23/01/2020
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Activités étrangères à Westalia - Page 5

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belagri
Belagri face aux violences racistes.
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SA MAJESTÉ LE ROI DU ROYAUME DE BROCELYNWOOD

Communiqué : résultats des élections présidentielles en Grande République de Westalia

Au nom du Royaume de Brocelynwood, Sa Majesté le Monarque Johnlyn IV adresse ses félicitations à Monsieur Victor Hardenbor Jr. pour sa large victoire aux élections présidentielles de la Grande République de Westalia.

L’arrivée de Monsieur Hardenbor aux fonctions de Chef d’Etat d’une des plus grandes puissances d’Aleucie fait souffler le vent d’un formidable espoir pour son pays et pour le continent tout entier.

Notre Royaume a toute confiance dans le fait que les options proposées par Monsieur Hardenbor seront les plus à même de régler l’actuelle offensive terroriste que subit son pays et, par la même, couper court à tout processus de généralisation de conflits armés intérieurs.

Le Royaume de Brocelynwood se tient pleinement disponible pour poursuivre et avancer sa coopération dans les multiples domaines ayant conduit à la signature du Traité avec la Grande République de Westalia il y a un an. Bien évidemment, cela concerne notamment les enjeux sécuritaires, alors que des prémisses de tensions basées sur la question ethnique se font aussi sentir chez nous.

Comme il l’a démontré avec conviction pendant la campagne électorale, Monsieur Hardenbor Jr. sera un dirigeant aux idées claires, basées sur une ligne directrice extrêmement lisible et priorisant la lutte ferme contre le désordre et les extrémismes. Sa prochaine prise de fonction représente ainsi une opportunité pour le continent, à commencer par sa partie occidentale, alors même que - par exemple - des États ont encore récemment cherché à créer un climat visant à mettre la communauté protestante et nos ressortissants en danger.

C’est donc avec un enthousiasme et un soutien assumés que Messieurs Edmund Valemont, Premier Secrétaire Spécial du Roi, et Julian Westbridge, Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes, seront présents aux premiers rangs de la Cérémonie d’Investiture de Monsieur Victor Hardenbor Jr. ce 1er septembre 2019.

Le 30 août 2019
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La pluie du début d'automne frappait les hautes fenêtres du Palais Dalmorien avec une régularité presque oppressante. Il était tard, l'air était lourd. Les couloirs habituellement animés étaient désormais plongés dans une pénombre entrecoupée de la lumière de quelques voitures qui partent ou des éclairs, dans un bourdonnement de bruit vague et flou, seulement troublé par quelques fonctionnaires encore présents qui disaient au revoir et fermer leurs bureaux, et le bruit lointain des secrétariats qui terminaient leurs rapports. Les trois hommes venaient de quitter une réunion interminable sur les élections constituantes. Les visages étaient fermés, fatigués et l'odeur de café flottait. Les épaules étaient lourdes. Aucun d'eux n'avait vraiment envie de rentrer avec cette autre crise en tête et la nuit s'annonçait longue, une fois de plus.

François-Adolphe Rouzet avançait rapidement, dossier sous le bras. Omer Manoury, le ministre de la Sécurité Intérieure le rattrapa à pas vifs, mais en prenant le soin de ne pas faire trop de bruit tandis que Pierre-Louis Dufresne, le secrétaire d'Etat à l'Aleucie sortait à son tour de la salle en fermant doucement la porte pour lui aussi provoquer le moins de bruit.

« François ! » Cria à voix basse le ministre.

Le Premier Ministre par intérim ralentit.

« Oui ? »

Manoury jeta un regard rapide autour de lui avant de baisser instinctivement d'avantage la voix.

« Vous avez vu la dernière note de nos services sur Westalia ? »

Rouzet souffla, las.

« Je viens de finir les cinquante pages. Je crois que je n'avais pas besoin de ça ce soir avec toute l'agitation au parti et dans le pays. »

Pierre-Louis Dufresne arriva à leur hauteur et d'un air tout aussi inquiet souffla :

« On parle de Celenza ? »

« De Celenza, d'Hardenbor, des Hamajaks, de toute cette folie qui se propage à l'ouest... » répondit Manoury.

Le Secrétaire d'État à l'Aleucie secoua lentement la tête.

