatifs kabaliens fait objet de débat, certains lui reprochant de favoriser le consensus et donc de laisser les clefs aux Carnavalais. Une chose est certaine cependant, tant que Balsilek Ishak conservera la confiance des natifs, l'équilibre des pouvoirs à l'intérieur du pays ne devrait pas être trop bousculé.



Le tourisme c'est donnant-donnant : profitez du printemps pour visiter la Cité noire !


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Balsilek Ishak annonce la création d'une garde républicaine kabalienne.



Balsilek Ishak annonce la création d'une garde républicaine kabalienne.Balsilek Ishak annonce la création d'une garde républicaine kabalienne.


Jusqu'à ce jour, l'armée nationale de Kabalie rouge n'était composée que des restes des milices Obéron, arrivées dans la foulée de la première vague de bombardements qui avaient frappé le désert. Ces soldats d'élite, connus dans le monde entier pour leurs tactiques de guérillas urbaine et pour avoir repoussé les forces l'OND cent fois supérieur en nombre et en matériel à Carnavale, ne suffisaient cependant pas à assurer efficacement la sécurité du vaste territoire kabalien. Le PDG-Protecteur a mis en application de plan de défense voté, un an et demi au paravent par son prédécesseur : Camille Printempérie.

Outre un ambitieux programme d'armement, les Kabaliens veulent par ailleurs renforcer numériquement leur armée. Dix mille soldats professionnels supplémentaires seront formés pendant un an par les milices Obéron avant de rejoindre définitivement la troupe. L'occasion pour l'armée nationale de se doter de sang neuf et d'ouvrir ses portes aux natifs Kabaliens, longtemps cantonnés à des unités groupusculaires en charge de défendre leurs clans contre les agressions dans le désert.

Les places sont chères cependant et si Balsilek Ishak a obtenu un quotas minimum de 10% de soldats natifs kabaliens dans l'armée (ce qui représente à peu près 2 500 hommes en capacité de se battre), il leur faudra se soumettre à un entrainement strict ainsi qu'à un contrôle fouillé de leur passé. le général Poutraille, grand officier supérieur de l'armée nationale de Kabalie, explique ses critères de recrutement : "Tout homme ou femme âgé de 13 ans et plus peut s'enrôler au sein de l'armée, à condition de réussir les tests physiques et psychologiques. Nous vérifions que nous n'avons ni affaire à des maboules, ni à des terroristes islamiques." Le général Poutraille explique craindre l'entrisme d'ex jihadistes formés dans le centre de l'Afarée ou au Churaynn.

Si le risque n'est pas à écarter, le processus de sélection des soldats est suffisamment minutieux pour ne laisser que peu de chance à d'éventuels infiltrés. A défaut de pouvoir, comme à Carnavale, former les miliciens depuis leur adolescence, l'armée nationale de Kabalie espère pouvoir compter sur les aptitudes acquises dans le désert que sur la débrouillardise typique des roturiers de la Cité noire. "L'armée nationale de Kabalie sera la première armée au monde à savoir se battre aussi bien en ville que dans le désert" se félicite le général Poutraille. "Nous saurons prendre le meilleur de ces deux mondes pour fabriquer ici une machine à tuer les ennemis de la République."

Un programme qui semble convaincre puisque c'est près de 40 000 candidats qui se sont présentés pour passer les tests, à l’issue desquels 10 000 d'entre eux ont été sélectionnés. Émilien Dusang, candidat malheureux, relativise. "J'aurai aimé avoir l'occasion de me battre pour défendre mon pays mais je comprends qu'ils aient préféré quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais été très solide et l'alimentation à Carnavale fait de nous des chats maigres plutôt que des bêtes de combat... tant pis, il y aura probablement d'autres recrutements."

Face à l'hôtel d'Afarée, dont la construction avance doucement, les jeunes recrues ont prononcé collectivement le serment de défendre la République face à ses ennemis. Après quoi, Balsilek Ishak les a gratifié d'un discours fleuve mais passionnant, puis tout le monde est allé pique-niquer sur le bord de la mer. "Un petit pique nique pour l'homme, un grand festin pour l'Afarée" a commenté le général Poutraille, satisfait de ses nouveaux troufions.

Les troupes vétérentes ont quant à elle été dotées de moyens supplémentaires. Mitrailleuses lourdes, mortiers et lance-roquettes sont autant d'équipements de dernière génération qui ont fait leurs preuves à Carnavale. "Si ça peut tuer un Tanskien, ça peut aussi tuer un soldat Churaynn ou descendre un pilote azuréen" explique crânement Grégoire Gnome, sergent instructeur dans l'armée nationale de Kabalie. Du matériel d'infanterie neuf qui fait du bien, alors que la priorité avait été donnée presque exclusivement à l'armée de l'air depuis trois ans. "Le meilleur moyen d'empêcher l'ennemi de s'approcher, c'est encore de le descendre avec un chasseur bombardier, mais s'il veut quand même se ramener chez nous on aura de quoi le cueillir."

Interrogé sur la prochaine étape du réarmement de la Kabalie rouge, Balsilek Ishak temporise : "Nous sommes en mesure de produire nous mêmes des avions et des missiles d'une qualité qui n'a rien à envier aux autres nations du monde. Il est donc inutile d'acheter sur étagère ce que nous pouvons produire nous même. La priorité doit être donnée au renforcement de notre complexe militaro-industriel qui bénéficie à la prospérité de notre pays et fait vivre tant de nos concitoyens."

Dernière inauguration en date, le Grand Désert Express n'est pas sortie tout seul du sable. La Société Petitrou et la Société princière de gestion du métro-aérien, acteurs principaux de la mise sur rail du train, confirment avoir travaillé avec l'armée pour atteindre leurs objectifs, notamment en terme de calendrier. Marc Micmac répond à nos questions par holographie : "Qui construit un char peut construire un train. La Kabalie rouge sait propulser des fusées dans l'espace, vous pensez bien qu'elle peut envoyer un train à grande vitesse à 350 km/h. Ça n'a rien de sorcier, c'est juste Carnavalais." La Société Petitrou confirme elle aussi avoir eu recours à des foreuses militaires. "Cela fait des années qu'on perfore le sol de la Principauté. Ici pour construire un bunker, là pour exploiter une veine de cuivre. Creuser est dans notre ADN, nous avons réalisé une expertise pour comprendre la composition du sol et ensuite, le percer a été un jeu d'enfant." Environ 20% de la ligne du Grand Désert Express passe en effet sous terre, notamment pour éviter l'épineux problème des grains de sable dans les rouages.

Comme dans de nombreux pays modernes, l'intrication du secteur militaire et industriel semble donc avoir de beaux jours devant lui. Pour le plus grand plaisir des investisseurs qui trouveront toujours, en Kabalie rouge, un rendement financier à la hauteur de leurs attentes.



Tenté par le djihad ? Carnavale surenchérit et vous offre 40 vierges ici sur terre en échange de votre collaboration avec les services anti-terroristes.


