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[Presse] La Presse papier makotane - Page 7

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Article de presse en trois colonnes avec une photographie de presse en demi teinte ou tramage qui représente une religieuse nous montrant un des nombreux pieds de konjac que l'on peut trouver dans la serre de sa communauté religieuse

Le miraculeux Konjac est enfin officiellement commercialisé  ! , In Les Amis de l'Autel, le 13/08/2019

Note de la communauté journalistique internationale a écrit :Au Makota, aucune législation n'encadre l'usage du publireportage ou rend obligatoire une déclaration en cas de recours à un tel procédé, les lecteurs du présent article en tireront toutes les conclusions qu'ils voudront, car, bien que cela n'a pas été abordé dans ce curieux papier, il se trouve que la culture du Konjac demeure encore très largement la chasse gardée de Clergé, lequel contrôle le journal qui publie cet article, ce même clergé qui n'a d'ailleurs jamais eu la droit de consommation exclusif de ce produit contrairement à ce qui est affirmé avec aplomb. La vérité est beaucoup plus simple : qui mangerait un aliment aussi fade sinon quelqu'un qui a embrassé la condition monastique et ses privations (ou qui a beaucoup de poids à perdre) ?
texte en vracLe miraculeux Konjac est enfin officiellement commercialisé  !
La farine de Konjac, longtemps la propriété exclusive du clergé makotan devient enfin accessible à tous.
Longtemps considérée comme une plante à garder secrète par la plupart des ordres religieux du Makota, et plus généralement par les institutions de vie consacrée volignonistes d’Aleucie, le konjac devient enfin une plante accessible à tous. En effet, les autorités religieuses du Makota, en l’occurrence le Concile national, ont décidé que « rien ne justifiait plus que l’on prive la population générale de l’accès à cette plante absolument bénéfique pour notre époque moderne, d’autant que rien ne justifiait sérieusement l’interdiction égoïste et outrancière dont elle a fait l’objet par le passé ». Mais qu’est-ce qui rend cette plante si précieuse qu’on ait ressenti le besoin, après l'avoir pour ainsi dire cachée, de la démocratiser, au-delà du seul monde monastique ? C’est avant tout son remarquable pouvoir coupe-faim, associé à une texture unique qui fait des pâtes et vermicelles tirés de sa farine de véritables alliés dans la guerre contre le sucre que l’humanité mène depuis l’avènement de l’alimentation industrielle, la sédentarisation massive et l’accès permanent aux calories. Certes, le Makota a su se protéger pour l'essentiel du mouvement catastrophique d'indus-trialisation de l'alimentation mais il ne faut pas croire qu'il est pour autant hors de tout danger et que l'on ne doit pas, nous aussi, mener une guerre acharnée aux glucides sous toutes leurs formes.
Dans cet article, nous expliqueront en quoi cette libération du konjac constitue un tournant décisif dans le combat incessant les citoyens des pays modernes doivent livrer contre l’obésité et ses conséquences abominables et nous fournirons quelques conseils pratiques d'ordre culinaire.
Le Konjac : Une plante méconnue
Le Konjac est une plante vivace originaire des régions montagneuses et humides de Nazum. Elle se distingue par son tubercule massif, souvent comparé à une grosse pomme de terre irrégulière, qui peut atteindre plusieurs kilos à maturité. Ce tubercule, qu'il convient plutôt, en toute rigueur naturaliste d'appeler corme, est renferme une concentration exceptionnelle de glucomannane, une fibre soluble qui possède la remarquable capacité d’absorber jusqu’à cent fois son poids en eau. Une fois hydratée, elle forme un gel visqueux et presque transparent, à l’origine de la texture si particulière et ragoutante des produits qu'on en tire.
Cultivée traditionnellement dans les jardins clos des couvents du Makota et à l'usage presque exclusif des femmes consacrées, le Konjac a toujours eu la réputation exagérée de plante délicate difficile à cultiver. Bien qu'elle ne soit en réalité pas si difficile à mettre en culture, elle exige cependant des conditions précises pour s'épanouir dans les serres d'Aleucie : une terre riche, un ombrage constant et une humidité régulière et une protection contre les froids rigoureux (il ne faut en aucun cas descendre sous les dix degrés en dessous de 0). Son cycle de croissance est lent ; il faut souvent trois à quatre années avant que le tubercule n’atteigne une taille suffisante pour être récolté, on peut cependant accéléré le processus en s'assurant que la température dans la serre demeure toujours au dessus des 15 degrés, empêchant le Konjac d'entrer en dormance.
