28/07/2019
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Activités étrangères en Azur - Page 6

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Il posa la tasse de café sur le naperon en plastique, se frotta les yeux du pouce et du majeur et se détendit en arrière sur sa chaise grinçante, témoin des innombrables années d'utilisation... autrefois comme chaise d'école et aujourd'hui pour le troquet du coin.

Tu sais, c'est long à expliquer, mais je peux commencer par la Presse Azuréenne si tu veux...

... ah non, il y a du bon, ce n'est pas tout négatif... en fait, si, c'est le négatif qui ressort pour certains canards. La presse Azuréenne à l'international a une spécificité qui lui marque la peau à l'étranger : elle adore la consternation et l'accusation...

... Voilà, tu prends Sarghat, un journal de bonne qualité pour tout dire, il se focalise principalement sur les problèmes politiques internes. C'est un journal national, pour le national. Pas de problème à ce niveau là bien entendu. Tu as la presse Al-Urwa Al-Wûthqa, pareil rien à redire, on est dans le factuel, brèves et annonces officielles. J'ai plaisir à lire Al-Urwa, car je sais que j'aurais l'essentiel de ce qu'il se passe ou de la perception du régime de la situation internationale...

... Altai ? Le blog ? Franchement.. ma fille écoute des podcasts et on se moque d'elle à l'école... alors un blog, excuse moi, pas sûr de comparer niveau qualité avec la presse sérieuse...

... Ah je sais bien, les réseaux sociaux, c'est la panacée d'Azur. Chez nous, les générations y sont méfiantes, les jeunes peut être moins narcissiques. Ah pardon, c'est un peu rude. Ce que je veux dire c'est que c'est très outre-Althalj d'utiliser les réseaux sociaux. Il ne faut pas oublier que, chez nous, les enfants vont encore à l'épicier ou au café pour regarder des dessins animés et que les smartphones Althaljirs misent plutôt sur la praticité que le loisir.

... Pas sûr en fait, sûrement car l'Althalj a toujours eu sa propre approche technologique. Les barrières à l'entrée en Althalj sont nombreuses. Quand ça vient outre-Afarée en plus...

... voilà AfareaAwakens, c'est ce que je disais. S'il y a un journal Azuréen connu à l'étranger c'est celui là.

... bah franchement... c'est bien écrit, c'est sourcé, il y a de la matière à réfléchir... mais qu'est ce que c'est biaisé... Je lisais un article l'autre jour, j'ai eu du mal à ne pas grincer des dents. J'avais envie de fermer le journal direct. Franchement... bon je t'explique.
Ah tiens celui de fin d'année sur la Cramoisie, attend je vais te retrouver ça. Là celui-ci... Pas de bol, je suis bien ce qu'il se passe à l'internationale et aussi à Azur... bah oui j'y vis.

Regarde là, Petipont n'a jamais dit qu'il fallait se boucher le nez. Oui, j'avais l'article des Feuilles de Choux justement... Oui okay, c'est de la presse spéciale. Clairement c'est une mauvaise source, d'ailleurs je ne sais pas pourquoi AfareaAwakens l'utilise. C'est comme lire les blogs, pour reprendre ta remarque, franchement, c'est rigolo... mais voilà hein. Bref, regarde bien, la référence à l'odeur est fausse, mais la loufoquerie Kabalienne sur le sujet m'a marquée.
Oui, alors le lancer de paraplégiques... on dirait un lancement par catapulte pour rigoler. Il me semblait que les compétences étaient importantes et prônaient certains choix... ici c'est détourné.
Ah oui, ha ha ha, le journal cite les infos qui sauvent... sérieusement... c'est pas sérieux, et pourtant AfareaAwakens se veut un journal basé sur du concret.

... oui alors je ne suis pas en désaccord avec les soucis générés par la Maison Dalyoha.

... tout à fait, les alertes du journal peuvent éclairées celles qui n'ont pas eu la chance, comme toi et moi, de rester au fait des évènements internationaux.

... en effet ce n'est pas faux, mais je tiens à rappeler que lorsqu'un journal déforme le factuel afin de véhiculer un message... ce n'est plus du journalisme et que c'est très dangereux, pour les pays à l'international comme au sein d'Azur.

... si tu veux, on peut continuer de citer d'autres déformations, mais je peux aussi répondre à ta question initiale.

Au sein des Tamurt n Althalj, le système qarien, ancestral, prévaut. Il y a une grande confiance en ce système, qui certes, met la femme en son centre, mais qui a permis aux Tamurt n Althalj de survivre de nombreuses crises. Lors des siècles de colonisation, l'Althalj est restée indépendante et donc non colonisée. C'est grâce au système qarien et la bénédiction d'Ilah que nous gratifions la survie du Matriarcat Ilahmique.
La Qari Ijja Shenna est la plus respectée de nos aïeules et elle a toujours oeuvré dans le bon sens pour l'Althalj Alnaas. Ce n'est pas facile de faire l'équilibriste avec la Bienveillance et nous devons une reconnaissance éternelle à la Qari pour ce qu'elle a fait pour nous toutes.

... Dans ce cas précis, je ne vais pas mentir, je ne suis pas le seul à ne pas savoir sur quel pied danser et donc nous écoutons la parole qarienne et d'Ilah.
La Qari a choisi pour nous et, la connaissant... enfin tu vois ce que je veux dire... elle a choisi, car cela permet aux Tamurt n Althalj d'obtenir des réponses et solutions à terme. N'oublie pas que nous recherchons la voie pieuse, celle qui sauve certes, mais celle qui défend ce qui peut encore l'être. Les actes, aussi ignobles soient-ils... et ils le furent... ne signifient pas que la vengeance ou la Justice sanglante est adaptée.
Les Althaljirs ont le droit à leur opinion, bien entendu. Ce que je souhaite t'expliquer, c'est que la voie de la Qari est plus qu'importante, elle est un phare sur les Côtes Brisées et Côtes sous le Vent, Alzili fi Alriyh. Nous avons et pouvons compter sur le système qarien depuis des siècles et il est certains que c'est dans les crises actuelles que nous revenons à ce que nous connaissons bien : Ilah et le Bienveillance. La Qari se fait l'écho de cette voie.

... Oui, je suis outré par le génocide. C'est une question qui revient souvent. Mais pourquoi l'Althalj ne condamne pas ? Les Tamurt n Althalj ont le lyrisme justicier facile, toutefois lorsque la complexité est grande, comme au Gondo ou la Crise des Courageux, l'Althalj regarde une résolution sur le long terme.

... je ne pense pas que ce soit coopérer avec l'ennemi. D'après ce que j'ai lu et je comprends, il y a eu des changements directionnels dans l'Ecarlate. Il va falloir juger ceux qui peuvent l'être, mais je vois mal les générations de Kabaliennes Rouges être toutes stigmatisées de la férule du PAS.

... C'est là que je te rejoins. Le PAS a eu raison de chercher à faire face à cette crise. Je ne comprends toujours pas certaines demandes. Il y avait une mention d'envoyer les immigrés sur une autre planète ?

... bref, je vois carrément Icemlet lever les yeux au ciel. Ah bah c'est clair, quand on prend du recul sur la situation on se rend compte à quel point c'est difficile d'aller dans le sens du PAS. Et puis si je peux me permettre... oui je baisse la voix un instant... certains membres ont utilisé cette crise Cramoisienne pour sortir des projecteurs et de ce qui se passe dans leur propre pays...

... tu as raison, le Diwan va essayer de faire changer d'avis Icemlet, c'est indéniable. J'ai entendu dire que le... zut, attend je regarde le nom complet. Là, que le Collectif Nomade Souverain Solidaire et Décolonial commençait une campagne de communication au sein de l'Althalj. Sont pas un peu communalistes, communist... enfin je suis un peu perdu sur le message. Décolonisation et communilism... communal... ah tu as compris ?

... j'en sais rien, l'Althalj dispose de pressions constantes de l'Islam traditonnel et donc ce n'est pas la première fois que nous voyons ce genre de tentatives de faire changer les Althaljirs.
Ca a marché par le passé. Tu te rappelles des dessins des petits Pharois et leurs lettres toutes mimi ? Non ? Tu ne sais donc pas qu'il y a toute une génération qui a suivi dans les années postérieures qui ont porté le style Pharois en Althalj. On en parle encore avec mes amies à la maison. Vraiment folle cette histoire.
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LE PAPIER DE VERRE


Amastan Ag Amenay :
faux Kabalien, vrai propagandiste


Nos révélations exclusives


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C’est une enquête de long cour qui a permis au Papier de verre de rendre aujourd’hui ses conclusions sur un personnage sulfureux, un agent au cœur du processus d’instrumentalisation de la cause kabalienne par l’Azur. Vous avez déjà peut-être entendu son nom, Amastan Ag Amenay, le ministre des Affaires étrangères de l’Azur ne manque jamais une occasion de donner son avis sur ce que devrait faire ou penser les Kabaliens. Il est légitime à le faire : c’est un bi-national qui a perdu sa famille et son village natal lors du bombardement chimique. Du moins est-ce qu’il prétend. Une histoire pratique, opportunément sortie des fagots par le Califat qui a trouvé en Azur son token kabalien et a décidé d’en faire son porte-parole. Le fil est grossier bien évidement, mais on pourrait saluer cette manœuvre opportuniste de la part d’Afaghani Pasha – dont la cause kabalienne est devenue une priorité au détriment des affaires de son propre peuple – si elle n’était pas mensongère.

