24/09/2020
15:37:45
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Activités étrangères en Azur - Page 7

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Quand les initiatives individuelles fragilisent l’équilibre Afaréen

Les révélations publiées ces dernières heures concernant une opération d’influence menée par des réseaux liés au Califat d’Azur sur le territoire du Tamurt n Althalj provoquent une onde de choc diplomatique bien au-delà des seules relations entre l'Azur et l' Althalj. Alors que la crise de la Kabalie rouge avait déjà placé l’Afarée occidentale dans une situation de tension permanente, cette nouvelle affaire risque désormais d’ouvrir une fracture politique bien plus large, celle de la confiance entre alliés. En effet derrière les accusations d’ingérence culturelle, de financement indirect d’organisations militantes ou encore de tentatives de manipulation de l’opinion publique, c’est une question beaucoup plus profonde qui se pose aujourd’hui au continent, jusqu’où les États membres ou partenaires du Pacte Afaréen de Sécurité peuvent-ils agir individuellement sans fragiliser l’ensemble de l’architecture diplomatique mise en place depuis plusieurs années ?

Depuis le début de la crise kabalienne, le P.A.S. avait réussi, malgré des divergences parfois importantes, à maintenir une image relativement stable d’organisation de coopération régionale tournée vers la sécurité collective, la désescalade et la coordination continentale. Le Royaume de Finejouri, premier président de l’organisation et encore aujourd’hui figure centrale de son équilibre interne, avait notamment multiplié les efforts diplomatiques afin de préserver le dialogue entre les différentes parties, y compris avec des acteurs aux visions profondément opposées, mais les révélations venues d’Althalj risquent désormais d’alimenter une inquiétude croissante au sein des Etats afaréennes, celle d’un décalage entre les objectifs officiellement affichés par le Pacte et certaines méthodes employées individuellement par plusieurs de ses membres.

Le problème n’est pas seulement moral ou diplomatique. Il est stratégique.

Chaque opération unilatérale menée sans coordination politique fragilise l’image collective du P.A.S. et donne à ses adversaires un argument puissant pour dénoncer une organisation qui prétend défendre la stabilité tout en laissant certains de ses membres agir selon leurs propres logiques d’influence ou de confrontation.

Le risque est alors double.

D’un côté, les États encore hésitants vis à vis du Pacte pourraient commencer à voir celui-ci non plus comme une structure de coopération sécuritaire, mais comme un instrument servant les intérêts particuliers de certaines puissances régionales. De l’autre, les ennemis déclarés du P.A.S. trouveraient dans ces affaires une occasion idéale pour alimenter la méfiance populaire, attiser les tensions internes et présenter le Pacte comme un acteur déstabilisateur plutôt que stabilisateur. Cette situation est d’autant plus délicate qu’elle intervient au moment même où le Finejouri tente de préserver un équilibre extrêmement fragile entre fermeté continentale et poursuite de la diplomatie avec la Kabalie rouge et l’Althalj. Or, chaque crise de confiance entre alliés réduit un peu plus la crédibilité des efforts de médiation entrepris depuis des mois.

Plusieurs observateurs commencent ainsi à poser une question jusqu’ici rarement formulée publiquement, le P.A.S. peut-il durablement conserver sa crédibilité internationale si certaines initiatives individuelles continuent d’échapper à tout mécanisme de supervision politique collective ?

La question des sanctions internes revient désormais dans les débats diplomatiques et universitaires. Après les précédents désaccords ayant déjà conduit à des tensions avec le Churaynn, certains analystes estiment qu’un véritable cadre disciplinaire pourrait devenir nécessaire afin d’éviter que des actions nationales isolées ne compromettent l’ensemble des objectifs stratégiques du Pacte. D’autres, au contraire, redoutent qu’une telle évolution n’ouvre une crise institutionnelle majeure entre les membres du P.A.S., à un moment où l’organisation tente précisément de renforcer sa cohésion face aux multiples instabilités régionales.

Une chose semble néanmoins certaine, l’Afarée entre progressivement dans une nouvelle phase de la crise kabalienne. Une phase où les menaces d'affrontements militaires directs laissent place à des guerres d’influence,des opérations culturelles et des affrontements diplomatiques beaucoup plus diffus mais potentiellement tout aussi déstabilisateurs.

Et dans ce contexte, une interrogation demeure désormais au cœur des débats continentaux :

les initiatives individuelles des alliés du Pacte Afaréen de Sécurité peuvent-elles, à terme, fragiliser l’image du Royaume de Finejouri et celle du P.A.S. lui-même sur la scène internationale sachant que le Royaume de Finejouri depuis son ouverture à l'international place sa souveraineté et donc son rayonnement au centre de ces préoccupations.
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L'avion de la Maktaba décolla d'Icemlet le 14/08/2019.

A son bord la Qari Ijja Shenna et la qari Sofines Berek discutaient de leurs interlocuteurs et hôtes.
Les certitudes et inquiétudes étaient échangées.
L'esprit était au respect des engagements de la Maktaba vis à vis de la Bienveillance, du FCAN, du Royaume du Finejouri, de la Kabalie Rouge et d'Azur bien entendu.

