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CARNAVALE MATIN
02/05/2018


Pour désengorger le métro aérien, Marc Micmac parie sur l'inventivité carnavalaise

Pour désengorger le métro aérien, Marc Micmac parie sur l'inventivité carnavalaise


C'est un problème que n'avaient pas prévu les premiers concepteurs du métro aérien de Carnavale : l'extension rapide de la population de la Cité noire, et surtout la constitution récente d'une classe moyenne en mesure de se payer un ticket, encombre les anciennes structures ferroviaires. Bouchons, queues et attentes parfois interminables, les ambitions d'Améthyste Castelage en matière de mobilité urbaine se heurtent à des défis inattendus. La semaine dernière, un passager ayant voulu se rendre au quartier des chanterelles depuis le quartier des abricots témoigne avoir été contraint de voyager pendant plus de 76h pour atteindre sa destination. Un problème conséquent qui gêne la mobilité à l'intérieur de Carnavale et réduit son potentiel touristique, les habitants n'étant guère encouragés à circuler d'un quartier à l'autre.

Marc Micmac, le directeur de la Société Princière de Gestion du Métro Aérien Carnavalais, assure prendre le problème très au sérieux : "Améthyste nous a confié une mission, rendre le métro aérien fonctionnel pour les Carnavalais au quotidien et relier un maximum de quartiers de la Cité noire, nous ne faillerons pas." Plusieurs solutions innovantes sont sur la table, plus ou moins farfelues ou ambitieuses selon les dépassements budgétaires que s'autorisera la SPGMAC. Car Marc Micmac s'est entouré des esprits les plus brillants de leur génération, des ingénieurs dont la plupart ont fait leurs armes au sein des Industries Obéron, pour un certain nombre reconvertis dans le civil. Il fallait au moins cela pour oser s'attaquer au labyrinthique réseau ferré de Carnavale, dont le métro aérien porte parfois bien mal son nom, tant il passe sous terre, sous l'eau, au dessus des rues et à l'intérieur des bâtiments. Le serpent de fer se complexifie d'autant que les travaux n'ont pas cessé, depuis l'Armageddon't, de le remettre à neuf, entraînant une augmentation mécanique de sa fréquentation, mais aussi des zones à risques et des points de tension.

"Une solution assez simple serait de rajouter deux étages au métro aérien" nous explique Marc Micmac. "La plupart des métros du monde se contente d'un seul, de deux pour les plus ambitions. En transformant chaque wagon en un petit immeuble roulant, nous optimisons drastiquement la place et multiplions par trois ou quatre la capacité d'emport, à moins coût." A moindre coût, vraiment ? Le directeur de la SPGMAC concède qu'avant de procéder à de tels aménagements, un réexamen de la totalité du réseau sera nécessaire. "Il y a la question des rails, qui devront mécaniquement supporter un poids deux à trois fois plus lourd que ce pour quoi elles ont été conçues. C'est du solide, le métal carnavalais, mais il a malgré tout ses limites surtout s'il n'a pas été prévu pour ça. Si les rails tiennent le coup, d'autres questions vont se poser : il faudra agrandir certains tunnels et vérifier que la force centrifuge ne fera pas dérailler les wagons dans les virages. Plus un wagon gagne en hauteur et plus le risque qu'il s'envoie lui-même dans le décor est grand..."

Pour le moment, une expérimentation est prévue sur la ligne Bon Voyage, qui a le mérite d'être complètement droite et de circuler presque exclusivement en extérieur. Plus difficile sera d'aménager la ligne Joyeux Sourire, qui passe sous plusieurs quartiers inondés où des travaux d'aménagement dans les tunnels sont, pour le moment, impossibles.

Une autre solution envisagée par la Société Princière de Gestion du Métro Aérien Carnavalais est tout simplement d'accélérer le métro. Marc Micmac assure que l'expertise des ex-employés des Industries Obéron a été précieuse pour élaborer une méthode permettant, en théorie, de doubler la vitesse de chaque wagon. "Avec les ex-Obéron c'est toujours la même chose" s'amuse Micmac dans son bureau "des réacteurs, des réacteurs et encore des réacteurs. Mais ce qu'ils savent faire ils le font bien." Le ne s'agit pas que de monter le métro sur fusée mais également de le doter d'un système de guidage de haute technologie, d'une anticipation IA des collisions, et de paramétrer informatiquement la trajectoire des wagons afin d'optimiser leurs itinéraires, tout en réduisant les risques de déraillement dû à la vitesse. "Ne me demandez pas comment ça marche mais nos employés m'assurent que propulser un métro et propulser un missile balistique revient à peu près au même, le tout est de savoir gérer le dosage à la mise à feu."

Si les ingénieurs Obéron ont fait leurs armes dans la propulsions par combustion, ils ne sont pas fermés à des techniques plus modernes et originales, comme par exemple l'utilisation de rails magnétiques, expérimentés à plusieurs reprises notamment à CRAMOISIE© dans le cadre de l'Opération Mars. Une collaboration internationale entre les deux nations qui permet de tester, dans le no man's land du désert rouge, des technologies ambitieuses avant de les transposer au contexte de Carnavale. La propulsion électromagnétique est au cœur du projet de vactrain, des trains qui circulent à très grande vitesse grâce à la limitation des frottements. Marc Micmac explique que le projet de transformer certaines parties du métro aérien en vactrain est étudié, mais que cela ne pourra s'appliquer, dans un premier train, qu'aux lignes entièrement restaurées. "Contrairement aux trains traditionnels, les vactrains ont besoin de circuler dans un environnement contrôlé, il faudra tout construire de A à Z." Pas question donc de se contenter de moderniser les lignes déjà existantes et qui circulent à l'air libre de la capitale.

Enfin, d'autres solutions ont été envisagées en sont encore débattues : doubler absolument toutes les rails pour avoir deux fois plus de trains en circulation, optimiser la capacité d'emport en interdisant l'accès aux wagons aux personnes en surpoids, ou encore augmenter drastiquement le prix des tickets pour diminuer la fréquentation du métro. Une dernière solution envisagée, "mais pas dans l'immédiat" précise Marc Micmac, est d'exploiter à termes la stabilisation des trous de ver, un exploit qu'a réussi à accomplir la République Démocratique Populaire de Ouaine, afin de diminuer le temps de trajet en jouant sur les plis de l'espace-temps. Une solution alléchante mais que Marc Micmac temporise : "Il ne faut pas s'attendre à ce que Carnavale maîtrise le voyage spatio-temporel avant au moins 2050, d'ici là les citoyens de la Cité noire doivent pouvoir disposer de moyens de transports sûrs et efficaces. Il sera toujours temps de transformer le métro aérien en musée lorsque nous aurons appris à rentabiliser les téléporteurs."

En attendant, de nombreux habitants de la Cité noire assument se tourner vers les alternatives. La voiture, véhicule traditionnel et familial, épargne la proximité de la foule grâce à son habitacle privé, mais ne permet pas d'esquiver les bouchons. Il est souvent plus rapide de faire un trajet court à pieds qu'en roulant. Les zeppelins, qui font la fortune de Cielestin Armatteur, sont également une alternative prisée par les citoyens. La flotte de dirigeables du candidat à la municipalité s'est enrichie d'une cinquantaine de ballons depuis 2017 et une centaine d'autres sont actuellement en fabrication, ce qui élèvera leur nombre total à deux-cents-quatre-vingt-trois dirigeables volant en même temps dans le ciel de Carnavale. Troisième option : les égouts. Certains passages sécurisés par le syndicat des égoutiers peuvent être empruntés pour esquiver des obstacles naturels telles que des avenues encombrées, des immeubles effondrés ou des quartiers entiers, jugés trop dangereux. Aucune de ces options n'est toutefois réellement satisfaisante et la Cité noire pâtit de l'absence d'un véritable réseau de transport de masse, comme elle avait su s'en doter au début du siècle dernier.

Il reste donc encore beaucoup à faire et à inventer, mais comme toujours : la Principauté est sur le coup !


Un article signé Philippe Pine.

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CARNAVALE MATIN
02/05/2018


Virgilles Farandole reconnu définitivement coupable dans son procès pour atteinte à la stabilité des marchés

Virgille Farandole reconnu définitivement coupable dans son procès pour atteinte à la stabilité des marchés


L'ex-magnat du cinéma, âgé de 111 ans et parfois qualifié de prodémocratie sociale, risque la lobotomisation à perpétuité après avoir été jugé coupable de sédition et de deux chefs d’accusation de collusion avec l’étranger.

Branle-bas de combat dans la Cité noire où rien n'est plus sacré que l'économie. Tandis que la noblesse savait se tenir et prenait soin de conspirer à voix basse, la nouvelle élite carnavalaise manque parfois des codes de bienséance qui permettent de jouer le jeu de la concurrence sans mettre en danger ses intérêts de classe. Le dernier en date à s'y être brûlé les ailes est Virgilles Farandole, que le tribunal populaire a jugé coupable ce lundi dans son procès pour atteinte à la sécurité nationale. Connu pour son engagement dans les médias et dans l'art, notamment propriétaire des studios Cinématogreffe et producteurs direct de plusieurs films à succès, il risque désormais la lobotomie à perpétuité, dans l'une des décisions de justice les plus marquantes depuis l'accession au pouvoir d'Améthyste Castelage.

Le clan éponyme s'est en effet illustré, depuis l'Armageddon't, en faisant monter autour de lui une nouvelle élite bourgeoise, à qui elle a massivement prêté pour relancer l'économie de la Principauté. Un pari réussi qui, en un peu plus d'un an, a permis de combler les pertes entraînées par la disparition brutale de la noblesse et à redistribuer les cartes de la hiérarchie sociale. Si cette nouvelle élite semblait largement acquise à sa bienfaitrice, Améthyste Castelage, certains se sont peut-être un peu trop sentis pousser des ailes. Virgilles Farandole, âgé de 111 ans, a été placé en détention au mois de février, en attente de son procès. Il vient d'être reconnu coupable d'un chef d'accusation de sédition, et de deux chefs d'accusation de collusion avec l'étranger. Ces deux derniers chefs se basent sur la loi sur la sécurité des marchés, imposée par Améthyste Castelage au sortir de l'Armageddon't, afin d'assurer à la Principauté un développement économique soutenu en mesure de rattraper et dépasser la majeure partie de ses concurrents.

Pour le parquet, Virgilles Farandole était le cerveau derrière deux complots visant à déstabiliser le marché pur et parfait en soutenant indirectement l'imposition de sanctions ou d'un blocus économique qui viendrait "foutre le dawa dans la courbe de l'offre et de la demande", pour citer Maître Coccinelle, avocat général de la Principauté. Plus largement, Virgilles Farandole est reconnu coupable d'avoir diffusé et encouragé la production de contenus incitant à la désaffection envers le système économique, notamment en mettant en scène des individus constituant un cartel, ou fraudant la taxe sur la valeur ajoutée. Virgilles Farandole est apparu amaigri et le teint vitreux, les mains tremblantes. "Une conséquence du manque de drogues" a expliqué son avocat, Maître Lampion, Virgilles Farandole en aurait été privé pendant toute sa durée d'incarcération, entraînant des symptômes de manque. L'ex-magnat du cinéma était sujet à de nombreuses addictions, notamment aux en-fête-amines.

Malgré ses afflictions physiques, Virgilles Farandole est resté impassible à l'énoncé du verdict, mais s'est adressé directement au juge pour demander s'il lui était possible de recevoir une dose d'en-fête-amines avant de retourner en cellule. Il avait plaidé non coupable au début de son procès, initié en avril dernier et a été condamné à la lobotomie à perpétuité. Les peines ne seront toutefois appliquées qu'à une date ultérieure, le temps de laisser Virgille Farandole consulter ses avocats et décider s'il souhaite faire appel de la décision du tribunal.

Maître Coccinelle, avocat général de Carnavale, s'est illustré dans la dernière ligne droite du procès par sa verve et a harangué la foule, venue nombreuse pour assister à un procès historique. "Il ne fait aucun doute que Virgilles Farandole a nourri sa rancœur et sa haine envers la méritocratie carnavalaise pendant une grande partie de sa vie d'adulte et cela apparaît dans ses œuvres, qui sont systématiquement orientées politiquement en faveur d'une démocratie libérale et morale inefficiente ! Tout le projet de monsieur Farandole consista alors en saboter le marché carnavalais, afin de réussir, par la ruse et la fourberie, ce qu'il ne pouvait obtenir par la libre concurrence. Il est également clair pour nous que l'accusé, bien avant même le début de l'Armageddon't, réfléchissait à la manière dont les États dégénérés eurysiens pourraient faire pression sur la Principauté de Carnavale." a-t-il conclu.