Le Papier de verre a enquêté et démontre aujourd’hui qu’Amastan Ag Amenay, très loin de ce qu’il prétend être, n’a aucune origine kabalienne et tire profit de la destruction du désert pour s’inventer un passé, une famille et un village qui n’ont… jamais existé. Une instrumentalisation sordide du génocide au profit d’un carriériste sans scrupules, dont on ne sait pas s’il a réussi à tromper le Grand Vizir ou si celui-ci est de mèche. Il faut dire que le récit est millimétré, calibré comme une pièce de théâtre pour nous arracher quelques larmes. Comment en effet ne pas s’émouvoir d’un fils en deuil, devenu par son seul mérite – et ses origines très opportunes – le visage de la diplomatie azuréenne ? Grâce aux Kabaliens – dont il se garde bien d’adopter le lifestyle nomade, la vie dans le désert c’est pour les autres, Amastan Ag Amenay ne renoncera pas à la climatisation – le nouveau ministre des Affaires étrangères dispose d’une vie luxueuse et tout confort au frais des Azuréens. Un vrai conte de fée qui doit sans aucun doute lui rendre plus supportable le « décès » de sa pauvre maman à qui il daignait rendre visite une fois par an, mais pas trop longtemps quand même, le sable et la poussière du désert ça pourrait salir sa chemise.

Si la fable semble trop belle pour être vraie, c’est qu’elle l’est : Amastan Ag Amenay n’est en réalité pas Kabalien du tout. Outre quelques indices si évidents qu’on pourrait finir par ne plus les voir, le Papier de verre a mené son enquête auprès des commissions de réparation du génocide et n’a pas trouvé trace du fameux village de son père, Amenay Ag Aylan, présenté comme « un grand propriétaire terrien ayant tout perdu pendant les bombardements ». Habile façon de couvrir ses traces, mais c’était sans compter le travail de recoupage des enquêteurs Kabaliens, dont les conclusions sont sans appel. A la demande du gouvernement Ishak, l'association pour la réparation du génocide, composée de vrais natif kabaliens, enquête depuis maintenant plus d'un an pour estimer le montant des dégâts causés par le bombardement et tenter de chiffrer d'éventuelles réparations matérielles. Dans ce cadre, elle retrace les propriétés et les biens anéantis lors du bombardement et chiffre les victimes dont elle tente de retrouver les héritiers lorsque cela est possible. Un travail de fourmi, d'une grande complexité, qui permettra un jour de mettre en place des politiques de réparation précises. Les enquêteurs kabaliens sont rapidement passés experts pour remonter les traces des clans et des communautés disparues dans le désert lors des bombardements. Une expertise qui met aujourd'hui à mal le récit d'Amastan Ag Amenay. Mais une chose à la fois, allons de l’évidence jusqu’à la finesse.

Le premier et le plus flagrant indice des origines non-Kabaliennes d’Amastan Ag Amenay aura pu passer sous les radars des Carnavalais, mais aura mis la puce à l’oreille des natifs. La structure du nom d’Amastan Ag Amenay par exemple est typiquement arabisante, on la retrouve en Azur mais pas chez les Kabaliens dont la culture est berbère. On ne retrouve ainsi pas ce types de particules chez les natifs de Kabalie, ni en Kabalie rouge ni en Kabalie de l’ouest – dont certains noms sont d’ailleurs d’origine eurysienne latine. Là encore, Amastan Ag Amenay aura parié sur l’inculture des Azuréens et leur méconnaissance de la Kabalie – pays dont ils sont éloignés de plus de 7 000 kilomètres et séparés par plusieurs isthmes, montagnes et mers. Un subterfuge qui aura certainement réussi à tromper Afaghani Pasha mais qui sonne très étrangement aux oreilles des véritables Kabaliens. Certainement qu’Amastan Ag Amenay n’a pas pu changer son nom – trop visible, trop évident – et a donc espéré passer entre les mailles du filet d’une presse d’Etat un peu trop complaisante à l’égard de sa nouvelle coqueluche.

Voilà pour l'évidence, passons à présent au détail de l’enquête. Interrogé par nos journalistes, Balsilek Ishak, chef des clans unis de Kabalie, nous a confié ne pas avoir connaissance du clan dont prétend venir Amastan Ag Amenay. Il est d’ailleurs bon de rappeler que ce-dernier a été nommé ministre AVANT l’élection de Balsilek Ishak. Amastan Ag Amenay ne devait donc pas s’attendre à devoir négocier avec un authentique Kabalien et pariait certainement sur l’inattention de Camille Printempérie ou de feu Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont. Pari raté puisque la mascarade n’a pas tenu face à la clairvoyance du PDG-Protecteur, chef de clan respecté parmi les siens, et qui possède une connaissance exaustive, pour avoir passé sa vie à négocier avec eux, des grandes familles kabaliennes. Interrogés également, les natifs Kabaliens avouent eux non plus ne pas connaitre le clan auquel prétend avoir appartenu Amastan Ag Amenay. Le nom de son père leur est également inconnu.

Le clou dans le cercueil de ce beau récit est l’absence de preuves mêmes des propriétés supposées du père d’Amastan Ag Amenay. Numa Gaber, porte-parole des communautés natives et de l'association pour la réparation du génocide, experte de la culture traditionnelle kabalienne et de sa revitalisation, témoigne : « La société kabaliene est traditionnellement nomade, ce qui signifie que les propriétaires terriens sont connus et identifiés car ils sont peu nombreux et se démarquent dans le paysage politique. Ce sont souvent des propriétaires de caravansérails ou bien des gens installés sur les côtes fertiles, par opposition au désert dont les seuls terres où se sédentariser sont les oasis ou les rocheuses. »

Or, nulle trace d’Amastan Ag Amenay et de sa famille dans les cadastres ou dans la mémoire collective. Ce-dernier prétendait pourtant que "beaucoup de biens et de proches ont été annihilés par la Cramoisie". De ces biens et ces proches, si nombreux prétendument, comment se fait-il qu'il n'y ait pas de traces ? Amastan Ag Amenay s'imaginait sans doute que le peuple du désert ne possédait aucun registre pour venir démentir ses allégations fantaisistes. Sa fable trébuche sur son racisme. Il est encore possible que tous les Kabaliens ayant jamais eu vent de l’existence de ces gens soient morts, ce qui serait tragique, mais il est également très vraisemblable qu’Amastan Ag Amenay ait profité de la disparition d’une bonne partie des traces dans le désert pour s’inventer opportunément un passé. Amastan Ag Amenay sait qu’il y aura toujours une place au soleil médiatique pour ceux qui critiquent la Kabalie rouge dans les médias azuréen. Il s’est improvisé token pour l’Azur, ce qui l’a propulsé comme une figure bien identifiée dans son pays. Il a profité de la méconnaissance des Azuréens pour la culture traditionnelle kabalienne pour tromper le grand public et a attiré l’attention du pouvoir politique. Difficile de savoir si Afaghani Pasha fut victime ou complice de la supercherie, mais le mal est fait : les Azuréens ont été trompés et la voix des Kabaliens a été volée par un imposteur, qui s’est approprié leur combat pour tenter de capitaliser dessus.

Des révélations glaçantes mais qui, finalement, à l’image de la politique azuréenne vis-à-vis de la Kabalie : opportuniste et non sollicitée. Le Califat islamique s’improvise depuis trois ans comme chevalier blanc du désert rouge, multipliant les initiatives sans lendemain pour tenter d’imposer son idéologie à l’autre bout du continent. Alors que la couture se détricote et que l’Afarée commence à y voir plus clair dans ce petit jeu de dupe, le cas d’Amastan Ag Amenay restera comme une tâche de plus au palmarès des mensonges et des manipulations du Califat.