Cette invitation par le Grand Vizir ne suggérait en rien que les concessions bilatérales seraient comprises par les deux parties.



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Tätyën Käüpunkÿlaysët

"Campagne" (Rölë Vëërtmän, 2014, Salle des Photographies, Internat Municipal de Riceleaux)
"Campagne"
(Rölë Vëërtmän, 2014, Salle des Photographies, Internat Municipal de Riceleaux)


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Pas besoin de se divertir lorsqu'on recevait une telle visite. C'était la réflexion numéro une de Välëkk lorsqu'il vit une jeep débarquer sur son domaine. Une simple jeep, de la visite.

Depuis maintenant quelques mois, la région était un centre d'intérêt majeur pour beaucoup d'acteurs nationaux, notamment la MIRA et Corvus. En effet, les régions du nord telles que Mavetz et Marroze sont idéologiquement contestés puisqu'elles abritent à la fois une majorité corvienne et servent de point de passage majeur pour les réfugiés avant d'être re-routés vers Roncevaux. Mais, le plus important, c'est qu'elles servaient de connecteurs entre les deux villes épicentres, Robaltes et Henne. Donc, un lieu extrêmement stratégique à contrôler durant la guerre. Si les Corvuns réussissaient à s'emparer de ces régions tampon, c'était une victoire stratégique majeure puisque le conflit aurait pris de l'ampleur au delà du simple combat périurbain et du siège, mais le maintien d'une ligne de front avec des effectifs bien plus importants. Déjà il y avait des rumeurs que les forces de l'ARA allaient mettre en service des chasseurs pour effectuer des bombardements plus stratégiques, mais au delà de ça, c'était surtout l'armée corvienne qui avait acquise un nombre important de blindés.

Les mavésiens n'avaient tout de même pas peur de l'extension du conflit. Si celle-ci advenait, ils seraient soit libérés par Corvus ou auraient largement eu les moyens de rejoindre une zone sûre hors du conflit puisqu'aucune des deux parties n'avait l'intention de s'attaquer aux civils. Et justement, Välëkk continuait à cultiver ses champs tranquillement, ainsi que de s'occuper du petit nombre de brebis qu'il tenait. Certes, la guerre avait plongé le pays en choc économique majeur ce qui rendait parfois difficile de se procurer les besoins de première nécessité, ce n'était cependant pas le cas du vieil homme amateur des caves et des produits secs, collectionneur de viandes et, bien entendu, cultivant son propre garde-manger avec soin. Il n'était pas marié, sa femme l'avait laissé il y a dix années de cela à cause de sa grossière appétence pour les cigares éveriens et les liqueurs herbales qu'il sirotait parfois à longueur de journée sans se soucier du bien être de sa compagne. Boh, ce n'était pas grave. Elle avait toutes les raisons de le quitter, et c'était mieux pour eux deux. Tout de même il regretta un peu de la voir partir surtout avec la facilité dont ils avaient traité du divorce. Il n'y eût point, ou que très peu de chamailles pour des biens matériels, ils restaient en somme deux bons amis qui ne comptaient plus partager un lit. Après tout, Välëkk souriait à la vie, et naturellement la vie lui souriait en retour. C'était de moindres courtoisies.

En parlant de courtoisies, le vieux fermier n'en avait pas usé depuis de maints mois, surtout avec l'aspect solitaire qu'il a su cultiver, au sens propre comme au figuré. Et justement, ça lui manquait: Corvus était pour lui et pour bien des personnes une occasion pour réaffirmer son patrimoine et ses tradition, l'une d'entre elles étant bien entendu l'hospitalité prime. Tant de ses amis ont accueilli des réfugiés, des touristes égarés et même quelques enfants qui avaient perdu leur parents dans les foulées, tandis que lui restait à l'écart, 20 minutes de voitures du village le plus proche, avec rien que des sangliers pour lui tenir compagnie ou des hirondelles pour le visiter. En bref, rien. Et en bref aussi, cette jeep était pour lui la grâce qu'il attendait.

Mais ça, tout ça, il n'y a pas pensé directement. Non, ça serait bien trop facile de voir arriver quelqu'un et de subitement l'accueillir, surtout en temps de guerre. Et une jeep, qui plus est.

Depuis l'invasion loduarienne, Välëkk s'était comme crispé. Il s'attendait déjà à voir les hommes en rouge toquer à sa porte, piller son domicile, brûler son champ et tuer ses brebis avant de l'enfermer dans un camp de concentration à but "humanitaire". Et pour cause, il avait ressorti des petits "bijoux" cachés jusqu'à présent dans son grenier pour se préparer à l'éventualité.

