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CARNAVALE MATIN
23/07/2017


Prix San Youté, deuxième au classement des grandes puissances, que cache la consécration de Carnavale à l’internationale ?


Prix San Youté, deuxième au classement des grandes puissances, que cache la consécration de Carnavale à l’internationale ?

Prix San Youté, deuxième au classement des grandes puissances, que cache la consécration de Carnavale à l’internationale ?

Il y a quelques semaines, le docteur Philippe Géminéon, personnalité importante de Carnavale, remportait ex aequo le prix San Youté du chercheur étranger pour la réussite de sa greffe de cerveau. Cette semaine, Pascal Bonnebouille plaçait la Principauté deuxième dans son classement annuel des grandes puissances, loin devant ses rivales et des poids lourds comme le Grand Kah ou l’Alguarena, qualifiées même de nations en déclin. A l’opposé du déni des tabloïds de l’OND, la communauté internationale sait reconnaitre l’excellence et le succès lorsque ceux-ci sont sous son nez. Les bons résultats de Carnavale dans la presse étrangère viennent en effet consacrer l’étonnante résilience de la Cité noire, particulièrement lorsque tout semblait prédire à sa chute.

Peu de nations peuvent se targuer d’avoir soutenu si longtemps et avec tant de constance une croissance économique stable. Le Makota mis à part (qui s’est assez mystérieusement stabilisé autour de 1 000 milliards de PIB du jour au lendemain), seul le Califat constitutionnel d’Azur peut prétendre faire aussi bien. Des succès mérités, car la nation afaréenne est à l’avant-garde de nombreux projets ambitieux qui la confirment dans une position de leader régional, et bientôt mondial. Mais le triomphe de Carnavale est d’autant plus spectaculaire que celle-ci est sous blocus, et partiellement envahi. Si les experts ont longuement spéculé sur l’inefficacité de la stratégie de l’OND consistant à assiéger rien de moins que le cœur névralgique de la nation, sa capitale, notamment en la plaçant sous blocus maritime, la preuve est désormais sous les yeux du reste du monde que cela n’a eu aucun impact sur Carnavale. La Principauté a quasiment doublé son PIB en un an et demi, ne pâtissant que peu (c'était prévisible) de la capture de quelques silos à grains dans son arrière-pays.

Bien loin de l’affamer ou de l’appauvrir, la guerre semble avoir remis la Principauté sur les rails d'une économie prospère et dynamique. Les réformes audacieuses initiées par le clan Castelage auront éradiqué l’inflation endémique de Carnavale et relancé l’économie intérieure, au point de recouvrir en un an la totalité du potentiel industriel de la Cité noire. Carnavale fait la démonstration, par le fait, de sa résilience. Si nombreux sont ceux à avoir douté du potentiel de la Cité noire, l'accusant même parfois d’État failli, celle-ci montre sans contestation possible que son marché intérieur, la concentration de ses richesses et de ses capitaux en un seul lieu a fait de la capitale un espace suffisamment dynamique et innovant pour prospérer tout seul, même coupé du reste du monde.

L’évidence est donc bien-là : la Principauté s'enrichit malgré tout, et ce ne sont pas les salves de missiles rancunières ou les blocus troués qui changeront cet état de fait. La croissance débridée de Carnavale n’est pas qu’un doigt d’honneur adressé à ses adversaires, c’est aussi un signe, concret et indéniable, de la véritable nature de Carnavale. Car la Principauté n'est pas une démocratie libérale et connectée au reste du monde, dépendante de ses partenaires ou de ses alliances, qui se retrouverait nue une fois isolée. Carnavale est une machine chaotique mais résiliente et autonome, forte d’une population de plus de cinquante millions d'habitants, hétéroclites, surprenante et débrouillarde, capable de s’adapter à tout et n’importe quoi. Qu'est-ce qu'un bombardement aérien quand les immeubles s'effondrent déjà tout seul et que les épidémies font davantage de ravage qu'une salve de missiles ? Carnavale avait prévenu, mais ils n'ont pas écouté : la Cité noire est bien plus résistante que ne le pensent ses ennemis. On ne tue pas Carnavale, on ne l’écrase pas, on ne la fait pas taire. Car seule Carnavale peut blesser Carnavale, elle grouille, prospère et évolue en dehors de toute considération des élites, qu’elles soient nationales ou étrangères.

Si Améthyste Castelage a su « libérer les énergies », elle n’a pas piloté l’émergence de la nouvelle classe bourgeoise qui fait aujourd’hui la prospérité de la Cité noire. L’économie résolument libérale de la Principauté ne permettrait pas une telle planification aux accents loduariens. Améthyste s’est contenté de briser le tabou de la thésaurisation, de lâcher la bride au peuple, de l’abonder de capitaux et de regarder où ruissellent la richesse et les investissements. Le résultat est spectaculaire : donnez des opportunités aux Carnavalais et ils vous bâtiront en un an une puissance de premier plan. Tel est le peuple de Carnavale : génial, dans tous les sens du termes. Son excentricité mêlé aux opportunités inhérentes à la Cité noire font de cette dernière un incubateur à succès à grande échelle. Il faut faire confiance au peuple, une fois débarrassé de sa noblesse sclérosante, il se déploie de toute son envergure et voilà Carnavale élancée vers les cieux, alors que rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Voilà la grande leçon de la guerre : on peut tuer une élite, décapiter une nation, et pourtant celle-ci renait plus forte et puissante que jamais. Car c’est à partir de son peuple qu’est tissé un pays et si Carnavale est une ruche, celle-ci n’est rien sans les milliers d’ouvrières qui travaillent discrètement à l’élever vers les cieux et à creuser ses galeries profondes. L’OND pensait combattre une élite, elle fut mise en défaut par la puissance indomptable d’un peuple. Loin de se soulever contre ce que le monde entier considérait comme des tyrans abominables, la population a su saisir les opportunités offertes par Améthyste Castelage. C’est une règle implacable que doivent apprendre tous les gauchistes inconséquents : les êtres humains choisiront toujours de rejoindre le camp qui leur offre la solution la plus attrayante, la plus facile et la plus amusante.

