26/09/2019
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Activités étrangères à Cramoisie - Page 7

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Arbitrage: Opération Ibn Samt

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Vol de technologies

Pays infiltrant: Azur
Pays infiltré: Cramoisie/Kabalie rouge
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 11/03/2019 + 21
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 29/03/2026 + 7
Type d’opération : Clandestine, vol de matériel technologique non lié à l'atlas


Province cible : #29850

Influences à J+7https://i.imgur.com/Xvnr7Om.png
Le rôle des usines culturelles adverses est interprétable comme une défense de la Maison Dalyoha.


Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • [1] La Maison Dalyoha est fragilisée. En trois ans de guerre à Carnavale, elle a perdu 75 % de ses capacités accumulées au fil des décennies (et même des siècles, s'il faut faire remonter son expertise dans le champ des armes bactériologiques au XVIIème siècle). Il lui reste 14 usines scientifique en tout, incluant Carnavale, la Cramoisie et les autres installations possibles. Son organisation interne a été dégradée, beaucoup de scientifiques sont morts, des archives, des lieux de stockage et des personnels très qualifiés ont été perdus. Il reste néanmoins beaucoup de capacités destructrices, y compris à Cramoisie.
  • [2] La Maison Dalyoha est très visible et implantée en Cramoisie. Elle gère toutes les infrastructures de santé, mais aussi les dépôts alimentaires et les centaines de serres horticoles qui parsèment le territoire colonisé, autant de points d'accueil et d'information que de lieux de travail de scientifiques, de stockage de matériel OGM et de ressources mobilisables par la recherche Dalyoha ; de même, les nombreuses cliniques où du matériel médical, des professionnels, des logiciels et des protocoles sont concentrés sont autant de lieux susceptibles d'être visités (Sources : Colin).
  • [3] La Cramoisie, devenue Kabalie rouge, est en pleine voie de libération, d'assouplissement et de décontraction de la discipline sociale héritée du protectorat colonial. D'un pays militarisé, dirigé de façon autocratique par un PDG-Protecteur idolâtré, on est passé en peu de temps à une société libéralisée, aux moeurs légères, aux plaisirs enfantins, prête à tous les amusements, à profiter de festivals, de longs congés et de beaux après-midis à faire la sieste au soleil (Sources : Colin). Cette joie de vivre est une perte de vigilance sécuritaire exploitable par les agents azuréens.
  • [4] En cas de réussite de l'opération Samaël déclenchée quelques jours plus tôt, la Maison Dalyoha est en plus très fragilisée d'un point de vue organisationnel, limitant sa possibilité d'assurer la sécurité de ses installations en Cramoisie (à ne pas prendre en compte ou à malusser si échec de l'opération).
  • [5] En cas de réussite de l'opération Amra déclenchée quelques jours plus tôt, des désordres internes, liés par exemple au boycott des produits Dalyoha par une partie de la population, des épisodes de prise à partie de miliciens ou de scientifiques par des militants décoloniaux, désorganisent la sécurité des sites Dalyoha (à ne pas prendre en compte ou à malusser si échec de l'opération)
  • [6] Le niveau de sécurité des infrastructures de santé est faible. On peut demander librement un vaccin, on ne soupçonne pas d'entrée d'espions sur le territoire avec assez de précautions.
  • [7] Les services secrets azuréens sont bien formés et ont une expertise certaine pour trouver des trucs. Le Bureau des Enquêtes est bien préparé. L'opération est coordonnée par l'agent Amr Ibn Samt, déployé en Pal Ponantaise pendant de longs mois et plusieurs chapitres, à la recherche d'informations très secrètes sur l'histoire occulte de cette région désespérée d'Eurysie orientale et la présence de phénomènes étranges. La science Dalyoha, comme les mythes blêmes, le fanatisme kahiste ou la finance messaliote, fait partie des dossiers que le Bureau des Enquêtes surveille de près.


Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir à Cramoisie/Kabalie rouge.


OBJECTIFS DE L’OPERATION




Réussite majeure :
  • Les espions azuréens s'emparent de matériel et de connaissances cruciales pour fabriquer des antidotes efficaces contre les armes bactériochimiques des Dalyoha. Ils ne sont pas repérés. L'Azur développe une compréhension et des manières de se protéger des agents chimiques et bactériologiques carnavalais, et développera une technologie de défense qu'il pourra partager à ses alliés. Les Dalyoha n'ont pas conscience de cela. Toutefois, il faut se souvenir que les laboratoires carnavalais étant en conception constante de nouveaux agents, cette compréhension des armes bactériologiques et chmimiques est limitée à cette seule découverte, et ne concernera pas les travaux ultérieurs de Dalyoha. Il est escompté que ces découvertes seront obsolètes d'ici deux ans inrp, et que cette protection sera rendue inefficace aux alentours de 2021.


Réussite mineure :
  • Les espions azuréens s'emparent de matériel et de connaissances cruciales pour fabriquer des antidotes efficaces contre les armes bactériochimiques des Dalyoha. Ils sont repérés, et l'effet des antidotes ne sera pas toujours efficace, divisant de moitié le bonus de protection contre de futures attaques. Le bonus s'appliquera néanmoins à tout Etat qui dispose de cette technologie de défense. Toutefois, il faut se souvenir que les laboratoires carnavalais étant en conception constante de nouveaux agents, cette compréhension des armes bactériologiques est limitée à cette seule découverte, et ne concernera pas les travaux ultérieurs de Dalyoha. Il est escompté que ces découvertes seront obsolètes d'ici un ans inrp, et que cette protection sera rendue inneficace aux alentours de 2020 (étant donné que les laboratoires ont eu conscience de la fuite de téchnologies).


Echec mineur :
  • Le vol de technologie Dalyoha échoue. Les matériaux et protocoles récoltés ne permettent pas de concevoir une défense efficace contre des attaques bactériochimiques. Certains agents sont repérés et leur affiliation identifiée, mais réussissent à s'échapper. Cela compliquera toute nouvelle tentative de vol technologique.


Echec majeur :
  • Le vol de technologie Dalyoha échoue et des agents azuréens sont repérés. Le personnage d'Ibn Samt, disciple du Khalife, est récupéré par Colin, qui pourra en faire un contre-espion ou un cobaye.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION
(ne pas hésiter à demander aux concernés l’ajout d’éventuelles contraintes supplémentaires)

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • La Maison Dalyoha a une longue expérience d'échecs et donc de consolidation de ses systèmes de sécurité.
  • En cas d'échec des opérations précédentes, la vigilance de la sécurité est probablement renforcée.


