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PRESSE I Presse Nationale - Kawara-ban 河原版 - Page 5

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Kawara-ban


LA VOIX DU PEUPLE.
Kawara-ban – 30 mai 2019


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Aux urnes, etc.

Après deux mois d’une campagne électorale éclair, les fujiwans ont été invités à se prononcer sur l’avenir de la politique nationale ; un exercice avec lequel ils ne s’étaient pas confrontés depuis la réforme constitutionnelle de 2015 ayant conduit à l’érection du Shogunat Shimura suite à la vague Kōdō ayant remporté le gros des sièges de la Diète. Mais, si la majorité des citoyens engagés dans la politique saluent ce retour à une véritable démocratie d’union nationale et de stabilité géopolitique, certains s’interrogent sur les modalités de cette élection car le Fujiwa est un pays réputé ressuscité des mains d’Himiko Kozuki — la Reine-Prêtresse. Les questions les plus fréquentes auxquelles les services de l’État durent répondre gravitèrent autour de la durée du mandat, le nombre de sièges, les pouvoirs de cette nouvelle Législature. Quant aux responsables politiques, la question du système se posa : Trois Justices ou ancien ordre ?
L’autre problème majeur soulevé lors de cette imparfaite campagne fut sa durée. Deux mois pour reconstruire le Fujiwa, cibler les axes majeurs des politiques nationales et en extraire un programme releva proprement du défi.

À ces interrogations, le Cabinet a apporté de précieuses clarifications, soutenues par l’impératrice elle-même.
De ce qu’il a été annoncé, cette Législature est prévue pour être éphémère et courte, se basant explicitement sur l’ancien système et ses modalités. Le Cabinet veut disposer d’avoir la Voix du peuple pour conduire la prochaine Loi fondamentale de l’Empire, marquant de ce fait la fin officielle de la période de restauration du Shogunat désigné comme étant l’ère Gishō (偽将) et l’avènement de l’ère Kōwa (皇和), marquée par un retour aux fondamentaux civiques et démocratiques.
Si l’Agence impériale a annoncé que l’Impératrice a chargé le Premier Ministre Satoru Kurobane de conduire le processus électoral selon les standards démocratiques internationaux, force est de constater que la Troisième République du Jashuria, la République Socialiste du Negara Strana, l’Empire Burujoa et surtout l’Empire du Grand Ling se sont portés garants de la neutralité et de la conformité du processus démocratique. Selon cette même réthorique, tous les partis — y compris Kōdō — ont été conviés à présenter leurs candidats en oubliant explicitement le système des Trois Justices.

bureau de vote

Un cordon sanitaire autour de Kōdō.

Mais, le traumatisme vécu par une franche partie de la sphère politico-médiatique et plus généralement par les Fujiwans a naturellement conduit à des alliances informelles autour de la question de la banalisation de Kōdō et son droit à une seconde chance.

Le parti conservateur de droite radicale se voulait pourtant être un symbole de renouveau dans un paysage dominé par une droite modérée des décennies durant et incarné par le Parti de l’Aube.
La gauche s’est une nouvelle fois réunifiée en une confédération disparate de partis sous les hospices du Cercle Socialiste, usant sans difficulté de l’argument que la banalisation de Kōdō et l’inefficacité du Parti de l’Aube à l’anticiper ont conduit à la chute de deux régimes en moins d’un an. Elle nourrit l’espoir que son heure est enfin venue mais à peine recrée qu’elle subit déjà de plein fouet la confrontation avec le Shinwa d’un Koji Omura qui n’a pas dit son dernier mot et dont la place de gauche modérée sied mieux, ne cherchant pas la rupture avec le centre et la droite mais plutôt la coopération nationale pour reconstruire le pays. Au sein du Cercle — duquel Shinwa est pour l’instant encore un membre — c’est la lutte des classes. Le Parti Communiste Fujiwan de Masayoshi Higashida veut diriger et imposer son idéologie, Shinwa refuse le compromis unilatéral.
Et cette lutte chronique de la gauche fujiwane conduit invariablement aux mêmes résultats : elle renforce le centre et la droite. Le Parti de l’Aube s’impose comme un phare, une bouée déjà bien connue à qui on peut pardonner d’avoir raté le coche de 2012 et compte parmi ses membres pas moins que le Premier Ministre actuel. Saturo Kurobane s’est imposé comme le leader du parti grâce à son ancienneté et son verbe et, il faut l’avouer, sa proximité avec le pouvoir impérial.

