07/06/2020
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Presse - Page 4

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Vive la République des Soviets d'Antares ! // Une l'Humanité lors de la proclamation de l'U.R.S.S, vous aimez cette brochette de psychopathes ?

« Engagez-vous camarades ! Sauvez l’Antares des griffes des capitalistes ! »

Camarades prolétaires ! La voix de l’émancipation antarienne se fait chaque jours qui passent de plus en plus forte. Sous cette irrésistible pression, le vent de la libération a balayé les défenses capitalistes ; en réduisant à néant ce qui fait la base de tout régime prétendument libéral ; l’oppression du prolétariat par la coercition. La violence, camarades, est le seul outil que le Patron ait à sa disposition pour se maintenir au pouvoir, pour conserver sa place, pour continuer à s’engraisser au détriment de ceux qui travaillent. Ces messieurs là n’ont qu’un seul moyen pour pousser leurs cohortes d’esclaves à travailler ; la menotte, la matraque et la mitraillette. Seulement, cet ère de chaos et d’oppression est révolue ; l’aube d’un jour nouveau se lève pour nos camarades opprimés. Nous sommes à l’orée d’une nouveau temps. Et le bonheur des camarades prolétaires antariens n’en est qu’à son aurore. Bienheureuse prise de pouvoir que celle de la Camarade Aurore. Son père est un héros torturé, sa mère une femme forte qui a dignement poursuivi la politique de son infortuné époux et enfin la Camarade Aurore est l’incarnation de la détermination poussée à son paroxysme. Ici, je tiens à rappeler la Camarade Aube et à l’intégralité des mouvements eurycommunistes que notre fidélité va à la Camarade Aurore. Tout comme elle est allée à feu son père et à sa mère. Le Parti Communiste Antérinien tout entier est prêt à se lever comme un seul homme et à se battre pour la Camarade Aurore. Elle même qui a montré sa fidélité sans faille à l’internationalisme marxiste en tentant de pacifier une nation que la bourgeoisie parasite avait crevé après lui avoir volé jusqu’au dernier billet. Cette même bourgeoisie qui finançait allègrement les milices paramilitaires pour caillasser l’ouvrier un peu trop récalcitrant, cette même bourgeoisie qui arrachait le père à ses enfants pour l’envoyer travailler dans des conditions ignobles et cette même bourgeoisie qui continuait à régner sur cette République de princes sans couronnes en plaçant leurs ignobles créatures aux commandes.

Ces gros lards, bien gras et bien propres vont enfin être jetés aux ordures ; la Marche de l’Histoire est impitoyable, elle balaye d’un revers son auguste main ces parasites qui régnaient depuis trop longtemps. Le peuple, ici, ne fait que recouvrer son droit le plus élémentaire ; le droit de produire pour eux-mêmes ce qu’ils produisaient avant pour une clique d’intermédiaires que les années d’oisiveté avaient engraissées ; grâce à la Camarade Aurore ; cette injustice pourra enfin cesser. Car la véritable expropriation camarades, ce n’est pas la juste restitution des richesses  aux travailleurs ; c’est l’exploitation du prolétariat par une infime partie de la population ; ces braves qui se tuent à la tâche ; à l’on a enfilé des chaînes ; qui portent chaque jour que Dieu fait le joug de tâches harassantes et aliénantes. Ces ouvriers là qui s’empoisonnent à l’usine fabriquent des jouets, des voitures, des armes qui serviront les intérêts de leurs maîtres. Un ouvrier produit un vélo qu’il sera lui-même obligé d’acheter avec son salaire de misère ; l’objet qu’il produit lui-même lui est enlevé des mains. L’usine dans laquelle il travaille, dont il connaît les moindres recoins, ne lui appartient pas plus que ce qu’il produit. À qui appartient-elle alors ? Et bien elle appartient à un charmant monsieur ayant abusé des quatre heures, et de ses secrétaires, dans des quartiers huppés de Saint-Jean-de-Luz, d’Antrania, de Manticore, d’Agartha ou d’Aserjuco. Un homme qui ne vit que dans un environnement très particulier, loin de la poussière, de la suie et de la crasse. Dans un entre-soi incestueux, que l’on pourrait qualifier sans peur de secte. Ces braves messieurs, poids lourds de l’industrie et des buffets à volonté, sont ceux qui dirigent le monde. Ils mènent les fonds, les capitaux, les armes et les gouvernements comme l’on promène son chien. Ces messieurs bien graves, se donnant des airs tout à fait sérieux dominent le monde et le prolétariat.

Ces cochons, sous prétexte d’apporter la « démocratie » ne valent pas mieux que les tyrans ; eux au moins, ils jouent franc-jeu et assument le despotisme. Malheureusement, pour cette caste de privilégiés, ils préfèrent les faux-semblants ; à chaque élection c’est toujours la même valse ; les Conservateurs administrent le pays pendant cinq années, et leurs cousins socialistes en reprennent la garde pendant encore cinq ans avant d’échanger ; ce n’est pas de la politique, c’est une garde alternée. Et camarades, ne croyez pas que Conservateurs et Socialistes sont des parents aimants ; les premiers sont des cons utiles tandis que les seconds sont des hypocrites. Si l’on devait s’appuyer sur la littérature enfantine pour les décrire, ils porteraient très certainement le nom de « marâtre » ; la belle-mère que personne n’a choisi qui se retrouve à maltraiter ses pauvres belles filles tandis qu’elles cajolent leurs pères pour lui soutirer toujours plus. Seulement, à chaque fois que les gouvernements changent, les politiques restent les mêmes, parfois on change juste l’encre du stylo, elle devient plus ou moins foncés en fonction des ministres. Car finalement, que ce soit de la Geauce ou de Grace, ce sont toujours les mêmes qui gouvernent ; les marionnettes, les pantins, les idiots utiles de la Bourgeoisie. Les politiciens ne sont rien d’autres que les cousins mythomanes des hommes d’affaires. C’est d’ailleurs pour cela que quelque soit le gouvernement, l’oppression reste toujours la même ; les menottes, les matraques et les mitraillettes continuent à rythmer les manifestations et les grèves.

Heureusement camarade, tout cela est sur le point de changer ! La révolution internationale va se propager jusqu’à Antrania ! Elle fera tâche d’huile dans ce monde qui s’embourgeoise et qui s’enorgueillit d’opprimer des masses dorénavant silencieuses et dociles ; à Agartha ou à Aserjuco, quelques croquettes ont suffit pour faire taire un prolétariat qui meurt d’envie d’exploser. Seulement, l’inévitable fin du capitalisme est la décroissance, et la fin de la croissance économique amène avec elle deux choix ; le fascisme ou la révolution. Ces deux alternatives se traduisent souvent par la guerre civile ; les nationalistes soutenus par la bourgeoisie industrielle et les propriétaires terriens d’un côtés, que la Réaction glorifie face aux révolutionnaires, aux républicains de l’autre qui reçoit l’approbation populaire. Dans cette sanglante loterie, conséquence logique de tout régime libéral, l’heureux gagnant et celui qui jouit des meilleurs soutiens internationaux. Et l’Antares camarade s’apprête à bousculer ; en (r)établissant l’ordre démocratique, Aurore ouvre la porte à l’émancipation prolétaire. Cette dernière, grande oubliée des débats publics est pourtant la nécessaire finalité de toute démocratie. Cette opération spéciale que les camarades du Parti Eurycommuniste Velsnien et de l’Union Nationale pour une Icamie Démocrate, Égalitaire et Populaire ont maintes et maintes fois légitimés face à la mauvaise foi évidente des partis réactionnaires et des États fascisants… Cette opération spéciale n’est rien d’autre que la restauration de la démocratie et du peuple souverain en Antares !

La révolution internationale, que nos camarades préparent depuis des années se concrétise ; la seule chose que nous espérons, c’est que lorsque cette dernière éclatera, elle renversera les bourgeois d’Aserjuco, Agartha, d’Antrania et d’Agatarchidès ! Cette révolution qui se profile, qui se prépare méticuleusement malgré le silence des médias est les dénégations des hommes politiques que le changement effraie tant. Les temps changent, et c’est à nous camarades, de préparer le terreau de la révolution ! N’oublions pas les courageux sacrifices consentis par nos camarades de Märhenie, d’Estalie ou de Kaulthie face aux fascistes ethnocentristes d’Hostaline et aux théocrates de Bergrun. Ne vous laissez pas avoir par les discours des politiques ; ne croyez pas que le feu révolutionnaire s’éteint, il ne fait que s’enflammer et s’apprête à brûler tout ce qu’il touche. Le monde s’apprête à changer de face, et ça aucun des gros lards qui tirent les ficelles de ce monde n’osent l’assumer. Les avions de Mistohir survolant les cieux hostaliens sont les mêmes que les aéronefs kahtanais qui écument les airs du Gondo. La où la révolution passe, la pauvreté trépasse, la réaction s’efface et la liberté triomphe. Camarades, le combat de Lorenzo est le même que celui d’Aurore, et les graines qu’il a semé sont celles qui donneront les meilleurs fruits ; la gloire camarades n’attends que nous pour que le monde vire enfin socialiste ; que l’État qui opprime soit enfin renversé que la démocratie et l’émancipation deviennent enfin la norme. Camarade la réaction s’affaiblit ; les grands capitalistes, nageant dans un océans de cash et de graisse, sont trop bouffis pour réagir ; là où les Alguarenos tentèrent d’étouffer la révolution populaire au Prodnov, là où ils coulèrent la flotte loduarienne en Leucytalée, là où ils anihilèrent les armées de Lorenzo au Mokhaï, ils ne réagissent plus.

Le triomphe de la révolution se fait proche ; la fin de l’oppression bourgeoise l’est aussi. Lorsque le sang aura fini de gicler, les Rouges auront rendu au prolétariat ce qui lui revenait de droit ; sa dignité, son honneur et son pain. Ils l’auront vengé de ceux qui souillèrent durant des siècles, des millénaires même, les honnêtes travailleurs. Il rapporteront enfin ce qu’il nous manque ; la paix et la prospérité. Les biens les plus précieux que les bourgeois nous auront volés. En asservissant des peuples entiers pour faire tourner leurs usines, en combattant ceux qui refusaient d’acheter leurs produits et en fournissant des armes à ceux qui en voulaient. Les bourgeois, à bien des égards sont les pires criminels que l’Humanité n’ait jamais porté. Seulement, il est bien difficile pour les juges emperruqués d’assumer le fait que celui qui porte un costume bien propre, une cravate bien mise et une serviette de cuir soit à bien des égards plus coupable que le prolétaire vêtus de guenilles. Mais seulement, et c’est probablement ce mensonge qui forme les fondations de notre société, la bourgeoisie inverse les rôles ; le gangster poussé par la pauvreté est devenu le monstre tandis que le bourgeois assassinant indirectement des milliers de personne et affamant des millions d’autres est devenu un héros national ! Sur ce mythe, cette évangile de la richesse ; ce mensonge éhonté qui continue encore et toujours à empoisonner le prolétaire ; à lui faire croire que son maître n’est rien d’autre que son patron et que ce dernier lui veut du bien, alors que l’on sait tous qu’il n’attend qu’une chose de ses employés ; de pouvoir les presser jusqu’au dernier centime. Après l’avoir enchaîné dans une usine, il est déporté au supermarché pour supporter le joug de la consommation. Seulement, ce cirque sans fin approche de son terme. Les milices populaires remplaceront bientôt les matraques des policiers, les Gardes du Peuple traqueront impitoyablement ces ramassis de parasites à la gâchette facile qui oppressèrent le prolétariat des siècles durant au travers de générations d’oligarques et magnats qui, tous ensembles, avaient bien plus de morts sur la conscience que n’importe lequel des prolétaires.