L’OND a attaqué Carnavale, pensant retourner son peuple, mais sans rien lui offrir en échange, certain que la loyauté des citoyens de la Principauté était branlante et n'attendait que de tomber. Face à tant de pingrerie, il est logique que le peuple carnavalais ait massivement serré les rangs derrière ses nouveaux dirigeants, d’autant plus que ceux-ci leur promettait gloire, richesse et puissance. Le pacte carnavalais n’est rien d’autre que la promesse aux tyrannisés de devenir à leur tour des tyrans. Chacun peut être bourreau, il y a assez à exploiter pour tous, assure la banque Castelage à une bourgeoisie affamée d’ambitions dévorantes. La résilience de Carnavale vient de ce que Carnavale promet davantage que tout ce que ses ennemis ont à mettre dans la balance, mieux vaudra toujours êtres un Carnavalais, même misérable, qu’un Caratradais, même riche et prospère, car les nations de l’OND ne propose pas le dixième de l’exaltation et des perspectives d’absolu que propose la Cité noire.

Il faut également dire un mot de la solidité des institutions qui favorisent la confiance des Carnavalais en leur technologie. Grand Hôpital, les Industries Obéron et leurs héritiers, la Banque Princière Castelage, le secteur du BTP : savoir-faire séculaire et culte de l’excellence sont les deux matrices de la robustesse et de la capacité d’innovation des fleurons de Carnavale, y compris dans l’adversité. Investisseurs de tous horizons et surtout de chez nous savent qu’ils obtiendront toujours un retour sur investissement conséquent en faisant confiance aux géants Dalyoha, Castelage et feu Obéron. Il y a tout à gagner à parier sur Carnavale car la Principauté occupe des niches que nul ne vient lui disputer. Les marchés du clonage, des guérisons miraculeuses et des technologies de pointe restent encore largement le terrain de jeu des conglomérats carnavalais. Le peuple le sait et garde confiance : il sait que les ressources de la Cité noire sont sans limites, car la Principauté ne s'appuie par sur des infrastructures périssables ou des ressources épuisables. La force de Carnavale, c'est son génie, et celui-ci est tel un puits sans fond, il descend toujours plus bas.

Cette avance scientifique n’est pas qu’un avantage stratégique : c’est aussi une promesse. A travers le monde, tous ceux qui osent rêver de vaincre la maladie, d’émanciper les êtres humains de leur chair faible, d’aller sur Mars ou au centre de la terre, tous ceux-là regardent vers Carnavale. Qui d’autre que la Principauté de Carnavale pour repousser sans cesse les limites de la science ? Qui d’autre que la Principauté de Carnavale pour ne pas se laisser intimider face aux tabous et à la condamnation morale de la communauté internationale ? Carnavale montre la voie au reste du monde, qu’ils nous haïssent pourvu qu’ils nous suivent, car lorsque le chemin est ouvert, tous s’y engouffrent tôt ou tard. Les investisseurs le savent, malgré les condamnations morales et l’opprobre internationale, Carnavale n’abandonnera pas sa quête de progrès. Sur ce point, elle est le placement le plus fiable pour ceux qui cherche à financer la recherche et le développement, sans concessions.

Le regard de la communauté internationale est assurément plus lucide que celui des pigistes tanskiens ou des journaux d’État sylvois. Quand on veut savoir qui gagne la guerre, on ne demande pas son avis à l’un des deux camps, il faut écouter les observateurs extérieurs. San Youté, Messalie, deux nations qu’on ne peut accuser de partialité, elles, ont rendu leur verdict : que cela déplaise, ou non, Carnavale rayonne, et ce n’est prêt de s’arrêter !

Un article signé Philippe Pine.

Les nouvelles politiques publiques cherchent encore leur public

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CARNAVALE MATIN
31/07/2018


La mairie valide le projet de rachat du quartier des vespera par Octobre Diabledhomme


La mairie valide le projet de rachat du quartier des vespera par Octobre Diabledhomme

Cela s’est déjà vu mais ce n’est pourtant pas chose si courante qu’un magnat de l’industrie rachète un quartier entier de Carnavale pour ses ambitions personnelles. A Carnavale, il n’existe techniquement pas de bien communs. Les services publics ont été abolis par les lois du Nouveau Monde de 1957 et depuis absolument tout, quel que soit son nom, a comme statut l’entreprise privée. Les choses changent cependant, les réformes Castelage ont ouvert la porte à une nationalisation détournée de certains secteurs, comme celui des transports. Si c’est technique la Banque Princière Castelage qui possède le métro aérien, la distinction entre la BPC et l’État est de plus en plus floue tant l’entreprise est en bonne voie pour devenir monopolistique à Carnavale.