Le tort de Virgilles Farandole, est avant tout d'avoir fait la promotion de la régulation de l'économie. L'accusation s'est portée sur deux stratégies, largement documentées par Maître Coccinelle. La première est directe : en soutenant un discours pro-social libéral et en diffusant des œuvres faisant l'apologie de la régulation ou la critique de la pureté du marché, Virgilles Farandole espérait infuser des idéologies contre-natures au sein de la population carnavalaise. La seconde est indirecte : en popularisant la fraude aux outils de traçabilité économique de la Banque Princière Castelage, Virgilles Farandole a tenté de mettre en défaut les indicateurs et algorithmes de la bourse afin de pouvoir ensuite dire que celle-ci était inefficiente. C'est le cœur de l'efficacité économique de la Principauté qui était donc visé, celle-ci reposant notamment sur l'immense puissance de calcul et la titrisation systématique de tout ce qui existe par la BPC. En intégrant le monde entier dans un système d'offre et de demande et de valorisation boursière, Carnavale possède les outils économiques les plus précis et pertinent du monde. Un système que Virgilles Farandole est aujourd'hui accusé d'avoir tenté de saboter.

Emprisonné depuis février, âgé de 111 ans, il est maintenu à l'isolement, "à sa demande" selon Commissariat Central, ainsi que pour le protéger de certains de ses co-détenus, farouchement pro-marché. Les messages de haine et les menaces se sont en effet fait entendre jusqu'en dessous des murs du Commissariat, une dizaine de manifestant s'y étant réunis la semaine dernière avec pour slogans "Touche pas à mon marché" et "C'est ta gueule qu'on va réguler". Virgilles Farandole ne s'était jusque là pas laissé intimidé : au tribunal, il a salué paisiblement les personnes venues le soutenir, dont sa femme Michaile Farandole et son fils Lucastel, leur donnant de ses nouvelles et leur assurant qu'il se porte bien.

"Il est dans un bon état d'esprit", a affirmé son avocat Robertrand Lampion aux journalistes de Carnavale Matin à la sortie du tribunal. "C'est important quand on va se faire lobotomiser" lui a répondu Maître Coccinelle qui passait à côté. Une petite escarmouche verbale qui prolonge celles auxquelles nos envoyés ont pu assister pendant l’audience. Maître Lampion et Maître Coccinelle s'étaient notamment adonnés, la semaine dernière, à un rap battle improvisé, dont nous ne résistons pas au plaisir de vous partager quelques unes des meilleurs punchline :

  • Lampion : Coccinelle, je t'écrase comme un insecte. Ton nom c'est la bête-à-bon-dieu mais toi t'es juste bête.
  • Coccinelle : Lam-fion je vais éteindre ta flamme, la seule chose que tu vas éclairer c'est le fond de mes WC.

Les saillies bien senties avaient provoqué les applaudissements de la foule, ainsi que des juges et des jurés. Il est assez probable que la répartie de Maître Coccinelle, jugée plus efficace que celle de son adversaire, ait pu jouer dans l'orientation du jugement final. Plusieurs personnalités éminentes, dont Cielestin Robespaul, le Père Noël (curé de la paroisse du quartier des Libellules dont est originaire Virgilles Farandole) ou encore le célèbre acteur Eude Eaudecologne (dont les premiers rôles au cinéma sont attribués au choix de Virgilles Farandole) ont assisté au verdict. Des vétérans du camp pro-régulation de Carnavale, dont le cardinal Étienne Peinture et l'ancienne adjointe à la drogue Émilie Homélie ont aussi pris place dans le public.

Le cas de Virgilles Farandole est considéré par certains lobby carnavalais comme emblématique de l'impossibilité politique à Carnavale d'envisager des réformes en matière de régulation économique. Le cardinal Étienne Peinture se dit "dégouté" de la tournure du procès : "Tout le monde complote à Carnavale et avance des agendas, mais les seuls qui se font systématiquement attraper ce sont ceux qui ne vont pas dans le sens du marché total, voulu par Améthyste Castelage." Cielestin Robespaul, candidat à la mairie portant une promesse d’État social et de davantage de redistribution, abonde en ce sens : "Les grandes familles ont tellement naturalisé le marché que s'y opposer revient à remettre en question les lois de la nature. C'est notre rôle de rappeler que Carnavale ne respecte aucune loi, même celles de la physique ou de la nature !"

Du côté du secteur du cinéma, rares sont les voix à s'élever pour soutenir l'ancien magnat. Ses concurrents voient dans le démantèlement des studios Cinématogreffe une occasion de récupérer des parts de marchés et les acteurs craignent que prendre des position trop anti-marchés ne conduisent à les blacklister. Une actrice, sous couvert d'anonymat, témoignage : "Le verdict était prédictible mais pas moins alarmant pour la liberté de création. La Principauté de Carnavale ne connait aucun tabou, sauf celui des idées sociales ? C'est absurde, si notre modèle est à ce point supérieur nous devrions pouvoir le prouver sur le marché des idées, pas par la censure. J'ai confiance en l'opinion publique, elle saura trancher ce qui est bon pour elle, aussi vrai que je m'appelle Gilbertine Encens."

De son côté, le clan Castelage a déclaré vendredi soutenir inconditionnellement la décision du tribunal populaire et s’oppose aux ingérences extérieures. Améthyste Castelage soutient inconditionnellement la souveraineté de la justice à Carnavale, dans la défense des intérêts économiques de la sécurité de la Principauté conformément à la loi, et dans la répression des actes criminels qui mettent en danger la stabilité de la bourse", a déclaré Ursulin Folcanon, porte-parole de la Principauté de Carnavale.

Au cours du procès, Virgilles Farandole s'est décrit au moins deux fois comme un "prisonnier politique", s'attirant des reproches des juges. En plus des accusations de collusion, il est poursuivi pour 234 "publications séditieuses", parmi lesquelles des talk-shows sur les réseaux sociaux et des éditoriaux signés de son nom. Au cours de son procès, ouvert en avril 2018, Virgilles Farandole a affirmé n'avoir jamais prôné le séparatisme ou la résistance violente. Il a également nié avoir appelé à des sanctions étrangères contre la Principauté ou contre la République Actionnariale de CRAMOISIE©. Virgilles Farandole souhaitait une Carnavale sociale et solidaire, a indiqué son avocat à nos envoyés spéciaux. "Il aime beaucoup le pays et ses citoyens, il n'aime simplement pas son système économique", a-t-il ajouté. Des affirmations qui n'auront pas suffi pour émouvoir les jurés. Virgilles Farandole possède maintenant quarante jours pour faire appel de la décision du tribunal populaire, sans quoi sa lobotomie à perpétuité s'appliquera, "sans espoir de reconstruction ou de plasticité cérébrale, même avec le concours de Bourg-Léon", ont tranché les juges.


Un article signé Philippe Pine.

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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
03/05/2018



  • Héroïque !
Fusillade : le tireur qui avait ouvert le feu sur la grand plage de Carnavale et provoqué une débandade, a été décoré de la médaille du mérite pour avoir évité des centaines de mort causées par la pollution de l'eau.
  • Intrigant !
Interrogé à propos d'Henri Ventafalle, magnat du nucléaire mesolvardien, Victoire Saint-Malkin se serait demandée à plusieurs reprises "Mais où trouve-t-il toute cette énergie ?"
  • Passionnant !
Le Journal d'un égoutier, le livre choc d'Hugues-Charme Castelage après sa visite des égouts de Carnavale, sortira ce jeudi.
  • Raisonnable !
Budget de la sécurité sociale : après plusieurs semaines de débat les conseillers municipaux trouvent enfin un compromis autour du chiffre de 0 Chèques Carnavalais.
  • Déstabilisant !
Immigration : et si ça n'avait jamais été une question de couleur de peau ?
  • Enthousiasmant !
Dakora : deux ans après le désert rouge, les Laboratoires Dalyoha se lancent à la découverte du Wasterland.
  • Embarrassant !
La Banque Océan prend l'eau : après l'affaire de l'erreur de transfert de fonds à la Dalyoha Compagnie, Messalie crédite à nouveau trop d'argent à tout le monde et provoque un pic d'inflation éphémère.
  • Fascinant !
LMG : les Larges Modèles de Grimace, le nouvel horizon des chercheurs de Robotic & Toc sur l'IA pour reproduire les mimiques du visages des gens lorsqu'ils parlent.
  • Franc !
Élection au conseil d'administration de Messalie : Léonpold Castelage annonce qu'il votera pour le candidat qui fait le plus chier Blaise Dalyoha.
  • Justifié ?
Grand Hôpital recommande de réaliser au plus vite un autodafés des ouvrages Le malade imaginaire, du célèbre dramaturge et comédien carnavalais Molierre, accusés de réduire les effets placebo de 60%.
  • Ennuyant...
Modernisation du métro aérien : la proposition de rajouter des étages aux wagons suscite l'inquiétude des usagers de la ligne Senteur Printanière, qui craignent qu'une telle modification ne rende inutilisable le looping du croisement de la 69ème et 23ème avenues.
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CARNAVALE MATIN
08/05/2018


Blind test cannibale à Bourg-Léon à l'occasion de la semaine du goût

Blind test cannibale à Bourg-Léon à l'occasion de la semaine du goût


C’était la semaine du goût à Carnavale, l’occasion pour tous les petits citoyens de découvrir, dans la joie et la bonne humeur, des saveurs et des cultures auxquelles ils ne sont pas habituées. Les galas de charité, boosté par la croissance faramineuse de la Cité noire, n’ont pas lésiné sur les moyens et ont mis les petits plats dans les grands. En plus des traditionnels exhausteurs de goûts et parfums de synthèse DalyohaTM, qui imitent et améliorent de manière frappante la plupart des plats du monde entier, les élèves de trois écoles des hauts-quartiers ont en plus eu droit à une surprise spéciale !

Le collège Sainte-Genefièvre, le collège Saint-Exubérant et le collège Louis Masteur ont en effet été convié à un petit évènement organisé par l’île de Bourg-Léon et la Dalyoha Compagnie : un blind test (ou teste à l'aveugle) cannibale au zoo humain ! Si la société carnavalaise est depuis longtemps habituée à la consommation de viande humaine (certains candidats à la mairie en ont même fait un élément central de leur programme), la viande exotique et de bonne qualité n’est pas toujours simple à trouver et il faut procéder à des enlèvements de touristes ou du prélèvement sauvage à l’étranger pour ramener de la chair fraiche élevée en plein air. Des opérations risquées, couteuses, et qui ont tendance à agacer les gouvernements dont on dévore les ressortissants.

Un problème auquel le zoo humain de Bourg-Léon avait trouvé une alternative en élevant ses résidents directement sur place, avec des besoins adaptés à chaque nationalité. L’expérience a porté ses fruits puisque les services d’hygiène ont salué à plusieurs reprises la bientraitance des résidents du zoo et le soin apporté par Bourg-Léon à comprendre les spécificités culturelles de chacun. Conséquence de quoi, la viande est particulièrement tendre, les résidents du zoo humain ayant accès à des séances de massage et de spa, et n’ayant aucun problème dans la vie.

Une viande qui se vend logiquement très chère mais que monsieur Blaise Dalyoha, dans sa grande générosité, a décidé de faire partager aux écoliers lors d’un grand jeu blind test. Il s’agissait de découvrir, parmi une sélection de petits cubes de viande présentés à chaque enfant, à quelle nationalité appartenait chacun des morceaux. Bien sûr, nos chères têtes blondes n’ont pas été laissées sans aide et la semaine précédente avait été consacrée, avec leurs professeurs, aux mœurs et spécificités culturelles de chaque pays ce qui devait donner des indices pour retracer l’origine des pièces de viande.

Il y a la fin gourmets, comme Jonastre, 13 ans, qui a eu 18 bonnes réponses sur 30, un sacré record. D’après lui, certains pays étaient évidents comme « Carnavale qui a un goût chimique prononcé » ou encore les Poëtoscoviens dont la viande est réputée « très sensible ». D’autres ont toutefois eu plus de difficultés ainsi la petite Carrouselle, 11 ans, n’a eu que deux bonnes réponses « au pif » nous avoue-t-elle. Davantage que la compétition, l’enjeu était ici pédagogique et visait à donner envie aux enfants de découvrir et d’être curieux des saveurs du monde entier. Jonastre repartia malgré tout avec une médaille en boulette de viande, en guise de récompense !

Pour les résidents de Bourg-Léon, cela laisse un petit vide mais qui vaut bien le sourire des enfants. Ubertine Saxophone confesse : « J’aimais passer ici le matin pour donner à manger aux Saint-Marquois, ils étaient toujours si gentils… c’est un rituel qui me manquera. » Les cages sont actuellement en train d’être rangées et nettoyées. Augustin Traquenard, le responsable du zoo humain, nous livre quelques explications supplémentaires en visiophonie depuis le Wasterland, cette région ravagée du Dakora : « Les résidents se faisaient vieux. Attention à droite ! Il faut régulièrement renouveler les stocks Mon dieu il en arrive de partout ! parce qu’un pensionnaire stérile n’apporte rien ! Besoin d'une greffe de jambe ici, merde où sont les médics ??? Nous sommes déjà en train de prévoir l’arrivée de la nouvelle génération PRESERVAAAATE ! PRESERVAAAAATE ! mais cela prend un peu de temps, nous voulons Le DALEC est arrivé, il les mets en déroute, ne les laissez pas s’enfuir ! procéder à une gestation par mères porteuses pour Feu ! Feu ! Feu ! »

Son hologramme se coupe brutalement, apparemment balayé par un nuage de poussière irradiée. L’équipe de la Dalyoha Compagnie qui opère en ce moment même au Dakora nous confirme qu’il ne s’agit rien de grave mais que la liaison est encore assez mauvaise dans les terres dévastées.