Moyens engagés :
  • Un réseau d'espions azuréens coordonné par un expert du fouinage, l'agent Ibn Samt.
  • Ce réseau travaille avec les Kabaliens de la diaspora et est composé de nombreux d'entre eux.
  • Des informations éventuellement collectées par les renseignements lors d'une opération précédente.
  • Des voitures, des couteaux-suisse, des cordes, des clés USB, des clopes, etc.
  • Un mode opératoire : faire passer des agents azuréens pour des patients, des étudiants et des professionnels de santé kabaliens, récolter des indices en posant des questions, planifier le casse de certains sites intéressants, récupérer du matériel et des documents, les renvoyer en Azur.

Observations additionnelles faites par l'arbitrage avec les renseignements correctifs donnés par le joueur cible:

  • Réponse au point 1 soulevé par le joueur ciblant: "Ce point n'est que partiellement vrai : d'une part comme expliqué pour la précédente OP les Dalyoha se sont beaucoup enrichis depuis l'Armageddon't où ils ont supprimé leurs principaux concurrents les Obérons (ceux qui suivent les RP de Carnavale savent que l'exécution des Obéron est un complot Dalyoha). Les Laboratoires étaient donc prêts. Le gros des destructions de l'Armageddon't a touché Carnavale-City mais Bourg-Léon ou se trouvait le siège des Laboratoires a été épargné. Donc les Laboratoires ont été assez peu touchés par les destructions à Carnavale. Au contraire ils en ont tiré profit, ayant été les principaux instigateurs de ce chaos..."
  • Réponse de la modération: Les observations soulevées par le joueur ciblé peuvent se révéler pertinentes en un point: que Carnavale et par extension les Dalyoha se trouvent dans une mentalité de citadelle assiégée et en situation de guerre, et se sont donc préparées à ce type de situation (ils sont parmi les carnavalais le groupe d'intérêt ayant le mieux anticiper les destructions du conflit carnavalais). Cependant, cela ne retire en rien la pertinence de l'argumentaire du joueur ciblant, qui pointe du doigt avec justesse la désorganisation et la déstabilisation probable de la plupart des structures décisionnelles carnavalaises, Maison Dalyoha incluse. Verdict de l'arbitrage sur cet argument: bonus pour le joueur ciblant, minoré cependant par le joueur ciblé en raison d'un argumentaire jugé cohérent (originellement +10 mais ramené à +5).
  • Réponse au point 2 soulevé par le joueur ciblant: "C'est vrai."
  • Réponse de la modération: C'est un point le bienvenu qui constitue je pense, un bonus contextuel (+10).
  • Réponse au point 3 soulevé par le joueur ciblant: "C'est vrai aussi bien que les laboratoires de recherche Dalyoha ne soient pas vraiment impactés, la plupart des chercheurs qui y travaillent ne se projettent pas en Kabalie. Bourg-Léon est beaucoup plus accueillante pour eux, j'ai fait plusieurs RP en ce sens. Les employés des Laboratoires forment une société à part avec ses propres milices et protocoles."
  • Réponse de la modération: Je ne pense pas que l'évolution des mœurs et de la société en Kabalye affecte les protocoles de sécurité de Dalyoha. (cela ne vaut pas un bonus selon moi).
  • Réponse de la modération au point 4 soulevé par le joueur ciblant: Il a été décidé de mettre l'opération Samael en pause le temps de régulariser l'opération pour arbitrage.
  • Réponse de la modération au point 5 soulevé par le joueur ciblant: dû à la réussite mineure de l'opération Amra, je gratifie le joueur ciblant d'un bonus mineur de (+5)
  • Réponse de la modération au point 6 soulevé par le joueur ciblant: Au vu de la situation politique actuelle de la Kabalye, qui est plus ou moins détestée par presque toute l'Afarée, et pour des raisons légitimes, les services de renseignement kabaliens ont toutes les raisons de se méfier des tentatives d'intrusion sur le territoire, plus encore de la part d'azuréens.
  • Observation générale sur les moyens engagés: Ils paraissent peu adaptés aux objectifs de la mission. En effet, je pense que se faire passer pour un patient ou un étudiant ne constitue pas la meilleure manière de pouvoir découvrir comment neutraliser un agent chimique de nature militaire, malus mineur de (-5).


- Note: les issues possibles de l'arbitrage ont été rajustées de manière à représenter une meilleure gradation des réussites et des echecs, ainsi que dans un soucis du respect du lore du pays ciblé.
- La difficulté de l'opération a été jugée de "normale" par l'arbitre, garantissant un bonus de +10 de base au joueur ciblant.
- Bonus/malus total: 25


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Beno-Air
Sujet à un embargo, ou du moins à des difficultés d'approvisionnement par voie maritime, la Kabalie Rouge est isolée de ses fournisseurs de combustible nucléaire à destination de ses centrales électriques. Mais charitable et compatissant envers les innocents réacteurs encore juvéniles qui crient famine, le LHV a demandé à sa filiale Beno Air de faire le transport par dirigeable de la pitance que réclament ses enfants. Comment ne pas le comprendre, le laboratoire ne saurait tolérer qu'on affame sa progéniture, eux qui, par innocence, ont toujours été bons et ignorants de la politique. La famille se serre les coudes pendant les moments difficiles, et si les jeunes centrales Pluto sont des exemples de protection antimissile, il en demeure que leurs réacteurs ont faim d'uranium, alors quoi de mieux que de demander à Mami Beno-10 de fournir par les airs de quoi faire ripaille ?

Le combustible nucléaire a l'avantage d'être compact ; lourd et dense, il n'occupe pas un grand volume, parfait pour un dirigeable Beno-Air dont la vitesse est celle d'un éléphant mort mais dont les mouvements sont souples, maîtrisés, sans trop d'altitude. Certains critiquent déjà le sentiment trop affectueux que Mesolvarde porte à la Kabalie Rouge mais que nenni, ce sont bien les enfants du pays que le LHV vient soutenir. Personne ne laisserait ses enfants être enterrés, fussent-ils dans une situation consciemment prise.

Le transport contient le combustible pour deux rechargements de cœur à raison d'un tiers par campagne et sera renouvelé jusqu'à complétion totale des programmes. Aucune autre forme de soutien, en nature, humain ou alimentaire ne sera fournie dans le cadre de la neutralité politique du LHV à l'égard des êtres vivants autour ou au sein d'un réacteur nucléaire de facture mesolvardienne.

Le programme d’approvisionnement vise à étendre les réserves stratégiques estimées à 2023 par la Kabalie Rouge.