Aujourd’hui encore, les feuilles immenses et élégamment découpées de la plante, qui peuvent dépasser le mètre de haut, restent un spectacle impressionnant dans les serres des couvents ainsi que dans la plupart des muséums d'Histoire Naturelle du Makota, et en particulier celui de Sainte-Régine, la capitale, où vous pouvez contempler toute l'année desvoir des spécimen absolument magnifiques.

Une farine aux puissantes propriétés diététiques
Ce qui rend le konjac véritablement précieux dans le cadre nutritionnel, c’est sa quasi-absence de calories combinée à son pouvoir rassasiant hors du commun. Une fois transformé en farine, il permet de réaliser des pâtes, vermicelles, riz ou pains qui conservent une saveur neutre tout en offrant une sensation de satiété durable. Il s'agit ni plus ni moins qu'un secret minceur connu depuis longtemps par nos religieuses et enfin rendu accessible à toute le population. Le gel de glucomannane (le glucomannane étant, pour rappel, le principe actif de la plante) ralentit la vidange gastrique, stabilise la glycémie et réduit l’absorption des sucres et des graisses. C'est pourquoi, dans un contexte où l’obésité et les troubles métaboliques touchent désormais même les milieux les plus protégées du Makota, cette plante ou, pour être plus précis, la farine que l'on obtient en rappant sa corme, constitue un outil d’une efficacité rare dans la lutte contre les excès modernes et la difformité répugnante des corps obèses.
Ainsi, la décision du Concile national marque un tournant stratégique dans la santé publique du Makota. En rendant le konjac accessible à tous, les autorités religieuses reconnaissent enfin que la tempérance alimentaire ne doit plus être l’apanage des cloîtres, mais un bien commun offert à chaque citoyen et qu'il doit être possible à tout le monde de bien manger, copieusement, sans devoir pour autant grossir.
Des pâtes accommodables avec toutes les sauces
Au-delà de ses vertus nutritionnelles, le konjac présente des qualités gustatives et culinaires surprenantes. Sa texture élastique et légèrement caoutchouteuse séduit de plus en plus les ménagères à mesure que le produit devient accessible à l'ensemble des foyers. Les cuisinières qui y voient un support idéal pour les sauces ou les bouillons parfumés. Qu’il soit préparé en vermicelles translucides, en blocs pour mijotés ou en
fines lamelles croustillantes après séchage, il s’adapte à toutes les plats makotans sans jamais imposer son goût, seulement sa présence discrète mais rassasiante. Par ailleurs, avec un temps de cuisson ne dépassant pas les dix minutes et une grande tolérance pour les épices en poudre, le konjac permet également au vacher pressé de se rassasier rapidement en chauffant l'eau de son quart et en l'y versant ses pâtes sans devoir quitter la prairie.
Pour la ménagère : Comment faire des pâtes avec la farine de Konjac, les conserver et les cuisiner ?
Pour préparer des pâtes à partir de farine de konjac, il suffit de mélanger environ 10 grammes de farine de Konjac avec 500 ml d’eau froide dans une casserole. On fouette énergiquement pour éviter les grumeaux, puis on porte le mélange à ébullition tout en remuant jusqu’à ce qu’il épaississe et devienne visqueux et translucide. On incorpore alors un peu de chaux alimentaire, on mélange bien, et on verse la préparation dans un moule pour la laisser refroidir complètement jusqu’à ce qu’elle forme un bloc solide. Une fois pris, on découpe ce bloc en vermicelles ou en rubans selon la forme souhaitée. La cuisson finale se fait très simplement : on plonge les pâtes découpées dans une grande quantité d’eau bouillante pendant 5 à 10 minutes, puis on les égoutte et on les rince à l’eau froide. Les pâtes sont alors prêtes à être utilisées dans des soupes, sautés ou sauces.
La farine de konjac se conserve très longtemps dans un récipient hermétique, à l’abri de l’humidité et de la lumière. Une fois les pâtes préparées, elles se gardent plusieurs jours au garde-manger dans un bol d’eau fraîche couvert que l’on change tous les deux jours. Elles peuvent également, si vous disposez d'un congélateur, être congelées après cuisson et rinçage pour une conservation encore plus longue. Cette méthode de préparation reste simple et donne des pâtes très pauvres en calories, parfaites comme coupe-faim.
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Article de presse en trois colonnes avec une illustration en demi teinte ou tramage montrant un groupe d'écclésiastiques, ici c'est le Concile du Makota, en réunion, une religieuse apportent des boissons, sans doute du vin.


