11/06/2017
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Activités étrangères en Ligue Anticoloniale - Page 4

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Couvrir des bienfaits de l'Empire les vertueux, pousser à l'erreur les infâmes.



<< Fils et filles de l'Empire, les cieux bienveillants nous ont fait dons à force de travail acharné et de dévotion sincère d'une prospérité certaine. Nos greniers se sont remplis à vue d'oeil, les eaux Tumultueuses de la Yongzu ont été domptés par nos ingénieurs, la terre elle même se fait essence l'abondance qui bénie notre empire. Pourtant l'auguste grande azuréenne demeure maussade, les nuages s'amoncelant alors que la tempête menace. Les cieux menacent de déverser leurs larmes, de nous oindre de leur tristesse alors qu'ils contemplent avec regrets l'état dans lequel survivent à peine nos frères et soeurs, les sujets perdus du Fils du Ciel qui sous le Joug de l'épicentre de la corruption de ce continent, de l'homme malade du Nazum, le Cong du Chandekolza, ne cessent de souffrir, érigés en martyr par des obscurantismes se servant de leurs malheurs comme d'une manière de canaliser un pouvoir moribond et vicié. Il n'est pas plus grand crime que de détourner l'oeil en ces temps et de laisser à leurs misères nos semblables qui prient de tout leur coeur que l'Empire vienne les étreindre de sa douceur et de sa bienveillance. Ushongs ! Il est de notre devoir le plus sacré de transmettre la prospérité de l'Empire à ses sujets, ici comme ailleurs, les cieux le commande ! Le Mandat Céleste l'exige ! >>

Ainsi le proclama le Grand Duc de Leishang, Long Zhuan en s'adressant il y a quelques jours à une vaste assemblée devant les remparts de la Cité Interdite qui se composait de bonnes gens de toutes les strates de la société, de l'humble paysan au grand aristocrate en passant par les classes moyennes naissantes et mêmes des étrangers s'attardant afin de constater l'évènement. Ces paroles furent transmises ci et là à travers l'Empire par les hérauts du Trône qui portèrent aussi la nouvelle allant de pair avec ces déclarations engagées.

L'empire ne resterait pas les bras croisés, l'Empire n'oublie pas ses fils et ses filles qu'importent qu'ils soient oppressés par des tyrans réfractaires, d'ex vassaux ingrats ou des traitres à la solde de puissances étrangères. L'Empire soutiendrait ses enfants, car c'était là son devoir de vertu, c'était le commandement du Céleste Mandat.

Ainsi dans toute la vallée de la Yongzu, les hérauts furent suivis de près par les agents de la Capitale, les récolteurs, qui s'en venaient quérir auprès des magistratures locales des quantités notables de vivres et de denrées dont le grenier à blé produisait des quantités pharamineuses, achetant aux rares organismes privés s'étant implantés leur surplus, octroyant la transmutation d'impôts cette année aux ruraux, fermiers, cultivateurs et autres éleveurs de la monnaie pure en grains ou en tête de bétails. Une longue file ininterrompu de camions allant et venant, la vaste chaîne de la logistique impériale supervisée avec minutie par un nouveau Bureau du Grand Secrétariat spécialement crée pour l'occasion avec des régulations allégées afin de se débarrasser de la lourdeur bureaucratique habituelle des autres services. Dans le même temps à l'est, les grands travaux s'accéléraient, là où le béton tardait encore, l'on aménagea des routes provisoires, mettant à contribution les conscrits et jeunes soldats manquant encore de muscles sous la supervision rigoureuse d'officiers vétérans afin de mêler l'utile aux grands projets de l'étendard écarlate. Ce tandis que les magistratures orientales le long des frontières recevait des successions d'ordre de réquisition de bâtiments et d'espaces, l'on faisait de la place dans les greniers, l'on agrandissait les entrepôts, l'on préparait des aires de transit. Tout les efforts étaient orientés et se dirigeaient d'un commun accord vers une finalité claire et définie.

L'Empire à ce moment précis avait un but, un objectif, il savait où il se dirigeait, chacun à sa place et avec sa propre tâche pour participer à ce grand effort commun, ce "Focus national".