Henri Ventafalle, Président Directeur Général du LHV
Henri Ventafalle, Président Directeur Général du LHV
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De : Basko Jaurlaritza (gouvernement de Baskoal Herria)
Destinataire : Baki Tabet, porte-parole des communautés natives kabaliennes

Statut : Lettre ouverte
Objet : Proposition de médiation



Votre Excellence,

Nous avons reçu votre appel au secours. Dans votre missive vous invoquez le point n°4 de la Déclaration Mondiale sur la Kabalie qu'a effectivement signée le Basko Jaurlaritza. Ce nom ne vous dis peut-être pas grand chose, il est vrai que nous ne sommes sortis de notre autarcie il y a encore peu de temps. Permettez donc de nous présenter. Nous sommes le Basko Jaurlaritza, soit l'organe exécutif de la nation baskonne. Nous sommes les représentants d'une nation ayant choisie un isolationnisme stratégique pendant quelques décennies après avoir souffert d'un terrible génocide au début du siècle dernier. Notre société a néanmoins réussie à se reconstruire et l'indépendance de notre État est garantie par nos anciens bourreaux en même temps que nous avons fait vœux de neutralité sur la scène internationale. Nous vivons désormais de la rente de notre système bancaire ainsi que de certaines industries à la pointe technologique ou de l'attractivité de notre université de sciences-humaines qui joui d'une excellente réputation dans le monde entier.

Votre situation résonne donc particulièrement pour nous car nous avons été dans une situation similaire, à souffrir et à voir notre culture sous un joug bien plus fort que nous. Nous ne sommes cependant pas venu condamner ou juger qui que ce soit mais seulement tenter de stopper ce conflit qui n'a que comme principale victime des civils sans défense qui, comme vous l'avez expliqué, pâtissent directement de cette situation.

Donc, et afin d'enrayer cet engrenage mortifère nous vous proposons officiellement d'accueillir à Amaria, la capitale baskonne, une conférence de résolution du conflit afin d'en tirer, si ce n'est un traité de paix, au moins une trêve afin de pouvoir venir en aide aux populations en détresse en Kabalie Rouge. Il est possible qu'à ce moment de votre lecture vous vous questionniez sur la légitimité de Baskonia pour organiser cet évènement. Pensez alors à notre histoire et nos engagements. Nous savons mieux que quiconque quelle souffrance un peuple peut vivre, nous savons également comment pardonner à nos anciens tortionnaires. Nous n'avons également aucun intérêt, quel qu’il soit, en Kabalie et notre vœux de neutralité est un gage supplémentaire de notre impartialité en tant qu'arbitre pour ces hypothétiques négociations. Il nous est cependant intolérable de voir souffrir des innocents et de voir le passé se reproduire dans ses formes les plus abjectes devant nos yeux.


En attendant une réponse que nous souhaitons de tout cœur positive, veuillez recevoir nos plus sincères salutations.
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Actualité médiatisé
Ajaharân, 26.05.2019, Anterie

Le chef président de la République démocratique d’Antérie prononce un discours dans une salle réservé au journaliste, au sein de la "Maison suprême secondaire, au centre de Ajaharân :

Antériens, Antériennes, frères et sœurs afaréens, moi, chef président de la République démocratique d’Antérie, guide des peuples ethniques des Antes, je vous adresse aujourd’hui un nouveau discours d’une extrême importance pour notre nation.

Je vais faire bref: notre continent est une nouvelle fois menacé de génocide et de massacre, et cette menace, mes enfants, vous la connaissez tous très bien, car elle provient de l’entité génocidaire de Cramoisie! Cette vermine a encore une fois décidé de menacer la stabilité de notre continent en proférant des menaces de destruction, de meurtre de masse des civils et de torture chimique envers notre allié, le Califat d’Azur! Ceci n’est pas acceptable, et mon gouvernement a pris la décision, conjointement avec notre fidèle allié ëdangois et son gouvernement d’intérim, de déclarer ceci :
Toute attaque, aussi minime qu’elle soit, contre le Califat d’Azur sera considérée comme une attaque contre l’Antérie, conformément à l’article 3, alinéas 3.1 et 3.2 de la Charte du Pacte afaréen de sécurité. Plus jamais le peuple afaréen ne se pliera devant quelque menace coloniale.

Mon gouvernement va tout mettre en place pour vous protéger, vous, mon cher peuple. Des consignes de sécurité vous seront transmises d’ici peu, et je compte sur vous pour obéir à votre armée coûte que coûte, pour votre bien.

Je vous remercie.
Mort à Cramoisie!
Mort à Carnavale!
Pour une Afarée libre, indépendante et démocratique!


Le dirigeant anterien quitte ensuite la salle sous l'acclamation des journalistes.

https://i.postimg.cc/sxK5wMQt/discours.png
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Le Grand-Sterne

Le Brilliante, ex-Baltic Prestige de 1997, caboteur de 5 500 tpl.

Le CGTM Grand-Sterne est un navire de charge polyvalent battant pavillon gallèsant. Lancé en 1989, c'est un vieux bâtiment en fin de carrière qui appartient toujours à la CGTM, une entreprise gallèsante de transport maritime. De taille modeste, il sert pour les petites commandes sur des distances courtes, en Eurysie principalement. Son port d'attache est Catez (Gallouèse).

Il a été affrété par un marchand carnavalais, monsieur Jacques-Jean Bon, qui n'a pas communiqué d'information particulière sur la nature de l'opération.

Il quitte Sphornes le 23 mai 2019 à 9h03, non chargé. Le 24, il entre dans la rade de Carnavale, où il est reçu à quai durant 13 heures. C'est donc le 25 mai à 7h35 qu'il appareille pour la dernière fois. Son plan de route n'est pas connu, comme c'est le cas de la plupart des navires entrants à Carnavale. Ainsi, on observe qu'il fait route au Sud sans connaître sa destination. Le 30 mai, il aborde les côtes de l'Afarée, et le 1er juin, il a mis le cap plein Est, à 260 nautiques de Somagoumbé.
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Le grand échange

Arrivé sur les côtes de l'ouest de l'Afarée, le Grand-Sterne était attendu de pied ferme par les agents de la Kabalie rouge. Alors que celle-ci achevait de se constituer une flottille d'avions de transport, les marchandises exportées de Carnavale transiteraient désormais par les communes du Grand Kah avant d'être acheminées jusqu'à Salem-Aleykoum. Un plan rôdé pour affaiblir encore davantage les effets d'un blocus de plus en plus symbolique, à défaut d'être efficace. Le processus est un peu plus lent qu'avec un navire de transport, et plus couteux en pétrole aussi, mais s'il y a bien une chose dont ne manque pas le désert rouge c'est de carburant.

Dans le ciel, l'AWACS patrouille et se tient prêt à lancer l'alerte à chaque livraison, des fois qu'une nouvelle initiative azuréenne tente d'intercepter les avions cargos. Mais c'est de la prudence, car l'Azur n'a plus de bases en Afarée de l'ouest et ses navires sont bien loin, très loin des côtes de la Kabalie.

C'est du commerce à trois-bandes, on appelle également cela de la contrebande. Contourner les restrictions, les marchands ont toujours su faire, les Kabaliens ne sont pas plus bêtes que les autres et si la flotte fantôme accapare l'attention des navires de guerre du Califat, c'est dans le ciel que se jouent les affaires.

