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Democracy du 30 septembre 2017
Democracy

Westalia et l'OND : enjeux et implications de l'adhésion dans le Conseil Militaire
Interview exclusive du général Kaveh Farahani


Le général Kaveh Farahani pour Democracy, le 20 décembre 2017.
Le général Kaveh Farahani pour Democracy, le 20 décembre 2017.

BANDARHAN — Dans une interview exclusive accordée à Democracy, le général Kaveh Farahani répond a nos questions sur une construction clé de l'Organisation des Nations Démocratiques, le Conseil Militaire. Le général de l'armée de l'air faravanienne y occupe actuellement le poste de Commandant Supreme des Forces Alliées, il est le responsable du commandement général des opérations militaires de l'OND. Kaveh Farahani, qui nous a répondu au lendemain de l'intégration de Westalia à l'OND, ne s'était encore jamais exprimé dans la presse. Sous son commandement, l'alliance démocratique a connue plusieurs faits marquants dont la guerre à Carnavale et la montée des tensions en Eurysie centrale. Alors que Westalia rejoint ce qui est aujourd'hui l'alliance la plus puissante au monde, un certain nombre d'inquiétudes demeurent quant à son avenir et la place de la Grande République en son sein. Le général faravanien nous décrit depuis le quartier général militaire de l'OND à Bandarhan le fonctionnement de son organisation et de ses particularités. Kaveh Farahani répond sans détours aux préoccupations de Westalia et notamment de la crise avec la Fédération de Sterus.

> Si la Grande République rejoint l'OND, est-ce qu'elle va automatiquement entrer en guerre contre Carnavale ?

« Le mécanisme qui permet aux nations membres de l'Organisation des Nations Démocratiques de demander l'aide des alliés en cas d'agression à son encontre est l'article 5 de la charte défensive du Conseil Militaire. C'est ce que l'Empire du Nord a déclenché à la suite de l'holocauste d'Estham qui a coûté la vie a plus d'un million de civils. C'est avec l'activation de cet article que l'OND a déclenché des opérations militaires de grande ampleur pour désarmer Carnavale et ainsi réduire à néant le risque que fait poser cet État terroriste sur la communauté internationale. Lorsque l'article 5 est invoqué, il est considéré qu'une agression contre un devient une agression contre tous, et que donc tous les membres présents dans l'alliance au moment de l'agression sont concernés. L'article 5 ne précise néanmoins pas de quelle façon les membres doivent assister l'allié agressé. Au contraire, il est attendu que chacun participe dans la mesure du possible et de ses capacités. Ainsi, le dernier État membre à avoir rejoint l'OND avant Westalia, la Yukanaslavie, ne dispose pas des mêmes moyens que nos membres les plus anciens, tel que Teyla. Sa réponse à l'article 5 a ainsi été adaptée en fonction de ses points forts tout en prenant en compte qu'elle serait nécessairement plus limitée que d'autres membres. En théorie, une simple aide logistique est tout à fait envisageable. Maintenant pour répondre plus directement à votre question, le cas d'une nation rejoignant l'alliance alors qu'un article 5 est en cours n'est encore jamais survenu, il s'agit donc d'une situation inédite. En revanche, dans la mesure où Westalia n'était pas Etat membre de l'OND au moment où l'Empire du Nord a demandé l'aide de l'alliance, il est logique que la Grande République ne puisse aucunement être automatiquement amenée à rejoindre les opérations militaires actuellement en cours contre Carnavale. La décision ou non de prendre part aux opérations vous reviendra entièrement. Au sein de l'OND, nous travaillons exclusivement sur la base de coopération volontaire entre les Etats membres. Le contraire est totalement inenvisageable et l'OND perdrait sa raison d'être le cas échéant. »

> Pour la guerre en Eurysie centrale, est-ce que l'OND va bientôt rejoindre le conflit ?

« La crise actuellement en cours en Eurysie est complètement du fait d'acteurs extérieurs à l'OND. L'implication de l'un de nos membres, Teyla, est due à des accords bilatéraux avec l'un des protagonistes de cette crise, l'Hotsaline. Comme vous pouvez le constater, l'alliance en tant que telle n'est donc nullement impliquée dans le déroulé des événements tragiques d'Eurysie centrale. Si l'OND a à cœur l'ordre international et la paix, nous ne souhaitons en aucun cas causer une escalade qui aurait des conséquences graves pour tous. C'est pour cette raison qu'à l'initiative de Teyla, un processus de dialogue à été instauré afin que la paix prévale. Bien évidemment, dans la mesure où l'OND n'est pas impliquée dans cette crise, il n'est pas question d'envisager d'y intervenir militairement. Notre mission centrale est et reste la protection mutuelle de nos Etats membres et non un interventionnisme tous azimuts. Nous engager sur cette voie serait contraire aux principes des chartes que nous avons tous signés et nous serait plus largement préjudiciable en tant qu'Alliance défensive. »

> Comment fonctionne le conseil militaire ? Est-ce qu'il juge de la nécessité d'une intervention militaire ? Ou est-ce que n'importe quel membre peut entraîner les autres dans une opération militaire ?

« D'une manière très simple, le Conseil Militaire de l'OND fonctionne selon les principes de la solidarité et de l'entraide. En tant qu’alliance de pays attachés aux valeurs démocratiques et humanistes, nous nous sommes engagés en signant la charte défensive à promouvoir de manière pacifique la diplomatie et la paix. Au vu des principes que l'on partage, nous reconnaissons l'intérêt de coopérer dans autant de domaines que possible, y compris dans les matières de défense. A ce titre, la charte défensive et le conseil militaire nous permettent de disposer d'un outil dissuasif. Il nous protège tous en s'assurant qu'aucun agresseur ne puisse s'en prendre à nous impunément. De cette façon, tout agresseur est obligé de penser à deux fois avant de commettre l'irréparable. Et dans le cas où il n'aurait pas suffisamment réfléchi, nos capacités militaires communes sont là pour lui rappeler que tout concept de victoire à notre encontre est inenvisageable. La Principauté de Carnavale peut en être témoin. C'est le principe de cette dissuasion commune, avec notamment l'article 5 que j'ai mentionné plus tôt, qui est au cœur du Conseil Militaire. Maintenant, je crois que votre question fait également référence aux capacités d'intervention de l'alliance en dehors d'un contexte d'attaque contre un Etat membre. Dans ce cadre, le Conseil Militaire ne juge pas de la nécessité ou non d'une intervention. Conformément à l'article 4 et 9 de la charte, nous sommes engagés à nous consulter collectivement sur ce genre de questions. Il s'agit donc bien d'une décision collective qui est prise à l'issue et en prenant en compte la position de chacun. Si un Etat membre l'estime nécessaire, il peut proposer de déclencher une intervention de l'OND grâce à l'article 9. Mais dans la mesure où il ne s'agit pas d'un contexte de défense directe, les membres sont libres de choisir de participer ou non, et dans quelles proportions, à l'intervention. Ici aussi, le volontariat prévaut et il est tout à fait possible qu'une proposition d'intervention soit rejetée dans le cas où la majorité y serait opposée. Ce cas reste néanmoins peu probable dans la mesure où nous entretenons un dialogue intense et franc au sein de l'alliance. La relation de confiance que nous avons développés nous permet une très bonne coordination de nos intentions et aspirations. »

> En dehors de la protection commune, qu'est-ce que le conseil militaire apporte à ses membres concrètement ?

« La participation au Conseil Militaire vous donne en effet accès à un certain nombre de droits particulièrement avantageux. Cette notamment le cas de la protection commune que vous avez très justement évoqué, et qui reste au cœur de la raison d'être du conseil militaire. En plus de cela, nous sommes attachés à contribuer autant que possible au développement de nos capacités défensives communes. L'OND estime qu'une bonne défense passe en premier lieu par une bonne anticipation et connaissance du monde. Ainsi, le Conseil Militaire a créé One Eye, une agence de renseignements interalliés qui met en commun nos moyens pour mieux comprendre les dynamiques mondiales. En tant que membre du Conseil Militaire, Westalia y aura bien évidemment accès et pourra demander l'aide des autres membres de l'alliance pour réaliser ses propres missions de renseignement. Ensuite, une alliance aussi grande que la nôtre implique la capacité de pouvoir travailler ensemble. Cette tâche est par ailleurs complexe et implique un grand nombre de processus qui contribuent à renforcer nos capacités collectives. Pour commencer, nous développons activement des procédés de standardisation au meilleur niveau technologique mondial pour être en mesure de travailler ensemble efficacement. Cela passe par la mise en commun de capacités existantes ou bien la construction de nouvelles capacités. C'est notamment le cas d'un programme destiné à étendre nos capacités spatiales et satellitaires, dont Westalia pourra pleinement privilégier et même participer s'il le souhaite. Et justement, il existe un certain nombre d'opportunités industrielles et économiques à la participation au Conseil Militaire. Car la standardisation et l'interopérabilité de nos moyens implique leur compatibilité. Pour ce faire, nous pratiquons le partage industriel dans lequel les capacités de l'un peuvent se trouver directement au service de l'autre. Si vous souhaitez vous impliquer dans ce processus, votre industrie pourrait être amenée à contribuer au développement des capacités de l'alliance. De la même façon, nous disposons d'une bourse à l'armement particulièrement active qui permet à ses participants de recevoir des équipements militaires totalement gratuitement. Si vous souhaitez recevoir certains armements pour développer rapidement vos capacités, vous pourrez le faire par cette institution. Il en va de même si vous souhaitez acquérir le matériel qu'un autre membre propose ou si vous voulez proposer vous même du matériel aux autres membres. D'autres avantages sont également rendus possibles par le Conseil Militaire, tel que la participation de membres à des missions de réassurances pour combler ou renforcer des capacités face à une menace particulière. C'est le cas par exemple d'une mission tanskaise au Faravan pour assurer la protection antibalistique ou encore d'une mission aérienne faravanienne à Teyla pour protéger son espace aérien. Vous bénéficierez également de toute l’expérience des membres qui vous assisteront pour développer vos forces armées, ce n’est pas négligeable. Je pense avoir fait le tour des principales fonctionnalités auxquelles Westalia à accès avec le Conseil Militaire. »

> Westalia est déjà membre d'une alliance défensive avec l'Empire du Nord et la Yukanaslavie, au sein de l'ASEA. Cependant, aucun des deux n'a apporté son soutien à notre pays ou n'a condamné Stérus pour son agression, jusqu'à la publication commune du 22 octobre 2017. Comment être sûr de la fiabilité de l'OND quand des alliés déjà présents ne nous ont pas soutenu pendant si longtemps ?