Comprendre l'organicité de l’Église , In Les Amis de l'Autel, le 28/08/2019


texte en vracComprendre l'organicité de l’Église
A l'occasion d'une session extraordinaire du Concile, prenons le temps d'expliquer les compétences de l’Église.
Il n’est pas toujours bien aisé de saisir la complexité des rapports qui unissent la République du Makota à son Église. D'autant plus que de fortes disparités légales au niveau local et héritées de l'histoire concourent à entretenir une confusion durable dans les esprits même les mieux formés. Cet état de fait, associés à une lecture souvent simpliste et anti institutionnelle (et disons les termes : anti état), donnent l’impression que les liens entre l’Église et l’État sont bien plus formels et distants qu’ils ne le sont en réalité dans les textes et dans leurs interpénétrations au sommet.
Aussi nombreux sont ceux qui voient dans la République du Makota un État volignoniste régi par un simple et classique régime concordataire. Or, il s’agit en vérité d’un État au sein duquel l’Église occupe une place organique. On objectera peut-être qu’il s’agit là d’une simple querelle de mots et que la différence entre concordat et organicité est finalement secondaire. Mais ce serait une grande erreur car cette distinction n’est absolument pas anodine car elle renvoie à deux conceptions profondément différentes du rôle de l’institution religieuse dans la société et dans l’État. Rappelons d’ailleurs que si l’Église peut, par pragmatisme, accepter des concordats, elle les considère inférieurs à l'organicité de l'Eglise.
Profitons donc de la réunion du Concile des Évêques du Makota — organe directeur de l’Église volignoniste nationale — qui examine actuellement des affaires canoniques courantes, pour préciser quelles sont les sept compétences exclusives du clergé makotan et en quoi son organicité lui confère une structure radicalement différente de celle d’une Église concordataire.
L’organicité et le concordat : quelles différences ?
Commençons par exposer clairement en quoi ces deux statuts diffèrent profondément et s’excluent l’un l’autre. Un concordat est un accord qui réglemente les relations entre l’État et l’Église nationale d’un pays. Sous ce régime, l’État reconnaît le clergé et sa compétence principale — le culte —, mais ne lui accorde que ce que prévoit explicitement le texte du concordat, et uniquement dans un cadre contractuel. Il instaure ainsi une distance institutionnelle entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, là où devrait exister une coopération ordonnée des deux pouvoirs. Dans les meilleurs cas, les concordats permettent au clergé d’être salarié par l’État et de bénéficier d’un soutien public pour certaines de ses missions. Ces missions ne sont cependant exercées qu’en partage, jamais de manière exclusive et sans regard de l’État. Outre ce défaut de non-exclusivité, le concordat place généralement l’Église dans une situation de dépendance vis-à-vis du pouvoir civil pour l’essentiel de ses compétences. Du point de vue de la doctrine, cela constitue un désordre par rapport à l’ordre voulu par Dieu.
C’est précisément cet ordre conforme à la loi divine que l’on nomme Église organique. Dans le cas du Makota, le clergé dispose de son propre statut, de ses lois et de ses tribunaux. Le pouvoir temporel n’exerce aucune autorité sur lui. Il bénéficie en outre de compétences exclusives qu’il n’est pas tenu de partager, ni avec les tenants d’autres religions, ni avec les hérétiques, ni avec les partisans de la mécréance. En régime organique, les rapports entre l’Église et l’État sont donc bien ordonnés, sans domination du pouvoir civil sur le pouvoir religieux. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles ce statut rencontre une large adhésion au Makota : il protège l’Église — et donc la religion — de toute ingérence étatique, lui permettant d’accomplir pleinement sa vocation : le salut des âmes et le service des plus démunis. C'est là très exactement ce que l'on nomme les sept compétences exclusives de l’Église et c'est ce que l'on va voir à présent.
La première des sept compétences : le culte
La plus évidente et la plus fondamentale des compétences du clergé est celle du culte. Elle englobe l’ensemble des actes publics religieux par lesquels l’Église et ses ministres veillent à ce que le peuple demeure en bonne intelligence avec Dieu et que le culte d’adoration qui lui est dû soit rendu conformément aux volontés divines manifestées au long de l’histoire de l’Église. Concrètement, seul le clergé est habilité à offrir publiquement le sacrifice au bénéfice de l'ensemble de la population. À cette fin, il dispose des édifices consacrés que sont les églises et peut exiger le respect, au moins formel, des interdits ou impératifs de la religion. Ainsi, l’assistance à la messe les dimanches et jours d’obligation est théoriquement obligatoire, et le clergé peut engager des procédures légales visant à écarter des fonctions publiques tout homme qui ne serait pas en règle avec les dispositions du droit canon concernant réception des sacrements. Par ailleurs, chaque membre du clergé est légalement tenu de réciter intégralement et à haute voix l’office du bréviaire dans le chœur de l’église où il est incardiné car outre le fait que les sacrements publics sont dus à la population, la la prière de l’Église lui est également profitable.
