
Agence de presse Stérusienne
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Un vent de renouveau au sein du pays latin
1/ La création d’une idée venue d’un consul en perte de vitesse
Si l’on fait un point de situation ce jour-là, Pandoro n’est plus soutenu par la majorité de la population. La plupart des Stérusiens sont fatigués des décisions toujours plus fermes, toujours plus agressives, d’un consul qui semble aveuglé par les événements extérieurs plutôt que concentré sur le pays. Dans le même temps, on a un consul qui détient pourtant une majorité écrasante au Sénat, lequel n’a donc pas intérêt à voir le consul chuter et de nouvelles élections être organisées, car elles pourraient se faire au profit d’un candidat plus modéré, qui déclencherait des élections sénatoriales dans la foulée.
Pour autant, le consul sait que cette destitution sera votée à la majorité. Le parti politique de Cristobal Pandoro, les Traditionnalistes, est particulièrement connu pour ses prises de position très militaristes et interventionnistes. Mais il y a une chose qui est, pour la plupart des Traditionnalistes, encore plus importante que l’armée : l’économie. La Fédération, on le sait, est particulièrement libérale sur le plan économique, et pour les Traditionnalistes, il est primordial de maintenir la croissance annuelle à un niveau supérieur à 2 % du PIB. Le problème étant que les multiples interventions de Pandoro sur la scène internationale ont eu des répercussions directes sur le plan économique Stérusien. Que ce soit la perte des contrats publics avec la Lermandie par l’intermédiaire de la sulfureuse Miranda Ceprus. Que ce soit à cause du refus de la Fédération d’apporter un soutien militaire à l’Union Transernikse, où la plupart des capitaux Stérusiens, valant plusieurs centaines de milliards de sesterces, étaient actifs. Ou encore la politique intérieure visant à appliquer une politique de rigueur alors qu’il n’y en avait pas besoin. Les Traditionnalistes les plus libéraux avaient, par exemple, demandé au consul d’ouvrir l’industrie de l’armement Stérusienne plus largement au commerce et de ne pas se limiter à des ventes ponctuelles, qui ne renflouent pas les caisses Stérusiennes mais compensent seulement certaines autres pertes. Le consul avait, et légitimement, refusé cette initiative, considérant que la doctrine Stérusienne n’a jamais été de devenir exportateur d’armes, mais au contraire de faire de l’armement Stérusien un levier politique. La Fédération ne s’intègre à aucun marché, ce qui lui permet de fixer ses prix au cas par cas et donc de pouvoir négocier en parallèle d’autres accords, qu’ils soient commerciaux ou autres.
Mais les Traditionnalistes voyaient, eux, la réalité en face, la Fédération pouvait totalement poursuivre son développement malgré les pressions et embargos étrangers. Encore fallait-il, pour cela, ouvrir la valve des ventes militaires ou, du moins, engager une politique de croissance réelle en interne, chose que le consul avait, une nouvelle fois, refusée, car cela aurait impliqué une réduction des dépenses en matière militaire. Mais au fil du temps, le consul a également réalisé l’exploit de ne plus bénéficier du soutien total des plus fervents défenseurs d’une Fédération puissante et hégémonique en Aleucie sur le plan militaire. Et ce, pour une raison simple : oui, le consul développait l’armée avec des moyens conséquents, mais il n’allait pas assez vite. Les Traditionnalistes militaristes voulaient une industrie de l’armement à plein régime, dominante par la force brute. Il est aujourd’hui assez évident, avec le recul, que cette branche des Traditionnalistes poussait, dans l’ombre, le consul à agir militairement et à engager les forces conventionnelles dans un grand conflit. Le but aurait été de tester l’armement et les capacités réelles stérusiennes, mais aussi d’engager le pays dans une économie de guerre, justifiant ainsi des investissements très lourds dans l’appareil militaire.
Ce contexte permet aujourd’hui d’émettre de sérieux doutes quant aux déclarations du consul Pandoro, qui refusait toute implication de la Fédération dans l’incident ayant entraîné la destruction de bâtiments de combat westaliens. Il est désormais plausible d’estimer que les enquêtes menées par la Westalia et la Lermandie possèdent un certain fondement, et qu’une intervention de ce type — visant à déstabiliser un État adverse tout en testant les capacités d’intervention directe des forces stérusiennes — ait pu être menée, bien qu’aucune déclaration officielle n’aille en ce sens.
Ainsi, Pandoro se retrouvait, le jour du vote, à l’exact opposé de la position qui était la sienne lors des premiers mois de son mandat. Rappelons-le, Cristobal Pandoro fut élu au second tour avec une majorité de 58 % des suffrages. Quelques mois plus tard, lors des élections législatives, il pouvait de nouveau s’enorgueillir d’une large victoire au Sénat.