« Je ne peux bien évidemment pas prétendre pouvoir parler au nom de l'Empire du Nord ni de la Yukanaslavie. En revanche je peux vous confirmer que nous avons été très impliqués par le tragique holocauste d'Estham dès la fin 2016. La gestion des effroyables conséquences humanitaires de cette attaque, la préparation des opérations militaires contre Carnavale puis leur conduite ont retenu toute notre attention sur cette période. Ce regrettable événement démontre d'ailleurs bien que les membres de l'alliance sont solidaires peu importe les circonstances et s'engagent à vous soutenir inconditionnellement peu importe le prix. En acceptant votre candidature au sein de l'OND, l'ensemble des États membres font le serment de vous assister tout comme ils assisteront n'importe quel autre membre dans le besoin. Je me permet d'insister sur le principe de solidarité dont j'ai déjà pu vous faire part à plusieurs reprises. Du fait de la proximité entre nos Etats, il existe un fort lien qui nous unit et qui, je crois, est propre à l’OND. Je ne pense pas que l’on puisse retrouver un pareil esprit de camaraderie ailleurs, encore plus entre pays démocratiques. L’intensité de nos échanges fait par ailleurs de nous l’organisation la plus active au monde, et de loin. De même que nous allons très prochainement célébrer les 6 ans depuis la création de l’OND. Cet anniversaire démontre la stabilité du système que nous avons construit et notre passif témoigne du sérieux de nos engagements. La promesse d’une réponse systématique et sans retenue à tout déclenchement de l’Article 5 est la raison d’être du Conseil Militaire. Notre alliance serait vide de sens si nous n’étions pas capable de garantir son bon fonctionnement. Ce dispositif que nous avons mis en place est simple et sans ambiguités, comme le tragique épisode de l’holocauste d’Estham a pu le démontrer. Il fonctionnera encore si nous avons de nouveau besoin de lui à l’avenir, même si nous espérons bien évidemment ne pas être contraint de l’utiliser une nouvelle fois. »

> Si Westalia rejoint l'OND, est-ce qu'elle se mobiliserait dans des propositions équivalentes à celles déployées pour l'Empire du Nord, en cas de nouvelle agression stérusienne ?

« Absolument. L’OND ne saurait tolérer une attaque contre l’un de ses Etats membres. Vous êtes maintenant familiers avec le fonctionnement de l’Article 5 je crois, il est sans équivoque. Son déclenchement par Westalia en cas d’une agression stérusienne ou par tout autre adversaire entraînera une réponse totale de l’alliance. Et ce peu importe la puissance ou la complexité de la menace. Nous ne reculerons jamais devant une agression. »

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Le Petit Continent
Revue de géopolitique en ligne - rédaction basée à Ny-Norja, Tanska.



A LA FIN DE LA JOURNEE, VOUS N'ETES PAS A LA TABLE
avec Madeleine Skolgund, ancienne Secrétaire Générale de l'Organisation des Nations Démocratiques

Madeleine Skolgund

L'Organisation des Nations Démocratiques subit sans grand conteste une crise. Elle ne dit pas son nom, elle n'est que peu évoquée mais elle est là. Il ne s'agit pas d'une crise de sens. Si on a pu l'entendre à plusieurs reprises, qu'il s'agisse de détracteurs qui n'attendent avec impatience que son affaiblissement ou sa division, ou bien de soutiens qui s'inquiètent d'une ouverture à des autoritarismes débridés, elle n'est pas pour autant évoquée publiquement par els Etats Membres peu importe l'échelle, mais elle existe. Il ne s'agit pas non plus d'une crise de la division. Certes, les Etats membres ne sont pas d'accord sur la position à adopter vis-à-vis de l'Hostaline et cette situation révèle des dissensions au sein des points de vues sur les dossiers, mais les observateurs plus fins, qui manquent dans de nombreux gouvernements qui ne voyaient en l'OND qu'un bloc uniforme, savaient d'ores et déjà cela. L'Hostaline n'apporte aucun élément nouveau, elle illustre simplement une situation de désaccord mais ne constitue pas, en soit, une crise de l'Organisation.

Non, cette crise je la traduirais par une absence de vision décentralisée qui entraîne une absence de communication. L'OND suit une marche simple, dictée dans ses textes noirs sur blanc. Elle suit des principes fondamentaux des Droits humains, ce qu'elle est par ailleurs l'une des seules à réellement faire, elle suit les principes des démocraties libérales et de la cohésion entre ces Etats membres. Mais ces principes ne sont définit qu'à l'échelle mondiale. L'Organisation manque d'une approche plus localisée, de prise en compte du panafaréanisme existant qui peine certes à s'imposer après de multiples échecs, d'un sud-Nazum rejetant les activités extérieures mais qui en réalité les laissent advenir quand le Jashuria l'autorise et cela s'est démontré au Chandekolza, d'un continent aleucéen qui s'est un peu désolidarisé à cause du Stérus ce qui a amené entre autre à l'adhésion de la Westalia, et évidemment d'une Eurysie plus en crise que jamais. L'approche est trop englobante et en un sens manque de certaines finesses dans les approches régionales. Je pourrais citer évidemment d'autres exemples régionaux.

- D'Etat génocidaire incontesté Carnavale est en passe de se faire passer pour une victime qu'elle n'est pas. -

Les Etats membres en plusieurs endroits sont eux bien audibles, mais l'Organisation dans son ensemble peine à se faire entendre et la crise surgit à ce moment là. Le problème de l'OND en Hostaline est principalement une juxtaposition de la position teylaise prise pour celle de l'OND. La position tanskienne dans le détroit de Cerbesse fût aussi prise pour celle de l'OND. Sans se faire entendre, l'OND se fait assimiler à des positions nationales. A ce titre, Carnavale réussit partiellement dans sa politique étrangère. D'Etat génocidaire incontesté Carnavale est en passe de se faire passer pour une victime qu'elle n'est pas. La Principauté profite de l'absence de vision régionale et de communication pour avancer un narratif d'Etat occupé, victime d'un impérialisme inexistant quand la Principauté alimente chaque jour un projet néocolonial en Afarée qui survit par les divisions entre les Etats locaux en dépit des tentatives azuréennes.

Nous, l'Organisation et les Etats membres, avions bâti notre vision sur celle d'une politique juste, ce qu'elle est, mais surtout d'une politique comprise de tous, ce qu'elle n'est pas. Le monde qui nous entoure a radicalement changé et plusieurs Etats voir organisations observent désormais l'OND non pas comme un acteur de stabilité mais comme une organisation trop imposante voir menaçante.

En particulier, l'OND a longtemps été une organisation plus eurysienne que mondiale. Non pas par ses membres, il y a toujours eu plus d'Etats membres, plus d'habitants, plus de PIB, plus de tout en dehors de l'Eurysie qu'en Eurysie. Les dossiers, notamment la Translavie et la Loduarie mais aussi Carnavale et l'Hostaline ont simplement amener l'OND a trop se penser dans ce contexte régional. Et cet hyperactivisme eurysien s'est transposé à d'autres régions. Il n'est pas rare le conseiller diplomatique ou l'ambassadeur qui, à des événements publics ou privés, me confie penser que l'OND pourrait agir au Nazum, en Afarée ou en Aleucie comme elle l'a fait en Translavie ou à Kønstantinopolis. L'OND est elle pour autant intervenue militairement sur ces continents ? Non. Le problème est là.

Les Etats de plus en plus nombreux transposent l'action onédienne en Carnavale, perçue sous le narratif trompeur de Carnavale, comme une action qui pourrait survenir chez eux. Le fait que l'OND est intervenu à la suite du génocide de deux millions de civils est complètement occulté. Et le risque est là.

Et c'est pour cela que je pense que l'adhésion de la Westalia peut être une porte de sortie à cette crise. En rejoignant l'Organisation, la Westalia a tout intérêt à pousser pour un agenda qui soit moins euryso-centré. il y a désormais 4 Etats membres en Aleucie-Paltoterra, contre deux à sa fondation. C'est plus que le nombre d'Etats présent en Eurysie. Et même si l'on admet, en voyant large, une adhésion de plusieurs pays proches de l'OND : Gallouèse, bien que probable, République Translavique et Nordlig-Kors, il y aurait toujours un équilibre entre l'Eurysie et le reste du monde, et un décentrement net en terme de population.

- L'OND ne doit en aucun cas délaisser ses principes cardinaux, elle se doit de les adapter à des contextes locaux. -

Ce que peut ici apporter Westalia, c'est un discours qui intègre des logiques régionales. Peut être serait-il temps de faire naître des approches moins mondiales et plus cohérentes avec les situations de Leucytalée ou d'Aleucie. Pour se faire entendre, il faut certes parler d'une voix mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a qu'un seul message à apporter. L'incompréhension des Quatre Vallées, de l'Illirée et d'autre ne doit pas être critiquée, elle doit être entendue. L'OND ne doit en aucun cas délaisser ses principes cardinaux, elle se doit de les adapter à des contextes locaux.

Nous avions promis de montrer la voie en matière de droits humains, de démocratie, de libertés - aujourd'hui, les autres n'entendent plus réellement ce message.

Et c'est ici que mon message se tourne vers les autres partenaires de l'OND, à commencer par Gallouèse. Il est ici inutile de rappeler la proximité évidente entre Gallouèse et les Etats membres de l'OND sur de nombreux sujets. Il est aussi inutile de rappeler les divergences d'opinion parfaitement normales sur d'autres sujets et la volonté de la Gallouèse de rester distant des divisions politiques que peut apporter une adhésion à l'OND. Ils ne témoignent pas d'un fossé entre l'OND et Gallouèse, mais d'une logique cohérente d'Etats membres qui poursuivent leurs agenda et qui ont des opinions divergentes. L'OND fonctionne sur cela et sur la recherche du compromis. Elle a tout a gagné à intégrer d'autres opinions.

