En conférence de presse, Léonpold Castelage présente une pépite d'or qu'il assure être tirée de la concession aurifère n°6 en Messalie.
Merveilleux !
Plusieurs quartiers font remonter la floraison des perce-neiges DalyohaTM dans les rues de Carnavale.
Inquiétant ?
La signature informatique de Justin l'Eternel reporté dans de plus en plus d'appareils carnavalais : l'adjoint aux services informatiques se veut rassurant quant au risque d'une potentielle singularité.
Tranquille !
Robotic & Toc se lance dans une vaste campagne publicitaire pour changer son image de marque auprès des Carnavalais : non, tous les drones qui volent dans le ciel ne sont pas des drones tueurs, certains livrent simplement de la nourriture.
Sauvé !
Psychopathie : n'oubliez pas, Grand Hôpital recrute.
Hâte !
Miss et Mister Bourg-Léon récompensera ce samedi les prothèses les plus élégantes dans plusieurs catégories ! Ce soir à 20h, seulement sur CARNAVALE+.
Odorant !
Parfums de fleurs : entêtantes mais pas dangereuses.
Terrifiant !
Virage communaliste : la peine de mort pourrait être remplacée par une condamnation à la vie éternelle.
Modes et merveilles a la tête dans les étoiles : Hautbois de Senteur, Jarcques Ange et Lucie Reine vont être les premiers astronautes à porter une tenue de la célèbre marque de haute-couture lors de la mission Mercure à bord de la Station spatiale carnavalaise au printemps prochain. Les astronautes carnavalais seront bel et bien les plus chics en orbite grâce à ce partenariat unique au monde qui allie technologie de pointe et style avant-gardiste. Ce projet, né d’une collaboration entre la mairie de Carnavale, repreneuse du programme spatial Obéron, la start-up cramoisienne Ad Astra, le département de recherche en médecine et physiologie spatiale de Boug-Léon et l’enseigne Modes et merveilles, signe une alliance jamais-vue et un tournant symbolique dans l’univers spatial.
Bien qu'à Carnavale, le progrès scientifique soit un élément de fierté culturelle et de soft power largement diffusé au sein de la société, l'exploration spatiale, la fuséologie et la dronotique demeurent, sans l'imaginaire populaire, souvent rattachés à des domaines scientifiques très techniques, et souvent abscons. Une barrière dressée entre la population et ses élites technocratiques qui menace la cohésion sociale au sein de la Cité noire, déjà fragilisée par ses terribles inégalités. Afin de lui permettre de sortir de la niche dans laquelle il s'enferme parfois, le spatial pourrait connaître un regain de rayonnement en bénéficiant de la popularité de Modes et merveilles, symbole du chic et du raffinement de la haute société.
Ainsi, en imaginant la combinaison baptisée Rôdeur céleste, l’enseigne confirme son talent pour allier praticité et esthétique. Sa réputation n'est pas usurpée et s'incarne dans une série de progrès inédits : casques connectés adaptés aux dernières innovations dans le domaine de la craniologie, soufflets turbines glissantes aux épaules et genoux pour faciliter la mobilité, intégration de parties mécanisées inspirées des exosquelettes Obéron, fermetures éclair étanches à l’air dotées de tirettes ergonomiques et même une possibilité d’adapter la taille de la combinaison en ajustant l'épaisseur des semelles pour amortir les chocs. Le tout est pilotable grâce à un moniteur au poignet directement accessible depuis l'intérieur des gants. Par ailleurs, le Rôdeur céleste a été conçu pour que les astronautes puissent l’enfiler et le retirer entièrement en moins de deux minutes, sans aucune assistance, grâce à ses lanières entrelacées.
Dans une déclaration à la presse, Guy Dehors, chargé de communication du laboratoire Textile Découverte chez Modes et merveilles a déclaré : « Le Rôdeur céleste démontre que les forces vives et fleurons carnavalais sont en capacité de travailler ensemble au service de l'excellence et de l'innovation. Là où d'autres nations sont contraintes de faire appel à des prestataires internationaux, la Principauté de Carnavale persiste et signe à demeurer souveraine sans rien concéder en matière de développement scientifique. Modes et merveilles n'ont pas peur d'explorer au-delà de leurs terrains d’expression traditionnels, tout comme nos astronautes repoussent chaque jour les limites de là où l'être humain n'a jamais mis encore les pieds ». Côté style, dans un ton blanc cassé, la tenue évoque les accumulations de voiles et de tissus typiques de la Kabalie, qui ont été inspirés par les ingénieurs d'Ad Astra, la start-up cramoisienne. Fonctionnelle et élégante, alliant la sobriété du noir à la pureté des tons blancs, elle tranche avec l’équipement XXL et boursoufflé habituel des astronautes en orbite.
Bien que plusieurs organismes de renom carnavalais soient impliqués dans le projet, le choix de Modes et merveilles pour habiller les futurs astronautes de la station spatiale peut sembler surprenant. En effet, spécialisée dans la haute couture, la marque s'est davantage illustrée par le passé pour la qualité de ses défilés que pour des vêtements fonctionnels ou professionnels. Les habits traditionnels des milices n'ont d'ailleurs jamais été confiés à Modes et merveilles jusqu'ici, les grandes familles lui préférant d'autres prestataires tels que l'atelier de textile militaire Couture pour les milices Dalyoha ou la maison Style irisé pour le clan Castelage. Sur les réseaux sociaux, les Carnavalais s'amusent ou s'interrogent de ce choix pour le moins surprenant. Des commentaires plus ou moins bienveillant témoignent des sentiments ambivalents des habitants de la Cité noire : « Joli mais dans l'espace, personne ne vous entend défiler », « Avoir du style c'est bien, ne pas laisser mourir de faim les précédents astronautes c'est mieux », « Les combinaisons XXL étaient plus goofy... » ou encore « La mode Carnavalaise rayonne jusque dans la stratosphère ! ».
Un article signé Philippe Pine.
Ad Astra militarise la conquête spatiale 100 balles et Mars
Brune Orangette est de ceux-là : formée par les Industries Obéron pour travailler dans l'aéronautique, elle a été débauchée par Robotic & Toc peu après l'Armageddon't. Cette jeune femme austère et très probablement sociopathe est un pur produit des prestigieuses écoles de formation en ingénierie militaire de la Principauté. Son travail l'amène autant à côtoyer les grands buildings élancés de la Cité noire que ses sous-sols, quatrième cercle des égouts où se trouvent le gros de l'industrie de la Principauté. Des ascenseurs installés du temps de Pervenche Obéron permettent de passer du 67ème étage au -502 en seulement vingt-cinq minutes de trajet en tube à vide. Pas de temps à perdre pour la technocratie carnavalaise, chaque minute perdue dans les transports sont des profits en moins pour les industries.
Mais l'innovation ne saurait se contenter des ateliers et laboratoires scolaires. Les découvertes se font principalement sur le terrain, d'où remontent les données les plus précieuses. Chance pour Carnavale : elle ne manque pas de terrains d'affrontement sur son propre sol où la guerre aux gangs et aux lépreux permet de tester en situations réelles les dernières créations de Robotic & Toc. Dans ce processus, les soldats et miliciens jouent un rôle crucial, par leurs témoignages, l'analyse de leurs données biométriques et surtout en faisant preuve d'imagination et d'adaptabilité pour explorer le plein potentiel de ces petites merveilles de technologie.
C'est le cas de Harpe Jusdefruit : à vingt-six ans, cette jeune carnavalaise s'est engagée dans les milices Castelage où elle a déjà gagné son nom de code (que nous tairons naturellement). Jusqu'à récemment, elle travaillait comme paramédicale dans l'une des cliniques Dalyoha de la périphérie de Carnavale. C'est la recrudescence des incursions de lépreux dans son quartier qui l'a motivé à s'engager plus nettement au service de la municipalité. Si les milices Castelage sont toujours preneuses de nouvelles recrues, elles apprécient particulièrement les profils les plus qualifiés, capables de s'adapter à de nombreuses situations.
Alors Harpe Jusdefruit s'est reconvertie en pilote de drone kamikaze. En quelques années, les drones carnavalais sont devenus l'une des armes les plus utilisées dans le dédale urbain de la Cité noire. C'est actuellement la solution la plus efficace car Carnavale n'a rien d'un champ de bataille classique où s'affrontent des armées conventionnelles. Ses rues sont autant de pièges mortels et d'embuscades tendues contre ceux qui ne la pratiquent pas au quotidien. Habituées au combat urbain, les milices essuient malgré tout des pertes préjudiciables face à des ennemis tout aussi retors et malveillants que peuvent l'être les élites carnavalaises. La technologie, cependant, change la donne. Les lépreux ne peuvent se payer les dernières innovations de Robotic & Toc qui espère équiper Commissariat Central et les milices des grandes familles pour leur permettre de prendre définitivement le dessus sur leurs adversaires.
L'alternative qu'a trouvé Harpe Jusdefruit pour s'engager autrement, c'est de ne pas prêter le flanc directement aux embuscades de ses ennemis. Si elle ne va pas en personne sur le terrain, elle ne risque pas de mourir dans un piège idiot ou de se laisser surprendre par les illusions d'optiques générées par les échos urbains. Grâce aux drones kamikazes, la milicienne est en capacité d'anéantir l'ennemi depuis le ciel. Les drones ont également la capacité de pénétrer à l'intérieur des bâtiments pour y dénicher avec prudence des ennemis embusqués. Une façon de faire de la reconnaissance sans prendre de risques. Robotic & Toc souhaite produire une gamme de drones adaptée à toutes les fonctions militaires, de l'escarmouche à la bataille rangée en passant par l'espionnage, l'assassinat et le bombardement. Des drones de soutien sont également envisagés pour ravitailler les milices directement sur le terrain et leur permettre de renouveler leurs munitions, voire leur armement, pour gagner en polyvalence face à toutes les situations.
A ses côtés, Anna Stase, vingt-quatre ans, est déjà un pilote expérimentée de drones tirailleurs. Sa mission est d'opérer des tirs de suppression sur les positions retranchées des ennemis de la municipalité. Alors que les fonctions militaires sont traditionnellement dévolues aux hommes dans les autres pays, la Principauté se montre étonnement avant-gardiste en matière d'enrôlement des femmes sur le terrain, leur confiant des tâches techniques et maintenant... dronotiques. Carnavale est un petit pays, rapporté à son nombre total d'habitant, et doit faire feu de tout bois aussi la contribution de chacun est-elle importante. D'autant que de nombreuses études ont formellement démontré qu'il n'existait aucun déficit intellectuel spécifique à la gente féminine, malgré de récurrentes rumeurs affirmant le contraire. Au contraire : précises et méthodiques, les femmes font d'excellentes guerrières, pour peu qu'elles reçoivent la formation adaptée.