Toujours est-il que tout s’achète et se vend dans la Cité noire, à commencer par les terres, et donc les quartiers. L’opération s’est déjà vue par le passé : les barons de Serviette avaient ainsi privatisé en 1911 l’ancien quartier des étourneaux pour y fonder leur labyrinthe privé, désormais célèbre. Un autre exemple, plus récent, est l’achat par le clan Obéron des quartiers de la citadelle, des tombes et des nids, réunis en un seul quartier baptisé « féerie des Obéron ». Rien de nouveau sous le soleil donc, et on ne peut que se demander quelles sont les intensions d’Octobre Diabledhomme vis-à-vis du quartier des vespera.

Ce-dernier est un quartier du nord-est de la Cité noire, frontalier du lugubre quartier des Luminaires. En raison de cette proximité, le quartier des vespera est depuis longtemps un cloaque à l’abandon où ne vivent que les populations les plus misérables de Carnavale, dans un quotidien précaire et dangereux. Octobre Diabledhomme, propriétaire de Métal Hurlant, se propose à ce titre d’améliorer le quotidien des habitants en modernisant et sécurisant le quartier face aux menaces venues des Luminaires. Une initiative qui a su séduire la municipalité, sans doute heureuse de ne pas avoir à piocher dans son budget pour les travaux de rénovation qui seront entièrement financés par la fortune personnelle d’Octobre Diabledhomme.

Le milliardaire, entrepreneur de la tech spécialisé dans l’informatique, est également connu pour être l’une des personnalités catholane importante de Carnavale. Après l’Armageddon’t, de nombreux croyants ont sombré dans le doute et ont cherché des récits alternatif à l’horizon millénariste porté par l’Église de Carnavale. Une partie conséquente de la population demeure malgré tout farouchement attachée au culte catholan, malgré les désillusions et le suicide de ses membres les plus radicaux. Avec la mort des fanatiques millénaristes et de la noblesse carnavalaise, une nouvelle génération de catholans a vu le jour : plus pragmatiques et modérés, rassemblés derrière un clergé rajeuni et des figures médiatiques emblématiques comme monsieur Diabledhomme.

Si ce dernier n’a pas voulu en dire trop encore sur ses projets pour le quartier des vespera, nous savons toutefois qu’il serait en pourparlers avec la République Actionnariale de CRAMOISIE© afin de rapatrier à Carnavale les primo-colons catholans, ceux de la première vague, qui ignoraient tout du coup d’Etat luciférien en préparation dans le désert rouge. « Il y a parmi nos concitoyens expatriés en Afarée des gens honnêtes, qui croyaient sincèrement au projet colonial et ethnoracial initialement porté par monsieur Printempérie. Ces gens constatent aujourd’hui qu’ils n’ont plus leur place en CRAMOISIE©, entourés de lucifériens progressistes et de bédouins revanchards » a déclaré Octobre Diabledhomme.

Un processus qui, d’après nos journalistes dans le désert rouge, semblait par ailleurs couver depuis quelques temps au sein de la communauté catholane. Octobre Diabledhomme aurait toutefois décidé de l’accélérer suite au départ de l'ex-PDG-Protecteur Printempérie, à l'origine du projet. Un autre danger qui pèsent dans la balance sont les menaces répétées des égorgeurs arabo-islamiques du Pacte Afaréen de Sécurité, dont les dirigeants sont plus occupés à chercher des coupables au génocide de la Kabalie qu’à construire des routes et des hôpitaux dans leurs pays. « Il est hors de question que nous laissions des Carnavalais blanc devenir la proie de la barbarie, si la République Actionnariale de CRAMOISIE© n’est pas en mesure de garantir la sécurité de nos concitoyens, nous nous en chargerons nous-mêmes. » explique Octobre Diabledhomme.

Désaveux ou opportunité pour Balsilek Ishak, nouveau PDG-Protecteur du désert rouge ? Si celui-ci n’a pas souhaité faire de commentaire, ses détracteurs comme ses soutiens y vont chacun de leur interprétation : « Le luciférisme a comme valeur la réconciliation de l’humanité, nous défendons l’abolition des frontières et la nationalité selon l’adhésion à un projet, non selon le droit du sang ou du sol. » déclare Alexandrier Arrimage, pape noir de CRAMOISIE©. « Si nos frères catholans désirent quitter le désert rouge car notre projet de civilisation ne leur convient plus, nous leur souhaitons bon voyage, comme nous accueillerons tous ceux qui adhèrent à nos valeurs. CRAMOISIE© est un projet jeune qui a besoin de toutes les forces disponibles et de toute la détermination possible, ceux qui ne se retrouvent pas dans nos valeurs trouveront certainement le projet de monsieur Diabledhomme davantage adéquat à leurs idées. »

Une façon pour les lucifériens de se débarrasser des éléments les plus problématiques et bruyants de leur opposition, souligne en off un adhérent à la Société Luciférienne Carnavalaise. Pour l’opposition en question, c’est toutefois un signe d’échec : « Les lucifériens, en plus d’avoir à moitié planté la croissance économique impulsée par le premier mouvement de colons, se révèlent incapable de défendre leur population face aux envahisseurs barbaro-islamiques. C’est un échec civilisationnel qui fait beaucoup de mal à l’Eurysie : devoir fuir face à une horde de consanguins à dos de chameaux, ce n’est pas digne de Carnavale ! » dénonce un prêtre (qui souhaite rester anonyme) lors d’une messe dans une petite église du désert rouge. « Nous étions venu accomplir l’œuvre du Seigneur dans ce désert, mais Dieu nous a abandonné en voyant les lucifériens athées et humanistes prendre le pouvoir. L’égorgement sera leur châtiment pour n’avoir pas respecté Sa volonté. »