Westalia le fera, et permettra à l'OND, par cet apport d'autre points de vues, d'obtenir une synthèse d'une meilleure qualité qui parlera a plus de monde. Mais plus que tout, cette intégration permet aussi à Westalia d'avoir réellement son mot à dire et d'être traité d'égal à égal avec les autres membres. Être fondateur n'engage en rien un avantage quelconque.

- Gallouèse a une relation spéciale à l'OND, elle en est l'un des plus proches non membre, mais à la fin de la journée, elle n'est pas à la table des discussions. -

Le monde qui nous entoure a radicalement changé depuis la fondation de l'Organisation. Si l'accord d'association entre l'OND et Gallouèse est une excellente avancée et constitue un terrain propice à davantage de consultations mutuelles, il ne fait pas pour autant de Gallouèse un Etat membre. Il ne s'agit pas ici que de garanties de sécurité du Conseil Militaire, mais de l'ensemble des autres sujets de discussions de l'Organisation en elle-même. Gallouèse a une relation spéciale à l'OND, elle en est l'un des plus proches non membre, mais à la fin de la journée, elle n'est pas à la table des discussions.

Mon propos ici ne vise pas à dire que l'accord d'association ne sert à rien, non. Ce que je vise ici c'est d'expliquer que la solution à la crise de l'OND tout autant qu'aux inquiétudes gallésantes viendra d'une intégration à l'OND. Elle est le meilleure moyen de permettre à l'organisation d'avancer collectivement, de s'améliorer collectivement, et d'orienter l'OND vers une véritable Organisation des Nations Démocratiques qui, parce qu'elle intègre des démocraties, a besoin de Gallouèse.

Il convient aussi également de dire que les défis auxquels font face l'OND sont devenus de plus en plus complexes et nécessitent des actions communes. L'holocauste d'Estham a permis la naissance d'une formidable vague d'aide humanitaire, matérielle et financière.

En peu de temps, l'Organisation a collectivement décidé de l'ouverture de fonds considérables à destination de l'Empire du Nord permettant non pas de son rétablissement, on ne se rétablit jamais réellement du génocide de sa population, mais de pouvoir encaisser la dévastation. Un effort similaire mais moindre avait aussi été accompli en République Translavique mais sur des initiatives plus nationales.

Cette situation illustre un besoin bien réel, celui de diversifier les champs d'actions de l'Organisation qui s'est sans doute trop orientée sur son Conseil Militaire moins que son Conseil Général. Il ne peut se faire qu'en écoutant toutes les voix. De celles qui sont au sein du Conseil, mais aussi celles qui toquent à la porte avec justesse.
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Communication de la Communauté Continentale Paltoleucienne

Logo temporaire de la Communauté Continentale Paltoleucienne

Nous vous informons que la CCP vous invite à rejoindre ses rangs en tant que membre. La CCP, aussi nommé Communauté Continentale Paltoleucienne est une organisation internationale visant à rassembler les pays Aleucien et Paltoterran afin de pouvoir organisé des évènements et normalisation entre ses membres afin de garantir une cohésion continentale et maintenir la stabilité de la région. Nous vous invitons donc à nous rejoindre afin de pouvoir participer au décision à l'échelle continentale qui seront prise au sein de la communauté, notamment sur le récent projet transpaltoleucien, qui commenceras par le transaleucien, ce projet vise à relier les pays membre et non membre le souhaitant via des lignes de train afin de garantir un liaison entre les pays. Rejoindre la CCP c'est rejoindre un organe international non orienté, cela veut dire que votre pays peut le rejoindre peut importe sont régime et sont orientation politique, peu importe si un pays que vous considéré comme votre ennemis juré fait partie de la Communauté Continentale Paltoleucienne au contraire ! Vous voulez le laisser participer au décision en restant dans l'ombre sans pouvoir rien y faire ? Bien sur que non ! Participé, même face à un ennemis vous permettras d'exposé vos idée et d'exposé votre avis sur ce que vous trouver de mauvais dans les projets proposer.
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LE GLOBE DIPLOMATIQUE
Analyse géopolitique et entretien


LERMANDIE LE SILENCE COUPABLE :

L'ancien Premier ministre de Sa Majesté Pierre Lacombe prend la plume dans une tribune.


— TRIBUNE —

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Pierre Lacombe, ancien Premier ministre de Sa Majesté



Pierre Lacombe, ancien Premier ministre de Sa Majesté durant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix dénonce le silence coupable de la République de Lermandie alors que le Royaume de Teyla a besoin de ses partenaires. Face au comportement de la Lermandie il alerte les partenaires de la Lermandie, notamment la Westalia, sur la réelle fiabilité de l'allié de Lermandie et déclare que la nation Lermandienne doit "regagner la confiance de tous pas seulement celle du Royaume de Teyla".

L'année deux mille dix-huit sera-t-elle l'année de la paix ? La question se pose après une année deux mille dix-sept remplie de conflits régionaux, de guerre de haute intensité et d'une guerre pour l'âme humaine, celle contre la Principauté de Carnavale à laquelle participe le Royaume de Teyla. L'année deux mille dix-sept a commencé avec l'opération militaire contre la Principauté de Carnavale à la suite de l'effroyable attaque contre Estham la capitale de l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord. Le Royaume de Teyla et tous les partenaires n'ont pas hésité sur la réponse à apporter après l'effroyable attaque qui a coûté la vie à plus de deux millions de citoyens de l'Empire et membre de l'Organisation des Nations Démocratiques. Plus encore, l'élan contre la Principauté de Carnavale fut plus important que ça. La Grande République de Westalia, la République de Lermandie ont apporté un soutien immédiat, aussi bien en mot qu'en acte, à l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord. Le monde occidental et démocratique a immédiatement offert à l'ensemble du pays heurté de plein fouet par un acte inqualifiable, son soutien à l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord.

Pendant que les membres de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne exerçaient des opérations de sauvetage et d'aides humanitaires sur le sol de l'Empire, l'Organisation des Nations Démocratiques tout en exerçant des opérations de sauvetage et d'aides humanitaires sur le sol de l'Empire commençaient les préparatifs d'une opération d'ampleur contre la Principauté de Carnavale. Cette opération commença trois semaines après le drame d'Estham alors que le monde commençait à croire à une réaction de l'Organisation des Nations Démocratiques par peur des agents chimiques de la Principauté de Carnavale. Toutefois, dans une opération militaire d'ampleur, les membres de l'Organisation des Nations Démocratiques ont démontré toute leur unité et leur plein soutien envers l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord. Les membres de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, qui pour la plupart n'avaient pas les moyens militaires d'engager une opération militaire contre la Principauté de Carnavale, ont aussi montré leur détermination et leur plein soutien envers l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord.

Alors à l'époque, nous avions deux organisations distinctes et toutes les deux partenaires de l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord complémentaires face à un acte effroyable et à bien des égards inqualifiables. Toutefois, alors que l'Organisation des Nations Démocratiques restait parfaitement unie, l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne dont le choc de l'attaque d'Estham commençait à s'essouffler, alors qu'il était toujours autant présent chez les membres de l'Organisation des Nations Démocratiques, l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne commençait à montrer des signes de faiblesses et de division notamment lorsqu'un convoi de la Grande République de Westalia subit une attaque des Jaguar Paltoterran commandités par la Fédération des Stérus. L'Union et Empire des Cités d'Akaltie allié de la Fédération de Stérus et membre de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne dans laquelle siégeait et siège toujours la Grande République de Westalia, par ses communiqués publics, montrait un visage de neutralité. Pourtant cette neutralité vient à affaiblir de l'intérieur l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne.

C'est dans ce contexte que la République de Lermandie évolua et sa politique interne en parallèle. Cependant, le Gouvernement de la République et le président de la République de Lermandie, Michel Duval, n'ont pas pris conscience des changements réels qui s'opéraient devant eux. La République de Lermandie est restée passive devant les évènements et les a donc subis à bien des égards. L'intervention du Royaume de Teyla auprès de son partenaire du Royaume de Teyla pour calmer les ardeurs de la Fédération de Stérus a offert un moment de répit pour la République de Lermandie. Quant à Manticore et à Columbia, on était conscients que ce moment de répit était temporaire face à l'impossibilité pour les acteurs de trouver des points de convergence à Bradis l'ambivalence était de mise. Les autorités politiques ne prirent aucune mesure lorsque à Columbia on réfléchissait à l'avenir de l'alliance et à sa solidité. L'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne avait-elle montré qu'elle était un bloc géopolitique fiable à l'image de l'Organisation des Nations Démocratiques, l'Organisation des Nations Commerçantes ou encore l'Internationale Libertaire ? Le monde avait changé et le monde allait encore changer.

En outre, avec la guerre en Eurysie Centrale, l'année deux-mille dix-sept était bel et bien l'année de la guerre. Le Royaume de Teyla en décidant de répondre par l'affirmatif à l'activation des clauses de défense du traité liant la Confédération de Kresetchnie fit basculer le conflit régional dans une autre dimension. Le conflit qu'on dit restreint peut à tout moment basculer dans une dimension continentale voire internationale. À titre personnel, en tant qu'ancien Premier ministre, ce genre de situation n'a aucune vérité. La situation est floue pour tous les acteurs et cela arrange la plupart des acteurs. Le Royaume de Teyla montre sa puissance militaire et qu'il est une puissance régionale et continentale en Eurysie. Dans le même temps, Manticore et les autorités teylaises n'activent point les clauses de défense de l'Organisation des Nations Démocratiques, alors que selon les textes, ils le pourraient pour éviter de faire basculer le conflit dans une situation qui serait tout sauf floue mais bel et bien internationale/mondiale. Le fait que le territoire teylais ne soit visé par aucune attaque de la part de la Fédération des Peuples d'Estalie, des Communes-Unies du Grand-Kah et bien d'autres y joue pour beaucoup à en écouter les médias teylais.