Mais cette victoire ne lui suffisait pas. Depuis longtemps déjà, il nourrissait l’ambition de créer le mouvement politique le plus puissant du pays. Pour lui, la fonction consulaire devait se résumer à conférer des pouvoirs très larges à une seule personne, choisie pour prendre les décisions difficiles et en assumer pleinement les conséquences. Il fallait donc à Pandoro une majorité ultrapuissante, une force politique capable de s’imposer réellement et de dominer l’ensemble de la sphère politique nationale. Pour y parvenir, il savait que l’une des meilleures stratégies consistait à rapprocher les deux extrémités de son parti avec les autres groupes politiques susceptibles de s’en rapprocher. Concrètement, il devait amener les plus réformistes et libéraux l’aile la moins à droite de son parti à se rapprocher idéologiquement des démocrates les plus conservateurs. De la même manière, sa branche la plus souverainiste et patriote devait être rapprochée des partis d’extrême droite afin d’y trouver des alliés. Mais un autre calcul s’imposait : si les Traditionnalistes se divisaient à cause de cette stratégie, le consul se retrouverait isolé. Dès lors, gouverner le pays deviendrait impossible. Pandoro choisit alors, là encore, une stratégie qui lui était propre : trouver un moyen de resserrer son socle de base tout en attirant sur ses extrémités. Pour cela, trois leviers furent actionnés : prendre des décisions internationales très clivantes (comme le départ de l’ASEA), rassurer les libéraux (par des réformes de la fonction publique) et engager une politique de division interne donnant l’impression que seule une autorité forte pouvait ramener le calme (notamment à travers des crises religieuses avec les catholiques). Ces trois axes non exhaustifs ont permis de créer des scissions chez les démocrates proches des Traditionnalistes et, à terme, ont même conduit à la dissolution totale du parti. On se retrouve alors face à une situation paradoxale : un Pandoro consolidé, un pouvoir quasi sans opposition, des compétences avérées. Qui aurait alors pu parier sur la chute de son régime quelques mois plus tard ?
Ainsi, en totale contradiction avec la nécessité de prises de position rapides, les sénateurs stérusiens se sont enfermés dans des déclarations molles, qui n’ont en rien permis d’apporter le contrepoids attendu par les opposants au consul. Le seul véritable moment d’opposition générale fut initié par Omerz Sniap, ancienne maire de la capitale, Barba.
Après l’annonce du départ de l’ASEA par le consul, Omerz Sniap fut à l’origine d’un mouvement de rébellion conséquent qui s’empara de la capitale. Peu de médias en étaient alors informés, mais la réalité est que le consul dut, durant ces nuits de contestation, quitter le palais impérial de Barba par mesure de sécurité. Les troubles atteignirent un niveau presque jamais vu depuis la révolte contre l’Empire, survenue il y a un siècle.
C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire du consulat que l’état d’urgence et la loi martiale furent temporairement adoptés au sein de la capitale. En quelques jours, grâce à une répression ferme et à l’interdiction de rassemblement permise par la loi martiale, la révolte s’éteignit.
Omerz Sniap fut contrainte de renoncer à son poste de maire en présentant sa démission et purgeait encore, il y a quelques mois, une peine de prison pour appel à l’insurrection. L’enchaînement de ces événements a creusé davantage le fossé des opinions au sein du Sénat.
Ainsi, pendant de longs mois, ce furent des dizaines, puis des centaines d’amendements qui furent déposés pour chaque proposition gouvernementale. Le Sénat s’est à la fois ridiculisé et décrédibilisé aux yeux de citoyens devenus trop insensibles aux querelles politiciennes, mais trop révoltés pour accepter plus longtemps la situation politique chaotique du pays.
