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Secrétariat Général - Contacter l'OND - Page 6

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PHILIPPE GEMINEON

Philippe Géminéon


- Allo ? Docteur Philippe Géminéon à l'appareil, directeur de Grand Hôpital. Écoutez moi jusqu'au bout.

Je m’apprête à envoyer mes ambulances sauver tout le monde dans l'arrière pays. Vos hommes et les miens. Je ne le ferai qu'à la condition d'un cessez-le-feu d'une semaine, le temps de récupérer tout le monde et de les mettre en sécurité. Le réalisme nous l'impose, je ne tiens pas plus que vous à laisser l'arrière pays mourir, sauf si vous m'y contraignez. Carnavale peut supporter quelques milliers de morts civils, mais vos populations ne tolèreront pas que vous ayez laissé crever vos soldats sachant qu'il existait un moyen de les sauver. Grand Hôpital prendra en charge la totalité des êtres vivants que nous trouverons, sans distinction de drapeau. Si la moindre ambulance est bombardée ou prise à partie, j'abandonne tout le monde à l'agent GILGAMESH et je vous en colle la responsabilité. Aussi, inutile de trop espérer, il n'y aura aucun antidote dans les véhicules, seulement de quoi stabiliser les malades le temps de les rapatrier dans la Cité noire où ils seront pris en charge. Nos milices maîtrisent la chaîne de quarantaine, elles sont rodées à l'exercice, ne tentez rien qui pourrait perturber nos protocoles sanitaires. A ce titre, je vous déconseille absolument de rapatrier vous-mêmes vos malades, au risque de répandre l'épidémie en dehors de la péninsule. La biologie n'est pas un jeu.

Une semaine de cessez-le-feu et vos soldats vivront. Sinon, le diable s'occupera de leurs âmes.
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De Njowga Nielsen, Grand Chancelier de l'Empire
À Leurs Excellences les représentants et représentantes des membres de l'OND.


Fait à Haguevieil, Empire du Nord, le 20 janvier 2020.

Objet : Attitude commune vis-à-vis de la Néxanie


Très Hautes Excellences,

En sa qualité de membre, le Gouvernement de Sa Majesté souhaite porter à votre connaissance les préoccupations profondes qui animent aujourd'hui l'Empire du Nord concernant les récentes évolutions observées au sein de la IIIe République de Nexanie.

Les autorités néxaniennes ont publiquement revendiqué et assumé le recours à des pratiques comprenant notamment des actes de torture, des châtiments corporels, des exécutions publiques, des mises à mort organisées devant la population ainsi que des procédures judiciaires dérogeant explicitement aux garanties fondamentales du procès équitable dans certaines catégories d'affaires, se caractérisant également avec l'intervention des autorités exécutives dans le processus judiciaire. De même que pour certains crimes graves qui nécessitent naturellement des investigations précises et approfondies, des procédures accélérées sont mises en place pour juger et condamner au plus vite. Plus préoccupant encore, ces pratiques ne sont pas présentées comme des mesures exceptionnelles, mais bel est bien comme des éléments constitutifs et revendiqués de leur modèle judiciaire, dont le pays s'enorgueillit par ailleurs.

À la suite d'un premier échange diplomatique, les autorités de Nexanie ont confirmé sur un ton offensif et sans ambiguïté qu'aucune exception ne serait consentie pour les ressortissants étrangers présents sur leur territoire. Elles ont indiqué que tout citoyen étranger, y compris ressortissant d'un État partenaire, pourrait être soumis à ces procédures sans possibilité d'extradition préalable vers son État d'origine. Cette position concerne donc directement l'ensemble des citoyens de nos États membres et doit préoccuper chacun d'entre nous. Qu'il s'agisse de voyageurs, d'étudiants, de chercheurs, de marins, de diplomates, d'entrepreneurs ou de familles installées temporairement sur le territoire néxanien, tous pourraient, dans certaines circonstances, être exposés à des traitements que nos États considèrent unanimement comme incompatibles avec les principes les plus élémentaires de la dignité humaine. L'Empire souhaite attirer votre attention sur un point particulier qui nous paraît devoir faire l'objet d'une réflexion commune : ces dispositions s'appliquent également aux mineurs à partir de 15 ans. Si dans la pratique la peine capitale, la torture ou les autres condamnations de cet acabis sont modifiés pour ces individus entre 15 et 17 ans, il est en théorie possible qu'ils s'appliquent. Et les réponses transmises par les autorités néxaniennes ne prévoient aucune garantie spécifique protégeant les mineurs de 15 à 17 ans des ressortissants de nos pays contre les mécanismes coercitifs prévus par leur législation et qui pourraient se voir incarcérés à vie, ou bien exécutés si la coutume venait à être rompue.