Nous ne pouvons désormais que recommander à la presse azuréenne de faire son travail et d’enquêter sur le sinistre imposteur qu’elle s’est donnée comme porte-parole. En Kabalie rouge, nous ne souffrirons plus d’entendre les leçons de moral d’un homme qui a instrumentalisé le drame réellement vécu par des centaines de milliers de personnes pour avancer sa carrière politique. La Kabalie et les Kabaliens méritent mieux que l’Azur. La Kabalie et les Kabaliens méritent mieux qu’Amastan Ag Amenay.


Le Papier de Verre : gazette officieuse de l'Antagoniste
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LA FEUILLE DE CHOUX


Débat : faut-il répondre à la propagande azuréenne ?



Débat : faut-il répondre à la propagande azuréenne ?


C’est un sujet qui occupe les plateaux de télévision depuis quelques jours déjà. Alors que le renseignement intérieur alertait sur le risque d’ingérence de la part de certaines nations hostiles, souvent affiliées au PAS, la question se pose de savoir s’il est bien stratégique de s’adresser à des médias connus pour leur partialité.

On se souvient que l’une des premières actions médiatiques de Balsilek Ishak après sa nomination en tant que PDG-Protecteur de la RAD, avait été d’offrir une interview fleuve à une chaîne azuréenne où il avait eu l’occasion d’exprimer le point de vue des Kabaliens, bien souvent méconnus de l’autre côté de l’Afarée. Une interview justifiée par la nécessité, selon Ishak, d’entretenir le dialogue entre les populations, là où le gouvernement azuréen cherchait à le rompre par ses mensonges répétés. Le souvenir du Grand Vizir Afaghani Pasha tentant de provoquer artificiellement une escalade entre la Kabalie rouge et la Bharavie est encore vif et a jeté un fort discrédit sur la diplomatie d’Etat azuréenne.

Mais peut-on réduire les médias d’un pays à leur gouvernement ? « Pour les nations comme la Kabalie rouge, qui ont à cœur les valeurs démocratiques, l’indépendance et la liberté de la presse sont fondamentales. » déclare Huberpès Granprès, spécialiste des médias. « Il faut espérer que les journaux et télévisions azuréennes partagent ce même idéal déontologique. » Difficile d’en être certain cependant, alors que d’après l’Observatoire de la démocratie azuréenne, un organisme carnavalais récemment fondé par des membres de la diaspora azuréenne en exil dans la Cité noire, la liberté de ton et de parole est encore loin d’être acquise au sein du Califat.

« Si sur le papier, les journaux sont libres d’écrire ce qu’ils veulent, il n’empêche qu’on constate une omerta sur certains sujets pourtant graves. On n’a par exemple pas vu la presse de gauche s’indigner des mensonges d’Afaghani Pasha sur les conditions de la mort de ses pilotes. A ce jour, le Grand Vizir n’a toujours pas fait de mea culpa et l’opposition est aux abonnés absents. Pareil pour le récent scandale sur les mensonges entourant les origines supposément kabaliennes du ministre des Affaires étrangères Amastan Ag Amenay. Force est de constater que si en théorie la liberté de la presse existe, les médias ne sont pas un contre-pouvoir en Azur. »

Faut-il dès lors contribuer à la machine propagandiste de ceux qui se sont déclarés spontanément nos ennemis ? Si la Kabalie rouge, en dehors de l’initiative du PDG-Protecteur, préfère se tenir éloignée des plateaux et colonnes de la presse azuréenne, certains plaident malgré tout pour tenter d’y porter une voix dissonante. « Les Azuréens ne sont pas plus bêtes que n’importe qui, s’ils croient les mensonges du Diwan c’est parce qu’ils ne sont exposés qu’à une seule vision des choses. Porter la parole des Kabaliens chez eux, c’est désempoisonner ce puits et ouvrir des perspectives nouvelles. Il faut faire le pari que les peuples sont capables de dialoguer, malgré leurs gouvernements. » veut croire Huberpès Granprès.

Au risque de servir de faire-valoir ? Car s’il est légitime d’espérer pouvoir faire triompher la paix par le dialogue, il reste encore la possibilité soit de tomber dans un traquenard médiatique aux questions orientées, soit de servir de caution pour un pluralisme absent. « Il est possible en effet qu’en voyant une fois de temps en temps un Kabalien sur une chaîne azuréenne, les téléspectateurs se disent que c’est bon, toutes les opinions sont représentées, sans réaliser l’immense déséquilibre qui règne par ailleurs. La propagande est toujours plus efficace lorsqu’elle se part de quelques éléments de vérité. »

Le débat n’a jamais été aussi crucial depuis que Numa Gaber, la porte-parole des communautés natives de Kabalie rouge, s’est vu proposée d’intervenir sur le média AFAREA AWAKENS. Huberpès Granprès tire la sonnette d’alarme « c’est un média qui a été plusieurs fois épinglé pour ses fakenews et une interprétation orientée, voire carrément trompeuse des évènements. Sans parler de son tropisme azuréen qui donne des raisons de suspecter qu’il s’agit une officine pilotée depuis Agatharchidès. Plusieurs médias internationaux, dont certains en Kabalie, se sont encore récemment retrouvés au cœur d’un scandale de corruption impliquant les services secrets azuréens. Il faut donc être très prudent. »

Cela peut être une tribune mais aussi un piège, tout dépend de comment s’en sort l’intervenante. Il ne faut cependant pas oublier qu’à la fin, c’est le médias qui a la main sur le montage et peut vous faire dire le contraire de ce que vous avez expliqué en sélectionnant correctement les phrases à garder et celles à abandonner. Mais Numa Gaber est une femme libre et en tant qu’associative, elle n’a pas de comptes à rendre au gouvernement kabalien. Elle décidera donc seule des médias sur lesquelles elle souhaite s’exprimer ou non. Pour le moment, la porte-parole des communautés natives et de l'association pour la réparation du génocide n’a pas fait savoir sa décision finale.



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La Feuille de Choux : le seul journal dont les pages sont comestibles !
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10 mai 2019, le Roi Trithon, navire commercial kabalien, quitte le port de Salem-Aleykoum avec une cargaison inconnue.

Roi Trithon

Il suit la route commerciale du nord-ouest, longeant la côte kabalienne à quelques dizaines de kilomètres en haute mer, dans les eaux internationales, avant de remonter vers le sud direction l'île de la Catholagne.

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Une cargaison de semi-conducteurs retardée à Carnavale : la construction de chameaux mécaniques prend du retard



Une cargaison de semi-conducteurs retardée à Carnavale : la construction de chameaux mécaniques prend du retard


C'est une grande frustration pour les natifs kabaliens technomades, la menace que fait peser l'Azur sur le commerce internationale compromet le calendrier du groupe technomade, qui espérait pouvoir finaliser la construction de plusieurs troupeaux robotiques prêts à arpenter le désert rouge à l'horizon 2020. "Une vraie déception" témoigne Yudas Beydoun, porte-parole du groupe technomade au sein de l'assemblée des communautés natives. "Le blocus que fait peser le PAS sur la Kabalie rouge risque de retarder certains projets d'émancipation du peuple kabalien. J'ai pu m'entretenir avec Balsilek Ishak à ce sujet qui m'a expliqué que le budget du deuxième semestre 2019 serait contraint de rationaliser le fléchage des matières premières en réduisant le dépenses allouées aux politiques de réparation... c'est honteux !"

Pour cet opposant à la République actionnariale, ce retard est d'autant plus difficile à expliquer qu'il est entièrement de la faute du califat d'Azur. Les cargos carnavalais ont fait le choix d'attendre un peu avant de faire le transport jusqu'en Kabalie rouge, afin de s'assurer que Balsilek Ishak était en mesure de leur garantir une route commerciale sécurisée. Si le PDG-Protecteur a assuré que le commerce reprendrait bientôt au même rythme qu'avant, plusieurs projets sont mis à l'arrêt. La diminution de l’approvisionnement en ressources contraint la Kabalie rouge, qui dispose heureusement de réserves stratégiques, à rationaliser leur utilisation. "Nous avons priorisé l'air conditionné et l'eau courante, tout ce qui est nécessaire à la survie au quotidien" se justifie le porte-parole du PDG-Protecteur "mais nous avons été contraint, par prudence, de réduire la voilure sur les politiques de réparation kabalienne, jugée non-vitale à courts termes."

Une décision qui n'est pas sans provoquer la colère de l'opposition kabalienne, qui fustige désormais directement l'Azur et le PAS. Chose rare, le porte-parolat des communautés natives a ainsi signé une déclaration commune dénonçant le blocus azuréen et appelant Agatharchidès à cesser immédiatement ses politiques d'ingérence. "Le désert rouge n'est viable qu'à condition d'un flux continu de marchandises et d'approvisionnement. Si le flux se tarit, il nous faudra revenir dans les villes où la distribution est davantage optimisée. C'est la mort en direct du nomadisme, l'Azur nous assassine une seconde fois !" Ainsi, dans les manifestations dominicales visant à réclamer davantage de politiques de réparation à la République actionnariale, ont fleuri de nouveaux slogans cette semaine. "Pasha rentre chez toi, ici on ne veut pas de toi" a-t-on ainsi pu lire sur plusieurs pancartes portées par l'opposition kabalienne.