La seconde compétence : l'état civil
Il en résulte logiquement que le clergé tient les registres d’état paroissiaux qui font aussi office d'état civil pour l'ensemble de la population du Makota, registres dans lesquels il recense scrupuleusement les baptêmes — administrés le plus tôt possible pour assurer le salut des enfants en cas de mort subite et leur éviter les limbes —, les mariages, les premières communions, les

confirmations, la délivrance des billets de confession et de communion (ou actes de catholicité), ainsi que les actes d’obsèques.
La troisième compétence : la sépulture
Tout ce qui touche à la mort relève des compétences exclusives du clergé. Outre la célébration des obsèques, la gestion des cimetières — terres consacrées —, la direction des fossoyeurs et l’attribution des concessions sépulcrales relèvent intégralement de l’autorité ecclésiastique. Concrètement, l’Église exerce un pouvoir complet sur les morts et sur leurs tombes. Ce pouvoir découle d'une de ses missions essentielles : conserver autant que possible les corps des chrétiens défunts afin d’assurer dans les meilleures conditions leur résurrection aux derniers jours. C’est de cette autorité sur les morts que l’Église tire également le droit de prélever des reliques sur les dépouilles des saints et de les conserver dans des reliquaires, afin d’en faciliter la vénération au plus grand bénéfice des fidèles.
La quatrième compétence : l’instruction
Autre compétence exclusive et de premier ordre, l’instruction de la jeunesse constitue l’une des activités centrales de l’Église. Tout ce qui concerne l’enseignement des jeunes, quel que soit leur sexe ou leur état, relève directement de l’autorité ecclésiastique. C’est pourquoi l’on voit partout, dans chacune de nos municipalités et dans la plupart de nos districts, des écoles tenues le plus souvent par des religieuses. Les établissements secondaires et les lycées sont généralement confiés à des religieux, tandis que les religieuses conservent la charge des écoles de filles. Il n’est pas permis d’enseigner des enfants sans l’autorisation explicite de l’Église. Les ordres religieux jouissent cependant d’une large liberté d’action, tout en demeurant formellement subordonnés au clergé séculier. L’instruction est d’ailleurs l’activité qui mobilise le plus grand nombre de clercs au Makota. Notons cependant que l’Église n'a aucun mal à déléguer une partie de ses enseignements professionnels à des laïcs compétents mais que même dans ce cas la direction de ces enseignements demeurent toujours sous la surveillance du clergé.
La cinquième compétence : le soin aux malades
Si l’instruction mobilise le plus grand nombre de clercs, le soin aux malades est sans doute la compétence qui requiert le plus de moyens financiers et matériels. Cette mission de santé publique relève également de la compétence exclusive de l’Église. Vous le savez certainement, il n’existe donc pas de ministère de la Santé, les hôpitaux et l’ensemble des établissements de soins relèvent de l’autorité ecclésiastique, au même titre que l’université et les institutions d’enseignement supérieur. C’est pourquoi nos hôpitaux et nos cliniques fonctionnent essentiellement grâce aux religieuses, qui assurent les soins infirmiers et l’entretien des établissements et de leurs pensionnaires. Les médecins ne sont pas des clercs tonsurés, mais ils relèvent, comme les universitaires et les chercheurs, de l’autorité et de la protection du clergé sur le plan juridique et fiscal. On peut donc les considérer, d’un certain point de vue, comme des clercs non tonsurés.
Sur le plan institutionnel, tous les établissements de santé n’appartiennent pas directement à l’Église. Outre les dispensaires et les hôtels-Dieu (c'est à dire les hôpitaux), il existe de nombreuses cliniques privées. Cependant, que l’établissement soit public ou privé, le personnel soignant de base et intermédiaire est toujours composé exclusivement de religieuses, et le corps médical demeure placé sous l’autorité et la protection du clergé. Cette compétence s’étend à toutes les spécialités médicales et à tous les types d’établissements, y compris les structures de soins psychiatriques qui sont des établissements comme les autres ou les cliniques esthétiques et autres centres de soins cosmétiques.