C'était un secret de polichinelle après tout que les près de deux millions d'Ushong vivant encore au Chandekolza tenaient plus en tant que tel du mort-vivant que de l'humain, subsistant plutôt que vivant. Subissant de plein fouet au même titre que le reste de la plupart de la population des famines bien trop régulières causés tant par la pauvreté endémique de cette région qui n'avait fait que s'enfoncer dans un marasme perpétuel depuis son indépendance sans jamais réussir à se relever réellement, que par les sévices et la discrimination institutionnalisé par un gouvernement bien trop heureux de pouvoir disposer sous la main de boucs émissaires sur lesquels blâmer ses erreurs et méfaits. Les maux de tout le Chandekolza étaient après tout la faute du Maléfique Empire des Ushong et de ces Démons de Xin n'est-ce-pas ? Comment pourrait-il en être autrement après des décennies à affamer le pays et à le pousser à sa ruine ? Le Cong n'oserait guère mentir après tout. Pas plus que ses prédécesseurs, tous tenaient le même discours. Les maudits Ushongs, ces satanés Xin, la source des maux du Chandekolza, ceux là même qui complotaient dans les ombres sa ruine.

Si seulement les choses étaient aussi simples. L'Empire avait cordialement ignoré ces inepties des décennies durant, quand bien même ils n'avaient guère plus de lien depuis désormais fort longtemps avec le Chandekolza si ce n'était via les rares échanges à l'échelle individuelle sur la frontière, l'on continuait à en faire le maître esprit, celui qui tirait les ficelles du mal. Peut être que finalement blâmer était plus simple que réaliser la réalité des choses et faire des efforts pour se sortir des sables mouvants mortels qui engloutissait le pays ? Oh ce n'était pas peut être, c'était certains. Cela faisait bien longtemps que l'Empire des Ushongs avait perdu ses fenêtres et ses moyens de pouvoir influencer ses ex vassaux directs, et ne souhaitait de toute façon guère le faire notamment pour la région Chandekolzane tant celle ci était un gouffre économique où il y avait plus à perdre qu'à gagner. Quand bien même une fraction conséquente de ses sujets étaient encore par delà la frontière à espérer, à subir. C'était peut être là le plus grand pêché des impériaux que de faire mine de ne pas savoir et de détourner le regard par commodité.

Mais plus maintenant. Le vent avait tourné, les opinions s'étaient renversés, et la main de l'Empereur avait reçu de nouvelles cartes qui changeaient la donne. L'on ne pouvait corriger les tords passés, mais l'on pouvait encore altérer le présent de tel manière à poser les bases d'un futur plus radieux.

Les grands prélats de la Cour avaient déjà décidés de la marche à suivre dès le retour du Grand Duc du Jashuria. Et tout ce mettait en place progressivement, les pièces s'avançaient sur le plateau d'échec avec pour objectif net comme certains de faire tomber le Roi d'en face, le Cong. Et rien de tel que pour ça, afin de court-circuiter jusqu'à ses mensonges et sa propagande, que de le mettre face à ses échecs en exposant son incompétence flagrante. La solution de l'Empire pour cela était toute trouvée alors que ce dernier bénéficiait d'un véritable miracle économique, une résurgence sans pareille qui le remettait dans la course à la grandeur et la puissance. Puisque l'abondance et la prospérité étaient ainsi de retour chez les Ushongs, pourquoi ne pas l'afficher et l'étaler ? Et en faire profiter les méritants... Soutenir les pauvres hères, leurs compatriotes qui traversaient clandestinement la frontière afin de troquer et d'obtenir l'aumône auprès des magistratures frontalières ne suffisait plus. Il fallait voir plus grand, viser plus loin, passer à l'offensive et pousser les vils et les fourbes dans leurs retranchements.

Les frontières, presque inanimés depuis des décennies, voies impériales fermés et presque délaissés, revinrent soudainement à la vie sans crier garde alors qu'en de multiples points, sur les chemins vers les enclaves Ushongs par delà la frontière, les files de camions arrivèrent avec à leurs bords cargaisons de denrées et de vivres à destination des minorités impériales côté Chandekolzan. Une surprise inattendu qui déconcerta certainement plus d'un garde frontière, occasionnant une incompréhension certaine et des situations délicates car les chauffeurs impériaux avaient leurs ordres et ne sauraient accepter une fin de non recevoir, après tout quel genre de sinistre idiot oserait refuser la délivrance de vivre alors qu'une bonne part du pays subissait la famine sous prétexte qu'il fallait quémander des ordres à ses supérieurs et à la capitale ? Non. Les Impériaux n'entendaient pas se plier à ces inepties. Cela faisait partie du plan d'ailleurs. Pour les plus "sensibles" des douaniers et gardes frontières, l'on tendit la main et l'on offrit de profiter des bienfaits de la bienveillance de la Yongzu aux même titres que les sujets de l'Empereur pour peu qu'ils ne causent pas de troubles. Pour les autres, les plus véhéments et les plus audacieux, la présence de l'Armée Impériale qui s'était accentuée sur la frontière et de façon très convéniante autour des principaux points de passage des convois de vivres, et qui ne cachait guère les regards mauvais et de travers à l'attention de ces "obstacles" se mettant sur le chemin de la satiété de leurs congénères. Dans le doute, l'intimidation en convaincrait plus d'un, et si d'aventures le Cong et ses laquais réagissaient avec véhémences, car l'on n'avait de surcroit délibérément omis de les prévenir, ce serait là l'occasion de se servir d'excuses toutes trouvées pour... Appliquer des méthodes plus radicales.