Tout cela messieurs se joue à Antares ; si ce pays est libéré, si la joug de la bourgeoisie est brisé, si l’oppression est remplacée par l’émancipation collective, alors l’Humanité verra son souhait le plus cher s’accomplir. Mais pour cela, il faut une victoire du prolétariat sur la bourgeoisie ; une victoire du peuple sur ses oppresseurs. Une fois que le corps fumants des dominants sera percé de balles, le peuple pourra enfin se lever et briser ce qui l’enchaînait à ses usines. Il pourra renverser ce qui l’opprimait depuis des siècles. Il pourra enfin devenir le seul maître de son destin face à une élite corrompue et pervertie par le vice. Ces hommes la, n’en ont plus pour longtemps ; le peuple souverain les pendra à des arbres une fois que les troupes loduariennes venues libérer l’Antares de ses oppresseurs et de la menace qu’elle représentait pour l’intégrité territoriale et politique de la Loduarie. Camarades, lorsque les loduariens défileront à Margaux, lorsqu’ils écraseront les miliciens aux ordres de la bourgeoisie, ce ne sera pas l’aplatissement d’un État face à une puissance impérialiste, après tout, la Loduarie n’a pas intégré l’O.N.C ou l’O.N.D… Ni même l’écrasement d’un peuple face à un autre, mais plutot la libération par les armes et l’abaissement définitif de la bourgeoisie. Une victoire loduarienne, signifie, quoiqu’il advienne, une victoire populaire. Et un renforcement de l’hégémonie loduarienne dans la région ainsi que l’établissement d’une république socialiste sœur ne peut que profiter à la masse populaire et prolétaire. Une Loduarie est une Loduarie plus à même de défendre ce qui compte vraiment, les intérêts des travailleurs du monde entier face à la bourgeoisie.

Seulement le symbole doit-être encore plus fort ; nous ne devons pas uniquement chercher à souhaiter une Loduarie puissante ; de beaux discours n’y suffiront pas, des diatribes enflammées ne soulèveront pas des peuples ; il faut des actions concrètes ; il faut montrer que nous sommes là ; que le peuple existe, et qu’il exige sa liberté. Sa vraie liberté. Et non plus l’obscur droit de repeindre l’Assemblée en bleu ou en rose ! Vox populi, Vox dei, je dirai-même plus, Vox proletari, vox Dei ! Le peuple doit se lever, et hurler qu’il vont son pain et sa liberté et qu’il emmerde comme il le faut la bourgeoisie ! Et ce, avec ou sans l’accord de ces gros lards vivants dans une tour d’ivoire se gavant de dividendes et de steaks. Si Aurore veut faire de la victoire loduarienne une victoire prolétarienne, il faut que le peuple lui-même arrache sa liberté ; la Loduarie doit devenir l’étendard de la Liberté, mais elle doit aussi permettre au peuple de briser ses chaînes par lui-même. Et c’est pour cette raison que nous saluons la décision du P.E.V velsnien de former des brigades rouges en Antares. Cette nouvelle force n’est plus uniquement la naissance d’un groupe paramilitaire mais la véritable expression de la souveraineté populaire se battant non pas pour une solde comme ces misérables condotierre de Lograno ou ces militaires s’entre-tuant pour une vague notion de patrie, mais des prolétaires capables de se sacrifier pour une cause qui les dépasse. De se battre pour une notion, une idée, plus grande qu’eux. Loin d’êtres de simples pions dans des dynamiques abstraites ; ces hommes, ces héros, ces triomphateurs, méritent notre plus grand respect et doivent devenir des modèles pour nous autres. Et c’est à cet égard là camarades que nous devons devenir à notre manière des phares de la lutte prolétaire ! C’est pour cette raison que le monde, l’Histoire nous regardera et nous jugera. Ces camarades qui se battent aux côtés des camarades loduariens doivent devenir des sources d’inspiration pour nous !

Trop souvent camarades, le P.C.A passe pour un ramassis de guignols aux gestes flamboyants mais pourtant mollassons. Qu’avons-nous faits pour le communisme ? Rien, si ce n’est servir des discours enflammés animés par une fois sincères mais qui au fond restaient creux. Non pas parce qu’ils étaient trop modérés, mais parce qu’ils ne s’accompagnaient pas de gestes réels ; le P.C.A est en perte de vitesse et les sociaux-traîtres nous volent notre électorat car il est las ; nous sommes trop discrets, nous sommes trop isolés au niveau politique pour apporter des changements significatifs. C’est cette vérité que nous devons voir en face ; et c’est en ayant conscience de nos faiblesses que nous pourrions changer le monde ; et surtout balayer d’un revers de la main l’oppression bourgeoise qui gangrène l’Antérinie. C’est pour cette raison camarade, qu’à défaut de limiter notre champs d’action à l’Antérinie, nous devons à tout prix prendre part à la mission tout simplement historique que s’est donnée la Loduarie ; à savoir libérer les peuples de l’oppression et de la domination bourgeoise. C’est là camarades, la base même du socialisme et de son internationalisme ; la révolution triomphera à l’échelle planétaire ; c’est la Roue du temps qui tourne et qui, inévitablement, renversera l’ordre millénaire établit par une oligarchie guerrière, puis financière. En cela, tout ce qui se passe à Antares, concernera nécessairement l’Antérinie ; la révolution se propagera comme une traînée de poudre et fera exploser les normes établies. Ceci est un fait et nous devons concourir au triomphe de la démocratie socialiste en Antares pour concourir à la victoire finale en Antérinie !

Dépassons nos frontières, n’ayons peur d’affronter les milices bourgeoises et fascistes qui gangrènent l’Antares et qui oppressent les travailleurs ! Rendons nous à l’évidence ! Les deux alternatives qui s’offrent aux antariens n’est rien d’autre que le choix entre gouvernement prétendument légitime qui matraque les rouges et une milice excitée dirigée par des militaires réactionnaires. Ce choix entre bonnet blanc et blanc bonnet est bien entendu battu en brèche par les Loduariens, mais alors qu’attendons-nous pour nous battre aussi ? On nous accuse de se comporter comme des plots ; alors pourquoi ne portons-nous pas le feu sur la Bourgeoisie ? Pourquoi restons-nous planquer derrière nos pupitres à réciter des discours alors que nous pouvons montrer à la Terre entière que nous aussi nous sommes de véritables révolutionnaires ! L’Antares nous attends, alors que faisons-nous ? Si nous restons ici à craindre pour notre vie, valons-nous mieux que ces sociaux-démocrates mous du slip ? Non ! L’Antares nous attends et nous devons répondre à l’appel de la révolution ! Nous devons montrer à la classe politique antérinienne et plus largement bourgeoise que nous sommes capables de prendre de vraies décisions ; pleines de sens qui ne peuvent que mériter le respect. Nous nous battons pour les prolétaires de l’Antérinie en affrontant les milices fascistes d’Antares.

Dès lors le Parti Communiste Antérinien n’a qu’un mot ; engagez-vous ! Engagez-vous contre les milices d’Antares ! Engagez vous pour les prolétaires d’Antares ! Engagez pour la révolution mondialisée ! Seul votre engagement et votre courage nous permettra à tous ; à tout les camarades opprimés par les régimes bourgeois et autoritaires de se libérer. En brisant les barreaux et en rompant les chaînes de nos camarades prolétaires antariens, nous briserons aussi le joug des travailleurs antériniens ! C’est en cela camarades que nous devons à tout prix nous battre ; nous devons écraser, écrabouiller ces cafards là-bas avant de s’en prendre à nos propres parasites ! La Loduarie est la patrie des travailleurs, et nous devons l’aider à se battre contre les terroristes antariens et les hauts-gradés séniles ! Camarades, prenons exemple sur les Velsniens, et n’aillons pas peur de porter la révolution en Antares !

Vive la camarade Aurore ! Vive le camarade Marcos ! Vive la république socialiste d’Antares !

Antoine Vallin pour l'Antérinien Libéré.
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Désolé, les hispanos sont trop frais, on n'y peut rien c'est écrit dans mon livre.Il faut venir vous plaindre à Dieu si vous êtes jaloux.// Christophe Colomb découvrant l'Amérique pour le compte des Rois Très Catholiques espagnols.

Ulvez Perogalata, le nouvel auteur de référence de la jeunesse antérinienne ?



Il y a de cela quelques mois, le nouvel ouvrage phare d’Ulvez Perogalata faisait une entrée triomphante dans les librairies. La Piel dorada (la « Peau dorée ») est en effet devenue une référence pour la jeunesse nationaliste, conservatrice et souverainiste que de nouveaux partis entendent dorénavant représenter aux Parlements. Dans cet ouvrage qui se veut scientifique et novateur, le patron de la Ligue Souverainiste, l’une des premières forces d’opposition alguareno, essaie de démontrer, d’affirmer, de renforcer, la place de la culture hispanique et de sa cousine latino dans le monde, et surtout son influence. Au travers d’une approche purement culturelle qui dépasse le simple matérialisme pseudo-scientifique des prétendus historiens d’Axis Mundi, le militant politique essaie de lister, d’expliquer et d’éclairer les apports du monde culturel hispanique et plus largement latino dans les grandes avancées des temps modernes. Cet essai anthropologique d’une grande beauté et d’une rigueur scientifique incomparable a tout naturellement connu un immense succès en Antérinie continentale, et ce malgré un flot de critique, venant principalement du centre et de la gauche. Mais le plus surprenant n’est pas cette opposition aux thèses « racialistes » que suscite la publication de ce livre, mais l’engouement qu’a manifesté la jeunesse pour cet essai, que des critiques particulièrement élogieuses n’ont fait que renforcé. En clair, ce livre est un si grand succès que plusieurs maisons d’éditions ont envoyé au polémiste alguareno des invitations officielles à des conférences dans de prestigieuses universités, avec l’accord du corps enseignant de ces dernières.

Un tel succès dit quelque chose de la jeunesse, plus encore, ça révèle un nouvel état d’esprit pour la jeunesse antérinienne. Un changement que l’on a pu constater avec les dernières élections législatives qui ont marqué l’interruption de nouvelles forces politiques, ou du moins le renouveau de ces dernières auprès de la jeunesse. L’exemple le plus frappant est le progressif retour de la Confédération Conservatrice assemblant plusieurs partis (ultra)conservateurs de l’Antérinie continentale. Contre l’avortement, contre la dépénalisation de certaines « déviances » sexuelles, l’autorisation de la transition de genre et la volonté de remettre au goût du jour les grandes expéditions antériniennes ; « celles qui ont fait la gloire, la grandeur et la munificence de l’Antérinie ». Refaire de l’Antérinie le phare de la civilisation, et surtout la maintenir dans son (bien légitime) statut de Fille aînée de l’Église Catholique, Apostolique et Rhêmienne, quitte à négliger les quelques exactions commises à l’encontre des païens en Aleucie, notamment la féroce répression des idoles et de ceux qui pratiquaient les sacrifices humains. Et cerise sur le gâteau, voilà que le Numéro 2 du monde politique alguareno publie la « Piel dorada » faisant l’éloge, vantant les merveilles de la culture hispanique tout en affichant et légitimant la supériorité intellectuelle et morale des Catholiques. Pour Louis de la Riviera, grand patron de la C.C, c’est du pain béni, une tribune internationale lui permettant de revendiquer avec plus d’aplomb la gradeur de l’héritage hispanique et de réaffirmer la beauté de la Mission chrétienne ; quoi de mieux en effet que de voir ses dires confirmés par un ouvrage d’une grande beauté venus de l’étranger ?