Vous vous imaginez donc avec quelle gueule il a décidé d'aborder cette Jeep qu'il croyait être un véhicule blindé léger des forces loduariennes. Dès que le son des pneus filant sur le gravier firent vibrer les tympans de l'homme, il sauta de son fauteuil, courra vers la porte d'entrée et sortit de son domicile à peine la voiture eut coupé le contact. En tenant dans se bras in sublime fusil à pompe Tecla T1947, bien sûr d'une autre époque, mais chargé avec assez de plomb pour transformer les deux bonshommes en pâture à sangliers. Et justement, ils sortaient l'air bienheureux, comme des diplomates ou des vendeurs en porte à porte, avant de ravaler quelconque mots qu'ils allaient prononcer à la vue du fond du canon.

Välëkk leur hurla dessus.

"Je vais vous laisser dix secondes pour me jeter vos armes et vous coucher à terre."

Les deux azuréens, détendus il y a à peine quelques secondes, se mettaient à présent à gesticuler dans tous les sens.

"Mais...! Nous ne sommes pas soldats !"

"Neuf."

"Hein ?"

"Huit."

Leur sang se glaça. Ils avaient bien compris à présent qu'il ne rigolait pas du tout, et qu'il était déterminer à défendre les prémices de sa ferme. Pas le choix, il fallait le convaincre ou goûter à la grenaille.

"Monsieur, croyez-nous, nous ne voulons aucun mal."

"Sept."

"Vraiment, nous voulons juste discuter !"

"Discutez entre vous. Six."

"Nous sommes juste deux azuréens en quête d'informations !"

"Cin... Attendez, des azuréens ?"

L'homme baissa son arme, au grand soulagement des deux visiteurs.

"C'est vrai que vous avez une gueule de terroristes vous. C'est quoi ? Vous avez paumé votre dromadaire ?"

À ce stade, les propos ouvertement racistes de l'homme étaient vus plus comme de la sympathie que tout autre chose. Les deux acquiescèrent comme des idiots pour éviter d'avoir à revivre ce petit moment de stress et ainsi détendre l'atmosphère pour obtenir ce qu'ils étaient venus chercher.

"...À vrai dire, nous étions simplement venus chercher quelques inf-"

Ils n'eurent même pas le temps de finir que, d'une seconde à l'autre, l'homme écarta ses bras pour les accueillir puis leur tendit la main.

"À vue de nez, je dirais que vous êtes à jeun ! Je me présente, Välëkk."

L'un des deux voyageurs attrapa mollement sa main pour la serrer. Cependant, il avait sous-estimé la force et l'enthousiasme du fermier, qui lui écrasa immédiatement la main pour après le tirer violemment en sa direction. Pris par surprise, l'azuréen de voyait tiré comme un chien en laisse vers l'homme, qui, voyant son déséquilibre l'aida a se relever.

"Pardi ! C'est que vous n'avez même pas la force de me serrer la main ! Que mangez-vous dans le désert, bon sang ?"

Avant que le colosse puisse s'avancer vers l'autre compagnon pour faire de même, celui-ci s'éclipsa rapidement derrière son ami faisant mine de ne pas l'avoir remarqué alors que son ami secouait sa main en cachant sa douleur. Ce n'était certainement pas cela qui allait ébranler la sympathie de l'homme, toujours sur sa ligne.

"Allons enfin ! Entrez ! Vous êtes affamés, vous avez besoin de vous restaurer. Sachez-le, j'ai tué l'autre jour l'un de mes brebis, il me reste encore une grande quantité de viandes fraîches, si c'est ce que vous voulez. Après, vous ne mangez pas de porc je suppose ? Peut-être que la viande n'est pas une si bonne idée alors... Ne vous inquiétez point, je souffle mon mon propre avoine, ça va déjà vous remettre sur pied. Après, j'ai du jus. Vous buvez du jus ? J'en ai si vous voulez. Après, disons qu'un pinard de si tôt n'a jamais fait du bien à personne. Mais je peux faire une exception... Qu'es-ce que c'est ? Vous ne buvez pas d'alcool non plus ? Et vous vous étonnez d'être gringalets comme vous êtes ?"

L'homme avait un débit de parole inimaginable. On aurait cru à un dialogue, mais tout ce que les azuréens pouvaient placer durant son monologue étaient quelques gémissements approbateurs ou non en réaction à ses dires. Sans réfléchir, ils se firent inviter dans le domicile.

C'était une large maison de campagne, certainement large pour un homme seul comme lui, mais décorée de fond en comble. Des tapis, des fourrures, des têtes de cerf et sangliers, tout ce qui faisait penser à un bon chalet du terroir. Un peu impressionnant, certes, surtout pour des personnes venues d'ailleurs, mais rien de vraiment dramatique à seconde vue. Non, au contraire, c'était presque chaleureux.