Vers une union sacrée contre l'Azur ? On n'en est certes pas encore là, car la Kabalie rouge est loin d'être en situation critique et dispose de réserve de matières premières jusqu'à l'horizon 2023, a assuré le conseil actionnarial. Toutefois, la prudence impose de réduire un peu la voilure sur les projets "de confort." Le Pape noir, qui laisse pourtant d'habitude la parole au PDG-Protecteur sur les questions de défense, a assuré que les ambitions lucifériennes n'étaient pas compromises : "La Kabalie rouge ne peut pas se passer de ses usines de désalinisation, de la ventilation ou de son programme nucléaire civil. Malheureusement la prudence nous impose de momentanément diminuer les dépenses superflues. Je tiens à m'excuser personnellement auprès de ceux qui portent des projets de sociétés alternatives, la priorité est d'abord à rendre l'environnement viable."

Pas de réduction de budget pour les grands projets nécessaires, le Grand Désert Express qui relie depuis quelques mois les deux ports de la Kabalie rouge reste à flot, de même que la recherche et développement des Laboratoires Dalyoha, cruciale pour garder le désert viable. "Il y aura moins de glace au chocolat pour les enfants", s'attriste en revanche le maire du 4ème arrondissement de Salem-Aleykoum. Ce Kabalien natif lève le poing vers le ciel avec rage. "Espérons qu'Allah frappera Afaghani Pasha en plein cœur et nous débarrassera de ce démon !"

Face au Califat d'Azur et le risque qu'il fait peser sur toute l'économie kabalienne, l'opposition kabalienne fait désormais bloc derrière le gouvernement de Balsilek Ishak. "Nous nous disputerons quand la menace sera passée. Pour le moment, il faut trouver des solutions." estime avec sagesse Baki Tabet, secrétaire général du Parti Communiste Kabalien. "La politique est un luxe que nous nous offrirons lorsque les petits enfants ne manqueront plus de glace au chocolat."

Dans les sondages, l'hostilité au Califat d'Azur, déjà haute, vient de progresser de 12 points depuis début avril.



Pénurie de glace au chocolat : reportez vous sur la vanille


La Feuille de Choux : le seul journal dont les pages sont comestibles !
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10 mai 2019, le Petit chat, navire commercial kabalien, quitte le port de Petipont-ville avec une cargaison inconnue.

Petit chat

Il suit la route commerciale du sud-est, longeant la côte bharavienne à quelques dizaines de kilomètres en haute mer, dans les eaux internationales, avant de descendre le sud direction l'Althalj

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Ce que vous n'êtes pas


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Kabaliens.

Merci d'arrêter de parler à la place des concernés.

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10 mai 2019, 7h du matin, l'Absinthe, navire commercial kabalien, quitte le port de Petipont-ville avec une cargaison inconnue.

Absinthe

Il suit la route commerciale du sud-ouest, longeant la côte de la république de Kabalie à quelques dizaines de kilomètres en haute mer, dans les eaux internationales, puis remonte vers le nord en direction des communes exclaves du Grand Kah.

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LE PAPIER DE VERRE


Flotte fantôme : la Kabalie s'inspire des meilleurs pour tromper l'Azur


Flotte fantôme : la Kabalie s'inspire des meilleurs pour tromper l'Azur

La mer de Leucytalée et l’océan d’Espérance sont, depuis un peu plus d’un mois (à moins qu’elle n’ait pas encore commencée), au cœur d’une opération militaire azuréenne visant à exercer la pression sur la Kabalie rouge. En toute illégalité, le régime azuréen a annoncé qu’il contrôlerait désormais les navires en partance et en arrivance des deux ports de transbordement de la république actionnariale. Ce crime contre la paix est le dernier regain de tensions dans le conflit unilatérale opposant l’Azur et ses suppôts d’une part et le monde libre d’autre part. Fer de lance de l’universalisme et pourfendeur des théocratie islamiques, la Kabalie rouge est en effet la cible d’une kabbale depuis sa création de la part des forces réactionnaires afaréenne, qui espèrent imposer la charia sur la totalité du continent.

Avec ce blocus, le Califat d’Azur entend démontrer qu’il n’est pas doué qu’à jeter des homosexuels depuis le haut des toits, mais que son armée est aussi en mesure de remporter des victoires. Il faut dire que les tentatives d’intimidation du régime azuréen n’ont jusque-là pas été très probantes : après avoir perdu deux chasseurs au-dessus du désert, il s’est fait virer à coups de pieds aux fesses de ses toutes récentes bases du Finejouri et engrange par ailleurs de sérieux revers sur le plan diplomatique. Il fallait à Afghani Pasha une victoire symbolique à présenter à l’opinion publique après tant de déboirs. D’où probablement cette décision d’accélérer le calendrier et de se lancer, seul, à la conquête de la Leucytalée et de l’Océan d’Espérance, deux gros morceaux qui pourraient bien aujourd’hui avoir raison de lui.

Car si la Kabalie n’a pas de flotte, elle a des idées, et les stratèges Carnavalais ont fait la démonstration de leur capacité à se tirer de mauvais pas, y compris lorsque la situation leur était défavorable. Pour le moment, Balsilek Ishak, PDG-Protecteur de la RAD et commandant en chef de ses armées, semble temporiser. Si la Kabalie rouge a techniquement le moyen de couler les navires azuréens, elle semble faire, une fois de plus, le choix de la raison pour deux en refusant d’ouvrir le feu le premier. Ce n’est pas faute de pressions de la part de la population, les nomades Kabaliens en particulier sont les plus remontés face à cette énième bravade du Califat, qui cette fois compromet les chaînes d’approvisionnement étrangères pourtant nécessaires à la survie dans le désert rouge. Yudas Beydoun, chef du groupe technomade, a ainsi envoyé une lettre ouverte au PDG-Protecteur l’enjoignant à tirer un missile balistique de semonce sur Agatharchidès. « Tout nous oppose et pourtant lorsque s’en vient l’ennemi, les chefs de clan kabaliens doivent s’unir pour faire front. Balsilek, toi qui te dis protecteur du désert et de ses communautés, tu dois aux nomades la sanctuarisation de leur mode de vie. Nous ne serons jamais des citadins et ni les Carnavalais, ni les Azuréens ne nous y forceront. »

Une interpellation à laquelle le PDG-Protecteur a répondu comme à son habitude, avec calme et sérénité. « Yudas, tu es mon adversaire par les idées mais mon frère par le sang, la Kabalie rouge doit prospérité à son peuple, mais elle lui doit aussi la paix. A l’heure où le régime azuréen multiplie les crimes, nous devons nous tenir dignes et ne pas céder à la provocation. »

Le blocus mis en place par le régime azuréen vise explicitement à asphyxier la Kabalie rouge et tuer tous ses habitants. « Agatharchidès a des vues sur l’Afarée de l’ouest, il a tenté de s’imposer au Finejouri, sans succès. Les Azuréens enragent depuis la nuit des temps d’être confinés et enclavés en Afarée de l’est, ils voient dans la crise kabalienne une opportunité pour avancer leur agendas impérialiste » analyse Theslas Shaheed, spécialiste du continent afaréen et du désert Sahra’. « Une population exsangue de son industrie militaire, affamée, malade, convient très bien à l’Azur et au Churaynn qui pourront ensuite envahir le pays sans rencontrer d’opposition. Le cauchemar de l’Azur c’est une Kabalie rouge puissante, forte d’une capacité de production militaire et, pire encore pour le Califat : d’une dissuasion balistique. » On comprend mieux les manœuvres du PAS qui, sous couvert de réclamer justice, tente avant tout d’affaiblir la Kabalie sous toutes ses formes.

« Couper les chaînes d’approvisionnement de la Kabalie rouge n’a pas d’autre but que d’empêcher les nomades kabaliens de retourner dans le désert car dans leur élément, ils y sont de formidables combattants. L’Azur a tout intérêt à forcer les communautés traditionnelles kabaliennes à revenir vers les villes où il sera plus facile de les écraser. Rendre le désert rouge invivable, c’est se prémunir contre une future guérillas. L’autonomie des populations qui pourraient former des milices militarisées, c’est une menace mortelle pour un envahisseur. » explique le général Poutraille, commandant en chef de l’armée nationale kabalienne. « Il n’y a aucune bonne raison d’affamer une population, sauf si on cherche à la rendre malléable et qu’on prépare une invasion » diagnostique-t-il avec gravité.