La « peau dorée » est un essai anthropologique partant d’une simple interrogation ; que doit le monde aux Hispaniques ? Que lui a apporté cette ethnie du sud de la Leucytalée ? Et plus largement, qu’est-ce qu’un hispanique ? De nombreuses figures de la littérature antérinienne ont cherché une réponse à ces problématiques identitaires, dès lors, ce n’est pas la nouveauté de la question qui rend ce libre si extra-ordinaire, c’est son raisonnement. Durant bien longtemps en effet, l’hispanicité était considérée d’un point de vue purement ethnique, racial dans certains cas. Fernando de Mandiega avait par exemple écrit : - « Le point commun entre un Antérinien continental, un Arobelan, un Hernandien, un Alguareno et un Suenalejais est simple, ils sont tous issus d’une seule et même région ; cette Eurysie du Sud-Ouest, sanctuaire sacré qui vit naître Antrania et Rocofuerte, forteresse assiégée par les Hélènes païens à l’Est et les Italiques barbares à l’Ouest. Sacré château menacé tant par les sarrasins infidèles de Kabalie que les sauvages germains du Nord. Digne héritière de la grande rhême civilisatrice, cette divine région a illuminé le Nouveau Monde. ». S’inscrivant dans cette lignée, Ulvez Perogalata tâche néanmoins d’apporter une nouvelle lecture, un regard neuf ; certes le monde hispanique est le soleil de cette Terre, mais il n’est plus purement ethnique, il devient plutot culturel. Comme l’inspiration ultime permettant à Michel-Ange d’achever la Piéta ; la condition sine qua non de la grandeur.

Quoi de mieux dans ce cas-ci que de citer nos confrères de la Voz de la Patria ; « La culture hispano et latino est finalement évolutive » ; en un mot, ce n’est pas une masse de granite. Bien évidemment que les Arobelans sont différents des Antériniens, tout comme ces derniers n’ont pas que des points communs avec les Hernandiens ou les Alguarenos. Ce sont d’ailleurs ces particularités « régionales », si on me le permets de le dire ainsi, qui ont façonné la culture hispanique telle que l’on conçoit cette dernière aujourd’hui. C’est pour cette raison que l’on a souvent bien du mal à tenter de fixer une carte du monde hispanique ; l’Antérinie est trop métissée avec Marcine pour être pleinement considérée comme hispanique tout comme l’Alguarena l’est avec les minorités protestantes en provenance d’États anglo-saxons… Pourtant, nul ici ne peut dire que l’on a rien en commun avec ces derniers ; nul ne peut affirmer que l’on est trop différent des alguarenos, nous partageons tout de même une attirance pour les combats de coq, l’architecture et le catholicisme. C’est pour cette raison que l’« hispanicitude » n’est pas ethnique, ni uniquement culturelle ; le goût des Antériniens pour les costumes aux couleurs criardes n’est pas partagé par les Arobelans ou les Hernandiens, certaines conceptions philosophiques sont mêmes propres à l’Antérinie, notamment à cause de la culture « bâtarde » qui s’est imposée au début du XVIIIe siècle, mélangeant la pensée d’Afarée australe à l’Eurysie du Sud, les tradition païennes aux traditions latines.

C’est en partie pour cela que le monde hispanique est à la fois semblable et différent à la fois ; bien évidemment qu’il a été confronté à un phénomène de métissage ethnique et linguistique en raison de la proximité géographique ; peu nombreux sont les Antériniens pure souche n’ayant aucun ancêtres étrangers, tout comme les Alguarenos ne peuvent pas avoir le même patrimoine génétique que ceux des colons arrivés au XVe siècle ; et ça personne ne peut le disputer. Et c’est d’ailleurs ce que remarque Perogalata, et ce même s’il tente d’établir un « profil racial » en nommant des traits physiques typiques et communs aux hispaniques et latinos. Un fait qu’il est aussi difficile de contester, non pas que l’on peut reconnaître un groupe ethnique à l’apparence physique, mais l’on peut tout de même noter, sans entrer dans les théories pseudo-scientifiques des socialistes du XIXe qui légitimaient la colonisation par la prétendue « supériorité raciale » des Eurysiens sur les Afaréens en comparant la forme des crânes… Même là, il est difficile d’accuser l’Alguareno de racialisme, voire de racisme. Il est certain que certaines de ses envolées lyriques restent beaucoup trop vagues sur le sujet, comme ces auteurs de la Grande Littérature qui associaient des traits physiques à des qualités ; Montauran et de Verneuil sont beaux et intelligents, Corentin est roux et traître… Alors que reprocher à Progalata quand ce dernier ne fait rien d’autre que vanter certaines qualités physiques propres aux hispaniques dans un ouvrage dédié à en vanter les mérites ?

D’autre part, sa lecture de l’hispanicité reste extrêmement intéressante malgré ces dérapages qui devraient révéler les « fantasmes eugénistes » du politicien alguareno selon certains médias féliziens. En effet, nous l’avons rappelé plus tôt, mais dans cet essai scientifique, il voit dans le monde hispanique un trait culturel, une touche d’originalité, un modèle de pensée, qui lui a permis de rester constamment à l’avant garde des progrès scientifiques ; la découverte du Nouveau Monde par Mathias Hernandez, la première mondialisation, les plus grands empires de l’Histoire, les ouvrages les plus conséquents… C’est évident, il est difficile d’affirmer que les Hispaniques ont toujours été derrière, ceux qui suivent, les retardataires. Bien au contraire, Perogalata démontre avec brio que c’est grâce à ses particularités culturelles que le monde hispanique brille tant ; et c’est cette particularité que le polémiste alguareno tente de découvrir et de mettre en évidence. Et c’est cette recherche qu’il faut tenter d’interroger ; qu’est-ce qui fait l’unique de la culture hispanique, et de sa fille ?

La réponse ne se trouve certainement pas dans la religion ; son propre est d’être universel et nous partageons le catholicisme avec les Listoniens, les Velsniens, les Gallouèsans ou les Antariens. Qui ne sont certainement pas hispaniques… Dès lors, la réponse se trouve dans la culture, mais difficile de trouver le point commun entre le réalisme magique de l’Hernandie, les croquettas alguarenaises et les palais du Sigulo de Oro antérinien. Vous en conviendrez, il est facile d’affirmer que l’hispanicité est un faisceau lumineux pointant la bonne direction, seulement, difficile de définir ce qui caractérise ce rayon de lumière éclairant l’Humanité. Et dans cette tâche ardue que nous devons y voir une question identitaire capitale, pour ne pas dire fondamentale ; que signifie être hispanique ? Nous l’avons vu, l’ethnicité, la race, n’a rien à voir avec. Dans ce cas-ci tâchons de trouver le point commun, le lien entre tout cela ?

Et bien tout se trouve dans l’état d’esprit ; le « mindset » comme disent les criminels culinaires d’Austrasia ou de Cartarad ; tout ce trouve dans l’agencement de la pensée hispanique, constamment menacée, constamment obligée de réinventer. Profanée par les Sarrasins, elle a hérité de ces derniers un certain style architectural faisant la part belle aux voûtes et aux jardins intérieurs. Rivalisée par les Yous, elle s’est inspirée de leur amour immodéré pour les colonnades ; à ça s’y ajoute la part de fantaisie, l’excentricité créatrice propre aux leucytaléens (que l’on ne retrouve pas chez les Germains ou les Saxons, bien trop terre à terre, pragmatiques, pour faire preuve de la moindre originalité). Cette excentricité est souvent associée à l’esprit emporté, aux jugements hâtifs et tranchés, au comportement irrationnel mais profondément cohérent. C’est d’ailleurs cette forme de beauté que l’on retrouve dans cette impulsivité presque réfléchie, dans ces propos allant droit au but dans une gestuelle toujours plus abracadabrantesque et exaltée, il est difficile d’y voir des similitudes avec le caractère froid et distant des gens du nord n’ayant pas encore découvert les expansions sentimentales. Car dans ces envolées et cette expressivité faisant peu de cas du froid rationnalisme, difficile de ne pas voir ce qui fait un latino ou un hispanique ; c’est sa sentimentalité. Sa sensibilité. Son amour qu’il porte à toute la Création (et en particulier aux femmes, il est vrai…) un amour passionné, exalté, fougueux, immodéré, complètement fou. Voilà ce qui fait l’Hispanique.

Cet amour se manifeste principalement dans la littérature ; le réalisme magique que fait-il si ce n’est célébré la beauté et la grandeur du quotidien, de l’habituel, de l’usuel ? La fantastique intervention du magique, balayant ce froid pragmatisme rationnel, brisant cette folle idée qui croit que l’intégralité de nos gestes, de nos pensées et de nos actions et de nos paroles sont pensés, réfléchis, raisonnés. Et ce refus de l’absurde suprématie de la raison sur l’innée qu’est-il si ce n’est la preuve manifeste d’un amour irréfléchi et fou pour tout ce qui fait la beauté de l’homme et de sa condition ; de ces évènements du quotidiens, pourtant anecdotiques, en rien extraordinaires qui révèlent plus que tout autre chose au monde à quel point notre vie n’est en rien dictée, dirigée, opprimée, par des choix sciemment calculés. Comment croire en effet que nous sommes capables de faire des choix rationnels quand la magie, la nature ou Dieu en personne bouleversent cette réalité ? Comment y croire ? Le réalisme magique, c’est cela ; cette folle croyance en des forces obscures qui font et défont l’Histoire, dêmêlant cette dernière de situations inextricable ou au contraire en écrasant ce qui aurait dû se passer, camouflet ultime à cette folle raison qui a cru que le destin du monde ne dépendait que d’elle…

Mais qui dit Amour, dit aussi Amour de soi, ce qui dit aussi Honneur ; tel un preux chevalier, l’hispanique tends à ses objectifs en ne faiblissant pas, en refusant de souiller son honneur. Une certaine noblesse d’âme s’est emparée de nous autres et nous a façonné dans notre manière de concevoir les choses ; alors que les anglo-saxons protestants ne sont rien d’autres que des opportunistes immoraux ayant inventés avant tout le monde la notion même de capitalisme, l’Hispanique tient à y mettre les formes ; la richesse, il l’exècre. La fortune, il la méprise. Le luxe, il le hait. Créature honorable parmi les rapaces fortunéens ou youslèves, ce n’est que sous leur funeste influence que l’Hispanique antérinien ou arobelan s’est transformé en marchand traversant les mers pour la gloire et la grandeur de ses princes. À défaut d’avoir pu se transformer, la même essence qui caractérisait les hispaniques, à savoir l’amour de l’inconnu, s’est transformée en une quête aventureuse ayant mené nos ancêtres à atteindre les rivages d’une multitude d’Etats au travers du monde ; le Bahama, les Jashuries, les Pygmées d’Afarée ou les Arabes d’Azur, l’Antérinie et l’Arobelas ont toujours été à la tête, à la marche, du progrès. Et surtout, ce sont ces derniers qui ont apporté, par amour du profit, restons tout de même lucide, la civilisation aux sauvages d’Aleucie. En un mot comme en mille, ce n’est que par Amour, de l’aventure, de soi, de l’Autre, que le monde hispanique s’est mis en mouvement, a radicalement transformé le monde dans lequel il vivait.