La Kabalie, du reste, ne se cache pas. Si ses avions sont difficiles à tracer au milieu du trafic aérien, ils atterrissent sans gêne à Salem-Aleykoum, Petipont-ville où sur le site de Grand Cratère. Car telle est sa morgue et qu'elle souhaite que le monde sache que rien ne s'oppose jamais à un Carnavalais.
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De ce côté-là la surface du désert s'assombrissait de crevasses, de bulles de pierre coulant à demi-ensevelies, d'un liseré de tsingy marbrés de thermoclastie, d'éclat de chauds, de bourrasques de vent. Paysage désolé, sombre comme les restes d'un cadavre. Le massif montagneux des Tass Na'Gherda avait été littéralement fondu, en partie, et de sa bosse indemne d'un côté de l'invisible frontière, à son corps dégoulinant de crevasses, il avait la carcasse d'un léviathan abandonné sur la grève. Parmi les sables et les longues meurtrissures de sa carcasse de pierre fondue, solidifiée, en quelques secondes des plus grandes chaleurs de la Terre depuis les météorites, ils contemplaient à tire-d'aile les complexions traumatiques de la géologie cramoisienne.

— Une route serait impraticable.

Depuis qu'ils avaient abandonné les pick-ups, ils constataient l'effarant relief, la beauté désolée d'un désert remodelé par une science-fiction insensée et martienne. Ils se faufilaient entre ses doigts de basalte comme des hirondelles, furtifs et véloces.

— C'était le Saymur.

Leurs yeux se posèrent sur un tas informe de collines, une montagne, des rochers mégalomaniaques effondrés à travers l'horizon, une chair noire de la roche brisée en poussière, entourée de cette fine saloperie qui infecte déjà les bronches, ce spore de Mirandula qui fait une brume ocre, s'envole à la moindre brise, flotte dans l'air, tache les façades de la pierre, s'enfuie comme une suie faramineuse, déjà balayée, incapable de se fixer nulle part.

— Des résidus de tests biologiques ?

— On ne peut pas l'exclure.

Les spores sont encore plus léger que les particules du sol désintégré à l'impact des bombes thermonucléaires pas interdites, plus fébriles que la bêtise, la rancœur et le chagrin, ils sont tout autour de l'immense décharge de pierre et naviguent dans ses sinuosités, errant, se décomposant, bientôt ils ne seront plus qu'un souvenir.

— La plus grande montagne d'Afarée de l'ouest.

— Anéantie en quatorze minutes.

— Voici son cimetière.

Sur ce versant du géant invisible, atomisé et éclaté en blocs, ils feraient presque le choix de se poser. De cette hauteur on contemple les crevasses, les trous, les brisures de la surface de la Terre qui s'ouvrent comme de méchantes plaies jusque dans des cavernes insondables et secrètes, et c'est là dans le désastre géologique que se trouve l'étincelle qui remettra le feu à la plaine.

— Regarde, là.

Ils aperçurent le campement des contrebandiers.

16812
https://i.imgur.com/5Sb3otA.png
Publié le 17.06.2019 à 21h27 par Frédéric Lardon
LA BULLE DALYOHA, UN RISQUE MONDIAL ?
L'édito de Thomas Porchery

https://i.imgur.com/uCmEtst.jpeg

Sommes-nous à la veille d'une bascule historique ? Le monde économique scrute en effet avec attention le résultat de l'arbitrage demandé aux auditeurs suprêmes sur l'état des comptes de la République actionnariale et de sa principale contributrice, la filiale Dalyoha de Cramoisie. Dans un contexte de dégénération d'un conflit avec les pays voisins, de mutations internes inquiétantes, et d'une effervescence démente d'hypothèses et de contre-hypothèses, les investisseurs sont en effet les yeux rivés sur ce qui pourrait advenir dans la zone d'investissement optimale, le paradis lucratif du Désert rouge. Les conséquences de cet arbitrage seraient en effet majeures, et leur résonnance hanterait pendant des millénaires la conscience de l'Humanité.

La Cramoisie face aux chocs. J'avais décrit, dans une précédente intervention, le risque de « panne sèche » de l'économie cramoisienne, lié aux incertitudes sur ses exportations énergétiques et à l'atonie de sa croissance, constatée dès le premier semestre 2018. Cette époque troublée voyait l'épuisement du leadership carnavalais et la mise en échec d'un certain nombre de projets du fantasque et génial Archevêque de la Noire Eglise. Bartholoméon de Petipont, qui avait promu pendant tout son mandat depuis janvier 2017 jusqu'à sa mort tragique, le lancement de chantiers titanesques pour coloniser le désert, créer un immense canal, faire des étendues désolées une jungle, explorer l'espace et créer la nation la plus riche de la Terre, avait laissé derrière lui des espoirs au goût incertain. La redynamisation de l'économie carnavalaise, en effet, avait réorienté les capitaux de la Cité Noire vers son propre développement ; et l'isolement économique et diplomatique de la Cramoisie commençait à limiter ses possibilités réelles pour concrétiser d'ambitieux objectifs. Face au scepticisme des porteurs privés, les grandes majors carnavalaises avaient alors renchéri pour redémarrer le rêve prométhéen de la nation artificielle : Dalyoha en tête, les investissements s'étaient alors mobilisés et allaient se déverser dans les vallées sèches de la Cramoisie pour l'ensemencer et irriguer, une nouvelle fois, sa croissance économique et la réalisation de ses infrastructures. C'était sans compter la radicalisation des menaces que j'avais pourtant prémonitoirement évoquées en 2018.

L'art kabalien de la courbette amuse la galerie ! C'est Balsilek Ishaq qui mène la danse ; un à un, de l'Althalj au Finejouri, en passant par le Liberalintern et l'Organisation des Nations Commerçantes, le PDG-Protecteur s'était mis à faire le tour des chancelleries pour faire ployer l'échine de la raideur coloniale et montrer patte brune. L'image internationale de la Cramoisie était à refonder entièrement. Les plus sagaces marketteux se sont mis au travail et si le drapeau n'a pas été réussi du premier coup, le passage de la R.A.C. à la R.A.D. a néanmoins fait son petit effet : dans les prises de paroles solennelles, également, la dimension ethnoculturelle et le folklore indigène ont su tracer leur route pour réaffirmer aux investisseurs les promesses d'un Orient enchanteur, débarrassé de toutes les contraintes physiques et sociales après le grand boum du génocide, en tant que zone d'investissement optimale. Les Dalyoha avaient cotisé, en jouant d'une publicité frôlant les limites de l'honnêteté au sujet de leur mutuelle et de leur couverture médicale universelle, gratuite ou bien payée par les charges sociales des Kabaliens, afin de montrer patte blanche : le génocide, c'était avant ; l'investissement, c'est maintenant. J'avais écrit : « moins de courbettes, plus de paillettes », en conclusion de l'attitude qu'aurait pu tenir la R.A.D. à cette époque ; je ne m'étais pas trompé. C'est la preuve qu'il faut lire mes analyses. Ainsi, nous découvrions la République actionnariale sous un jour plaisant : ouverture des vergers et des serres au grand public, pique-niques et après-midis près des lacs artificiels, batifolages, fêtes, marches militaires dans la capitale, et la réactivation du projet Eden rouge de repeuplement du désert afaréen par des OGMs sélectionnés pour se répandre et croître à la mesure de leur maître.