« Bon Dieu... Belagri doit être en train de s'arracher les cheveux. Tout le processus d'adhésion à l'OND est mort. Mort. Et je ne donne pas cher de la peau de leur Safety & Security Act et de leurs lois sociales. »

Rouzet continua à marcher.

« Il était déjà en soins palliatifs. Là, ils l'enterrent. La gauche est complètement sonnée par la défaite. »

« Pas seulement l'adhésion », reprit Dufresne. « Vous avez écouté son discours en entier ? Ce n'est plus seulement la sécurité là, que ce soit dans ce qu'a bavé Celenza devant les chambres ou toutes les promesses et l'écosystème réac qui s'active, ça sens très mauvais. Il y avait déjà des ambitions qu'on retrouvait chez les soc-dem d'avant mais là le ton est différent et les moyens aussi. Le leadership aleucien. L'Union Nationale. Le réveil patriotique. »

Manoury enchaîna. « Et cette Brigade de Restauration de l'Ordre directement sous contrôle du Premier Ministre... Excusez-moi, mais même en tant que Ministre de la Sécurité Intérieure, ça me choque. Je veux dire, je ne suis pas Sheev Headmon mais il ne me semble pas être un laxiste. Et ça... »

« Oui. J'ai remarqué. » Répondit laconiquement le Premier Ministre.

« Ça vous rappelle rien ? »

Rouzet ne répondit pas tout de suite. Il jeta un coup d'œil par la fenêtre et répondit amèrement.

« Trop de choses. »

Un huissier les croisa. Les trois hommes s'arrêtèrent quelques secondes et la saluèrent avant de se regarder. Lorsqu'il fut passé, Manoury reprit.

« Ce couvre-feu dans huit villes. Les détentions préventives. Les perquisitions sans mandat. Dissolution d'associations. Assignation d'un quartier entier. Imaginez si on faisait ça ici comme l'opposition gueulerait et comment le pays serait bloqué par les grèves. »

« Selon l'excité de l'ordre, les Hamajaks ont fait deux mille morts. »

« Je sais. Mais tout de même. »

« Oui, tout de même », admit Rouzet. « Et il ne précise ni sur combien de temps, ni pourquoi... »

Ils traversèrent une galerie donnant sur les jardins détrempés et où le vent froid de l'extérieur leur parvenait à travers les vitres. Dufresne soupira.

« Je crains que le problème majeur ne soit même pas ce qu'ils font maintenant. C'est de ce qu'ils peuvent devenir. »

« C'est-à-dire ? »

« Ils se voient désormais comme le centre du continent. En tout cas encore plus qu'avant. Belagri même s'il avait des ambitions, il parlait d'OND, d'ASEA, de coopération, de leadership partagé. Et lui, il savait tenir un peu Takajiwa. Hardenbor et Celenza parlent de superpuissance westalienne, d'intérêts westaliens et nous, on disparait de plus en plus de leurs discours et de leur stratégie. Ils regardent bien moins vers Estham et davantage vers eux-mêmes. »

Manoury acquiesça.

« Et ils ont les moyens de leurs ambitions. Leur économie a dépassé la nôtre de 100 milliards. Leur population est deux fois plus importante que la nôtre. Ils sont plus proches de pas mal de pays aleuciens qui se concentrent de toute manière à l'ouest. Leur armée se modernise et nous a dépassée surtout sur la marine. Leur industrie aussi, 20 milliards de dollars de différence entre notre industrie de défense et la leur. »

Rouzet resta silencieux.

« Ils veulent leur siècle westalien », finit-il par dire.

« Exactement », répondit Dufresne. Le bruit de la pluie se faisait plus fort contre les vitres.

« Et nous ? »
demanda Manoury. « Dans deux ou trois mois, le PSU va probablement sortir vainqueur des constituantes et nous le PPN on a pas réussi à imposer nos thèmes. L'éclatement du PSI nous a fait très mal même si on a récupéré une bonne partie des cadres et des ministres. Le pays va virer à gauche et au menu ça va être décentralisation, participation citoyenne, États constitutifs, écologie, deux capitales, réforme des institutions. Et pendant ce temps-là, Westalia part dans une tout autre direction. »

« Deux trajectoires bien différentes », murmura Rouzet.