J'aime à dire que dans cette guerre tous les acteurs sont à la fois irresponsables et responsables. Il n'y a pas un camp du bien et le Royaume de Teyla, avec tout l'amour que j'ai pour la nation que j'ai dirigée, n'est pas exempt de tout reproche. Son intervention en Kresetchnie, bien que justifiée par un traité, a ravivé les raisons qui permettent au conflit de perdurer dans la durée. Toutefois, je comprends les raisons qui poussent le Royaume de Teyla à intervenir et je soutiens cette intervention. Le Gouvernement de Sa Majesté ne le dira surement pas, l'Eurysie Centrale peut-elle tomber dans les mains des communalistes ? C'est bien de cela dont on parle en Eurysie Centrale, de l'avenir de l'Eurysie centrale. C'est pour cela que combattent les soldats de Sa Majesté. C'est pour assurer la protection de la République Impériale de Karty que le Royaume de Teyla intervient notamment. À Manticore on est bien conscient que si l'Hotsaline est dépourvue d'armée alors les nations communalistes trouveront un prétexte pour faire pression sur le régime de la République Impériale de Karty et changeront à terme le régime en place. À cause de la chute de l'armée de l'Hotsaline, le Royaume de Teyla aura bien du mal à défendre son partenaire nommé la République Impériale de Karty.

Alors, vient le cas de la République de Lermandie.

Excusez-moi du terme et de l'insulte que je vais utiliser, mais comment se fait-il qu'une cheffe de gouvernement soit autant perméable à l'influence de groupes étrangers ? Est-ce ça la souveraineté lermandienne que recherchent jour et nuit le gouvernement et le président Duval ? Si c'est cela qui est recherché, nous avons atteint l'absurde et le pathétique. La République de Lermandie, jadis un pilier de l'équilibre régional, semble aujourd'hui dériver sans boussole, ballotée par les vents contraires des intérêts étrangers. Son incapacité à remettre en cause le récit d'un des camps et à tomber tout de suite dans l'influence du premier lobbyiste étranger passant rend la République vulnérable et la discrédite auprès de ses partenaires et de ses alliés. Pendant que nos soldats se battent pour l'avenir de l'Eurysie centrale et indirectement pour la sécurisation de la République Impériale de Karty, la Première ministre de la Lermandie vient réciter des mensonges devant les caméras de la République de Lermandie.

Ainsi, selon la cheffe du gouvernement lermandien, le Royaume de Teyla aurait voulu forcer la République Impériale à rejoindre la guerre. Toutefois pourquoi le Royaume de Teyla aurait-il voulu forcer la République Impériale à rejoindre le conflit alors qu'il participe à la défense de l'Hotsaline, en partie, pour la République Impériale de Karty ? Le Royaume de Teyla aurait eu plus de chance en engageant tout simplement la discussion avec la République Impériale de Karty. Prétendre que nous cherchons à entraîner Karty dans un conflit direct, alors que notre objectif premier est de la prémunir des menaces communalistes en stabilisant sa frontière, est une insulte à l'engagement des soldats teylais. Comment dès lors, les partenaires de la République de Lermandie, pourraient-ils avoir confiance en la capacité de cette dernière de les soutenir lors des moments de crise ? Comment cela serait possible, lorsqu'une cheffe de gouvernement fléchit au premier lobbyiste passé dans le coin et que lui-même doit être surpris face à sa réussite ? Comment les partenaires de la République de Lermandie, d'une grande nation comme la Grande République de Westalia, pourraient-ils accepter les insultes envoyées indirectement envers les soldats du Royaume de Teyla ?

Comme si cela ne suffisait pas, en plus de répondre à des influences étrangères plus qu'inquiétantes pour l'indépendance et la souveraineté de la République de Lermandie, la Première ministre a préféré suivre le récit des nations communalistes dans un moment de tension pour le Royaume de Teyla. Le moment est mal choisi pour propager des mensonges sur le Royaume de Teyla mais surtout le faire publiquement devant le monde entier. Le comportement de la République de Lermandie pourrait être vu comme un acte hostile, de trahison. Les répercussions de cette diplomatie à courte vue sont immenses. Non seulement elle sape la confiance mutuelle au sein de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, mais elle offre également un avantage rhétorique inespéré à nos adversaires, qui ne manqueront pas d'exploiter cette discorde pour diviser davantage le camp démocratique. Dire que la Lermandie divise quand le Royaume cherche à rassembler est une vérité d'aujourd'hui.

L'interview de l'ambassadeur teylais Grandbois dans le média Globe Diplomatique est l'une des preuves démontrant la recherche d'unité du Royaume de Teyla. Au regard du niveau de mensonge de la Première ministre lermandienne, le Royaume de Teyla ne pouvait pas rester silencieux face à de tels mensonges et se devait d'y apporter une réponse. Mais, toutefois, la réponse apportée par le Royaume de Teyla à travers la voix de son ambassadeur est bien une main tendue. Le Gouvernement de Sa Majesté pour ne pas perdre la face énonce le fait que ces inexactitudes dans les propos de la Première ministre devront être discutées, mais il ne signifie pas bien qu'il souhaite continuer le partenariat. La voix teylaise est celle d'un rassemblement des nations démocratiques comme celui commencé avec l'Organisation des Nations Démocratiques. Une parole unificatrice encore plus à saluer face à l'attitude très incertaine de la République de Lermandie.

Non content d'énoncer des mensonges à l'encontre du Royaume de Teyla, la République de Lermandie autrefois bavarde est devenue bien silencieuse lorsque le Royaume de Teyla a vu ses diplomates sur le sol estalien arrêtés, illégitimement, sous des prétextes fallacieux, par les autorités de la Fédération des Peuples d'Estalie. Où est la voix de la Première ministre de la Lermandie pour dénoncer ces arrestations et les incarcérations illégitimes auxquelles font face des citoyens teylais utilisés en tant qu'otages ? Où sont les condamnations et les gestes de solidarité envers un partenaire ? Le silence assourdissant de Bradis, y compris du président de la République, n'est qu'une preuve de plus de l'emprise de l'influence étrangère tuant toute indépendance des instances exécutives de la République de Lermandie. Cet épisode, plus que tout autre, a révélé la fragilité de l'engagement lermandien et le danger d'une direction politique qui, par faiblesse ou par calcul, compromet la sécurité collective et les valeurs mêmes qu'elle prétend défendre.
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L'Internationale Brune se forme patiemment ...
A Call to Arms

Une image comme on peut en voir de plus en plus dans les coins les moins fréquentables de l'Internet mondial - et sur l'internet westalien -, alors qu'une jeunesse en perte de sens se tourne vers le romantisme de la destruction absolue ...

Le cas Umberto Bianchi était-il isolé ?

La question peut se poser. La mouvance ultra-droitière est minoritaire en Westalia, si l'on croit les sondages. Au Sénat et au Congrès, pourtant, le Parti National Westalien ne cesse de monter. Le New Order of Westalia en est un autre exemple. L'année 2018 voit aussi l'éclosion manifeste d'organisations paramilitaires dont les liens avec la radicalité de l'Horvanxisme ne sont des secrets pour personnes, ni leur tentative d'unification sous l'impulsion et les capitaux bienveillants de richissimes magnats aux intérêts bien trempés. Les idéologies d'extrême-droite ont le vent en poupe, en Westalia, n'en déplaise à ceux qui n'y voient que le bastion le plus éclatant de la démocratie aleucienne.

La thèse du tireur solitaire est compréhensible. La passion des services de sécurité westaliens pour les mouvements radicaux hamajaks et la traque au communisme et au communalisme, tout aussi compréhensible.

Et pourtant, la réalité ne peut se nier. Il existe en Westalia comme partout une minorité aux idées noires. Les exemples manifestes de ceux auxquels pensent les opposants à la réforme sur l'extrémisme du "Safety and Security Act IV" pensent, lorsqu'ils votent contre au Sénat. Des idéologues dangereux, violents. Des "extrémistes", de vrais extrémistes, pas simplement des gens "un peu trop à gauche" pour un gouvernement conservateur à la censure facile. Ces gens dont on parle sont les tribuns qui précipitent l'apparition d'un terrorisme intérieur. Des propagandistes par le fait radicaux. Des individus qui se rêvent défenseurs d'une idée bien précise - bien pure - de la société qui les a vu naître ; des patriotes heureux de précipiter la chute d'un régime décadent.

Ces gens-là existent. Ils sont peu nombreux, mais ils ont trouvé leur public grâce aux technologies de l'information et de la communication, grâce à l'internet haut-début illimité, aux réseaux sociaux, aux podcasts et aux vidéos. Ils parlent. Ils prophétisent. Ils évangélisent. Toute une génération grandie avec la possibilité inquiétante de tomber dans leurs filets en un clic malencontreux.

Pour certains jeunes Westaliens déçus par les résultats de l'extrême droite aux dernières élections, ou déçus des "manigances politiciennes" qui ont vu l'émergence du Nouvel Ordre de Westalia, c'est déjà le cas. Chez eux, le ressentiment, la colère et la haine dominent.

Des sentiments que les pans extrémistes de l'internet ne savent que trop bien canaliser et diriger. Sur les forums et dans des chatrooms secrètes dans lesquelles ont les a orienté, ces jeunes découvrent une nouvelle réalité, se font de nouveaux amis, sont accueillis dans une nouvelle communauté. L'ennemi est l'Autre, sous toutes ses formes. Les Hamajaks. Les Communistes. Les Communalistes. Les Afaréens. Les Musulmans. Les Nazuméens. Les Juifs ... Les Étrangers.

Les Non-Blancs.

Ils lisent les thèses. Ecoutent les déclarations enflammés d'hommes aux masques squelettiques ayant la réponse à toutes leurs questions. Des réponses claires, précises, avec lesquelles ils peuvent adresser concrètement la réalité.

On leur offre une porte de sortie, et ils découvrent un but à leur vie. Un objectif qu'il n'y avait plus qu'à planter, après des mois où ont patiemment été laissées à germer les graines de la Haine.

"Westalia attendra : on a besoin de vous au Götterland. La Listonie a été libérée : La Division Wasservernichtung est la suivante. C'est là que l'Homme Blanc brisera les chaînes posées par les Races Inférieures jalouses de sa pureté."

"Rendez-vous en Eurysie. Contactez-nous. Nous trouverons un moyen de vous faire entrer au Götterland."