Et face à cette si belle qualité, il fallait y ajouter une religion qui s’y accorde en tout points ; quoi de mieux alors que celle qui promets L’agappé ? L’amour immodéré en toutes choses, pour celles qui existent et que l’on voir ; la Création, et pour celles qui nous sont invisibles ; Dieu. Un amour débordant, comme l’eau trop à l’étroit dans son barrage, elle brise les digues et inonde tout sur son passage, broyant les arbres, les habitations et tout ce qui s’oppose à ses flots en furie. L’Amour absolu broie les barrières, les mauvais sentiments à l’égard de son prochain. Et quelle religion propose cela mis à part le christianisme catholique ? L’orgueil naturel des hispaniques, vainqueurs à plusieurs reprises des rhêmiens, s’est incliné, s’est agenouillé, s’est prosterné devant la Foi. Là où le glaive et le pilum ont échoué, la Croix a réussi à soumettre ces fiers barbares. Elle a adouci leurs mœurs primitives et sauvages pour pleinement les faire entrer dans la civilisation ; en se baptisant ils sont donc devenus pleinement civilisés et les menaces des barbaresques et des païens n’ont fait que renforcer cette foi devenu un marqueur identitaire les différenciant des infidèles et des barbares. Et cela a grandement contribué à la fortification de cette foi qui s’est progressivement mué en un fanatisme sauvage. Après tout, que serait l’Histoire sans dérapages et sans pages sombres si ce n’est qu’un récit monochromatique, lent et ennuyeux ? Aujourd’hui encore, la Fille aînée de l’Église n’est rien d’autre que l’Antérinie et ses 59 millions de fidèles ; un État catholique « jusqu’au bout des ongles » qui reste une référence en la matière. Une piété qui semble être la hantise, le cauchemar, l’Enfer d’une gauche violente, brutale, impie et barbare.

Une gauche qui est remise à sa juste place, c’est à dire à la poubelle, par Perogalata. Cette dernière, en partie responsable du déclin moral et intellectuel du monde hispanique au travers d’une approche toujours plus internationaliste, constructiviste et progressiste qui tente de faire croire qu’il n’y a aucune différence culturelle entre les Azuréens, les Icamiens, les Jashuriens ou les Antériniens pour légitimer un impérialisme toujours plus invasif et une paresse intellectuelle qui n’a aucun autre argument si ce n’est que nous sommes tous des hommes ( et des femmes, attention à la misogynie dans le monde journalistique!) et que de ce fait il n’y a absolument aucune différence entre nous. Dans ce raisonnement par l’absurde ayant réussi l’exploit de séduire une bourgeoisie intellectuelle abrutie par des écrits masochistes d’un certain Kah taniais s’étant prétendu économiste mais étant dans les faits un utopiste doublé d’un traître, c’est toute l’humanité qui est mise dans un même panier, au détriment des séparations morales (dans le monde civilisée le meurtre est proscrit, alors que chez les barbares, le cannibalisme est toujours de mise…) intellectuelles (la philosophie jashurienne ou xin n’a rien à voir avec le matérialisme kah tanais ou l’humanisme eurysien…) et religieuses (quels points communs entre un Churayn musulman et un Antérinien catholique?) que des millénaires ont contribué à forger. Même si cette vérité est reconnue, beaucoup s’accrochent à l’idée que ces frontières invisibles peuvent être transcendées par une « lutte des classes » communes contre le Bourgeois, le Sultan ou le Roi…

Dans cette folle utopie qui consiste à croire que tout les prolétaires s’uniront pour porter au pouvoir des Bourgeois mal dégrossis ayant probablement découverts les marteaux dans imageries pour enfants. Dans cette enfer où les notions de frontières et d’identité sont foulées au pied par des gauchistes ayant probablement abusés des substances psychoactives. On reproche à l’Eurysie d’avoir apporté la civilisation, la philosophie, la religion à des peuples pratiquant des sacrifices humains ! Or, si notre humanité est commune, dans ce cas-ci, pourquoi la notion de morale universelle ne s’applique pas à un continent entier ? Pourquoi pratiquent t’ils des sacrifices par milliers alors que l’Eurysie, l’Afarée et le Nazum ne sont pas atteints par ces folies meurtrières ? Peut-être par ce que finalement, même si nous avons tous un tronc, une tête, deux bras et deux jambes, nous sommes beaucoup trop différents entre nous pour former un seul et même groupe ! D’autres part, lorsque le progrès moral carnavalais atteint la Kabalie avec le résultat que nous connaissons tous, pourquoi hurlons-nous au scandale si ces derniers renversent les structures de domination pour libéraliser totalement la société ; comment ne pas se réjouir en apprenant que Petitpont a légalisé l’homosexualité, reconnu la transidentité et aboli le patriarcat ? Car il a génocidé un peuple entier ; le socialisme loduarien a bien détruit la culture loduarienne et personne ne s’en est attristé, alors pourquoi faire de tels chichis ?

Voilà donc la Piel Dorada, un essai portant le renouveau de l’identité hispanique à l’heure où les joueurs de lego d’Axis Mundi partent du principe que chaque culture est une construction sociale imposée à la société par une caste de privilégiés que l’on peut déconstruire en quelques jours pour créer une société nouvelle, universelle… Et ce alors que des siècles et des siècles ont été nécessaires pour fonder, façonner un modèle de vie. Une pensée éclairante qui je n’en doute pas une seule seconde, mérite le succès qu’elle a connu auprès des jeunes. Loin des caricatures racialistes que l’on fait de cette pépite littéraire qu’en font quelques progressistes en manque de succès professionnels, nous devons au contraire y voir un nouveau regard porté sur ce qui fait de notre culture une chose unique, merveilleuse et nécessaire à l’Humanité dans sa quête de progrès technologique ou moral.


Juan Pérez pour Il Sole Anteriniano.
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Publié le 06/06/2019
Un contrat juteux signé !

Valeurs Boursières.

Le Conseil inter-Ministériels de l’économie annonce prêter une grande attention aux projets bioéconomiques proposés par le Banairah.

La nouvelle vient de tomber, les Ministres de l’économie des différents États membres de la Confédération ont validé à l’unanimité un prêt de presque 10.000.000 de talents d’or, une somme extraordinairement élevée (environ l’équivalent d’un milliards de talents !). Cet investissement extrêmement lourd, destiné aux laboratoires des territoires côtiers de la République Directe du Banairah, membre de l’Organisation des Nations Commerçantes, de l’Alternative Libertaire et du Forum de Coopération d’Afarée du Nord vise à développer des alternatives innovantes à l’utilisation d’énergies fossiles ; un « moyen d’assurer une nouvelle souveraineté technologique pour les prochaines décennies si le projet porte ses fruits » assure le Ministre à l’économie antérinien Louis d’Estagon. Pourtant malgré les sommes pharamineuses que représente un tel investissement, pas moins de dix milles crédits internationaux pour développer le secteur biochimique du Banairah, l’État ne paiera pas un seul centime de sa poche ; les principaux groupes bancaires ont notamment affirmés dans un bref communiqué qu’ils « acceptaient les risques d’un tel investissement et reconnaissent l’absolue nécessité de soutenir le secteur scientifique et économique des États partenaires de la Confédération. » Cette nouvelle inattendue à permis de rassurer les députés tout en intriguant les financiers ; pour quelle raison diable le Crédit Communal, Papex ou les Caisses épargnantes prendraient à leur charge un emprunt aussi élevé ? Pour répondre à cette question, nous avons invité Nicolas Javier dans cette émission spéciale de Valeurs Boursières. Porte-parole de ce que certains nomment, non sans emphase, le « Clan bancaire », il se chargera de préciser et de rectifier certaines informations qui agitent dorénavant les Marchés.

Ludovico Sanchez : - « Bonjour Monsieur Javier, nous sommes heureux de vous accueillir ici ! Pouvez-vous vous présenter et rappeler à nos lecteurs vos fonctions officielles ? »

Nicolas Javier : - « Merci Monsieur Sanchez, je suis le Porte Parole de l’Union des Banques antériniennes et confédérales ; autrement dit je représente un ensemble de banque indépendantes des unes des autres, l’Union n’est pas une entreprise ou un groupe privé, mais un ensemble d’intérêts communs que les Marchés de l’épargne, de la finance et du crédit tâchent de représenter auprès du Parlement et à l’échelle internationale. L’Union est en quelques sortes, un syndicat de banques influentes qui tente d’être représenté, lui et leurs intérêts. D’autre part je suis multi-fonction, en effet le porte-parolat n’est qu’une de mes nombreuses casquettes, je suis aussi coordinateur entre les banques, intermédiaire et médiateur. Je permet de coordonner les efforts et les investissements communs en dirigeant le principal service de l’Union ; la Direction Générale à la Coordination. Je suis aussi une sorte de diplomate chargé d’assurer la bonne entente entre des institutions rivales pour mener à bien certains projets qui ont pourtant été décidés par tout les membres du Syndicat. Comme c’est par exemple le cas entre Papex, un fond d’investissement, et le Crédit Communal qui ne réussissaient à se partager les intérêts ; j’ai du intervenir pour trouver un compromis et pousser à ce que les deux entités puissent aligner les fonds nécessaires. Vous voyez, ma place est stratégique et nécessaire au bon fonctionnement du Syndicat, c’est en quelque sorte le système respiratoire qui le maintient en vie malgré les tracas propres aux ensemble hétéroclites d’intérêts publics et privés. »

Ludovico Sanchez : - « Vous pouvez présenter brièvement l’Union des Banques antériniennes et confédérales ? On dit souvent que c’est un « Clan bancaire », vous pourriez aussi expliquer d’où vient cette expression et si elle convient ou non pour décrire l’Union ? »

Nicolas Javier : - « Cette sorte de Syndicat est probablement né aux alentours des années 2010 avec la mise en place d’instance de dialogues entre les différentes entreprises et sociétés bancaires pour faciliter des plans d’investissement massifs. Les instances de régulation de marché gouvernementales ont par ailleurs accepté ces rapprochements pour donner plus d’efficacité aux plans d’investissements massifs dont le gouvernement avait besoin pour mener à bien la progressive industrialisation des territoires. C’est pour cette raison que l’on a eu le droit à la bienveillante aide du gouvernement pour mener à bien la mise en place des bases, des fondements, des piliers de l’Union. Petit à petit, les objectifs se sont élargis, du suppléants, de bouches trous du Trésor public à une véritable institution de l’ombre qui permet d’assumer le coût de plusieurs projets industriels majeurs à travers le monde. Ce que nous incarnons, c’est l’avenir des finances publics, une extension bien plus rentable et surtout capable de mobiliser des sommes astronomiques en quelques jours ; c’est l’avantage des banques. Ces dernières peuvent s’appuyer sur les réserves et l’épargne des citoyens pour ensuite financer les projets pharaoniques des États en prêtant à taux d’intérêts avantageux. C’est pour cela que nous sommes à bien des égards bien plus prompts à lever des fonds extrêmement importants. Nous avons d’abord, durant des années financé les fleurons de l’industrie antérinienne ; c’était des galons d’essais avant d’aborder des sujets plus complexes comme le financement des institutions publiques…