En tout état de cause, on mettait tout ce beau monde devant le fait accomplis. La balle dans leur camp. Laisser faire et donner l'occasion à la bienveillance impériale de faire ses preuves, de démontrer les bienfaits de la prospérité des Ushongs, de la solidarité des fils et filles des cieux, ou s'opposer à une cause évidemment juste, et mettre en évidence le cas échéant son ignominie ainsi que sa corruption tout en s'exposant à des conséquences beaucoup plus radicales qui de surcroit seraient justifiés quand à démanteler son influence néfaste. Un dilemme habile et rusé que les stratèges de Beiyfon supervisaient de main de maître, jouant cette partie d'échec avec sérieux, visant la victoire finale et absolue sans aucun doutes possibles quand à leurs volontés.

Pousser à l'erreur. Le cap était clair.
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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 29 Mai 2017

Au Chandekolza, la paralysie économique et l'insécurité font regretter "le bon vieux temps des Xin"


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Une ruelle d'un quartier aisé de Saipalbon


Il règne un malaise latent dans les rues de la métropole la plus pauvre du monde, et ce depuis déjà bien longtemps, un malais sur lequel personne ne semble pouvoir mettre le doigt à son échelle.

Comme tous les jours, Niang s'apprête à faire l'ouverture de sa boutique. Cet ancien voiturier gouvernemental s'est reconverti il y a six mois, avec un business plan dans un secteur qui peut-être, figure parmi les plus prometteurs du moment: l'armement personnel. Niang est donc passé du taxi de luxe à l'armurerie. Au Chandekolza, il est bien aisé, en absence d'une législation semblable à celle des pays plus avancés sur la question, d'exercer un tel changement de carrière. Pour cause, Niang a du flair, et son chiffre d'affaires double tous les trois mois. Parmi tous les habitants du quartier, le restaurant a fermé, le bar a fermé, la supérette du coin a fermée, mais l'armurerie quant à elle tient le pavé haut. Lorsque nos équipes arrivent sur place pour rencontrer notre homme, nous ne pouvons que constater qu'il s'agit de la dernière échoppe du quartier qui n'a pas encore mis la clé sous la porte. Dans un Chandekolza en proie à la stagnation économique depuis de longues années, dont les études récentes ont mis en évidence un PIB/hab non seulement le plus faible du Nazum mais également le plus faible au monde, il n'est guère étonnant de voir les marchands d'armes se frotter les mains.

Niang est content: aujourd'hui, ce ne sont pas moins de quarante clients qui sont venus frapper à sa porte, et il en vient chaque jour un peu plus.

" Les gens ont de plus en plus peur. Les étals des marchés sont vides, et la question n'est pas tant de savoir ce que l'on va manger ce soir que si l'on va manger tout court. Dans ce contexte, c'est normal que les gens veuillent mettre toutes leurs chances de leur côté."

Niang évoque ces difficultés avec une certaine empathie, malgré la nature de son commerce: fataliste, il n'hésite pas à nous répondre que si ce n'était pas lui, ces gens trouveraient un autre moyen d'acquérir des armes. Niang, ayant un peu de temps pour le repas du midi, nous invite dans sa petite balade. Celui-ci connait les bonnes combines, et nous montre étape par étape ses méthodes pour passer entre les mailles de la disette persistante que traverse le pays.

"Le pays entier a de plus en plus faim. On a l'impression d'avoir la classe politique la plus bête du monde, mais on se débrouille et on survit comme on peut. Cela ne sert plus à rien d'aller au marché, tout ce qui est vendu est soit trop cher soit avarié."