"Si vous n'êtes pas en mesure de vous rendre en Eurysie, rendez-vous dans les territoires d'Outre-Mer du Götterland : Les Hordes Sauvages s'y sont révélées au grand jour et nos frères et soeurs doivent être libérés de leur tyrannie - ou bien leur âme doit être remise à Dieu qui prendra la charge de juger les collaborationnistes blancs. "

Là reposait le Fardeau de l'Homme Blanc.




Deus Vult.


Vae Victis !
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JournalLermand

Le siège de l’ASEA inauguré… sans enthousiasme ?
Par Catherine Marboulin

Hier, le Président de la République Michel Duval, accompagné de Jamie Marshal, représentant lermandien au sein de l’ASEA, a inauguré le nouveau siège de l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne à Pitrat.
Mais malgré les déclarations de coopération du chef de l’État, l’événement s’est déroulé dans une atmosphère froide, reflet des fractures diplomatiques et culturelles qui traversent aujourd’hui l’Aleucie.

Depuis le départ de la Fédération de Sterus de l'organisation, raison pour laquelle le siège a été transféré en Lermandie, l’Union et Empire des Cités d’Akaltie pratique la politique de la "chaise vide" après la présidence de la Lermandie.
Akaltie aurait dû assurer la présidence de l’organisation depuis juin 2016, mais n’a toujours pas rendu son siège plus d’un an après la fin théorique de son mandat, pourtant limité à un an.
[...]


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Fisca à la une a écrit :
FISCA à la une : la revue du sport automobile mondial
Par Joachim Venetto


Appel aux écuries pour le lancement de la prochaine saison de F1 FISCA


A quelques mois du lancement de la prochaine saison de la FISCA, l'organisation automobile tire la sonnette d'alarme. En effet, avec six écuries et autant de circuits au calendrier, la fédération est activement à la recherche de promoteurs, propriétaires d'écuries et de circuits afin d’espérer atteindre le quota attendu à l'origine: celui d'une saisons de dix à douze tracés, et dix écuries. Afin d'attirer écuries et sponsors, c'est le président de la FISCA lui-même, Donatello San Sebastiàn, qui a prit la parole devant les médias raskneois et velsniens afin de vendre, enfin, le concept d'un championnat mondial, à des lieues des compétitions nationales existantes:

"Il va sans dire que nous sommes tous des amoureux du sport automobile., et c'est la raison première de cette intiative. J'adore regarder les formules monoplace à Rasken, comme quand je zappe à la tv alguareno pour regarder un beau spectacle, ou comme quand je vais voir une course de Fomrule Strama à Velsna. L'idée derrière la F1 Fisca, c'est de réunir la somme de toute cette excellence, en un seul championnat. Pour les promoteurs et participants, les revenus des droits de diffusion et de promotion en seront d'autant plus grands: vous avez le choix entre un championnat local avec des talents locaux, et des revenus locaux...ou bien une ouverture sur le monde: se battre avec les meilleurs, pour gagner les meilleures récompenses, et faire fructifier un sport, qui est aussi un divertissement à diffuser à toutes et à tous, de la Nivérée au Pôle Nord. C'est la vision que j'ai du sport, une grande communion mondiale.

C'est pourquoi j'invite tous les intéressés par la perspective de disposer d'une telle exposition médiatique, et d'e ce qui est un laboratoire de la haute technologie pour l'avenir du secteur automobile. Je pense en particulier aux alguarenos qui disposent déjà d'une structure de sport auto particulièrement enviable, par exemple. Alors venez nombreux"


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Donatello San Sebastiàn, président de la FISCA


Plusieurs géants du secteur automobile mondial ont d'ores et déjà signifié leur participation, comme les groupes Steiner et Strama, ou encore Fang Motorsport, la propriété de la multimilliardaire icamienne Maxime Che Fang. Parmi les participations plus surprenantes, des structures plus modestes dont une écurie privée achosienne. Si les travaux à effectuer avant le lancement du championnat sont encore titanesques, le président San Sebastiàan se veut rassurant:

"Nous sommes dans les temps. Et nous avons déjà assez de grands noms pour donner la chance à côté de cela, à de plus petites structures indépendantes."

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Luminary du 12 Janvier 2019
https://i.imgur.com/g6ADoPO.png

L'ombre dynastic families pèse encore sur les élections.

Meeting syndicaliste.
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La démocratie la plus couteuse d'Aleucie

En août 2019, les citoyens-électeurs de la Grande République seront appelés aux urnes pour une élection inédite. Pour la première fois depuis la fondation du pays il y a un siècle, le Président Fédéral sera élu au suffrage universel direct. Cette modification institutionnelle, issue de la réforme constitutionnelle de 2016 promue par Simeon Belagri, a été largement célébrée sur la scène médiatique comme l'aboutissement ultime de la démocratisation westalienne. L'effacement du Conseil Électif de la Grande République, vestige d'une époque où le pouvoir se distribuait à huis clos entre huit individus, donne l'illusion d'une souveraineté enfin rendue au peuple. Mais la mécanique électorale moderne obéit à une physique qui lui est propre, à savoir celle des flux de capitaux. S'adresser directement à plus de 65 millions de citoyens à travers un territoire aussi vaste exige une infrastructure matérielle, logistique et médiatique colossale. En d'autres termes, l'exercice démocratique a un coût, lequel s'annonce stratosphérique.

Pour en saisir l'ampleur, il convient de se tourner vers le précédent historique le plus proche : les « Big Three Year » de 2015. Bien que l'élection présidentielle y fût encore indirecte, le renouvellement simultané des Assemblées représentatives et du Sénat a généré ce qui est, à ce jour, la campagne électorale la plus onéreuse de l'histoire de notre pays. Les chiffres officiels font état de près de 450 millions de Talirs dépensés par l'ensemble des formations politiques. Le détail de ces dépenses mets à jour la véritable nature du combat politique. La campagne dirigée par Arthur Horvanx pour le Parti de l'Union Républicaine a englouti environ 255 millions de talirs, tandis que celle de Simeon Belagri pour le Front Populaire et Démocrate et l'Alliance Sociale et Démocratique en a nécessité 140 millions.

Si une telle masse de capitaux a été injectée dans une élection où le chef de l'État n'était in fine choisi que par quelques élus, les projections financières pour le scrutin d'août 2019 défient l'entendement.

La question qui s'impose semble être donc moins « qui vote », mais bien « qui finance ». Et la réponse à cette question nous oblige à décaler notre regard de la scène politique vers ses coulisses économiques. La politique westalienne, sous ses dehors de luttes idéologiques acharnées entre asfortisme, néo-horvanxisme et social-démocratie, n'est fondamentalement que la traduction institutionnelle d'une guerre de clans financiers.

La Grande République est en effet structurée par une oligarchie de fait, ancrée dans ce que la presse qualifie communément de « Dynastic Families ». Ces entités constituent des conglomérats titanesques, structurés autour de sociétés mères de type holding. À elles seules, ces dix familles – dont les plus éminentes sont les Hardenbor, les Akiyama, les McAubert, les Belagri, les Larster, les Wei et les Humbert – contrôlent plus des deux tiers du produit intérieur brut westalien. Héritières des « Goldmakers » de la ruée vers l'or du XIXème siècle, elles se sont rendues indispensables à la survie même de l'État fédéral depuis les guerres viétiques, obtenant en retour une liberté d'action quasi totale sur le marché intérieur. C'est cette authentique « noblesse républicaine » qui, par ses donations massives, dicte le rythme, l'ampleur et in fine les résultats de nos cycles électoraux.

Dans la perspective du scrutin présidentiel de 2019, la grille de lecture traditionnelle opposant la gauche à la droite s'avère donc insuffisante, voire trompeuse. Les trois figures qui dominent actuellement les intentions de vote – Victor Hardenbor Jr. pour l'Alliance Asfortienne, Simeon Belagri pour le Front Populaire et Démocrate, et Alfred Eisendorf pour l'Union Horvanxienne – ne doivent pas être compris comme autant de porte-étendards d'idées politiques. L'examen de l'architecture financière qui soutient leurs appareils de campagne permet de les identifier sous leur véritable fonction : ils sont les représentants de commerce exclusifs de trois consortiums oligarchiques distincts, luttant pour le contrôle de l'appareil législatif et exécutif afin de protéger et d'étendre leurs monopoles respectifs. L'analyse de ces trois blocs d'intérêts permet de dissiper la brume des discours de campagne pour révéler la réalité nue du pouvoir en Westalia.

L'Alliance Asfortienne

À la tête des intentions de vote, fort du ralliement de la droite libérale et conservatrice sous la bannière de l'Alliance Asfortienne, se trouve Victor Hardenbor Jr. Président du Congrès Suprême depuis 2010 et membre incontournable du triumvirat dirigeant le Parti de l'Union Républicaine, le candidat est un héritier élevé dans l'antichambre du pouvoir, sans base militante organique. Ainsi, sa candidature ne saurait se comprendre indépendamment de son ascendance biologique et politique. Il est le fils de Victor Hardenbor sénior, l'homme qui a présidé aux destinées de la Grande République de 1991 à 2015. L'élection d'Hardenbor père en 1991 a marqué une rupture structurelle, à comprendre l'accession, pour la toute première fois, d'un membre direct d'une Dynastic Family à la Présidence fédérale. Sous sa gouvernance, l'État s'est métamorphosé. Le renforcement des prérogatives présidentielles via la réforme constitutionnelle de 2003, couplé à l'ouverture des marchés à l'international, a formellement institutionnalisé l'emprise des grands conglomérats sur la machine étatique. C'est sous "l'ère Hardenbor" que la noblesse républicaine a atteint le zénith de son accumulation de capitaux.

Chez les Hardenbor, historiquement reconnus comme la famille la plus riche et la plus puissante du pays, la répartition des tâches obéit à une rationalité purement industrielle. Tandis que le cadet de la famille, Henry Hardenbor, a pris dès 2011 les rênes d’un empire colossal bâti sur l'acier, l'automobile et l'armement (via Hardenbor Automobile et Warsmith Industries) –, l'aîné, Victor Jr., a été méticuleusement préparé pour s'assurer du contrôle de la superstructure politique. Sa désignation comme champion de l'Alliance Asfortienne pour le scrutin à venir est donc la traduction électorale stricte de la continuité dynastique. Elle vise à rassurer les marchés et les actionnaires. La famille fondatrice du conservatisme moderne entend reprendre directement le contrôle de l'appareil d'État, garantissant ainsi que les intérêts vitaux de la première entité économique du pays demeurent le pivot de la loi westalienne.