La sixième compétence : la charité
La charité, c’est-à-dire l’aide aux nécessiteux, constitue une compétence essentielle de l’Église. Le terme charité est ici employé par abus de langage, car la charité, reine des vertus théologales, désigne bien plus que la seule assistance matérielle aux pauvres (rappelez-vous votre catéchisme : la charuté consiste en l'amour de Dieu au mépris de soi et du prochain comme soi-même). Il s’agit néanmoins du mot consacré, et c’est donc celui qu’il convient d’utiliser pour être compris. Comme on le sait, il n’existe pas de ministère de l’Aumône ou de l'Anone, ni d’autre structure étatique de soutien aux plus démunis. Il revient à l’Église de veiller à ce que les plus misérables aient de quoi survivre et puissent, autant que possible, sortir de leur condition d'excessive impécuniosité.
À cette fin, l’Église organise de nombreuses œuvres de natures très diverses. On pense naturellement aux soupes populaires pour ceux qui manquent de nourriture ou ne mange pas suffisamment à leur faim. L’Église gère également des monts-de-piété, où l’on peut mettre en gage ses biens à des conditions avantageuses, ainsi que des brocantes caritatives. Elle dispose par ailleurs de refuges destinés à accueillir les clochards, les vieillards isolés, ou encore les filles-mères rejetées par leur entourage et qui ont besoin d’un lieu pour mettre au monde et, idéalement, élever leur enfant malgré le péché de sa conception. Il existe aussi des fabriques ecclésiastiques qui fournissent du travail à ceux qui n’en trouvent pas. Sur le plan médico-social, on trouve des centres de lutte contre la toxicomanie, des maisons d’assistance pour les personnes en situation de handicap dont les parents craignent qu’elles se retrouvent seules après leur décès, ainsi qu’un grand nombre d’autres œuvres de bienfaisance. L’ensemble de ces activités est organisé, financé et largement administré directement par le clergé.
La septième compétence : les archives
Héritage ancien de l’époque médiévale en Eurysie, où l’Église exerçait largement un monopole sur l’écrit et donc de la tenue des écritures publiques, cette dernière compétence n’a cessé de reculer au fil des siècles, sans toutefois disparaître tout à fait. Aujourd’hui, le rôle archivistique du clergé s’est fortement réduit, chaque administration et collectivité gérant généralement ses propres archives en interne. Il demeure cependant que les archives centrales du Makota, et surtout les fonds anciens et patrimoniaux, relèvent de la compétence exclusive de l’Église. C’est également sur le fondement de sa maîtrise de l’écrit que le clergé fonde sa revendication à la tenue d’un Index des livres interdits. Il convient de préciser que l’Index n’a pas de force contraignante en lui-même. Chacun reste libre d'imprimer, acheter, vendre, posséder ou lire un ouvrage mis à l’Index, même si cela peut entraîner des peines d’excommunication et d’exclusion des fonctions publiques. Ces sanctions demeurent toutefois extrêmement rares et réservés aux cas les plus flagrants, l'Index devenant souvent contraignante de facto, bien qu'elle ne le soit pas de jure.

Pour conclure cet article, vous l’aurez constaté, l’organicité de l’Église du Makota va bien au-delà d’un simple concordat. Il serait donc erroné de confondre les deux régimes. Rappelons que le Dakora, avant d’être ravagé comme l'on sait — sans doute par un châtiment divin en punition des péchés publics de ses élites —, était régi par un concordat minimaliste dont on ne peut que constater les cruelles limites et l’on a pu mesurer les conséquences désastreuses qui en ont résulté. C'est pourquoi, plus que jamais, chérissons l’organicité de notre Église et souvenons-nous que c’est par elle que notre pays reçoit les bénédictions qui en font assuré-ment l’un des lieux les plus favorables au salut, malgré les œuvres des démons et ceux qui les servent.
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Article de presse en demi teinte ou tramage, noir et blanc, avec une illustration montrant une criminelle vétue d'une toile de jute en passe d'être pendue par le Sherif sous le regard de la foule mais avec l'assistance de la Religion.