Une expérience à refaire ? Beaucoup de la viande a été congelée, les collégiens avait bon appétit mais les quantités étaient tout simplement trop grandes, aussi les meilleurs morceaux seront-ils vendus aux enchères d’ici la fin du mois. Tous les fonds collectés seront reversés au département de protection de l’enfance de Commissariat Central.


Un article signé Philippe Pine.

Grand vente aux enchères de viande humaine
Pour les fêtes, cuisinez vous un filet de Velsien !


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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
09/05/2018
SPÉCIALE MUNICIPALES




TROISIÈME SONDAGE

Percée spectaculaire de Julonin Venbranle sur fond d'effondrement de Jashuria-chan. L'IA du Jashuria passe de 100% d'intentions de vote à 9%, presque au niveau de son score de septembre 2017, soit une chute de 92 points ce qui n'est pas rien. Jashuria-chan pâtit peut-être d'être montée trop haut trop vite, ou bien d'avoir hacké les serveurs de nos instituts de sondage, une piste que Commissariat Central se refuse encore à exclure totalement.

Le candidat du Makota, lui, a le vent en poupe : plus 25 points depuis le début des élections, Venbranle creuse l'écart avec ses concurrents, éclipsant et de loin son principal concurrent pressenti, Mandeville Titania, que sa campagne municipale discrète aura pénalisé dans le cœur des Carnavalais. La Cité noire veut du spectacle et Venbranle lui en a donné pour son argent, d'où sans doute son succès dans les intentions de vote.

Cielestin Robespaul, l'ex troisième homme de l'élection, évite l'effondrement et se paye même le luxe de gagner deux points, mais accuse désormais un sérieux retard sur Venbranle. Il faudra sans doute davantage que des cascades en zeppelin et des promesses de services publics pour gagner le cœur des électeurs.

Venbranle capitalise sur un appel à l'unité nationale, suivi par plusieurs de ses concurrents, et qui a su enthousiasmer et convaincre les foules. A défaut de croire à l'homme providentiel, Carnavale aime les justiciers masqués et ce Julonin, tout droit sorti de sa cambrousse makotane, apparait comme un séduisant deus ex machina. Ses abdos n'auront sans doute également pas joué pour rien dans l'équation.

Les élections mettent du temps à arriver : veuillez nous excuser, nous n'avons juste pas l'habitude d'en organiser !

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CARNAVALE DEMAIN
14/05/2018


Triomphe médical !
Grand Hôpital annonce avoir réussi sa première greffe de cerveau humain !


Triomphe médical ! Grand Hôpital annonce avoir réussi sa première greffe de cerveau humain !


On les pensait un peu à la ramasse tant l'actualité scientifique récente de Carnavale a été saturée d'innovations techniques en matière de drones et d'armement, mais les médecins de Grand Hôpital nous ont une fois de plus prouvé qu'on aurait tort de les sous-estimer ! En conférence de presse, le docteur Philippe Géminéon vient d'annoncer au monde entier que son département de recherche sur la greffe d'organe aurait réussi l'impensable, il y a un mois de cela : transférer le cerveau de l'un de leurs patients dans le corps d'un autre patient, sans rejet du greffon. Si Grand Hôpital a attendu si longtemps pour communiquer sur son exploit, c'est que plusieurs greffes avaient réussi dans le passé mais ne pouvaient être considérées comme un succès, faute d'avoir stabilisé le patient. La difficulté de ce type d'opération se trouve autant pendant la greffe qu'après, le corps étant particulièrement susceptible d'identifier le greffon (le cerveau) comme un élément étranger et de le rejeter, provoquant la mort du porteur.

Un jour à marquer d'une pierre blanche, que l'on doit principalement à Philippe Géminéon lui même et à ses équipes. L'homme au plus haut QI de Carnavale (les première et deuxième places étant occupées par une IA et une femme) montre qu'à son grand âge, il n'a pas perdu la main et est toujours capable d'opérer en personne. Le docteur Géminéon, s'il occupe aujourd'hui le poste de directeur de Grand Hôpital, est avant tout un chirurgien de grande renommée, dont la carrière est auréolée de succès. Un très haut potentiel que n'auront pas manqué de remarquer les membres de la famille Dalyoha, Marcus puis Ambroise, respectivement grand-père et père de Blaise Dalyoha, l'actuel PDG des Laboratoires et propriétaire de l'île de Bourg-Léon, qui a maintenu Philippe Géminéon en fonction jusqu'à aujourd'hui. Une continuité qui n'est pas pour rien dans l'efficacité de Grand Hôpital, institution médicale centrale à Carnavale et réputée à l'internationale, et qui a pu profiter de la vision à longs termes du Docteur Géminéon. Ce-dernier a notamment été l'un des principaux artisans de la modernisation de l'île débutée dans les années 80.

La greffe de cerveau serait une première, non seulement pour Carnavale, mais aussi pour le monde entier. Jusque là, Grand Hôpital réussissait très bien à greffer des organes séparément les uns des autres, avec plus ou moins de succès selon la difficulté. Coeur, reins, poumons, sans parler des bras et des jambes qui sont aujourd'hui une formalité pour les équipes du docteur Géminéon. Le cerveau, en revanche, représente un défi autrement plus complexe mais qui ouvre des perspectives extrêmement enthousiasmantes ! Si pour le moment l'opération reste complexe, couteuse et risquée (la greffe réussie est la première sur plus d'un millier d'essais), Grand Hôpital assure travailler à perfectionner le processus afin de le démocratiser. Sera-t-il bientôt possible de changer de corps comme on change de chemise ? C'est une perspective qui fait rêver certains... et cauchemarder d'autres. Mais Grand Hôpital n'a guère de tabous en matière de science médicale et assure qu'il ne compte pas s'arrêter là, ni se reposer sur ses lauriers.

Si cette réussite est exceptionnelle, c'est qu'elle repose sur une série de facteurs à hauts risques d'échec, ce qui en fait un exploit d'autant plus spectaculaire. La première étape consiste bien sûr à prélever le cerveau du patient sans le tuer, il faut donc procéder rapidement et cela implique une machinerie médicale sophistiquée fabriquée sur-mesure par les Laboratoires Dalyoha. Il faut ensuite le placer dans la boîte crânienne préalablement vidée de son futur hôte et connecter méticuleusement l'organe à des dizaines de milliers de connections au niveau de la moelle épinière. Un travail d’orfèvre qui ne serait tout simplement pas possible sans l'assistance IA des machines outils DalyohaTM spécialement conçues dans ce but, et la fine connaissance anatomique des chirurgiens de Grand Hôpital. Une fois les connections établies, il faut remplier le crâne de liquide, puis le refermer, le tout sans laisser mourir le cerveau et sans que le corps ne succombe. Une difficulté titanesque, à la hauteur d'un exploit qui restera assurément pour longtemps gravé dans l'histoire de l'humanité.

Les applications sont nombreuses pour ce nouveau type de greffe, et donnent le vertige. Si de nombreux Carnavalais ont immédiatement commenté les potentialités esthétiques de pouvoir changer de corps, il s'agit surtout d'une excellente nouvelle pour de nombreux malades chroniques et personnes handicapées qui pourront peut-être bientôt échapper à leur prison de chair. Les cas les plus spectaculaires de lock-in syndrome pourront ainsi être résolu, non en soignant le corps, mais en en changeant. Plus généralement, c'est un pas de géant vers les objectifs de longs termes affichés par Grand Hôpital et les Laboratoires Dalyoha : atteindre l'immortalité. Si les pièces du corps humain pouvaient être changées individuellement jusque là, il ne sera désormais plus nécessaire de s'embarrasser de jouer au puzzle en multipliant les opérations, une seule suffira pour se retrouver dans un corps jeune et fonctionnel. Une annonce qui a donné un grand coup de boost aux instituts de clonage de Carnavale, puisque la greffe est d'autant plus simple que le corps de l'hôte est le même que celui du cerveau, mais plus jeune. Les Carnavalais les plus prévoyant voudront donc avoir leur propre clone, même né bien après eux, pour disposer le moment venu d'un corps plus jeune d'eux-même où implanter leur cerveau et reprendre une vie normale. Bien sûr il faudra que l'opération gagne en précision, le taux d'échec étant actuellement trop élevé pour parler d'opération de confort, mais d'ici quelques années il est plus que probable que Grand Hôpital réussisse à rendre la technique plus sûre. Votre clone aura d'ici là eu le temps de grandir et vous pourrez alors récupérer un jeune corps d'adolescent parfaitement fonctionnel !

De nombreux secteurs se sont dit intéressés par l'exploit de Grand Hôpital, notamment Commissariat Central qui a souligné l'intérêt stratégique de pouvoir transférer le cerveau de ses officiers de police dans de nouveaux corps, notamment à des fins d'espionnage et d'infiltration. La Société luciférienne carnavalaise a, elle aussi, salué l'exploit, soulignant les bienfaits sociétaux qu'il pourrait apporter notamment sur les questions transgenres, mais également transraciales. Un pas de plus vers une humanité parfaitement maîtresse d'elle-même, de moins en moins déterminée par les lois de la nature et de plus en plus par sa raison et son libre arbitre. Telle est la grande œuvre carnavalaise et de Grand Hôpital, dont la greffe de cerveau est une marche supplémentaire, modeste aujourd'hui, gigantesque peut-être demain.

Outre le retentissement national de l'annonce de cet exploit, l'opération a valu au docteur Philippe Géminéon d'être désigné candidat au prix Luz de San Youté, réservé aux scientifiques étrangers.


Un article signé Adrienne Hyène.

Réarmement démographique et fécondation in vitro :
Grand Hôpital récupère mouchoirs et chaussettes !

jusqu'à 12h après usage


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CARNAVALE MATIN
15/05/2018


Aux XVème et XVIème siècles,
les guerres bactériologiques ont causé plus de morts que le froid et la faim à Carnavale


Aux XV et XVIème siècles, la guerre bactériologique a causé plus de morts que le froid et la faim à Carnavale


Les petits Carnavalais ont appris dans leurs manuels scolaires qu'en 1612 les princes de Vale légiférèrent pour interdire "l’entreposage de carcasse de bétail infecté à des fins militaires", puis en 1615 "le stockage de viscères et de tout organe susceptible d’être infecté." Ces lois sont souvent présentées comme l'une des premières forme de législation nationale sur les armes de guerre, qui pave indirectement la route à la notion de "crime de guerre" pourtant apparue telle qu'elle bien plus tardivement dans les législations internationales.

Si ces deux dates font parties de la longues listes apprises dans nos chronologies à l'école, plus rares sont les Carnavalais à savoir exactement les raisons de cette décisions des princes de Vale. 400 ans plus tard, une étude de Grand Hôpital met en lumière le rôle des maladies dans la mortalité des armées carnavalaises au XVIème et XVIIème siècle. Ces deux siècles sont marquent un paroxysme des luttes nobiliaires intestines qui déchirent la Principauté de l'intérieure. Une période charnière qui voit l'apparition d'un certain nombre de nouvelles stratégies avec la démocratisation des armes à feu... et les premières formes de théorisation de la guerre bactériologique à grande échelle.

Les statistiques ont de quoi effrayer : d'après une récente étude, la maladie aurait fait davantage de mort que des éléments naturels comme le froid ou la faim. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques de Bourg-Léon ont excavé plusieurs milliers d'ossements datant de cette époque et stockés dans les nombreux charniers et catacombes de la Principauté. Certaines collections privées de squelettes ont également accepté d'ouvrir leurs portes aux chercheurs afin d'affiner les données à leurs dispositions. "On a même réquisitionné les squelettes utilisés en cours d'anatomie à l'Académie !" s'amuse l'un des scientifiques travaillant sur le projet.

Pour cela, ils ont examiné les dents des soldats de l'époque, l'une des rares parties du squelettes à rester intacte même après plusieurs centaines d'années. Si tous les cadavres n'ont pas le potentiel d'être étudiés, ceux qui ont été conservés dans des conditions appropriées (caveaux, tourbe) renferment un grand nombre de secrets qui ne résistent pas à des analyses modernes. Des méthodes qui révèlent un certain nombre d’antécédents médicaux des soldats morts, et peuvent permettre d'identifier les causes d'un décès, des siècles après.

Les guerres nobiliaires du XV et XVIème siècles à Carnavale ne sont pas les plus connues de la population, souvent éclipsées par les évènements du XXème siècle, bien plus marquants pour la mémoire collective. Demeurent malgré tout quelques images d’Épinal, immortalisées sous formes de tableaux. On pensera naturellement à la bataille des tours courbées en 1471 où l'artiste Augustéric Lumière peignit les barons coalisés de la ligue des feuilles lancer des cadavres de pestiférés sur les forces du Duc de Brillemuraille.