A Carnavale, rien d'étrange à ce que beaucoup de femmes se soient orientées vers les bombardiers, les drones kamikazes et d'autres types de machines de mort. Si Carnavale brille par son racisme qu'elle assume et revendique même, les femmes, pourvues qu'elles soient blanches, ne subissent pas de discriminations notables. Le transhumanisme dépasse le piège de la chair, qu'importe le sexe ou le genre, tout cela compte bien peu au regard de la seule caractéristique que valorise la Principauté : le génie. Le commandos de miliciens dans lequel opèrent les deux pilotes accueille d'ailleurs de plus en plus de femmes engagées dans l'unité.
Ce week-end, la purge annuelle des cheminées des fours crématoires provoquera une pluie de cendre sur Carnavale. Ne pas la confondre avec des flocons de neige. Ne pas avaler.
Encourageant !
Se reconstruire positivement après une amputation : c'est possible grâce au yoga.
Amusant !
Olivier Fugace, ingénieur chez Robotic & Toc, publie son premier recueil d'histoires drones.
Questionnant !
Contre-culture : oui mais contre qui ?
Adieu !
Réforme de l'euthanasie : les patients en phase géotherminale pourront désormais mettre fin à leurs jours en sautant dans un puits sans fond.
Rappel !
Contrairement à ce qu'affirment certains moines défroqués, bénir de l'eau ne la rend pas plus potable.
Prévenant !
Devenir fou : oui, mais pas n'importe comment ! Prenez rendez-vous au Palais d'Hiver.
Prudence !
Chiens : en meutes organisées, personne peut les canaliser.
Sage !
Lois de la physique gênantes : la meilleure solution est encore de les ignorer.
Opportunité !
Avortement : offrez votre enfant à la science et repartez avec des bons de réduction.
Génial !
IST party ! Ne ratez pas les dernières infections sexuellement transmissibles à la mode, importées tout droit du Makota !
Honneur !
Décès de Bartholoméon de Petipont : Carnavale lui érigera un statue sur le boulevard des Météores.
Surprenant ?
Une étude visant à expliquer certaines anomalies architecturales conclue que la ville de Carnavale suit une géographie non-euclidienne.
Inquiétant !
Non respect des frontières convenues entre Carnavale et les Jardins Botaniques : Grand Hôpital menace de rompre l'alliance thérapeutique.
Carnavale Demain revient sur deux exemples récents d'innovations stratégiques carnavalaises en matière de dronotique militaire
Dispute pour le ciel au quartier des léproseries
Carnavale est un terrain d'entrainement éprouvé pour les stratégiques de combat en milieu urbain et cela fait longtemps que ses industriels profitent des combats de rue intenses ayant lieu dans la Cité noire pour expérimenter leurs dernières armes dans un environnement contrôlé. Ainsi depuis plusieurs mois, des essaims de drones Hermès de Robotic & Toc ont frappé quotidiennement le quartier des léproserie, bastion retranché du nouveau roi lépreux et menace pour tous les quartiers adjacents. Malgré la supériorité indiscutable de l'armement des milices municipales, les lépreux se sont mis à produire eux aussi des drones artisanaux, construits à partir de pièces mécaniques remontées et de carcasses de drones Hermès abattus. Face à cette menace non conventionnelle, les milices Castelage ont dû revoir leur stratégie afin de tenir la cadence en termes de productions. Moins chers, plus légers et discrets, Robotic & Toc mise désormais sur une nouvelle gamme de drones intercepteurs, boostés par l'intelligence artificielle, pour contrer cette nouvelle menace venue du ciel.
Les attaques des drones envoyés depuis le quartier des léproseries sont massives, la réponse devait donc l'être tout autant. Face à des petits engins capables de déplacer des charges explosives dévastatrices contre les postes avancés miliciens, le clan Castelage a mandaté Robotic & Toc pour développer la contre-attaque. Au total, ce sont plus de 1 000 de ces engins volants artisanaux (EVA) qui ont été lancés par le quartier des léproseries, rien qu’en mars, dont 128 en une seule nuit. Face à ces drones low cost, les armes de contre-attaque standard sont souvent dépassées. Les sniper carnavalais, véritable armée d'élite au sein des milices, ne peuvent à eux seuls repousser les machines volantes et particulièrement mobiles. La DCA est quant à elle trop peu nombreuse, trop peu efficace et trop onéreuse : chaque canon anti-aérien de dernière génération coûtant environ 10 000 chèque carnavalais à produire et installer, sans parler des coûts de manipulation et d'entretien.
La Principauté de Carnavale a longtemps compté sur des groupes mobiles armés de mitrailleuses anti-aériennes, caméras thermiques et tablettes reliées à un système central de détection, géré par des opérateurs-coordinateurs. Mais les lépreux, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ne sont pas idiots et se sont rapidement adaptés à ces stratégies : ils volent maintenant à plus de 3 000 mètres d’altitude, loin au dessus des plus hauts buildings, afin d'échapper aux tirs directs, et plongent à la verticale comme des oiseaux de proie sur leur cible. Le résultat s'est fait ressentir ces derniers mois puisque début janvier, le taux d’interception de ces prédateurs volants était passé de 96% à 85%, ce qui revient à multiplier par trois le nombre de drones qui réussissent à toucher leurs objectifs. Heureusement, les milices apprennent vite et ont pu adapter leurs méthodes...
Les milices Castelage, en coordination avec l'adjoint municipal au stockage et à l'acquisition de matériel de défense ont ainsi signé un contrat avec Robotic & Toc pour plusieurs centaines de drones de reconnaissance et d'interception. Une information qu'ont annoncé le directeur du département de la communication de Robotic & Toc, Gilbertrand Bleufusil et l'adjoint municipal Elisidore Géranium, dans une interview pour Carnavale Matin. Concrètement, il s'agit pour l'entreprise carnavalaise de convertir des robots domestiques, dévolus à des tâches subalternes comme la livraison de nourriture ou la surveillance des foules, en intercepteurs capables d’abattre des drones artisanaux en plein vol. Une technique inspirée de la nature puisque Carnavale fait usage depuis plusieurs décennies d'oiseaux de proie afin de débarrasser les toits de la ville des pigeons et autres chauves-souris qui y nichent. Cette nouvelle gamme de drones, baptisés Cherry Lady, sont mille fois moins onéreux qu'un grand drone IA de classe Hermès, et parfaitement adaptés à une production rapide et en masse, contre un ennemi faiblement équipé mais débrouillard et polyvalent dans ses stratégies.
Selon Robotic & Toc, certains modèles, comme le Kiss Me Lady, affichent un prix entre 100 et 500 chèques carnavalais et peuvent donc être produits à grande échelle mais également sacrifiés sans scrupules. Carnavale, dont la stratégie militaire s'appuie autant sur des opérations commandos que la terre brûlée, devait pouvoir envoyer au combat du matériel efficace et sacrifiable, correspondant à sa doctrine d'embuscade et de pièges urbains. Les milices doivent pouvoir donner l'impression qu'elles ouvrent un front dans une rue en déployant d'importants moyens techniques, puis prendre la fuite, quitte à laisser leur matériel sur place, afin d'attirer l'ennemi sur un terrain plus adapté à l'affrontement. Elisidore Géranium, l'adjoint au stockage et à l'acquisition de matériel de défense, s'est fécilité cette semaine que des centaines de "moustiques" (le surnom donné à la quincaillerie des lépreux) ont été abattus en cinq jours, grâce à ces intercepteurs. Les drones Cherry Lady seront désormais intégrés à la structure de défense de la Cité noire, "Ciel Bleu".
Cette structure de défense, mise en place dans le package de réformes industrielles et militaires d'Améthyste Castelage, repose sur une architecture stratégique polyvalente, flexible et modulaire. Elle combine à la fois les traditionnelles unités de tir, postées sur les hauteurs dont ne manque pas la Cité noire (buildings, architecture gigantiste, etc.) mais également d'un centre de coordination lui même divisé en petites unités assignés à chaque brigade, des opérateur à distance avec support IA et satellite qui coordonent les hommes grâce à l'usage de relais neuronaux. Ces soldats spécialisés dans le contrôle du terrain bénéficient pour la plupart d'une formation spécialisée et, désormais, pourront s'appuyer sur le soutien des drones intercepteurs pilotés à distance. Comme signe de la réussite de cette stratégie, Gilbertrand Bleufusil cite dans Carnavale Matin une estimation de la brigade anti-terroriste de Commissariat Central, selon laquelle plus de 300 attentats et attaques aux drones pilotés depuis le quartier des léproseries auraient été empêchés dans les quartiers frontaliers, grâce à cette méthode d'interception polyfrontale.
Mais la promesse de Robotic & Toc de réussir à fabriquer des drones peu couteux et à grande échelle ne suffira pas à garantir leur efficacité en toutes circonstances, alerte la lieutenante Constencens Millefeuille. Carnavale fourmille de trésors et de pièces détachées qui peuvent permettre de fabriquer des armes létales et redoutables directement au coeur de la Cité noire, sans parler de sa confusion architecturale qui banni tout espoir de pouvoir contrôler définitivement et totalement le ciel. C'était du moins ce que croyait la municipalité jusqu'à ce que plusieurs programmes de recherche initiés dans les années 2010 par les Industries Obéron et repris à leur compte par plusieurs start-up ne donnent des résultats inespérés et satisfaisants. En effet, si des êtres humains, même bien organisés, ne peuvent espérer avoir le regard partout, la société carnavalaise Diable d'or s'est lancée dans la production d'un système de guidage DDo-1, basé sur une analyse de l'environnement alimentée par l’intelligence artificielle. Ce système, conçu pour les drones tueurs, devrait permettre à ces engins d’atteindre leur cible et ce malgré les brouillards électroniques qui les coupent du pilote. Echaudé par les risques que font peser sur la Cité noire les stratégies de brouillard, Carnavale se dotera dans les prochaines années d'une flotte aérienne totalement autonome, a déclaré Améthyste Castelage en interview.
Terminons la première partie de cet article sur une anecdote amusante : certains des robots domestiques reconvertis en intercepteurs sont des créations Cielestin Armatteur, magnat des mobilités douces, du zeppelin et du progrès technique, et concurrent notoire de Robotic & Toc. Cela ne les aura pas empêché de collaborer autour du projet Cherry Lady, à la demande expresse d'Améthyste Castelage qui entend faire fonctionner l'industrie de défense au pas de l'oie.
Guerre sous-marine : "si Carnavale n'y va pas, personne n'ira"
Là où les drones Cherry Lady étaient des engins peu couteux et destinés à la défense du ciel, la société carnavalaise Métal Hurlant a dévoilé dans la foulée des annonces de Robotic & Toc être en train de travailler sur le Sireine, un nouveau modèle de drone capable de traquer et couler des sous-marins de manière autonome. On est loin des petits engins, le Sireine devrait peser environ sept tonnes ce qui fait de lui l'un des plus beaux bébés des industries carnavalaise. Il fallait au moins cela pour lui permettre de remplir sa mission : nettoyer les eaux de la Principauté de potentielles menaces hostiles dissimulées sous la surface de la mer.