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Une cargaison de semi-conducteurs retardée à Carnavale : la construction de chameaux mécaniques prend du retard



Une cargaison de semi-conducteurs retardée à Carnavale : la construction de chameaux mécaniques prend du retard


C'est une grande frustration pour les natifs kabaliens technomades, la menace que fait peser l'Azur sur le commerce internationale compromet le calendrier du groupe technomade, qui espérait pouvoir finaliser la construction de plusieurs troupeaux robotiques prêts à arpenter le désert rouge à l'horizon 2020. "Une vraie déception" témoigne Yudas Beydoun, porte-parole du groupe technomade au sein de l'assemblée des communautés natives. "Le blocus que fait peser le PAS sur la Kabalie rouge risque de retarder certains projets d'émancipation du peuple kabalien. J'ai pu m'entretenir avec Balsilek Ishak à ce sujet qui m'a expliqué que le budget du deuxième semestre 2019 serait contraint de rationaliser le fléchage des matières premières en réduisant le dépenses allouées aux politiques de réparation... c'est honteux !"

Pour cet opposant à la République actionnariale, ce retard est d'autant plus difficile à expliquer qu'il est entièrement de la faute du califat d'Azur. Les cargos carnavalais ont fait le choix d'attendre un peu avant de faire le transport jusqu'en Kabalie rouge, afin de s'assurer que Balsilek Ishak était en mesure de leur garantir une route commerciale sécurisée. Si le PDG-Protecteur a assuré que le commerce reprendrait bientôt au même rythme qu'avant, plusieurs projets sont mis à l'arrêt. La diminution de l’approvisionnement en ressources contraint la Kabalie rouge, qui dispose heureusement de réserves stratégiques, à rationaliser leur utilisation. "Nous avons priorisé l'air conditionné et l'eau courante, tout ce qui est nécessaire à la survie au quotidien" se justifie le porte-parole du PDG-Protecteur "mais nous avons été contraint, par prudence, de réduire la voilure sur les politiques de réparation kabalienne, jugée non-vitale à courts termes."

Une décision qui n'est pas sans provoquer la colère de l'opposition kabalienne, qui fustige désormais directement l'Azur et le PAS. Chose rare, le porte-parolat des communautés natives a ainsi signé une déclaration commune dénonçant le blocus azuréen et appelant Agatharchidès à cesser immédiatement ses politiques d'ingérence. "Le désert rouge n'est viable qu'à condition d'un flux continu de marchandises et d'approvisionnement. Si le flux se tarit, il nous faudra revenir dans les villes où la distribution est davantage optimisée. C'est la mort en direct du nomadisme, l'Azur nous assassine une seconde fois !" Ainsi, dans les manifestations dominicales visant à réclamer davantage de politiques de réparation à la République actionnariale, ont fleuri de nouveaux slogans cette semaine. "Pasha rentre chez toi, ici on ne veut pas de toi" a-t-on ainsi pu lire sur plusieurs pancartes portées par l'opposition kabalienne.

Vers une union sacrée contre l'Azur ? On n'en est certes pas encore là, car la Kabalie rouge est loin d'être en situation critique et dispose de réserve de matières premières jusqu'à l'horizon 2023, a assuré le conseil actionnarial. Toutefois, la prudence impose de réduire un peu la voilure sur les projets "de confort." Le Pape noir, qui laisse pourtant d'habitude la parole au PDG-Protecteur sur les questions de défense, a assuré que les ambitions lucifériennes n'étaient pas compromises : "La Kabalie rouge ne peut pas se passer de ses usines de désalinisation, de la ventilation ou de son programme nucléaire civil. Malheureusement la prudence nous impose de momentanément diminuer les dépenses superflues. Je tiens à m'excuser personnellement auprès de ceux qui portent des projets de sociétés alternatives, la priorité est d'abord à rendre l'environnement viable."

Pas de réduction de budget pour les grands projets nécessaires, le Grand Désert Express qui relie depuis quelques mois les deux ports de la Kabalie rouge reste à flot, de même que la recherche et développement des Laboratoires Dalyoha, cruciale pour garder le désert viable. "Il y aura moins de glace au chocolat pour les enfants", s'attriste en revanche le maire du 4ème arrondissement de Salem-Aleykoum. Ce Kabalien natif lève le poing vers le ciel avec rage. "Espérons qu'Allah frappera Afaghani Pasha en plein cœur et nous débarrassera de ce démon !"

Face au Califat d'Azur et le risque qu'il fait peser sur toute l'économie kabalienne, l'opposition kabalienne fait désormais bloc derrière le gouvernement de Balsilek Ishak. "Nous nous disputerons quand la menace sera passée. Pour le moment, il faut trouver des solutions." estime avec sagesse Baki Tabet, secrétaire général du Parti Communiste Kabalien. "La politique est un luxe que nous nous offrirons lorsque les petits enfants ne manqueront plus de glace au chocolat."

Dans les sondages, l'hostilité au Califat d'Azur, déjà haute, vient de progresser de 12 points depuis début avril.



Pénurie de glace au chocolat : reportez vous sur la vanille


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Flotte fantôme : la Kabalie s'inspire des meilleurs pour tromper l'Azur


Flotte fantôme : la Kabalie s'inspire des meilleurs pour tromper l'Azur

La mer de Leucytalée et l’océan d’Espérance sont, depuis un peu plus d’un mois (à moins qu’elle n’ait pas encore commencée), au cœur d’une opération militaire azuréenne visant à exercer la pression sur la Kabalie rouge. En toute illégalité, le régime azuréen a annoncé qu’il contrôlerait désormais les navires en partance et en arrivance des deux ports de transbordement de la république actionnariale. Ce crime contre la paix est le dernier regain de tensions dans le conflit unilatérale opposant l’Azur et ses suppôts d’une part et le monde libre d’autre part. Fer de lance de l’universalisme et pourfendeur des théocratie islamiques, la Kabalie rouge est en effet la cible d’une kabbale depuis sa création de la part des forces réactionnaires afaréenne, qui espèrent imposer la charia sur la totalité du continent.

Avec ce blocus, le Califat d’Azur entend démontrer qu’il n’est pas doué qu’à jeter des homosexuels depuis le haut des toits, mais que son armée est aussi en mesure de remporter des victoires. Il faut dire que les tentatives d’intimidation du régime azuréen n’ont jusque-là pas été très probantes : après avoir perdu deux chasseurs au-dessus du désert, il s’est fait virer à coups de pieds aux fesses de ses toutes récentes bases du Finejouri et engrange par ailleurs de sérieux revers sur le plan diplomatique. Il fallait à Afghani Pasha une victoire symbolique à présenter à l’opinion publique après tant de déboirs. D’où probablement cette décision d’accélérer le calendrier et de se lancer, seul, à la conquête de la Leucytalée et de l’Océan d’Espérance, deux gros morceaux qui pourraient bien aujourd’hui avoir raison de lui.