"Je m'excuse, vraiment, depuis que ma femme m'a quitté vous savez, j'ai rarement le réflexe de faire du nettoyage, surtout avec mes corvées journalières. Je ne peux même pas payer quelqu'un pour le faire, enfin qui viendrait dans un bled comme celui-ci pour faire du nettoyage ? C'est absurde, je sais. Posez vous manteaux sur le porte-manteaux dans l'entrée, je vous en prie. Il doit y avoir deux ou trois crochets de libres pour vous. Vous voulez enlever vos chaussures ? Vous pouvez, ce n'est pas interdit. Non, au contraire, faites comme chez vous. Cela doit pas vous faire très bizarre, non ? D'avoir autant de tapis chez vous ? Vous mettez des tapis partout de toute façon en Azur, non ?"

Les deux voyageurs ne savaient vraiment pas quoi répondre. Ils n'avaient certainement pas envie de le qualifier de raciste, et encore moins de lui dire qu'il avait raison. Ils restaient là, sans bouger. Sans un mot non plus.

"Vous savez, au fur et à mesure qu'on vit ici on s'habitue. Je ne vivrais pas en ville pour rien au monde, même si c'est pour me permettre une meilleure retraite. Et le service ici est pas mal de toute façon, on a un bon médecin de village. Non, tout est bien connecté. On peut se permettre de vivre à la campagne en Antares. Pas besoin de faire quoi que ce soit d'extrême, non. Non, non, c'est très bien comme ça. Après, vous devriez connaître non ? Je suppose que vous avez interrogé mes voisins aussi ? Enfin, voisins... Pas vraiment des voisins à cette distance !"

Välëkk eut un instant de fou rire avant de reprendre.

"Ah mais franchement, la campagne fait du bien. Je ne m'en suis jamais lassé. Même après que ma mère, paix à son âme, a voulu que j'entreprenne des études, je suis revenu immédiatement au terroir pour reprendre la traite de mes vaches. Ah oui, mes vaches ! Je vous ai dit que j'avais des vaches avant ? Et très belles d'ailleurs, la plus grosse s'appelait Marie. Quel régal, je me souviens encore de cette texture, le jour où on l'a abattue un soir de Noël... Sincèrement, que demander de mieux ?? J'aurai aimer vous régaler comme ça, mais vous tombez pas au bon moment je dois le dire..."

Alors qu'il continuait à débiter, les azuréens virent l'espace d'une seconde un chat noir traverser le salon avant de venir se frotter aux pieds du fermier. Celui-ci s'arrêta net pour se baisser et le caresser, avant de reprendre.

"Ah oui ! Mon chat ! Bizarre non ? D'avoir un chat, surtout dans une ferme. On s'attendrait plutôt à un chien pas vrai ? Après, je ne l'ai pas acheté moi même, non, rassurez vous. C'est ma femme ! Elle voulait apporter un peu de vie à l'intérieur. Et devinez quoi ! À présent il m'aime plus qu'il n'aimait ma femme ! Pardi, durant le divorce elle n'a même pas voulu l'emporter. Et il n'a point souffert, non, il avait même l'air plus heureux après coup. La petite Peggy... Ah oui ! Je ne vous ai pas dit, elle s'appelle Peggy. Drôle de nom pour un chat, non ? Si vous vivez ici depuis plus d'une semaine, vous devez forcément connaître Peggy... La grande Peggy ? Non ? Comment ça ? Peggy Poulain, l'héroïne des premiers dessins animés diffusés sur les anciens télé-lecteurs ! Non ?? Allons, un peu de culture quand même ! Après oui, c'était certes une autre époque. J'avais peut-être vingt-cinq ans, oui je sais je n'étais pas non plus tout jeune, mais il faut savoir qu'à l'époque c'était une révolution ! C'est comme si je me reconstruisait des souvenirs d'enfance, que du bonheur..."

À présent, ils débarquèrent dans la modeste cuisine, contrastant largement avec le grand salon et la salle à manger qu'ils avaient vu précédemment. L'homme les assieds au bar et se mit à préparer quelques délices pour ses invités. Quand à ces derniers, ils prirent l'occasion de cette unique seconde de silence pour revenir à ce qu'ils étaient venus chercher ici.

"Monsieur Välëkk... Nous apprécions l'hospitalité, mais en réalité nous sommes venu pour un tout autre objectif. Nous voulons en savoir plus sur Ryämö Köwnatör."

"Ryämö ! Pardieu, si l'on m'avait dit que j'allais entendre ce prénom depuis la bouche d'un afaréen ! C'est qu'on aura tout entendu. Que voulez vous savoir que vous ne savez pas déjà ? C'était un brave homme, chef de file malgré lui, et pour quelqu'un d'aussi timide je dois dire qu'il est surprennament charismatique. Après, vous devriez le savoir, et l'entendre aussi par mon accent, j'ai des origines de "Casquette Bleue", si vous voulez j'aurais plus de chances de vous informer sur Jäkkö Nëëkermän, ah mais quel brave homme ! Si vous voulez savoir, je pense que c'est à lui que doit revenir toute présidence. Köwnatör est un bon orateur, mais Nëëkermän sait se débrouiller mieux sur le terrain. Mais bon, je prêche un peu pour ma paroisse ici... Il faut dire que je n'attends qu'une chose, que les casquettes bleues se réveillent de leur sommeil pour venir botter le cul à ces impérialistes. Et le jour où ça arrivera, pardi, je pars à Saint-Cyprien pour y passer ma retraite !"