« Plus que différentes. Elles peuvent devenir opposées, voir rivales. Les westaliens, en tout cas la droite sont complètement décalés par rapport au reste du monde et à leurs yeux le PSU c'est le bolchévisme. Ils ne leur feront pas de cadeaux. Avec un peu de chance Cyrille Matthieu aura une majorité relative qui le forcera à faire alliance avec le PAA et nous, voir les chrétiens démocrates, et on pourra infléchir un peu sur leur programme économique pour pas effrayer tout le monde. Récemment on compense notre relatif éloignement de l'Aleucie du Sud grâce à nos alliances sur la côte est mais si les négociations avec le Lib ne satisfont pas le Brocelynwood et que le PSU gagne, c'est probable qu'ils iront voir du côté de Columbia. »

Le Premier Ministre par intérim s'arrêta.

« Ne dramatisons pas trop vite. Notre économie est bien repartie et les institutions à venir seront solides. Cyrille n'est pas un révolutionnaire du PCR même si il a orienté plus à gauche sa ligne. Et l'armée n'est pas non plus en ruines. Notre armée de terre reste meilleur et vu le pognon qu'on met dans la marine et l'aviation on devrait pouvoir tenir notre rang. J'ai discuté avec Baudouin Clair le nouveau patron d'AERIS Dynamics, les commandes avancent bien. »

« François, ils parlent déjà de leadership continental et tu vois bien qu'on ne peut pas à moyen terme les rattraper économiquement et que militairement l'écart va se creuser. Je veux dire, ils ont le double de main d’œuvre et nous on a connu la perte du Mokhaï puis l'Holocauste. C'est 6 millions d'habitants en moins et des changements structurels qui s'imposent. On a beau être la deuxième puissance aleucienne le sort s'acharne contre nous pour reprendre la première place ou au moins maintenir le rapport de force. Ils refusent l'OND. Ils militarisent leur réponse intérieure. Ils créent des structures parallèles sous contrôle politique. Et ils savent très bien que chez nous, l'opinion publique reste traumatisée par Estham. Le moindre attentat natif ou afaréen peut faire monter Nouvel Horizon ou le FRN, ou bien le PCR, et ils crieront à la révolution. Il va falloir urgemment approfondir les relations avec les autres aleuciens et surtout les stérusiens pour ne pas qu'ils créent leur idylle avec Columbia ou on se retrouverait totalement dépassé. »

Manoury ajouta : « Mes services voient déjà les réseaux de Nouvel Horizon reprendre certains éléments westaliens. "Regardez Celenza, lui il agit". "Regardez Westalia, eux ils ne discutent pas". Ça circule. Beaucoup. C'est profondément débile mais ça séduit les imbéciles qui n'ont aucune éducation politique. Là dessus je pense que le PSU a raison, il faut vraiment apprendre aux gens à ne pas voter pour des demeurés dangereux au surplus. »

« Et les indépendantistes ? » Demande distraitement Rouzet.

« Ils ne feront jamais la majorité », répondit Manoury. « Mais ils existent et ils ont structurés leur mouvement même si c'est le bordel chez le MAA. Les campagnes d'ingérence étrangère ont été contrées mais elles ont quand même eu des effets. Et les effets c'est le PCR a 10% dans tout le pays et le MAA a 10% en Afarée. L'Action Native Souverainiste recrute même si à l'échelle nationale elle est anecdotique, dans le vote natif c'est beaucoup trop pour un parti aussi radical. Les réseaux les plus radicaux cherchent à importer la cause hamajak dans leur propagande. Pour l'instant, ça reste marginal. Mais si les images de Westalia tournent en boucle... »

Dufresne grimaça.

« Alors on peut imaginer des manifestations devant l'ambassade. Puis des contre-manifestations. Puis Nouvel Horizon criera au terrorisme. Puis le FRN criera à la trahison. Le PCR criera au fascisme. Et le débat constituant deviendra un débat identitaire. Enfin plus qu'il ne l'est déjà. »

« Je sais », répondit Rouzet.

« Et si Westalia va plus loin ? » Demanda Dufresne. Le Premier Ministre le regarda.

« Plus loin comment ? »

« A ce rythme là, je ne serais pas étonné dans quelques semaines ou quelques mois d'entendre des rumeurs d'exécutions extrajudiciaires, d'internements massifs d'étrangers et d'indépendantistes puis des expulsions et tout le drame humanitaire qui va avec. »

Rouzet baissa les yeux vers un goûte qui coulait le long de la fenêtre.