Au-delà de nos divergences d'appréciation sur leur système pénal, cette absence de garanties constitue une préoccupation directe pour la sécurité de l'ensemble des citoyens de l'organisation. Et à ce titre, je ne peux que rappeller le douloureux souvenirs des deux citoyens teylais exécutés en Loduarie Communiste. C'est pourquoi l'Empire estime qu'il serait particulièrement inopportun, dans les circonstances actuelles, que des initiatives bilatérales importantes soient engagées avec la République de Nexanie, qu'il s'agisse d'accords de partenariat stratégique, d'accords économiques avancés, de coopérations institutionnelles renforcées, des partenariats sécuritaires ou de toute autre démarche susceptible d'être interprétée comme une validation politique ou morale de pratiques auxquelles nos États demeurent fondamentalement opposés. Il s'agit simplement de veiller à ce que notre coopération internationale demeure cohérente avec les valeurs auxquelles notre organisation est attachée et ne contribue pas, même involontairement, à renforcer la légitimité internationale d'un système dont plusieurs aspects soulèvent de graves interrogations humanitaires. Il s'agit de se montrer ferme face à la barbarie et de ne donner aucun crédit et aucune légitimité à un acteur qui devrait dès lors que l'on observe ses agissements intérieurs, être naturellement exclu de la liste des partenaires potentiels de nos nations.

L'Empire du Nord souhaiterait ainsi ouvrir une réflexion commune entre les États membres sur l'élaboration d'une position coordonnée de l'alliance. Cette réflexion pourrait notamment porter sur plusieurs axes. En premier lieu, l'adoption d'une recommandation commune invitant les ressortissants de l'OND à faire preuve de la plus grande prudence lors de tout déplacement en République de Nexanie et une coordination plus étroite de nos services consulaires sur place. En second lieu, la définition d'une position diplomatique commune demandant l'introduction de garanties minimales applicables à tous les citoyens des États membres de notre organisation. Ces garanties pourraient notamment comprendre un accès consulaire immédiat, le respect intégral des droits de la défense, le bannissement des procédures accélérées, la réitération du droit à l'appel, l'attention portée à des conditions de détentions dignes, l'interdiction de toute forme de torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, ainsi que la possibilité d'envisager, dans certaines circonstances, le transfert des personnes condamnées vers leur État d'origine. Et notre objectif final, l'abandon de la peine de mort à l'encontre de nos ressortissants. Et en troisième point, l'adoption d'une position commune visant à exclure tout partenariat avec la Néxanie, que cela soit politique, militaire et économique, tant que ces garanties concernant nos ressortissants ne seront pas approuvées. Si aucune évolution ne devait intervenir malgré un dialogue sincère et de bonne foi, l'Empire estime qu'il conviendrait d'étudier collectivement des instruments diplomatiques, économiques ou politiques proportionnés permettant d'encourager une évolution de cette situation, toujours dans le respect des principes de notre alliance, et par l'ensemble des moyens à notre disposition, d'autant plus si il advenait que l'un de nos ressortissants encore l'une de ces peines.

Notre démarche est de réaffirmer qu'une alliance régionale de notre ampleur a aussi pour responsabilité de protéger concrètement ses citoyens lorsqu'ils voyagent, travaillent ou résident à l'étranger. Notre crédibilité collective repose autant sur notre capacité à défendre nos intérêts économiques que sur notre volonté de garantir la sécurité, l'intégrité physique et les droits fondamentaux des femmes, des hommes et des enfants placés sous la protection de nos États.

Les services diplomatiques impériaux se tiennent naturellement à la disposition de chacun des gouvernements membres afin d'organiser, dans les meilleurs délais, une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères consacrée à cette question, si une majorité d'États estime cette initiative opportune.

Je vous prie d'agréer, Excellences, l'assurance de ma plus haute considération et de mon profond respect.

Njowga Nielsen
Grand Chancelier Impérial
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