Les éternels centristes du Parti Uri profitent également des tautologies de la gauche pour s’ériger en juges de paix et d’alternative pour ceux qui ne peuvent pas virer à gauche ni à droite, soit par peur de revoir un jour une nouvelle montée du fascisme favorisée par le Parti de l’Aube incapable d’anticiper les besoins de ses concitoyens, soit parce que la gauche n’arrivera jamais au pouvoir, victime de ses propres contradictions. Dans les couloirs et les restaurants, le bruit court déjà que le Parti Uri et le Parti de l’Aube pourraient réaliser l’Union Nationale. Mais c’est précisément ce que ne veut pas l’électorat urien, ce qui semble donc ne pas pouvoir se confirmer.
Enfin, à droite toute, Kōdō, déjà isolé par les autres partis en raison de son histoire récente, subit la double peine de voir ses membres les plus modérés se dissocier du parti pour refonder l’ancien mouvement Saenuri par l’intermédiaire de Naomichi Serizawa, un technocrate conservateur qui passe subitement pour une figure de droite raisonnable mais radicale.

Dans ce paysage politique, le grand absent demeure Shihon, ce nouveau parti issu des législatives de 2012 et qui s’était érigé comme voix légale des corporations privées. Seulement dans le nouveau régime de Himiko, ces corporations privées sont également responsables de l’effondrement. Le Fujiwa dissout fit fuir la majorité des capitaux et des Zaibatsu vers d’autres rivages, essentiellement le Burujoa, les Fujiwans auraient fini par les mettre à la porte — probablement avec moins de tact qu’une claque velsnienne.

Les grands thèmes de la campagne.

Si la prochaine Législature doit être éphémère pour permettre la reprise rapide de la vie démocratique et publique du pays, les partis ont vraisemblablement opté pour préparer l’après.
Le Cercle Socialiste entends défendre une politique de rupture avec les traditionnelles politiques fujiwanes, marquée par un accroissement significatif des rapprochements avec les puissances socialistes du continent ; Negara Strana en tête. Par ailleurs, ils défendent l’idée d’une collectivisation des moyens de production du pays et une redistribution des richesses, finalement rien de nouveau sous le soleil rouge.
Shinwa, par l’intermédiaire de sa tête de fil, semble osciller entre un dirigisme des secteurs critiques comme l’énergie ou le transport et socio-libéralisme à la lingoise. En outre, ils entendent travailler en coopération avec le centre et la droite modérée pour une relance rapide du Fujiwa. Koji Omura a toutefois laissé entendre qu’il s’opposait au rapprochement avec les nations socialistes du Nazum car trop proche de l’impérialisme kah-tanais. Il plaide davantage pour un apaisement des tensions et une entente cordiale, pas pour une perte déguisée de la souveraineté qu’il croit entrevoir. Les urnes et le Temps seront juges de cette prédiction.
Du côté de la droite, la priorité est donnée à une réforme en profondeur du système fujiwan, limiter les dépenses publiques tout en relançant les grands secteurs compétitifs dont l’énergie, la pêche industrielle et surtout l’industrie lourde afin de soutenir la dette qui a irrémédiablement explosé avec la crise de 2015 et l’effondrement du PIB. Le Parti de l’Aube va d’ailleurs plus loin en voulant intégrer des mesures sociales très fortes comme la réconciliation ethnique entre Jinse et Wano ou des mesures concrètes pour les travailleurs telles que l’abaissement du temps de travail hebdomadaire de 51 h à 45 h. Porté par le Premier Ministre, la question de la femme dans la société fujiwane doit également être revue, s’inspirant des mesures prises par le Lianhedang au Grand Ling.
Au sein des deux blocs conservateurs, la souveraineté nationale, le protectionnisme et la reconstruction de l’identité fujiwane sont les thèmes de prédilection de leur programme, un choix terriblement audacieux et peut-être déconvenue pour Kōdō mais qui permet de poursuivre l’œuvre de dédiabolisation du Saenuri.

Reste que, malgré son effondrement, le Fujiwa continue sa bouillonnante vie politique. Une nouvelle donne devra en émerger, il n’attend plus qu’à voir laquelle.

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