Les deux azuréens ne comprenaient pas vraiment de quoi il parlait. Après tout, il venait de mentionner une facette très ensevelie de la guerre civile que même les habitants du pays étaient peu familiers avec. Une facette qui n'était certainement pas connue des étrangers, même des plus proches d'Antares.

"Vous savez... Les Nëëkermän dans mon avis l'avenir de cette nation. Corvus tel qu'il existait au temps des Köwnatör, des Wÿntäzër et autres familles qui pour la plupart se sont fondues, c'est un rite vieux, qui ne s'adapte pas à la modernité. Par exemple, connaissez-vous Höllër ? Il faut connaître Höllër ! Justement, Les 31 principautés ont mis du temps à la reconnaître comme partie du purgatoire et non comme on l'estimait auparavant, le bras droit de la Fantassine. Au contraire, les nouveaux Nëëkermän, eux ont initié la portée qui à mené à la ratification de Skorpii. D'abord, c'était juste du religieux, oui. Une réadaptation de la foi corvienne, c'est tout ce que c'était. Mais on s'est vite rendu compte de l'enjeu sociétal que ce changement apportait. L'accord de Skorpii est devenu politique plus tard en mon sens, mais plusieurs disent l'inverse... Après, c'est un texte difficile, et surtout un sujet qui fâche. À mon avis, c'est sur eux qu'il faut pointer, et nul autre. Eux savent vraiment ce qui est mieux pour nous."

L'homme se frotta le nez. Décidément, il était allé un peu loin. Peut-être que ces azuréens ne méritaient pas de l'entendre parler de sa foi...

"Je suis désolé... Je me suis égaré dans mes pensées. Oui, Ryämö Köwnatör... Non, je ne le connais pas personnellement, non... J'aimerais vous en dire plus, mais que voulez-vous que je vous dise ? Un fermier désenchanté au milieu de la campagne mavésienne, vous n'avez pas frappé à la bonne porte... Après, dites moi... Qu'es-ce qui vous intéresse chez ce bon vieux Ryämö ?"



Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
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L'investissement culturel à l'étranger par la Poëtoscovie
Une ouverture d'un centre culturel en Azur

Source : P-News

Conformément à ses engagements nationaux et internationaux, la Poëtoscovie a toujours recherché à protéger la culture par tous les moyens. C'est dans cet objectif que l'État a alors encouragé le développement de relations internationales en ce sens, notamment à travers la fondation Poëtky Mir. Avec plusieurs centres culturels à travers le monde, notamment en Antegrad ou dans la Cité du Désert, l'installation de tels centres témoigne de la confiance des institutions poëtoscoviennes quant à la stabilité des rapports entretenus entre deux puissances.

L'Azur est, cette année, l'heureuse élue chez laquelle la fondation Poëtky Mir va établir un centre culturel. Tandis que ce même organisme est un acteur culturel majeur de la scène internationale, faisant la promotion de la culture poëtoscovienne et donnant accès à des cours gratuits tels qu'en littérature, l'Azur semble être l'un des pays dont le développement en cours semble rendre pertinent tout investissement sur une longue durée. Les gouvernements de ce pays afaréen ayant toujours favorisé l'accès à la culture, rendant son budget même supérieur à celui d'autres pouvoirs régaliens, il parait important que des passerelles puissent se créer entre les deux puissances culturelles les plus importantes au monde. Il est à ne pas douter que cela est une forme d'appel de la Poëtoscovie à l'Azur, comme l'invitant à lui rendre la pareille. Si les pays venaient à devenir des carrefours de la culture à une échelle mondiale, il pourrait effectivement être important que ceux-ci coopèrent, car la culture est l'un des milieux dans lesquels les rivalités peuvent donner place à l'amitié sans pour autant abandonner son pouvoir, car bien au contraire ceux-ci se cumulent. C'est dans cet esprit que les différentes puissances culturelles, au-delà des deux seules concernées par l'événement, pourraient s'aider mutuellement afin de parvenir à faire entendre leurs intérêts bien au-delà de ceux poussés sur le devant de la scène par les multiples pays militaristes.