Car si la Kabalie n’a pas de flotte, elle a des idées, et les stratèges Carnavalais ont fait la démonstration de leur capacité à se tirer de mauvais pas, y compris lorsque la situation leur était défavorable. Pour le moment, Balsilek Ishak, PDG-Protecteur de la RAD et commandant en chef de ses armées, semble temporiser. Si la Kabalie rouge a techniquement le moyen de couler les navires azuréens, elle semble faire, une fois de plus, le choix de la raison pour deux en refusant d’ouvrir le feu le premier. Ce n’est pas faute de pressions de la part de la population, les nomades Kabaliens en particulier sont les plus remontés face à cette énième bravade du Califat, qui cette fois compromet les chaînes d’approvisionnement étrangères pourtant nécessaires à la survie dans le désert rouge. Yudas Beydoun, chef du groupe technomade, a ainsi envoyé une lettre ouverte au PDG-Protecteur l’enjoignant à tirer un missile balistique de semonce sur Agatharchidès. « Tout nous oppose et pourtant lorsque s’en vient l’ennemi, les chefs de clan kabaliens doivent s’unir pour faire front. Balsilek, toi qui te dis protecteur du désert et de ses communautés, tu dois aux nomades la sanctuarisation de leur mode de vie. Nous ne serons jamais des citadins et ni les Carnavalais, ni les Azuréens ne nous y forceront. »

Une interpellation à laquelle le PDG-Protecteur a répondu comme à son habitude, avec calme et sérénité. « Yudas, tu es mon adversaire par les idées mais mon frère par le sang, la Kabalie rouge doit prospérité à son peuple, mais elle lui doit aussi la paix. A l’heure où le régime azuréen multiplie les crimes, nous devons nous tenir dignes et ne pas céder à la provocation. »

Le blocus mis en place par le régime azuréen vise explicitement à asphyxier la Kabalie rouge et tuer tous ses habitants. « Agatharchidès a des vues sur l’Afarée de l’ouest, il a tenté de s’imposer au Finejouri, sans succès. Les Azuréens enragent depuis la nuit des temps d’être confinés et enclavés en Afarée de l’est, ils voient dans la crise kabalienne une opportunité pour avancer leur agendas impérialiste » analyse Theslas Shaheed, spécialiste du continent afaréen et du désert Sahra’. « Une population exsangue de son industrie militaire, affamée, malade, convient très bien à l’Azur et au Churaynn qui pourront ensuite envahir le pays sans rencontrer d’opposition. Le cauchemar de l’Azur c’est une Kabalie rouge puissante, forte d’une capacité de production militaire et, pire encore pour le Califat : d’une dissuasion balistique. » On comprend mieux les manœuvres du PAS qui, sous couvert de réclamer justice, tente avant tout d’affaiblir la Kabalie sous toutes ses formes.

« Couper les chaînes d’approvisionnement de la Kabalie rouge n’a pas d’autre but que d’empêcher les nomades kabaliens de retourner dans le désert car dans leur élément, ils y sont de formidables combattants. L’Azur a tout intérêt à forcer les communautés traditionnelles kabaliennes à revenir vers les villes où il sera plus facile de les écraser. Rendre le désert rouge invivable, c’est se prémunir contre une future guérillas. L’autonomie des populations qui pourraient former des milices militarisées, c’est une menace mortelle pour un envahisseur. » explique le général Poutraille, commandant en chef de l’armée nationale kabalienne. « Il n’y a aucune bonne raison d’affamer une population, sauf si on cherche à la rendre malléable et qu’on prépare une invasion » diagnostique-t-il avec gravité.

L’Azur se sachant incapable de remporter un combat aérien et encore moins terrestre face à la Kabalie rouge, tente donc de s’en prendre au seul point faible de celle-ci : son absence de marine. « C’est la première stratégie intelligente du régime azuréen depuis trois ans » explique le général Poutraille, « mais comme souvent, nous l’avions anticipé… » En effet, alors qu’Agatharchidès tente d’utiliser son contrôle des mers comme un moyen de pression contre la République actionnariale, cela n’empêche pas les navires de tenter malgré tout le tout pour le tout. Il faut dire que, financièrement, le jeu en vaut la chandelle : avec trois bâtiments de guerre déployés pour patrouiller des dizaines de milliers de kilomètres carrés d’eau, essayer de passer entre les mailles du filet s’avère risqué, mais tentant. Le manque à gagner né du blocage de la Kabalie rouge est en effet trop important pour les compagnies privées qui exportent pétroles et hydrocarbures vers la Cité noire. Au point de tenter le diable, sans mauvais jeu de mot, et de multiplier les stratagèmes pour duper les naïfs azuréens.

D’où les comportements inhabituels observés depuis plusieurs semaines par les analystes et observateurs maritimes. Des navires disparaissent des radars, réapparaissent sous d’autres identités, ou affichent des positions incohérentes. Certains font des sortes de « sauts » sur les cartes maritimes. « Nous commençons à voir des navires disparaître ou utiliser une identification zombie ou aléatoire », a déclaré Hyppolicare Épithète, grand reporter pour Carnavale Internationale, dont les équipes ont analysé les données de renseignement maritime fournies par les satellites GPS carnavalais. Derrière ces anomalies, une même logique : circuler malgré les restrictions et bien que le commandement azuréen ait assuré qu’aucun bateau n’était parvenu à franchir son barrage, les cartes de géolocalisation des navires semblent indiquer le contraire. Selon les chiffres analysées Carnavale Internationale, au moins dix navires étaient parvenus à traverser dans les 48 premières heures du blocus. Mais comment expliquer un tel filet percé ? Le faible nombre de bâtiments mobilisés par l’Azur ne saurait suffire à expliquer la faiblesse du dispositif : il faut également compter avec l’intelligence et la préparation des marchands, prêts à toutes les ruses pour mettre la main sur les précieux Chèques Carnavalais.

Première tactique utilisée par les navires : couper leurs transpondeurs. Ces appareils GPS transmettent automatiquement le nom, la position, l’itinéraire et d’autres informations d’identification aux satellites et permettent, entre autre, d’éviter les collisions mais aussi de surveiller la pêche intensive, ou l’entrée des bateaux dans les zones maritimes sensibles. Couper son transpondeur est assez simple et certains navires le font pour éviter la piraterie, notamment dans l’océan du nord et à proximité du détroit Pharois, historiquement connu pour être un repère de pirates. Mais la plupart du temps il s’agit surtout de dissimuler des activités répréhensibles : pêche illégale, trafic, commerce des biens sous sanctions… Dans le cas présent, en cas de passage dans une zone de conflit, se rendre invisible permet d’éviter d’être visé. En 2017, l’OND avait annoncé que tout navire carnavalais présent dans le golfe de Carnavale serait susceptible d'être appréhendé. Ceux devant emprunter cette route ont donc désactivé leurs transpondeurs afin de s’y rendre invisible, hors détection radar. Une stratégie limitée dans une zone aussi surveillée que le golfe de Carnavale actuellement, mais qui prend tout son sens dans l’immensité de la Leucytalée et a fortiori de l’océan d’Espérance, où une disparition totale est difficile à repérer et encore plus à suivre. S’il est évidement possible de recevoir une alerte lorsqu’un point s’efface soudain de la carte, il faut encore s’y rendre pour appréhender le navire, qui est alors déjà loin.