Le fer de lance rhétorique de l'Alliance Asfortienne pour ce cycle électoral porte un nom : « The Bear's Awakening ». Popularisé par le diplomate en chef Henry Takajiwa au cours du printemps 2017, dans le sillage des tensions avec la Fédération de Stérus, ce concept postule que la Grande République doit s'éveiller de sa prétendue « hibernation » diplomatique. La Westalia est ainsi sommée d'endosser le rôle de puissance protectrice et hégémonique du continent face aux agressions et ingérences étrangères. Si ce récit de l'Ours s'éveillant pour défendre la civilisation flatte indéniablement le patriotisme de l'électorat conservateur, son utilité première est strictement comptable car fournissant l'armature idéologique nécessaire pour justifier une hausse continue et vertigineuse des commandes d'État. Sous la présidence de Victor Hardenbor père, le budget de la Défense avait déjà atteint le seuil exceptionnel de 5 % du PIB. La nouvelle doctrine exige d'aller encore plus loin.

À qui profite cette mobilisation sécuritaire ? L'examen des structures du marché de la défense westalien offre une réponse univoque. Le Groupe Hardenbor. À travers sa filiale Warsmith Industries, acquise en 1984 pour diversifier son capital, la famille du candidat jouit d'un quasi-monopole sur la fourniture d'armement militaire et civil dans le pays. Cette domination a été formellement consolidée par la structuration du Consortium de Columbia, un cartel regroupant les principaux sous-traitants de la défense, piloté directement depuis la « Tour Hardenbor », le nouveau siège titanesque de Warsmith inauguré en grande pompe en avril 2017 à New Landor.

Les preuves matérielles de cette symbiose parfaite entre le discours politique de l'Alliance Asfortienne et le carnet de commandes industriel de ses commanditaires abondent. La modernisation à marche forcée de l'armée fédérale s'appuie exclusivement sur les produits du Consortium. Les récentes dotations de l'armée de l'air, notamment les flottes du nouveau chasseur de cinquième génération Phoenix, déployé à l'été 2017, ainsi que le développement du chasseur-bombardier Wyverne, sortent toutes des chaînes de montage contrôlées par les Hardenbor.

Dans cette droite ligne, le programme officiel du candidat Victor Hardenbor Jr., présenté en novembre 2018, promet publiquement la mise en chantier d'un « second porte-avions » pour la marine fédérale, ainsi que l'ouverture massive de l'exportation d'armements westaliens sur les marchés internationaux afin de soutenir la croissance. L'escalade des tensions continentales et la posture diplomatique martiale promue par la droite asfortienne semblent ainsi constituer le plan d'affaires le plus lucratif de la décennie pour le complexe militaro-industriel détenu par la famille même du candidat. L'État finance la doctrine, et le Groupe Hardenbor encaisse les dividendes.

Derrière le colosse de l'armement, l'Alliance Asfortienne s'appuie sur un second pilier économique, plus discret mais dont le modèle d'affaires est tout aussi dépendant de la commande publique : les infrastructures et le béton. Ce secteur est la chasse gardée de la famille Larster, alliée historique et indéfectible du clan Hardenbor. L'intrication politico-financière entre ces deux dynasties n'est plus à prouver. C'est grâce au soutien actif de Victor Hardenbor père que Wilson Larster, patriarche de la famille, a occupé le très stratégique poste de Président du Sénat de 2007 à 2015, verrouillant ainsi la chambre basse au profit de l'exécutif conservateur. En échange de ce verrouillage institutionnel, l'empire familial a prospéré à l'ombre du budget de l'État.

Le bras armé de cette prospérité se nomme Union Infrastructure. Fondée au milieu du XXème siècle et dirigée depuis 2001 par Jonathan Larster, le neveu de Wilson, l'entreprise jouit d'un quasi-monopole sur les grands travaux publics de la Grande République. Contrairement aux secteurs soumis à la concurrence internationale, le modèle de rentabilité d'Union Infrastructure repose presque exclusivement sur les appels d'offres émis par le gouvernement fédéral ou les États-Républicains. Ainsi, lorsque le programme de la droite asfortienne promet solennellement de redynamiser le territoire national, de moderniser les routes ou de désenclaver les régions, le sous-texte financier garantie en fait le transfert direct d'argent public vers les comptes de la famille Larster. L'illustration la plus flagrante de ce système de captation de la dépense publique s'est matérialisée récemment, le 20 décembre 2017. Alors que l'Alliance Asfortienne venait tout juste de forcer son retour au pouvoir par l'intégration de ses membres au sein du gouvernement de compromis de Richard Kaylor, Union Infrastructure a remporté l'un des plus gigantesques appels d'offres de la décennie : la construction de la nouvelle Interstate Highway 43. Ce projet pharaonique, censé traverser le nord du pays en reliant Astaran à Kaijotoshi via la cité industrielle de Fort Harvey, a été attribué à Union Infrastructure qui a écrasé, sans grande surprise, tous ses concurrents potentiels. Ce contrat massif a été chaleureusement validé et défendu par le nouveau Ministre fédéral à l'économie, Giovanni Alessio, lui-même issu des rangs du Parti Libre et Démocrate, l'autre composante de l'Alliance Asfortienne.

Si l’accès aux leviers de la commande publique explique le soutien inconditionnel du capital militaro-industriel et des seigneurs du béton à l'Alliance Asfortienne, un autre motif, beaucoup plus pressant, sous-tend la campagne de Victor Hardenbor Jr. : la protection pénale de ses commanditaires. L'élection de 2019 se joue aussi dans l'ombre d'une offensive judiciaire sans précédent qui menace l'architecture même de ces empires familiaux. En effet, l'été 2016 a été marqué par un séisme judiciaire. Le tribunal fédéral de Columbia a annoncé l'ouverture de multiples enquêtes criminelles visant la haute direction des gouvernements PUR qui se sont succédé de 1991 à 2015. Ce qui a été rapidement qualifié de « Procès des années conservatrices » cible, en plus d'anciens ministres sur des points de droit constitutionnel ou de liberté de la presse, le modèle de captation de richesse des dynasties. Corruption généralisée, prises illégales d'intérêts, fraudes fiscales, détournement de fonds publics pour le financement de campagnes électorales via des sociétés fictives, et passation d'appels d'offres publics délibérément faussés.

Victor Hardenbor sénior lui-même figure en première ligne de ces accusations, soupçonné d'avoir personnellement orchestré ce système pour favoriser les contrats d'armement au bénéfice de sa propre entreprise, Warsmith Industries. Mais l'enquête, loin de s'arrêter aux seuls responsables politiques retirés de la vie publique, s'étend désormais aux cercles exécutifs des conglomérats. C'est ainsi que Joseph Postom, l'influent Directeur-Général de Warsmith Industries, a été formellement inculpé pour sa participation présumée aux faveurs systématiques accordées au Consortium de Columbia dans les marchés de la Défense. Parallèlement, Jonathan Larster, le Directeur-Général d'Union Infrastructure, fait face à des chefs d'accusation identiques concernant l'attribution suspecte de contrats publics de construction routière sur la période 2010-2015.

Pour les familles Hardenbor et Larster, l'enjeu des présidentielles de 2019 dépasse donc la continuité d'un modèle économique lucratif pour devenir une question de survie. Un retour de l'Alliance Asfortienne à la présidence signifierait non-seulement la sécurisation des prochains budgets mais la possibilité d'une neutralisation de ces procédures. Bien que le candidat Victor Hardenbor Jr. s'en défende officiellement, la tentation est grande pour la droite de profiter d'une victoire électorale afin d'user des prérogatives présidentielles. Le contrôle sur le ministère de la Justice, voire l'usage de la dissolution du Conseil de la Justice Fédérale – seule instance apte à nommer et à réguler l'activité des juges en charge du dossier –, offrirait un moyen radical de remplacer les magistrats jugés trop indépendants ou « politisés ». Faire élire l'héritier du clan Hardenbor apparaît dès lors pour les dynasties impliquées comme la garantie d'obtenir une protection de l’exécutif contre une justice représentant une menace existentielle pour leurs intérêts et leurs actifs.

Simeon Belagri, socialisme de façade et capital en coulisses

Dans le grand théâtre de la politique westalienne, le Président fédéral sortant, Simeon Belagri, a su s'arroger le plus beau des rôles. Celui du bouclier du peuple face à l'oligarchie. Depuis son élection en 2015 à la tête de la défunte Alliance Sociale et Démocratique, l'homme a méticuleusement cultivé son image « d'éternel opposant » devenu l'artisan du progrès. Son récit politique s'articule autour de victoires symboliques fortes : il est le père de la « Réforme démocratique » de 2016 ayant instauré le suffrage universel direct pour la présidence, et le parrain revendiqué de la loi United Healthcare, présentée comme une croisade sociale contre la « mafia de la santé » privée. À l'entendre dans ses allocutions télévisées, le chef de file du Front Populaire et Démocrate serait le seul rempart crédible face au capitalisme impitoyable et à l'autoritarisme des élites conservatrices.

Pourtant, l'examen factuel de l'état civil et du patrimoine du candidat révèle la nature purement cosmétique de ce positionnement social. L'homme qui fustige si volontiers les dérives des milliardaires à la tribune est lui-même le patriarche de l'une des dix Dynastic Families qui se partagent le pays. Classée quatrième dans la hiérarchie des puissances financières de la Grande République, la dynastie Belagri est un rouage essentiel, ancien et constitutif de l'oligarchie qu'il prétend combattre.