Cela chauffe donc à CRAMOISIE©, où l’élection récente de Balsilek Ishak, un PDG-Protecteur basané, est loin de faire l’unanimité chez la communauté catholane. Octobre Diabledhomme compte certainement sur cette indignation, vécue comme le dernier clou dans le cercueil du projet colonial suprématiste, afin de rappeler à lui la communauté catholane expatriée. Une masse conséquente mine de rien, puisque sur les cinq millions de citoyens que compte la République Actionnariale de CRAMOISIE©, un million au moins seraient susceptibles de faire valoir leur droit au retour. « Une maison dans le désert rouge ou une maison gratuite dans un quartier neuf de Carnavale, quelle différence ? » relativise certains Cramoisiens interrogés. « Il y a tout autant si ce n’est plus d’opportunités de sauver son âme en Eurysie que dans le désert rouge. »

Il est vrai qu’Octobre Diabledhomme n’arrive pas les mains vides : fort de son immense fortune, c’est tout le quartier des vespera qui sera à termes remis à neuf. Des visuels qui donnent envie et un projet évangéliste et communautariste qui a de quoi séduire les plus fervents ex-colons religieux. Signe de son emprise sur la zone, Octobre Diabledhomme a même annoncé souhaiter renommer le quartier des vespera en quartier du phalanstère. S’il parvenait à y attirer un million d’ex-nouveaux citoyens, cela ferait du quartier du phalanstère l’un des plus peuplés de Carnavale et avec une population unie et déterminée, Octobre Diabledhomme disposerait d’une véritable forteresse au sein de la capitale où appliquer les valeurs du catholancisme, comme le désiraient les primo-colons carnavalais dans le désert rouge.

Loin d’inquiéter Améthyste Castelage, qui a validé l’acquisition du quartier par Octobre Diabledhomme, ce rachat s’inscrit au contraire dans sa volonté de faire monter et de lâcher la bride à une bourgeoisie conquérante et ambitieuse au sein de la Principauté. Forte de ses succès économiques, la jeune matriarche compte sur la privatisation, la méritocratie et l’entreprenariat débridé pour favoriser l’innovation industrielle et scientifique afin de porter Carnavale vers les sommets. Et peu importe, semble-t-il, si cela doit passer par la transformation d’un quartier entier en communauté religieuse. Au moins, « contrairement aux Afaréens, les catholans sont travailleurs » conclue Octobre Diabledhomme.

Un article signé Philippe Pine.

La maison d'édition Philo-Sophie réédite les ouvrages de Jean-Jacques Rouxsot, le philosophe rouquin le plus idiot de son siècle.

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CARNAVALE MATIN
03/08/2018


400 km/h sur le pont Saint-Pierre : les Carnavalais amateurs de vitesse ont enfin trouvé leur terrain de jeu !


400 km/h sur le pont Saint-Pierre : les Carnavalais amateurs de vitesse ont enfin trouvé leur terrain de jeu !

Les aiguilles du compteur de vitesse s’affole et grimpe jusqu’à 400 km/h. Ce modèle de voiture jashurienne, très populaire à Carnavale depuis que Blaise Dalyoha en a reçu en cadeau il y a dix ans, peut faire jeu égal avec certains modèles de train modernes. Si la vitesse procure une sensation prisée par les Carnavalais amateurs de bolides, le plus grand défi pour cette communauté a été de trouver les lieux où atteindre de telles pointes. Car la Cité noire est légendaire pour ses bouchons et ses allées encombrées, auxquelles la municipalité tente péniblement de répondre en investissant dans le métro et le zeppelin.

La solution se trouvait en fait sous nos yeux depuis le début : une voie de 130 kilomètres, droite et sans aucun virages : le pont Saint-Pierre. Cette merveille architetcurale qui s’élance au-dessus du golfe de Carnavale reliait jusqu’à l’Armageddon’t l’île de Bourg-Léon à la capitale de la Principauté. Effondré sur plusieurs tronçons, le pont Saint-Pierre n’est plus utilisé depuis un an et demi, ce qui a eu pour effet de le désembouteiller. Résultat : une longue piste que les adeptes de la vitesse ont dégagés de ses débris et des véhicules accidentés.

Depuis la base du pont à Carnavale, les bolides s’élancent les uns après les autres. C’est une organisation bien rodée : une voiture démarre toutes les cinq minutes afin de laisser le temps aux autres de prendre de l’avance. Un aller-retour qui permet de dépasser les 400 km/h en moins de deux minutes d’accélération grâce à la puissance des moteurs jashuriens. Heureusement pour ces amateurs de sensations fortes, construit sur quatre voies, le pont Saint-Pierre est suffisamment large pour permettre de se croiser sans risque, à condition de ne pas dévier des lignes blanches.

Depuis le début de l’année, seuls douze accidents mortels (pour une petite centaine de carambolages seulement) ont eu lieu sur le pont. Un score très honorables, surtout à Carnavale, les taux de létalité sont même moins élevés que dans les rues traditionnelles de la ville où les conducteurs risquent à la fois d’emboutir d’autres voitures, mais également les attaques de chiens ou de maraudeurs, les effondrement de la voiries ou les immeubles qui vous tombent dessus.

