Panique en Azur : les Laboratoires Dalyoha viennent encore une fois d’accomplir un miracle

On comprend l’angoisse ressentie par une nation théocratique à voir la science et le progrès aussi régulièrement défier la création de leur Dieu, en démontrant par les faits que le divin ne possède aucun monopole dans la création. Au contraire, façonner le monde est un accomplissement profondément humain. Sur quel opium le sanglant Calife pourra-t-il s’appuyer pour conserver le pouvoir ? Sur quels mensonges son clergé bâtira-t-il désormais son église ? Car alors que les Laboratoires Dalyoha accomplissent des miracles en Afarée, les preuves de l’existence d’Allah, elles, continuent de nous manquer.
Panique irrationnel de croyants arriérés ou interrogations légitimes ? Nous avons interrogée Jacinthe Gerbedorée, directrice du département du clonage et de la manipulation ADN de Grand Hôpital, qui a collaboré de près avec le professeur Crogère à la création de l’écosystème de la vallée Julie Devin.
« Le sentiment de panique et de peur qui se manifeste en Azur est assez compréhensible, il est similaire à l’angoisse ressentie par les premiers hommes face à des phénomènes qu’ils ne pouvaient expliquer. Les travaux en anthropologie montrent que la crainte du tonnerre, par exemple, a joué un rôle important dans le développement des proto croyances religieuses de nos ancêtres. Nous avons peur de ce que nous ne maîtrisons et ne comprenons pas et nous développons, afin de rationaliser nos peurs, des théories qui nous permettent de vivre dans un monde mythifié et donc de nouveau compréhensible.
Les chercheurs de l’Azur, qui est une théocratie islamique, parce qu’ils n’ont pas encore atteint le stade civilisationnel de la rationalité scientifique, s’en remettent à Dieu pour expliquer le monde. Ainsi, il est normal qu’ils condamnent les avancées scientifiques qui les dépassent car elles sont un affront à leur système de croyance où seul Allah peut accomplir des miracles. Nous faisons la démonstration que ce n’est pas le cas, aussi au lieu d’accepter la réalité, ils nous vouent aux gémonies. Je pense toutefois que c'est une tendance qui se cantonne à leur clergé et à leurs élites. Le peuple, lui, a l'instinct que le progrès scientifique améliorera toujours son sort en l'émancipant de la contrainte. Il faut demander aux femmes azuréennes si elles seraient prêtes à renoncer à leurs machines à laver. La science n'est pas ennemie des hommes, elle les sauve au contraire. La médecine en est l'exemple le plus évident, mais ce n'est pas le seul, il y a un réflexe luddite chez les Azuréens qui voient dans la machine un danger. Dans un écosystème OGM une menace. En effet, le progrès repousse l'obscurantisme en démontrant ses contradictions et ses limites. C'est cela que craint le clergé azuréen : l'émancipation du peuple.
Par ailleurs, il y a un réflexe de protection psychologique assez courant chez de nombreux peuples non-carnavalais, qui consiste à décrier tout progrès, toute avancée, au motif qu’on ne la comprendrait pas bien. Cette une mentalité casanière, de gens qui n’ont pas le goût du risque et de la recherche, ce qui explique d’ailleurs leur retard en la matière. Les scientifiques étrangers ne jurent que par les protocoles, ils érigent des règles épistémologiques et éthiques pour se protéger de leur propre potentiel. Ils craignent de découvrir quelque chose qui remettrait en cause leur vision du monde et entraînerait toute la société dans une escalade qu’ils ne maîtrisent pas. Il y a cette peur l’IA ou la recherche génétique, mais c’est la même criante qui faisait autrefois que les autorités religieuses condamnaient la dissection des cadavres : un archaïsme fondé sur la volonté de préservation fébrile du statut quo.
Les Carnavalais n’ont pas de telles limitations, c’est heureux, quand nous découvrons quelque chose, nous nous employons à en mesurer tout le potentiel. Dès lors que nous avons fait des progrès dans la recherche génique, nous avons commencé à rêver de reconstruction écologique d’écosystèmes entiers. Les hommes forts rêvent et leurs rêves deviennent réalité, nous venons d’en faire la démonstration en Kabalie rouge.