L’Azur se sachant incapable de remporter un combat aérien et encore moins terrestre face à la Kabalie rouge, tente donc de s’en prendre au seul point faible de celle-ci : son absence de marine. « C’est la première stratégie intelligente du régime azuréen depuis trois ans » explique le général Poutraille, « mais comme souvent, nous l’avions anticipé… » En effet, alors qu’Agatharchidès tente d’utiliser son contrôle des mers comme un moyen de pression contre la République actionnariale, cela n’empêche pas les navires de tenter malgré tout le tout pour le tout. Il faut dire que, financièrement, le jeu en vaut la chandelle : avec trois bâtiments de guerre déployés pour patrouiller des dizaines de milliers de kilomètres carrés d’eau, essayer de passer entre les mailles du filet s’avère risqué, mais tentant. Le manque à gagner né du blocage de la Kabalie rouge est en effet trop important pour les compagnies privées qui exportent pétroles et hydrocarbures vers la Cité noire. Au point de tenter le diable, sans mauvais jeu de mot, et de multiplier les stratagèmes pour duper les naïfs azuréens.

D’où les comportements inhabituels observés depuis plusieurs semaines par les analystes et observateurs maritimes. Des navires disparaissent des radars, réapparaissent sous d’autres identités, ou affichent des positions incohérentes. Certains font des sortes de « sauts » sur les cartes maritimes. « Nous commençons à voir des navires disparaître ou utiliser une identification zombie ou aléatoire », a déclaré Hyppolicare Épithète, grand reporter pour Carnavale Internationale, dont les équipes ont analysé les données de renseignement maritime fournies par les satellites GPS carnavalais. Derrière ces anomalies, une même logique : circuler malgré les restrictions et bien que le commandement azuréen ait assuré qu’aucun bateau n’était parvenu à franchir son barrage, les cartes de géolocalisation des navires semblent indiquer le contraire. Selon les chiffres analysées Carnavale Internationale, au moins dix navires étaient parvenus à traverser dans les 48 premières heures du blocus. Mais comment expliquer un tel filet percé ? Le faible nombre de bâtiments mobilisés par l’Azur ne saurait suffire à expliquer la faiblesse du dispositif : il faut également compter avec l’intelligence et la préparation des marchands, prêts à toutes les ruses pour mettre la main sur les précieux Chèques Carnavalais.

Première tactique utilisée par les navires : couper leurs transpondeurs. Ces appareils GPS transmettent automatiquement le nom, la position, l’itinéraire et d’autres informations d’identification aux satellites et permettent, entre autre, d’éviter les collisions mais aussi de surveiller la pêche intensive, ou l’entrée des bateaux dans les zones maritimes sensibles. Couper son transpondeur est assez simple et certains navires le font pour éviter la piraterie, notamment dans l’océan du nord et à proximité du détroit Pharois, historiquement connu pour être un repère de pirates. Mais la plupart du temps il s’agit surtout de dissimuler des activités répréhensibles : pêche illégale, trafic, commerce des biens sous sanctions… Dans le cas présent, en cas de passage dans une zone de conflit, se rendre invisible permet d’éviter d’être visé. En 2017, l’OND avait annoncé que tout navire carnavalais présent dans le golfe de Carnavale serait susceptible d'être appréhendé. Ceux devant emprunter cette route ont donc désactivé leurs transpondeurs afin de s’y rendre invisible, hors détection radar. Une stratégie limitée dans une zone aussi surveillée que le golfe de Carnavale actuellement, mais qui prend tout son sens dans l’immensité de la Leucytalée et a fortiori de l’océan d’Espérance, où une disparition totale est difficile à repérer et encore plus à suivre. S’il est évidement possible de recevoir une alerte lorsqu’un point s’efface soudain de la carte, il faut encore s’y rendre pour appréhender le navire, qui est alors déjà loin.

D’autres navires ont fait le choix d’une approche plus subtile : rester visibles, mais sous une fausse identité. On appelle cette technique « la mascarade » car elle consiste à se fondre dans les flux de navires de commerce, particulièrement dense dans la région, en battant un pavillon et avec une identification d’un autre pays. Plus le pays est gros, plus les garde-côtes azuréens seront réticents à le contrôler, car on n’arrête pas impunément des cargos alguarenos pour exiger d’examiner leurs cargaisons. D’autres acteurs, comme Fortuna ou la Youslévie, qui possèdent des ports en Leucytalée, sont également tatillons et pourraient décider de sortir les crocs si les Azuréens venaient à s’improviser policiers dans la région. Disparaitre des radars, réapparaitre sous faux pavillons, sans compter le grand nombre de leurs, des petits navires de pêche que la Kabalie rouge envoie volontairement se faire appréhender afin d’occuper les bâtiments de guerre azuréens et de leur faire perdre du temps. Voilà un cocktail qui permet au commerce de se faire sans trop d’anicroches. Pour les navires entrant, même stratégie mais dans le sens inverse et une fois proches des côtés de la Kabalie rouge, plus besoin de se cacher, l’aviation kabalienne suffit à tenir à distance les navires azuréens qui rechignent à s’approcher à moins de mille kilomètres des ports de la République.

D’autres navires, enfin, modifient tout simplement leur géolocalisation. À l’image du Beau terreau, un navire cargo carnavalais spécialisé dans le transport de pierre : la semaine dernière, le navire a diffusé des signaux indiquant qu’il circulait au large du Jashuria. Quelques jours plus tard, le navire accostait au Drovolski, bien loin de sa localisation revendiquée. Le capitaine a ainsi expliqué avoir falsifié son signal durant plus de dix jours, lui permettant de charger du matériel industriel au sein de l’Empire dont les côtes ont le malheur d’être à portée d’une intervention du Churaynn.

Les Carnavalais n’ont de toute façon pas attendu ce blocus pour développer ces méthodes et maîtriser parfaitement la mascarade. Depuis presque 80 ans, soit la fin du Chaos de Carnavale, le pays développe sa « flotte fantôme ». Elle permet de commercer avec les nations qui jugent par ailleurs la Principauté infréquentable et souhaite entretenir un double-discours sans se mouiller, mais offre également son pavillon et ses navires à des compagnies commerciales peu recommandables, qui souhaitaient profiter de l’aura de terreur qu’inspire la puissance balistique carnavalaise pour sécuriser leurs convois. Le golfe de Carnavale est par définition une zone maritime dont il est plus facile qu’ailleurs de surveiller les allers et venues. Les Carnavalais ont dû redoubler d’ingéniosité pour, tout au long de l’histoire, pour permettre l’entrée et la sortie des produits les plus exotiques et controversés.

Tous ces stratagèmes de la Kabalie rouge obligent les Azuréens à déployer des moyens colossaux pour tenter d’identifier correctement les navires ainsi que leur véritable route. Ils doivent s’appuyer, en plus des signaux maritimes, sur les images satellites, ainsi que des informations issues du renseignement. Faute d’avions de patrouille et faute de navires en nombre suffisant pour contrôler des milliers de kilomètres d'eau, l’Azur est forcément limitée dans ses actions et ne peut contrôler les navires qu’un par un – quand elle parvient seulement à les repérer – ce qui laisse autant de temps à d’autres de passer entre les mailles de ce filet percé.


Le Papier de Verre : gazette officieuse de l'Antagoniste
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L’IDA ouvrira bientôt un consulat à Anaxandre?


Port d'Anaxandre (Azur)

C’est avec grand plaisir qu’aujourd’hui, j’annonce, en compagnie de mademoiselle Farida Sheysareh, qui occupe le poste d’ambassadrice d’Azur à Coeurta (jusqu’à récemment appelée et reconnue sous le nom d’Annos), l’ouverture du premier consulat annanos en territoire azuréen. C’est la grande ville portuaire azuréenne d’Anaxandre qui va recevoir l’honneur d’abriter cette nouvelle représentation diplomatique annanos. La raison principale de cette décision est qu’il sera ainsi plus facile de desservir diplomatiquement la seule région maritime du Califat constitutionnel d’Azur. Puisque, auparavant, il était difficile pour la seule ambassade d’Anna en Azur, située dans le quartier des ambassades de la capitale Agatharchidès, véritablement à l’opposé géographique de la ville côtière d’Anaxandre, de fournir des services aux entreprises et aux citoyens annanos présents en Azur. De plus, cet acte s’inscrit dans une continuité historique de rapprochement entre nos deux nations puisque rappelons qu’Anna a été parmi les dix premières nations à reconnaître officiellement l’Azur sur la scène internationale, témoignant ainsi de liens anciens et solides entre nos deux États.
Consulat de l'IDA à Anaxandre (Azur)

Secondement, ce nouveau consulat aura, en addition de son rôle purement diplomatique, une fonction de coordination militaire importante. En effet, dû à la nature maritime de l’Île Démocratique d’Anna, le consulat permettra d’être un point de passage stratégique pour les équipements militaires annanos qui transitent par le port d’Anaxandre pour être ensuite redistribués à l’intérieur du pays, en raison de la situation internationale qui s’échauffe, notamment avec ce qui se trame présentement sur notre propre continent. Ainsi, l’établissement de ce consulat permettra de renforcer les liens diplomatiques et militaires entre nos deux nations. Plus concrètement, afin de soutenir les efforts considérables entrepris par l’Azur au sein du Pacte afaréen de sécurité, notre gouvernement annonce déployer 2 500 soldats de nos 10 000 soldats professionnels en direction de l’Azur pour rejoindre, pour une durée indéterminée, le commandement des forces militaires azuréennes. Par cet acte, l’influence d’Anna se verra agrandie et les forces militaires de l’Azur se verront renforcées! Que le soleil ne se couche jamais sur nos nations!