Loin du mythe de l'homme providentiel issu de la société civile ordinaire, Simeon Belagri est un héritier, né dans l'aristocratie marchande madrerianne qui a bâti sa fortune dès les années 1870 en monopolisant l'approvisionnement des chercheurs d'or. Avant d'occuper les ministères, il fut d'abord, dans les années 1980, le puissant Président-Directeur Général du groupe familial. C'est sous son impulsion directe qu'a été orchestrée, en 1990, la fusion stratégique entre l'enseigne Belagri et le groupe concurrent de son beau-frère, Elvino Asta. De cette manœuvre d'hyper-concentration capitaliste est né le mastodonte Astabelagri. Le timing de sa carrière est par ailleurs une leçon de synergie entre politique et affaires. En 2006, l'année même où Simeon Belagri orchestrait sa scission d'avec le Parti Libre et Démocrate pour fonder le FPD et se draper dans les habits du réformisme de gauche, Asta E Belagri amorçait un virage massif dans le commerce en ligne. Profitant de la quasi-inexistence de concurrence sur ce secteur naissant en Westalia, l'entreprise a ouvert des centres de distribution tentaculaires à travers tout le territoire. Aujourd'hui, Astabelagri exerce un monopole écrasant sur la vente en ligne et la grande distribution de la côte Ouest.

L'illusionniste de Santa Maria vend de la justice sociale aux électeurs, mais sa propre fortune – l'une des plus colossales du pays – dépend organiquement de la domination d'une multinationale tentaculaire. Le gouvernement dit « social » s'est en réalité appuyé sur une autre faction du capital, troquant les seigneurs de l'industrie lourde contre les géants de la grande distribution. Lesquels, il est vrai, dépendent plus directement du pouvoir d’achat des consommateurs et – donc – de leurs moyens.

La contradiction fondamentale intrinsèque du projet politique de Simeon Belagri s'est manifestée en juin 2015, au cœur même de la capitale fédérale. Alors que le candidat menait campagne sur la promesse d'une société « plus juste et égalitaire », des milliers d'agriculteurs issus des territoires ruraux abandonnés par le pouvoir fédéral ont convergé vers Columbia avec leurs tracteurs. L'événement, rapidement qualifié de « siège de Columbia », fut le climax d'une crise ayant pour origine l'agonie économique du monde agricole westalien. Pendant plusieurs jours, les manifestants ont paralysé les artères du pouvoir, déversant du fumier devant les portes du Sénat et allumant des feux de protestation sur la place du Grand Westal. Leur colère était dirigée contre un système qui, malgré le boom économique national, les condamnait à la précarité et au déclassement. L'épisode le plus révélateur de ce soulèvement s'est déroulé en marge des cortèges : tentant de capitaliser sur la contestation pour renforcer son image d'opposant au gouvernement conservateur d'alors, Simeon Belagri a tenté d'apporter son soutien aux manifestants. Sa démarche fut accueillie avec une hostilité sans équivoque. Comme le rapportait la presse à l'époque, le leader de la gauche a dû être exfiltré par la police à la suite d’une rencontre avec des manifestants particulièrement hostiles et violents.

Pourquoi une telle animosité de la part d'un électorat populaire que le candidat prétendait défendre ? La réponse peut se trouver dans la réalité matérielle de ses affaires familiales. Pour ces agriculteurs au bord de la faillite, Simeon Belagri est l'incarnation même de leur oppresseur économique. L'empire Astabelagri, qu'il a cofondé et dont sa famille tire sa fortune, domine la grande distribution. Or le modèle de rentabilité d'un tel géant repose sur l'acquisition des denrées au coût le plus bas possible. Cette logique exerce une pression déflationniste écrasante sur ses fournisseurs, les agriculteurs, les forçant à vendre leur production à des prix qui ne leur permettent plus de survivre. Cette réalité, largement documentée dans les milieux agricoles, a été verbalisée avec une rare brutalité sur la scène politique quelques semaines plus tard. Lors d'un débat télévisé en juillet 2015, son adversaire d'extrême-droite, Henry Ross, a dénoncé l'homme dont « l’entreprise de distribution alimentaire pratique une politique de tyran avec ses fournisseurs agricoles, contribuant à leur appauvrissement », et qui « préfère acheter des biens de mauvaise qualité en provenance de l’étranger, car moins cher, contribuant au meurtre des petites entreprises nationales ».

Aussi opportuniste fût-elle, cette attaque visait le cœur du problème : la crise rurale westalienne est la conséquence mécanique directe d'un modèle économique où les grands distributeurs, Astabelagri en tête, favorisent structurellement l'importation massive de produits agricoles, au détriment de l'autonomie et de la survie de la production nationale. Le programme social du candidat Belagri promet ainsi des aides d'État pour panser les plaies d'une population dont l'hémorragie économique est directement causée par le modèle d'affaires de son propre empire familial.

Derrière la figure tutélaire de Simeon Belagri et de son empire de la grande distribution, l'ascension du Front Populaire et Démocrate s'est construite sur le soutien financier d'une nouvelle génération de dynasties, issues de la révolution technologique et des services. Ces nouveaux oligarques, bien que se drapant dans un discours plus progressiste et ouvert que les barons conservateurs du PUR, partagent avec ces derniers un intérêt commun : façonner les lois du pays à l'avantage de leurs bilans comptables.

Parmi eux, la famille Wei, dirigée par le patriarche Wei Yuhan, est sans conteste l'un des piliers financiers du FPD. C'est Wei Yuhan qui a financé la création même du parti en 2006, rompant avec le consensus des affaires qui soutenait alors majoritairement la droite. L'empire Wei est un géant industriel spécialisé dans l'électronique de pointe et, surtout, dans le secteur stratégique de l'énergie. Le groupe familial est propriétaire de la New Austaria Energy Society, la principale concurrente de la WEC des McAubert. La NAES a fait fortune en misant sur l'énergie charbonnière, moins coûteuse et nécessitant moins d'investissements à long terme que le nucléaire, mais dépendant d’infrastructures vieillissantes. La collusion entre les intérêts du gouvernement Belagri-Garandor et ceux de la famille Wei a éclaté au grand jour lors du scandale du « Free snow », en janvier 2017.

Alors que la tempête paralysait la côte Ouest, plus de deux millions de foyers ont subi des coupures de courant massives et prolongées. Si tous les fournisseurs ont été impactés, la NAES a enregistré les pires performances, trois de ses centrales à charbon ayant été complètement mises à l'arrêt par le gel. Cette défaillance catastrophique, qui a coûté la vie à des dizaines de personnes mortes de froid, n'a entraîné aucune sanction de la part du gouvernement. Pire encore, alors que le scandale du non-paiement des salaires explosait, le Premier Ministre George Garandor a préféré mobiliser des fonds publics pour verser des « primes spéciales » aux salariés bloqués, évitant ainsi d'imposer la moindre contrainte à son mécène. La NAES a provoqué une crise humanitaire par son impréparation, et c'est l'État, c'est-à-dire le contribuable, qui en a payé le prix.

Le second pilier financier de cette nouvelle oligarchie « progressiste » est la famille Humbert. Dirigée par Charles Humbert, un ami de longue date de Simeon Belagri, cet empire contrôle des pans entiers de l'économie des services. Sa filiale la plus visible, la Humbert National Telecommunications, jouit d'un duopole sur le marché des télécommunications nationales, un secteur hautement stratégique et dépendant de la régulation étatique. Le groupe possède également la Humbert Aircraft Company, leader de l'aéronautique civile en Westalia, et gère une part majoritaire des aéroports du pays. Les bénéfices attendus par les Humbert d'un gouvernement FPD sont évidents. Un ministère des Transports bienveillant garantit des appels d'offres favorables pour la gestion aéroportuaire et la modernisation des flottes aériennes nationales. Un ministère de l'Industrie et de la Recherche coopératif assure que les régulations sur les télécommunications, le déploiement de réseaux et l’attribution de fréquences, ne viendront jamais entraver le duopole Humbrt National Telecommunications.

Le programme social du FPD, profitant d’une large médiatisation, dissimule donc une réalité économique beaucoup plus attendue. Le gouvernement de Simeon Belagri assure la prospérité d'une faction spécifique de l'oligarchie, celle mise sur la société de consommation et le capitalisme moderne, moins dépendant des usines que des offres de services.

Alfred Eisendorf et la révolution populiste (du charbon)

Si Simeon Belagri et Victor Hardenbor Jr. incarnent la lutte d'influence entre deux factions établies de l'oligarchie westalienne, une troisième force, plus radicale, a émergée des ruptures du Parti de l'Union Républicaine pour capitaliser sur la frustration populaire. Cette Union Horvanxienne et la chose du Sénateur Alfred Eisendorf, lequel se présente comme un tribun virulent venu briser les consensus mous et s’opposer à la corruption des élites. Son discours est une litanie de promesses de purification, attendue de la part d’un candidat ouvertement d’extrême droite.

Ancien Ministre de l'Unité Nationale et architecte de la loi Safety & Security III, l'ex-Général Eisendorf a bâti sa carrière politique sur une réputation de fermeté intransigeante. Ses partisans le surnomment le « Général de Fer », tandis que ses opposants le qualifient de « Boucher des quartiers hamajaks », une référence à son rôle dans la répression sanglante des manifestations de 1993 que l'intéressé semble porter comme une médaille. Son programme consiste à « restaurer l'ordre » en menant une guerre totale contre ce qu'il a identifié comme les ennemis de la nation.

Lors de la fondation de son parti, le New Order of Westalia, il a clairement désigné ses cibles dans un discours aux accents messianiques. Il a promis de « combattre le terrorisme et l’extrémisme hamajak », de « repousser les assauts idéologiques de l’extrême gauche », et d'instaurer une société « épurée de tous ses maux ». Pour Alfred Eisendorf, le mal qui ronge la Grande République va du gouvernement social-démocrate – jugé incompétent – à la « droite des affaires » du PUR, trop libérale, trop ouverte au monde, et coupable de « collaborer » avec les « traîtres ». Son discours dénonce ainsi une « élite oligarchique décadente », qu'elle soit de gauche ou de droite, qui aurait pactisé avec les forces de la désunion. Sa posture est donc celle du seul homme politique authentiquement patriote, seul capable de mener une révolution conservatrice pour sauver la civilisation westalienne de l'effondrement. Sa préconisation d’un « grand nettoyage » visant à purger la nation de « l'extrémisme hamajak, des communistes et des traîtres », le pose à priori comme l'antithèse absolue du système qu'il a lui-même servi pendant plus d'une décennie. C’est ainsi qu’Alfred Eisendorf a réussi à capter une part grandissante de la colère et du ressentiment d'un électorat qui ne se reconnaît plus dans les partis traditionnels.