Pour cause, les prix des denrées les plus élémentaires semblent avoir explosé au fil des années, pour une multitude de raisons. Les chandekolzans ont tous leur petite idée sur la question, du moins pour ceux qui ne sont pas trop occupés à chercher de quoi mettre dans leur assiette. Ce qui vient à la bouche des chandekolzans en premier lieu est un mot fourre-tout utilisé à toutes les sauces: la corruption. Cela est en partie véridique, mais cette réponse manque de nuances et de précisions. Dans les faits, ce ne sont pas seulement les élites politiques qui sont en cause, et qui pour partie servent les intérêts d'une métropole akaltienne qui ne dit pas son nom, mais les structures mêmes de l'économie de l'Empire anti-colonial. Confédération éparse où la notion d'état est pratiquement inexistante, l'Empire anti-colonial peine depuis sa fondation à se muer en une économie fonctionnelle, et surtout qui n'existe que comme une composante d'un plus vaste marché akaltien. En effet, si en théorie, tous ces territoires bénéficient d'une autonomie politique relative (questionnable), cela est sans dire que toutes ces entités, du Chandekolza à la Nouvelle Kintan, subissent avec passivité les aléas et les fluctuations du marché akaltien au sein duquel l'Empire anti-colonial est intégré. Or, l'économie akaltienne elle même accuse des lacunes préoccupantes, et semble entraîner toutes ses dépendances avec elle dans un cercle vicieux permanent. Le Chandekolza consistue un cas extrême de ce que l'on trouve partout ailleurs au sein de l'Empire anti colonial: pays pauvre dont l'économie est fortement dépendante des secteurs agricoles et de l'extraction de biens bruts, directement exportés ensuite à l'Akaltie. Cela contribue à faire du Chandekolza une économie du rente réduite à un petit nombre de secteurs, extrêmement dépendante des fluctuations des prix des denrées et des ressources minières. Or, le système d'échanges dans lequel s'inscrit le Chandekolza l'incite à rester ainsi une productrice de biens à faible valeur ajoutée tant que l'Akaltie continue à être demandeuse de ces produits. Les services et l'industrie lourde quant à eux sont totalement inexistants.

Ce marasme est devenu d'autant plus criant depuis que la comparaison Chandekolza-Empire Xin a émergé à partir des réformes économiques impériales de 2015-2016. Le Chandekolza stagne et s'enfonce dans une misère structurelle tandis que de l'autre côté de la frontière, l'Empire Xin a accusé un triplement de son PIB intérieur brut annuel rien que pour l'année 2016. Si dans les allées du marché du quartier de Niang, on ne pense pas aux origines complexes de la misère ambiante qui s'est installée dans leur quotidien, on parle des Xin. Et pour cause, c'est vers la frontière impériale que se tournent désormais l'économie souterraine qui permet de faire vivre Niang. Loin des étals "officiels", on vend ainsi sous le manteau des denrées alimentaires venant tout droit de l'Empire du fils du ciel, et pour beaucoup moins cher qu'au local. On estime ainsi que ce n'est pas moins de 40% du PIB annuel brut chandekolzan qui tire désormais son développement du boom de l'économie informelle.

Niang est satisfait de ses courses: il s'est dégoté un sac entier de patates douces pour un prix seize fois inférieur à celui des marchés ordinaires. Il compte bien rentabiliser son achat pour la semaine. C'est ainsi que se dessine le quotidien des plus chanceux des chandekolzans, à son image. Mais même pour lui, cette situation s'avère parfois difficilement supportable.

"Les gens parlent vous savez...et c'est difficile de pas être d'accord avec eux. L'Empire anti colonial a tout simplement abandonné le Chandekolza, on se fait plus trop d'illusions, et on fait avec...mais parfois, je surprends des conversations, et je suis encore plus surpris de me rendre compte que je suis d'accord avec. On arrête pas de parler du "bon vieux temps des Xin". Et je me dis aussi "Si on pouvait appliquer ici les réformes qu'il y a eu là bas, ce serait bien. Si ça marche pour eux, pourquoi ne pas faire pareil ? Je ne dirais même pas non à un rattachement...si être dans l'Empire anti-colonial implique de crever de faim."

Discussions écoutées et vérifiées par nos équipes sur place dans la boutique de Niang dés le lendemain. Nous interrogeons ainsi un client qui s'avère être otivé dans son choix par des raisons pour le moins étonnantes.

"Je dirais pas que c'est avec le pas joyeux que je dois m'armer, mais quand il faut prendre de la qualité, mon choix se porte sur les vieilles armes que les velsniens nous ont laissé quand ils étaient là. C'est pas cher et c'est fiable, et ça me rappelle le bon vieux temps..."

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Fusil vieux d'un siècle, le Corenno modèle 1891 semble devenir l'un des attributs d'une "nostalgie velsnienne"

Ce bon vieux temps, ce client ne l'a probablement pas connu, la période de présence velsnienne s'étant achevée au début du XXème siècle, mais cela en dit long sur le sentiment de nostalgie et de fascination d'un grande partie de la population, à la fois pour l'époque des xin que des velsniens, que ceux qui les remettent au goût du jour évoquent les yeux plein d'étoiles, se rappelant d'une époque quelque peu fantasmée il est vrai, où le Chandekolza était une région plus prospère qu'aujourd'hui. Pour beaucoup, ce fusil Corenno modèle 1891 est devenu le symbole un peu daté d'espoirs que l'on permet de garder près de soit pour un meilleur avenir...reste à savoir ce que les chandekolzans comme Niang vont en faire.
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Opération Kupala
[EXT] Corruption du commissaire de Saipalbon-Tèmpho

Source : Ministère de la Sécurité d'État - Confidentiel

Tandis qu'à l'international, les situations relatives à l'Empire Décolonial Akaltien commencent à lasser les puissances diplomatiques, se détournant des enjeux liés au Nazum, la Poëtoscovie, elle, souhaite poursuivre ses efforts pour une stabilisation régionale.