Doudou,
Chef diplomatique des délégations annanos,
Représentant de l'Île Démocratique d'Anna.
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Actualité médiatisé
Ajaharân, 26.05.2019, Anterie

Le chef président de la République démocratique d’Antérie prononce un discours dans une salle réservé au journaliste, au sein de la "Maison suprême secondaire, au centre de Ajaharân :

Antériens, Antériennes, frères et sœurs afaréens, moi, chef président de la République démocratique d’Antérie, guide des peuples ethniques des Antes, je vous adresse aujourd’hui un nouveau discours d’une extrême importance pour notre nation.

Je vais faire bref: notre continent est une nouvelle fois menacé de génocide et de massacre, et cette menace, mes enfants, vous la connaissez tous très bien, car elle provient de l’entité génocidaire de Cramoisie! Cette vermine a encore une fois décidé de menacer la stabilité de notre continent en proférant des menaces de destruction, de meurtre de masse des civils et de torture chimique envers notre allié, le Califat d’Azur! Ceci n’est pas acceptable, et mon gouvernement a pris la décision, conjointement avec notre fidèle allié ëdangois et son gouvernement d’intérim, de déclarer ceci :
Toute attaque, aussi minime qu’elle soit, contre le Califat d’Azur sera considérée comme une attaque contre l’Antérie, conformément à l’article 3, alinéas 3.1 et 3.2 de la Charte du Pacte afaréen de sécurité. Plus jamais le peuple afaréen ne se pliera devant quelque menace coloniale.

Mon gouvernement va tout mettre en place pour vous protéger, vous, mon cher peuple. Des consignes de sécurité vous seront transmises d’ici peu, et je compte sur vous pour obéir à votre armée coûte que coûte, pour votre bien.

Je vous remercie.
Mort à Cramoisie!
Mort à Carnavale!
Pour une Afarée libre, indépendante et démocratique!


Le dirigeant anterien quitte ensuite la salle sous l'acclamation des journalistes.

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CARNAVALE INTERNATIONALE
08/06/2019


Après un an et demi :
où en sont l'Azur et la Messalie ?


Un an et demi après : où en sont l'Azur et la Messalie ?


Il y a un an et demi, j'écrivais dans ces colonnes un article qui fit grand bruit : De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen. J'y décrivais comment la république actionnariale de Messalie était parvenue à fédérer autour d'elle de nombreux acteurs internationaux, là où, par comparaisons, le Pacte Afaréen de Sécurité et les initiatives diplomatiques internationales azuréennes peinaient à aboutir à quelque chose de concret. Cet article s'inscrivait d'ailleurs dans la continuité d'un précédent, Il faut prendre au sérieux les critiques contre l'OND : ou le rejet de son projet, j'invite donc mes lecteurs à s'y reporter pour comprendre plus en détail le fond de ma pensée. Il est bon pour les journalistes politiques de parfois s'adonner à la prévision et d'ainsi soumettre leurs méthodes d'analyse à l'épreuve du réel. Nous avons désormais suffisamment de recul pour y voir un peu plus clair sur la situation de ces deux pays et vérifier si mes prévisions se sont avérées vraies, ou s'il me faut faire mon mea culpa.

Disons le tout de suite : je me suis à moitié trompé. Les projets azuréen ET messaliote s'avèrent finalement tous deux des échecs. Si à l'époque j'avais vanté le modèle de la république actionnariale, qui avait su, grâce à des règles politiques et économiques claires, rassurer et attirer à elle la communauté internationale, créant un dynamisme rarement observé auparavant, un an et demi plus tard, force est de constater que le projet semble au mieux grippé. Les actionnaires ne touchent plus leurs dividendes promises, la guerre civile menace sur fond de progression des mouvements populistes violents et de rejets de l'étranger. Dernier indice de cette malheureuse décrépitude : des entreprises par ailleurs florissantes et renommées comme la Dalyoha Compagnie semblent progressivement retirer leurs billes de la "perle de l'Espérance". Des médecins qui désertent, ce n'est jamais très bon signe et la fuite des cerveaux menace la Messalie, qui avait pourtant fait de les attirer le cœur de sa stratégie économique.

Les raisons des succès de la Messalie sont les mêmes que celles de son échec : règles claires, dynamisme économique, concurrence bienveillante et respect du droit, tous les éléments qui visaient à mettre en confiance les investisseurs étrangers ont tout simplement disparu. La réquisition arbitraire des usines culturelles messaliotes par l'Azur en Kabalie rouge n'aura fait grincer des dents qu'à leurs propriétaires. Dans cette affaire, le parquet s'est-il saisi ? Le tribunal du commerce dort-il ? L'Azur, en détournant au nez et à la barbe des actionnaires le fruit de leurs investissements, a surtout planté un clou dans le cercueil de la république actionnariale d'Eurysie. Car qui voudra investir son argent dans un pays qui peut le saisir à chaque instant et s'en servir dans le cadre de guerres étrangères, au profit d'un camp afaréen par ailleurs très controversé ? Imaginez investir en Gallouèse et découvrir que votre pécule finance l'invasion loduarienne de l'Antares ? Il y a de quoi refroidir...

Outre cette outrance, la Messalie s'est révélée être un mauvais payeur. Les promesses de dividendes semblent de l'histoire ancienne et c'est comme si tout le monde s'était résigné à s'être fait avoir. La "perle de l'Espérance", qu'on surnomme désormais "le ponzi de l'Espérance", en prend un sacré coup à son image et bien fou serait celui qui voudrait désormais y investir. La "hype", pour parler comme les jeunes, est retombée à mesure que les promesses étaient trahies les unes après les autres. Mais faut-il y voir la trahison des capitalistes messaliotes ? Ou simplement la conclusion tragique d'un système trop ambitieux pour être soutenable ? La Messalie n'a pas démérité d'avoir essayé de faire vivre un système actionnarial, mais elle a probablement eu les yeux plus gros que le ventre en faisant miroiter des dividendes insoutenables et un système de suivi de l'économie et de la politique intérieure quasiment en temps réel. La république actionnariale, malgré sa croissance rapide, reste un nain économique qui aura voulu concurrencer les grandes places boursières internationales sans peut être en avoir les épaules. Devenir un acteur majeur de l'économie mondiale demande du temps et des investissements importants, surtout, cela demande de la constance. La captation des capitaux et la confiance des actionnaires se forge dans la durée car on n'investit pas en espérant être rentable sous trois mois. Les rares grandes banques à succès que sont celles de l'Alguarena et de Carnavale ont d'ailleurs toutes deux fait le pari d'une croissance tranquille et méthodique, plutôt que de partir vite et de s’essouffler. En finance internationale, il vaut mieux courir le marathon que le sprint.

Voilà pour la Messalie. Cher lecteur, dresser ce bilan m'attriste autant que vous car c'est un compagnon de route du capitalisme qui s'effondre et, pour la Principauté de Carnavale, la perte d'un allié potentiel dans la région. Le joyau noir et "la perle" ont plus en commun qu'ils ne veulent se l'avouer, mais la résilience de l'économie de la Principauté s'appuie davantage sur le dynamisme de ses acteurs internes, fleurons et grandes entreprises nationales, et de son secteur de R&D, plutôt que sur la captation des capitaux étrangers, stratégie plus hasardeuse. La république actionnariale n'aura pas survécu à ses compromissions avec l'Azur, preuve qu'il faut toujours se méfier des Afaréens.