Bien qu’à moitié effondré, le pont Saint-Pierre s’élance malgré tout sur une quarantaine de kilomètres avant de s’abimer dans la mer. Par beau temps, on distingue de l’autre côté d’autres morceaux de ponts, transformés en îlots par la force des choses. Plusieurs candidats à la municipalité avaient promis de reconstruire le pont en cas de victoire dans les urnes, dont le très populaire Julonin Ventbranle. Il faudra donc encore attendre un peu pour que ne commencent les travaux. En attendant, les amateurs de sensations fortes ont le pont pour eux-seuls.

Outre la vitesse, leur grand jeu consiste également à déraper jusqu’au bord et s’arrêter le plus près possible du vide, sans tomber. Un défi qui n’est pas sans risques, en témoigne les carcasses de voitures écrasées sur les pieds du pont. Plus marginal, certains suicidaires s’offrent un dernier petit plaisir en tentant (en vain) d’attendre l’autre tronçon du pont en prenant de l’élan sur la voie pour aller le plus loin possible avant de tomber dans l’eau.

Si Carnavale peut donner l’impression, de l’extérieur, de ne réserver ses divertissements qu’à ceux qui ont les moyens de se les offrir, c’est une réalité en trompe-l’œil. La population à tous les niveaux explore les possibilités offertes par l’architecture de la Cité noire afin d’expérimenter des jeux et des plaisirs inédits ailleurs dans le monde. Si se payer une voiture de sport jashurienne n’est certainement pas à la portée de toutes les bourses, ces-dernières peuvent contenir jusqu’à cinq passagers (six avec un dans le coffre), nombreux sont donc les conducteurs à monétiser le voyage en prenant avec eux des amateurs moins fortunés. Une belle preuve de solidarité, mais qui augmente la mortalité des accidents puisqu’à chaque voiture qui finit dans la mer, ce sont cinq personnes qui décèdent.

Un article signé Philippe Pine.

Énergie faucille : la branche DalyohaTM qui cherche à explorer le potentiel de la paysannerie traditionnelle.

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CARNAVALE DEMAIN
27/08/2018


Le passage à l'électrique ne se fera pas sans quelques coups de pouce scientifiques

Le passage à l'électrique ne se fera pas sans quelques coup de pouces scientifiques


Carnavale est-elle en train de faire son tournant énergétique ? Célèbre pour être l’une des société les plus polluante et gourmande en énergies fossiles du monde, et ce depuis plus d’un siècle, peu nombreux sont les commentateurs à avoir imaginé la Principauté se convertir à l’énergie décarbonée. Bien que la Cité noire reste encore relativement discrète sur le sujet, ses rapprochements avec plusieurs puissances en pointe du nucléaire civil, le Drovolski étant de loin la plus avancée scientifiquement à la matière, ont été remarquées depuis l’arrivée d’Améthyste Castelage au pouvoir.

Comment faut-il interpréter ces changements structurels dans le mode de production historique carnavalais ? Le blocus que tente de mettre en place l’OND contre la Cité noire n’est certainement pas étranger à la bascule engagée par Améthyste. Pour le moment, la Principauté bénéficie de l’amateurisme de ses adversaires et de la fiabilité de ses partenaires économiques qui continuent d’abreuver la Cité noire en pétrole raffiné. Mais pour combien de temps ? Et que se passerait-il si un ennemi plus intelligent décidait véritablement de couper l’approvisionnement de Carnavale en énergie d’importation ?

La solution se trouve encore une fois dans une stratégie historique de Carnavale qui a toujours privilégié sa souveraineté nationale en matière de recherche et développement. La science carnavalaise, véritable anomalie mondiale dont les succès ne sont plus à prouver, est l’exemple le plus probant de ce « fait-maison » radical. Mais Carnavale, dans tout son génie, ne peut pas encore faire apparaitre des ressources naturelles. Si elle possède des mines sur son sol et dispose d’une vaste ZEE – d’ailleurs encore peu exploitée – grâce à ses îles dans l’océan d’Espérance, la Principauté avait jusque là toujours fait le pari d’importer son pétrole et son gaz.

Il s’agissait aussi, pour la Cité noire, de renvoyer l’ascenseur à ses partenaires économiques. Bien que la menace de ses missiles ne soit pas à prendre à la légère – Estham et CRAMOISIE© l’ont prouvé – la Cité noire ne s’est jamais dotée d’une force militaire de projection et ne pouvait donc prétendre à mettre en place une politique de coercition vis-à-vis des autres économies eurysiennes. Les liens entre Carnavale et ses voisins ont donc toujours été, contre toute attente, assez lucratifs (si on met de côté les problèmes de pollutions engendrés par la Principauté). La Principauté importait suffisamment pour permettre une forme minimale d’interdépendance économique propice aux relations apaisées, et elle offrait en retour une place financière de premier plan pour des investissements à forte valeur ajoutée.

Mais tout cela pourrait bientôt changer. Avec l’implantation de plusieurs centrales nucléaires sur son sol – des modèles uniques spécialement conçus par les ingénieurs mesolvardiens pour pouvoir être enterrés et s’adapter à l’industrialisation souterraine de la Cité noire – Carnavale pourrait bientôt limiter sa dépendance au pétrole. Une orientation qui pourrait entrer en contradiction avec les investissements réalisés dans les hydrocarbures à CRAMOISIE©, qui lui permettent pour le moment d’accompagner sa croissance à deux chiffres. Améthyste Castelage avait dit souhaiter découpler progressivement l’interdépendance de la Cité noire et du désert rouge, afin de diminuer les risques sécuritaires.