Des résultats en demi-teinte. Si la R.A.D. a effectivement décroché avec succès la prolongation de son échéance de vie, c'est à mettre à son crédit : une crise diplomatique ouverte entre l'Althalj et l'Azur, un nouveau rapprochement avec Carnavale, et la réaffirmation effective de sa capacité et de sa détermination à détruire des aéronefs ennemis, ont divisé le camp des sceptiques et replacé la République actionnariale sur le terrain géostratégique. Cette évolution n'est cependant pas allée sans se payer des conséquences dont elle avait favorisé les causes : en laissant le champ libre au pluralisme politique, et en composant avec les doléances de ses futurs-déjà partenaires, l'entité gouvernée par Balsilek Ishaq s'était remise à toucher terre, au risque d'y trébucher. Pour les investisseurs, qui se fichent pas mal de la couleur du drapeau tant que l'oseille coule, rien de tout cela n'augurait a priori de retour de flamme. Le monde économique voulait cependant savoir une chose : la R.A.D. allait-elle rester la zone d'investissement optimale qu'elle s'était aménagée à la force des bombes thermochimiques ?

Le Désert rouge, un eldorado technologique en proie à des vents contraires. Le vent : de lui viendra la vérité. Pour les investisseurs pyrokabaliens (« Kabaliens rouges », pour s'adapter à la nouvelle sémantique qui enterre le pourtant glorieux épithète cramoisi), c'est celui du progrès technologique qui souffle dans les voiles de la croissance. La R.A.D., fondée déjà sur un défi technique majeur — celui d'exterminer une civilisation entière en quatorze minutes — avait réuni les conditions de l'abaissement des contraintes matérielles freinant le développement de l'innovation au seuil le plus bas qu'on puisse avoir connu de toute l'histoire économique. Plus de droits sociaux à préserver, plus de relief à contourner, une disponibilité immédiate et facile de pétrole, et la possibilité de repenser un business model depuis son fondation jusqu'à ses branches les plus raffinées ; reconstruire, ainsi, une économie entière dans le marbre métallique de l'électronique de pointe, de la phyllogénétique la plus avancée, de l'architecture d'avant-garde. Ce n'est pas pour rien que la R.A.D. est devenue, par nécessité autant que grâce à son effectif pouvoir d'attractivité pour des start-ups en quête de développement, le hub international des expériences génétiques, de la prospection minière, et de la création artistique. L'innovation pyrokabalienne, stimulée par les conditions attractives, est désormais le paradis et le hot spot de tout ce qui veut désormais affranchir la réalité de ses contraintes d'airain. Idéologie luciférienne en poche, les investisseurs avaient pu joindre leurs rêves à leurs intérêts économiques bien compris. Façonner son âme soeur par le code d'un IA, la stocker dans le corps d'une clone plantureuse, réaliser le défi que s'était lancé Grand Hôpital de parvenir à créer la vie artificielle, à la modeler, la reproduire et la rendre éternelle, toutes ces hypothèses sont désormais sur la table. Si quelque chose se passe du côté du progrès technologique, c'est bien à la R.A.D. que cela à lieu, de toute évidence. C'est aussi pour cela que les observateurs financiers lorgnent avec inquiétudes sur les nuages qui s'amoncellent à l'horizon de ce pays de cocagne.

De la démocratie à la démagogie. Si le Protectorat colonial de 2016 s'était affirmé vertical, charismatique et sans nuance, l'évolution progressive de la R.A.D., ses multiples changements de régime, et les soubresauts de sa relation avec la métropole-mère ont donné les signaux d'un assouplissement politique propice à l'émergence d'herbes folles, pour ne pas dire d'adventices invasives. L'ouverture aux Kabaliens avait déjà été une chose : mais l'ouverture aux Kabaliens communistes, prononcées au début 2019 avec l'autorisation d'une kyrielle de nouveaux partis d'opposition, n'est pas sans faire peser des inquiétudes sur la capacité du régime à assumer un cap économique clair. Des revendications sociales s'ajoutant aux lubies d'une minorité nomade, la R.A.D. voit les sollicitations se multiplier, au point de susciter la méfiance et carrément, depuis hier, la peur des investisseurs étrangers. Le PDG-Protecteur vient de faire un pas vers l'expropriation des investisseurs, une première et un marqueur sans précédent qui signale la dégringolade des indicateurs d'attractivité de notre zone optimale. Simple effet d'annonce, ou choix stratégique insidieusement porté par des rebelles kabaliens parvenus par malice jusqu'au sommet du pouvoir ? La démagogie rôde.

De l'incurie à la pénurie. Les Afaréens, réunis dans une improbable coalition de puissances diverses et contradictoires, avaient pourtant jeté de grosses larmes sur le fait colonial, que l'attrait technologique futuriste n'avait que partiellement contribué à assécher. Une mission d'observation en cours, menée par les pays voisins du Finejouri et de l'Althalj, avait été concédée par le régime, sans qu'on sache ce qui pourrait en être attendu si celle-ci venait à se prononcer contre les libertés et l'innovation lucifériennes. Mais ce sont surtout les sanctions commerciales et le déploiement de blocus menés par le Califat azuréen qui sont ciblées comme les facteurs les plus aigus d'inquiétude au sein de la R.A.D. Relativement autarcique pour ses matières premières, la presse locale signale désormais le début d'une pénurie de composants électroniques nécessaires non seulement à des projets de nomadisme technofuturiste mais surtout au fonctionnement de son infrastructure informatique, incluant sa force de dissuasion militaire. Enjeu d'inquiétudes, les marchés ont réagi assez négativement à l'hypothèse d'un affaiblissement militaire de la R.A.D., qui mettrait en péril les investissements sur place face à une attaque extérieure. L'ultimatum adressé par le Pape Noir, Alexandrier Arrimage, n'a que partiellement rassuré les porteurs sur la capacité de la R.A.D. à protéger les investissements, et au contraire accru le risque d'une confrontation préjudiciable aux actifs économiques, si ceux-ci venaient à être pris pour cible par un adversaire. Réactivation du rapport de forces, mais en même temps trouble à nouveau jeté dans les eaux calmes de la diplomatie régionale, dont Balsilek Ishaq a besoin pour irriguer ses projets d'intégration économique régionale et de relance de l'attractivité du pays. Dialectique difficile entre autosuffisance et dépendance vitale aux importations, le régime a tenté un va-tout en imposant des restrictions budgétaires sur les nomades kabaliens ; y économise-t-on pourtant les précieuses puces électroniques qu'attendent les laboratoires et les forteresses souterraines ? Tout ceci est fort compliqué, et dans cette efferverscence de petites bulles d'incohérences se glisse la mauvaise nouvelle de la création d'un Parti communiste kabalien. Baki Tabet, que rien n'indique éphèbe privé du Pape Noir vu qu'il n'a pas les clés de son antichambre, s'est ainsi affirmé, plus ou moins en contradiction avec la porte-parole des natifs Numa Gaber, pour une nationalisation de l'économie pyrokabalienne. Usant sans remords de la démagogie et du sens de l'humour absurde d'un parfait Carnavalais, le jeune révolutionnaire devient, sans l'être frontalement, un petit champignon de pourriture qui menace de se répandre à toute la pomme de la R.A.D. Avec quelles conséquences sur l'économie ?