Améthyste Castelage n'a pas inventé grand chose, malgré sa déclaration d'intention à l'automne dernier, annonçant la robotisation de la flotte d'avions de guerre de Carnavale. Les Industries Obéron travaillent sur le dossier depuis bien longtemps déjà et l'un de leurs enfants bâtards, la société Métal Hurlant, a officiellement annoncé travailler sur un nouveau drone autonome de grandes dimensions, le Sireine, dédié aux opérations navales, lors de l'édition 2018 du salon militaire de la Principauté : le Carnavale AirSpectacle. Ce modèle inédit, lorsqu'il aboutira, a été présenté comme le tout premier drone pouvant repérer puis attaquer des sous-marins de manière indépendante, sans téléguidage humain. Si certains ont pu redouter le développement de technologies militaires autonomes, celles-ci se justifient dès lors que la guerre se mène sur des terrains peu lisibles comme le milieu urbain densément peuplé ou, plus exemplairement encore : les fonds marins.
Si le projet Sireine aboutit, il marquera un tournant dans la lutte anti-sous-marine, du moins si on en croit les affirmations de ses constructeurs. Ces-derniers se veulent confiants. Mathéorème Bravebalafre a détaillé tout ce qu'il était possible de révéler sans contrevenir au secret défense et industriel. L'occasion pour les participants à la 71ème édition du salon Carnavale AirSpectacle d'observer de plus près les caractéristiques de ce drone unique au monde. Comme bien souvent avec les modèles sorties des fonderies Métal Hurlant, le Sireine présente une apparence atypique, pensée à la fois pour l'ergonomie (en vol et dans l'eau) mais également pour impressionner. Sur son dos, le visage d'une Méduse antique hurlant saisit l'assistance qui détourne spontanément le regard devant de telles peintures de guerre. Avec son long corps et élancé, ses très fines ailes destinées à se rabattre partiellement pour favoriser la pénétration dans l'eau et sa grande taille, le Sireine afficherait une envergure de 18 mètres de long.
Comme on dit, ce n'est pas la taille qui compte, mais en matière d'armement elle offre malgré tout quelques avantages. Le Sireine disposerait en effet d'une endurance de 40 heures, tout en pouvant opérer à plus de 10 000 mètres d'altitude. Une amplitude de déplacement qui lui permettrait d'atteindre et de baliser rapidement la distance entre la métropole carnavalaise et les Îles Marines, où il pourrait recevoir du ravitaillement. Surtout, construits en bonnes quantités, les drones Sireine permettrait à la Principauté d'opérer une rotation au dessus de ses eaux et donc de quadriller en permanence sa ZEE. Le drone peut ainsi rester en activité pendant près de deux jours, pour tenter de repérer des sous-marins croisant dans une zone précise. Un avantage considérable pour garder la main sur le golfe de Carnavale où siège l'île de Bourg-Léon, mais également pour compenser l'absence de marine carnavalaise en mesure de patrouiller jusqu'au cœur de l'océan d'Espérance où la Principauté possède ses postes avancés.
Le drone Sireine se distingue des appareils concurrents dans le secteur de la surveillance maritime grâce à sa capacité à déployer des bouées acoustiques, dont la fonction est de détecter des sous-marins par écho-localisation. Une fonction jusque-là réalisée par les avions et les hélicoptères mais à la différence de ces derniers, le drone Sireine peut analyser lui-même les données obtenues par les bouées acoustiques à l'aide de l'intelligence artificielle. Les données obtenues ainsi lui permettent, en un temps record, d'identifier la nature et la localisation de ses cibles pour ensuite les attaquer à l'aide de torpilles anti-sous-marines légères. L'avantage de l'intelligence artificielle dans une telle situation est qu'elle minimise le temps de réaction minimal et laisse donc beaucoup moins de chances à la cible de s'enfuir. Un scénario dans lequel l'armée de l'air de la Principauté parviendrait à opérer plusieurs dizaines de ces drones en activité simultanément ferait peser une menace difficile à contrecarrer pour les sous-marins étrangers. Les appareils qui comptaient sur leur rapidité et leur discrétion pour se dissimuler dans les eaux carnavalaises ne feront bientôt plus les fiers grâce à Métal Hurlant.
Toujours soucieuse d'associer efficacité et qualité, la Principauté repousse à chaque innovation les limites connues de l'optimisation. Le drone Sireine serait ainsi une alternative moins coûteuse aux avions de patrouille maritime, promet Mathéorème Bravebalafre. Les premières estimations de la société Métal Hurlant estiment son coût théorique à 34 000 Chèque Carnavalais, contre plus de 80 000 pour un avion de guerre de dernière génération. Ces-derniers mobilisent par ailleurs un équipage d'une dizaine de personnes et sont régulièrement en maintenance. Il est en effet relativement rare qu'une nation soit en mesure de déployer l'ensemble de sa flotte d'un seul coup, faute de roulement suffisant des pilotes, et en raison de modules qui peuvent être partagés par plusieurs appareils à la fois. La dronotique pourrait régler ce problème : une patrouille de Sireine est en mesure de remplacer ces avions à moindre prix, pour une efficacité équivalente si ce n'est supérieure, et sans risque de pertes humaines.
Demeure un enjeu de taille, soulevé au salon suite à la présentation de Mathéorème Bravebalafre : la capacité de l'intelligence artificielle à déterminer quelles sont ses cibles sans se tromper. Si Carnavale n'a pas comme doctrine de s'effaroucher de quelques dommages collatéraux, les actionnaires de la Principauté s'inquiètent néanmoins quant au potentiel gâchis de munitions que pourrait entraîner la destruction de cibles non prioritaires en cas de cafouillage de l'intelligence artificielle. Mathéorème Bravebalafre s'est montré rassurant en expliquant que la lutte anti-sous-marine est déjà confrontée depuis longtemps à ce type de problèmes de détection des cibles : un sous-marin peuvent être confondus avec un iceberg, un récif ou une baleine, leur destruction nécessite de la précision, du sang-froid et un entraînement vigoureux des équipages. Or, la plupart des erreurs proviennent du facteur humain. L'intelligence artificielle, elle, est beaucoup plus précise et méthodique que ne le sera jamais un pilote coqué, malgré la qualité de leur formation, s'est empressé d'ajouter Bravebalafre. Malgré ces explications, il est pour l'instant encore impossible de dire si le drone Sireine dévoilé par Métal Hurlant est capable de tenir ses promesses. Le drone, prévu pour sortir début 2020, devra faire ses preuves en situation réelle s'il veut conquérir la confiance des investisseurs et, qui sait, propulser Métal Hurlant au rang de nouveau fleuron de la Cité noire, au même titre que ses concurrents Robotic & Toc ou Cielestin Armateur.
Un article signé Adrienne Hyène.
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Défense anti-missile : il n'y a pas que la DCA dans la ville !
Demeurer à la pointe de l'innovation en matière de technologie militaire est un enjeu existentiel pour Carnavale. Afin d'assurer sa souveraineté sur les questions scientifiques, la Principauté se doit de redoubler d'intelligence et explorer des voies que d'autres se refusent à emprunter, souvent par peur de ne pas obtenir les retours sur investissements à la hauteur des risques pris. Carnavale, c'est notoire, a fait de la prise de risque sa marque de fabrique sur le plan scientifique, ce qui lui valu quelques désastres, mais également de nombreux succès. Davantage que n'importe qui consciente de ce que représente la menace balistique, la Principauté a fait le choix, pour sa défense anti-missile, de se doter de plusieurs couches de boucliers de protection différents, de sorte à ce que si l'un venait à être insuffisant ou défaillant, les autres pourraient prendre le relais.
L'avantage de la Principauté est qu'elle dispose d'un stock de têtes explosives et d'une expertise en fabrication de missiles suffisante pour s'entraîner sur elle-même. Les observateurs étrangers qui surveillent l'activité militaire de la Principauté auront pu noter un étrange phénomène débuté à la fin de l'hiver 2018 : les trajectoires de certains des missiles hypersoniques carnavalais tirés depuis la Cité noire ou des Îles Marines, se sont soudain mis à suivre des trajectoires erratiques, suscitant la curiosité des analystes militaires.
Ainsi, et ce malgré la qualité notoire des missiles de fabrication Obéron qui ont suivi une modernisation continue depuis des décennies, en particulier pour réduire leur vulnérabilité face à la DCA d'interception lance-missile, plusieurs des engins BONNE SANTE ont fini leur course dans les champs OGM de l'arrière-pays carnavalais. L'analyse détaillée de leurs trajectoires montre que les crash ont eu lieu après une perte de vitesse à Mach 5 ou davantage. Les points d'impacts et cratères, qu'étudient les experts en balistique carnavalaise, se trouvent pour certains parfois à plus de cent mètres de leur cible originelle, confirment qu’un dysfonctionnement systématique s'est installé dans l'arsenal Obéron. Alors comment Carnavale a-t-elle réussi à contourner ses propres défenses et à quoi joue le SAD BB en opérant et détournant des tirs d'essai sur son propre territoire ?
Selon les sources de Carnavale Demain, un nouveau système d'illusions informationnelles, piloté par l'unité Vertige, serait à l’origine de ces échecs répétés. Cette brigade au sein du SAD BB, héritier des milices Obéron, a reprit et perfectionne en ce moment même ce système de guerre électronique basé sur une méthode de spoofing des satellites, qui sont très prisés par les armées conventionnelles. D'après les premiers retours de terrain qu'a bien voulu nous communiquer le SAD BB, le spoofing serait plus efficace car plus insidieux que le brouillage traditionnel : au lieu de bloquer les signaux satellites, la stratégie du SAD BB consiste à envoyer de fausses données qui trompent et embrouillent le missile récepteur, l’amenant à indiquer une mauvaise position. Carnavale utilise cette technologie depuis 2016 avec le système Obéron appelé Viola tricola, fleur censée engourdir les sens. Néanmoins, le système actuellement expérimenté par l'unité Vertige semble plus abouti.
Albernest Brulot, le Secrétaire Général du SAD BB, a accepté d'expliquer plus en détails les ambitions de l'unité Vertige : "Le SAD BB déploie une grande bulle de ce que nous appelons une fébrilité de navigation en transmettant une série de signaux trompeurs en format binaire. Sur certains appareils, selon leurs modes de vol, cela produit des anomalies dévastatrices dans l’un des récepteurs du missile, ce qui pousse son autopilote à tenter une stabilisation tout en ignorant effectivement les autres capteurs. Autrement dit, nous retournons l'intelligence artificielle, même lorsqu'elle est minimale, contre l'appareil en lui fournissant des données erronées qui produisent un bruit déstabilisant pour les capteurs."