Loin des moteurs à explosion et autres carburants de synthèse chimique, les ingénieurs carnavalais se sont reportés sur de nouvelles technologies, orientées sur l’électrique. Ce n’est pas la première fois que Carnavale travaille avec l’électricité, très loin de là, mais la recherche et développement n’avait pas obtenu de financements à la hauteur de la très gourmande industrie de l’armement ou en pharmacie. La Banque Princière Castelage a ainsi fait le pari d’augmenter les budgets… avec quelques succès notables !

Une équipe de chercheurs des universités du quartier des béladone et du quartier des cancrelats, a mis au point un nouveau composant clé pour les batteries des voitures électriques. Cette avancée, présentée cette semaine au salon du Carnavale Rail (spécialisé dans toutes les technologies de locomotion civile), pourrait permettre de parcourir des distances plus longues avec une seule charge, en augmentant la densité énergétique des batteries et leur efficacité. Un enjeu crucial dans la Cité noire où certains déplacement peuvent parfois durer plusieurs jours consécutifs, tant la ville est vaste et labyrinthique. Le risque de tomber à plat en plein milieu d’un quartier dangereux avait, jusqu’alors, désencouragé les consommateurs à se tourner vers les voitures électriques. Un problème pour le secteur automobile et les ambitions d’Améthyste… qui pourrait bien être réglé grâce à cette invention.

La science ouvre la voie du monde de demain. Si la technologie permet quelque chose, alors les êtres humains le feront, c’est aussi naturel que cela. Tout comme ouvrir un passage à la machette dans la jungle le transformera bientôt en chemin, puis en route, à condition bien sûr qu’il mène quelque part. Les chercheurs ont développé un électrolyte solide innovant pour les batteries lithium-métal (LMB), actuellement les plus efficaces pour la construction de véhicules électriques. Ce composant clé, basé sur un matériau en nitrure de lithium, représente une avancée majeure pour les batteries lithium-métal à électrolyte solide, et permet de surpasser les performances des batteries lithium-ion classiques. Ce nouveau composant permet aux véhicules électriques de bénéficier d’une autonomie supérieure à 1000 km, grâce à une densité énergétique atteignant 500 Wh/kg. Suffisant pour passer plusieurs quartiers de Carnavale… jusqu’à la prochaine borne de recharge.

Pour l’heure, néanmoins, Carnavale ne prévoie encore d’électrifier massivement que ses transports publics. Un autre enjeu, outre la technologie, sera de s’approvisionner en lithium, terre rare pas si rare que ça, mais nécessaire à la conductivité ionique des batteries. Plusieurs laboratoires de recherche ont annoncé travailler sur le projet de fabriquer un lithium de synthèse, mais sans résultats tangibles jusqu’à présent. Science est affaire de patience, bientôt Carnavale volera sur des ailes mécaniques… à énergie électrique !


Un article signé Adrienne Hyène.

Le dernier département de recherche sur l'hystérie ferme ses portes et ajoute la maladie à la longue liste des mystères de la nature féminine


Carnavale Demain
saisir l'avenir à deux mains !
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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
03/05/2018



  • Tardif !
Primaire populaire : une douzaine de candidats à la mairie de Carnavale annoncent organiser une primaire pour désigner un candidat commun. La municipalité leur fait savoir que les inscriptions sont terminées depuis un an et demi.
  • Héroïque !
Une équipe de policiers de Commissariat Central a tué un homme désarmé dans la rue : son plus bas taux d'homicide pour le mois d'août depuis 60 ans.
  • Attention !
Menace d'embargo contre CRAMOISIE© par le PAS : les Afaréens n'auront pas de champagne, préviens Ursulin Folcanon.
  • Pragmatique !
Dépendance au pétrole de la Principauté : en plus de pousser à l'électrification, Améthyste Castelage envisagerait également de kidnapper Balsilek Ishak si nécessaire.
  • Rappel !
Engouement pour le pingouin : l'Institut Géographique Princier rappelle qu'il n'y a ni pingouin ni montagnes à Carnavale.
  • Frustrant !
La proposition de Marc Micmac de créer des espaces "No Kids Black" dans le Grand Désert Express se heurte à la constitution égalitaire de la RAC©.
  • Historique !
Premier conflit diplomatique interne à la Principauté : le porte-parole Ursulun Folcanon désavoue publiquement son IA diplomate qui suggérait la possibilité d'une adhésion de Carnavale à l'ONC.
  • Mérité !
Ralentissement de la croissance à Carnavale : c'est le mois d'août, tout le monde est en vacance.
  • Malin ?
Ski sur le Mont Héphaïstos, football en terrain miné, tennis à la grenade, et si Carnavale organisait ses propres évènements sportifs à domicile ?
  • Prévisible !
Le budget se retrouvé voté en raison d'une expérience de pensée qui a mal tourné.
  • Contrintuitif !
Grâce au "blocus percé" de l'OND, le tourisme intérieur explose à Carnavale qui enregistre des chiffres records.
  • Non merci !
Crise économique : merci mais non merci.
  • Honteux !
L'influenceur carnavalais qui avait qualifié le Grand Kah "d'allié le plus inutile du monde" a été arrêté et sera extradé vers Axis Mundi pour y être sacrifié.
  • Visionnaire !
Institutions internationales : la Principauté de Carnavale fonde seule sa propre alliance internationale, se verse un milliard de Chèque Carnavalais pour payer l'adhésion et s’octroie un droit de veto permanent.
  • Inutile !
Déclaration de l'Empire du Nord sur CRAMOISIE© : "Ils parleront quand ils auront une capitale" s'agace un expert en géopolitique internationale.
  • Choc !
Séisme dans le monde des médias : CARNAVALE+, la célèbre plateforme de streaming, annonce sa fusion avec CARNAVALE-, sa principale concurrente beaucoup moins connue, et formeront CARNAVALE=.
  • Rassurant ?
Grand Remplacement : à l'horizon 2050 il est très improbable que la population native carnavalaise soit remplacée par ses propres clones, rassure l'Institut Princier de Démographie.
  • Tant pis.
Dystopie : tant pis.
  • Hourra !
100ème usine militaire pour la Principauté de Carnavale : la 101ème est gratuite !
  • Sexy...
Enquête sur la sexualité des Carnavalais : le missionnaire perd grandement en intérêt suite à l'Armageddon't, les sex-toys pilotés par intelligence artificielle et le candaulisme avec son propre clones reviennent à la mode.
  • Joli ?
Victoire Saint-Malkin utilise l'IA pour mettre en image son projet de rénovation des quais du quartier des Hélicons afin d'y faire passer des zeppelins. Ses adversaires dénoncent un projet laid et inutile puisque les zeppelins peuvent voler.
  • Flotte fantôme !
La Principauté de Carnavale annonce avoir perdu la trace en haute mer d'un tanker rempli de champagne à destination de CRAMOISIE© et exige qu'on le lui rende.
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CARNAVALE MATIN
03/08/2018