L'une des puissances rivales de la Poëtoscovie, le Jashuria, semble également préoccupé par la situation, mais l'aborde toutefois d'une façon radicalement différente. En effet, tandis que la nation littéraire use principalement de méthodes clandestines afin d'accroître son influence sur le continent de Nazumi, le Jashuria semble davantage enclin à l'usage de la force. Il est donc à supposer qu'une intervention armée puisse advenir dans des temps proches. Afin d'envisager toutes les possibilités, la Poëtoscovie compte bien bâtir une stratégie fondée avant toute autre chose sur l'anticipation des mouvements adverses. Point cela passe par un renseignement total au sein même des institutions de l'ennemi. Le fait d'acquérir ce renseignement passe également par une surveillance continue et conséquente du territoire le plus instable de la région : le Chandekolza.

Depuis peu, la nation littéraire place ses pions sur Nazum, avec notamment le déplacement de sa troisième flotte au large du Wanmiri. La dite flotte, avantage tactique considérable, possède une capacité d'intervention rapide tout à fait nouvelle et qui pourrait changer la donne si la Poëtoscovie souhaitait intervenir militairement dans la région. En effet, le porte-avions en son cœur, sur lequel sont appareillés de nombreux appareils, dont des avions de chasse et d'attaque au sol, ajoute une dimension de contrôle aérien au-delà de la simple présence maritime. Il était bien noté qu'une surveillance est également élaborée dans le même temps par des drones lancés depuis ce même porte-avions.

Afin de rester conscient de la situation au jour le jour au Chandekolza, les services de la Sécurité d'État de Poëtoscovie (SEP) ont souhaité, dans un premier temps, agir de manière clandestine afin de récupérer du renseignement qui pourrait s'avérer utile par la suite. Cela se concrétise notamment par la corruption d'un haut-fonctionnaire d'État du Chandekolza en échange de renseignements sensibles qui permettraient aux autorités poëtoscoviennes de posséder un renseignement fiable, de qualité, et ce de manière permanente. Le suivi de l'actualité politique peut être assuré à distance, et te rendre plus complexe la compréhension des mécanismes intérieurs liés aux enjeux internes du pays sans avoir une personne dépêchée sur place. Les données transmises permettraient ainsi à la SEP de comprendre les stratégies mises en place par les autorités locales, mais aussi par des puissances étrangères qui souhaiteraient influencer le cours des événements dans la région. Une telle source est donc un véritable avantage pour la nation littéraire, qui peut jouir désormais d'une connaissance précise et au jour le jour de ce qu'il se passe sur place.

Afin d'être au plus près des décisions politiques, mais aussi de la population, il a été décidé de comprendre le chef de la police capitale locale. En transmettant notamment les ordres qu'il reçoit, les renseignements transmis permettront de comprendre avec exactitude les préoccupations de l'État et les moyens d'action qui sont envisagés.

Pays pauvre rémunérant relativement mal ses fonctionnaires, la corruption est donc très facile, notamment dans le cadre d'un commissaire qui ne voit pas en quoi cela serait problématique, au contraire, assez de fonctions, les ordres qu'il reçoit n'étant pas d'une sensibilité extrême. En revanche, le fait qu'il travaille ainsi pour les services de renseignement poëtoscoviens n'a aucun impact sur les ordres qu'il donne ni sur la manière dont il accomplit ses missions au quotidien. Sa routine n'est d'ailleurs pas considérablement bouleversée, puisqu'il agit exactement comme avant, ne passant que quelques minutes par jour à donner les renseignements qui pourraient intéresser la nation littéraire.

Afin de couvrir ses arrières, le service d'ailleurs prétend être une agence d'espionnage autre : celle du Westalia. Ainsi, dans le cas où il viendrait à l'idée du commissaire de dénoncer les pratiques d'ingérence étrangère, l'accusé ne serait pas la Poëtoscovie, laquelle s'en sortirait indemne sur le plan diplomatique point En effet, s'il est assumé que la Poëtoscovie s'immisce dans les affaires nationales d'autres pays, le fait de dévoiler ses pratiques mettrait un frein à sa politique internationale particulièrement interventionniste. Il faut cependant placer une distinction nette entre impérialisme et interventionnisme. Si la Poëtoscovie voit d'un mauvais œil la volonté de certains pays de dominer une partie du Nazum, elle n'est pas non plus pour une vassalisation de ce territoire à Hernani-centre, que cela soit d'une manière militaire, culturelle ou politique.