D’autres navires ont fait le choix d’une approche plus subtile : rester visibles, mais sous une fausse identité. On appelle cette technique « la mascarade » car elle consiste à se fondre dans les flux de navires de commerce, particulièrement dense dans la région, en battant un pavillon et avec une identification d’un autre pays. Plus le pays est gros, plus les garde-côtes azuréens seront réticents à le contrôler, car on n’arrête pas impunément des cargos alguarenos pour exiger d’examiner leurs cargaisons. D’autres acteurs, comme Fortuna ou la Youslévie, qui possèdent des ports en Leucytalée, sont également tatillons et pourraient décider de sortir les crocs si les Azuréens venaient à s’improviser policiers dans la région. Disparaitre des radars, réapparaitre sous faux pavillons, sans compter le grand nombre de leurs, des petits navires de pêche que la Kabalie rouge envoie volontairement se faire appréhender afin d’occuper les bâtiments de guerre azuréens et de leur faire perdre du temps. Voilà un cocktail qui permet au commerce de se faire sans trop d’anicroches. Pour les navires entrant, même stratégie mais dans le sens inverse et une fois proches des côtés de la Kabalie rouge, plus besoin de se cacher, l’aviation kabalienne suffit à tenir à distance les navires azuréens qui rechignent à s’approcher à moins de mille kilomètres des ports de la République.

D’autres navires, enfin, modifient tout simplement leur géolocalisation. À l’image du Beau terreau, un navire cargo carnavalais spécialisé dans le transport de pierre : la semaine dernière, le navire a diffusé des signaux indiquant qu’il circulait au large du Jashuria. Quelques jours plus tard, le navire accostait au Drovolski, bien loin de sa localisation revendiquée. Le capitaine a ainsi expliqué avoir falsifié son signal durant plus de dix jours, lui permettant de charger du matériel industriel au sein de l’Empire dont les côtes ont le malheur d’être à portée d’une intervention du Churaynn.

Les Carnavalais n’ont de toute façon pas attendu ce blocus pour développer ces méthodes et maîtriser parfaitement la mascarade. Depuis presque 80 ans, soit la fin du Chaos de Carnavale, le pays développe sa « flotte fantôme ». Elle permet de commercer avec les nations qui jugent par ailleurs la Principauté infréquentable et souhaite entretenir un double-discours sans se mouiller, mais offre également son pavillon et ses navires à des compagnies commerciales peu recommandables, qui souhaitaient profiter de l’aura de terreur qu’inspire la puissance balistique carnavalaise pour sécuriser leurs convois. Le golfe de Carnavale est par définition une zone maritime dont il est plus facile qu’ailleurs de surveiller les allers et venues. Les Carnavalais ont dû redoubler d’ingéniosité pour, tout au long de l’histoire, pour permettre l’entrée et la sortie des produits les plus exotiques et controversés.

Tous ces stratagèmes de la Kabalie rouge obligent les Azuréens à déployer des moyens colossaux pour tenter d’identifier correctement les navires ainsi que leur véritable route. Ils doivent s’appuyer, en plus des signaux maritimes, sur les images satellites, ainsi que des informations issues du renseignement. Faute d’avions de patrouille et faute de navires en nombre suffisant pour contrôler des milliers de kilomètres d'eau, l’Azur est forcément limitée dans ses actions et ne peut contrôler les navires qu’un par un – quand elle parvient seulement à les repérer – ce qui laisse autant de temps à d’autres de passer entre les mailles de ce filet percé.


Le Papier de Verre : gazette officieuse de l'Antagoniste
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La feuille de choux

Avenir du nomadisme : le professeur Ambroise Crogère rencontre les représentants kabaliens technomades



Avenir du nomadisme : le professeur Ambroise Crogère rencontre les représentants kabaliens nomades


C'est une rencontre importante puisqu'elle réunit officiellement pour la première fois les nomades kabaliens réfractaires à la République avec l'un de ses plus emblématiques actionnaires : la Dalyoha Compagnie. Si certaines des factions kabaliennes les plus farouches refusent d'avoir quoi que ce soit à faire avec les Carnavalais, ce n'est pas le cas du groupe technomade qui espère pouvoir allier science et technique avec un mode de vie traditionnelle nomade. Un défi au XXIème siècle, où le nomadisme est vu comme profondément contradictoire avec ce qui fait la prospérité des nations : l'industrie, l'urbanisation, la centralisation politique, etc.

Bien trop souvent, les modes de vie traditionnels qui n'entrent pas dans le carcan de la modernité eurysienne peinent à survivre car ils sont malheureusement peu efficaces pour répondre aux défis de la mondialisation et s'insérer dans le mode de production capitaliste et productiviste. Comment des peuples sans cesse en mouvement peuvent-ils en effet produire et bénéficier des juteux mécanismes économiques que sont les économies d'échelles et autres effets de levier, s'ils ne s'installent nulle part et s'obstinent à vagabonder ? Le commerce lui-même, autrefois apanage des caravaniers, est rendu obsolète par les navires cargos, le fret ferroviaire ou encore le transport par avion. Qu'ont donc à proposer ces braves nomades sinon offrir à quelques touristes fortunés un petit sentiment d'authenticité en voyageant quelques jours avec eux dans le désert ?

Si certains ont résolu d'accepter leur sort et se sont résignés à n'être jamais une force productive concurrentielle vis-à-vis des économies sédentarisées, d'autres comme le groupe technomade voient dans la science et la technologie un espoir de réussir à contourner le problème. Pour cela, ils bénéficient d'alliés de taille : les Laboratoires Dalyoha et le conglomérat industriel carnavalais Robotic & Toc qui se sont proposés pour fonder un groupe d'étude sur l'efficience du nomadisme au XXIème siècle. Il ne s'agit pas que de rendre ce mode de vie viable, hors du désert rouge il l'est tout à fait, mais aussi d'en faire quelque chose qui puisse s'insérer dans la chaîne de production capitaliste. En d'autres mots : qu'un mode de vie nomade ne soit pas synonyme d'une extrême précarité économique et puisse permettre aux Kabaliens qui feront ce choix de vie de peser géopolitiquement à l'international. Bref, d'acquérir la souveraineté sans renoncer à leur culture traditionnelle.