Qui c'est qui paye ? Des documents confidentiels, certifiés dans leur authenticité, font état de discussions rageuses qui révèlent l'imbrication de toute l'économie pyrokabalienne avec les intérêts carnavalais les plus fondamentaux. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est un fait général : la R.A.D. n'est toujours pas un projet économique rentable. Terre d'investissement, son attractivité est le fruit d'un bon marketing et de ratings favorables sur les marchés obligataires, mais pas de retours réels constatés. Pour prendre un exemple concret, le prix du ticket du Grand Désert Express semble encore trop bas pour qu'on puisse juger, malgré l'opacité des comptes des sociétés de la R.A.D., que l'investissement est réellement amorti ! Un détail qui n'est pas sans importance pour convaincre les investisseurs de lever des fonds. Alors que le contexte économique se complexifie et que des assurances plus fortes sont à démontrer pour lever des investissements auprès de porteurs intéressés par la rentabilité, la R.A.D. semble en peine de démontrer qu'elle est sortie de sa phase de test : en réalité sa maturité n'est pas atteinte. Ce n'est pas un problème pour un régime capitaliste : on peut continuer à jeter du charbon dans la chaudière, mais pour combien de temps encore, et avec l'argent de qui, telles sont les questions qui se posent désormais, et qui ont motivé un audit global au plus haut niveau.

Un risque qui contamine les marchés obligataires et les institutions financières carnavalaises. Dans la mesure où les investisseurs sont encore incertains, et où le flux continu de capitaux semble s'étrécir vu le contexte, la mesure du risque d'un défaut de la R.A.D. est à poser sur la table. Les délais de retour sur investissement semblent s'allonger sur des périodes exceptionnellement longues, à la mesure du gigantisme des projets, et les perspectives se noircissent ; risque de conflit, pénuries, indisponibilité des technologies dont on a peut-être fait la publicité avec trop d'enthousiasme, pèsent sur les perspectives de rentabilité et l'inquiétude des investisseurs se traduit déjà par une baisse des investissements. Pour l'instant, cette baisse demeure compensée, si l'on en croit encore des documents confidentiels, par la couverture large du trésor Dalyoha.

La faillite de la Maison Dalyoha, une blague ou une hypothèse ? La plus grande famille noble de Carnavale est peut-être démesurément riche, elle n'en possède pas moins des capacités financières limitées à la productivité de ses actifs, et si ceux-ci sont aussi étendus que divers, ils ne sont pas infinis. Un cours de capitalisme, je vous en donnerai une autre fois, mais un cours de comptabilité, c'est pour aujourd'hui. Que la Maison Dalyoha paye les investissements dans la R.A.D., c'est une première chose ; qu'elle le fasse à la place des investisseurs refroidis, et pour les montants titanesques qu'appellent les chantiers lucifériens, c'est une deuxième chose ; mais de savoir comment elle le fait, c'est une autre chose, que les fins observateurs de la finance que vous êtes allez suivre avec moi. Pour financer de grands investissements, une entité aussi riche qu'un grand pays ou qu'une grande entreprise doit néanmoins mobiliser ses capitaux ou en trouver à l'étranger. Payer, c'est payer avec de la monnaie : et pour avoir de la monnaie, il faut soit en imprimer, soit s'en procurer en échangeant n'importe quoi — des pommes, des poires, des actions, de l'or, des obligations, n'importe quoi — auprès de quelqu'un contre un peu de sa monnaie. Imprimer de la monnaie, c'est possible mais cela en dilue la valeur assez rapidement — si les Dalyoha recourraient à une impression monétaire à la mesure des investissements qu'ils pratiquent, ils devraient en passer par deux sacrifices : le premier, celui de provoquer une inflation qui rognerait leurs profits à venir ; le second, et pas des moindres, celui de devoir solliciter une banque assez solide pour les créditer à perte : la Banque des Castelage, leurs rivaux. Admettons que les Dalyoha renoncent alors à l'impression monétaire, ce qui serait sage pour l'équilibre de l'économie carnavalaise et de l'économie mondiale ; il leur resterait la possibilité de se procurer de l'argent frais en l'échangeant contre leurs actifs infongibles, leur fortune immobilière, obligataire, industrielle ; pour cela, il faudrait se rendre sur les marchés et mettre en vente, ou bien en hypothèque, une partie de leurs biens. Si je me rapporte à l'étendue de leur fortune et des montants à investir dans la R.A.D., c'est un sacré bouleversement du marché de l'immobilier, du marché des obligations, du marché des actions, du marché de l'or, et de tous les marchés d'actifs que les Dalyoha possèdent en profusion qui est à prévoir. Car on ne sort pas autant de capitaux pour un projet aussi historique que celui du technofuturisme luciférien sans remuer un peu la vase de la mangrove.

L'audit qui changera la face du monde à tout jamais ? Il y en a dans cette salle qui vivront mille ans ! Car rien n'est encore écrit et qu'au coeur de la secousse économique qui se prépare, c'est bien la faisabilité technique du technofuturisme qui est en jeu. Malgré les allongements de délais, les pénuries de micropuces, les risques de destruction, le manque de rentabilité, la limite des capitaux disponibles, la contradiction éventuelle avec le principe même du crédit dans une économie capitaliste, les chantiers lucifériens pourraient-ils démontrer leur bon sens comptable, réaffirmer leur calendrier d'amortissement et rassurer les investisseurs ? Pourrait-on voir la technologie justifiant l'accélération des travaux, la mise en service de machines inédites, la réussite d'expériences biologiques jusqu'ici impensables, se concrétiser et se réaliser ? Si tel était le cas, il n'y a aucun doute que les cartes de l'économie seraient considérablement rebattues ; non seulement parce que ces technologies ouvriraient la voie à des innovations clés dans tous les secteurs, mais parce qu'elles viendraient percuter l'économie mondiale, la court-circuiter et la subvertir, transformant l'impossible en possible et l'infaisable en faisable : une promesse alléchante pour les Dalyoha mais aussi pour leurs concurrents.