Derrière la façade tonitruante de ce « Général de fer » se dresse en fait une insurrection politique financée et pilotée par un seul homme. Le financement du New Order of Westalia repose ainsi quasi exclusivement sur les fonds d'Arthur McAubert, troisième fortune du pays et siégeant officiellement comme Vice-Président du parti. Connu pour son style d'affaires impitoyable, McAubert est l'héritier et le maître du puissant groupe Tomorow Westalia, un empire construit sur les ruines d'anciennes sociétés publiques privatisées et contrôlant des pans vitaux de l'économie nationale. Sa filiale la plus stratégique, la Westalian Energy Company, est un géant de la production et de la distribution d'électricité, principalement nucléaire. Mais c'est surtout par le contrôle de la Northern Mining Alliance que le pouvoir des McAubert s'exerce. L'entreprise détient un quasi-monopole sur l'extraction de matières premières essentielles, en particulier le charbon et l'uranium, alimentant ainsi les centrales qui fournissent l'énergie à toute la nation.

Cette collusion structurelle entre la troisième plus grande fortune du pays et le leader d'un mouvement prétendument anti-élite expose la véritable nature du New Order of Westalia, énième OPA hostile menée par une faction du capital contre ses concurrentes. L'alliance entre Alfred Eisendorf et Arthur McAubert peut ainsi être considérée comme transactionnelle. Le premier fournit le capital politique, la ferveur militante et une légitimité de façade puisée dans un nationalisme intransigeant. Le second, en retour, apporte les ressources financières illimitées nécessaires à la conquête du pouvoir et, du reste, dicte les véritables objectifs du parti. Le « Nouvel Ordre » est une opération de capital-risque dont les dividendes attendus ne se mesureront en concessions minières et en dérégulation énergétique.

En effet, le programme du New Order of Westalia s'articule autour de deux axes principaux, présentés à l'électorat comme les piliers d'une renaissance nationale : l'indépendance énergétique et la restauration de l'ordre intérieur par une lutte implacable contre le « désunionisme hamajak ». Officiellement, cette doctrine vise à garantir l'autonomie stratégique de la Grande République et à protéger son intégrité culturelle. Dans les faits, l'analyse des intérêts commerciaux d'Arthur McAubert révèle que ce programme politique est une feuille de route méticuleusement conçue pour le profit exclusif de la Northern Mining Alliance.

D'une part, l'isolationnisme économique et le protectionnisme énergétique prônés par Alfred Eisendorf constituent une aubaine pour le groupe Tomorow Westalia. En dénonçant les traités de libre-échange et en appelant à une autosuffisance nationale, le New Order of Westalia propose de verrouiller le marché ouestalien, transformant le pays en un consommateur captif. Dans un tel scénario, la Westalian Energy Company et la Northern Mining Alliance, qui contrôlent déjà la production de charbon et d'uranium, se retrouveraient en situation de monopole absolu, à l'abri de toute concurrence internationale et libres de dicter leurs tarifs à un État qui aurait renoncé à ses autres sources d'approvisionnement. La véritable clé de lecture du programme Eisendorf se trouve cependant ailleurs : dans sa violente fixation sur la « menace hamajak ».

Pour en comprendre la logique, il faut revenir quelques années en arrière. En 2013, précisément, où l’on rapportait la découverte de gigantesques et très prometteurs gisements d'uranium dans la partie orientale de l'État de Horvanx. L'entreprise à la manœuvre pour l'exploitation n'était autre que la Northern Mining Alliance d'Arthur McAubert. Cependant ces gisements se situent sur des territoires considérés comme sacrés par les clans hamajaks locaux, un obstacle majeur pour le milliardaire. Se basant sur d'anciens traités, ces communautés ont engagé une bataille juridique pour bloquer les projets miniers, transformant un enjeu économique capital pour la Northern Mining Alliance en un bourbier légal.

C'est ici que le discours politique d’Alfred Eisendorf prend tout son sens. Sa promesse d'éradiquer « l'indépendantisme et l'autonomisme hamajak » puise ses sources dans le racisme le plus bas, certes, mais est financé pour des raisons économiques. La réintroduction du « délit d'extrémisme », qu'il défend ardemment, fournirait l'outil juridique parfait pour criminaliser les protestations indigènes, dissoudre leurs associations de défense, et qualifier leurs revendications territoriales d'actes de sédition. Sa croisade pour une unité nationale peut être comprise comme la feuille de route pour la neutralisation juridique et politique de l'unique obstacle se dressant entre la Northern Mining Alliance et les milliards de Talirs dormant sous les terres sacrées d'Horvanx.

Le projet de conquête du pouvoir porté par l'Union Horvanxienne ne s'arrête cependant pas aux frontières des institutions républicaines et s'étend jusque dans les rues, où il prend la forme d'une force paramilitaire organisée, armée et financée par les mêmes intérêts. Cet appareil de coercition porte un nom hérité de la dictature. Les Légions horvanxiennes.

Dirigées par un ancien officier supérieur de l'armée fédérale, Ulyss Baltmord, ces légions se présentent comme un mouvement de citoyens patriotes unis par une idéologie claire : la lutte, par la force « si nécessaire », contre le communisme, le communalisme, et ce qu'ils qualifient de désunionisme hamajak. Le groupe a fait la démonstration de ses capacités lors de la marche sur Columbia de février 2016. Devant les caméras du pays, ses membres ont défilé en tenue de combat, exhibant ouvertement des armes de guerre, déclarant leur volonté d'incarner une force opérationnelle en marge de l'État.

Cette ambition a franchi une étape décisive avec l'officialisation de son commanditaire. En juin 2018, la presse a révélé qu'Arthur McAubert finançait personnellement et massivement la restructuration du groupe. L'objectif, tel qu'annoncé par Ulyss Baltmord lui-même, est sans ambiguïté : accentuer l'aspect paramilitaire, voire de mercenariat militaire des légions. Ce financement transforme de facto un groupe de pression idéologique en une armée privée. La filiation entre les intérêts de la Northern Mining Alliance et la militarisation de ce groupe est patente. Alors que le programme politique d'Alfred Eisendorf vise à criminaliser la contestation hamajak sur le plan légal, la milice de Baltmord, financée par McAubert, lui fournit l'outil de coercition directe pour pacifier les zones d'intérêt minier.

Cette structure rappelle étrangement le modèle développé par une autre dynastie. Le groupe Akiyama dispose de sa propre société de sécurité, Akinoyari, notoirement connue pour être le bras armé privé protégeant les actifs du conglomérat et menant ses opérations d'intimidation. Les McAubert ne font que reproduire le schéma, poussant la logique un cran plus loin en adossant leur milice à un mouvement politique de masse. Le gouvernement de l'époque, par la voix de son Ministre des Affaires Intérieures George Garandor, avait condamné cette initiative, accusant McAubert de « renforcer un groupe aux idéaux racistes, révisionnistes et violents, pour servir des intérêts personnels et idéologiques pouvant mettre en péril la stabilité du pays ». Mais cette condamnation est restée lettre morte. En Westalia, la loi permet à une fortune privée de se constituer une armée privée, tant qu'elle porte le nom d'organisation de sécurité.

Ainsi donc, Eisendorf fournit la couverture politique et l'ennemi idéologique tandis que McAubert injecte le capital et définit les objectifs économiques. C'est l'émergence d'un appareil de puissance autonome capable d'imposer ses intérêts par l'intimidation et la force, en dehors de tout contrôle démocratique.

Et à l'ombre des dynasties

L’analyse des flux financiers et des accointances structurelles qui portent les trois principaux candidats à l’élection présidentielle de 2019 nous impose un constat dépouillé de toute illusion partisane : le scrutin d'août prochain, célébré comme l'apogée démocratique de la nation grâce à l'instauration du suffrage universel direct, est moins l’affrontement idéologique entre la gauche, la droite libérale et la droite radicale qu’une nouvelle étape dans la guerre de position entre trois consortiums oligarchiques se disputant le contrôle de l’appareil législatif et exécutif pour sécuriser et maximiser leurs rentes.

Voter Victor Hardenbor Jr. et l'Alliance Asfortienne, c'est remettre les clés de la République au capital militaro-industriel et aux baons des travaux publics, garantissant l'hégémonie des familles Hardenbor et Larster. Voter Simeon Belagri et le camp présidentiel, c'est confier le pouvoir au capital de la consommation de masse, de la finance et des services, sanctuarisant les empires des Belagri, des Wei et des Humbert. Voter Alfred Eisendorf et l'Union Horvanxienne, c'est livrer le monopole de la violence étatique au capital extractiviste, au seul bénéfice d'Arthur McAubert et de la Northern Mining Alliance.

Cette réalité systémique explique en creux le sort réservé aux formations sans dynasties. Les partis qui se trouvent en dehors de cette sphère d'influence oligarchique, à l'instar du Rassemblement Communaliste ou du Parti des Ouvriers Libres, se retrouvent mécaniquement broyés par la machine électorale. Leur difficulté structurelle – voire leur incapacité – à réunir les 700 signatures d'élus nécessaires pour valider une candidature présidentielle est la conséquence directe d'un système où l'accès au débat national est conditionné par les capitaux. Or sans l'appui financier d'un conglomérat pour arroser les médias, financer des campagnes de terrain onéreuses et corrompre ou sécuriser des réseaux d'élus locaux, la survie politique de haut niveau est impossible. L'exclusion de ces forces du grand jeu présidentiel est la preuve ultime que notre système électoral est irrémédiablement verrouillé par l'argent.

En août prochain, lorsque le citoyen westalien glissera son bulletin dans l'urne au nom du suffrage universel direct, il accomplira un geste dont on lui a longuement vanté la noblesse démocratique. Mais qu'il ne se fasse aucune illusion : la Grande République appartient déjà à ses sponsors. Il est, plus que jamais, nécessaire de faire émerger de véritables alternatives de gauche et de proposer un message de rupture rendant visible la nature du système, et partageant les moyens d'y mettre un terme.
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