L'enjeu est de taille : comment réussir à concilier les aspirations des Kabaliens avec un besoin de rentabilité économique ? La solution pourrait être de faire des nomades les gardiens bienveillants du désert. En organisant stratégiquement les nouvelles pistes et en fournissant aux nomades des moyens modernes de subsistances, les Kabaliens pourraient être chargé des tâches de maintenance des infrastructures de la RAD, comme l'entretien des rails du Grand Désert Express, les pipelines pétrolières et plus généralement les routes régulièrement recouvertes de sable et de poussière. Les nomades pourraient jouer également le rôle de livreurs et de ravitailleurs pour les communautés sédentarisées dans le désert.

Pour cette mission cruciale, les Carnavalais et les Kabaliens ont annoncé s'être mis à travailler sur plusieurs projets visant à moderniser le mode de déplacement nomade. Outre les spectaculaire chameaux mécaniques sur lesquels Robotic & Toc a annoncé travailler, les Laboratoires Dalyoha ont évoqué la possibilité de créer un réseau d'oasis artificielles, dont l'humidité pourrait être retenue par un écosystème sur mesure de plantes OGM. En réintroduisant des espèces comestibles que les nomades pourraient chasser, la Dalyoha Compagnie explore toutes les pistes (sans mauvais jeu de mot) pour rendre ce rêve possible dans un futur proche. Le professeur Ambroise Crogère, visage des Laboratoires en Kabalie, l'assure : "Il n'y a pas de limitation technique à de telles ambitions, ce qu'il faut, c'est la volonté politique et le budget. La Kabalie a l'un et l'autre, j'ai bon espoir que nous obtiendrons des résultats rapides."

Cette collaboration ambitieuse, si elle a reçu un accueil enthousiaste de la part du groupe Technomade, fait également l'objet de critiques de la part d'autres groupes natifs. Le Parti de la revanche et les cousins germains musulmans ont ainsi dénoncé une alliance contre nature entre le bourreau et la victime. Qu'à-cela-ne-tienne, chacun est libre de son destin et si les Kabaliens ne sont pas tous d'accord sur la façon de traiter avec les Laboratoires Dalyoha, nul ne saurait être empêché de se donner les moyens de vivre selon les modalités qu'il s'est donné.


Chameaux mécaniques : la bosse pourra être remplie de pétrole


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Manifestation pour la nationalisation des actifs coloniaux
Balsilek Ishak s'adresse à la foule :

Je vous ai compris !



Manifestation pour la nationalisation des actifs coloniaux : Balsilek Ishak s'adresse à la foule : Je vous ai compris !


Les gauches manifestaient ce dimanche pour réclamer la nationalisation des actifs carnavalais des entreprises impliquées dans la colonisation et le génocide en Kabalie rouge. Une revendication portée par le Parti Communiste Kabalien et ses alliés, le syndicat social du quartier des oranges. Peu de Carnavalais natifs cependant, population où les idées de gauche semblent avoir du mal à infuser, mais ils étaient environ trois-mille dans la rue à brandir des pancartes et avancer derrière un camion sonorisé chantant l'internationale.

La question de la réparation du génocide est épineuse pour la RAD. S'il y a consensus sur la nécessité d'agir, et les nombreuses politiques mises en place par Balsilek Ishak de revitalisation culturelle et de soutien aux communautés natives en témoignent, ces initiatives ne semblent pas suffisantes au regard du préjudice commis. La branche la plus à gauche de l'opposition kabalienne réclame ainsi la nationalisation de tous les actifs des Carnavalais impliqués dans le projet colonial initié par Pervenche Obéron et ses alliés.

Cette proposition, qui n'a pas su convaincre de majorité, se heurte en effet à plusieurs problèmes de taille. Le premier, le plus trivial et en même temps le plus central, est que la Kabalie se trouve encore à ce jour menacée par ses voisins. Bien que les conséquences ne s'en fassent pas encore sentir, la RAD est techniquement en guerre contre le Churaynn et doit rester en alerte pour contrer toute tentative d'agression. Les navires de l'Azur qui rôdent illégalement dans les eaux voisines représentent également une menace potentielle, puisqu'ils se trouvent à porté de tir d'un bombardement naval. Dans ces conditions, Balsilek Ishak a exclu toute enquête interne à l'armée nationale. D'après lui, une purge des officier fragiliserait en effet la loyauté ainsi que l'efficacité des troupes kabaliennes, ce que ne peut se permettre la RAD menacée d'invasion.

Un autre sujet de débat est celui de l'expertise des travailleurs Carnavalais. Car si de nombreux ingénieurs et médecins sont arrivés depuis la Cité noire, on peut légitimement douter que ceux-ci ne travailleront pas gratuitement pour la RAD en cas de nationalisation de leurs entreprises. Les médecins Dalyoha (qui sont l'un des points les plus sensibles des réparations du génocide) vouent une grande loyauté à la Compagnie, qui leur offre des avantages en nature difficilement égalables ainsi que des conditions de travail plus que désirables. Une enquête interne menée auprès des employés de la Dalyoha Compagnie dans le désert rouge montre en effet qu'en cas de diminution de leurs salaires et de leurs budgets, beaucoup préfèreraient rentrer à Bourg-Léon.

Et puis, l'éléphant au milieu de la pièce, les actionnaires ne sont pas de simples sujets dont on dispose. La force de la RAD repose en grande partie sur leurs investissements car mis à part les Carnavalais, qui est prêt à investir pour rendre le désert rouge viable ? La Dalyoha Compagnie le sait et malgré ses bonnes manières, elle exerce passivement une forme de chantage sur la société : si elle se retire, c'est l'économie locale qui ralentit, voire s'effondre. Or les Kabaliens n'ont certainement pas envie que les travaux ralentissent. Si nombreux sont nos concitoyens à avoir accepté de serrer les dents et d'endurer des conditions de vie difficile, au nom d'un avenir radieux, la vie dans le désert de Kabalie sera infiniment moins supportable sans perspective d'amélioration à cours et moyens termes. Les Carnavalais ont fui la Cité noire dans l'espoir de bâtir un foyer en Afarée, les Kabaliens, eux, n'ont pas envie de s’exiler hors de leurs terres historiques. Ces deux peuples, maltraités par les colons carnavalais, demeurent cependant dépendants d'eux pour sortir du sable une société fonctionnelle.

C'est un piège cruel mais implacable qu'a mis en place la maison Dalyoha et les grandes entreprises carnavalaises, car leurs efforts sont nécessaires à la Kabalie, mais plus le temps passe, plus leur omniprésence sera difficile à contester. Dispendieuse, la Dalyoha Compagnie se rend également indispensable.