Par ailleurs, il semble ne faire aucun doute que la Poëtoscovie cherche à montrer son implication dans les affaires afaréennes. Après avoir demandé à l'ensemble des États présents l'ouverture d'une ambassade, avoir participé à une rencontre bilatérale avec le Califat constitutionnel d'Azur, s'être intégré comme acteur de la lutte contre le grand-banditisme auprès de la Cité du Désert, voire, il y a plus longtemps, s'être inscrit comme allié de l'Antegrad en termes de renseignement, la nation littéraire semble effectivement démontrer son attachement à l'Afarée qui, si elle est longtemps restée en retrait du monde diplomatique, laisse présager un grand avenir. Certains géopolitologues parleraient même du réveil d'un continent parmi les plus prometteurs. Il est vrai que l'Eurysie est en proie aux guerres intestines, que le Nazum est vassalisé au Jashuria et que le Paltoterra compte seulement les plus grandes puissances qui n'ont besoin d'aucune alliance. L'Aleucie demeure tout de même dans une forme de coopération interétatique aux niveaux économique et politique, mais beaucoup de divergences rendent impossible une émergence totale du continent en tant qu'acteur soudé auprès de la scène internationale. L'Afarée a encore cette chance, et la fondation Poëtky Mir semble miser sur l'Azur pour en prendre la tête, quoique des dialogues existent également avec bien d'autres États afaréens. Du moins, il est indéniable que cette nation jouera l'un des rôles clefs dans les domaines culturels du continent.

La construction d'un tel centre n'est donc pas anodine. Sans doute le ministère des Relations internationales, Piotr Vassia, y a-t-il donné son assentiment. Peut-être est-il lui-même impliqué dans la prise de décision de manière plus accrue. Quoi qu'il en soit, cela démontre une volonté de la Poëtoscovie d'accentuer les rapports entretenus avec l'Azur, sinon de lui exprimer la sympathie de la nation littéraire. Le centre étant tout naturellement établi au cœur de la capitale du pays concerné, il est à espérer que les hommes et femmes de la politique locale feront le déplacement pour son inauguration, d'ici la fin de l'année. Bien évidemment, cela s'inscrit également de manière plus générale dans la politique internationale voulue par le ministère des Relations internationales, explicitée lors de la conférence des ambassadeurs de 2018. Le fait de s'ouvrir ainsi sur le monde témoignerait d'une politique poëtoscovienne plus avenante et plus partie-prenante concernant les grands enjeux mondiaux. La préservation du patrimoine en faisant partie, la Poëtoscovie compte bien trouver de l'aide auprès des acteurs y étant déjà sensibles, comme cela parait être vraisemblablement le cas pour l'Azur.


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Sénat des 1000 de Velsna


Drapeau

22 février 2020
Communiqué: Au propos de la situation poetoscovienne et du droit à la réplique


Le Gouvernement communal de la Grande République, en accord avec le Sénat des Mille et ses illustres excellences, souhaitent faire part au peuple de notre République ainsi que celui du reste du monde, d'un droit de réponse émis à l'adresse de ces excellences du Diwan du Califat d'Azur.

Il n'a point été de notre volonté d'initier les actes d'hostilité et d'ignominie à l'égard de ces excellences du pays des poètes et des alexandrins. Nous, excellences honorables du Gouvernement commmunal de la Grande République, qui accusons le respect le plus grand vis à vis de ces gens du Diwan, reconnus pour leur sérieux, leur crédibilité et leur sagacité sur la scène de la politique afaréenne, nous devons de répondre aux clarifications que la prise de parole de ces excellences impose de fait. Car il est établit et sous entendu que nos gens seraient accusés de barbarie et de crime, ce qui est formulé sans prendre compte de la réalité contextuelle, et des évènements ayant précédé la difficile décision qui a été de permettre à la Classis III "Fortuna Patres" d'agir selon son entendement propre.

En premier lieu, il est à porter à l'attention du Diwan que tout a été fait par nos services diplomatiques afin d'éviter une telle issue depuis désormais quatre ans. Aussi bien lorsque ces excellences des gens du pays des poètes ont proféré des menaces de mort à l'attention du peuple allié et ami de Moritonie, jusqu'à menacer l'intégrité physique de sa dirigeante, que lorsque les poètes ont opéré à visage découvert des opérations d'ingérence destinés à nuire aux intérêts et à la sécurité de ma Grande République, que ce soit envers le Chandekolza, la Confédération Socialiste du Nazum ou bien dernièrement les divers théâtres d'instabilité eurysiens dans lesquels les poètes ont cru bon d'intervenir. Dans ce contexte, toutes ces occurrences, le Gouvernement communal a privilégié le dialogue afin de faire valoir le caractère profondément néfaste des actions ordonnées par les gens du pays des poètes. Ainsi, notre action s'inscrit dans cette chaîne, et n'a office que de dernier recours en vertu de l'échec de toute approche pacifique.

Ainsi, cette action constitue une conséquence regrettable de ce que ces excellences du pays des poètes auraient pu éviter, et que nous avons dû administrer malgré notre coeur. Nous restons ouverts à toute suggestion du Califat azuréen à l'avenir, concernant ce type d'incident.



Ces excellences illustres du Sénat des Mille et du Gouvernement communal de la Grande République,
A la date du 22 février 2020

1016
Agence de presse de l'Organisation des partenaires de la Poëtoscovie

SAN YOUTÉ, CHAMPION PARMI LES CHAMPIONS

Numéro 1 daté de mai 2020.