Un retour en arrière est-il possible ? En construisant la zone d'investissement optimale où se développent les innovations les plus avancées des secteurs de la santé, de la génétique, du train, de l'espace et de la construction, les actionnaires de la R.A.D. ont mis en branle un mécanisme qui les dépasse : celui du progrès technologique au-delà des frontières du techniquement envisageable. Sur la base de moyens conséquents, mais pas infinis, et malgré les risques, les avertissements et les menaces de leurs concurrents, ils creusé un abîme financier appelé à nourrir, un jour dans le futur, une éruption de rendements mirobolants, ou bien à gonfler la plus énorme bulle économique de l'Histoire. Si leur pari ne se révèle pas gagnant, alors les conséquences ruisselleront non pas sur les seuls habitants de la R.A.D., mais bien sur les investisseurs, qui se retrouveront en défaut d'honorer leurs créances, et dépourvus de leur fortune. L'argent vient toujours de quelque part : ultimement, il vient d'une banque. Les conséquences financières d'une faillite technique dans la R.A.D. ne se limiteront pas aux frontières de ce carré de désert, parce que l'argent ne vient pas de là. La loi d'airain de la comptabilité imposera qu'on recompte les montants, qu'on les mette face aux coûts, aux performances et aux arbitrages techniques et budgétaires que toute industrie s'applique faute de pouvoir transgresser le principe même de l'économie. Entre leurs promesses technologiques démesurées et leurs ambitions capitalistiques, les Dalyoha se situeraient au coeur d'un arbitrage délicat qui ne peut faire abstraction d'aller voir la banque. Il n'y en qu'une à Carnavale qui pourrait les recevoir, et sa propriétaire n'a sans doute pas l'intention d'éponger gratuitement les pertes d'un rival multiséculaire. De là qu'on puisse prédire que la guerre des Maisons Nobles n'est pas prête de prendre fin.




C'était Thomas Porchery !

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— Monsieur Venbranle ?

— C'est moi. Qu'y a-t-il ?

Courrier pour vous Monsieur Venbranle.

— Une lettre ?

Le domestique acquiesça, et tendit un plateau sur lequel se trouvait une enveloppe. Elle était rouge, fine comme si elle contenait à peine une ou deux feuilles de papier manuscrites, et cachetonnée à la cire — luxe suranné qui rappela à Julonin sa jeunesse dans le trou du cul du Makota. Sur le revers, un timbre philatélisé aux couleurs esthétiques du Grand Désert Express indiquait sa provenance évidemment afaréenne. L'homme scruta alors l'adresse de l'expéditeur.

— Ça vient d'où ?

— Merci Gauthierry ce sera tout.

La lettre était envoyée depuis l'impasse de la Route sans Fin, district de Tantale, en Cramoisie, adresse du Couvent Sainte-Pervenche.









Assomption



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Julonin,

Mon frère,

Mon ignoble, insupportable, immonde, infernal, odieux, maudit et mortel petit frère, que Saint-Michel te déchire et que Dieu te tue, qu'il ouvre tes entrailles et les mette à brûler, qu'il fasse de ta tête un joyau sur sa lance, que Saint-Simoncle te mette en cage et t'en fasse ressentir l'abrasion de barreaux brûlants jusque sur ton visage, que Sainte-Cerberthille te chatouille les mollets avec le feu de la colère et te glace la nuque avec le crachat du mépris, soit maudit, Julonin, pour toujours et à jamais.

Mais avant cela, prend bien note de ce que j'ai à te dire.

La Providence, bien éclairée soit-elle, a voulu que le Saint-Esprit guide quelqu'un que tu connais à travers la terre et les déserts et je la découvre sous mes yeux. Elle est là, là juste là, tu ne l'entends pas parler parce qu'elle a un bâillon sur la bouche et que nous la tenons en respect sous la meurtrière. Ta collaboratrice va bien, nous avons pris soin d'elle. Son ami est mort dans le sable et la police luciférienne est à sa recherche. Ils ne la trouveront pas.

Violoncelle, ta chère Violoncelle, est entre mes mains. Plus précisément elle est au bout de mon canon. Voici, pour preuve, son auriculaire. Soeur Pâquerette le lui a coupé à la boucherie tout à l'heure. Elle s'est très bien tenue. Elle dort, elle a eu plus de peur que de mal. Ce n'est rien ça. Rien comparé à ce que j'ai vécu.

Mon insatiable, usurpateur, parasite de petit frère, voilà qu'on te dit Maire de Carnavale ou bien tout près de l'être. Sombre diable, nous aurions été si fiers de toi. Que toutes les gargouilles fondent sur toi et de démembrent. Au nom de Mère et Père, que ton visage soit à jamais lessivé hors de la conscience du monde.

Si tu es devenu si important, alors tu vas pouvoir me rendre service. Libère-moi immédiatement de la prison dans laquelle tu m'as faite condamner. Ecris au Pape Noir, au Professeur Géminéon, à Blaise Dalyoha s'il le faut, n'attend pas et écris vite ! Ecris-leur d'abroger immédiatement l'ordre d'internement que tu as scélératement fait signer contre moi par les docteurs du Palais d'Hiver. J'ai vécu l'Enfer par ta faute. Loin de tout dans ce couvent, je cultivai dans le sable ce qu'il restait de ma vie. Par la Grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, voilà que la clé de mes chaînes vient de me tomber toute dodue entre les mains.

Julonin, tu as une semaine pour me procurer toutes les autorisations, effacer mon nom de tous les registres, et me permettre de quitter cette satanée Cramoisie que le Démon est en train de ruiner. Que tous oublient mon existence, jusqu'aux archives de Grand Hôpital. Rend-moi la liberté, Julonin. En échange, Violoncelle sera sauve.

Une semaine, Julonin. Pas un jour de plus.

Que Dieu te tue. Que la Vierge te défigure. Que l'Esprit te brûles. Que Jésus-Christ jamais ne t'accorde Son pardon.



