
A l'attention de Akavki Tchëkéli ministre des affaires étrangères du Tsarat du Khardaz
Cher Akavki Tchëkéli, ministre des Affaires étrangères du Tsarat du Khardaz,
Monsieur Tchëkéli, cela fait longtemps que nous n’avions pas conversé, par cette missive permettez-moi de vous transmettre les salutations les plus sincères d’Eberstadt et de l’Empire Raskenois dans son ensemble.
Mais trêve de belles phrases et autres formulations pompeuses, vous conviendrez que la situation est suffisamment urgente pour que ce genre de protocole diplomatique soit superflu. Permettez-moi alors d’aller droit au but.
Le gouvernement Raskenois ainsi que Sa Majesté l’Empereur Stanislav Schützenberger ont pris connaissance avec la plus grande attention des informations transmises dans votre missive. En premier, nous souhaitons vous transmettre nos condoléances quant aux victimes frappées par cette série d’attentats ayant traversé votre pays ainsi que le Dyl’Milath et le Tuktuqivik. Le fait qu’un pays comme l’Ouaine soit responsable d’une telle barbarie au travers de financements économiques et militaires ne m’étonnerait que peu. Cependant, compte tenu de la gravité des accusations, mon ressenti personnel n’a pas à être pris en compte car il est facile d’accuser l’évidence, mais il est bien difficile de trouver le vrai coupable.
Dans l’éventualité où l’Ouaine serait le véritable coupable derrière ces attaques, Rasken se tiendrait à vos côtés, n’en doutez pas, cependant cela ne veut pas dire que Rasken bougera demain. Comme je vous l’ai dit, il est facile d’accuser celui qui apparaît comme le coupable évident, ainsi, le gouvernement souhaiterait avoir accès à toutes les informations relatives aux attentats afin que les services de renseignement Raskenois puissent les analyser. Ainsi, nous aimerions qu’une délégation de nos services de renseignement puisse être reçue dans les plus brefs délais au Khardaz et puisse consulter les éléments recueillis par vos propres services.
N’y voyez là aucune marque de défiance envers vous. Comprenez juste qu’avant de risquer la vie de ses soldats, l’Empire Raskenois préfère être certain que l’Ouaine est coupable. Dans l’éventualité où les éléments confirmeraient l’implication de la République démocratique populaire d’Ouaine, notre position serait parfaitement claire : le Khardaz a été victime d’une agression par des moyens détournés. Que l’agression se fasse par une armée franchissant une frontière ou par le financement de groupes terroristes ne change en rien l’intention initiale, à savoir celle de nuire.
Cependant, je tiens à être parfaitement clair sur la question, dire que nous nous tiendrons à vos côtés ne signifie pas que l’Empire Raskenois s’engagera automatiquement dans une guerre totale contre l’Ouaine ou la Confédération Socialiste du Nazum. Nous sommes disposés à garantir l’intégrité territoriale du Khardaz et à empêcher qu’une nouvelle attaque, qu’elle soit conventionnelle ou clandestine, ne puisse être menée contre votre territoire sans réponse.
Sur ce dernier point, j’aurais notamment une demande à vous faire de la part du gouvernement Raskenois. Cela fait maintenant plus d’un an que nous avons rapatrié nos soldats alors en garnison dans votre pays. Ce retrait était mû par la diminution des tensions provoquées par la CSN, à l’époque je me souviens très bien avoir dit que la CSN s’était plus ou moins effondrée sous son propre poids. Force est de constater que je m’étais lourdement trompé. Ainsi, de par la remontée des tensions en lien avec la CSN principalement causée par la République démocratique populaire d’Ouaine, nous souhaiterions procéder à la réactivation de cette base. Mais nous aimerions également aller plus loin, en effet, la base que nous avions historiquement occupée était mue par une logique terrestre et aérienne. À l’époque, cela suffisait car notre principale inquiétude stratégique était une invasion à grande échelle de votre territoire, mais aujourd’hui les choses ont changé et de nouvelles menaces ont fait leur apparition, menaces ne prenant plus forcément la forme d’armées massées derrière une frontière.