Au niveau de l’organisation du syndicat, c’est plus une instance de dialogue et de coopération entre instances privées ; il n’y a pas de conseils entre représentants syndicaux en charge du personnel et les patrons (comme pour Terrabilis). Il n’y a pas non plus de Conseil d’Administration comme pour toutes les entreprises ; ce que nous faisons là n’a rien à voir avec tout ça. C’est pour cette raison que l’analogie avec les syndicats est maladroite. Il y a seulement une armée de négociateur ; c’est un peu comme l’Organisation des Nations Commerçantes. Seulement nous n’avons pas d’outils de coercition à même d’ouvrir des marchés. Non, c’est ainsi qu’il faut nous voir ; une instance représentant les différentes entreprises, qui les mets en contact et qui coordonne leurs prêts communs. Rien de plus sorcier. Bien entendu il existe un rapport de force ; il y a des entreprises qui profitent mieux de cette interface que d’autres. C’est naturel, elles ont plus d’influence car elles ont plus de capacité financières, c’est la loi du Marché ; l’offre fait toujours la loi. C’est pour cette raison que le Groupe des Banques Nationales et des Caisses Épargnantes font de gros profits en s’ouvrant de nouveaux marchés auxquels ils n’auraient pas eu accès. C’est pour cette raison là que plusieurs médias voient en l’Union un « gang de prédateurs doublés d’escrocs ».

C’est d’ailleurs pour cette raison, pour cette propagande anti-banques et avec l’imagination de certains romanciers de génie que le terme « clan bancaire » est né. Le Clan est une sorte de famille, voire de « mafia » qui implique une véritable structure de commandement et une unité sans faille. Dans cette idée là, on agirait en tant que mafieux ou gangsters à la tête de cartels qui forment un clan pour écraser la concurrence, ceux qui refusent de se mêler à nos affaires… C’est regrettable que l’on vienne à penser que l’Union est aussi vile. Car c’est simplement faux. Notre présumé clan ne se base sur aucun rapport ethnique ; le patron du G.B.N.C.I est de Saint-Jean-de-Luz quand celui de Papex vient des Marches alors que le Directeur Général du Crédit Communal est de Marcine ; vous en convenez on a vu plus homogène. Nous ne sommes pas non plus une organisation occulte qui finance des groupes terroristes et corromps des politiciens ; enfin nous avons plus de manières et nous savons tout de même nous tenir ; si le pouvoir public refuse de nous demander un prêt, nous attendons et nous nous tournons vers le privé ; avec une économie en pleine expansion, nous avons toujours de la demande… C’est absurde de voir en nous une mafia en col blanc… C’est débile. Je n’aurai de cesse de le répéter, l’Union est une interface, non pas une entreprise ou un cartel ! 
»

Ludovico Sanchez : - «[b] Vous avez au moins le mérite d’être clair. Une fois les présentations faites, pourriez-nous expliquer le choix de l’Union Bancaire de financer les projets pétroliers du Banairah ? Est-ce que pour vous, ça représente en quelques sortes l’aboutissement, l’accomplissement de l’Union et une internationalisation du secteur bancaire antérinien et confédéral ?
 »

Nicolas Javier : - « C’est évident que je suis extrêmement fier de cela ; c’est pour moi la preuve ultime de l’utilité d’un tel secteur, d’une telle union à l’échelle internationale. Vous savez pourquoi le gouvernement a accepté de nous laisser le gâteau ? C’est parce qu’il ne peut pas aligner autant en seulement quelques mois ; nos impôts ont déjà été répartis et aucun ne servent à financer des grands projets internationaux ; c’est tragique mais c’est vrai. Il n’y jamais de vision internationale long terme ; on signe des alliances, on comble la demande et on industrialise, mais on ne pense pas à ce qui fait aujourd’hui l’âme et l’esprit de notre monde ; la Banque. Ca c’est une institution plus solide que les États ; ils tanguent, ils s’ébranlent, ils s’effondrent puis renaissent ; la Banque elle est éternelle ; elle peut changer de nom, traverser des crises, parfois déposer le bilan mais elle survit. C’est pour cette raison que nous sommes si nécessaires ; nous avons toujours de l’argent ; on est prudent ; on amasse et on injecte pour faire tourner l’économie. On a besoin de nous plus que l’on a besoin des États ; on peut se passer du Götterland et de ses cliques de communistes et de nazis, on peut oublier l’Hernandie et ses oligarques, on peut même oublier Cramoisie et ses criminels de masse ; en revanche ils ne peuvent pas nous oublier ; on maintient artificiellement en vie certains États ; rendez-vous compte !

Et si ce n’est pas la première fois que l’on propose des prêts à des États ; on s’est déjà chargé de l’Hernandie, nous sommes mêlés aux affaires messaliottes et nous sommes les créanciers de l’État messaliotte, en revanche jamais on nous avait associé d’aussi près à des projets aussi gigantesques ; c’est simplement merveilleux. Oui j’ose le dire, c’est merveilleux de voir que l’on a vraiment une place de premier plan dans les affaires internationales ; on peut maintenant opérer des transferts de fonds massifs vers le Banairah, ce qui sera échelonné sur plusieurs semaines, une dizaine à peu près. C’est ce qui pouvait arriver de mieux pour les Banques antériniennes ; nous ne manquons pas de clients, en revanche nous manquons d’une légitimité internationale ; en un sens nous sommes encore des bébés, des mômes, des rigolos sur les marchés mondiaux. Rimini, les Alguarenos, ils sont bien plus sérieux que nous ; ils prêtent à des taux compétitifs sans pour autant êtres pris pour des Charles Ponzi ! Nous, nous peinons à nous étendre à l’internationale, nous sommes encore trop récents pour véritablement êtres dignes de confiance. Donc oui, c’est une belle affaire, non pas parce que nous avons signé un beau contrat, mais parce que nous nous agrandissons ; nous prenons en maturité et en influence en décrochant un prêt de 10.000.000 de talents d’or à la République Directe du Banairah ! Maintenant nous pouvons nous prévaloir d’une nouvelle légitimité car nous sommes réellement devenus les banquiers de quasi-institutions.

Vous savez, le Banairah, ce n’est pas rien. C’est des dattes et du désert, mais c’est aussi du pétrole ; c’est aussi un savoir et une science extrêmement avancée, plus avancée même que l’Antérinie. Pour moi c’est une évidence, il est difficile de voir plus prestigieux. On accuse ce projet d’être « risqué », mais le Banairah n’est pas un État failli ; c’est une puissance de premier plan qu’il convient de ménagé. On devrait surtout y lire les millions en capital légitimité que nous avons acquis lors de ce projet ; je sais que je reviens beaucoup dessus, mais c’est extrêmement enthousiasmant de faire ses premiers pas dans la cour des grands ! Oh oui on ne le dit pas assez à cause de cette fausse pudeur qui pousse à faire croire que signer un prêt à la seconde puissance afaréenne est tout aussi intéressant qu’acheter une pizza, faire du vélo ou prendre un café. Or, c’est un évènement historique ; comment ne pas s’en réjouir. On signe avec un État sûr pour un projet promettant de belles remontées ; c’est génial ! Alors pourquoi s’en inquiéter ? 
»

Ludovico Sanchez : - « Justement, plusieurs experts économiques affirment que l’économie banaraise est au ralenti et qu’un prêt peut s’avérer risquer. Beaucoup estiment en effet que vous auriez dû vous montrer plus prudent et accepter de prêter quelques centaines de milliers de talents seulement. Qu’en pensez-vous ? Y voyez-vous un manque de combativité ? Ou pensez-vous que les banques auraient dû se montrer plus précautionneuses et plus parcimonieuses ? »

Nicolas Javier : -  « Et ces experts, sont-ils avec nous dans cette pièce ? (il rit) Quelles chiffes molles vos experts ! Je suis sûr qu’ils seraient capables de confondre l’endettement privé avec l’endettement public ! Ce sont des clowns je vous l’assure. Enfin de quel droit se gausse t’ils de juger nos décisions ? Comment réussissent-ils à dire des bêtises comme ça ; c’est honteux, c’est une offense pour le profession toute entière !

Voyez-vous, nous avons nos propres experts qui nous assurent que le plan est tout à fait tenable et l’investissement tout à fait sûr. Vous savez, nous ne cherchons pas le profit, c’est sûr d’ailleurs que nous devrons plusieurs années, voire même une décennie pour que le projet puisse être mené à bien. En revanche, le Banairah a une légitimité à se présenter comme un acteur régional stable, un pôle de stabilisation. Et cette légitimité agit aussi sur les risques du projet ; c’est un État démocratique qui a une politique intérieure cohérente et un capital confiance gigantesque ; dès lors pourquoi devrions-nous refuser de prêter ? Enfin, le G.B.N.C.I a bien accepté de prêter à l’État antérinien alors qu’une décennie de sociale-démocratie avait suffi à ruiner l’économie. Vous pensez bien que ces experts, s’ils étaient nés quelques décennies plus tôt auraient incendié l’État et les Banques pour avoir osé se montrer ambitieuses. Aujourd’hui la Confédération est l’une des premières puissances mondiales ! Et si l’État n’aurait pas eu de fonds, il serait resté un acteur secondaire, et même tertiaire ; une partie du Tiers-monde prit entre la Youlévie et Fortuna. Nous aurions pu connaître un sort similaire à l’Arobelas, donc oui j’estime que pour ces raisons là cet investissement ne reste pas hasardeux, il est même cohérent.

La croissance économique n’est pas le seul indicateur fiable, il y a toute une série de facteurs à prendre en compte quand il s’agit d’accorder un prêt de cette importance. Vous pensez bien en effet qu’avoir une bonne croissance ne compte pas si le taux d’inflation, les inégalités et l’instabilité politique augmentent avec ! Ce serait absurde d’accorder à Karty un prêt malgré sa croissance, vous savez pourquoi simplement par ce que cet État et instable et indigne de confiance. Vous pourriez, du jour au lendemain, voir un régime communiste s’ériger sur les ruines du socialiste ! Et alors là, bonne chance pour faire payer vos créances ; vous n’avez qu’à prier le Ciel pour ne pas trop perdre de plumes ! Alors que le Banarah aligne une multitude de voyants positifs ; c’est un État allié à la Confédération et à Marcine, c’est un pôle régional stabilisateur, un membre de l’O.N.C et de l’Alternative Libertaire, un modèle de développement humain et social unique au monde… En clair, je le répète mais le Banairah n’est pas n’importe qui, ce n’est pas rien. Sincérement, mieux vaut prêter aux Banairais qu’aux Kah tanais… Enfin, vous me comprenez, vous savez que l’on peut difficilement tomber sur mieux.