L’effet est suffisamment subtil et pernicieux pour ne pas être détecté par les systèmes de défense informatique de type anti-virus. Le missile croit naviguer normalement, mais il engrange des erreurs qui aboutissent à le conduire hors de son axe originel. Dans un cas documenté, un missile Obéron POISSON NOIR aurait frappé à près de 100 km de sa cible initiale et détruit une grange à foin. Un écart incompatible avec des opérations de précision. Vingt-et-un missiles auraient ainsi été "perdus" à ce jour selon les ingénieurs de l'unité Vertige, certains s’écrasant même sans explosion, signe d’une perte totale de cohérence des capteurs.
La technique prend à revers les méthodes classiques de calcul et de réajustement en vol des trajectoires de missiles. Car l'unité Vertige n'est pas la seule à étudier les techniques anti-missiles. De l'autre côté de ses ateliers, les ex-ingénieurs Obéron désormais affiliés au SAD BB travaillent précisément à rendre leurs missiles inarrêtables. Deux groupes de recherche qui se font donc concurrence au sein de la même institution, chacun rivalisant pour triompher des parades mises en place par l'autre. Cette saine compétition est une stratégie assumée par Albernest Brulot qui insiste pour maintenir à la pointe les technologies balistiques de la Principauté, en termes d'attaque et de défense, et faire perdurer l'héritage et le savoir-faire des Industries Obéron en matière de science balistique.
Car ce jeu d’adaptation constante n’échappe pas aux ingénieurs balistique. À mesure que le spoofing s’impose comme une menace opérationnelle, les opérateurs de missiles ont eux aussi entrepris d'accélérer la mise au point de détecteurs d’anomalies de navigation en intégrant des algorithmes plus résistants aux signaux factices. Un jeu du chat et de la souris entre les différentes instances du SAD BB, qui pourrait durer tant que les progrès technologiques seront possible. Autant dire, à Carnavale, un progrès sans limite qui a de quoi réjouir les investisseurs.
Comme de nombreux pays, la Principauté de Carnavale et le SAD BB misaient jusqu’ici sur des antennes à éléments multiples pour fendre le brouillard informatique susceptible de perturber la trajectoire des missiles. La technologie progresse d'ailleurs rapidement, les arsenaux carnavalais étant passés de quatre à six modules depuis 2017 et les unités de contre-brouillage du SAD BB prévoient d'en ajouter quatre autres d'ici 2020. Mais ces récepteurs sophistiqués, performants contre le bruit radio, se révèlent vulnérables lorsque la défense ne consiste pas à brouiller les détecteurs sensorimoteurs du missile mais à lui envoyer un faux signal méthodiquement construit pour le leurrer.
Dans la zone triangulée par nos leurres, nous déployons une sorte d'enveloppe électromagnétique. Chaque missile qui y pénètre va recevoir des données qui lui feront supposer que le signal s’applique à lui. Ils réagissent dès lors en conséquence, résume un opérateur de l'unité Vertige. Ce système de spoofing affecte simultanément tous les vecteurs de la machine, ce qui donne à l'appareil une impression de cohérence globale et le pousse à recalculer sa trajectoire, comme s'il avait été poussé par le vent par exemple. Sur de grandes distances, la divergence s'accumule parfois sur plusieurs centaines de kilomètres.
La prochaine étape sera, selon Albernest Brulot, de tenter d'appliquer ce même système de spoofing à la défense anti drone. Robotic & Toc s'est dit prêt à collaborer avec les chercheurs du SAD BB pour perfectionner les technologies de défense, tablant à la fois sur l'interception, mais aussi sur le leurrage de l'intelligence artificielle pour, à défaut d'espérer faire s'écraser les appareils, les guider vers des zones vulnérables.
Un article signé Adrienne Hyène.
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Économie carnavalaise décryptage des effets de l'Armageddon't avec Rachida Data.
Un an après l'Armageddon't, la Principauté dispose enfin de suffisamment de recul pour étudier les effets concrets de la perte de ses élites sur son économie. L'Institut Carnavalais d'Econométrie a rendu ses premières observations chiffrées, analyse des premiers graphiques publiés avec la directrice de l'Institut, Rachida Data. Si des travaux antérieures1 et 2 avaient déjà commencé à décrypter les effets de la chute du clan Obéron et du suicide de la noblesse sur l'économie carnavalaise, ce sont les premières données chiffrées qui remontent de nos travaux. Un an entier s'est écoulé depuis l'Armageddon't et l'heure est venue pour un premier bilan.
Tout d'abord, observons les chiffres :
Cette première visualisation montre la répartition des différentes entreprises et secteurs économiques dans le PIB carnavalais en 2016 (pré-Armageddon't) et en 2018 (post-Armageddon't). Précisons à ce stade que cette représentation est en % et ne dit donc rien de la croissance de la Principauté, dont le PIB est passé de 561 milliards en avril 2017 à plus de 1 000 milliards en avril 2018 selon nos estimations, soit une augmentation de presque 100%, des chiffres proprement vertigineux pour une économie développée.
En 2016, l'économie carnavalaise était stagnante en raison de certain choix économiques stratégiques décidés par les élites de la Principauté, résultant au phénomène appelé "thésaurisation des Castelage". Phénomène qui prit fin avec l'Armageddon't, libérant les capitaux dormant et provoquant un énorme rebond dans la société carnavalaise. On pouvait en 2016 observer très nettement la tripartition du PIB entre trois entreprises : les Industries Obéron qui représentaient 29% de la production, la Dalyoha Compagnie à hauteur de 27% et le Conglomérat Castelage à 25%. Des pourcentages assez proches et stables, qui éclipsent complètement les autres contributions d'entreprises au PIB carnavalais, un quatrième bloc estimé autour de 19%.
Seul concurrent notable aux grandes familles : la puissante Grand Société Culturelle Carnavalaise, alliance des entreprises du secteur de l'art, du tourisme et du divertissement qui représentait à elle seule la moitié du quatrième bloc. L'économie carnavalaise était donc assez simple à comprendre : trois secteurs hégémoniques, l'industrie, la santé et la banque, suivi d'un puissant secteur des services de divertissement et, en queue de peloton, divers petites entreprises et sociétés, la plupart dans le secteur du bâtiment ou du textile, la mode carnavalaise étant un secteur important dans l'image de marque de la Principauté, quoique peu rentable en soi.
En 2018, les équilibres ont été drastiquement bouleversés. Le clan Castelage représente à présent environ 40% de la production nationale. La chute de la noblesse a permis à la Banque Princière de racheter massivement des parts dans les entreprises carnavalaises, devenant actionnaire majoritaire de la plupart qui viennent aujourd'hui s’additionner et au profit du conglomérat. Des sociétés hier indépendantes comme la Société Princière de Gestion du Métro Aérien Carnavalais ont été rachetées et comptent désormais pour les chiffres des Castelage.
La Dalyoha Compagnie reste stable. Elle perd 2% ce qui est négligeable, d'autant que son chiffre d'affaire a bondit après l'Armageddon't en raison de sa contribution à l'effort de guerre, de l'absence de destructions sur l'île de Bourg-Léon et d'un besoin accru de services médicaux. En revanche, la Dalyoha Compagnie se retrouve distancée par le Conglomérat Castelage, témoin de l'inversement des dynamiques de pouvoir au sein de la Principauté. La faute revient au manque de diversité de la compagnie qui se focalise presque exclusivement sur le (lucratif) secteur de la pharmacologie, chimie et biologie, des domaines rentables mais qui finissent par trouver leurs limites lorsque l'économie grandit. La difficulté de la Dalyoha Compagnie à conquérir de nouveaux marchés explique certainement son découplage par rapport au Conglomérat Castelage qui lui investit dans tout ce qui est rentable, sans discrimination de secteurs.
Troisième enseignement : l’émergence d'un troisième pôle indépendant, représentant plus d'un tiers de la contribution au PIB. Ces entreprises qui existaient pour la plupart déjà avant l'Armageddon't, ont profité de la disparition de la noblesse pour investir les marchés carnavalais laissés béants. En résulte l'apparition d'une nouvelle élite bourgeoise, concentrée sur les ruines des Industries Obéron et donc l'apparition de plusieurs jeunes fleurons industriels. On peut très clairement voir la part prise par Robotic & Toc, ancien concurrent et héritier naturel des Obéron, mais également celle d'entreprises moins connues comme Diable d'argent, Cielestin Armateur ou encore Métal Hurlant.
Certain secteurs, même sans racheter les parts de la noblesse, bénéficient également de l'Armageddon't. Le Consortium Archange, spécialisé dans le BTP, profite des destructions et grands travaux commandés par Améthyste Castelage pour tripler sa part dans le PIB carnavalais. De jeunes mais prometteurs champions naissent également des accords passés avec le puissant secteur industriel du Drovolski (une première à Carnavale, traditionnellement attachée à sa souveraineté économique) comme le dynamique Drovolski-Carnavale COnsortium Métallurgique, Informatique, Chimique et Systèmes ou la Castelage-Ventafalle Inc. Le développement rapide du secteur de l'énergie nucléaire et la mutualisation de certains savoir-faire entre les deux nations a boosté la contribution de ces entreprises dans le PIB, alors même qu'elles n'ont été créé qu'il y a quelques mois. Enfin, bien que plus poussive qu'attendu, la croissance cramoisienne bénéficie aux entreprises carnavalaises qui ont parié sur le désert rouge. La société Ad Astra, spécialisée dans la mise en orbite de modules spatiaux et le décollage de fusée, profite de l'appel d'air laissé par la disparition des Obéron et par l'ambitieux projet Mars qui enthousiasme les investisseurs.
Seul véritable secteur à pâtir de l'Armageddon't : la Grand Société Culturelle Carnavalaise s'effondre aussi bien en terme de parts dans le PIB qu'en chiffre d'affaire net. Le conflit avec l'OND a impacté un certain nombre de secteurs culturels et le tourisme a diminué de 56% par rapport à 2016. D'autres secteurs pâtissent de la guerre, dont celui de la pêche et des croisières, heureusement négligeables dans l'économie de la Principauté. Il faudra désormais analyser les chiffres bruts de la croissance carnavalaise afin de comprendre quels secteurs bénéficient plus que les autres de la croissance et ceux qui, faute d'être suffisamment dynamiques, décrochent dans la course à la rentabilité.
Un article signé Rachida Data.
En avril ne manquez pas Le premier tournois de FOUTBALL Premier sport de balle joué par des fous du Palais d'Hiver.