La "pluie de mort" est une œuvre célèbre du patrimoine carnavalais mais il ne s'agit que d'un exemple parmi d'autres de stratégies tristement courantes à l'époque consistant à employer la maladie et les épidémies comme armes de guerre. En 1515, des soldats de Marie-Gnan, la duchesse de Bellegarde, prisonnière de sa forteresse, empoisonnent les puits des forces assiégeantes du Duc de Chrysanthème qui cernent ses remparts. La maladie se propage et l'armée est rapidement décimée. Sur les 20 000 hommes issus du duché de Chrysanthème (une force colossale pour l'époque), ils ne sont plus que quelques milliers à atteindre Bourg-les-fleurs, la apitale de Chrysanthème, au terme d'une infamante retraite.

C'est en 2015, lors d'un projet d'aménagement des sols par la Dalyoha Compagnie, sur les anciennes terres des Duc de Chrysanthème, qu'une fosse où reposent près de 3000 corps, identifiés comme des soldats du Duc, est mise au jour lors d'une campagne de fouille. Ramenés à Bourg-Léon, les restes de ces soldats avaient déjà livré quelques précieuses informations grâce à des tests par réaction en chaîne par polymérase. Les scientifiques avaient notamment découvert le fait que le typhus avait touché certains d'entre eux, de même que des restes de peste bleue, encore en circulation à l'époque.

L'Unité de recherche en Paléogénomique Microbienne de l'Académie Princière de Médecine et de Biologie du Val disposait en tout d'une cinquantaine de dents, en plus ou moins bon état, à analyser et gardés sous scellé depuis 2015, le temps que les technologies médicales s'améliorent. Grâce à de récentes avancées en génomique, les Laboratoires Dalyoha ont obtenu l'accord de Philippe Géminéon, le directeur de Grand Hôpital, pour poursuivre les recherches là où elles avaient été abandonnées. L'objectif des Laboratoires était de chercher à savoir si d'autres agents pathogènes avaient pu frapper les soldats napoléoniens.

Les tests par réaction en chaîne par polymérase utilisés en 2015 ne permettaient que de trouver ce que l'on cherche déjà, ils n'autorisent pas l’exploration à l'aveugle et risquaient donc de passer à côté de précieuses données. Les Laboratoires Dalyoha ont pu faire, en 2018, exactement l'inverse : ils n'ont absolument rien ciblé en particulier et ont utilisé des techniques de nouvelle génération de séquençage ADN, appliquées à l'ADN ancien.

"Analyser la pulpe dentaire d’une dent revient à analyser l'équivalent d'une goutte de sang" expliquent les scientifiques de Bourg-Léon. "Chaque dent nous donne accès à plusieurs millions de petits fragments d'ADN qui sont ensuite transcrits informatiquement en un fichier texte que nous pouvons ensuite parcourir et comparer à des bases de données contenant des fichiers dentaires de plus modernes. Bien que ce ne soit aujourd'hui plus nécessaire, Grand Hôpital a également pu injecter des maladies anciennes à certains de ses patients afin d'observer leurs effets sur l'ADN." C'est de cette façon que leurs recherches ont mis en lumière des altérations ADN causées par certains symptômes de maladies, présents dans un grand nombre des squelettes analysés.

Chaque fichier texte se retrouve à contenir une foule de données précieuses pour la paléogénomie : on y récupère à la fois l'ADN du soldat concerné mais aussi celui des contaminations du sol, de bactéries environnementales, et d'éventuels pathogènes. Tout s'y retrouve pourvu qu'on sache le cherche, un comme séparer les différents ingrédients d'une soupe, ou tendre l'oreille pour séparer les différents instruments en train de jouer dans un orchestre. Un art fin et délicat, grandement aidé par le développement des analyses par intelligence artificielle et les outils médicaux modernes.

Davantage que l'identification ADN, la tâche la plus délicate aura consisté à vérifier l'authenticité des fragments récupérés, potentiellement altérés par des années à être stockées dans des conditions qui ne sont pas toujours optimales. Le résultat final est toutefois sans appel : sur la centaine de soldats passés à la moulinette ADN, une quarantaine ont été testés positifs à des agents infectieux mortels pour l'époque. Une preuve que les guerres menées au XVIème siècle comptaient presque davantage sur les effets de ces attaques bactériologiques que sur la force des armes.

Une tradition carnavalaise qui, l'histoire nous le rappelle sans cesse, ne date pas d'hier et a été élevée au rang d'art au fil des siècles. Un rappel également que malgré les efforts des Princes de Vale, il n'est pas possible d'empêcher la guerre bactériologique, celle-ci revenant sans cesse sous des formes toujours surprenant et imprévisibles.


Un article signé Philippe Pine.

Attention :
les greffes de cerveaux n'augmentent pas le QI !


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CARNAVALE MATIN
17/05/2018


Des mines d'or du Prince Chilbert aux concessions aurifères de Messalie, comment Carnavale a toujours contourné les sanctions

avec Rachida Data

Des mines d'or du Prince Chilbert à Messalie, comment Carnavale a toujours contourné les sanctions


Léonpold Castelage a récemment annoncé la réouverture de la concession aurifère n°6 en Messalie. Une mine gagnée lors de la loterie organisée par la république actionnariale et dont les filons sont loin d'être épuisés, seulement peu rentables à courts termes. Une chance pour les repreneurs carnavalais qui n'hésitent pas à investir sur le temps long, d'autant que la Cité noire est friande d'or.

L'or et Carnavale, c'est une vieille histoire d'amour. Argenterie, joaillerie, mode et haute-couture, sans oublier la très dynamique industrie des alliages et des micro-composants, il n'est pas un secteur de l'économie carnavalaise qui n'en raffole. Les plus prestigieux bâtiments de la Cité noire sont recouverts de feuilles d'or et certaines rues des hauts-quartiers en sont pavés. Des rumeurs persistantes racontent également que des quantités faramineuses du précieux métal se trouveraient perdues dans les tréfonds des quartiers inondés, n'attendant que la venue de courageux explorateurs, prêts à braver les dangers de ses eaux croupies.

Un goût pour le clinquant qui confine au caprice de riche, très carnavalais, mais qui a également son utilité économique. L'or est en effet un levier stratégique pour financer le train de vie indécent de ses élites, et sa croissance continue. Une prouesse qui a de quoi surprendre, considérant les forces qui se déchaînent contre elle, mais la Principauté connait une dynamique inégalée depuis que le clan Castelage a repris en main le pays. Ce miracle économique est-il uniquement dû à la libération du potentiel de Carnavale, jusqu'alors bridé par sa noblesse, ou est-t-il le signe de la savante connaissance des mécaniques du commerce et du marché des experts financiers de la Banque Princière ?

Depuis février 2017, plusieurs volets de sanctions ont été prises par l’OND contre la Principauté de Carnavale. Des mesures destinées à frapper droit dans le portefeuille, et qui consistent pour la plupart dans le gel des avoirs, quand ce ne sont pas des interdictions franches de commerce sur des denrées censées ravitailler l'appareil militaire carnavalais. Si la plupart de ces sanctions n'ont pas été suivies d'effets en raison de la porosité des blocus et de l'inconsistance des menaces économiques, exemplairement en Messalie, la réussite carnavalaise a malgré tout de quoi surprendre. Est-elle imputable à l'écosystème économique atypique de la Cité noire, qui la rend relativement autonome et imperméable aux aléas du commerce extérieur ? Ou bien la grande intelligence des Carnavalais leur a-t-elle permis de préserver leur souveraineté nationale en fabriquant à domicile les produits d'important qui viendraient à leur manquer ?

Car Carnavale a fini l'année 2017 avec une croissance de presque 70%, selon les chiffres de l'Institut des Poids et Mesures du Drovolski. La production industrielle a connu une croissance similaire, dépassant même en 2018 la capacité de production initiale de Carnavale pré-Armageddon't et tous les experts prévoient que Carnavale recouvrera très prochainement l'ensemble de son potentiel. Du jamais vu et la preuve indiscutable de la résilience de la Cité noire.

Selon l'Institut Carnavalais d'Econométrie, près de 9% du PIB sont consacrés aux dépenses militaires, un chiffre qui devrait rester stable voire progressivement diminuer, Améthyste Castelage ayant annoncée des investissements importants dans le secteur de la culture dès que la Principauté aura atteint la centaine d'usine. Le clan Castelage prévoie une hausse de 100% des dépenses culturelles d'ici fin 2019 et tout autant dans le secteur de la recherche fondamentale (qui peine un peu à se réinventer ces derniers temps à échelle mondiale) afin de s'assurer que la Cité noire garde son avance scientifique jusqu'au début du prochain siècle au moins.

Pour tous les observateurs extérieurs : le bilan est clair. Si l'OND triomphe par les armes, Carnavale triomphe par l'économie. Le Faravan et Caratrad ont d'ores et déjà été éclipsés, l'Empire du Nord devrait l'être à l'horizon 2019 et l'année 2020 sera sans aucun doute celle du découplage de l'économie tanskienne, puis sylvoises et enfin teylaise. Un succès que, malgré tous leurs efforts, les adversaires de la Principauté semblent bien incapable d'enrayer. Pourtant, malgré ses prétentions, Carnavale n'est pas autosuffisante. Elle a un grand besoin en énergie, qu'elle tente de compenser par d'importants investissements dans le nucléaire civil et la géothermie. Insuffisants à courts termes cependant pour une civilisation aussi gourmande et dépensière, le pétrole et les hydrocarbures continuent d'entrer dans la Cité noire. Force est donc de constater qu’il y a une fuite dans le système des sanctions, un grain de sable dans le rouage, une brèche dans l’enceinte carnavalaise, par laquelle entre l’argent et les ressources.

À en croire l’analyse de l’Institut Carnavalais d'Econométrie, la réponse est dans l’or. L’or carnavalais a la réputation d'être maudit tant il a été symbole du pouvoir décadent de la Principauté. Des rivières d'or brut et pur qui, non content d’embellir palaces et hôtels particuliers, continuent de filer entre les doigts des sanctionneurs pour trouver acquéreur en dehors des frontières de la Principauté. Bien qu'aucun chiffres n'existent, tout porte à croire que Carnavale serait assis sur l'une, sinon la plus grande réserve d'or au monde. Une fortune héritée des princes de Vale mais également de ses mines profondes et d'une politique commerciale mercantilistes avec le reste du monde qui court depuis des siècles.

L'acquisition récente de la concession aurifère numéro 6 en Messalie ne va pas infléchir ce déséquilibre, au contraire, Carnavale a plus que jamais le potentiel de déstabiliser le cour mondial du métal jaune, ou tout du moins de payer rubis sur l'ongle ses factures malgré les pressions exercées sur sa monnaie. L'or avait déjà été un moyen de contourner les gigantesques taux d'inflation qui meurtrissaient Carnavale pendant la thésaurisation des Castelage. Ce problème réglé, il semble désormais lui permettre d'échapper aux sanctions économiques qu'on cherche à lui imposer.

Car la majeure partie des pays du monde n'ont aucun scrupules à acheter en or carnavalais. Ainsi toujours selon l'Institut des Poids et Mesures du Drovolski, seule une poignée de pays, presque tous à l'OND, ont annoncé mettre en place des sanctions contre la Cité noire. Les dernières mesures de l'opinion publique internationale montraient par ailleurs qu'une majorité de nations soutenaient la résistance carnavalaise. Malgré les rodomontades de ses adversaires, la Principauté demeure un hub commercial et financier indompté, et riche comme jamais.

Le grand atout de la Banque Princière Castelage, c'est que contrairement à ses concurrentes, elle commerce et pactise ouvertement avec les syndicats du crime, organisations révolutionnaires et terroristes du monde entier. La réputation de la BPC ne tient pas en ses valeurs mais précisément en son absence de limites, qui en font le partenaire idéal pour toute personne désirant un service haut-de-gamme et un anonymat complet. Le commerce de l'or, en tant que valeur d'échange universelle, assure à de nombreux États et organisations un apport en liquidités fiable et continu. Une fois fondu, refondu ou raffiné, l'origine de l'or ne peut être déterminée par examen, car tous les poinçons sont perdus. Par ailleurs, le méta se transporte très facilement, pouvant prendre toutes sortes de formes et d'apparences. Il tapisse la coque de certains cargos, se retrouve dans les dents des touristes ou est coulé, bu sous forme de cocktail et chié une fois sorti du pays.

Ainsi la machine économique de Carnavale se maintient tant que la demande en or perdure, lui permettant de produire des armes tout en absorbant une augmentation du niveau de vie et de richesse général de sa population. Il faut dire que la Principauté avait vu les sanctions venir : selon les informations de Carnavale Matin, parallèlement à la production nationale, la Banque Princière Castelage commencé à acheter régulièrement le précieux métal depuis 1990, au début de la Déréalisation. Estimant que l'onirisme de l'époque ne durerait pas éternellement, le clan Castelage a misé sur la seule ressource dont la valeur était universellement reconnue et stable afin de raccrocher l'économie au réel le moment venu : l'or. Elle en a amassé des quantités stratosphériques en trois décennies et semble, aujourd'hui, disposer d'une réserve illimitée du précieux métal.