Cela, Balsilek Ishak le sait. Le point de chute de la manifestation était sur la place de la Lumière, face au palais du PDG-Protecteur qui a profité d'avoir la foule réunie sous son balcon pour s'adresser à elle. Après avoir enduré quelques minutes de huées bien méritées, le chef de clan a pu obtenir de s'exprimer. Son discours, déjà abondamment commenté, a commencé par cette phrase entrée dans la pospstérié : "Je vous ai compris." Qu'a compris Balsilek Ishak ? L'indémerdable dilemme dans lequel se trouve la RAD et en particulier son opposition. Car si les lucifériens, ou ceux qui les tolèrent, ont un plan de route, pour les citoyens qui désirent s'y opposer, il n'est guère d'alternatives évidente. Pour preuve, l'opposition kabalienne, fortement divisée, s'unit pour faire front contre le PDG-Protecteur mais peine à formuler un contre-modèle de société viable. L'équation semble en effet irrésolvable : le désert rouge est toxique, seule la technologie peut permettre de le rendre viable, or cette technologie n'est maîtrisée que par les colons Carnavalais. Malgré le coup d'Etat, malgré la chute du clan Obéron, la machine coloniale parait si bien rodée qu'elle semble pouvoir continuer à tourner par la simple force du fait accompli.

Je vous ai compris. Balsilek Ishak a compris la difficulté à s'opposer et pourtant la nécessaire demande de justice. Comment supporter une situation si violemment, si cyniquement coloniale ? Si beaucoup de Kabaliens ont fait le choix d'embrasser pleinement le technosolutionisme, dernière utopie disponible quand tout le reste est mort ou empêché, ceux qui ne peuvent s'y résoudre sont plongé dans un abîme de colère et de frustration. Une cocotte minute qui, si elle se tient encore, pourrait malgré tout finir par exploser un jour ou l'autre au visage de la société kabalienne. Il aura fallu la menace d'une invasion militaire pour que le peuple accepte encore de prendre son mal en patience, mais lorsque celle-ci s'éloignera, le retour de flamme risque d'être violent. "Afaghani Pasha a offert un sursis à la RAD" commente morose Baki Tabet, chef de l'opposition et secrétaire général du Parti Communiste Kabalien. "L'union sacrée lui a offert cinq ans de plus."


Un nourrisson hospitalisé en urgence après avoir mis du sable rouge dans sa bouche


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Le Pape noir fait pleuvoir des composants sur Salem-Aleykoum !



Le Pape noir fait pleuvoir des composants sur Salem-Aleykoum !


Voilà bien nos Carnavalais ! Tandis que l'austère chef de guerre Balsilek Ishak négocie alliance et porte la parole de la RAD à l'internationale, son homologue le Pape noir sait se montrer plus facétieux. Incarnation vivante de la doctrine luciférienne glorifiant le génie humain, Alexandrier Arrimage n'a pas manqué de faire une démonstration de force tonitruante et taquine à l'égard de ses ennemis politiques en faisant littéralement pleuvoir des composants électroniques au dessus de la capitale de la Kabalie rouge : Salem-Aleykoum.

Comment la RAD a-t-elle contourné le blocus azuréen ? "Un magicien ne révèle jamais ses secrets" glisse Alexandrier Arrimage avec malice, "profitez plutôt du spectacle." Au dessus de nos têtes, deux avions cargos survolent la capitale avant de lâcher dans le ciel une étrange cargaison. Confetis ? Tracts de propagande ? Non, plus simple que ça : deux tonnes de micro-composants sous formes de puces électroniques ultra légères balancées au vent. Immense gaspillage ? Sans doute, mais depuis la nuit des temps c'est de cela que sont faites les plus spectaculaires démonstrations de force et de richesse.

A l'image des anciennes noblesses qui dépensaient des fortunes en apparat et distinction, la richesse moderne s'incarne moins dans les diamants et l'or que l'on porte à son cou que dans les ressources qui abreuvent une économie. Un message clair envoyé à ceux qui prétendaient hier asphyxier la RAD et surtout un grand soulagement pour les minorités dépendantes des précieux composants pour prospérer dans le désert rouge grâce à la technologie. Pendant que d'autres nations se trémoussent sur de la mandoline, on a vu les Kabaliens danser sous une pluie de puce électronique. Y a-t-il plus fort symbole des valeurs lucifériennes ? Les images font déjà le tour du monde et plusieurs clichés concourrons pour le prix carnavalais de la photographie.

Si, hier encore, la RAD pouvait s'inquiéter des conséquences à longs termes d'un blocus sur ses marchandises, celles-ci semblent déjà de l'histoire ancienne. Autosuffisante en ressources agricoles et disposant de nombreuses ressources, notamment pétrolières, dans son sol, l'enjeu pour la RAD est de parvenir à les extraire. Angle mort stratégique ? les bassins hydroponiques comme les logiciels de forage industriel sont gourmands en technologies de pointes et en composants électroniques. C'était en tout cas l'un des principaux défis rencontrés par la République actionnariale du désert rouge, mais qui semble avoir été surmonté grâce à la ruse et l'intelligence de ses dirigeants.

"Vous pouvez compter sur les Azuréens pour créer des problèmes et sur les Kabaliens pour les résoudre" a déclaré Alexandrier Arrimage avec satisfaction avant de jeter quelques poignées de puces électroniques à des petits enfants. Un spectacle enchanteur qui a su adoucir même les âmes les plus ronchonne du pays. L'opposition kabalienne a ainsi été reçue très officiellement par la Noire Eglise qui a assuré que "malgré les divergences politiques, l'opposition demeurait un droit fondamental et la RAD s'engageait à mettre tout en place pour permettre aux Kabaliens qui le souhaitent de conserver leurs modes de vie traditionnels, ou d'avancer vers de nouvelles formes d'existences laissées à leur libre appréciation."

Un succès reçu plus ou moins chaudement. Si le groupe technomade, qui était l'un des premiers à s'inquiétait d'une potentielle pénurie de pièces informatiques et mécaniques, s'est dit "pleinement satisfait par ce dénouement", le PCK a quant a lui mis en garde le Pape noir quant à l'instrumentalisation de l'actualité internationale pour "souffler le chaud et le froid dans le cœur de la population." Baki Tabet a ainsi expliqué que s'il fallait bien entendu se féliciter de cette sortie de crise, l'action du Parti Communiste Kabalien avait été déterminante en lançant l'alerte au sein de la communauté internationale.

Tout est bien qui finit bien ? Il semblerait. Les ponts aériens compensent désormais le fret marin et si la Kabalie rouge garde secret défense le détail de ses techniques pour contourner le blocus azuréen, les avions sont de plus en plus nombreux à se poser sur les tarmacs de Salem-Aleykoum et Petipont-ville. Le Pape noir a fait l'acquisition d'une flotte d'une trentaine d'appareil destinés uniquement au fret aérien qui ravitaillerons la RAD des marchandises qui lui manquent, et permettront à l'inverse l'export de ses ressources vers le reste du monde.


Rappel : les puces électroniques ne piquent pas !