Et puis je crains de me répéter, mais l’objectif n’est pas la rentabilité immédiate. Nous, nous voyons ça comme un prêt de prestige, c’est un quelque sorte un galon d’essai avant d’entrer dans le grand bain. L’objectif est de voir comment nous pouvons mieux nous coordonner, mieux partager et mieux communiquer dans le partage des bénéfices, le transfert de fonds et les négociations. C’est un moyen de rester dans la course et de parfaire notre communication pour les États désireux d’emprunter… Enfin vous nous comprenez maintenant… N’est-ce pas ? Vous voyez, ce n’est pas un coup de tête mais un acte réfléchi qui se fiche de savoir que le Banairah n’a connu qu’une légère croissance depuis plusieurs années ; ce n’est pas grave on a suffisamment confiance en eux pour savoir qu’ils perdraient trop à ne pas nous rembourser. Et puis le projet est ambitieux, il est intéressant, il est novateur ! 
»

Ludovico Sanchez : - « Pourriez-vous nous en dire plus ? J’ai cru entendre dire que c’était un projet visant à développer de biocarburants, notamment en utilisant de l’hydrogène. Si vous vous y connaissez pourriez-vous expliquer les risques qui pourraient nuire au projet ? Et pour vous, avez vous confiance en l’utilité d’une telle entreprise ? »

Nicolas Javier : - « Connaissez-vous l’hydrogène ? C’est une molécule que l’on retrouve un peu partout sur terre, c’est de l’eau. Et bien l’avantage, c’est que l’on peut en faire de l’énergie avec comme l’avait prédit un célèbrissime auteur de science fiction francophone. C’est tout de même assez intéressant en vérité mais je pense que je vais devoir taire les procédés chimiques utilisés pour tenter de créer de l’énergie, si ce n’est qu’il existe deux manière ; la première, la plus répandue par sa praticité et sa « simplicité » est le reformage, qui consiste à faire chauffer du méthane (CH4) pour la séparer des éléments impurs pour en faire du dihydrogène (H2) lors d’une double réaction chimique au moyen d’énergies fossiles, notamment le gaz naturel. L’autre est l’électrolyse, qui décompose l’eau (H2O) en dihydrogène (H2) grâce à l’electricité, qui fait chauffer cette dernière pour la pousser à libérer ce précieux dihydrogène. N’est-ce pas merveilleux ? Bien entendu il est certain que les procédés de fabrication sont bien plus complexe, mais c’est la seule explication que j’ai à fournir. Je ne suis pas particulièrement intéressé par la physique.

Évidemment, plusieurs limites sérieuses s’opposent au projet ; d’abord la découverte de cette technologie, même si elle remonte au XVIIIe siècle, les premières utilisation industrielles, ou du moins à destination de l’industrie sont extrêmement récentes, ce n’est pas comme le pétrole ou le charbon qui connurent une popularité immédiate. Et non malheureusement, je dois vous le dire, il est difficile d’être sûr de la rentabilité d’une telle entreprise quand son invention n’est pas une valeur sûre. Un champ pétrolifère aurait immédiatement remporté l’adhésion des investisseurs, mais de la bioénergie c’est une toute autre histoire. Vous imaginez sérieusement qu’on investirait dans un projet alternatif aux carburants alors qu’ils fonctionnent déjà très bien ? Seulement voilà, nous savons que ces énergies ne sont pas éternelles, et elles pourraient très bien se retourner contre nous si elles venaient à manquer ! C’est un pari sur le long terme, vous comprenez, c’est une stratégie qui va nous permettre, je l’espère, de pouvoir compter sur une source d’énergie alternative. Vous nous comprenez bien.

Mais ce n’est pas uniquement une question de demande ou d’utilité, ça concerne aussi la mise en place des infrastructures nécessaires pour atteindre l’objectif initial d’un tel plan, à savoir une énergie décarbonée dans son intégralité. Les lubies banairaises sont originales, certes mais louables. C’est donc la mise en place de ces infrastructures qui va coûter extrêmement cher ; vous savez que pour alimenter la chaleur nécessaire il faut des électrocatalyseurs et donc de quoi les alimenter… Vous comprenez donc la lourdeur de tels investissements, surtout quand il s’agit de l’énergie renouvelable, un secteur particulièrement onéreux. Après, il faut aussi prendre en compte les coûts en Recherche et Développement pour une énergie aussi novatrice ; c’est un ensemble de contraintes qu’il est pourtant nécessaire de surmonter pour pouvoir obtenir un investissement rentable, et surtout de quoi présenter des avancées scientifiques notables qu’il faut à tout prix obtenir pour créer une alternative et un contrepoids aux énergies importées du Rasken ou du Banairah. C’est pour cette raison que l’on peut voir en ça un investissement stratégique. Certes, pour toutes ces raisons le succès risque probablement d’être limité ; vous vous en doutez, ce n’est pas une mince affaire ; c’est même un véritable risque financier qu’il convient de limiter par tout les moyens possibles.

Mais je pense, que l’autre question que l’on devrait aborder concernerait surtout l’après d’une telle découverte ; toute la question repose sur l’attrait que peut représenter les piles à hydrogène par rapport au pétrole ; les frais de fret ; qui coûtent pour beaucoup. Vous vous doutez bien que des entreprises n’auraient aucun intérêt à s’imposer des surcoûts pour une énergie toute nouvelle et surtout moins efficiente que le pétrole ; pour sept litres d’hydrogène il faudrait pour les égaler, seulement un, un seul, litre de pétrole. Rendez-vous compte quand même. Le pire peut-être est la difficulté à transporter l’hydrogène ; les bateaux nécessiteraient des aménagements spéciaux (une capacité à faire descendre d’une centaine de degrés supplémentaires la température) et, ça aussi ça aura un impact sur la distribution d’une telle énergie. Donc étrangement, je ne sais pas quoi en penser ; c’est à la fois franchement enthousiasmant mais aussi particulièrement déroutant… C’est assez difficile de se faire une idée quand on en connaît les risques et les opportunités… 
»

Ludovico Sanchez : - « Dès lors, les risques ont-ils été pris en compte dans le calcul des taux d’intérêts du projet ? Et surtout quels sont-ils ? Pensez-vous qu’une solution de seconde main, de secours, sera nécessaire ? »

Nicolas Javier : - « Alors, face à la complexité d’un tel sujet, les taux d’intérêts ne sont pas un sujet anodin ; on ne les a pas fixé en fonction des résultats d’une roulette ou des fléchettes (c’est faux!) en revanche. Il y a un ensemble de facteurs complexes ; politiques, économiques, sociaux… Vous comprenez aussi que nous ne pourrions jamais nous permettre d’imposer des taux à 10 %, notamment à cause des relations entre la Confédération et le Banairah. Comprenez-vous… Il y a aussi la probable rentabilité d’un tel projet et la demande qu’il y aura à sa suite… Et puis, comme je l’ai dit plus tôt il y a toute une valse au sein des banques pour se partager le gâteau et les bénéfices. Donc c’est un sujet assez complexe.

Ainsi, voici les accords qui ont été conclus ; les taux d’intérêts seront de 5 % par mois(entre le Banairah et les banques de la Confédération seulement, on ne parle pas au nom des Jashuriens). Ces derniers seront échelonnés sur une quarantaine de mois. Au final, le remboursement du prêt et les intérêts cumulés coûteront au moins 20.000.000 de talents d’or au Banairah (soit 20.000 unités monétaires internationales). Même si une telle somme peut paraître importante, c’est les standards attendus, notamment dans un projet aussi risqué et pour une croissance économique aussi limitée. Par ailleurs, les intérêts ont été plafonnés à seulement 25.000.000 de talents si la République peinait à rembourser l’emprunt ; c’est une sorte de faveur. Le tout devrait, normalement, s’échelonné sur une quarantaine de mois.

Si, par le plus grand des malheurs, la République Diecte est dans l’incapacité de rembourser un tel emprunt, nous attendrons des intérêts représentant 5.000.000 de talents d’or et surtout le transfert de la plupart des brevets acquis durant les recherches, la saisie des bâtiments ayant servie pour les expérimentations, voire même la fabrication. Nous avons néanmoins une entière confiance en la République Directe, elle est, selon bien plus fiable que les entreprises. 
»

- « Merci beaucoup Monsieur Javier, votre exposé a été très clair et extrêmement instructif, nous espérons vous rappeler d’ici les prochains mois pour de nouvelles entrevues ! Et surtout, nous espérons de tout notre cœur que les services de l’Union Bancaire seront de nouveaux réclamés. »

- « Nous y comptons aussi. »
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Notre grand ami Altarini, le nouveau patron de la droite dure antérinienne... // Thommy Robinson, figure publique du parti Reform UK lors d'une manifestation.

« Que pense Don Louis Altarini de l’évolution de la situation internationale ? »

Boulevard Burke.

Le couperet tombe, la Confédération Conservatrice, le nouveau parti ultra-conservateur formé à la suite d’une scission avec l’Union des Partis Conservateurs vient d’obtenir le droit de regard dans la gestion de la Commission Parlementaire visant à étudier, avec le Ministère des Affaires étrangères, la gestion de plusieurs dossiers sensibles à l’échelle internationale ; à commencer par la crise carnavalaise, les tensions en Aleucie et l’émergence d’un bloc afaréen prétendument solide sur ses appuis. Mais c’est aussi l’occasion pour nous de reprendre contact avec Don Louis de Rojelina y Altarini, cousin éloigné de feu Dom Juan Altarini, regretté présentateur télévision décédé dans un bien étrange et bien tragique incendie, mais aussi cousin tout aussi éloigné du célébrissime Mogador Altarini, sénateur velsnien, penseur et chef de guerre que l’on ne présente plus à nos très chers lecteurs. Vous l’attendiez tous, nous l’attendions aussi ; le sénateur conservateur va s’exprimer pour nous ici et maintenant et expliquer son point de vue, ses choix, ses actions en lien avec les dernières nouvelles politiques, tant intérieures qu’internationales. Altarini est de retour sur les grands médias antériniens et se dit prêt à se montrer « sans concessions » pour ses adversaires et ses soutiens. Dans cette brève entrevue, apprêtez-vous à découvrir un homme changé ; ce n’est plus le même parti, ce ne sont plus les mêmes ambitions, mais pourtant c’est toujours le même, les mêmes convictions, les mêmes idées, les mêmes combats. Et sur la table, de nombreux sujets s’imposent ; le désordre en Manche Blanche, les socialistes de l’Empire du Nord, les atermoiements de l’U.P.C, la faiblesse de l’O.N.D face à Carnvale et les récents changements survenus à Karty. Un beau foutoir qu’il convient de démystifier ; et évidemment avec le panache caractéristique d’un homme de caractère.