« Alors nous aurons un problème. »

« Un très gros problème »
, ajouta Dufresne.

« Parce qu'on ne peut pas abandonner Westalia comme ça. »

« Non. » Répondit Manoury.

« Mais on ne peut pas cautionner n'importe quoi, et si on fait l'autruche on nous accusera d'être complaisants. »

« Non plus. »

Le silence revint quelques instants. Au loin, un éclair illumina les jardins du palais. Manoury parla plus bas encore.

« Vous savez ce qui m'inquiète le plus ? »

« Quoi ? »

« Celenza est sincère. »

Rouzet leva les yeux vers son ministre.

« Je pense qu'il croit réellement sauver son pays. Je pense qu'il croit chaque mot de son discours. Et c'est ça qui me fait peur. Les cyniques, on sait les gérer. Les convaincus, les fanatiques... »

« ...sont plus dangereux », termina Dufresne l'air sombre.

Le Premier Ministre hocha lentement la tête.

« Belagri était prévisible... On connaissait son logiciel et on savait qu'on avait pas mal de points communs. Avec Hardenbor et Celenza... nous entrons en terrain inconnu. Bien-sûr on sait comment ils fonctionnaient en 2015, mais là ils se sont indéniablement radicalisés... »

« Et si leur stratégie marche ? »
demanda Manoury.

Rouzet s'arrêta net.

« Pardon ? »

« Si elle marche. Si dans six mois les attentats cessent. Si les Hamajaks reculent. Si l'ordre revient. Si leur économie tient. Si l'opinion ne sanctionne pas leurs dérives. Alors que répondrons-nous quand Nouvel Horizon dira : "Vous voyez ? Ils avaient raison". »

Personne ne répondit immédiatement. Dufresne finit par murmurer :

« Alors nous devrons prouver qu'on peut être fort sans devenir autre chose. Mais pour ça, le PPN ne doit pas rester sur la touche... L'extrême droite a subit un coup d'arrêt temporaire dans sa progression après la dissolution des LNS et la fragmentation entre une extrême droite ultralibérale et l'autre isolationniste. Mais ils vont se ressaisir. Et sur ça Cyrille à raison, on s'en fout des communistes, le principal danger c'est l'extrême droite... On va devoir mettre les égos de côté et être constructifs si on ne veut pas devenir Westalia. »

« Oui. »

« Et si nous n'y arrivons pas ? »

Rouzet regarda la pluie tomber derrière les vitres du palais.

« Alors nous aurons perdu quelque chose de plus précieux qu'Estham... »

Un silence s'installe quelques secondes qui semblèrent durer une éternité.

« Nous aurons perdu la certitude que la démocratie peut survivre à ses blessures sans se transformer elle-même en forteresse. »

Les trois hommes restèrent silencieux. Au bout du couloir, les lumières s'éteignaient une à une.

Manoury conclu, presque en murmurant :

« Si il fallait choisir, même pour le double de la puissance alguarenos, je ne troquerais pas notre démocratie pour le naufrage westalien. »

Et au-delà des murs du Palais Dalmorien, sous la pluie de Haguevieil, l'Empire du Nord approchait des élections les plus importantes de son histoire moderne, tandis que l'un de ses plus vieux alliés semblait emprunter un chemin que personne, dans ce couloir sombre, n'était encore capable de définir, mais dont personne dans ce continent ne sortirait gagnant en dehors des cyniques.
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URL_LOGO_KWIKWI Découvrez ce qu'il se passe.

👨‍💼 ZHOU Lee pastille bleue
@PMOGL · 17/09/2019

La situation sécuritaire de la Grande République de #Westalia est particulièrement préoccupante. J'ai mandaté le Secrétaire d'État en coopération avec le Secrétaire de l'Intérieur pour assurer à tous nos ressortissants le souhaitant un retour facile au Grand Ling. J'enjoins les autorités westaliennes à ne pas s'opposer à cette démarche et prie pour que les dieux soient favorables au peuple de Westalia et à ce que son gouvernement retrouve la tempérance et la raison pour cesser de confondre quête de sécurité avec haine et peur.💬 222k · 🔁 14,3M · ❤️ 7M · 📊 382M vues
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