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En marge de la manifestation du PCK, tentative d'intrusion dans un centre de recherche Dalyoha


Tentative d'intrusion de manifestants dans un laboratoire de recherche Dalyoha


Incident en marge d'une manifestation du PCK : plusieurs individus cagoulés ont tenté de forcer les portes d'un centre de recherche DalyohaTM local. Il s'agit probablement d'une erreur de la part de la police, qui a laissé la manifestation déborder dans les rues adjacentes au boulevard Lépine, où circulait le gros de la manifestation. Depuis plusieurs moins maintenant, les différents courants d'opposition à la RAD tentent de se faire entendre en mettant la pression par la rue. Des démonstrations de force régulières qui rassemblent parfois plusieurs milliers de personnes à l'appel des organisations politiques. C'était le cas du PCK, le Parti Communiste Kabalien, perçue comme la principale force de gauche anticapitaliste dans le désert rouge et dont les revendications sont notamment la nationalisation des actifs de la Dalyoha Compagnie en Kabalie rouge, à titre de réparation pour sa participation au génocide des Kabaliens. La manifestation, déclarée en préfecture, s'était jusque là déroulée dans le calme lorsque, d'après la police, un groupe de manifestant cagoulés ont profité de ce que le boulevard Lépine longeait la rue Saint-Sépulcre où se trouve un centre de recherche de la Dalyoha Compagnie, pour quitter le cortège et prendre par surprise les forces de l'ordre.

Ce ne sont pas moins qu'une soixantaine de personnes qui ont alors rapidement convergé vers les portes du bâtiment. La sécurité a d'abord tenté de fermer les grilles mais les manifestants, qui s'étaient manifestement préparés et organisés en amont, ont réussi à prendre de vitesse les gardiens qui ont dû se replier dans leur cabine. Les miliciens présents pour sécuriser le site ont alors été contraints d'intervenir en renfort. L'affrontement a eu lieu pendant une dizaine de minute où, fort heureusement, aucune arme létale n'a été utilisée de part et d'autre. Les émeutiers se sont toutefois attaqués à coups de barres de fer aux miliciens, qui ont répondus avec leurs gazeuses et des matraques télescopiques. L'intervention de la police aura permis de dissiper les émeutiers dont une dizaine d'entre eux ont été placés en garde-à-vue, les autres ont réussi à s'échapper dans les rues adjacentes ou ont pu retourner se fondre au sein du cortège sur le boulevard Lépine. Plus de peur que de mal mais des vitres brisées et des éclats de peinture rouge projetées sur les murs du centre DalyohaTM. D'après les témoins, des slogans tels que "Dalyoha assassin", "nationalisation vite" ont été scandés. Une photographie montre également un manifestant brandir un portrait de Baldasar Calabraise, le grand révolutionnaire communiste ouest-afaréen.

Baki Tabet, le porte-parole du PCK, n'a pas directement souhaité condamner les débordements : "J'attendrais les résultats de l'enquête de police mais face à une aussi grande violence politique qu'un génocide, on ne saurait s'émouvoir de quelques vitres brisées." Une déclaration qui a fait réagir tout autant si ce n'est plus que la tentative d'intrusion. Balsilek Ishak a ainsi pris la parole pour fustiger "une attitude irresponsable et dangereuse pour la cohésion nationale" de la part du PCK et de Baki Tabet. "Nos dissensus doivent se régler par la voie institutionnelle, sinon nous ne valons pas mieux que les Churaynns" a-t-il mis en garde l'opposition. Opposition qui, une fois de plus, se montre divisée quant à l'attitude à adopter vis-à-vis de l'incident. Si les technomades ont fortement condamné, la Ligue de l'ouest, elle, a reporté la faute sur des "tensions provoquées par un calendrier politique retardé volontairement par le gouvernement qui peine à tenir ses promesses". Le professeur Ambroise Crogère, visage de la Dalyoha Compagnie en Afarée, a quant à lui sobrement condamné la tentative d'intrusion et a rappelé qu'il "y a des stocks de médicaments vitaux pour certains de nos concitoyens dans ces centres" avant d'appeler les communistes à la responsabilité.

Cet incident, que certains jugent sans importance, a malgré tout fait écho à une tentative d'intrusion similaire survenue quelques semaines plus tôt où des agents azuréens avaient tenté de pénétrer une clinique Dalyoha. Si on ignore encore leurs véritables intentions (vol ou sabotage ?) le spectre d'une ingérence étrangère pèsent sur la Kabalie rouge dont les services de police se sont déclarés "particulièrement attentifs face à de potentielles déstabilisations commanditées depuis le bloc de l'est". Des accusations de collusions avec les ennemis de la Kabalie rouge qui mettent le PCK dans l'embarra, expliquant peut-être la virulence de Baki Tabet qui a rappelé son engagement à "ne prendre parti pour aucun impérialisme : ni carnavalais, ni azuréen". D'ores et déjà taxé de "parti de l'étranger" par certains de ses opposants, le PCK avance sur une ligne de crête entre son souhait de ne pas condamner les actions d’agit-prop des groupes de gauche, parfois violents, et son soucis de ne pas être associé au Califat d'Azur, pays radioactif dans l'opinion publique kabalienne. De là à y voir la fin de l'union sacrée ? Si les menaces extérieures avaient eu tendance à faire serrer les rangs à l'opposition, les récents succès du Pape noir l'autorisent de nouveau à se montre plus vindicative vis-à-vis du gouvernement.

De son côté, Ambroise Crogère a annoncé avoir obtenu un rendez-vous avec Balsilek Ishak dans les prochains jours afin de discuter plus en détail des mesures de sécurité des centres de recherche et cliniques de la Dalyoha Compagnie. Un enjeu de santé publique puisque, comme l'a rappelé le professeur, "un sabotage des processus de fabrication pharmaceutiques de la Dalyoha Compagnie serait une mise en danger de l'ensemble du pays". Compte tenu de la faible densité du réseau industriel de la Kabalie rouge, plusieurs secteurs économiques vitaux pour le pays sont encore dépendants d'un faible nombre de chaînes d'approvisionnements. Lorsque certaines matières premières sont entièrement importées d'un seul pays, une attaque sur le réseau est non seulement facile mais également dévastatrice. Un problème qui devrait se régler naturellement avec le temps et le développement de l'économie kabalienne, mais qui inquiète pour le moment les autorités de la RAD. "Imaginez que les Azuréens parviennent à corrompre l'une de nos molécules, c'est tout le pays qui pourrait rapidement se retrouver empoisonné" met en garde le professeur Ambroise Crogère, qui appelle à davantage de vigilance et à ne plus laisser passer ce genre d'incidents. Balsilek Ishak a promis une commission d'évaluation des risques et a annoncé le renforcement du dispositif de police à proximité des lieux de recherches urbains de la Dalyoha Compagnie d'ici-là.

Les manifestants mis en garde-à-vue sont quant à eux interrogés en ce moment même. L'enquête confirmera s'il s'agit d'activistes issus de la société civile ou s'ils entretenaient d'éventuels liens avec le Califat d'Azur.



L'abondance de puces informatiques fait chuter le prix des consoles de jeu !


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Le papier de verrex
Tentative d'ingérence azuréenne en Althalj :
le Pape noir a frappé fort ce matin contre les réseaux de l'étranger


Flotte fantôme : la Kabalie s'inspire des meilleurs pour tromper l'Azur.