Louis Baldinguet ; - « Bonjour Excellence Altarini ; vous êtes sénateur, vous êtes influenceur, vous êtes l’un des hommes les plus connus de l’opinion antérinienne. Alors pourquoi avez-vous choisi de quitter l’Union des Partis Conservateurs, l’ancien bloc quasi-hégémonique qui gouvernait en coalition avec les Autonomistes. Pouvez-vous expliquer pour quelle raison vous avez choisi de vous séparer de votre parti. Après tout, votre père et vos grands-pères furent d’éminents représentants à la Chambre et vous aviez une voie toute tracée pour devenir la nouvelle figure derrière de Grace ou d’Antrania. »

Don Louis de Rojelina-y-Altarini ; - « Simplement parce que le parti me décevait au plus haut point. Comme vous le dite, mes parents et mes grands-parents étaient actifs dans la vie politique antérinienne. Et ma famille a toujours eu son mot à dire ; nous sommes de la haute aristocratie après tout ; comme tout les Altarinis. Mes ancêtres avaient émigrés au XIIe siècle en Antérinie, ils s’étaient d’abord concentrés dans les activités banquières, comme tout les Fortunéens, puis ils se sont diversifiés, ils sont devenus des propriétaires terriens extrêmement opulents qui finançaient les campagnes militaires de la Couronne. Et c’est dans notre A.D.N ; nous avions toujours eu à cœur de servir les intérêts de la Couronne ; de la monarchie si vous préférez. Autrement dit, nous préférons mille fois mourir que de faillir à notre premier devoir, préserver les privilèges et les coutumes propres à chaque régions, à chaque municipalités. Car il faut bien comprendre que la Couronne et l’Antérinie profonde, la vraie, celle des campagnes, sont deux choses qui sont intimement liées ; presque un couple s’aimant tellement qu’une séparation signifierait nécessairement que l’un des deux amants périsse de chagrin. Il ne faut pas sous-estimer l’effet dévastateur qu’ont les réformes d’aujourd’hui sur l’Antérinie. Toujours plus de centralisation, toujours plus de lois, toujours plus d’exceptions ! Finalement, pourquoi s’embêter à créer des statuts sur des statuts quand il suffit simplement de simplifier, de cloisonner, de garantir à chaque province une autonomie culturelle propre…

Vous savez, l’erreur que l’on fait souvent est de croire que l’Antérinie est un État décentralisé alors qu’en vérité, seules les entités majeures sont réellement autonomes ; le Comté de Luz ou celui des Marches sont soumis aux décisions prises depuis le Parlement régional d’Antrania, tout comme Kalindi ou l’Orocomo sont entièrement dépendantes du bon vouloir des parlementaires marcinois. Non je vous le dis ce n’est pas possible ; l’Antérinie a besoin de plus de décentralisation ! Où sont les libertés particulières que les conservateurs vantent à longueur de temps ? Franchement le Marcheburg, et plus généralement la Wardonie, sont un exemple en la matière ; une pax tuetonica conservaticas ! Il n’y a que ça de vrai ! Et le pire, c’est que l’U.P.C voulait entamer un cycle de réformes visant à centraliser un peu plus le Royaume d’Antérinie ; non ce n’est pas possible ! Comment peut-on respecter les communautés locales en les soumettant à un géant aveugle et incompétent ? Dans le monde économique, c’est comme l’économie dirigiste, vous voyez ? Car en vérité le concept est le même ; on prend un fonctionnaire surpayé qui n’y connaît absolument rien mais qui a eu la bonne idée de sortir d’une bonne académie d’État et de faire copain-copain avec un des innombrables amis du camarade secrétaire général président et touti counti pour être parachuter dans un obscur service imposant des normes, des quotas, des attendus étatiques ; tout un tas de tracasseries qui tueraient l’entrepreneur ! Et bien là c’est la même chose ; on pose un gamin des beaux quartiers antraniens et on lui dit en substance : « tiens va gérer l’administration luzoise » alors qu’il ne sait rien des habitudes, de la culture locale, de la langue… C’est ce que j’appelle du colonialisme déguisé !

Et le pire, si vous voulez mon avis, c’est que cette baltringue de Premier Ministre le fait contre le consentement même du souverain ; pour quelle raison ? Augmenter les rentrées fiscales ! Mais je vous le dis ; quel en est l’intérêt ? Nous sommes déjà excédentaires au niveau du budget ? Pourquoi vouloir plus ? Nous avons la dette, nous avons des sociétés bancaires solides qui seraient ravies de se jeter sur nos obligations dès que nous en émettons ! Alors pourquoi s’embêter ? Pourquoi chercher toujours plus d’argent ? Pire, le faire sans l’accord même de Sa Très Pieuse Majesté… Mais comment on peut se permettre une telle chose ! L’Antérinie n’est pas une de ces catins de républiques qui avalent pour quelques centaines de talents sur la table ! Non, le Parlement n’a pas a décidé tout seul ; regardez comment Velsna, Fortuna, Teyla ou Tanska finissent ! C’est une dictature de politoquards incapables de penser plus loin que la prochaine échéance électorale ; on ne fait pas de politique sur le long terme avec des gens comme ça, on contraire on se contente de jouer au théâtre de la vie. Le Bien commun est oublié au profit du bien collectif d’une classe ou d’un groupe social. Dieu et le Roi ne sont que de vagues principes qu’il est facile de brandir pour se donner bonne conscience. Mais en vérité la politique passe par le Roi et le peuple ; le premier a construit l’État, il a fait survivre ce dernier à toutes les crises politiques, économiques et diplomatiques, il a transmis son expérience du pouvoir à ses enfants. Le meilleur prince n’est pas celui qui a étudié dans les plus grandes écoles, c’est celui qui écoute attentivement son père, le Roi. Mais pourtant je suis persuadé que si un souverain a légitimement le droit de prendre une décision impopulaire (il en a même le devoir si la situation l’exige, une chose qu’un politicien lambda serait incapable de faire tellement les sondages comptent plus que l’état du pays…) il n’a pas le droit de gouverner comme un tyran. De servir une gouvernance axé sur ses intérêts propres ; le Bien commun qu’il recherche doit viser à améliorer la vie de ses sujets, plus de services, plus d’opportunités, plus de sécurité… C’est pour cela que les corps provinciaux existent, que la consultation des États généraux s’est banalisée…

C’est cela qui différencie le souverain du despote ; un roi doit gouverner comme un empereur en son royaume, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il peut s’affranchir des autorités traditionnelles ; provinces, institutions religieuses, villes et cités sont ce qui donne une légitimité politique ; et cette dernière se retrouve avec le Parlement. En tant que député, je ne gouvernais pas au nom du peuple, mais pour lui au nom de Sa Très Pieuse Majesté ; cela signifiait que je suis responsable de mes actes devant la Monarchie, mais que mes actes doivent servir avant tout les intérêts populaires. C’est une nuance extrêmement importante. Et malheureusement il m’est apparu évident que l’U.P.C perdait sa valeur conservatrice pour devenir un produit purement jacobin, populiste et populeux. De Grace m’a publiquement signalé qu’il n’en a que faire des opinions du Prince ; alors que pour moi c’est fondamental d’avoir les deux têtes de l’État qui puissent gouverner sans craindre de se prendre le bec est à mon sens un fondamental dans la gestion de crises politiques. Et ce dérapage a été une révélation ; l’U.P.C est devenu le Parti des Politoquards ; ces politiques qui pensent aux échéances électorales, aux courbes de popularité, à l’influence personnelle plutot qu’au bien de la Nation. Et à partir de ce moment là, je trahissais tout ceux que j’avais juré de servir ; le Roi, le Peuple Antérinien, ma famille et Dieu. Une telle ignominie m’était insupportable ; j’ai donc décidé de me retirer et de rejoindre la Confédération Conservatrice, moins électoraliste, plus vraie.
 »

Louis Baldinguet ; - « Intéressant. Et pensez-vous que la Confédération Conservatrice pourra un jour concurrencer l’Union des Partis Conservateurs ? »

Louis de la Rojelina-y-Altarini ; - « Bien sûr ; c’est pour moi une évidence. D’ici vingt ans nous seront le premier parti d’Antérinie, nous gouvernerons avec le soutien de l’U.P.C, des Autonomistes ou des Chrétiens-Démocrates ; je ne me fais aucun soucis dessus. Pourquoi ? Simplement parce que les Antériniens ne sont pas stupides, après tout ils ne sont pas Youslèves pour rien. Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que la confédéralisation à marche forcée a changé les choses ; l’Antérinien, le Marcinois, le Bahamanite découvre qu’il peut décider lui-même pour élire un gouvernement d’élus locaux gouvernant en son nom avec l’expertise du terrain ; l’ère des roquets parachutés dans un une ville pour l’administrer comme les vices-rois des temps coloniaux est enfin abolie. Maintenant c’est celle des élites locales, c’est celle de ceux qui s’y connaissent en problématiques concrètes. Rien à voir avec l’administrateur ne sachant comment fonctionne une ville portuaire et qui croit naïvement qu’il suffit d’agrandir un port pour recevoir plus de bateaux ; non maintenant il y a l’édile locale et une série de conseillers qui connaissent les intérêts des syndicats locaux, leurs limites et leurs moyens, qui savent comment optimiser les zones industrielles et portuaires présentes sur place pour réduire les coûts. Je vous le dis, ils nagent avec du concret ; on n’a pas affaire à des guignols surqualifiés et incompétents dans tout les domaines qui se contentent de théories généralistes vagues et fumeuses au lieu de toucher des points sensibles, d’approcher, de se mêler à la réalité. Au bout d’un moment, je suis désolé d’être aussi direct, mais y’en a marre de ces cabotins de merde qui jappent chaque fois qu’on s’attaque à leurs privilèges en prétendant être l’élite de ce pays quand ils ne sont rien d’autres que les produits défectueux d’un système de copinage vacillant. En quelques sortes, les apparatchiks dégénérés de Bayvinie avec une particule en plus et un minimum d’élégance.

Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’on ne vire ces quelques tristes sires des institutions publiques. Maintenant, les Antériniens, les Marcinois, les Bahamanites, savent que c’est possible ; le gouvernement autonome est envisageable. Loin d’être le démembrement tant préssenti par quelques penseurs médiocres, c’est le triomphe des locaux sur l’État omnipotent, omniscient et agissant par maladresse et mécompréhension. Ce n’est plus qu’une question de temps avant de voir naître des régions qui s’administreront de manière autonome ; les ensembles culturels formant l’Empire pourront enfin respirer sans avoir à subir un centralisme oppressant. Vous voyez il faut nous laisser le temps ; nous n’avons aucune mairie, nous n’avons aucune circonscription régionale ; nous devons montrer que nous sommes crédibles et que l’Antérinie des nationalités est possible. Vous savez, c’est difficile en politique de conserver une bonne image, c’est tout aussi difficile pour un nouveau parti de siphonner les voix de l’U.P.C et du P.F.A ; et pourtant nous avons réussi à rafler 90 sièges au Parlement, et lors des prochaines élections régionales l’an prochain, nous nous emparerons d’une bonne place au sein des Parlements régionaux. Je vous le répète une dernière fois, tout n’est qu’une question de temps. 
»

Louis Baldinguet ; - « Nous vous souhaitons alors bonne chance, Excellence ! Mais dites-moi, pensez-vous que le parti est influent ; c’est en tout cas ce que soutiennent plusieurs commentateurs politiques qui constatent que vous avez obtenu plus de légitimité que le P.F.A pourtant un parti historique au sein de l’Assemblée, en participant à la prestigieuse commission parlementaire sur les affaires étrangères. Qui permet au Parlement d’apposer la marque des autres partis sur la politique étrangère mené par Son Excellence d’Antrania. »