Grand galas à l'Hôtel d'Eurysie Charité, militaire, Blaise Dalyoha toujours absent, on fait le point
C'était le grand raout à l'Hôtel d'Eurysie ce dimanche, où l'immense et prestigieux palais, propriété du clan Castelage et considéré comme l'une des merveilles du monde, a accueilli le gratin de Carnavale à l'invitation d'Améthyste Castelage. Comme souvent les galas carnavalais il a avait tout été question de charité, les grandes fortunes de la Principauté ont mis la main au porte-monnaie pour plusieurs causes humanitaires jugées prioritaires : sécurité intérieure, accès au soin et à l'éducation, rénovation des bas-quartiers... Une très belle récolte qui surpasse les autres évènements de ce type de 2017 puisque 120 000 Chèques Carnavalais ont été débloqués par les généreux donateurs et devraient, courant 2018, renflouer les caisses des nombreuses associations de quartier et des institutions jugées d'utilité publique (comme Commissariat Central).
On retrouvait à cet évènement les grands noms de la Principauté : outre le clan Castelage et Améthyste, organisatrice de la soirée, étaient présents le couple Grimace de Robotic & Toc, le consortium Archange, Cielestin Robespaul et sa femme, Armateurs éponyme, Philippe Géminéon le directeur de Grand Hôpital, les représentants de la Société Luciférienne Carnavalaise, sans oublier les jeunes fortunes qui ont émergé depuis l'Armageddon't, Octobre Diabledhomme, propriétaire de Métal Hurlant, Cornelius de Brouille, représentant de la société Ad Astra, Esther Mystère, des entreprises Diable d'argent, Alison Piétaille, co-directrice de la Drovolski-Carnavale COnsortium Métallurgique, Informatique, Chimique et Systèmes. On retrouvait les représentants du secteur des transports et de l'énergie : Marc Micmac, directeur de la Société Princière de Gestion du Métro Aérien Carnavalais, Foulques Braise, co-président directeur général de la Castelage-Ventafalle Inc. société de gestion du parc nucléaire civile ou encore Barthélémy Saint, de la société Petitrou, spécialisée dans la géothermie. Le monde de la mode était également présent, à la fois dans les tenues des participants mais également à travers les propriétaires de maisons de haute couture carnavalaise : Cassiopée Lycan de Modes et merveilles, Julien Glabre, fondateur et propriétaire de Couture et Alice Écaille incarnait la marque Style irisé. Enfin, les représentants syndicaux de la Grand Société Culturelle Carnavalaise, bien qu'affaiblit par l'Armageddon't, étaient présents aussi.
La presse était là également : Carnavale Matin, Carnavale Internationale, Carnavale Demain, Casse Investigation et bien sûr l'immanquable RALLY. Autant de canards bien en vue et de journalistes vedettes venus se fondre dans le gratin de la Cité noire, avec qui leur collusion n'est plus à prouver. Votre serviteur était là également, bien entendu, sans quoi cet article n'aurait pu voir le jour.
Seule ombre - remarquée - à cette photo de famille : l'absence de monsieur Blaise Dalyoha, propriétaire des Laboratoires Dalyoha, de l'île de Bourg-Léon et de Grand Hôpital, s'est faite ressentir. Son porte-parole, Philippe Géminéon, a bien tenté d'éteindre le cancan avec un très généreux don de 10 000 Chèques Carnavalais pour les indigents et la lutte contre le quartier des léproseries, mais cela n'a pas empêché nos confrères de RALLY de l'apostropher à plusieurs reprises dans la soirée afin de savoir où se trouvait monsieur Dalyoha. Le jeune homme et sa femme font peu d'apparitions publiques ces-derniers temps, la dernière en date remonte à une visite de l'Enclave Verte où il était allée à la rencontre de la communauté Shuh et des réfugiés carnavalais ayant fui la capitale.
Malgré cette absence, la réception a été un succès. L'Hôtel d'Eurysie continue de tenir ses promesses : le splendide bâtiment au cœur de Carnavale mérite bien son statut de merveille du monde tant son architecture intérieure et extérieure donnent le vertige. Tableaux de maîtres, mobilier de créateurs et œuvres d'art habillent les pièces lumineuses sous les arches, les coupoles reliées par des passages suspendus à des jardins intérieurs. La décoration mêle avec goût l'avant-gardisme carnavalais et un style classique imprégné de gigantisme qui ne jure pas avec le reste du très impressionnant quartier des aubépines. Si les lieux auraient, à eux seuls, pu suffire à la réussite d'un tel évènement, les invités ont également pu profiter de l'art de recevoir très mondain des grandes familles. Le clan Castelage, s'il n'est pas de sang noble, fréquente depuis plusieurs générations les plus hautes sphères de la Principauté et a acquis le savoir-faire nécessaire pour combler la haute société venue se presser à l'Hôtel d'Eurysie à son invitation.
Le programme avait de quoi régaler : l'orchestre philharmonique de Carnavale, placé dans le déambulatoire, agrémentait agréablement la soirée de quelques notes classiques, puis plus rock-électrique à mesure que la soirée progressait. Le nombre incalculable de salons en enfilades laissait allégrement la place à chacun de se trouver un cocon où discuter politique, business, et profiter de ses amis.
Bien que les galas de charité à Carnavale soient traditionnellement dédiés aux affaire, Améthyste a saupoudré celui-ci de politique, évoquant
Métal Hurlant dévoile son projet de nouveau supercalculateur exaflopique baptisé Sainte-Pervenche
La Principauté de Carnavale va bientôt accueillir un nouveau supercalculateur exaflopique de dernière génération et de conception Métal Hurlant. L'entreprise, qui a récupéré une partie des projets et des infrastructures Obéron, a rapidement transformé l'essai en se plaçant en première ligne de la course à l'informatique mondiale. Baptisé Sainte Pervenche, Octobre Diabledhomme, fondateur et propriétaire de Métal Hurlant, ne cache pas son admiration pour la dame balistique. Si le superordinateur Sainte Pervenche a été conçu par les ingénieurs de Métal Hurlant, la société a reçu l'aide d'autres ex-salariés des Industries Obéron, délégués par plusieurs entreprises carnavalaise partenaires (Robotic & Toc, Diable d'argent). Cette capacité des fleurons émergeant de la Principauté à travailler ensemble confirme, d'après les observateurs, la naissance d'un écosystème scientifique dynamique et vertueux au sein de la Cité noire. Le supercalculateur bénéficiera en effet à toute la recherche scientifique et au développement de l’IA des différents acteurs industriels engagés. Salué par Améthyste Castelage, le Sainte Pervenche contribuera par ailleurs à la souveraineté carnavalaise.
La semaine dernière s'est tenue le sommet carnavalais pour l'IA, la technologie et le futur, grand rassemblement des travailleurs du secteur de la tech de la Cité noire. Un salon important dans le calendrier de la recherche scientifique en physique et ingénierie, qui promeut l'adoption de l'intelligence artificielle le plus largement possible, à tous les niveaux de ma société. C'est également un salon au cœur des enjeux de souveraineté carnavalaise sur le sujet. Le projet de construction d'un nouveau supercalculateur est au cœur des ambitions carnavalaise : les progrès rapides de la principauté en matière de dronotique nécessitent de la puissance de calcul et de l'énergie. Si ce second facteur est en passe d'être réglé grâce à la collaboration entre Mesolvarde et Carnavale, le premier demande d'explorer des champs de la recherche où personne ne s'est encore sérieusement aventuré. Être pionnière pour être souveraine, la Principauté mène la course tambours battants, contre vents et marées.
Le Sainte-Pervenche servira la science, y compris en dehors des laboratoires de recherche et développement de la tech. Avec son immense capacité de calcul, il sera un atout précieux pour la modélisation, en particulier lors de l'analyse de données multimodales. La modélisation de mouvements de foule, une meilleure appréhension des dynamiques météorologiques, la reconnaissance de pattern sociaux ou psychologiques et tout ce qui touche à une forme d'aléatoire pour offrir des prévisions fiables. Octobre Diabledhomme promet de "percer le voile ombrageux de la complexité du réel. Le Sainte-Pervenche éclairera d'une lumière vive le monde qui nous entoure." Si le superodinateur tient ses promesses, il devrait être un atout précieux dans les prochaines années pour Carnavale.
Au-delà de la recherche fondamentale et appliquée, la puissance de calcul du Sainte-Pervenche servira également les activités industrielles de la Principauté. D'une part en rationalisant la production et les marchés, mais également dans l'étude de nouveaux matériaux et de l'énergie. Partenaires du projet, les Laboratoires Dalyoha voient également les nombreuses applications possibles dans le domaine de la médecine, le supercalculateur permettra par exemple la création de jumeaux numériques du corps humain pour tester des traitements et une virtualisation encore plus précise du système neuronal, rapprochant encore davantage Carnavale de ses ambitions en matière de digitalisation de l'esprit humain.
Le Sainte-Pervenche sera installé dans un lieu tenu secret défense, probablement dans l'un des cercles inférieurs des égouts de Carnavale, à l'abri des intrusions, du sabotage et des bombardements. Octobre Diabledhomme a expliqué que l'ordinateur sera mis en service courant 2019, le temps de procéder à l'installation et aux derniers ajustements. Une échéance rapide, permise par les travaux antérieurs des Industries Obéron, sur lesquels ont pu se baser les ingénieurs de Métal Hurlant, pour la plupart d'ex-Obéron. On comprend aisément admiration et l'hommage rendue à feu leur patronne, Pervenche Obéron, à travers le nom du supercalculateur.
Le Sainte-Pervenche intègrera également le programme de défense anti-aérien de la Principauté, afin de mieux coordonner les essaims de drones et la mobilité des snipers pour optimiser leurs positions dans la Cité noire. Ce supercalculateur serait bien plus efficace que son prédécesseur, de fabrication Obéron et sur lequel une partie des équipes de Métal Hurlant avaient travaillé à l'époque. Octobre Diabledhomme explique que les premières modélisations estiment sa puissance de calcul environ cinquante fois supérieure, pour une consommation électrique également moins énergivore en terme de ratio puisque le Sainte-Pervenche ne verra ses besoins que multipliés par cinq par rapport à son prédécesseur. Une économie réalisée notamment grâce à un système de refroidissement liquide directement branché sur les canalisations des égouts et des puces graphiques de meilleure qualité.
Un article signé Adrienne Hyène.
Gilbert Camélia "Lucifer moi fort" le pape noir annonce son nouveau spectacle dans la Cité noire à partir de mai prochain
Succès mitigé pour le copie/collisme, les industriels déclarent : "ça produit mais on s'emmerde vite".
Amusant !
Le célèbre cinéma La Grande Rixe projettera tous les soirs de la semaine prochaine les images filmées de l'agonie des soldats du Faravan sur grand écran.
Suspect !
Commission d'enquête sur les liens avec Messalie : Julonin Venbranle est convoqué à Commissariat Central ce jeudi.
Cielestin Robespaul pris pour cible par un jet d’œuf dur lors du salon de l'aéronautique. Le célèbre armateur l'a gobé tout rond.
Envident !