Rarement une autre nation que Carnavale n'aura été autant au cœur de la presse kabalienne que l'Azur. Alors que la tentative ratée d'intrusion dans les laboratoires Dalyoha de plusieurs agents du califat avait été abondamment commentée, c'est un nouveau scandale qui nous arrive, cette fois-ci depuis le Tamurt n Althalj. C'est le résultat d'une longue enquête de la part des autorités althaljirs, rapportée dans la presse, qui aura révélé l'implication du Califat d'Azur dans une vaste opération d'ingérence visant à retourner l'opinion de la Qari (le gouvernement althaljirs) mais également de la population. Une nouvelle confirmation s'il en fallait que le Califat d'Azur s'adonne depuis plusieurs mois, voire années, à des tentatives de déstabilisation en Afarée de l'ouest. La Kabalie rouge pensait être seule visée mais il semble que toutes les nations qui ne partagent pas la ligne du sanglant Calife soient désormais de potentielles victimes de ces malversations...

Que nous révèle l'enquête ? Rien de moins que l'existence d'un proxy azuréen : le Collectif Nomade Souverain Solidaire et Décolonial, financé et monté de toute pièce par Agatharchidès. Une révélation qui a de quoi glacer le sang quand on sait l'influence qu'a pu avoir ce groupe en Kabalie rouge et ses liens avec certains partis d'opposition. Certaines des partis kabaliens natifs les plus radicaux entretenaient en effet des liens avec le Collectif, notamment le parti Chasse, Piste et Tradition, mais aussi le Parti de la Revanche. Leurs chefs ont été immédiatement convoqués à la cathédrale de Salem-Aleykoum afin de répondre aux questions des services secrets et du Pape noir. Car l'enquête de l'Althalj n'est pas sans conséquences en Kabalie rouge où Alexandrier Arrimage, père spirituel de la nation et accessoirement chef de la police, a demandé à ce que tous les membres connus du Collectif Nomade Souverain Solidaire et Décolonial soient immédiatement arrêtés et mis en garde à vue ce matin à six heures, avant que ne soient rendues publiques les conclusions de l'enquête du Tamurt n Althalj dans la presse.

"Nous examinerons chaque cas un par un" a expliqué Alexandrier Arrimage en conférence de presse "afin de distinguer le bon grain de l'ivraie. S'il s'avère que certains de ces individus ont des liens avec le Califat d'Azur, ils seront placés en détention et je demanderai au parquet d'ouvrir une enquête pour trahison, espionnage et trouble à l'ordre public." Un vaste coup de filet qui met le monde de la politique kabalienne en émoi car c'est la première fois que le Pape noir confirme officiellement l'existence de réseaux azuréen de déstabilisation au sein de la société civile. Une première série de perquisitions avaient eu lieu l'année dernière au sein d'un journal raciste, Cramoisidées, fermé depuis et fortement suspecté d'être une création azuréenne pour déstabiliser la société kabalienne. Passons également sur la mise en avant, par Agatharchidès, de faux Kabaliens à des postes symboliques, afin de décrédibiliser la parole des victimes du génocide. Au total, ce sont pas moins de 400 perquisitions qui ont eu lieu dans la journée du 27 juillet, grâce à la mobilisation de l'armée. Plus de 300 personnes ont été arrêtées au total, dont environ 200 ont été relâchées quelques heures plus tard dans l'après-midi. Une centaine de garde-à-vue ont toutefois été prolongées en raison d'un soupçon de complicité avec l'ennemi.

Si la Kabalie rouge a fait le choix de frapper fort, l'Althalj, elle, semble comme souvent plus parcimonieuse dans sa réaction. "Tamurt n Althalj agit avec la prudence et la sagesse des nations sûres de leurs droits. La Kabalie rouge, elle, réagit avec la fermeté d'un pays à qui l'Azur et ses alliés ont déclaré la guerre." a déclaré le Pape noir avec gravité. Mine sombre, visage fermé, Alexandrier Arrimage d'habitude si jovial avait ce matin des airs de croquemort, auxquels nous avait davantage habitué Balsilek Ishak. C'est que cette nouvelle escalade s'inscrit dans la continuité des menaces azuréennes répétées : pénétration de l'espace aérien de la kabalie rouge, blocus illégal, sabotage des infrastructures stratégiques médicales et désormais financement de médias et de groupuscules d'agitateurs tentant d'attiser la haine raciale et de pousser le peuple dans la guerre civile.

Une conclusion s'impose désormais : plus que jamais l'Afarée de l'ouest est menacée par le Califat et ses alliés. Mais selon l'adage luciférien : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et le Pape noir a assuré que la Kabalie rouge saura désormais se montrer d'autant plus attentive à l'influence des réseaux de l'étranger. Alors que l'image du Califat d'Azur est plus que jamais fragilisée sur la scène internationale, la Kabalie rouge reprend des couleurs (sans mauvais jeu de mot). Ainsi chaque ingérence de l'ennemi est une occasion de se rapprocher de nos amis. Alexandrier Arrimage a ainsi annoncé qu'il prendrait prochainement contact avec les nations de l'Afarée de l'ouest afin de leur proposer de mettre en place une architecture de contre-espionnage et de partage du renseignement, afin de lutter contre l'Azur, le Churaynn, l'Antérie et toutes autres États dictatoriaux et autoritaires qui tenteraient d'imposer leur agenda à la région.

Une contre-attaque strictement diplomatique ? Certains en demandent davantage. Si les Kabaliens se montrent en moyenne plus tolérants avec le PAS et les Azuréens, ce n'est pas le cas d'un certain nombre de groupes de pression carnavalais qui s'agacent de la passivité du gouvernement. "Estham a été rasée pour moins que ça" grimace Jean-Pierre Angulaire, lucifériens de la première heure. "Je me suis battu pour le Diable à Carnavale, je me battrai pour la Kabalie rouge en Afarée, qu'on me donne un fusil et des ordres et je suis votre homme." explique-t-il. Il n'est pas le seul à réclamer des mesures fortes pour endiguer la menace intérieure. Au point de virer parfois dans le racisme et le complotisme, met en garde un prêtre de la noire Église. "L'Azur tente de nous diviser, elle souhaite exacerber les tensions interraciales et jouer sur les fragilités de la société kabalienne pour nous monter les uns contre les autres. Il ne faut pas entrer dans leur jeu et rester uni et confraternels. Nous sommes tous des êtres humains, il ne faut jamais l'oublier." Le père noir avoue avoir eu des retours inquiétants de certains fidèles, réclamant "de rafler tous les Afaréens pour faire un grand tri" (sic). Des propos honteux, mais qui montrent que l'Azur atteint malgré tout son but. En nourrissant le racisme et la méfiance au sein de la société kabalienne, le Califat espère la diviser suffisamment pour préparer le terrain à une invasion prochaine.


Le Papier de Verre : gazette officieuse de l'Antagoniste
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