En parlant de l'Azur, quoi de neuf du côté du Califat ? Il y a un an et demi, je prédisais l'échec de sa politique internationale. Un an et demi plus tard, je ne m'étais pas trompé. Depuis trois ans, le Califat constitutionnel multiplie les initiatives diplomatiques pour imposer à l'Afarée un ordre régi par le droit et de grands traités internationaux. Comme toutes les initiatives de ce genre, elles sont un échec. L'analyse formulée dans mon dernier papier vaut toujours, les nations ne semblent pas prêtes à adhérer massivement à des structures politiques supra-nationales coercitives. Le seul contre-exemple connu, l'OND, est lui même en état de mort cérébrale. Blessée à Carnavale où elle a perdu des dizaines de milliers de soldats sans remporter aucune victoire réellement décisive passés les premiers jours du conflit, la collaboration stratégique tant vantée de l'OND n'a pas réussi à obtenir, en trois ans de guerre, autant que le Grand Kah en quelques missives diplomatiques. C'est que la force n'est pas très efficace face à un adversaire déterminé et en alliance comme en guerre, on ne peut rien faire si son ennemi ne décide pas un minimum de collaborer. Or avec leurs exigences maximalistes et leurs valeurs brandies comme des lignes rouge, l'OND à Carnavale et l'Azur en Kabalie rouge se heurtent au même obstacle : que faire quand l'ennemi ne cède ni au bluff, ni à l'intimidation diplomatique, et choisit de se battre ?

Carnavale, par sa résistance, aura peut-être réussi à briser l'une des plus grandes alliances du monde. Non par les armes, mais par une diplomatie habile, des complots méthodiques et surtout une détermination à toute épreuve. La Kabalie rouge pourrait bien réitérer l'exploit alors que la menace du PAS s'éloigne paradoxalement. L'Azur agit seule dans les mers de Leucytalée et d'Espérance, la grande coalition n'a pas eu lieu et les déclarations sur la Cramoisie s'avèrent, en définitive, des pétitions de principe. Interrogé sur ses actifs en Kabalie rouge et s'il ne craignait pas de se les voir saisis par la force des armes, le docteur Géminéon m'avait un jour répondu "les signatures, combien de bataillons ?" La réponse est sous nos yeux : zéro. A part le Churaynn et l'Azur, bien peu de pays semblent prêts à aller mourir en Kabalie rouge, y affronter les guerriers du désert, les armes chimiques et les soutiens des guérilleros internationaux qui ne laisseront pas le PAS devenir une puissance hégémonique en Afarée.

Car ce n'est pas par amour de la Kabalie rouge que Balsilek Ishak (son PDG-Protecteur, successeur de Printempérie) est parvenu à attirer autour de lui des nations d'importance. C'est la détestation du PAS, que je décrivais dans mon précédent article, la détestation de ses prétentions géopolitiques, de sa volonté de devenir un pôle militaire et diplomatique inféodé à l'Azur, qui fait que les autres acteurs de l'Afarée lui savonnent la planche. Althalj, Banairah, Fortuna, Grand Kah, et même le Finejouri à sa manière, autant de mastodontes afaréens qui ne jouent pas le jeu et réduisent le PAS à l'expression de ses membres les plus infréquentables : Antérie, Churaynn, Azur. La clique des théologies et des dictatures, empires coloniaux et génocidaires qui prétendent malgré tout imposer leur loi sur le continent. Ce trio infernal, qui réunit ce qu'il y a de pire en termes de régimes politiques, serait la pierre angulaire du droit international ? Personne n'y croit et c'est pour cette raison que la Kabalie rouge a de beaux jours devant elle. Les investisseurs ne s'y trompent pas : malgré le blocus azuréen, l'argent continue d'affluer et les projets se font par des moyens détournés. Si Balsilek joue bien son coup, la Kabalie pourrait même devenir un acteur central de l'Afarée de l'ouest, ce qui scellerait la mort du PAS et de ses prétentions.

Le PAS, comme les grands traités internationaux, sont des coquilles vides. Carnavale s'en est toujours tenue éloignée ou n'a jamais signé que ce qui ne lui coûtait rien. L'ordre du monde fondé sur le droit international est un vœux pieu. Pieu car il est inapplicable, pieu car nous nous y opposons de toutes nos forces. La diplomatie internationale, c'est malheureux pour ceux qui en attendaient davantage, se limite à l'action additionnée de chacun des membres qui y adhèrent, or les nations du monde n'ont pas le temps de faire vivre de telles architectures. Elles ont d'autres agendas et d'autres priorités. Ainsi les grandes alliances se limitent-elles à des traités de défense passifs, qui ne s'activent qu'en dernier recours et dissuadent surtout de s'y attaquer. Même ce modèle là, en vérité, touche à sa fin. L'échec de l'OND en Carnavale, dont les exigences maximalistes semblent plus que jamais s'éloigner, montre que l'accumulation de matériel ne suffit plus à remporter la victoire. Il faut diplomater, ce qui prend là encore du temps et mobilise des affects autrement plus complexes que l'adrénaline recherchée dans les victoires rapides et stupéfiantes.

L'Azur n'a pas à rougir de l'échec du PAS car le Liberalintern, l'ONC, la ligue de Velsna ou même l'OND sont, eux aussi, des échecs. Ce sont des traités zombis qui ne survivent pas au temps, alimentés parfois le temps d'une crise, pour retourner dans l'ombre ensuite. Carnavale a fait un autre choix : celui de la souveraineté et de l'indépendance. Elle n'a pas à demander de votes pour frapper où elle veut et quand elle veut. Elle n'a pas à rendre de comptes. Elle demeure imprévisible, brutale et flexible. En ne s'arrimant à aucune valeur autre que celle du succès et de la victoire, elle adapte son jeu en temps réel et fait feu de tout bois. Se fait-elle liquider sa noblesse qu'une bourgeoisie aux dents longues surgit des ombres prête à la remplacer. Perd-elle des kilomètres de territoire nationale qu'elle signe de nouveaux traités, des alliances et des compromissions avec tout ce qui peut nuire à l'occupant. La Principauté ne croit, en définitive, qu'en la victoire, c'est son unique principe. Cette solitude l'expose, ce qui explique que l'OND ait fondu sur elle quand elle en a eu l'occasion, mais elle nous offre également une grande liberté d'action et la Cité noire a toujours inspiré plus de crainte, de méfiance et de fascination, que n'en provoqueront jamais les grandes alliances et leurs règles rigides et prévisibles. Il y a bien longtemps que l'Alaguarena n'a fait trembler personne. Carnavale, elle, hante tous les esprits.

Je terminerai ce papier sur une réflexion personnelle. Une alliance ne vaut rarement plus que son dénominateur le plus puissant et actif. Ainsi, le Liberalintern peut se résumer au Grand Kah. L'ONC à l'Alguarena (c'est à dire à rien), l'OND à Sylva, le FCAN à l'Althalj, l'UICS à la Loduarie et le PAS à l'Azur. Ce sont ces nations qui sont à l'initiative des principaux engagements de leurs alliances. Faites les bouger, l'alliance bouge dans leur sillage. Si elles restent immobile, l'alliance ne bougera pas. Cela a pour conséquence qu'une alliance peut se résumer à la volonté de son membre leader. Ainsi, le Liberalintern est le Grand Kah, il serait idiot de prétendre le contraire. Dès lors, l'alliance pâtit de l'image de son leader et de son agendas. Je pense qu'une partie de l'échec du PAS à s'imposer en Afarée provient de ce que de nombreux pays qui ont des intérêts dans la région n'ont pas voulu laisser un outil potentiellement puissant entre les mains de l'Azur. L'Azur qui a dès le départ revendiqué une ligne décoloniale radicale a de quoi faire grincer des dents à tous ceux qui possèdent en Afarée des terres volées. C'est le cynisme des grandes alliances, l'ennemi de mon ennemi est mon ami et en s’aliénant les grandes puissances coloniales, l'Azur les a poussé dans les bras de la Kabalie rouge. Ne restent plus, pour soutenir le Califat, qu'une poignée d’État faillis afaréens, sans armées ni crédit. Le double-discours azuréen, qui condamne la Kabalie mais ferme les yeux sur le génocide commis par l'Antérie, son allié, n'aide également pas à rendre sa ligne géopolitique lisible et le constitue comme un acteur opportuniste qui provoque la méfiance chez les pays en quête de stabilité. Enfin, le PAS s'est constitué en concurrent du FCAN, provoquant l'ire de ce dernier qui a pu craindre, à un moment, de se faire éclipser. Les bons sentiments du Califat l'auront ainsi mené à sa perte car en défendant d'abord ce qui lui semblait juste, il a fini par en oublier que les nations défendent avant tout des intérêts. L'Azur s'est ainsi en partie retrouvée bloquée par le Finejouri, pays voisin de la Kabalie rouge et qui n'a donc aucune envie d'importer la guerre dans la région. Le Finejouri dispute aujourd'hui la place de leader au sein de l'organisation au Califat. Ainsi l'Azur se retrouve à agir seule, faute de pouvoir emporter derrière elle les nations de l'Afarée, secondée seulement par le Churaynn, pays plus encombrant que vraiment utile.