Afin de recruter le commissaire de la capitale du Chandekolza, la Poëtoscovie enverra une personne de l'ambassade le trouver à son domicile. L'y ayant rencontré pour un entretien en face à face, les services poëtoscoviens peuvent lui donner un appareil de communication sécurisée, permettant au chef de la police locale de transmettre ces informations en toute discrétion, dès qu'il rentre de son travail.

Tout cela participe d'une stratégie globale de la Poëtoscovie dans cette région du monde de plus en plus encline à l'instabilité politique et militaire. Il ne s'agit d'ailleurs que d'une des premières tentatives d'ingérence au Chandekolza, quand d'autres devraient être attendues incessamment. Il s'agit, pour la Poëtoscovie, d'une priorité absolue, si ce n'est existentielle, le nazum sombrant peu à peu, du moins dans sa région Sud, dans l'influence jashurienne. Contester cette même zone d'influence est donc un moyen d'affirmation pour les puissances étrangères, garantissant leurs intérêts commerciaux et diplomatiques partout sur leur propre continent.

Afin de se créer un réseau tout autour du globe, le gouvernement vient d'ailleurs d'allouer des fonds spéciaux considérables à la SEP afin qu'elle puisse dignement rémunérer ses collaborateurs. Les sources, dont les services secrets prennent grand soin, bénéficient également d'une protection. En effet, dans le cas où leur vie serait menacée par le régime qu'elles trahissent, la Poëtoscovie a la capacité d'organiser une extradition vers des pays alliés sans pour autant devoir assumer qu'elle n'est pas le pays qu'elle a prétendu être lors du recrutement de la source en question.

En outre, dans le cas bien spécifique du Chandekolza, la nation littéraire envisage également des interventions militaires, ce qui justifie des coûts exorbitants, liés notamment à la présence de forces en périphérie. Cela comprend la troisième flotte évoquée plus haut, mais également la base militaire du Chandekolza où sont présentes d'importantes forces terrestres, maritimes et aériennes.

Enfin, de telles opérations clandestines vont de pair avec tout un tas d'autres interventions perpétrées par la Sécurité d'État, et ce aux quatre coins du monde. Des interventions à venir au Jashuria, par exemple, ne sauraient qu'être liées aux enjeux régionaux évoqués longuement ci-dessus. Par ailleurs, les différents partenariats culturels que la police combine de signer avec des sociétés privées et des administrations publiques de tout le Nazum prennent une part des conséquences de la politique internationale sur le continent. Ce choix historique de la nation littéraire byzantine de privilégier les opérations clandestines culturelles à l'influence militaire et économique se traduit, dans le cas présent, par une forme de submersion idéologique tant dans les sphères officielles qu'intimes des populations locales. La transition vers un régime pleinement tourné vers le progrès social, et détournant le regard de l'impérialisme jashurien, ne fait que commencer.

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Réussite majeure : Non seulement le commissaire accepte, mais il est d'accord pour aider davantage !

Réussite mineure : Tout se passe bien.

Échec mineur : Le commissaire refuse.

Échec majeur : le commissaire refuse et dénonce la pratique, ce qui ouvre potentiellement une enquête de contre-espionnage (ce qui nécessitera une OP de la part de Kami).

PS : Kami est d'accord pour dire que cette opération est très facile à réaliser, et il m'a dit HRP "je pourrai indiquer aux modos que c'est vraiment pas compliqué et tu t'approcheras des 100 % de chances de réussite [mineure]". Je ne demande même pas un réussite majeure, une réussite mineur me conviendrait parfaitement.
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Depuis Jib'Outhi - Station de radio Colza FM - 06-06-2017


« Vous écoutez Colza FM, la première radio du Chandekolza. Je suis Fey Xuan, la petite voix qui vous accompagne tout doucement jusqu’à votre travail et aujourd’hui, comme à notre habitude, nous vous proposons un tour complet des actualités politiques de notre belle province !

Augmentation des tensions à Jib’Outhi suite à la découverte d’un important réseau de corruption au sein de l’administration de santé, sur fond de prélèvement d’organes. A la suite d’une enquête révélée par le journal jashurien Télégraphe, un important réseau de trafiquants d’organe a été démantelé par la police à l’hôpital privé de Notre Dame des Innocents. L’administration de l’hôpital profitait de l’absence d’identification de certains cadavres dans les morgues pour prélever illégalement des organes afin de les transférer à un acheteur carnavalais. Si la pratique est légale à Carnavale, elle ne l’est pas au Chandekolza, indique le Télégraphe, qui a été alerté lorsque des familles ont découvert que les corps de leurs proches avaient été vidés de leurs organes. Les avocats des victimes entendent porter l’affaire devant le tribunal central.