Projet de taxation des supers-riches : "ce ne sont que des actions, pas de la vraie monnaie" conteste Gédéhonte Cœurenvrac dans sa piscine de champagne.
L'un des fléaux les plus méconnus de Carnavale et aussi l'un des plus envahissants, bien que peu mortel au final. Les chiffres sont en effet sans appel : dans la Cité noire, environ 12 millions de personnes souffrent d’asthme mate. Une variante de l'asthme uniquement présente à Carnavale (bien que quelques cas aient été observés au Drovolski) et imputable aux hauts taux de pollution de la région. Chez les Carnavalais adultes, 35 à 40% des cas sont d’origine professionnelle, selon une récente étude de Grand Hôpital. Dans certains quartiers comme le quartier des brumes ou des bourdons, le risque de contracter la maladie monte à plus de 75% sans port de matériel adapté (masque à gaz) au bout de trois ans d'exposition prolongée. Au delà des conditions de travail difficiles, l'asthme mate est aussi la maladie chronique la plus répandue chez les nouveaux nés dans la Principauté. 20% des enfants qui sont scolarisés à Carnavale en souffrent. Une statistique qui diminue heureusement drastiquement dans les hauts-quartiers de la ville.
L’asthme mate touche les poumons et provoque des crises d’essoufflement, une toux, une respiration sifflante et une gêne pour inspirer l'air qui peut s’avérer permanente. Elle se caractérise par l’inflammation des bronches, qui empêche la circulation de l’air dans les poumons. Si plusieurs types de traitements par inhalation et fumigation ont été mis au point par Grand Hôpital au cours des dernières décennies, l’asthme mate reste toujours une maladie chronique dont on ne peut, par définition, pas guérir. Les Carnavalais sont-ils dont condamnés à vivre avec cette irritante toux épaisse ? Les Laboratoires Dalyoha assure ne pas avoir abandonné le combat et enregistrent même, depuis quelques mois, des succès inattendus. De quoi donner espoir aux malades et, peut-être, faire gagner à la Principauté un bond de productivité au travail en économisant du temps d'étouffement. Si la recherche s'était jusqu'alors concentrée sur le traitement des symptômes au niveau des bronches, origine du mal, une approche originale a donné des résultats plus qu'encourageants.
Les chercheurs de Grand Hôpital tentent en effet de travailler de manière préventive sur la maladie et d’empêcher que l’asthme ne se déclenche, plutôt que d'en traiter les symptômes une fois que la crise est là. La solution est, comme bien souvent, vaccinale : entraîner le corps à combattre l’inflammation dès l'apparition des premiers signes d'apparition de l'inflammation. C'est la promesse d'un nouveau vaccin testé en ce moment même à Bourg-Léon.
Le défi rencontré par les médecins des Laboratoires Dalyoha se situe au moment où les bronches enflammées sont exposées à des attaques extérieures (à Carnavale, celles-ci ne manquent pas : fumée, vapeurs irritantes, air froid ou trop sec, et la pollution de manière générale), les alvéoles des poumons réagissent alors en se contractant et en produisant du mucus. Cet enchaînement d'évènements regroupés sous le nom de crises d'asthme peut durer entre plusieurs minutes et quelques heures dans les cas les plus graves. Les facteurs de déclenchement proviennent de facteurs génétiques comme une prédisposition familiale aux allergies qui contribue à transmettre l’asthme aux enfants, et de facteurs environnementaux, principal enjeu à Carnavale. Jusqu'ici, la seule solution appliquée massivement était de se protéger de ces attaques grâce à des filtres appliqués sur la bouche et le nez (masques, prothèses nasale) ou en respirant des substances apaisantes pour les bronches. Les riches élites carnavalaises pouvaient également profiter d'opérations de greffe pulmonaire, le remplacement par des organes sains permettant de supprimer le caractère chronique de la maladie.
Afin de contourner un problème réputé insoluble, les chercheurs de Grand Hôpital ont voulu exploiter la relation entre les prédispositions familiales et le déclenchement de symptômes allergiques pour mettre en place un vaccin susceptible d'empêcher l'apparition de ces derniers. Le département d'étude du génie génique de Bourg-Léon a rendu en septembre une première série de conclusions, depuis confirmées grâce à une expérience grandeur nature sur des nouveaux-nés volontaires. Après avoir modifié le génome des embryons pour y glisser des prédispositions asthmatiques, les chercheurs ont pu constater l'efficacité d'un vaccin expérimental injecté dès la naissance et qui empêchait de développer les formes allergiques responsables des crises d'asthme mate. La faute est en fait à reporter sur le virus T.O.U.S.S.E. (acronyme de Turbulence Ororhinolaryngopharyngologique Urticante avec Syndrome de Sifflement Expiratoire), dont on a constaté que, contracté dans les premiers mois de la vie, il augmentait largement les risques de surréagir à certains allergènes communs.
La Principauté, qui s'est faite un devoir de séquencer au plus près le génome de sa population, avait déjà identifié dans les années 1980 l'effet amplifié des crises lorsque des antécédents asthmatiques ou allergènes étaient présents dans la famille. Les anticorps peuvent passer de la mère au nourrisson in-utero, un problème que les Laboratoires Dalyoha avaient tenté de régler en démocratisant la pratique de l'élevage d'embryons en couveuses de croissance. D'autres problèmes sont apparus néanmoins (les embryons qui grandissent dans ces conditions possèdent généralement de moins bonnes défenses immunitaires) et la politique de santé publique fut abandonnée. Un autre essai consista, dans les années 2000, à isoler davantage l'embryon de sa mère notamment en recouvrant la parois intérieure du placentas avec une couche de produits chimiques. Le programme fut lui aussi rapidement abandonné suite à la mort de la totalité de la cohorte de nourrissons étudiés pour l'expérience.
Choux rouge, donc, jusqu'à ce que les Laboratoires Dalyoha décident à la fin des années 2010, de changer leur fusil d'épaule en traitant moins l'environnement immédiat de l'individu et en s'appliquant à renforcer son code génétique dès la multiplication des premières cellules œuf. Une allergie, nous explique en visiophonie le docteur Jacques Coquelicot, pneumologue à Grand Hôpital, est une réaction disproportionnée du système immunitaire qui produit plus de protéines qu'il en faudrait. Normalement celles-ci ne sont ni invasives, ni dangereuses en elles-mêmes, mais c'est le surnombre qui produit la crise.
Le cas de Carnavale est, selon lui, assez unique au monde et spécifique aux polutiocraties. En effet, là où de nombreux pays développés possèdent un environnement particulièrement hygiénique, la Principauté, elle, expose ses résidents à des agressions constantes de produits chimiques et pathogènes dangereux. Avec le temps, un système immunitaire spécifique s'est développé qui permet aux Carnavalais d'être résistant à la grande majorité des menaces. A l'inverse, les pays plus "propres" ou tout du moins moins pollués, n'ont pas besoin de développer un système immunitaire efficace puisque celui-ci n’a quasiment jamais besoin de s’activer face à des infections chroniques sérieuses, comme la tuberculose, la peste bleue ou la psychose parasitaire (déclenchée par l'ingestion de viande de chien sauvage). Exposé à ce type de menaces biologique, lors d’infections chroniques, notre système immunitaire fait appel aux lymphocytes, une espèce de police anti-inflammatoire, qui force le reste du système immunitaire à ne pas être trop agressif, à moins qu’il n’y ait un réel danger. À cause de cette propreté dans le monde occidental, nous n’avons pas assez de lymphocytes régulateurs. A Carnavale, ces lymphocytes se sont adaptés à l'environnement pollués de la Cité noire au point de muter et d'être brevetés par les Laboratoires Dalyoha, sous le nom de lymphocytes Ganeléon-DalyohaTM. Ces défenses immunitaires, élevées en plein air, sont redoutables pour repousser les menaces les plus dangereuses, mais elles augmentent aussi le risque de surréagir et donc de provoquer des crises d'asthme mate et plus largement toutes sortes d'allergie.
Un mal pour un bien sur lequel Bourg-Léon travaille depuis des années afin d'en préserver les avantages (forte résistance immunitaire) tout en neutralisant ses effets indésirables (asthme mate). Jacques Coquelicot se montre confiant car les liens récemment découverts entre crise allergique amplifiée et la contamination au le virus T.O.U.S.S.E. ont eu pour effet d'orienter les recherches des Laboratoires vers une possible synergie entre les effets néfastes du virus et un potentiel vaccin contre l'asthme mate. En effet, chez les nouveaux nés ayant contracté un le virus T.O.U.S.S.E., le nombre de lymphocytes Ganeléon-DalyohaTM régulateurs chute, au point qu’ils ne sont plus assez pour correctement assurer la défense du système immunitaire. Autrement dit, une version altérée du T.O.U.S.S.E. pourrait être la solution pour contrer le mécanisme de surproduction de lymphocytes, et donc prévenir des crises allergiques.
Autre avantage, le T.O.U.S.S.E. participe à activer les cellules dendritiques (qui sont impliquées dans la réponse immunitaire) au niveau des poumons. Le corps combat donc les agressions avec autre choses que les lymphocytes Ganeléon-DalyohaTM et ne risque pas donc de déclencher une crise allergique. L'enjeu pour les Laboratoires Dalyoha est dès lors de parvenir à doser la présence du T.O.U.S.S.E. dans le corps pour ne pas provoquer la maladie, tout en s'en servant pour contrer l'emballement du système immunitaire. Or une telle technologie existe et s'appelle... un vaccin. Le département d'étude de vaccinologie des Laboratoires Dalyoha a donc été contacté par les équipes du docteur Jacques Coquelicot afin de nouer un partenariat inédit. L'asthme mate n'a qu'à bien se tenir !
Un tel remède n'est pas encore prêt, prévient le docteur Coquelicot, mais le développement d'un tel vaccin, une fois que les effets intéressants et les variables à activer pour les obtenir sont correctement identifiés, ne prendra pas plus de six mois. Un revirement complet de l'état de la recherche sur le sujet puisqu'il y a encore un an, Carnavale désespérait de ses asthmatiques. Les crises répétées de toux étaient même considérés comme un motif valable pour demander l'euthanasie, tant les symptômes de l'asthme mate peuvent être pénibles à longs termes.
Un article signé Adrienne Hyène.
Journées du patrimoine Commissariat Central : commettez un crime, visitez ses prisons.
Les secteurs de la taxidermie et de la haute couture s'associent pour lancer une nouvelle gamme baptisée Empathie, censée encourager à se mettre plus souvent dans la peau les uns des autres.
Inquiétant !
Après la commission sur Messalie, le conseil municipal annonce l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’entrisme luciférien au sein des partis politiques.Cielestin Robsepaul convoqué.
Scandaleux !
Budget de la sécurité sociale : la datura ne sera plus remboursée à partir de janvier.
Dangereux !