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— République fédérale du San Youté —
SAN YOUTÉ, CHAMPION PARMI LES CHAMPIONS

Le scrutin est désormais clos. Pour cette première session du Conseil de l'OPP, événement historique, c'est donc le San Youté qui est le plus récompensé pour son action au sein de l'organisation. État membre de quatre programmes, il s'illustre comme un partenaire de confiance misant sur les relations internationales comme instrument de puissance. 5100 UMI viendront en soutien à son développement de la part de l'OPP, l'érigeant comme exemple de la réussite. Les autorités san youtaises seront appelées à se rendre à Hernani-centre prochainement, si elles le souhaitent, afin d'être remerciées à la hauteur de leur engagement.

— Toute l'organisation —
LE PROCHAIN PROGRAMME, INTITULÉ LE DERNIER JOUR D'UN CONDAMNÉ, EST POUR BIENTÔT

C'est un élément fort de la coopération judiciaire entre la Poëtoscovie et les États qui le souhaitent qui va voir le jour dans peu de temps. Après avis favorable du Conseil de l'OPP, quoique connaissant quelques résistances de la part d'États craignant le caractère encore flou du programme, celui-ci devrait voir le jour prochainement, dans une version claire et transparente pour le public.
Le bruit court que de nombreux autres programmes seraient confidentiellement au stade de la réflexion dans les bureaux de l'Organisation des partenaires de la Poëtoscovie. Interrogées, les autorités garantissent qu'elles apporteront toute la transparence nécessaire au bon exercice d'une coopération multilatérale lorsque la certitude de proposer de tels projets sera actée.


AA
— Republik Sosialis Negara Strana —
LE NEGARA STRANA, PREMIÈRE SORTIE DE LA COLLECTION L’ŒUVRE AU NOIR

C'est en effet bien le Negara Strana qui a été désigné pour accueillir la célèbre collection à la composition internationale. Aujourd'hui constituée de 13 œuvres, elle sera visible tout le second semestre de l'année 2020 au Musée National de Kotarakyat.
Le Negara Strana, participant aux programmes Albatros et L'Œuvre au Noir, s'inscrit comme l'un des partenaires du Sud-Nazum les plus présents. Le choix de l'inscrire comme le premier État à recevoir la collection du réseau de musées est lourd de sens. Alors que les différentes pièces artistiques avaient provisoirement été exposées en Poëtoscovie, c'est donc toujours sur le continent que reste la collection.


— Califat constitutionnel d'Azur —
LA RÉCENTE PARTICIPATION DE L'AZUR, OU L'ÉVÉNEMENT QUI HONORE L'ORGANISATION

Tandis que la Poëtoscovie a connu deux défaites cinglantes en peu de temps, tant sur le plan militaire que diplomatique, l'Azur a rejoint l'OPP, dans l'objectif de se rapprocher de la Nation littéraire et de « développer les liens commerciaux, culturels et politiques entre les deux pays » selon la déclaration du Diwan.
La participation de la première puissance afaréenne dans plusieurs programmes de l'Organisation, notamment le Bateau ivre, est un véritable atout pour l'OPP qui s'en trouve considérablement renforcé.

— Mystère —
SAUREZ-VOUS RETROUVER CE PAYS ?

État situé au Sud d'un continent réputé pour sa stabilité, sa couleur était jadis à peu de chose près la même qu’une vaste confédération septentrionale. Il possède quelques îles et son territoire, densément peuplé, est membre du programme Bateau ivre. Quel est-il ?
Réponse dans le prochain numéro.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Agence de presse — Organisation des partenaires de la Poëtoscovie
290
ghhĥbjg

Cher équipe d'imzigh,
L'organisation de la Coupe du Monde de hockey sur gazon est au regret d'annoncer l'impossibilité d'accéder à votre requête en raison de nombreux paramètres qui la rendent impossible à appliquer.

Nous espérons néanmoins que votre équipe réussira à aller le plus loin pour dans la compétition,
Cordialement,
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CARNAVALE INTERNATIONALE
24/07/2020


Prométhéisme : Carnavale a-t-elle enfin trouvé son soft power ?

Prométhéisme : Carnavale a-t-elle enfin trouvé son soft power ?


Imaginez aller expliquer à un habitant des années 2000 que la Principauté de Carnavale est devenue un pôle majeure d'inspiration culturelle et idéologique à l'internationale. Cet habitant vous regarderait assurément avec des yeux effarés. Il faut dire que, longtemps, le modèle politique et scientifique de la Cité noire a été perçu comme une aberration, une anomalie destinée à s'effondrer ou être ignorée, seulement reconnue et commentée pour ses outrances et ses bizarreries. Pourtant, il semblerait bien que, pas à pas, la vision carnavalaise fasse son chemin hors dehors de ses frontières. Derrière l'apparente couche d'absurdités se cache une vision de la société et des hommes qui les composent plus structurée qu'il n'y paraissait au premier abord.