Exécution publique d'une tueuse de vieillards à Ranch-le-Grand , In Les Nouvelles du Makota, le 23/12/2019


Texte en vracExécution publique d'une tueuse de vieillards à Ranch-le-Grand
Une religieuse défroquée coupable du meurtre des pensionnaires de son hospice a été relevée de ses vœux puis pendue
Ce matin, au lever du soleil, justice a été faite au gibet de Ranch-le-Grand, où l’on a pendu Mlle Marie-Dominique Dauphin en présence d’une foule nombreuse. Cette ancienne religieuse, qui s’était défroquée à l’occasion de la révolte des progressistes et de leur prise de la ville il y a quelques mois, avait tenté de disparaître sans succès lorsque les insurgés se sont rendus et ont bénéficié de la loi d’amnistie présidentielle. Son crime étant antérieur et indépendant de la révolte, Mlle Dauphin ne pouvait toutefois profiter de cette amnistie pour échapper a ses crimes. Elle fut donc arrêtée dans la foulée de la reddition des révoltés. Scandalisée par un crime aussi odieux ainsi que par son défroquage, l’Église ne fit aucune difficulté au bras séculier et la déclara ne plus relever des tribunaux ecclésiastiques. C’est ainsi que la criminelle put subir un procès et épuiser tous les recours possibles que lui permettait la loi avant d’être finalement pendue en place publique. Elle fit cependant montre d’une admirable repentance, se confessant et obtenant l’absolution avant de demander publiquement pardon aux familles de ses victimes. Il lui est reproché, outre quelques crimes de mœurs, la mort d’au moins trente vieillards, et on la soupçonne d’en avoir tué une bonne centaine d’autres. Dans cet article nous reviendrons ensemble sur toute cette histoire.
La famille et l’enfance de Mlle Dauphin
Née en 1989 dans une famille de petits paysans pauvres installés le long du fleuve Makota, dans le comté de la Horlanerie, Marie-Dominique Dauphin ne semblait en rien prédestinée à devenir l’odieuse criminelle qu’elle devint par la suite. Son père, Jean-Jacques Dauphin, exploitait — et exploite encore — des terres arables dans le cadre d’une activité maraîchère, tandis que sa mère s’occupait courageusement de la maison et de l’éducation de leurs onze enfants. Après une petite enfance passée auprès de sa mère et de ses frères et sœurs, la fillette est placée en pension dans une petite école du comté de la Horlanerie, où elle apprend à lire, à écrire, à compter, ainsi que les principales prières et principes moraux. La religieuse chargée de son instruction remarque cependant en elle des facultés intellectuelles qui la rendent capable de suivre des études plus poussées. La jeune fille manifeste également un réel appétit pour les œuvres d’Église. D’accord avec son père et le curé du village, elle est alors placée au noviciat des sœurs réginistes du comté afin d’y parfaire sa formation et de préparer ses vœux.
Nous avons interrogé plusieurs de ses consœurs qui se trouvaient avec elle au noviciat à cette époque. Elles nous dépeignent une jeune fille effacée et discrète, humble et consensuelle, rien qui ne laissait présager l’esprit dévoyé et animé de désirs criminels qui sommeillait en elle. D’ailleurs, tout le monde est dupe, y compris la supérieure du noviciat, qui inscrit dans ses bulletins des observations très positives et louangeuses. Une fois sa formation initiale achevée, celle qui se fait alors appeler Sœur Ambre, en hommage à la fameuse sainte barberienne, est envoyée poursuivre son noviciat dans un asile de vieillards du comté des Marais. Si l’on en croit ses aveux, la novice Sœur Ambre n’aurait tué aucun vieillard à cette époque, mais aurait commencé à prendre conscience de leurs souffrances et de leur désir de mourir. Toujours est-il qu’en 2008, alors âgée de dix-neuf ans, la sœur Ambre est admise à prononcer ses vœux perpétuels, reçus par Mgr Roux, évêque de Sainte-Régine. Une fois revêtue du voile noir des sœurs profès de l’Ordre des Sœurs Règinistes, la sœur Ambre est envoyée servir dans plusieurs hospices un peu partout au Makota. C’est durant cette période d’instabilité qu’elle aurait découvert sa passion pour le crime. En particulier lors de son passage à l’hospice de la municipalité de Bérengeville, dans le comté de Grand-Pré, où elle fait la rencontre d’une supérieure du nom de Mère Ameline, internée chez les fous depuis, qui devint son mentor et lui enseigna de coupables manières d’aimer dans le cadre d’une union illicite que l’on a coutume d’appeler « la malédiction makotane ».