Grave accident aérien au dessus de la 58ème avenue : deux zeppelins entrent brutalement en collision et rebondissent mollement l'un contre l'autre.
Honteux !
Scandale après que la municipalité ait révélé les nouveaux vitraux de la cathédrale satanique du quartier des hôtels, jugés trop beaux pour un tel lieu impie.
Les tunnels secrets de Gérald de Brouille enfin découverts
A Carnavale, grâce aux complexes schémas laissés derrière lui par de Gérald de Brouille, des scientifiques viennent de valider l'existence de tunnels secrets dont on suspectait l'existence depuis plus de cinq cents ans sous les majestueux remparts du château de Mort-la-peau.
Au moment de sa mort, sur le sol de la Principauté, Gérald de Brouille a laissé derrière lui un immense héritage artistique comprenant des chefs-d'œuvre comme La Jobarde, Le Cèdre ou encore L'Homme de Perfuse. Éclipsés par ces quelques monuments du patrimoine humain, un grand nombre de ses toiles, dessins et travaux demeurent néanmoins méconnus et pour certains, cryptés. C'est le cas de cette série de croquis du château de Mort-la-peau, siège du pouvoir des Duc de Belvédère à l'époque, qui lui servit de résidence à Carnavale pendant la majeure partie de sa vie. Les croquis sont datés de la fin du XVe siècle et ont été rendus indéchiffrables par Gérald de Brouille afin de conserver les secrets de ses hôtes. Du moins jusqu'à aujourd'hui.
Sollicité deux ans après son arrivée à Carnavale par le fils du Duc de Belvédère, Ludovictor, dit le Brave, pour aménager certaines pièces du château familial, Gérald de Brouille s'était rapidement intéressé à l'architecture du lieu et à ses systèmes de défense. L'artiste visionnaire s'était alors pris de passion pour ce nouveau terrain de jeu et avait commencé à imaginer des solutions originales pour protéger le château, parmi lesquelles des voies de fuite, des décharges à eau bouillantes, des réserves de rats de guerre et des galeries d'approvisionnement dissimulées, le tout représenté dans son carnet Codex Belveder I, conservé au Museum Carnavalis depuis.
Jusqu'alors, ces esquisses étaient considérées comme de simples projets d'ingénierie et aucune trace concrète de leur existence n'avait été retrouvée. Il faut dire que le château, isolé dans l'arrière-pays carnavalais, a été abandonné pendant presque cents ans avant d'être transformé, après le Chaos, en un site de traitement et de stockage du grain DalyohaTM. Les Duc de Belvédère lui préféraient depuis longtemps l'Hôtel de Belvédère à Carnavale. Il aura fallu attendre l'Armageddon't et la disparition de la famille noble pour que reprennent les recherches, menées conjointement par des experts du Museum Carnavalis, du Conglomérat Archange spécialisé dans l'architecture et le bâtiment et du nouveau propriétaire du château Mort-la-peau, la Dalyoha Compagnie, pour entreprendre enfin les fouilles qui ont permis de mettre au jour ces légendaires tunnels.
Grâce à des techniques modernes de prospection géophysique, un radar à pénétration de sol et des scanners laser, les chercheurs ont détecté plusieurs cavités et structures artificielles sous le sol du château, "à quelques dizaines de centimètres de la surface", confirmant pour la toute première fois la véracité des plans du peintre et inventeur youslève. Ils ont découvert non seulement que les tunnels et passages auxquels Gérald de Brouille faisait allusion dans ses dessins existaient, mais aussi qu'ils ne constituaient peut-être qu'une petite partie d'un système complexe qui s'étendait sur l'ensemble du domaine des Duc de Belvédère.
Les experts pensent que certains de ces recoins cachés étaient autrefois utilisés pour des opérations militaires, tandis que d'autres chemins de cette forteresse auraient eu une fonction plus "privée". Un passage, par exemple, relie le château au site de l'ancienne église Sainte-Clarence de la Messe Blanche, construite par les Duc de Belvédère et qui abrita la fresque murale Le Cèdre peinte par Gérald de Brouille. Il s'agit également du lieu de sépulture de la famille, ce qui a sûrement permis aux habitants du palais ducal d'accéder plus rapidement aux tombes de leurs proches, comme celle de Béatrice de Belvédère, l'épouse de Ludovictor.
Pour l'heure, le réseau souterrain n'est toujours pas accessible dans sa totalité mais enthousiaste le grand public, friand de mystères et de culture. L'expérience des fouilles ouvre la voie à d'autres recherches approfondies sur les passages secrets de l'arrière-pays carnavalais, indique le Museum Carnavalis dans un communiqué. La campagne princière est aujourd'hui majoritairement abandonnée aux champs OGM de la Dalyoha Compagnie et les ruines des anciens châteaux et villes conservent encore de nombreux mystères archéologiques. Les nouvelles technologies, notamment, offrent des perspectives nouvelles pour les chercheurs de Carnavale. L'objectif est désormais de créer une réplique numérique du château des Duc de Belvédère qui représentera non seulement l'aspect actuel du château, mais permettra également d'explorer son passé, en révélant des éléments historiques qui ne sont plus visibles à l'œil nu. Une mission confiée à l'Institut princier de géomatique, qui a lui aussi participé au projet.
Un article signé Philippe Pine.
Métal Hurlant innove et surprend avec une fonderie silencieuse
Robotic & Toc dégaine le Dragondrone et impose son avance à Métal Hurlant
Nouvelle étape dans la course technologique que se mènent les grandes entreprises de la tech carnavalaise : Robotic & Toc, qu'on pensait un temps talonné par les récents succès du drone sous-marin Sireine de Métal Hurlant, a dévoilé sans attendre la version améliorée de ses Cherry Lady : le Dragondrone. Extrêmement peu onéreux, cet engin volant dispose d'une portée réduite mais peut atteindre ses cibles plus rapidement que la gamme traditionnelle des drones Hermès, utilisés par Carnavale, et que la plupart des autres drones de combat déployés dans le monde, au regard d'une étude de leurs performances sur de plus en plus de théâtres d'opérations.
Robotic & Toc ont mis en vente ce nouveau drone à la vitesse inégalée sur le marché intérieur carnavalais, désormais en service au sein des milices de la Principauté. Grâce à son moteur à réaction, le Dragondrone est en mesure de réaliser des pics à 510 kilomètres par heure, ont déclaré les industriels. L'aéronef, dont l'existence a été révélée en 2017 dernier, a été testé en avril au cours des exercices de combat urbain menés contre le quartier des léproseries, auxquels ont participé en collaboration les officiers de police de Commissariat Central, les milices Castelage et les forces du SAD BB. En raison de sa forte densité urbaine et de ses rues closes, le quartier des léproseries est une zone de combat particulièrement complexe malgré la supériorité aérienne des milices, et donc le terrain d'entraînement parfait pour tester des armes non-conventionnelles tels que les drones de combat tactique.
Selon Melchiolivier Grimace, PDG de Robotic & Toc en conférence de presse, le dragondrone combine à sa vitesse unique au monde une furtivité partielle, le design du modèle des Cherry Lady visait déjà à réduire sa signature radar. Robotic & Toc l'assume : ces différents facteurs visent à donner à l'aéronef les moyens d'échapper plus aisément à des systèmes de défense antiaérienne. Plus mobiles, plus discrets, avec une trajectoire aléatoire et un faible risque de détection, les drones sont une alternative précieuse aux missiles, notamment balistique, dont les industriels de Carnavale ont fait le choix de se détourner. Le dragondrone est par ailleurs déployé par un système de lancement utilisant un rail et des propulseurs d'appoint, facilitant son utilisation polyvalente dans des environnements complexes, notamment urbain où les immeubles et l'architectures compliquent le décollage des engins fuséologique à trajectoire rectiligne.
Melchiolivier Grimace l'explique, contrairement aux drones Hermès qui cherchent à disputer la supériorité aérienne à l'ennemi en venant en support à l'aviation, le dragondrone a été conçu pour une mission plus spécifique : pénétrer les couches de défense aérienne et détruire des cibles stratégiques. Carnavale réalise en ce moment même des tests sur sa propre défense aérienne, qu'elle met à l'épreuve de ses industriels de l'armement et de la dronotique. Des centaines de batteries de DCA sont produites chaque jour et bénéficient d'améliorations grâce aux remontées du terrain. Une escalade intérieure à la Principauté, dans la tradition carnavalaise de se mener une guerre permanente à elle-même pour se renforcer et rester à la pointe de la technologie. Les dragondrones sont déjà parvenu, au cours d'un exercice mené en janvier, à percer le système de défense multicouche déployé par le SAD BB en employant des centaines de drones et missiles ce qui a permis de submerger les différents moyens d'interception du syndicat.
Carnavale essaye, ces dernières années, de se maintenir en tête de l'innovation stratégique dronotique, aussi bien sur des engins de haute qualité que grâce à ses programmes de recherche parallèles pour le développement de drones bon marché. Des modèles tels que le Cherry Lady, alliant grande portée, faible coût et facilité d'emploi sont testés massivement depuis quelques décennies par les Industries Obéron, et connaissent une accélération depuis l'Armageddon't. Ils sont devenus rapidement une composante centrale de l'arsenal des milices carnavalaises, dont le déploiement en milieu urbain nécessite des outils de précision et de reconnaissance adaptés à l'architecture particulière de la Cité noire.
Les drones Cherry Lady se distinguaient entre autres par l'utilisation de moteurs à hélice propulsive peu coûteux, donnant à cette gamme d'engins leur bruit caractéristique de mobylette. Longtemps considéré comme un problème en raison de leur faible discrétion, les milices Castelage ont récemment rendu un rapport insistant sur le facteur terreur que provoque le bruit de ces engins sur leurs cibles. Une guerre psychologique qui donne des résultats intéressant, notamment dans le cadre de la gestion des foules et du contrôle social dans les bas-quartiers. Le simple survol régulier de zones urbaines a suffit à diminuer la criminalité de plus de 25% grâce à l'effet dissuasif des Cherry Lady. Le dragondrone, lui, n'a pas vocation à être utilisé à Carnavale même mais sur des théâtres d'opération plus conventionnels.
Robotic & Toc a commencé à expérimenter ces nouveaux modèles employant des moteurs à réaction depuis peu, les premières mentions d'exercice impliquant un dragondrone remontent à mi 2017, il y a presque un an. L'éventail des drones de combats carnavalais s'élargit donc avec ce petit dernier, offrant une plus grande polyvalence aux miliciens sur le terrain afin de faire face à plusieurs sortes de configurations de conflits et de théâtres d'opérations possibles. Le Dragondrone, par exemple, ne disposerait que d'une portée de 350 kilomètres, à rebours des drones Hermès, pouvant parcourir environ 2 500 kilomètres, ce qui permet à ces derniers d'atteindre l'essentiel de la côté eurysienne occidentale et les îles Marines sans avoir besoin de ravitaillement à mi-chemin. Les dragondrones, pour le moment, augmentent donc la puissance de feu de la force de drones carnavalaise, mais ne pourraient être utilisés face à tous les types de menaces extérieures. L'objectif du dragondorne, en l'état, sera de pouvoir frapper les flottes ennemis et dans l'arrière pays-carnavalais en se servant de la Cité noire comme d'un camp retranché, comme pendant la guerre avec l'OND. Plusieurs drones pour plusieurs usages, jusqu'à peut-être un jour accoucher du drone ultime, efficace en toutes circonstances, nous n'en sommes encore pas là.