Ta sœur,

Assomption Venbranle



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Ministère des Affaires étrangères - Union des Cités d'Akaltie

De : Cabinet de Madame la ministre des Affaires étrangères d'Akaltie
Quartier des Ambassades, Kintan
Union des Cités d'Akaltie

À : la Résistance Kabalienne
Désert de Kabalie rouge


À l'attention de Son Excellence Baki Tabet, porte-parole des communautés natives kabaliennes,

L'Akaltie ne compte pas se mettre l'Azur à dos, et souhaite plutôt vous faire part d'un conseil : quand le premier ennemi contre lequel vous devez lutter est la colonie carnavalaise et ses multinationales, ne serait-il pas plus productif de s'y attaquer avant de s'intéresser à des problèmes internes à la diplomatie afaréenne ? Nous ne vous aiderons donc d'aucune sorte face à l'Azur, d'autant que l'Akaltie n'est que très peu impliquée dans les affaires du continent afaréen depuis sa fondation. Nous avons déjà fort à faire avec l'oppression des natifs paltoleuciens, et laissons donc au Pacte Afaréen de Sécurité et aux autres organisations militaires présentes en Afarée le soin de mener des actions directes pour vous aider ainsi que les autres peuples opprimés du continent afaréen.

Bien cordialement,
Mme Juntan Necahual, Ministre des Affaires étrangères de l'Union des Cités d'Akaltie
Juntan Necahual----------Juntan Necahual
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Quand les initiatives individuelles fragilisent l’équilibre Afaréen

Les révélations publiées ces dernières heures concernant une opération d’influence menée par des réseaux liés au Califat d’Azur sur le territoire du Tamurt n Althalj provoquent une onde de choc diplomatique bien au-delà des seules relations entre l'Azur et l' Althalj. Alors que la crise de la Kabalie rouge avait déjà placé l’Afarée occidentale dans une situation de tension permanente, cette nouvelle affaire risque désormais d’ouvrir une fracture politique bien plus large, celle de la confiance entre alliés. En effet derrière les accusations d’ingérence culturelle, de financement indirect d’organisations militantes ou encore de tentatives de manipulation de l’opinion publique, c’est une question beaucoup plus profonde qui se pose aujourd’hui au continent, jusqu’où les États membres ou partenaires du Pacte Afaréen de Sécurité peuvent-ils agir individuellement sans fragiliser l’ensemble de l’architecture diplomatique mise en place depuis plusieurs années ?

Depuis le début de la crise kabalienne, le P.A.S. avait réussi, malgré des divergences parfois importantes, à maintenir une image relativement stable d’organisation de coopération régionale tournée vers la sécurité collective, la désescalade et la coordination continentale. Le Royaume de Finejouri, premier président de l’organisation et encore aujourd’hui figure centrale de son équilibre interne, avait notamment multiplié les efforts diplomatiques afin de préserver le dialogue entre les différentes parties, y compris avec des acteurs aux visions profondément opposées, mais les révélations venues d’Althalj risquent désormais d’alimenter une inquiétude croissante au sein des Etats afaréennes, celle d’un décalage entre les objectifs officiellement affichés par le Pacte et certaines méthodes employées individuellement par plusieurs de ses membres.

Le problème n’est pas seulement moral ou diplomatique. Il est stratégique.

Chaque opération unilatérale menée sans coordination politique fragilise l’image collective du P.A.S. et donne à ses adversaires un argument puissant pour dénoncer une organisation qui prétend défendre la stabilité tout en laissant certains de ses membres agir selon leurs propres logiques d’influence ou de confrontation.

Le risque est alors double.

D’un côté, les États encore hésitants vis à vis du Pacte pourraient commencer à voir celui-ci non plus comme une structure de coopération sécuritaire, mais comme un instrument servant les intérêts particuliers de certaines puissances régionales. De l’autre, les ennemis déclarés du P.A.S. trouveraient dans ces affaires une occasion idéale pour alimenter la méfiance populaire, attiser les tensions internes et présenter le Pacte comme un acteur déstabilisateur plutôt que stabilisateur. Cette situation est d’autant plus délicate qu’elle intervient au moment même où le Finejouri tente de préserver un équilibre extrêmement fragile entre fermeté continentale et poursuite de la diplomatie avec la Kabalie rouge et l’Althalj. Or, chaque crise de confiance entre alliés réduit un peu plus la crédibilité des efforts de médiation entrepris depuis des mois.

Plusieurs observateurs commencent ainsi à poser une question jusqu’ici rarement formulée publiquement, le P.A.S. peut-il durablement conserver sa crédibilité internationale si certaines initiatives individuelles continuent d’échapper à tout mécanisme de supervision politique collective ?

La question des sanctions internes revient désormais dans les débats diplomatiques et universitaires. Après les précédents désaccords ayant déjà conduit à des tensions avec le Churaynn, certains analystes estiment qu’un véritable cadre disciplinaire pourrait devenir nécessaire afin d’éviter que des actions nationales isolées ne compromettent l’ensemble des objectifs stratégiques du Pacte. D’autres, au contraire, redoutent qu’une telle évolution n’ouvre une crise institutionnelle majeure entre les membres du P.A.S., à un moment où l’organisation tente précisément de renforcer sa cohésion face aux multiples instabilités régionales.

Une chose semble néanmoins certaine, l’Afarée entre progressivement dans une nouvelle phase de la crise kabalienne. Une phase où les menaces d'affrontements militaires directs laissent place à des guerres d’influence,des opérations culturelles et des affrontements diplomatiques beaucoup plus diffus mais potentiellement tout aussi déstabilisateurs.

Et dans ce contexte, une interrogation demeure désormais au cœur des débats continentaux :

les initiatives individuelles des alliés du Pacte Afaréen de Sécurité peuvent-elles, à terme, fragiliser l’image du Royaume de Finejouri et celle du P.A.S. lui-même sur la scène internationale sachant que le Royaume de Finejouri depuis son ouverture à l'international place sa souveraineté et donc son rayonnement au centre de ces préoccupations.
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🔴 « Mangez et cassez-vous » : les banquets en l'honneur du départ de la Dalyoha Cie d'Afarée se multiplient
« Loin des yeux près du cœur », se félicite Vincentime « Abdulkarim » Beaufretin, membre respecté de l'association petiponvilloise de phœniciculture, après que la Dalyoha ait annoncé se recentrer sur le Wasterland pour ses expériences scientifictionnelles. « À la santé de la paix retrouvée ! », trinque cet ancien colon, aujourd'hui réconcilié, intégré et assimilé.
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🔴 « Ça promé-thée » : Dalyoha qui disparaît, c'est la Kabalie renaît ?
« Appréciable changement de méthode » : même le teigneux C.N.S.S.D. savoure le scénario d'une science par et pour les Kabaliens. Brevets autochtones, espèces indigènes, une nouvelle concurrence va-t-elle éclipser les compagnies coloniales ?


🔴 Le Diwan va revoir son dispositif de blocus pour faciliter l'exportation des dattes
« Les Carnavalais ont faim » : l'Afarée peut-elle voler à leur secours ? C'est le pari que fait le gouvernement azuréen, qui veut faciliter les exportations de dattes des compagnies kabaliennes non affiliées à la Dalyoha vers la Cité Noire. « Les Arabes aussi peuvent être des super-héros. » Faites la datte pas la guerre ?
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