Nouvelle période de mousson dans la région de Jib’Outhi. Après une période d’accalmie la mousson repart de plus belle et touche désormais les côtes du pays. Les prévisions de la station météorologique de Jib’Outhi indiquent que le gros des pluies nous atteindrons en fin d’après-midi. Les municipalités ont d’ore-et-déjà pris leurs dispositions pour alerter les populations les plus vulnérables des zones sûres en cas d’inondations, en coopération avec les organisations non gouvernementales jashuriennes, qui ont déployé un important dispositif pour lutter contre les inondations dans les municipalités les plus à risque.

La suite de notre journal désormais avec la publication de ce rapport de l’agence de surveillance de la prospérité de l’Empire Anticolonial pour le semestre 2015. Les enquêteurs à l’origine de ce rapport ont confirmé que l’aide humanitaire et les projets d’infrastructures menés par les organisations non gouvernementales ont eu un effet positif sur les zones à fort risque alimentaire. En deux ans à peine, les zones les plus à risques du Chandekolza se sont en grande partie résorbée, grâce à des capitaux, du matériel et des expertises qui ont permis de sortir des zones de l’extrème pauvreté et de dynamiser le tissu économique régional. Toutefois, notent les rapporteurs de l’agence de surveillance de la prospérité, si ces actions ont été décisives dans les zones les plus à risques, les mêmes effets tardent à apparaître dans les grandes villes, phénomène que les rapporteurs attribuent au manque de coopération des pouvoirs publics et à des soucis de corruption.

Nouvelle période de transhumance pour les troupeaux du nord du pays, avec une alerte vigilance pour tous nos concitoyens. Comme vous le savez, la période de transhumance des troupes est chaque année le lieu de nombreux festivals pour les villages de la ceinture nord. Le gouvernement local recommande cependant à tous les citoyens de rester dans les espaces délimités pour les festivités et de ne pas perturber les troupeaux pendant leurs déplacements. L’an dernier, le détournement d’un troupeau par des touristes lofotènes alcoolisés avait causé la perte d’un troupeau dans un ancien champ de mines frontalières. Les vidéos des vaches explosant dans le champ avaient circulé sur la Toile avant que les touristes ne soient arrêtés et traduits devant la justice lofotène.

Enfin dans l’actualité politique de la semaine, la préparation des élections législatives. Bien que les élections soient loin, les représentants politiques des différentes factions sont déjà à couteaux tirés pour s’emparer des précieux sièges au Parlement. Les sondages actuels montrent une certaine fébrilité des citoyens quant à la future composition du Parlement. En effet, l’affaiblissement des financements de la Ligue Anticoloniale et l’émergence du PAC et du PPJ ont grandement chamboulé l’équilibre politique des forces en présence et il est à prévoir que dans les prochains mois, la majorité représentée par le soutien au Công ne soit malmenée par l’émergence de ces partis prônant la fin du « régime des affaires » comme on le dit poliment. Le Chandekolza, prit dans un étau, risque de devenir un champ de bataille politique et les partis cherchent déjà à constituer des alliances afin de peser aux prochaines élections.

Enfin sur une note plus positive, le retour dans la région de Cửasôngphíanam de la grive à gorge rosée. Ces oiseaux, en voie d’extinction depuis plus d’un siècle, ont été aperçu récemment dans la région de Cửasôngphíanam, une première depuis des années. L’institut de préservation de la vie animale et végétale s’est dit stupéfait et a découvert qu’une colonie encore bien vivace s’était installée sur les bords du grand lac. Les autorités locales ont du stopper la construction d’un complexe hotelier afin d’accomoder les volatiles le temps qu’une solution soit trouvée. Les organisations de défense de la vie animale ont été reçues par le gouverneur local pour discuter de l’établissement d’une réserve animale dans le secteur, au grand damn des promoteurs immobiliers.

C’était Fey Xuan, pour la rubrique matinale, une signature Colza FM. »


Base d'Ashoka - Bureau de l'ONG "Lumière de Sarasvati" - 06-06-2017


« Dans le cadre de l’action humanitaire menée au Chandekolza, les équipes ont lancé une vaste opération pour renforcer l’accès à l’eau potable, améliorer la sécurité alimentaire et soutenir l’éducation des enfants vulnérables. Des centres de santé mobiles ont été déployés pour fournir des soins essentiels, tandis que des programmes de formation agricole durable ont été mis en place pour aider les communautés à retrouver leur autonomie. La collaboration avec les leaders locaux et les organisations communautaires a permis d’adapter les interventions aux besoins spécifiques du Chandekolza, favorisant ainsi la résilience et le développement à long terme de cette région en pleine mutation. »

Harsha Agarwal releva le nez de l’en-tête du rapport écrit par le jeune Jitendra Chauhan. Il le reposa sur la table et se massa les tempes, épuisé.