Mère Ameline, mentor consanguine et perverse
C’est donc avec cette Mère Ameline que sœur Ambre apprit toutes les mauvaises choses qu’elle commettrait par la suite. Arrêtons-nous un instant sur cette supérieure pour le moins curieuse et malsaine. Ameline, de son nom civil Jeanne-Marie Garamond — et oui, il s’agit bien d'une fille de la maison des grands ranchers du comté Versant — est une femme aux nerfs fragiles et à l’esprit instable, deux choses causées, semble-t-il, par un excès de consanguinité frappant sa famille, comme il arrive encore trop souvent dans nos grandes maisons. Le dossier d’internement à l’asile d’aliénés de cette Ameline nous apprend que ses parents se sont unis anti-canoniquement du fait de leur proximité familiale (cousinage au premier degré), et que le clergé en charge tolérait ces mariages depuis bien longtemps, puisqu’il s’agissait de la troisième union consanguine consécutive que se permettait la famille pour des raisons bassement foncières. D’ailleurs, une partie non négligeable de la fratrie se révéla peu viable et globalement idiote ou contrefaite — ce qui incluait plusieurs polyhandicapés aux souffrances bien réelles, qui ne portent guère à plaisanter. Aussi, cette fille Garamond, à l’esprit jugé trop fragile pour gérer un foyer, bien que performante sur le plan intellectuel, fut placée dans les ordres en dépit d’une absence manifeste de vocation. Après avoir obtenu un diplôme d’infirmière spécialisée d’assez haut niveau, et malgré une réputation professionnelle admirable dans le monde chirurgical, son esprit instable et ses nerfs fragi-
-les eurent raison de sa carrière. Après plusieurs internements temporaires en maison de repos, elle fut renvoyée des blocs chirurgicaux et placée dans les hospices, où elle ne tarda pas, sous la pression de la famille Garamond auprès des autorités épiscopales, à prendre la tête d’un établissement malgré l’opposition des supérieures de l’ordre. Établissement dont elle perdit progressivement la direction à mesure que son état psychique se dégradait. Elle fut alors secondée par une prieure qui ne tarda pas à devenir coadjutrice avant de la remplacer tout à fait quand sa folie devint manifeste et exigea un internement permanent. C'est donc durant ce supériorat illégitime et calamiteux que cette fille Garamond instilla toutes les mauvaises choses qu'on lui vit faire plus tard.
Sa supérieure lui enseigne le meurtre
Si l’on en croit les aveux de Mlle Marie-Dominique, c’est sous les instructions et la supervision de son mentor qu’elle commença à tuer ses premiers vieillards. En effet, le premier vieillard qu’elle tua, elle le fit avec une seringue que Mère Ameline lui remplit et qu’elle lui mit dans les mains. C’est sous son regard que la jeune religieuse procéda à cette première injection létale qui coûta la vie au vieillard. Mère Ameline avait habillé ce meurtre de la meilleure façon possible, insistant sur le fait que l’homme souffrait beaucoup, qu’il avait récemment reçu les derniers sacrements d’un prêtre et qu’en mettant fin à ses souffrances, on lui rendait finalement un grand service et que l'on faisait une œuvre de charité bien qu'il faille la dissimuler pour ne pas provoquer de scandale. C’est ainsi que Mlle Marie-Dominique tua sa première victime. La justice eut cependant la bonté de lui épargner la culpabilité de cette mort ainsi que des quelques autres qui suivirent, estimant qu’elle agissait sous l’emprise d’une supérieure démente et perverse qui était la principale responsable de ces meurtres. Évidemment, la folie de la fille Garamond la protégeait de toute forme de poursuite. Mais ces crimes ne devaient être que les premiers, et la liste devait être très longue. Si, dans ces premiers cas, on pouvait clairement voir la main criminelle et folle d’une supérieure calamiteuse et irresponsable, il vint un moment où il ne fut plus possible d’invoquer l’influence de Mère Ameline.
Ainsi, plus tard, c’est la sœur Ambre elle-même qui remplit la seringue et qui se chargea d’absolument tout, sous la direction lointaine d’une supérieure déjà largement en proie à la folie. Enfin, il vint un moment où Sœur Ambre décida seule de qui devait mourir. Cela advint peu de temps avant que Mère Ameline, après une crise d’hystérie survenue lors de prises de voile de novices durant laquelle elle hurla à ces dernières de ne pas prendre le voile, accompagnée de paroles plus ou moins cohérentes et largement vulgaires et accom-pagnés de gestes et de postures indécentes que nous ne vous décrirons pas. Cela se produisant en présence de l’évêque et d’un clergé très nombreux, la famille Garamond ne put empêcher l’internement de leur fille. C’est ainsi que la sœur Ambre perdit celle qui était tout à la fois sa mentor, sa protectrice, son amante, sa complice et son initiatrice dans le crime. Chose accablante pour les autorités ecclésiastiques, le procès-verbal d’internement sous contrainte de Mère Ameline fait état de l’ensemble des faits que nous avons rapportés, entrecoupés, il est vrai, de propos beaucoup plus vulgaires rendant l’ensemble moins clair. La justice d’Église possédait donc déjà l’ensemble des infor-mations disponibles sur cette affaire mais n’en fit rien. Mère Ameline fut donc déchue de son supériorat, libérée de ses vœux et internée jusqu’à sa mort, survenue il y a quelques années. Quant à la sœur Ambre, elle fut déplacée dans un petit asile de vieillards dont elle prit rapidement la tête, sans que personne ne soupçonne qu’elle pourrait poursuivre ailleurs ce que sa mentor lui avait appris à faire. Cet asile de vieillards,
c’était la Maison Sainte-Zabeline, à Ranch-le-Grand. C’est là qu’elle commit les crimes pour lesquels on l’a condamnée, et c’est aussi là qu’elle fut arrêtée et pendue.