Quant à savoir si notre création nous échappera, nous nous employons à la maîtriser. Cependant je veux poser cette question : est-ce si grave ? Si par la sélection naturelle une espèce prend le pas sur d’autres, c’est ce qui arrive tous les jours, en quoi une espèce OGM poserait davantage de problème ? Il n’y a pas de différence intrinsèque entre une plante OGM et une plante naturelle, ce qui tracent une ligne entre les deux sont des naïfs qui attribuent une valeur supérieure à la nature. Mais c’est un comportement profondément antiscientifique et antihumaniste de faire cela, dois-je me laisser mourir d’un bronchite car la bronchite est naturelle ? Ou ne pas porter de lunette au prétexte que la myopie est un effet naturel du vieillissement ? C’est absurde, l’être humain combat la nature pour s’en émanciper, tous nos accomplissements viennent de là. Si nous sommes en mesure de créer des espèces plus utiles pour l’humanité, il n’y a aucune raison philosophique ou éthique de ne pas les laisser prospérer. Nous l’avons fait avec les vaches, les chiens, les légumes, par des procédés de sélection minutieux. Nous pouvons le faire avec les insectes et les fleurs.
Il y a ce que dans notre milieu une forme d’amnésie écologique chez les chercheurs azuréens. Ils grandissent dans un monde qu’ils pensent naturel car c’est celui qu’ils ont toujours connu. Mais le monde d’aujourd’hui est tout entier modelé directement ou indirectement par l’homme et ses activités, jusqu’à la composition du gaz qui nous entoure, la pollution, l’architecture. Notre présence a complètement transformé notre planète, par un mécanisme lent, semblable à celui de l’érosion. Ce que nous appelons « nature » n’a rien de naturel, au contraire, c’est une pure illusion. Les gens qui s’opposent à la technologie OGM sont des gens qui nourrissent cette illusion en opposant des mécanismes qu’ils croient « naturels » à la main de l’homme. Tout cela est une aberration scientifique. Si nous faisons en une génération de plante, par la manipulation génétique, ce que nos ancêtres ont réalisé en dix, par la sélection, quelle différence sinon un gain d’efficacité ?
Bien sûr je n’exclue pas que les critiques de l’Azur soient de simples manœuvres de déstabilisation à notre égard. Nous sommes après tout leurs concurrents directs et nos exploits en Kabalie rouge légitime non seulement notre présence en Afarée, mais démontre la viabilité de notre projet là-bas. Pour les détracteurs du projet CRAMOISIE© c’est un enfer car non seulement ce qu’ils appellent par racisme « le colonisateur » est sur place, mais il fait mieux qu’eux. Plus efficace, plus rapide, plus précis. Nous transformons un territoire en quelques années là où il en a fallu des centaines à l’Azur pour s’approprier ses montagnes et ses déserts. Des siècles de culture que la science surpasse en quelques mois. C’est à s’arracher les cheveux de la tête pour eux car c’est leur modèle civilisationnel, leur vision du monde qui est battue en brèche. Les Laboratoires Dalyoha défient leur dieu et leur idéologie et, c’est terrible à dire, mais nous gagnons. Qu’à donc à nous opposer l’Azur à par la force ? Ne nous y trompons pas, ils t’enteront d’étouffer notre travail et nos avancées par de vains arguments moraux. Mais ce qu’ils cherchent, ce n’est pas à faire justice aux Kabaliens avec qui nous collaborons d’ailleurs, ils veulent empêcher l’avènement d’un modèle civilisationnel plus efficace que le leur. C’est ce qu’ont toujours tenté de faire les clergés dans l’histoire, étouffer le progrès par archaïsme.
Il ne faut pas voir l’Azur comme un ennemi mais comme une bête acculée et malade de ses propres contradictions. Carnavale brille et triomphe tandis que le reste du monde stagne et piétine. L’Afarée n’est pas le terrain de jeu des colonisateurs, c’est l’avènement d’une nouvelle humanité, réconciliée avec elle-même, émancipée de la nature, le tout grâce à la science et la recherche. Je ne reproche pas aux sceptiques et aux craintifs de condamner notre travail, mais qu’ils ne tentent pas de l’entraver. Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue, l’époque au techno futurisme, l’humain doit trouver sa place au centre du monde et se donner les moyens de sa toute-puissance. Aux sceptiques il faut dire : faites-nous confiance et laissez-nous notre chance. Pendant des siècles les théologies ont prospéré, il est désormais temps de laisser de la place à des approches plus novatrices et audacieuses. Quant aux enthousiastes, rejoignez-nous ! Intégrez les Académies de Bourg-Léon, déposez vos CV aux Laboratoires. Ensemble nous transformerons le monde, tous les ambitieux sont les bienvenues. »
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