Le consul Pandoro arrivait à cette situation comprend rapidement que la situation est en train de lui échapper des mains. Sur la scène internationale il n’est plus vraiment apprécié, son prédécesseur Cameus Bondamet finit même par être regretté par les alliés de la fédération qui doute d’une politique Pandorienne trop tranchante et peu scrupuleuse dans sa façons d’exercer la diplomatie. À l’intérieur, le consul voit son alliance se fissurer et le peuple s’opposer à sa politique. Alors dans cette situation, ce qui se passe habituellement au sein de la fédération de Sterus, c’est que le sénat se réuni en assemblée plénière et vote la destitution du consul. Automatiquement des élections sont fixées à +6 mois du votes et la campagne peut commencer. Le consul ne peut à ce moment là plus qu’assurer des fonctions régaliennes et doit en pratique céder les décisions les plus importantes à un collège de représentant du sénat. Mais au sein de la fédération, une destitution d’un poste équivaut toujours à une fin définitive de la carrière de la personne. Ainsi lorsque vous êtes destitué de votre poste de consul vous ne pouvez en pratique plus exercés de fonction électives ou politiques au sein du pays. Vous ne pouvez d’ailleurs plus travailler directement ou indirectement pour l’état ni travailler pour des entreprises ayant des parts ou étant d’une propriété étrangère. Pandoro, ancien juge, n’est pas réellement concerné par toutes ces interdictions si ce n’est celle de perdre la capacité d’occuper des fonctions politiques. Or Pandoro sait qu’une fois destitué il ne pourra pas non plus revenir à son poste de juge, le magistrat de la justice opposera immédiatement sont veto à ce qu’un ancien consul retourne à des fonction de jugement d’affaire familiales.
Ainsi Pandoro ne voit à ce moment là qu’une seule chose, il faut sauver ses fesses, d’autant que si il n’exerce plus de mandat politique, alors il devient un citoyens comme tout le monde qui peut à son tour se retrouver devant un tribunal pour répondre de ses actions. Si c’est un grand opposant à Pandoro, le prochain consul pourrait faire les choix d’appliquer les mandats internationaux qui le concerne au sein même de la fédération de Sterus pour le symbole de la munition de ce consul despote. Alors le consul avait besoin de trouver une voie de sortie qui ne lui permettrait de se représenter devant les urnes pour assurer un rôle politique périodique mais suffisamment important pour ne pas risquer quoi que ce soit, il aurait, selon nos informations envisagé de devenir président de la république autonome du Catloma ou du Bernium. Pour y parvenir il aurait un temps envisagé de démissionner lui même de ses fonctions. Ainsi en démissionnant il évite de tomber sous le coup de l’interdiction de se représenter. Le problème étant qu’il aurait annoncé sa démission et aurait programmé des élections 6 mois plus tard. Mais durant ces 6 mois les sénateurs auraient sûrement entamé une procédure de destitution pour se débarrasser définitivement de Pandoro. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la procédure de destitution peut être engagé jusqu’au tout dernier jour d’exercice de fonction d’un consul, même la veille de la passassions, car la destitution à Stérus ce n’est pas juste l’affaire de départ d’un consul, c’est une affaire de jugement directe d’une politique. Alors, Pandoro envisagea une des dernières cartes qu’il avait, le changement de régime institutionnel. Il savait que depuis déjà des mois l’idée avait émergée, un retour d’un empire à Stérus.
Ça permettait d’apporter plus de stabilité, moin de chaos politique et la possibilité de voir vraiment les consuls se concentrer sur l’intérieur du pays et pas sur la politique extérieure. Alors le consul pris les devants et proposa contre toute attente d’organiser un référendum pour obtenir l’avis de la population. Le référendum jouait ici un double jeux pour le consul. Premièrement, le consul demandait l’abandon du vote pour sa destitution au profit d’un référendum. Car si le consul est destitué avant d’avoir fait voter le référendum, alors le référendum devra au minimum attendre les nouvelles élections pour être voté hors ça n’arrange pas les pro impérialistes qui voient la une occasion en or et ça met ceux qui le destitueraient dans une position difficile car ils devraient faire campagne pour être élu tout en sachant qu’ils devront ensuite présenter un referendum qui pourrait leur coûter leur poste. Le consul sait donc qu’avec cette première carte de joué il s’obtient une réelle chance de ne pas être destitué. Tout en gardant l’espoir de rester une figure importante de la Federation de Sterus, le consul ayant rétabli le régime politique fondateur de notre civilisation.
Aujourd’hui la nouvelle constitution divise donc l’état en 5 entités de pouvoirs distinctes. La famille impériale est en charge de la gestion de la représentation du pays à l’international, de la gestion des forces armées et du patrimoine culturel du pays. Le gouvernement dirigé par le magistrats général, chef de l’exécutif du pays. Le sénat qui représente l’organe législatif du pays centré sur le rapport avec le gouvernement. Ainsi le sénat se prononce et amende les propositions venant des prérogatives du gouvernement et non de la famille impériale. Il existe également maintenant le consul républicains qui rassemble les dirigeants des 11 républiques autonomes et qui ont eux le pouvoir d’amender et/ou s’opposer à la politique impériale. Le dernier organe d’états s’agit du haut magistrat à la justice qui comme sous le consulat conserve son indépendance et est nommé par le pouvoir impérial parmis les membres élus du sénat.