
Pour Mila Horny, Commissaire aux Relations Extérieures de la Fédération des Peuples Estaliens,
Bonjour à vous, chère homologue estalienne. Je vous écrit cette lettre aujourd’hui afin de vous faire part des inquiétudes de mon gouvernement à l'égard des moyens militaires que votre gouvernement a déployés lors de l'Opération Socii. L’inquiétude principale étant que votre but réel ne soit pas de défendre l’Altrecht.
Tout d’abord, il y a dans votre déploiement un véritable décalage entre les moyens déployés, et les menaces potentielles face à l’Altrecht. Vous avez déployé la 2ème Division d’Infanterie Motorisée pour protéger les Communes-Unies. La seule menace contre l’Altrecht est l’Hotsaline, qui y a déjà envoyé des missiles par le passé. Or mon gouvernement ne comprend pas en quoi une division d’infanterie motorisée serait la force la plus adaptée pour intercepter des missiles. Pour faire ce travail, une unité de Commandement de Défense du Ciel aurait été plus apte à la tâche. En effet, une division d’infanterie motorisée n’est pas conçue pour contrer des missiles, mais plutôt pour se battre contre et dans des armées terrestres. Ce fait, connu de tous, est très inquiétant pour mon gouvernement, car mon pays est le seul qui a une frontière terrestre avec l’Altrecht. Mon pays semble donc être le seul contre qui la 2ème Division pourrait potentiellement agir. Cette orientation va à l’encontre de la situation actuelle entre les Communes-Unies et mon pays. Car bien que la Coalition de Droite qui a prit fin en Mai 2018 n’a pas voulue reconnaître les Communes-Unies, aujourd’hui, les partis bourgeois sont presques tous en faveur de bonnes relations avec l’Altrecht, et ils sont unanimement contre la guerre avec notre voisin de l’est, et pour couronner le tout, nos deux pays ont signé un accord concernant nos frontières maritimes et terrestres, un événement auquel j’ai participé moi-même. De plus, lorsque l’OND a voulu survoler notre espace aérien pour venir en aide au fascistes Hotsaliens, le Ministre des Affaires Étrangères de l’époque, le libéral-conservateur Gerald Stressman, a refusé. Cet historique n’est pas celui d’un pays menaçant. Mon pays n’est donc absolument pas une menace pour votre allié, et pourtant, les forces que vous avez déployés ne peuvent que nous menacer, à moins que vous ne craignez que la Rimaurie, coincée dans le bourbier Retsvinien, ne cherche à faire un débarquement naval en Altrecht. Ou peut-être que vous craignez que l’Hotsaline ne cherche à faire réussir une opération aéroportée contre une armée qui atteindra bientôt plus de 300,000 soldats.
Ensuite, il faut aborder le choix de votre gouvernement pour le général de la 2ème Division. Qualifier le choix de Radko Litwin pour ce poste comme peu “judicieux”, ne capture pas du tout la forte opposition entre ce qui est nécessaire pour ce poste, et le caractère du général. Ce général est idéologiquement très très rigide, et il est farouchement opposé au communalisme de marché, ainsi qu’au pacifisme de l’Altrecht. Votre général, censé protéger l’Altrecht est donc hostile aux principes gouvernant son économie et sa politique étrangère, et absolument pas enclin au compromis idéologique, ayant une “forme d’intolérance” envers ce dernier. Pour couronner le tout, il voit l’Altrecht comme étant “incohérent, instable, et idéologiquement dangereux”, et il a une “forte méfiance”, à l'égard des alliés qu’il doit protéger. Pardonnez-moi, mais l’idée que votre général, et son armée qui lui est idéologiquement disciplinée, doit défendre un pays qu’il semble mépriser, ne tient pas debout dans la tête de mon gouvernement.
Je vous demande donc de m’expliquer la logique derrière les modalités de votre Opération Socii, dont certains éléments mentionnés ci-dessus semblent très divergents de votre discours officiel, afin qu’on puisse éviter une montée de tensions inutiles, et de donner des munitions rhétoriques aux réactionnaires de mon pays.
Sincèrement,
Rudolf Breit, Ministre des Affaires Étrangères de la Republik Bachmeyer