Ces achats se sont intensifiés après l'Armageddon't, Carnavale a compris l’urgence de se rapprocher de l’étalon-or, afin de courcicuiter les systèmes de sanction monétaires et également d'éponger le coût des réformes anti-inflation engagées brutalement début 2017. Entre 2017 et 2018, la Principauté de Carnavale, via la Banque Princière Castelage, a été le pays qui a le plus acheté d'or. Dès lors, les moralistes manquent de prise sur l’économie de la Cité noire. À moins peut-être d’utiliser la main invible des marchés, elle encore : l’or, bien achetable et vendable, est soumis aux lois de l’offre et de la demande. Son prix monte et descend comme celui des autres biens de consommation. Selon cette méthode, il suffirait donc que les acheteurs se détournent de l’or, en faisant mécaniquement baisser le prix. Plus facile à dire qu'à faire.


Un article signé Rachida Data.

Soyez économes
épluchez des patates !


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CARNAVALE DEMAIN
20/05/2018


Peut-on faire pousser de l'or sur un sapin ?
L'étrange noël des Laboratoires Dalyoha


Triomphe médical ! Grand Hôpital annonce avoir réussi sa première greffe de cerveau humain !


Est-il possible de faire pousser de l'or sur un arbre, comme on fait pousser des pommes OGM ? C'est ce qu'a laissé entendre Marcelaine Pointovale, chercheuse en horticulture expérimentale et biologie appliquée des Laboratoires Dalyoha. Une telle annonce, qui a de quoi surprendre, doit évidement être nuancée. Non, à ce stade, rien ne nous permet de penser qu'il serait possible de faire "pousser" de l'or sur certains arbres. Néanmoins, les Laboratoires Dalyoha ont révélé en conférence de presse l'existence d'un programme visant à expliquer, et exploiter, la présence jusqu'alors mystérieuse de nanoparticules d'or dans les aiguilles de certains épicéas.

Et si les véritables alchimistes, capables de transformer le plomb en or, se trouvaient en réalité dans la nature, juste sous notre nez ? Les scientifiques de l'équipe de recherche de Marcelaine Pointovale sont parvenus à mettre formellement en évidence un lien entre les nanoparticules d'or dans les aiguilles des sapins et des bactéries spécifiques. Si on savait depuis un certain temps qu'on pouvait retrouver chez certaines plantes, en particulière les épicés, des traces du précieux métal, le phénomène demeurait jusqu'alors inexplicable pour la communauté scientifique. En excluant les hypothèses farfelues de génération, la question demeurait de savoir si l'or retrouvé était ramené par quelque chose, ou si les arbres le synthétisaient directement.

Les Laboratoires Dalyoha semblent avoir trouvé la réponse à ce mystère : il s'agit en fait d'un phénomène de "biominéralisation", des substances et minéraux inorganiques, tels que l'or, s'accumulent et se solidifient à l'intérieur des tissus végétaux. Cette minéralisation des tissus de la plante participe à ses mécanismes de défense en les rendant plus résistants à certaines maladies et aux aléas météorologiques. Si le phénomène était déjà connu en théorie, on en comprend encore mal le principe et surtout, il est difficile à provoquer artificiellement. En laboratoire comme dans la nature, la biominéralisation ne se produit pas toujours, et lorsqu'elle s'effectue, c'est toujours de manière sporadique et localisée.

Pourtant, les Laboratoires Dalyoha sont loin d'avoir dit leur dernier mot. Outre la perspective, alléchante mais un peu fantasque, de parvenir à cultiver de l'or sous serre, comme on le fait déjà pour les fruits, légumes et biomasse, la biominéralisation aurait également des vertus en ce qui concerne la dépollution des sols, un enjeu que la Dalyoha Compagnie prend très au sérieux et dont les applications sont nombreuses. CRAMOISIE©, Wasterland, Carnavale elle-même, si la Principauté parvenait à maîtriser toute les étapes du processus de destruction-revitalisation, elle deviendrait définitivement maîtresse de son environnement. Être capable de raser une terre, faire table-rase, pour la refaçonner sur-mesure, il s'agit d'un des nombreux objectifs que s'est fixée la Dalyoha Compagnie et qu'elle poursuit désormais dans plusieurs régions du monde.

Une étude, publiée le 18 mai 2018 dans la revue scientifique des Laboratoires, lève en partie le voile sur ce mystérieux processus de transformation : "Nos résultats suggèrent que les microorganismes (bactéries et autres microbes) qui vivent à l'intérieur des plantes pourraient, par leur activité reproductive, participer à l'accumulation d'or dans les arbres", explique Marcelaine Pointovale. Son équipe a prélevé 50 000 échantillons d'aiguilles sur 73 épicéas communs (Picea abies) situés près d'un gisement minéral rattaché à la mine d'or du Prince Chilbert, sur les hauteurs de la Cité noire. Chez la moitié des sapins, des nanoparticules d'or, d'une taille de l'ordre du millionième de millimètre, ont été trouvées à l'intérieur des aiguilles.

"Toutes les particules d'or retrouvées étaient entourées de biofilms bactériens, c'est-à-dire de communautés de bactéries sécrétant des substances protectrices. Cela suggère que des bactéries spécifiques à l'épicéa peuvent contribuer à transformer l'or soluble en particules solides à l'intérieur des aiguilles", interprète Marcelaine Pointovale. Un vrai travail d'alchimiste, donc, ces bactéries parviennent à synthétiser des éléments présents dans l'air en métal solide. De quoi faire rêver à la génération spontanée... Car s'il représente à ce stade une masse infime, le processus est, lui, théoriquement infini. Dans les environnements riches en minerais, les gisements naturels libèrent des ions métalliques à travers l'oxydation et l'activité bactérienne. Ces ions migrent ensuite vers la surface. "Dans le sol, l'or est présent sous forme liquide et soluble. Transporté par l'eau, il pénètre dans les aiguilles d'épicéa. Les microbes de l'arbre peuvent ensuite transformer cet or soluble en particules solides", détaille la chercheuse.

A ce stade des recherches, la poussière d'or qui "pousse" sur les sapins est cependant invisible à l'œil nu, et les nanoparticules sont bien trop petites pour être collectées à des fins commerciales. Un constat qui ne désespère pas les équipes de Pointovale, toutefois. "Notre découverte laisse entrevoir la possibilité d'un jour réussir à synthétiser de l'or potentiellement à l'infini." Avec un risque d'effondrement de sa valeur ? "Je laisse ce sujet aux économiques" balaye Marcelaine Pointovale. Les Laboratoires Dalyoha ne ferment aucune piste à ce stade. Soit garder le processus tel quel et tenter de l'optimiser pour le massifier, notamment via de grands élevage de sapins placés à des endroits stratégiques et une amélioration des techniques d’extraction de l'or de façon industrielle. Soit en isolant les bactéries responsables de la synthèse de l'or pour les replacer en conditions de le faire et faire "pousser" l'or en laboratoires.

La synthèse de l'or n'est cependant pas la seule application envisagée à ce stade. D'une part, mieux comprendre le phénomène pourrait permettre de détecter les gisement aurifères sous la surface, sans avoir besoin de réaliser de longs et couteux travaux de sondage. Ensuite l'étude de la biominéralisation ouvre des perspectives enthousiasmantes en matière de dépollution des sols. La capacité des bactéries et microbes à agir sur les métaux présents dans les sols et dans l'eau pourrait, à termes, permettre de les éliminer, voire même de les récupérer. "Il y a une grande perdition de matière dans tout processus industriel, une matière qui se retrouve dans les égouts, dans la terre, dans les nappes phréatiques... imaginez pouvoir la récupérer. Nous ferions à la fois d'incroyables économies de ressources, tout en réglant les problèmes de pollution qui impactent tant de nos concitoyens" s'enthousiasme Marcelaine Pointovale.

Un article signé Adrienne Hyène.

"Il n'y a pas de mai !"
Le mois de mai annulé par le syndicat des parents en colère.


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CARNAVALE DEMAIN
16/06/2018


La lumière contre les polluants éternels dans l'eau potable ?

La lumière contre les polluants éternels dans l'eau potable ?


Les scientifiques des Laboratoires Dalyoha révèlent l'un des premiers succès du partenariat de recherche entre les savants Shuh de l'Enclave verte et ceux de Bourg-Léon. Les deux institutions, aux traditions de recherche extrêmement éloignées, semblent être parvenues à passer outre les différences culturelles pour travailler ensemble sur l'ambitieux programme de la reconstruction écologique. CRAMOISIE©, Dakora mais aussi Carnavale, les espoirs sont nombreux autour de cet accord car les chantiers le sont également. S'il n'est pas possible de revenir avant la destruction écologique (et cela ne semble pas être l'état d'esprit des Laboratoires Dalyoha), rendre les terres de nouveaux habitables est un engagement pris auprès des Cramoisiens, pour qui le désert rouge demeure encore particulièrement hostile et stérile.

Dans ce projet herculéen, chaque marche, même petite, est une grande avancée dans la bonne direction. Les Laboratoires Dalyoha ont ainsi dévoilé ce 16 juin 2018 un matériau de synthèse en mesure d'utiliser la lumière extérieur pour décomposer des polluants dits "éternels" dont le rôle dans la toxicité des sols, de l'air et de l'alimentation est dénoncé depuis plus d'un siècle. La particularité de ces polluants est l'incapacité de l'environnement à les dégrader, mais également le corps humain. Résultat : les polluants s'accumulent et peuvent à termes rendre des environnements impropres à la vie, et causer des maladies graves ou des comorbidités.

Jusqu'ici, éliminer les "polluants éternels" de l'eau nécessitait des produits chimiques agressifs ou l'utilisation de métaux lourds. Un problème circulaire, ces solutions étant elles-mêmes également dangereuses pour l'environnement et les êtres humains. L'enjeu de trouver des solutions alternatives travaillait donc les sociétés savantes carnavalaises depuis un petit moment, surtout depuis l'inflexion engagée par Blaise Dalyoha à partir des années 2010. Le pari a été relevé par une équipe de chercheurs des Laboratoires, en partenariat avec plusieurs équipes scientifiques Shuh. Le professeur Jean Javel a présenté en conférence de presse un nouveau matériau capable de décomposer un large éventail de contaminants, dont ceux issues de déchets chimiques : substances antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs, etc. qui persistent dans l'environnement.

Les équipes de Jean Javel ont montré que lorsque certaines de ces substances sont exposées à la lumière, une réaction physique se déclenche au niveau des liaisons entre les particules, qui fait que certains électrons se déplacent à l'intérieur de la structure et laissent derrière eux des "trous" chargés positivement. Une fois que les charges électriques sont séparées, il devient beaucoup plus facile d'y provoquer des réactions chimiques capables de dégrader des polluants tenaces et sans avoir recours à des produits chimiques agressifs. Les chercheurs des Laboratoires Dalyoha ont poussé la technique plus loin et réussi à franchir un cap en développant une manière de provoquer les réactions chimiques grâce à un matériau non toxique.

Les Laboratoires sont parvenus à combiner plusieurs types matériaux qui attaque la molécule au niveau de ses liaisons covalentes qui, grâce à la lumière, deviennent actifs d'une façon inconnue jusqu'alors. Employés de façon innovante par les Laboratoires, elles permettent de recréer une surface puissamment agressive qui lutte contre la pollution, agit rapidement, est efficace contre de nombreux polluants différents et ne contient pas de métaux pouvant nuire à l'environnement. Si le procédé fonctionne en laboratoire, le prochain défi sera de massifier le procédé. Si cela fonctionne, cette technique serait un moyen plus propre, moins coûteux et plus durable de protéger les zones polluées, et notamment les eaux contaminées sur lesquels le procédé est particulièrement efficace.

L'innovation se situe dans le fonctionnement du matériau synthétisé par les équipes de Jean Javel : en utilisant l'ingénierie des défauts il est possible d'intégrer délibérément des imperfections dans un matériau pour lui conférer de nouvelles propriétés ou comportements. Dans ce cas précis, les scientifiques ont gravé des micro-rayures à la surface des substances crées afin de leur permettre de s'ajuster plus facilement aux polluants et donc les détruire. Les scientifiques appellent ce procédé "un baiser de la mort" comme si une étreinte entre deux molécules pouvaient mener à leur destruction mutuelle.

En faisant croître ensemble le polluant et la substance, plutôt qu'en les mélangeant simplement, les Laboratoires Dalyoha ont obtenu une structure connectée où les charges circulent facilement sans se retrouver piégées. La prochaine étape sera de créer une zone d'expérimentation contrôlée pour appliquer la substance sur les eaux toxiques de la Principauté, probablement dans les quartiers inondés où des flaques et trous peuvent être isolés pour étudier les effets sur le court et moyen terme.

Un article signé Adrienne Hyène.

Bal cannibale au quartier des ampoules
Ramenez vos enfants !