Louis de la Rojelina-y-Altarini : - « Je pense que vous y allez fort, Louis. Au contraire on est sur une procédure courante ; si le P.F.A a été exclu, c’est uniquement parce que son exclusion faisait consensus ; après tout inutile d’avoir des admirateurs de Sattler ou Toto la Tatane dicter la ligne de nos affaires étrangères. Non, assez de saluts rhêmiens, place aux experts, à ceux qui s’y connaissent. Et justement nous avons dans nos rangs plusieurs anciens diplomates qui s’y connaissent suffisamment pour prétendre aider la majorité à adopter une ligne diplomatique efficace. Et puis, si vous vous vouez mon avis, ça arrangeait bien les affaires d’Antrania qui avait des députés qui avaient une vision sensiblement proche de la sienne malgré des divergences idéologiques intérieures évidentes…

Oui je vous sens venir… Et non, nous ne sommes pas une force de rupture ; bien peu de partis le sont, si l’on oublie les guignols du P.C.A, oui vous savez les intellos à lunette qui ont la langue bien pendue pour des fainéants et des admirateurs de dictateurs sanguinaires ainsi que leurs cousins du P.F.A ; les grands amis de Sattler… Et bien justement, nous aussi nous incarnons la stabilité sur le temps long. Nous avons des fractures idéologiques réelles, des ambitions différentes, mais pourtant nous sommes conservateurs, un peu moins timorés que nos rivaux de l’U.P.C et plus pertinents que les Autonomistes. En revanche, nous ne promettons pas un chamboulement absolu ; nous gouvernons sur le temps long ; et nous avons besoin de compromis avec les autres partis pour avoir une majorité suffisamment confortable pour légiférer en paix. C’est donc pour cela que l’U.P.C, les Autonomistes ou les Chrétiens-Démocrates n’ont pas fait de difficultés pour nous intégrer dans cette équipe d’une dizaine de parlementaires négociants quelques points clefs à l’échelle internationale. Une condition sine qua non au soutien unanime du Parlement tout en permettant de définir des orientations sur le long terme.
 »

Louis Baldinguet ; - « Et bien en évoquant la diplomatie ; qu’avez-vous à nous dire sur la situation en Manche-Blanche ? Pour nos lecteurs, la région est en pleine effervescence depuis qu’Agricola a trahi le Sénat Velsnien et qu’il s’apprête à entrer en guerre ouverte avec l’Hégémon actuel, Don Mogador Altarini, votre cousin. Et quelle sera la position que vous professez à ce sujet ? Pensez-vous que l’Antérinie ait intérêt à soutenir cette guerre interne ? »

Louis de la Rojelina-y-Altarini ; - « Vous me prenez par les sentiments visiblement ? Vous savez, les Altarini ont toujours été une famille puissante, tant à Fortuna, qu’à Velsna ou Antrania et nous entretenons des liens politiques solides ; nous sommes la véritable internationale conservatrice. Et ce que je vois en Dodécapole révèle la faiblesse du Sénat Velsnien à gérer ses généraux. On donne une bien mauvaise image à mon cousin alors que c’est un honnête citoyen qui fait son devoir. Car au départ, Agricola est un putain de déserteur qui a trahi le Sénat, qui a poussé au soulèvement des cités contre la Grande République. Et pour quelle raison ? Pour se taper une catin ! Môssieur Agricola a des sentiments et décide de foutre la merde partout pour vivre son idylle avec sa salope de maîtresse et de voler une flotte à la République… Je pense qu’on ne pose pas assez les bases de cette comédie tragique si j’ose dire ! Encore heureux que Mogador fasse le boulot du Sénat ! Non mais on nage en plein délire si l’on inverse aussi facilement les rôles. Le fautif, ce n’est pas Son Excellence Altarini, c’est Agricola, cette baltringue qui abandonne son poste et s’offre une flotte privé sur le dos du contribuable velsnien. Pour moi c’est vraiment regrettable que l’on apporte aucun soutien à Mogador alors que c’est lui qui doit supporter l’une des tâches les plus difficiles du siècle ; arrêter ce traître et remettre de l’ordre au sein de la dodécapole. Je vous le dis, c’est un foutoir monstrueux et je ne comprends toujours pas pour quelles raisons on n’offre une armada toute entière à Altarini pour qu’il maintienne l’ordre velsnien !

Mais pour moi, c’est aussi un symptôme révélateur du désordre qui règne chez nos amis les Velsniens ; pour quelle raison ; parce que les rouges sont trop influents. Ces parasites, ces branleurs, ces chomeurs de merde qui se piquent de révolutionner une société qui n’a pas besoin de révolutions mais de réformes. D’abord nous avons Marcos, ce détritu de l’Humanité devenu secrétaire général d’une poubelle ambulante qui a parié sur le Camarade Lorenzo, dommage que ce dernier soit mort comme un alcoolique assassiné par ses propres services secrets. Ensuite, nous avons Aube ou Aurore qui héritèrent du pays ; un bon chef d’État communiste choisit toujours ses amis les plus proches pour lui succéder, règle d’or du copinage socialiste. Et comme décidément nos amis les rouges ne savent décidémment sur quel cheval parier, ils virent le seul espoir d’une internationale forte tomber à l’eau avec la justifiée éxécution de la camarade secrétaire générale lorsque les Antariens et les Kartiens balancèrent des missiles sur son palais de marbre en réponse à l’invasion de l’Antarès. Donc le P.E.V n’est rien d’autre qu’une immense poubelle, où tout les sacs à foutre de la politique incapables de se trouver de vrais amis ou sans réseaux se retrouvent pour jouer aux révolutionnaires endimenchés et commettre des crimes de guerre contre des civils. Déjà, avoir un parti aussi influent dans l’Assemblée alors que ce n’est qu’une fraude intellectuelle et morale qui coûtera plus qu’elle n’apportera est un vrai problème d’ordre sanitaire. Moi je ne comprend pas comment on peut élire des guignols comme ça ; déjà que le P.C.A est problématique, vous vous doutez bien qu’avoir une version alourdie en sucres ajoutés ne peut que donner des indigestions.

Vient ensuite l’escroquerie numéro deux ; le cas Ruffinus. Cet homme est un sale bourgeois de merde qui veut se donner bonne conscience en volant aux riches pour redistribuer aux pauvres avant de les couler hypocritement. Vous voyez, ce mec n’est qu’un voleur et un menteur. Qu’un homme de bonne famille puisse représenter le peuple, évidemment que ne m’y oppose pas, en revanche qu’il s’amuse à voler ses amis pour satisfaire son agenda populiste ; hors de question. Les Velsniens ont suffisamment de problèmes pour laisser un homme aussi problématique faire passer des lois aussi radicales et contre productives. Pour moi c’est honteux, pire que ça, c’est criminel. Et l’on ose pourtant dire qu’il agit pour le bien commun ; pour créer un réseau de clients dépendants des subventions publiques oui ! C’est de la corruption ! Et maintenant, voilà que cette baltringue de Ruffinus joue au commandant à Valtluna ; le pyromane qui éteint l’incendie qu’il a allumé. Une véritable trahison pour le peuple velsnien.

Je vous le dis, l’Antérinie devrait financer Altarini, lui fournir les fonds nécessaires à sa campagne en Dodécapole pour remettre de l’ordre dans les affaires locales. Nous avons à y gagner ; la Manche Blanche est un équilibre fragile, chaque missile tiré est une goutte d’eau qui pourrait faire déborder un vase suffisamment plein. Inutile d’en rajouter en laissant des principautés rebelles et instables se tirer dessus tout les quatre matins. Au bout d’un moment cessons de faire semblant et inquiétons-nous de ce qu’il se passerait si on laissait fou, comme Ruffinus, devenir le véritable chef de la Cité de Velsna ; ce serait la fin de l’O.N.C en Manche Blanche et le début de la socialisation progressive de Velsna pour devenir un fief de guignols pensant que l’argent tombe du ciel et que tout nationaliser est une excellente chose… Ce serait un coup de massue pour nos intérêts nationaux. Nous devons agir ; mettre un frein à cette folie avant que cela ne dérape définitivement et que ça ne dégénère.
 »

Louis Baldinguet ; - « Quelle affaire ! Et que pense l’État antérinien de la situation à Carnavale ? Quant à vous, qu’avez-vous à dire concernant l’évolution de l’Empire du Nord ? »

Louis de la Rojelina-y-Altarini : - « Ne m’en parlez pas ! Si vous voulez mon avis ; l’O.N.D a merdé. Ne pas réussir à mettre hors jeu la Cité Noire après plus de trois ans d’un conflit meurtrier ! Non, ce n’est pas possible d’avoir une organisation composée des plus grandes puissances militaires enregistrer des défaites coûteuses en hommes ; ils ont perdu 14.000 soldats à la suite d’une attaque chimique ; si vous voulez mon avis c’est ridiculement absurde ; tant de pertes, et pour quelles avancées ? Pour rien ! Que dalle ! Je m’attendais à découvrir la puissance onédienne dans toute sa splendeur, je découvre la nullité des états-majors. Pas d’avancées significatives, juste des veuves et des orphelins. C’est de l’amateurisme. Je n’y peut rien, c’est comme ça. Au bout d’un moment ce serait bien qu’ils arrêtent de bombarder des civils pour se charger des usines militaire et scientifiques. Ce sont des hommes incompétents qui mènent une guerre qui a été perdue d’avance ! Quant aux Carnavalais, même si je n’ai aucune amitié pour eux, ils ne manquent pas de savoir-faire ; vous savez, des pyrotechniciens aussi efficaces c’est plus utiles que les canons des Margoulins, on fait des choses bien plus utiles avec…

Mais le pire c’est l’Empire du Nord ; des socialiste sont au pouvoir… Vous imaginez ? Non mais sérieusement, tant qu’on y est autant mettre des pacifistes à l’Armée… Ah j’oubliais la composition des futurs ministères… Non. Non. Non, il faut arrêter d’être con cinq minutes comme le dit si bien mon jardinier ; ne mettez pas des baltringues au pouvoir alors qu’une guerre impitoyable doit être gagnée. Et à la place on laisse le peuple décider ! Et puis quoi encore ? Laisser les socialistes diriger une économie et prier pour qu’elle prospère ? La bonne blague… Ce n’est pas possible. Le peuple se trompe plus souvent qu’on ne le pense et après un évènement aussi dramatique il n’a pas besoin de voter pour des guignols à moitié populistes qui n’y comprennent rien à la guerre et à la politique. Mais quant à Maximilien, il faut en parler ! Aucune apparition publique, je ne vois pas en lui un leader fort ; non je n’y vois qu’une victime qui subit son règne au lieu de le vivre ! Un peu de burnes Milediù ! C’est ce qui arrive lorsqu’on laisse le pouvoir à des imbéciles ; on s’enfonce dans une guerre qu’on ne peut pas gagner ; et regardez comment ça finit ; la guerre stagne, les pertes s’accumulent et c’est le Kah qui s’en sort bien en jouant les chevaliers blancs aidant les civils victimes des très méchants nobles carnavalais et des bombes onédiennes. Non ce n’est clairement pas professionnel ; il faut jouer à son niveau, et ne pas tenter de se prendre pour des experts de la stratégie quand l’on est rien d’autre qu’un zéro.
 »

Louis Baldinguet ; - « Et bien merci pour cette entrevue qui n’a pas manqué de piquants, j’espère vous retrouver prochainement pour un prochain numéro, Excellence. »

Louis de la Rojelina-y-Altarini ; - « Mais c’est tout naturel, des médias d’excellence, ça ne court pas les rues et je serai ravi de coopérer avec des journalistes aussi consciencieux. »

Louis Baldinguet pour Boulevard Burke.
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