Posté le : 07 fév. 2025 à 12:03:37
Modifié le : 17 avr. 2026 à 17:11:36
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Langues et coutumes
Le Drovolski est un pays peu libre sur le plan culturel, voire oppressif. Cependant, une multitude de langues et de coutumes y existent tout de même. On peut en effet distinguer au moins trois grandes cultures largement métissées : les Mesolvardiens, culture tartare dite de la vieille ville ; les Varnaciens, de culture slave importée du nord du pays ; et enfin les Bénodiens, dont les influences sont multiples. Ces cultures se distinguent principalement par la langue, les méthodes d'organisation sociale et leur histoire. Cependant, il est difficile d’observer une différence phénotypique marquée depuis la grande exode vers le Nazum, la chute de Varnace et le métissage génétique qui en a résulté.
Culture Mesolvardienne
Mesolvarde, l'humaine, est le cœur des traditions du Drovolski. On y parle le mesolvardien, une langue de la famille toungouse du groupe jurchénique, utilisant deux graphies autorisées : la cursive, dite varnacienne (cyrillique), et les idéogrammes, dits traditionnels. Ces derniers tendent à disparaître des usages quotidiens mais restent une obligation légale dans les communications gouvernementales. De ce fait, les Mesolvardiens savent généralement lire et écrire en cursive varnacienne, mais rarement en idéogrammes traditionnels malgré leur enseignement.Sur le plan phonétique, le mesolvardien se distingue des autres langues toungouses par l’intégration de tons et la réduction du nombre de phonèmes à seulement sept, ce qui en fait une langue très pauvre, peu propice à la chanson. Cela explique en partie l’aversion pour celle-ci dans la capitale. Le mesolvardien intègre cinq tons dits principaux et deux tons dits modaux, qui modifient le sens d’un groupe de deux à quatre phonèmes appelé découpe – à ne pas confondre avec un mot composé strictement de trois découpes. La structure grammaticale est peu descriptive. Le mesolvardien s’articule autour de mots porteurs de sens placés en début de phrase, définissant d’emblée le temps, le sujet et le mode. Sonorément, la langue est relativement douce mais complexe à comprendre : une erreur sur un mot porteur de sens peut rendre une phrase incompréhensible. De plus, sous influence slave, certains phonèmes subissent des variations pouvant induire en erreur les non-initiés, notamment dans les mots à découpe pronominale supérieure. Le mesolvardien comprend douze temps, mais ne possède aucun temps du futur. Seule une structure dite défective existe, traduisible par Je serai faire de façon certaine. L’usage du subjonctif est très courant, en particulier son plus-que-parfait, si fréquent qu’il remplace souvent le passé.
La culture mesolvardienne s’est appauvrie depuis l’époque moderne en raison de son morcellement successif par les Varnaciens puis par le gouvernement en place. On y trouve peu de mouvements autonomes, bien que deux courants persistent : le collectivisme mesolvardien et la philosophie de l’aliénation. Quelques auteurs, bien que peu célèbres, sont toujours publiés aux côtés d’ouvrages plus connus comme Le Dictionnaire de la Vérité d’État, un ensemble de doctrines issues du Drovolski qui fait unanimité par principe. Certaines coutumes restent cependant très stables dans le temps. Culturellement, les Mesolvardiens sont peu individualistes et n’ont aucun esprit de famille. La trahison, au sens occidental, n’a pas d’existence propre : elle est remplacée par la déférence collective, une idée selon laquelle un individu n’existe réellement que sous le contrôle du collectif, qui donne un sens à son existence. Les Mesolvardiens éprouvent une aversion profonde pour ceux qui contreviennent à la législation, ainsi que pour les courants dits romantiques ou naturalistes, perçus comme un refus de la raison et du modernisme. Le Mesolvardiens moyen suit une tradition matérialiste et moderniste. La notion de liberté est mal vue et n’apparaît que sous la forme d’une liberté pour Mesolvarde de prendre place comme nature.
Culture Varnacienne
Varnace, bien que détruite par la guerre, continue d’exercer une influence. Son écriture est son héritage le plus direct, mais la langue varnacienne reste parlée hors de Mesolvarde, notamment à Bonsecours, où elle est utilisée par le personnel de l’hôpital pour communiquer sans être compris des patients. Le varnacien peut être transcrit en alphabet mesolvardien, mais cet usage n’a jamais réellement existé en raison de la complexité de ce dernier. Le varnacien partage sa structure avec le bas-estalien, à quelques variations près, rendant les traductions souvent inutiles. Sa seule différence notable parmi les langues slaves est l’absence de futur, remplacé par des conditionnels et trois passés réflexifs, chacun exprimant un degré différent d’incertitude. Contrairement au mesolvardien, le varnacien est une langue riche et adaptée à la chanson. Toutefois, il est souvent exprimé de façon abrupte et peu mesurée : pour un étranger, les Varnaciens semblent crier au ralenti. La culture varnacienne est bien plus riche que la mesolvardienne, mais après la défaite de Varnace face à Mesolvarde, elle a été presque bannie. Toutefois, certaines résurgences restent bien ancrées. La société varnacienne est strictement codifiée en classes complémentaires, avec des familles patriciennes très stables, comme en témoigne l’exemple des Bonvasar.
La culture varnacienne a développé une poésie, une littérature, des danses, un théâtre et des philosophies originales. Certains thèmes y sont récurrents, notamment la médecine, les poisons et l’érosion. Le panthéon varnacien était dominé par trois déesses mères : Sarova (argent), Semerva (volonté) et Toula (destruction), fondements de la société varnacienne. Ce culte étant interdit, leur vénération a disparu, bien que Sarova ait été assimilée à Dame Fortune de Velsna, sans explication claire. Les Varnaciens ont une forte piété filiale et sont caricaturalement perçus comme avars (avaricieux), un terme dérivé de ac-var, désignation pouvant se traduire par vars (diminutif de varnacien). Avec la réforme d’ouverture culturelle, ils ont investi certaines traditions coloniales violentes, diffusant leurs savoir-faire dans le reste du Drovolski, notamment en peinture et en sculpture. Influencée par les cultures slaves et latines, la culture varnacienne a intégré des traditions occidentales, notamment en cuisine et en liberté d’expression. Son rayonnement culturel maximal a été atteint durant la colonisation, période de forte croissance culturelle marquée par le développement de la musique classique et des courants humanistes.
Culture Bénodienne
La culture bénodienne n’est pas une culture au sens strict. Son autonomie est discutable et elle ne s’exprime pas par une langue commune. Toutefois, elle possède une certaine réalité à travers des pratiques distinctes de celles des Mesolvardiens. Les Bénodiens comprennent tous le mesolvardien, mais entre eux, ils parlent des langues importées, notamment le translavique à Kotüme, ainsi que le blême et le polk à Bénodïle et Bénobâle. Les Bénodiens, moins métissés que les Mesolvardiens ou les Varnaciens, possèdent un phénotype proche des premiers, bien que moins pâle et avec une présence réduite du blond. Ils sont généralement plus petits et moins robustes. Politiquement et intellectuellement, les Bénodiens, héritiers d’une influence hellénique, sont plus instruits et possèdent des idéaux distincts. Leurs deux cités, Bénodïle et Bénobâle, disposent de représentations démocratiquement élues, tenues de respecter la volonté populaire, l'électorat bénodien. Oppressés par Mesolvarde, ils ont perdu de nombreux droits, mais jouissent d’une liberté plus grande que le reste du pays.