C’est pourquoi le gouvernement Raskenois souhaiterait profiter de cette réactivation pour revoir plus largement les modalités de notre présence militaire au Khardaz. En plus du retour de nos forces terrestres et aériennes sur les installations précédemment occupées, nous souhaiterions ouvrir avec votre gouvernement des discussions quant à la possibilité d’établir une implantation navale Raskenoise sur votre territoire. Cette implantation aurait pour but premier de compléter le dispositif défensif Raskenois au Khardaz en lui rajoutant la composante maritime pour participer à la protection des approches maritimes du Khardaz, de ses ports, de ses voies commerciales. De plus, cela permettrait de renforcer notre coopération en rendant possibles de plus amples exercices navals entre nos deux nations.
Les détails de son fonctionnement, les effectifs déployés, les zones mises à disposition, les règles concernant l’emploi de nos forces ainsi que la durée de notre présence feront naturellement l’objet d’un accord entre nos gouvernements. Sur la question temporelle, je dois cependant vous dire que notre position a évolué depuis 2019 et le retrait de nos soldats. Comme je vous l’ai dit, à l’époque, le déploiement de nos troupes était vu comme une réponse temporaire à l’agressivité de la CSN et de ses membres ayant provoqué une période de tension exceptionnelle. Cette tension ayant par la suite diminué, il était alors logique pour nous de mettre fin à notre présence car sa raison principale n’était plus, ainsi que du fait qu’entretenir un dispositif militaire important à plusieurs milliers de kilomètres de l’Empire représentait un coût non négligeable. Cependant, les évènements récents ne peuvent que nous donner tort quant à notre approche initiale, nous pensions que la menace n’était plus, mais force est de constater que celle-ci ne faisait que patienter. Dans cette optique-là, reconstruire dans l’urgence un nouveau dispositif temporaire retiré quelques années auparavant n’est pas la méthode la plus efficace afin de garantir un allié car nous aurons toujours un temps de retard par rapport à la menace. C’est pourquoi, nous aimerions discuter aujourd’hui d’un accord de présence militaire de long terme, permettant à nos forces de soutenir un allié indépendamment des fluctuations immédiates de la situation régionale.
Cependant, je pense qu’il faut distinguer clairement la question des bases et celle des évènements actuels.
Pour les attentats et l’éventuelle implication de l’Ouaine, comme je vous l’ai dit, notre priorité reste la détermination des faits. Si vos services sont en mesure de nous transmettre rapidement les éléments dont ils disposent, les nôtres pourront alors commencer leur analyse. Si cette analyse confirme que la République démocratique populaire d’Ouaine a effectivement financé, armé ou organisé les groupes responsables de ces attaques, alors le gouvernement Raskenois considérera qu’une agression a bien été commise contre le Khardaz. À partir de cet instant, vous pourrez compter sur notre total soutien.
Mais il y a une nuance et je tiens à être parfaitement clair, notre total soutien ne dit pas que nous rentrerions immédiatement dans une guerre totale. Si, comme vous le dites, votre gouvernement envisage sérieusement une campagne militaire régionale contre les organisations responsables, nous vous demanderons de nous en présenter les objectifs, l’étendue géographique ainsi que les moyens que vous envisagez de déployer. Le gouvernement, assisté par l’état-major, étudiera alors les possibilités de contribution de l’Empire à ces opérations.
En attendant les résultats de cette analyse, les troupes qui seraient déployées sur vos terres si vous l’acceptez auraient un rôle purement défensif, mais si l’implication de l’Ouaine est avérée, alors nous pourrons discuter ensemble des mesures supplémentaires que la situation imposerait.
Monsieur Tchëkéli, le Khardaz est une nation alliée de l’Empire Raskenois et je considère aujourd’hui comme une erreur d’avoir retiré nos troupes en 2019. S’il faut que des soldats Raskenois reviennent sur vos terres et montent la garde aux côtés des vôtres pour garantir que les frontières d’un proche allié demeurent inviolables, alors ils reviendront. Cependant, cette fois-ci, il serait préférable à mon sens d’éviter que nos soldats ne repartent une fois la première accalmie venue, cela pour éviter la situation d’urgence que nous vivons aujourd’hui.
Cordialement,
Axel Orndorff, Ministre des Affaires Étrangères de l'Empire Raskenois.