Dans le Quatrième cercle des égouts, Améthyste Castelage inaugure la 100ème usine militaire de Carnavale


Dans le Quatrième cercle des égouts, Améthyste Castelage inaugure la 100ème usine militaire de Carnavale
La cérémonie a eu lieu quelques cinq-cents mètres sous terre et il y avait la queue devant les grands ascenseurs à la surface. Le quatrième cercle des égouts n’est pas le lieu le plus accueillant du monde mais il est le cœur vibrant de l’industrie militaire de Carnavale. Au milieu des machines, une centaine d’invités triés sur le volet (nombre très symbolique) pour écouter les discours de mademoiselle Améthyste Castelage, monsieur Albertrand Brulot le secrétaire général du SAD BB à qui profite directement ces usines, mais surtout les industriels de l’armement : le couple Grimace, monsieur Octobre Diabledhomme et madame Esther mystère. Les principaux patrons du conglomérat militaro-industriel étaient ainsi présents.

Au menu : champagne, bien sûr, et tout une galaxie de hors d’œuvres thématique rappelant le monde de l’industrie. Des saveurs de synthèses, dérivées du fuel, de l’huile de coude ou encore du plomb et de la cervelle. Les discours, quant à eux, furent brefs mais glorieux. Quelques projections holographiques des chiffres du PIB furent applaudit par les investisseurs et Améthyste Castelage réaffirma avec force sa volonté de faire de Carnavale un pays supérieur, non seulement scientifiquement, mais désormais industriellement. « Une étoile s’élève, a-t-elle déclaré avec lyrisme, le lion rugit dans le firmament et désormais nul être humain ne peut contempler le ciel sans y voir gravé, éternelle, la marque de Carnavale ! » Ave !

Cents usines militaires, le chiffres est symbolique. Il démontre la vitalité de l’économie carnavalaise et assure aux investisseurs des profits toujours plus juteux. Mais c’est aussi le moment du changement, a rappelé Améthyste Castelage : « Nos efforts ont payé, Carnavale a fait fi de l’adversité et désormais nous sommes réarmés pour l’hiver. (rire dans la salle) Mais la production militaire ne saurait, à elle-seule, assurer le rayonnement de la Principauté. Nous brillons scientifiquement, nous brillons désormais industriellement, nous brillerons aussi culturellement. » Une déclaration accueillie par de grands hourras qui résonnent dans les égouts.

Les mesures sont alors égrenées par la matriarche : de nombreux chantiers sont mis sur la table dont la restauration des bâtiments culturels dont certains sont abandonnés depuis presqu’un siècle, le fléchage de capitaux vers certains domaines artistiques et la création de fonds privés Banque Princière Castelage pour la création culturelle. « Au même titre que les cliniques Dalyoha ont essaimé dans la ville, je veux apporter la culture directement dans les quartiers, mêmes les plus pauvres. Nous bâtirons des théâtres, des opéras, des salles de cinéma et des musées ! »

Ah les musées. Parlons-en des musées. Améthyste Castelage a raison de souligner que 97% du patrimoine artistique de Carnavale n’est pas accessible au grand public car il se trouve exposé dans des collection privées. « Cela doit changer, a déclaré la petite princesse, la BPC dégagera des fonds pour racheter les collections vieillissantes. Les propriétaires devront également donner des preuves de leur capacité à entretenir les œuvres. Enfin, nous lancerons une nouvelle vague d’expéditions dans les quartiers ravagés pour y récupérer les grandes œuvres de la Cité noire. » Ces anciens bastions de la noblesse suicidée ont déjà été partiellement explorés ou pillés. Mais en raison de leur taille et du grand nombre de pièces et de caves secrètes qui s’y trouvent, il est fort probable que des tableaux, sculptures et pièces de collections s’y trouvent encore, n’attendant que d’être récupérées. La noblesse comptait dans ses rangs la majeure partie des propriétaires d’œuvres d’art de Carnavale, avant sa disparition.