Des statistiques de mortalité aberrantes
Ce qui a trahi la nouvelle Mère Ambre et son goût pour le meurtre secret sous apparence de bien, c’est une négligence dans la gestion administrative de son petit hospice. En effet, une étude un tant soit peu attentive de ses statistiques de décès suffisait amplement à établir, sans contestation possible, une surmortalité aussi remarquable qu’inexplicable. Associée également — ce qui est encore plus frappant — à un nombre très faible de pensionnaires atteints de démence sénile ou d’autres maladies lourdement dégénératives. En somme, une simple analyse des données remontées aux autorités de l’Ordre permettait de montrer que l’hospice Sainte-Zébeline, sis à Ranch-le-Grand, tuait ses vieillards dès lors qu’ils devenaient déments ou impotents. Et il n’était pas difficile de pointer du doigt la responsabilité de la supérieure, non seulement parce que sa position en faisait la coupable selon la loi, mais aussi parce qu’elle n’était alors assistée que par des novices encore fort peu formées, ce qui rendait peu probable que ces jeunes filles aient pu commettre de tels actes. Naturellement, le dossier de Mère Ambre, ainsi que celui de sa mentor feu Mère Ameline, ne tarda pas à sortir dans la presse. L’on connut alors un nouveau scandale de nonnerie comme l’on en connaît fréquemment au Makota. Cependant, là où l’on s’attendait à ce que la coupable fût arrêtée par le shérif et ses hommes, l’insurrection des progressistes et la prise de la ville par ces derniers empêchèrent cette arrestation. Durant ces quelques jours de guerre civile qui marquèrent le Makota, tout le monde songea à bien autre chose que d’aller arrêter une religieuse soupçonnée d’être une tueuse de vieillards.
Elle défroque avec se novice et rejoint les insurgés
Cependant, exaltée sans doute par les messages révolutionnaires des milices d’extrême gauche qui tenaient alors la ville, ou bien se sachant grillée définitivement dans le monde religieux — ou plus probablement les deux à la fois —, Mlle Marie-Dominique Dauphin jeta son habit aux orties et abandonna son hospice, non sans prendre avec elle une de ses novices avec laquelle elle entretenait, de l'aveux même de l’intéressée, des relations contre nature et immorales. Cette novice, du nom de religion de Jeanne, mais Marie-Pauline Armand au monde, aurait d’ailleurs procédé au meurtre, sous l'influence de son mentor, de plusieurs vieillards. C’est du moins ce qu’elle avoua lorsqu’elle tomba, avec sa supérieure et amante, entre les mains de la Cavalerie du Makota à l’occasion de la reddition de la ville consécutive à la capitulation sous condition de l'armée d'autodéfense progressiste. Séparée de sa Supérieure, elle se déclara alors manipulée et demanda à retourner dans la vie religieuse, ce qui lui fut accordé.
Le procès et les recours
Naturellement, Mlle Marie-Dominique Dauphin demeura en prison et fut inculpée de meurtre aggravé, d’inversion et de scandale. Face à l’abomination de ses crimes et à son comportement durant la sédition progressiste, elle fut immédiatement chassée de l’autorité des tribunaux d’Église et remise aux tribunaux séculiers qui n'eurent aucun mal à la reconnaître coupable, condamnation confirmée en appel. Elle adressa alors une demande de grâce au président Irreville, qui la refusa, indiquant qu’il n’y avait aucune indulgence à attendre de lui pour quiconque tue des vieillards, et qu’il n’avait pas plus de pitié pour elle que pour les tueuses d’enfants qui lui avaient déjà demandé sa grâce dans le passé. Notons enfin que les aveux de la coupable et son absolution finale lui donnent droit à une sépulture chrétienne dans le caveau familial.
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