« Je … je rêve où c’est un texte procédural ? »

Le stagiaire devint rouge pivoine et commença à détourner le regard. Il bafouilla :

« Je … j’avais pas d’idée pour l’intro … m’sieur. »

Harsha soupira et mit le texte à la poubelle. Trente pages de papier gâché.

« Jit, tu as encore trois mois pour produire un rapport. Va voir les autres équipes et ne reste pas toute la journée sous le climatiseur. C’est une section humanitaire ici, pas du travail de bureau. On n’attend pas de toi que … »

Le téléphone satellitaire sonna. Harsha congédia immédiatement son stagiaire, qui s’enfuit sans demander son reste. Il décrocha. L’agent était en retard.

« Vous deviez m’appeler il y a deux jours … »

Une voix lui répondit en Jashurien.

« Nous avons eu un contretemps. La moitié des réseaux sont soit morts, soit mènent à des impasses. Nous avons dû ramper dans des endroits … enfin bon … Les boitiers sont posés et nous sommes en mesure d’extraire les informations nécessaires. Nos agents captent déjà les données. Il ne reste plus qu’à attendre que quelque chose de croustillant se présente.

-Parfait. Transmettez-moi les coordonnées à jour. Je transfère le tout « au-dessus » pour mise à jour.

-Je m’en occupe. »


Harsha Agarwal raccrocha et attrapa une pâte de fruits dans son tiroir, qu’il mâchonna pensivement. Le contrôle des réseaux de communication avait été demandé par la Sérénité, mais les agents rencontraient une difficulté de taille : les réseaux de communication filaires du Chandekolza étaient un capharnaüm complet et il était difficile de trier le bon grain de l’ivraie, à moins de brancher des boitiers d’interception à tous les embranchements. Les agents de la Sérénité avaient passé des semaines à essayer de faire sens de l’ensemble des plans des réseaux disponibles … et de les comparer avec les réseaux existants réellement sur le terrain. Autant dire qu’il ne s’agissait pas d’un simple écart entre l’idéel et le réel, mais bel et bien d’un gouffre entier. Il fallut toute la science des agents de la Sérénité pour parvenir à trouver les bons embranchements pour collecter les paquets de données qui transitaient dans les installations vétustes du pays.

Il ne pouvait qu’imaginer la galère dans laquelle ses agents, se faisant passer pour des intervenants des compagnies électriques, avait rencontré. Les réseaux étaient pour la plupart morts, d’autres si vétustes que l’on se demandait comment cela pouvait fonctionner. Certains étaient contrôlés par d’autres compagnies, d’autres étaient miraculeusement extrêmement modernes … Les câbles réseaux formaient un organisme complexe et vivant que les agents avaient du expertiser pendant des mois avant de trouver les bons endroits dans lesquels accrocher leurs boitiers de capture de données. C’était désormais chose faite, mais le vrai travail commençait dès à présent : la surveillance des communications dans les principales villes du Chandekolza.

Il n’était pas dit que les Jashuriens parviennent à trouver quoi que ce soit d’intéressant. Après tout, ils n’avaient pas eu la possibilité d’approcher des installations militaires chandekolzanes. Mais tout pouvait arriver. Tôt ou tard, les Jashuriens espéraient qu’une conversation en apparence anodine ne cache quelque message secret ou information sensible dont ils pourraient tirer parti. Les algorithmes de traitement des données préparés par les informaticiens de la Sérénité analyseraient en simultané les conversations téléphoniques et les paquets de données envoyés par l’internet local et remonteraient les informations pertinentes pour un traitement humain. Pendant que les algorithmes traitaient informations tranquillement, les agents de la Sérénité mettaient en place des zones à surveillance renforcée autour des administrations, des partis politiques et autres zones civiles sensibles afin de réduire le champ des recherches et limiter l’épuisement des équipes. Les algorithmes de traitement ne pouvaient malheureusement pas tout faire et un input humain était nécessaire pour donner sens à toute cette myriade d’informations collectées : écoutes téléphoniques, circulation web, fichiers téléchargés, … Bien entendu, certaines zones du réseau restaient hors d’atteinte : serveurs privés non connectés aux réseaux, firewalls, … La Sérénité espérait pouvoir délimiter aussi les zones où elle ne pouvait pas aller via ses explorations des réseaux. Plus la sécurité se renforçait à certains endroits et plus il devenait intéressant de se pencher sur ce qu’il y avait derrière.
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