Ériger la Principauté comme le nouveau phare culturel de l’Eurysie ne se fera pas en un jour, a prévenu Améthyste Castelage : « Il faudra au moins quelques mois. » Mais cela rendra à Carnavale sa place historique sur le continent. Bastion des arts et des sciences, forte d’une tradition séculaire de mécénat et de patronage, la Cité noire a accumulé avec le temps certaines des œuvres les plus marquantes de leur siècles, et accueilli sur son sol parmi les plus grands artistes et savants que l’Eurysie ait connu.


Un article signé Philippe Pine.

Oui-oui au pays de l'industrie !
La nouvelle émission pour enfant.

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CARNAVALE MATIN
04/09/2017


Améthyste Castelage annonce des aides pour les familles des victimes de l’incendie provoqué par l’OND


Améthyste Castelage annonce des aides pour les familles des victimes de l’incendie de l’OND

Preuve de l’amateurisme de l’ennemi, l’OND s’est foutue le feu toute seule à Roumont. La ville dortoir que les moralistes avaient choisi comme camp de base a été entièrement consumée par les flammes, anéantissant au passage le QG de l’OND. Mais dans sa maladresse, l’organisation sanguinaire n’aura pas que perdu du matériel et des hommes : ce sont non moins de deux cents travailleurs du secteur agricole qui ont péri dans les incendies. Si ce chiffre reste tendancielle moins élevé que la mortalité journalière moyenne causés par des accidents de voiture dans la Cité noire, c’est la seconde fois depuis le début du XXIème siècle que l’OND massacre des civils, d’une manière particulièrement abominable.

« J’ai vu des soldats enfermer des Carnavalais dans une grange en feu, raconte un rescapé. Ils riaient et se moquaient. J'ai vu un militaire tanskien mettre un bébé dans un four ! » Des crimes de guerre dont l’OND aura à répondre, a assuré Améthyste Castelage, qui a néanmoins salué l’efficacité des milices Dalyoha présentent sur place. Les soldats infiltrés dans la ville ont permis à la majorité des travailleurs de Roumont d’évacuer pendant que les militaires de l’OND s’enfuyaient, abandonnant leur camp aux flammes. Une débandade filmée en 4k par des passants astucieusement postés en hauteur et disposant d’un set up caméra satellite de très bonne qualité. Les images, saisissantes, montrent des hélicoptères de l’OND survoler les flammes de l’incendie, certains de leurs soldats chutant directement dans le brasier en dessous.

Selon les premières remontées du terrain, l’origine du drame fait encore débat. Certains assurent qu’il aurait été déclenché par un Caratradais en tapant deux silex entre eux pour allumer un feu et se faire cuir de l’alcool. Si l’hypothèse est étudiée par les experts, les artificiers de Carnavale penchent plutôt pour une mauvaise gestion des stocks militaires d'explosifs. « Ces gens sont des amateurs et leur armée est globalement de mauvaise qualité. Seul le nombre leur permet d’occuper le terrain, et encore. Il est plus que probable qu’un de leurs explosifs défectueux ait sauté et entraîné une réaction en chaîne. » Un court circuit, du matériel de mauvaise qualité ou une cigarette allumée au mauvais endroit au mauvais moment auront pu suffire à provoquer le drame.

Roumont rayée de la carte ? « Pas une grande perte » selon les avocats de la Dalyoha Compagnie. « C’était moche et le nom était crétin » expliquent-ils. Un point de vue que partagent les architectes des bâtiments de Carnavale (ABC) : « la banlieue pavillonnaire, ce n’est pas du tout conforme à l’architecture traditionnelle de la Principauté, je l’avais déjà fait remarquer à monsieur Dalyoha, il était plus que temps de raser cette merde. » Sur les quelques citoyens interrogés, 5% expliquent que la destruction de Roumont est une très bonne nouvelle, quand 93% avouent ne tout simplement jamais avoir entendu parler de la ville.

« Les milices Dalyoha m’ont sauvé ! Merci Blaise ! Merci Améthyste » voilà ce qu’on pouvait également entendre remonter de la colonne de travailleurs du secteur agricole, de retour à Carnavale. Des scènes de liesse fraternelles entre les miliciens qui se sont improvisés pompiers, et la population qui a dû fuir les flammes dans la panique. Preuve de la coopération entre les deux géants financiers carnavalais, même si ce sont les milices et les employés de la Dalyoha Compagnie qui se trouvaient sur place, Améthyste Castelage s’est tout de même adressée aux employés du secteur et leur a promis une prime de risque jusqu’au départ des soldats de l’OND, financée directement par la Banque Princière.

De plus en plus de témoignages affluent sur la brutalité de ce qui s’est passé à Roumont. Si les Carnavalais prennent les pertes avec philosophie, ils acceptent en revanche beaucoup moins que ce soit une armée étrangère qui commette de telles atrocités. « Brûler vif des gens, d’accord, mais ça doit se faire entre Carnavalais ! » proteste un vieil homme visiblement outré. « Imaginez qu’il y a des Afaréens dans les rangs de l’OND, et des aborigènes sylvois. Si on laisse des nègres tuer des blancs, c’est le monde à l’envers. »

Face à cette inquiétude, les autorités se veulent rassurante. Face à une foule en colère, l’officier de police Gédéon Gredin scande au mégaphone : « Les Afaréens ne vont brûler personne, monsieur Dalyoha est en train de travailler à tous les tuer, ça ne va plus prendre très longtemps maintenant, soyez patients. »

En attendant, c’est la deuxième victoire stratégique remportée par Carnavale sur le terrain. Deux à zéro, donc, pour la Cité noire dont le génie n’est plus à prouver.


Un article signé Philippe Pine.

Rappel nécessaire : on ne joue pas avec le feu !

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