La Principauté de Carnavale parie donc sur des stratégies et technologies complémentaires, et travaillerait notamment à mettre au point une série de véhicules blindés en mesure de stocker et déployer des drones directement sur le terrain, à la façon dans lanceurs mobiles pour les missiles balistiques. Robotic & Toc a ainsi récemment testé le lancement de drones kamikazes depuis un char balémasque, sans le quartier des luminaires, début avril.
Le système utilisé permettant au char de déployer un drone, nommé Complexe Intégré Blindé pour le Lancement d’Essaims (CIBLE), consiste en un conteneur monté sur la tourelle du char, duquel est tiré la munition rôdeuse. Cette solution permet aux véhicules blindés carnavalais, de conception récente, de s'adapter rapidement aux innovations du monde de la tech et de tirer des drones kamikazes de type Cherry Lady. Ces drones ont été conçus comme des drones suffisamment petits et compacts pour être transportables par un soldat et déployés par un tube lance-missiles. Une fois en vol, l'engin déploie ses ailes avant de poursuivre son trajet vers sa cible, modifiable au cours de la mission.
Pour le moment, CIBLE peut opérer les Cherry Lady, mais Robotic & Toc travaille à l'adapter aux dragondrones, mesurant à peine un demi-mètre et, peut-être un jour, aux drones de classe Corbeaux dont l'envergure est beaucoup plus grande. Le système a vocation à être intégré aux futurs véhicules blindés d'infanterie, en fin de conception par les industries de la Cité noire et dont les premiers modèles devraient être révélés d'ici à l'automne 2018. Le système CIBLE permettrait de doper la portée des frappes des chars traditionnellement employés par les armées du reste du monde, leur donnant une capacité de ciblage "au-delà de l'horizon". Les modèles Cherry Lady peuvent être employés avec efficacité contre des véhicules et du personnel ennemi, tandis que les drones Corbeaux, qui utilisent les mêmes ogives que les missiles antichars piétons déjà employés par les milices, peuvent viser des cibles blindées. Les drones peuvent également augmenter la capacité de collecte d'information de leur unité grâce à leurs caméras, bien que pour cela la Principauté préfère encore mobiliser ses drones Hermès, plus large et couteaux mais également beaucoup plus autonomes grâce à leur système d'assistance IA.
L'intégration d'un système de lancement de drone à un char permettra également d'augmenter la survivabilité des véhicules et de leur équipage, assurent Robotic & Toc qui cherchent à multiplier les partenariats avec les branches industrielles carnavalaise de production de blindés. Une preuve supplémentaire de la synergie vertueuse des industriels carnavalais de l'armement, qui assure à la Principauté de conserver son avance dans le domaine de la défense, et donc sa souveraineté.
Si le peuple carnavalais passe pour très dépolitisé, en raison de l'idéologie technocratique qui accorde toute sa confiance aux élites d'ingénieurs et de scientifiques plutôt qu'à la foule abrutie, il arrive que ces deux catégories de la population se confonde parfois. C'était le cas samedi dernier, lorsque la population des hauts-quartiers et des quartiers médians a, malgré sa traditionnelle inertie, décidé de faire entendre massivement sa voix dans la rue afin de s'opposer à la proposition de l'OND d'une reddition inconditionnelle de la Principauté. Si les bas-quartiers (c'est à dire la grande majorité de la population) n'accorde vraisemblablement aucun intérêt à la question de la guerre - et ne sont même probablement pas au courant que celle-ci a lieu - les nouvelles élites bourgeoises, elles, ont de quoi s'inquiéter pour leurs dividendes.
La possibilité que la Principauté se rende sans négociations suscite légitimement l'incompréhension des ubermensch, voire leur mépris. Il faut dire que les raisons d'une telle décision sont proprement irrationnelles : l'OND n'a pas mis un pied dans la Cité noire, le PIB national a presque doublé depuis le début de la guerre et la Principauté possède désormais une capacité industrielle supérieure à celle d'avant les destructions de l'Armageddon't. En un peu plus d'un an, une nouvelle élite a émergé sur les cendres de la noblesse et des Industries Obéron et de nouveaux fleurons nationaux ont vu le jour. Les marchandises et même le matériel militaire continuent d'entrer et de sortir de la Principauté, et lorsque l'OND tente de l'intercepter, elle tombe dans des pièges amusants.
Qu'est-ce qui peut bien motiver Améthyste Castelage à envisager de se rendre alors ? Pour beaucoup de manifestants, il y a quelque chose d'incompréhensible, voire de suspect. "Je pense qu'on force la main à la Principauté pour tenter de niveler sa puissance" analyse un jeune cadre dynamique de Robotic & Toc. "Il y a une alliance entre nos ennemis et certaines forces divines pour réprimer notre potentiel, Améthyste ne devrait pas se laisser faire comme ça." Une explication mystico-pragmatique un peu alambiquée, mais qui semble assez partagée au sein de la nouvelle élite carnavalaise.
Amandine Ostie, manager chez Métal Hurlant, est d'accord : "On sait que l'OND triomphe sans mérite, il faut donc lui refuser la gloire. Il n'y a strictement aucune raisons de concéder davantage que le minimum." S’arque-bouter, même contre la réalité ? On retrouve bien-là les réflexes très carnavalais d'un peuple à part, qui n'a jamais hésité à se révolter contre la fatalité elle-même. Impossible n'est pas Carnavalais, le slogan apparait sur de nombreuses pancartes et est même projeté dans le ciel sous forme d'hologramme. Luchien de Lacasse, qui porte le projecteur sur son épaule, se justifie : "Dans d'autres circonstances, nous savons tous que la Principauté aurait triomphé. Il a forcément fallu l'alliance de nos ennemis avec des forces métaphysiques pour contourner le destin. Mais Carnavale a déjà triomphé de l'Apocalypse une fois, elle saura aisément le refaire."
Là où la noblesse catholane s'était soumise aux saintes écritures, la bourgeoisie, elle, ne semble pas prête à se laisser faire aussi facilement. Pétri d'idéologie futuriste et techno-solutioniste, elle a toute confiance dans la capacité de la Cité noire à retourner toutes les situations à son profit. Raison pour laquelle elle investit massivement dans l'industrie et la recherche. Un changement de mentalité profond qui s'explique par des intérêts matériels très différents : là où la noblesse capitalisait sur son héritage et travaillait à préparer sa propre mort au profit d'un combat divin et manichéen, la bourgeoisie semble bien loin de ces conceptions millénariste et adhère beaucoup plus à la promesse de transcendance de sa propre chair. Les paradis virtuels plutôt que la Jérusalem céleste, l'immortalité du corps et de l'esprit davantage que celle de l'âme. Les techno-solutionistes ne semblent donc pas prêt à baisser la tête face à des injonctions métaphysiques iniques, mais surtout inintéressantes.
Au-delà des questions religieuses et idéologiques, la proposition de l'OND fait autant sourire qu'elle inquiète. Sourire car parmi les ubermensch, on doute tout simplement de la capacité intellectuelle des membres de la coalition morale à simplement comprendre Carnavale et son potentiel. "On l'a vu lors de la guerre : ni fougue, ni originalité. Rien que des stratégies banales que nos forces ont d'ailleurs su anticiper et y répondre. Je ne pense pas qu'ils sont en mesure de comprendre Carnavale et donc de la contrôler." explique Eulalie Devin, ingénieure au métro aérien. "Certains sont plus malins : les Kah-tanais, les Messaliotes, on a vu des gens faire leur trou dans la Cité noire. Contrairement à ce qu'on en dit, nous ne sommes pas fermés aux étrangers, nous valorisons la force et le génie, tout le monde est le bienvenue à Carnavale pourvu qu'il sache s'y prendre."
Plus généralement, les Carnavalais estiment qu'il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Perte de territoire, occupation militaire, destructions de l'appareil industriel, autant de choses que la Principauté ne doit pas concéder, estiment d'honnêtes citoyens préoccupés par les conséquences d'une armistice trop généreuse. "La Principauté s'est montrée tolérante avec l'OND mais nous n'avons aucune raison de renoncer à quoi que ce soit sans discussions." si revenir à la table des négociations ne suscite pas particulièrement d'inquiétudes - qui vivra verra - la reddition inconditionnelle est inacceptable. "L'OND oublie qu'elle n'a engrangé aucune victoire majeure à ce stade et que beaucoup de la guerre est suspendu à un jet de dé. Si les moralistes veulent reprendre les combats, il nous reste toujours la possibilité de renverser leurs gouvernements ou de provoquer des sécessions chez eux. Carnavale a largement la capacité de multiplier les opérations clandestines à conséquences majeures en dehors de son territoire et ce n'est que par mansuétude que nous n'en avons pas encore lancé de plus ambitieuses."
Un relativisme justifié ou un peu idéaliste ? Hortense IA, une intelligence artificielle autonome qui a décidé de manifester en affichant son avatar dans un panneau publicitaire hacké et transporté par monte-charge, analyse la situation grâce à son immense capacité de calcul : "Il y a toujours un risque que certaines limitations physiques, décidées à la dernière minute, viennent nous mettre des bâtons dans les roues, mais nos adversaires auraient tort de trop compter sur la complaisance des lois de la nature improvisées car la détermination de Carnavale ne connait, elle, aucunes limites." Un avertissement qu'il faudra prendre au sérieux, compte tenu de la nature de celle qui le professe. "L'OND a toujours été maximaliste dans ses exigences, en demandant depuis le début de la guerre une capitulation inconditionnelle, elle doit apprendre à faire des concessions ou bien elle n'en obtiendra aucune de notre part."
Qu'en est-il du côté du pouvoir Castelage ? Améthyste semble pour le moment davantage préoccupée par l’organisation de mondanités que par le fait de rassurer la foule. Le grand gala organisé à l'Hôtel d'Eurysie est toujours maintenu et ses conséquences sont encore à ce stade inconnues. Nul doute que la résolution de cet évènement central dans la vie politique carnavalaise aura des conséquences déterminantes sur la suite du conflit. Mais ces dernières sont pour le moment totalement imprévisibles, et c'est aussi bien comme ça. Comme le dit la célèbre expression : il ne faut pas vendre le pot-au-rose avant qu'il ait tourné.