Carnavale Demain
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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
11/07/2018



  • Spectaculaire !
Les milices Castelage frappent le quartier des léproseries et parviennent à kidnapper 1/3 du roi lépreux lors d'une opération commando chirurgicale.
  • Honteux !
La Principauté de Carnavale accuse la République d'Antares d'être une plateforme du narcotrafic mondial et d'en plus de vendre de la drogue de mauvaise qualité.
  • Bon à savoir !
Retour d'expérience : pour s'approprier le pétrole d'un territoire, Carnavale recommande de le raser à l'arme chimique plutôt que d'y tenter un coup d’État hasardeux.
  • Ex aequo !
Prix San Youté du chercheur étranger : il aura fallu trente Shuh pour faire aussi bien qu'un seul Philippe Géminéon, se félicitent les Laboratoires Dalyoha.
  • Dramatique !
Incendie mortel dans un bar à Carnavale : l'enquête de Commissariat Central révèle une possible implication du club de pyrotechnie amateur.
  • Efficace !
Neige : en plein mois de juillet, les routes sont bien dégagées.
  • Bravo !
Pour la douzième année consécutive, le prix de l'employé de l'année revient au cerveau de Ginette Billedeplomb, placé dans une cuve en 2006, et qui n'a réclamé aucune augmentation de salaire en dix ans.
  • Utile ?
La Société des Alchimistes Carnavalais annonce la création d'un homoncule fabriqué à 80% à partir de flocons d'avoines.
  • Grogne !
Agriculteurs empêchés de travailler à cause de l'OND : les Laboratoires Dalyoha promettent des compensations financières et de nouvelles souches OGM encore plus rentables à l'horizon 2019.
  • Intéressant !
Grand-mères dévorées par leurs chats : Grand Hôpital s'associe avec les refuges animaliers pour établir une nouvelle échelle de mesure de la santé publique carnavalaise grâce au calcul du niveau de toxines présent dans les animaux ayant mangé leurs propriétaires.
  • Triste...
Michel Saindoux, célèbre chanteur du Temps béni de CRAMOISIE©, est mort d'une crise cardiaque.
  • Agaçant !
Charlie Abdo, le magasine culturiste, vient encore de se faire mitrailler par des anorexiques.
  • Délicieux !
Pour joindre l'utile à l'agréable, le glacier Banquise sort son nouveau parfum goût azote.
  • Mérité !
L'économie désormais classée comme une pseudo-science depuis que Carnavale a doublé son PIB en déjouant tous les pronostics de ses ennemis.
  • Frustrant...
Concile œcuménique de Carnavale : les évêques de la Cité noire ont rendu une note critique sur le déroulé de la providence ces vingt derniers mois.
  • Relatif !
Terrorisme : est-ce si grave si tout le monde est consentant ?
  • Ambivalent !
Guérison miraculeuse en buvant l'eau des gouts : l’Église balance entre respect des recommandations sanitaires et organisation d'un pèlerinage.
  • Logique !
Faute de soutient financier et politique à la démocratie, la Principauté restera une dictature abominable.
  • Généreux !
Grand Hôpital offre un bon pour une greffe de cerveau gratuite au San Youté, utilisable jusqu'en 2020.
  • Original !
Prise massive de mélatonine : plusieurs criminels échappent à la police en se plongeant définitivement dans un coma lucide où ils restent totalement libres de leurs actes.
  • Tragique !
Accident virtuel : deux hologrammes se percutent à grande vitesse sur la 56ème avenue. Un mort.
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CARNAVALE MATIN
11/07/2017


Les milices Castelage annoncent avoir pris le contrôle dans les égouts d'un pétrolier clandestin qu'elles poursuivaient depuis plusieurs semaines


Les milices Castelage annoncent avoir pris le contrôle dans les égouts d'un pétrolier clandestin qu'elles poursuivaient depuis plusieurs semaines

« La mise au pas des réseaux mafieux de la Principauté se poursuit partout, y compris dans les égouts », a réagi Améthyste Castelage, matriarche du clan et dirigeante actuelle de la Cité noire, dans un message publié sur son compte Écho International. Si l’opération est spectaculaire, mobilisant plus d’une centaine de miliciens et attestant de la coopération renforcée entre le clan Castelage et le syndicat des égoutiers, elle interroge cependant sur l’évolution de l’équilibre des forces au sein de la Principauté.

Le Commandement des milices Castelage, Isabelle Camion, a annoncé en conférence de presse avoir pris le contrôle du pétrolier Margarine, anciennement nommé Veul-1, dans les égouts, une centaine de mètres en dessous du quartier des oiselles. Le pétrolier est accusé de « violation des lois du marché » et « entrave à la bonne visibilité de la comptabilité économique nationale », il a été capturé dans la foulée du mandat d'arrêt émis par le Tribunal Populaire, ce mercredi 11 juillet. Une information relayée officiellement par Améthyste Castelage, qui a félicité ses miliciens pour « leur grande ingéniosité et leur sens de la stratégie ».

« Le navire a été saisi en vertu d'un mandat délivré par un tribunal populaire carnavalais après avoir été pisté pendant plusieurs jours par la brigade 44 et le groupe opérationnel de tireurs cyclométriques Castelage », précise Isabelle Camion en brandissant le fameux mandat, délivré par le juge Bordemarais. « La mise sous pression des réseaux mafieux clandestins et notamment de leur flotte fantôme, qu’elle soit sous sanctions ou illicite, reste pleinement en vigueur et partout à Carnavale et dans le monde ». Le pétrolier clandestin était soupçonné d'avoir voulu charger du pétrole dans le quartier des hégémons, quand il a été repéré dans les égouts sous le quartier des oiselles.

Le pétrolier, au moment de l'opération, se trouvait dans la zone économique exclusive souterraine du quartier des oiselles, a déclaré le délégué général de la branche des garde-côtes du syndicat des égoutiers, Antonin Dejardin. Le porte-parole de la mafiat Lux a confirmé avoir perdu la communication avec le pétrolier Margarine. Le navire avait reçu une autorisation temporaire de naviguer sous pavillon loduarien le 2 juillet, précise cette source. « Aucune milice n'a le droit de recourir à la force contre des navires dûment enregistrés après des syndicats dans les juridictions de quartiers indépendants », s'est indigné la mafiat Lux, dont les tensions avec le clan Castelage n’ont pas cessé d’augmenter depuis ces derniers mois.

Plus tôt dans la journée, la chaîne vidéo Mafia Today a également diffusé une vidéo sur laquelle on distingue plusieurs miliciens perchistes sauter à bord du navire, affirmant qu'il s'agit de forces spéciales castelage qui tentaient d'arraisonner le pétrolier. Ce navire était suivi de près par la brigade 44, et des miliciens équipés d’échasses et de perches ont abordé le navire pendant que celui-ci attendait pour passer une écluse, selon les observations des analystes de plusieurs médias. Un peu plus tôt dans la matinée, la chaîne vidéo Veille-cataphile, spécialisée dans l’observation des dynamiques entourant les égouts de Carnavale, affirmait que plusieurs valves avaient été fermées en amont du navire, ce qui avait augmenté le niveau de l’eau dans les canaux de sorte à obliger le pétrolier à s’arrêter.

Autant de témoignages de sources divers qui confirment la précision avec laquelle a été menée l’opération, nécessitant une maîtrise avancée du système hydraulique des égouts, des informateurs fiables et surtout une capacité opératoire en milieu toxique, car tous les sous-sols de Carnavale ne sont pas praticables sans équipement approprié. Jusque-là, les grandes familles s’étaient souvent contenté de tenir leurs territoires et de frapper violemment les groupuscules rivaux dans la Principauté lorsque ceux-ci s’éloignaient de leurs intérêts. Avec ce coup d’éclat contre la mafiat Lux, le clan Castelage confirme sa volonté hégémonique à Carnavale, y compris dans les espaces traditionnellement de non-droit comme les égouts, et montre qu’elle peut frapper partout et quand elle le veut.

La mafiat Lux avait déployé au moins un navire de pêche militarisé pour escorter le vieux tanker, ont révélé les enquêteurs de Veille-cataphile. Information confirmée par les enquêteurs de Casse Investigation, citant des responsables carnavalais sous couvert d'anonymat. Le navire d’escorte n'a toutefois pas eu le temps d'arriver, ayant été bloqué en aval par la vidange de plusieurs tuyaux d’évacuation de produits chimiques. Le porte-parole de la mafiat Lux avait dit suivre l'affaire « avec inquiétude », dans un communiqué officiel : « Notre navire navigue actuellement dans les eaux du quartier des oiselles, sous pavillon loduarien et dans le strict respect du droit sous-maritime international et avec l'accord du syndicat des égoutiers ».

L’affaire est complexe puisqu’elle engage plusieurs acteurs en concurrence. La mafiat Lux explique être dans son bon droit, ayant déclaré son navire auprès des garde-côtes du syndicat des égoutiers. Un accord de longue date entre deux institutions historiques de Carnavale, garante par l’équilibre de leurs forces d’une certaine stabilité dans les sous-sols de la Cité noire. Or il apparait que le syndicat des égoutiers ait préféré livrer le pétrolier aux milices Castelage, ou tout du moins ne pas s’opposer à leur coup de force, ce qui pourrait bouleverser la place de chacun de ces acteurs à Carnavale. Au même titre que le SAD BB, le syndicat des égoutiers est-il en phase de prêter allégence au clan Castelage ? On ignore les tractations secrètes entre Améthyste et Antonin Dejardin mais elles ont certainement eu lieu pour que soit autorisée la prise du pétrolier. Enfin, le quartier des oiselles lui même pourrait protester si les milices castelage se révèlent avoir agis illégalement. Bien que le poids des oiselles soit limité dans le rapport de force qui l'opposerait à une grande famille, le syndic pourraient tenter de négocier un accord financier avec Améthyste Castelage pour étouffer l'affaire.

Les syndicats carnavalais, historiquement indépendants, semblent désormais être de plus en plus nombreux à se rapprocher du pouvoir Castelage, qui centralise autour de lui le gros des forces de la Cité noire. Mais pourquoi un tel déploiement de forces pour un vieux tanker rouillé ? L'histoire a commencé fin mai, quand les forces castelage ont une première fois tenté d’arraisonner le navire quelque part dans le quartier des hélicons. Celui-ci se dirigeait alors vers le quartier des horodateurs, siège de la mafiat Lux, pour y charger du pétrole, selon les informations à disposition de Casse Investigation, alors que les milices castelage imposent un blocus pétrolier partiel au groupe mafieux. Les égouts de la Cité noire sont depuis longtemps une ville dans la ville, avec ses propres règles et rapports de force. A condition d'y avoir ses entrées (et surtout d'en connaitre les plans et les lieux à éviter), il est possible de circuler à peu près n'importe où dans la capitale, en passant par les sous-sols. Un avantage tactique certain qui a permis de complètement esquiver les menaces aériennes, mais qui a également pour problème de laisser un gigantesque espace de non-droits littéralement sous les pieds des habitants.

Dans ce labyrinthe de canaux et de tuyaux, dont certains sont assez larges pour laisser passer de front plusieurs chimères, les navires circule sous la surveillance rapprochée du syndicat des égoutiers, maître du réseau fluvial souterrain. Le Margarine est accusé de faire partie de la flotte fantôme de la mafiat Lux, terme qui désigne les pétroliers utilisés clandestinement par le groupe mafieux pour contourner les sanctions pétrolières castelage prononcées à son encontre. Le clan castelage, en accord avec les officiers de police de Commissariat Central, a manifesté son intention d'arraisonner le navire afin d'en contrôler la cargaison, mais le capitaine a refusé de coopérer. Le pétrolier semble alors avoir rebroussé chemin après le 2 juin, alors qu'il se trouvait près de l’écluse Sainte-Brume, selon la chaîne vidéo Veille-cataphile, consultée par Carnavale Matin. Le capitaine a alors pris la direction des quartiers nord en trompant la vigilence des garde-côtes au niveau du quartier inondé des chauves-souris. Une manœuvre qui aura pu convaincre le puissant syndicat des égoutiers a collaborer avec le clan Castelage afin de prendre sa revanche. L'affaire n'en est en effet pas restée là, puisque les milices castelage l'ont ensuite pris en chasse à travers les égouts.

L'équipage a par la suite peint un drapeau loduarien sur la coque, toujours selon Veille-cataphile, alors que le tanker battait jusque-là pavillon pirate wanmirien. Le pétrolier a également été rebaptisé Margarine, et s’est inscrit dans la base de données officielle des navires loduarien à Carnavale, sans autre forme de procédure. Le port d'immatriculation du navire est Lyonnar (Loduarie), selon les informations disponibles sur la notice en ligne. Cette modification brouille les pistes et complique alors l'intervention castelage, qui attendait un mandat du tribunal populaire pour arraisonner le pétrolier. Faute de pouvoir clairement identifier ce-dernier, Isabelle Camion préfère patienter plutôt que de commettre une faute diplomatique en attaquant un véritable navire loduarien.