Peut-être faut-il que l'Azur meurt diplomatiquement pour que le PAS vive ? Ce sera notre conclusion. Affaire à suivre, on en rediscute dans un an et demi peut-être ?

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Élections municipales : plusieurs candidats appellent à faire barrage à l'acide, dont les infrastructures vieillissantes font craindre une catastrophe


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
3901
Clic. Tonk. La ceinture se détache et remonte cogner sur le rebord de la portière. Portière qui s'ouvre, et laisse sortir du véhicule un homme, basané, la cinquantaine, les cheveux poivre sel et une expression rieuse au visage. La blague était bonne.

Mais la joie ne dure pas. Elle laisse la place à l'incrédulité.

"Oh putain de merde... c'est quoi ça ?

- Bouge Awrya, ouvre le portail là, faut que j'avance, j'suis en double file, merde.

- Lève tes putains d'yeux de ton téléphone mec. Lève tes putains d'yeux."


Le deuxième homme s'exécute, de mauvaise grâce. Son air grognon s'efface doucement, remplacé par la même expression d'incrédulité que son compère. Devant eux - et surtout, devant le portail de l'entrée numéro 3 du site d'Hymar , concession wanmirienne en Azur exploitée par la Compagnie maritime Alienov-Tellary - se tient un véhicule de gendarmerie avec, à son bord, trois individus - deux hommes, une femme -, tous membres de la gendarmerie azuréenne. Ils sortent de la voiture, et s'approchent des deux employés, encore abasourdis.

"Messieurs, le site est fermé, veuillez faire demi-tour.

- Mais... 'fin... pourquoi ?

- Vous vivez dans une grotte ou quoi ?

- Avec plus de tact Tim', s'il te plaît,
le coupe son collègue, avant de reprendre. Vous n'avez pas suivi les infos ?

- Nan, l'autoradio nous a lâché la semaine dernière. Mais c'est quoi ce putain de bordel ?

- Etat d'urgence généralisé. Les terroristes cramoisiens menacent le Califat, on protège la population. Le site est considéré comme une cible prioritaire potentielle, au vu de ses capacités et du trafic habituel.

- Mais... merde, attendez, j'ai un taf moi. Je fais quoi maintenant ? Je dis quoi à mon boss ?

- Rentrez chez vous monsieur, suivez les consignes de sécurité et tout ira bien."


L'employé, abasourdi, rejoint son compagnon qui n'a pas bougé d'un pouce.

"Ils veulent quoi Awrya ? J'ai rien fait, j'te jure ! Puis, d'une voix plus basse, comme s'il craignait d'être entendu malgré la carlingue du véhicule et les dix mètres qui les séparent des agents. Et tu sais très bien que j'ai arrêté... tu sais quoi. Merde, j'suis blanc comme un cul maint'nant !

- On s'en fout mec, c'est pas la question, on rentre,
répond Awrya d'une voix monocorde, encore sous le choc. Y'a un putain d'état d'urgence.

- QUOI ?
(La voiture fait une embardée et manque de finir dans un fossé.)

- Putain, regarde la route !

- Merde ! Merde merde merde, c'est la guerre putain, j'veux pas mourir ! Et ma femme qui m'attend à Jalita-

- Ta gueule putain ! Ta gueule ! Ils ont dit "état d'urgence", pas "guerre" putain !

- Mais c'est la même putain de chose mec ! On est tous foutus ! Ah, si j'avais su, je serais jamais venu dans ce pays de con, au milieu de tous ces fous furi-

- Oh ta gueule, vraiment, ta gueule Elyya ! Détends-toi un coup, merde, sinon ton cul sera peut-être blanc, mais ça empêchera pas ton froc de sentir. Et PUTAIN c'est pas la guerre. Maintenant accélère, on rentre, j'veux pas rester ici si y'a des missiles qui pleu-

- Ah ! Je l'avais dit ! C'est la guerre ! C'est la guerre !

- Oh, ferme la... j'veux pas savoir, j'veux pas savoir, accélère, j'veux rentrer... Marre de ce pays et de ses singeries à l'internationale..."



A Sivagundi, les préoccupations étaient d'une toute autre nature.

"Et on fait comment pour décharger nos produits maintenant ?

- On fait pas.

- Et on dit quoi aux clients ? Aux agricos qui paient pour exporter leurs fruits vers l'Azur ? Et leurs légumes ? Et tout le reste ? Je te signale que ça se conserve assez mal, les fruits, quand ça reste dans une cale en plein soleil.

- Je sais... pour l'instant, on leur fait un mot pour les prévenir, et on dédommagera d'ici quelques semaines, au prorata du préjudice subi. On suit la procédure, c'est pas compliqué.

- Et on les dédommage avec quoi ? C'est bien gentil de leur rendre leur argent, mais nous faut payer les gars, le fioul pour la traversée,...

- Je suis au courant, merci. Et ça, j'en fais mon affaire ; je contacterai les gouvernements azuréens et wanmiriens pour qu'ils fassent quelque chose. En attendant, on arrête momentanément tous les trajets vers l'Azur. S'ils ne veulent pas nous laisser débarquer, c'est leur problème ; qu'ils coulent leur économie tous seuls.

- Ça va nous coûter extrêmement cher tout ça...

- Raison de plus pour ne pas perdre de temps. Il faut faire rouvrir ces ports au plus vite, ou obtenir un dédommagement. Et sinon... et bien, il faudra penser à changer de partenaire commercial.

- Espérons que tout ça ne dure pas...

- Espérons oui... et faisons ce qui est en notre pouvoir, en attendant."


Effet RP :
Le commerce entre le Wanmiri et l'Azur est temporairement à l'arrêt du fait du climat d'instabilité ; cela freine notamment l'exportation de produits agricoles vers l'Azur. La Compagnie maritime Alienov-Tellary demande un dédommagement au gouvernement azuréen pour les pertes et manque à gagner liés à l'état d'urgence en Azur.
2383
Logotype officiel de l'Union mondiale libérale
UNION MONDIALE LIBÉRALE

« Le libéralisme défend la primauté de la liberté individuelle, l’État de droit et l’économie de marché,
afin de garantir à chacun l’autonomie et les moyens de poursuivre ses propres choix de vie
. »


NOTE DU SECRETARIAT GÉNÉRAL
Khydan, le 8 juillet 2019


A l'attention des membres du bureau exécutif du parti libéral,
Agatharchidès, Califat constitutionnel d'Azur.

Président, secrétaire et adhérant du parti libéral,
Estimés confrères de la cause libéral en Azur,


L’Union mondiale libérale — couramment abrégée en UML — est une organisation internationale à caractère non gouvernemental ayant pour objectif de regrouper l’ensemble des partis politiques se réclamant du courant libéral afin de les fédérer au sein d’une même association pour en assurer la représentation et la promotion des idées libérales. Depuis sa fondation en 2018, l’Union mondiale libérale est parvenue à rassembler près de quinze partis issus de presque tous les continents afin d’assurer la défense de la liberté individuelle, de l’égalité et de la tolérance, de la démocratie, de l’économie de marché et des principes fondamentaux de l’État de droit.

Nous pensons cependant que ce n’est qu’en fédérant réellement des partis libéraux issus de l’ensemble des États libres veillant au respect des droits humains fondamentaux que nous pourrons un jour parvenir au triomphe de la démocratie et de la liberté face aux trop nombreuses nations tombées dans la barbarie, l’autoritarisme et la négation de l’individualité de leur population.

Souhaitant poursuivre et renforcer notre action, le Bureau pour le développement de l’Union mondiale libérale, rattaché au secrétariat que je préside, a noté que les idées fondamentales de la doctrine libérale sont défendues par votre parti, membre de l’Alliance démocratique au sein des institutions califales et de la sphère politique azuréenne. Nous souhaitons, par la présente, vous soumettre une proposition d’adhésion à notre convention générale, qui pose les bases sur lesquelles repose notre organisation ainsi que le fonctionnement interne de l’Union.

Nous pensons sincèrement que l’adhésion du Parti libéral azuréen pourrait constituer une première étape décisive dans le renforcement de la présence des idées libérales en Afarée, continent hélas trop souvent en proie aux divisions et encore peu représenté au sein de notre organisation.

Je reste à votre entière disposition pour toute question relative à l’Union mondiale libérale ou toute demande d’éclaircissement concernant notre fonctionnement interne ou l’adhésion de votre parti à nos institutions.

Avec mes plus sincières salutations,

Aydar Yaltan,
Secrétaire général de l'UML
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237 rue Berkeoğlu,
Khydan, Talaristan.
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