L'équipage du Margarine semble avoir tourné des images des milices castelage, selon une courte vidéo diffusée par la chaîne Mafia Today. On y distingue un navire entouré de vapeurs toxiques, maladroitement cadré depuis les quais des égouts, à proximité du panneau de commande de l’écluse où a été arrêté le pétrolier. Le cas du Margarine ne paraît pas isolé. Plusieurs autres pétroliers placés sous sanctions par le clan Catelage ont opéré des changements de pavillon après avoir été repérés dans les égouts carnavalais. Tous sont soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme de la mafiat Lux. Peu de temps après l'opération menée à bord du Margarine, les milices castelage ont annoncé avoir intercepté un autre pétrolier, le Branle-bas-de-combat, cette fois au large du quartier des bouquinistes. « Nous défendrons la Cité noire et rétablirons la sécurité et la force dans les sous-sols de la Principauté », écrit Isabelle Camion, diffusant des images tournées selon elle lors de l'opération. Le navire est à présent escorté par les milices et les forces du syndicat des égoutiers, probablement vers l'un des ports souterrains, dont les localisations sont classées secret défense.


Champagne : nos pantalons pétillants

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CARNAVALE DEMAIN
11/07/2018


Dans un clip publicitaire, Améthyste Castelage apparait équipée d’un exosquelette Robotic & Toc

Dans un clip publicitaire, Améthyste Castelage apparait équipée d’un exosquelette Robotic & Toc


On les croyait un peu passés de mode depuis le démantèlement des Industries Obéron, mais leurs héritiers ont rapidement repris le flambeau du fleuron carnavalais de la tech et du militaire. Si l’entreprise Robotic & Toc a sans conteste fait la démonstration de sa capacité d’innovation dans de nombreux domaines de pointe, les exosquelettes sont une spécificité carnavalais depuis près d’un demi-siècle. Vieux rêve de la Principauté, qui fabrique des automates depuis l’Antiquité, il aura toutefois fallu attendre que la technologie devienne opérationnelle au travail et au quotidien pour la voir prendre son essor à Carnavale, au point de devenir un élément culturel typique, fortement reconnaissable, et partie intégrante du soft power de la Cité noire.

En relançant la production et en offrant l’un de leurs derniers modèles à la matriarche du clan Castelage, Robotic & Toc envoie un double message. Tous d’abord, ils rappellent à ses concurrents Diable d’argent et Métal Hurlant, qui ont récemment obtenus quelques succès industriels, qu’ils sont les véritables héritiers du conglomérat militaro-industriel Obéron. Ensuite, c’est un retour aux sources pour la Cité noire : Robotic & Toc, par ses réussites, incarne une forme de continuité économique et donc culturelle pour la Cité noire, où plusieurs changements politiques majeurs ont eu lieu ces-derniers mois.

Une façon de dire : « Encore un peu de patience et vous aurez non seulement les plaisirs de l’ancien monde, mais aussi les opportunités du nouveau ». Ainsi, Améthyste Castelage et ses alliés continuent de redessiner les frontières du nouveau contrat social entre les habitants de la Cité noire et ses élites. Pendant 80 années la Principauté de Carnavale a tenu grâce à la violence débridée des grandes familles, seulement contrôlée par l’équilibre des puissances entre Obéron, Castelage et Dalyoha. Avec la chute des premiers et la discrétion des seconds, les institutions carnavalaises auraient pu craindre l’hégémonie Castelage. Le plus grand défi pour Améthyste, la matriarche du clan, est donc autant de renforcer son pouvoir local que de rassurer, et donner des gages stratégiques pour s’obtenir la loyauté des citoyens.

Accords avec les syndicats, négociations avec Commissariat Central, compromis avec le Tribunal Populaire et centralisation des forces militaires de la Principauté grâce au SAD BB et aux milices Castelage, Améthyste a réussi l’exploit d’acheter l’ordre social sur fond de guerre contre l’OND. Les réussites militaires et économiques de la famille de banquiers auront contribué à convaincre les élites carnavalaises de leur accorder leur confiance et de jouer le jeu des réformes structurelles. L’approbation tacite de Blaise Dalyoha, discret PDG de la Dalyoha Compagnie et propriétaire de Bourg-Léon, aura également participé à légitimer Améthyste. Plus encore qu’un simple accord de non-agression, la collaboration assumée avec Philippe Géminéon, directeur de Grand Hôpital, est un nouveau signal positif en faveur du règne des Castelage.

Retour aux exosquelettes : outre l’appel à la nostalgie et la promesse de temps plus luxueux (la démocratisation des exosquelettes est vue comme une marque d’enrichissement pour la population, et de soulagement pour les travailleurs des secteurs les plus pénibles), Améthyste s’affiche également avec un symbole bien identifié du clan Obéron. Robotic & Toc comme héritier des Industries, offrant leurs dernières créations à la matriarche des Castelage, beaucoup y ont vu un signe dissimulé de vassalisation d’une grande famille à une autre. L’alliance du complexe militaro-industriel carnavalais et de la finance mondiale laisse envisager un nœud particulièrement redoutable, face auquel le puissant secteur pharmaceutique Dalyoha pourrait presque se retrouver éclipsé.

Améthyste se place donc à la fois en tant que souveraine incontestable de la Principauté, mais aussi comme garante de ses mœurs et de ses traditions. L’exosquelette occupa une place centrale dans le passé de Carnavale, il sera partie prenante de son futur, assure Améthyste Castelage avec son geste hautement symbolique. Le lien entre les époques est donc assuré et les investisseurs peuvent se ranger avec confiance derrière les princes banquiers de Carnavale.

Autrefois réservé à la noblesse, la promesse de Robotic & Toc est de démocratiser le port et l’usage de l’exosquelette, y compris au sein de la classe moyenne. Un symbole fort de prospérité qui mobilise habilement l’exceptionnalisme culturel carnavalais au service du nouveau régime. La Principauté est en effet la seule nation connue à utiliser les exosquelettes dans son quotidien et d’avoir massivement mis en place des infrastructures dédiées à l’entretien et au rechargement des batteries de ces appareils. Il ne s’agit pas en effet que de vendre des extensions corporelles, mais également d’assurer leur maintenance et un service après-vente fonctionnel, capable de faire face aux aléas techniques qui ne manquent pas d’arriver lorsque la technologie vieillit et s’use.

Au-delà du message politique, Robotic & Toc fait une nouvelle fois démonstration de son progrès technique. L’exosquelette dont se pare Améthyste Castelage est un chef d’œuvre technologique pensé spécifiquement pour un usage quotidien et à destination du marché du luxe. Fibres de kevlar ultra légères et flexibles, micro-pistons, système IA d’anticipation des mouvements pour esquiver les impacts et corriger les maladresses, renforcement musculaire intégré… l’exosquelette Robotic & Toc s’accompagne également de plusieurs extensions, dont son gantelet intégré qui offre une poigne d’une pression pouvant atteindre les 50kg. Un coup de main bienvenue pour broyer le crâne de vos ennemis à mains nues ou déboucher une bouteille de champagne récalcitrante. Avec ses talons à suspension et ressorts souples, l’exosquelette Robotic & Toc propose également de corriger naturellement la posture debout, mais également de se déplacer plus rapidement et de se rehausser discrètement de 5cm pour les clients les plus courts sur pattes.

La vraie révolution Robotic & Toc se situe en vérité dans le prix de son nouveau modèle. Si les productions Obéron pâtissaient d’un coût de fabrication élevé en raison du prix des micro-composants et de celui des matières premières qui devaient arbitrer entre légèreté et faible prix, Robotic & Toc bénéficie d’un contexte plus favorable. La création en laboratoires de nouveaux alliages innovants et les progrès de l’informatique ont permis de rehausser toute la qualité des anciennes gammes d’exosquelettes Obéron tout en diminuant les coûts. Outre son poids (les exosquelettes sont passés d’un poids moyen de 35kg au début du XXIème siècle à moins de 3kg en 2018), c’est sa discrétion qui fait le succès de l’exosquelette Robotic & Toc. Quasiment invisible aux non-initiés, il se dissimule aisément sous les vêtements ce qui n’impacte pas le style général du porteur et peut, le cas échéant, lui permettre de prendre l’avantage sur un assaillant non averti.

Quoique ne portant pas l’un des modèles les plus récents, l’exosquelette de Bartholoméon de Petipont lui avait permis de presque totalement dévier la charge explosive d’un drone tueur. Si le modèle que porte Améthyste Castelage est dédié à un usage civil, certains commandos de miliciens carnavalais utilisent depuis longtemps cette technologie qui leur confère un avantage stratégique lors de certaines opérations où ils ne peuvent disposer d’un soutien sur le terrain et doivent opérer en petits groupes, voire en solitaires. Un soldat armé d’un exosquelette de combat sera plus endurant, portera des charges plus lourdes sur de plus longues distances, et sera aussi plus performant au corps à corps grâce à l’assistance IA pour le combat rapproché. Celle-ci corrige la trajectoire de certains coups, maîtrise l’impulsion des frappes et guide le combattant pour alterner entre frappes et garde.

Si Carnavale s’illustre par ses exosquelettes de combat, elle est également pionnière dans la contre-attaque face à ce type de menace. Bien que ces technologies soient inutiles face à des armées standards ou arriérées, les exosquelettes de combat modernes sont dotés d’un système de brouillage IA conçu précisément pour saboter l’assistance de l’adversaire et le pousser à commettre des fautes. Plus ou moins subtils selon les cas de figure, ces sabotages peuvent complètement déstabiliser un combattant mais aussi dévier la balle d’un sniper en impulsant des micromouvements chez le tireur au moment de presser la gâchette. Des piratages parfois indétectables mais qui représentent une part conséquente de la micro-gestion tactique sur le terrain. Il est rare que les milices, lorsqu’elles sont déployés contre des groupes concurrents disposant d’un même niveau technologique, ne s’entourent pas de commandos informaticiens spécialisés dans le hack des exosquelettes ennemis.

Si Robotic & Toc a réussi un superbe coup de communication en intégrant Améthyste Castelage en personne à sa publicité, le détail de la nouvelle gamme d’exosquelettes ne sera révélé que mi-août, à l’occasion de la rencontre biannuelle des industriels de l’armement carnavalais lors du Sommet carnavalais pour la science, la technologie et le futur. D’ici là, seule la princesse banquière aura eu la chance de tester ce petit bijou scientifique en avant-première.

Un article signé Adrienne Hyène.

L'horticulture n'est pas une sous-culture !


Carnavale Demain
saisir l'avenir à deux mains !
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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
13/07/2018



  • Malavisé !
Galette des rois : un employé de Robotic & Toc avale par mégarde un drone miniaturisé ressemblant étonnement à la fève.
  • Coquin !
Kiff Gadget : un magazine acheté, un sextoy offert !
  • Bizarre !
Îles Marines : l'Observatoire des Phénomènes Naturels Étonnants documente la génération spontanée de plusieurs îlots stratégiques pour l'exploitation du pétrole en haute mer.
  • Sympathique !
Les examens de la prostate pourront désormais se faire au choix : avec le doigt, avec une sonde vibromassante ou avec la bite du médecin.
  • Honteux !
Arrestation du docteur Octopus : le médecin spécialiste de la faune marine et notamment des pieuvres et calmars est suspecté d'avoir ourdi un plan machiavélique pour provoquer des mutations sur les embryons afin que les bébés carnavalais naissent avec des tentacules.
  • Malin !
Réforme du brevet des collèges : pour encourager l'innovation scientifique à Carnavale, tous les collégiens devront désormais déposer un brevet pour passer en classe supérieure.
  • Moderne !
L'Eglise annonce renoncer définitivement à la pratique de l'orthopédé, qui visait à remettre les homosexuels dans le droit chemin.
  • Mignon !
Husky nautique : le nouveau concours canin en haute-mer qui rend fou les Carnavalais.
  • Miraculeux !
Grand Hôpital annonce avoir presque terminé de développer son vaccin contre la calvitie. "La seconde plus grande invention de l'humanité après la roue" annonce son directeur, le docteur Philippe Géminéon.
  • Complexe...
Tanker saisi sous le quartier des oiselles : la mafiat Lux annonce déposer un recours devant le Tribunal Populaire.
  • Enfin !
Virgilles Farandole a été lobotomisé ce matin.
  • Gênant...
Erreur médicale en pleine dissection à Bourg-Léon : le cadavre était encore vivant.
  • Héroïque !
Capture d'une patrouille de l'OND par le syndicat des cannibales : le SAD BB négocie la libération des deux tiers de chaque soldats et leur obtient le statut de prisonniers de guerre à la place de celui de condiment.
  • Culturel !
Théâtre de drones au dessus du quartier des horodateurs : seront joués, dans l'ordre, le La malade inventé, l'école des flammes et Don Jument.
  • Délicieux !
Bananes flambées... des prix : les fruits exotiques coûtent de plus en plus chers, la Dalyoha Compagnie promet l'ouverture de nouvelles serres hydroponiques afin de répondre à la demande.
  • Encourageant !
D'après un récent sondage, 40% des lobotomisés se déclarent heureux de l'avoir été, et 60% ont été incapables de répondre à la question.
  • Viril !
Octave Jumentfleur photographié torse-nu et chevauchant un ours en Poëtoscovie.
  • Soulagement !
Pomme de Reinette et Pomme d'Api, les deux tueurs à la tarte aux pommes, ont été appréhendés ce matin à leur domicile.
  • Merveilleux !
De plus en plus d'enfants déclarés HPI à Carnavale : Grand Hôpital se félicite des premiers résultats de son programme eugéniste.
  • Compensatoire !
Faire renaître des dinosaures à partir d'ADN conservé dans de l'ambre : trop compliqué selon la science. Les Laboratoires Dalyoha proposent à la place de redonner vie à l'impératrice Clémence de l'Empire Latin Francisquien.
  • Amusant !
Pharmacopée-décalé : le nouveau style musical à la mode chez les employés de Bourg-Léon.
  • Innovant !
Ursulin Folcanon virtualise son esprit et devient la première IA diplomate de la Principauté.
  • Dégoutant !
Gilbert Camélia, le pape noire, réalise un miracle en transformant l'eau des égouts de Carnavale en vin des égouts de Carnavale.
  • Agréable !
Après l'Armageddon't, l'Apocal'hips ! une nouvelle prophétie millénariste annonce que la Principauté disparaitra engloutie par un tsunami de champagne.
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CARNAVALE INTERNATIONALE
13/12/2017


De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen

De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen


Azur et Messalie, deux paris pour une seule stratégie !

Rien, en apparence, ne semble rapprocher le Califat constitutionnel d'Azur de la République actionnariale de Messalie. Deux États que tout oppose, à commencer par la géographie, le premier se trouvant dans l’est afaréen, région aux équilibres complexes où cohabitent des technocraties bienveillantes comme le Banairah, et des dictatures islamistes comme le Churaynn ou le Faravan ; le second, Etat eurysien par excellence, à la culture leucyaléenne marquée alors qu’il ne possède, paradoxalement, qu’une façade maritime espérantine, n’ont a priori pas grand-chose à voir. Faut-il comparer la Transblêmie à l’Alguarena pour la beauté du sport et du triturage intellectuel ? Votre serviteur se propose, dans ses lignes, de vous offrir un point de vue que vous ne lirez nulle part ailleurs.

Succès économique à Messalie, ambitions diplomatiques azuréenne : une seule recette pour deux gâteaux.

La République actionnariale de Messalie s’illustre parmi les autres nations du monde par l’étonnante stabilité de ses investissements étrangers. De nombreuses nations avaient déjà essayé par le passé d’attirer les capitaux internationaux pour monter de toute pièce une économique collaborative, mais aucun de ces projets n’a réellement marqué les esprits. La République Libre du Prodnov aura, au mieux, reçu quelques dizaines de milliards de l’ONC avant d’être abandonnée par cette dernière et envahie dans la foulée par sa voisine, la République Démocratique du Prodnov. En Translavya, même constat, après avoir reçu quelques aumônes étrangères, les deux morceaux du pays sont désormais chacun alimentés par un unique acteur. Kotios fut autrefois un haut lieu d’investissement… avant de passer sous la coupe pharoise, puis kah-tanaise. Aujourd’hui, qui investit dans la république pirate sinon Axis Mundi ?

Autant d’exemples d’échecs d’économies transnationales, ouvertes et libérales. Sauf… sauf pour la Messalie. Après presque deux ans d’ouverture de ses marchés, remarqués grâce à sa loterie, la Messalie continue de recevoir régulièrement des investissements étrangers, du Nazum à l’Aleucie, en passant par tous les coins de l’Eurysie. Si certains justifieront ce succès par l’attrait d’un retour sur investissement bien réel, ou sur les lois plus que favorables aux grandes fortunes qui, à l’instar de la famille Castelage, s’y batissent des petits nids douillets, l’analyse semble sommaire. Ce qui fait, de notre point de vue, le succès messaliote, ne tient pas à sa structure économique ultra-libérale mais davantage à la clarté de ses règles et institutions.

La Messalie est, en effet, un pays où le droit prévaut avant la tentation de l’arbitraire économique qui règne, quoi qu’on en dise, partout ailleurs. Même notre bien-aimée Principauté de Carnavale n’échappe pas à cette tentation du twist, la concentration des pouvoirs économiques entre les mains de quelques grandes familles (bientôt une seule) n’est pas exactement de nature à rassurer les investisseurs étrangers quant à l’existence de garde-fous institutionnels. Bien sûr Carnavale ne fait pas n’importe quoi mais… pas loin. En fait, c’est le cas de tous les pays du monde, une épée de Damoclès plane sur chaque économie, sur chaque gouvernement, qui semble pouvoir se retourner du jour au lendemain, au gré des révolutions, changements de régime, de majorité, repositionnement géopolitique, on en passe et des meilleurs. La politique sur Géokratos est versatile, peu sujette au temps long, certains diront même aléatoire, soumise aux humeurs de quelques forces divines.

Messalie échappe à cette fatalité. Vous ne verrez pas demain l’Olivier prendre le pouvoir sans avoir pu anticiper au préalable sa montée progressive dans la presse. Le grand nombre d’investisseurs étrangers sert de garde-fou à l’arbitraire, chacun pouvant légitimement faire valoir l’injustice qu’il y aurait à laisser faire un retournement de situation dramatique ou opportun pour le pécule de chacun. Messalie est stable parce qu’elle est plurielle et dispose de lois claires, et d’institutions pour les appliquer. Bien sûr elle n’est pas plus immunisée aux coups d’Etat que n’importe qui, mais nous sommes en capacité de le voir venir, voire de le contrer si nécessaire. Peu de pays peuvent en dire autant. A nouveau, l’exemple carnavalais l’illustre bien : la Principauté fait preuve d’une indéniable flexibilité politique et économique, dû à la quasi absence d’État central pour rigidifier les décisions politiques et lier les mains aux entrepreneurs. Si cette stratégie a pu permettre à la Principauté de retourner le cerveau de ses ennemis avec une habilité rare, elle a malgré tout écorner le statut de Carnavale, perçu depuis des décennies comme un étonnant ilot de stabilité capitaliste au sein d’un monde en proie aux guerres et aux conflits. La perte de la moitié du potentiel culturel carnavalais n’y est sans doute pas étranger, il faudra que la Principauté investisse encore davantage dans ce secteur pour retrouver un soft power équivalent à celui qu’elle possédait avant l’Armageddon’t.

Pour en revenir à Messalie, Messalie prospère et attire parce qu’elle a su proposer un cadre clair et chiadé pour ceux qui désirent s’engager dans l’aventure local. Nombreux sont les aventuriers à jouer des coudes pour s’attirer les faveurs d’une nation somme toute négligeable sur le plan économique et militaire. Étonnant de voir davantage de nations tenter d’influencer la petite république, par rapport à des mastodontes autrement plus juteux comme Velsna, l’Alguarena ou le Grand Kah. La réponse, pourtant, est intuitive : rien ne garantit un retour sur investissement. Rien ne garantit que vos efforts auront un effet, ou même s’ils seront remarqués. Certaines nations semblent déterminées à rester stables, d’autres à se réformer au gré du vent. Reste la Messalie, étrange petite république eurysienne, qui aura su proposer un contre-modèle convaincant, tout du moins si on en croit les flux de capitaux qui y circulent. Le reste du monde serait-il avisé de s’en inspirer ? Pas si sûr, car la dilution des investisseurs dans plusieurs nations pourrait aboutir, en fin de compte, à un essoufflement. L’énergie actionnariale n’est pas infinie et la force de Messalie est précisément qu’elle est seule sur sa niche. Si des concurrents tout aussi ambitieux devaient demain apparaitre, la petite république pourrait rapidement perdre en attractivité. Non pas qu’elle démérite, mais parce qu’elle perdrait sa position monopolistique.

Paradoxalement, si l’essoufflement et le désintérêt des investisseurs étrangers sont des risques pour Messalie, elles sont aussi un véritable avantage, car il faudrait beaucoup d’efforts et de signaux positifs envoyés à la communauté internationale pour réitérer l’exploit messaliote. Peu nombreuses sont les nations prêtes à s’engager sur cette voix et surtout à tenir le rythme, petit travail de fourmi administratif qui garantir que les droits de chacun soient respectés, et que les forces en présence demeurent équilibrés.

Quel rapport avec l’Azur, me demanderez-vous cher lecteur ? Car à ce qu’on sache, le Califat constitutionnel ne reçoit aucun investissements étrangers comparables à Messalie, et en dehors de ses très traditionnels accords économiques et diplomatiques noués avec ses pairs, l’économie de l’Azur ne repose pas du tout sur les deniers des autres nations. Oui, mais non. Car le réel poids de l’Azur, outre sa stratégie des missiles balistiques qu’il faudrait quand même les prévenir que c’est démodé depuis Estham, consiste à tenter, souvent avec maladresse mais aussi une bonne volonté qui les rend sympathique, à instituer un semblant d’ordre international. Messalie fait la démonstration qu’une législation claire peut bénéficier à la prospérité d’une nation, l’Azur tente de réitérer l’exploit à l’international. « Clarifions, crie-t-elle dans le désert, clarifions et nous en sortirons grandis. » Pas étonnant qu’elle tente de faire du pied à ces pisses-froids de l’OND, et qu’elle tempête régulièrement contre les géants endormis qui s’obstinent, on ne sait toujours pas pourquoi, à refuser d’impérialiser. Il faut que ce soit des gratte-papiers comme Tanska qui fassent finalement le boulot qu’aurait sans doute accompli avec flamboyance l’Alguarena ou le Grand Kah.

Oui mais voilà, tout comme Messalie souffrirait de voir se multiplier les terrains de jeu pour les investisseurs étrangers, car cela dilapiderait les énergies, l’Azur peine à comprendre que le monde de Géokratos n’est pas prêt, car il n’a pas le temps, pour jouer le jeu procédurier des institutions internationales. En témoigne le Pacte Afaréen de Sécurité qui fut une réussite pendant une demi-seconde, après s’être embourbé dans des imbroglios administratifs, et qui aujourd’hui ne donne plus aucun signe de vie. Réfugié à huis-clos, les débats se déroulent probablement par QCM, se contentant de valider la position de celui qui s’exprime le plus fort. Plus personne ne prend cette institution au sérieux, pacte fantôme où l’Azur à la décence de laisser parler son perroquet, le Finejouri, pour donner l’illusion qu’elle n’y dirige pas seule avec le Faravan, pays dont la seule contribution à la géopolitique internationale est sa haine irraisonnée de Carnavale et son amour pour les lancés de satellites répétitifs et les revus militaires insipides.

L’Azur tente de reproduire l’exploit messaliote à grande échelle, mais si Messalie fonctionne sur l’attrait des volontaires, il est plus dur d’embarquer contre leur gré des nations qui n’ont pas toutes l’énergie diplomatique à investir dans des institutions internationales. L’Althalj, le Banairah et tant d’autre sont l’exemple que dans un monde multipolaire comme Géokratos, il faut compter avec le désintérêt des uns, malgré toutes nos bonnes intentions. Ce qui fonctionne en Messalie ne fonctionne pas en Azur. La République eurysienne a concentré autour d’elle des investisseurs motivés qui font son succès, le Califat constitutionnel, lui, se traine une dizaine de boulets qu’elle pique avec un bâton en les suppliant de faire quelque chose. Peine perdue. La clarification a ses intérêts… et ses limites. L’ordre nouveau espéré par l’OND et l’Azur n’adviendra pas, non pas qu’il n’ait pas de sens ni de pertinence, mais parce qu’il existe une inertie internationale qui refuse, à juste titre, d’investir du temps et de l’énergie dans des débats qui ne l’intéressent pas, là où elle pourrait se concentrer sur les résultats de sa coupe de football, ses attentats ou la négociation d’accords bilatéraux plus simples… et plus clairs.

Il faut faire le deuil d’un ordre international, l’OND va le comprendre à Carnavale. L’Azur le comprendra-t-elle à CRAMOISIE© ? Après avoir recueilli une dizaine de signatures à sa résolution, combien de nations dont le seul mérite est d’avoir lu un papier en diagonal, s’engageront pour faire quelque chose de concret ? Nous le savons : presque aucune. Et celles qui le feront seront les suiveuses d’un élan qui s’essoufflera à la minute où les dirigeants de la RAC© décideront de le saboter dans l’œuf. Il faut être deux pour signer un accord international, il faut être deux pour faire la guerre, or faute de lois internationales, nul n’est tenu à faire ce qu’il ne veut pas. Messalie prospère sur une armée de volontaire, l’Azur risque de trébucher sur un tas de récalcitrant. Et si, comme à chaque fois, la solution était le bilatéralisme ? Une bonne vieille politique diplomatique qui a fait ses preuves et nous épargne des machins surplombants sans avenir tels que nous les promettent les tenants de l’ordre international ? Carnavale l’aura compris avant tout le monde : souveraine et indomptée, elle tend la main à tous mais ne la force jamais. Qui nous aiment nous suivent, et les autres peuvent disparaitre dans le déni !

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Attention aux contrefaçons :
Les pâtes de fruit jashuriennes vendus au marché noir contiennent des pattes de rat.


Carnavale Internationale
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