Au point de séduire les opinions, y compris chez ses adversaires historiques ? C'est ce qui semble bien, à regarder l'actualité de ce mois de juillet 2020. Les signaux faibles nous parviennent du monde entier, du Grand Kah au Califat d'Azur, l'idéologie prométhéenne fait son chemin et séduit de plus en plus à l'intérieur d'un paysage politique pourtant hostile au capitalisme débridé carnavalais. Je l'écris comme je le pense, il suffira qu'un ou deux pays nous suivent et c'est le monde entier qui basculera. Que valent les grands théorèmes politiques face à l'implacable amoralisme du progrès scientifique et technique ? Les curés de l'idéologie parleront encore de modes de production, distinguerons les usages, critiqueront l'accaparement ou l'instrumentalisation des découvertes, diront, "il faut breveter" ou bien "il faut démocratiser", mais qu'importe ? Car l'éventail des nations est suffisamment vaste pour permettre aux multiples visages de la science de s'exprimer côte à côte et non en concurrence.

Disons le : l'usage scientifique s'impose. Une invention, lorsqu'elle sort de sa boîte, ne peut y être remise. Voilà ce que craignent les amoureux de l'ordre et du contrôle : ils ont peur que le diable sorte et que soudain tout leur échappe. Imaginez demain pouvoir produire de la nourriture à moindre frais, ou de l'énergie propre et gratuite. Soudain, c'est toute un pan de l'industrie mondiale qui s'effondre, avec ses réseaux et ses manigances. Ce sont des dynasties, des régimes qui trébuchent. Les nations ont peur pour leurs fondations qu'elles savent poreuses. Les traditions tremblent, les prêtres crient à l'hérésie, le tissu social frémit car ils sont à une invention décisive, à une révolution scientifique, que toutes leurs certitudes meurent.

Là pourtant est la force du prométhéisme. Car contrairement aux expériences socialistes, aux révolutions humanistes, le progrès scientifique, lui, ne peut être étouffé dans le sang. Découvrez le moteur à eau, tuez tous ses inventeurs, camouflez le projet et voilà qu'il renait ailleurs et la société qui, par peur de perdre son monopole sur les énergies fossiles s'est privée d'une telle technologie, se trouve soudain dépassée par les autres. Le prométhéisme ne promet aucun lendemains qui chantent, ce que fera l'humanité du progrès technique n'appartient qu'à elle. Notre seul devoir, notre unique mission est de faire advenir ce progrès et de le lancer entre les jambes de nos détracteurs à la façon d'une grenade dégoupillée. Carnavale a ouvert une brèche en tuant par milliers ses ennemis grâce aux armes chimiques. Le clan Obéron a perforé les esprits étroits en façonnant la CRAMOISIE© à son image. Les Dalyoha bousculent les certitudes des Églises et des curés de toute obédience en réalisant ce que leurs cultes avaient déclaré impossible. La preuve par le fait, voici la cinglante efficacité du prométhéisme.

Que dire cependant de ses échecs ? Qu'en bon scientifique, ils ne sont qu'une marche de plus vers ses succès. Le champ des possibles et de l'imagination humaine ne connait aucune limite physique, tenter et échouer, c'est malgré tout tenter. Les trains peuvent cesser de rouler, les réacteurs nucléaires exploser et les plantes OGM dépérir, nous n'aurons jamais perdu que de l'argent et qu'est-ce que l'argent sinon quelques morceaux de papier. Parce que l'avion supersonique n'a pas été rentable l'humanité est-elle retournée au voyage à cheval ? Certainement pas, elle a simplement concentré ses efforts sur des projets avec davantage de chances de réussite et ainsi, a progressé dans sa quête de nouvelles découvertes.

Les succès militaires carnavalais ne sont assurément pas pour rien dans le succès du promothéisme à l'étranger. Ce qui marche s'impose, ce qui échoue disparait, l'OND est arrivé à Carnavale forte de sa supériorité militaire et qu'en est-il aujourd'hui ? L'invasion de la péninsule a largement tourné au fiasco, grâce à qui ? grâce à quoi ? Laissons aux historiens militaires le soin de démêler le vrai du roman national mais reste que plusieurs des succès rencontrés par l'armée carnavalaise sont imputables aux nouvelles technologies et aux stratégies innovantes qui vont avec. Usage de drones, de bombes incendiaires et surtout d'agents chimiques et biologiques contre l'ennemi sont autant de techniques largement sous-estimées par l'adversaire et qui n'auraient pas été possibles dans un pays à la doctrine militaire plus conventionnelle.

Le prométhéisme a-t-il sauvé Carnavale ? Force est de le constater : c'est en pensant "out of the box" comme disent les Achosiens, que la Cité noire est parvenue à retourner l'issue d'une guerre qu'on lui disait perdue d'avance. Car la technique et les innovations scientifiques ne sont pas que des gains de productivité : elles élargissent littéralement le champ des possibles, rendant praticables des chemins qui hier encore n'étaient même pas envisagés. C'est la grande force de la science pour la science, loin de l'épuiser, elle complexifie en permanence le réel et donc les opportunités de celui-ci. Dans un monde capitaliste, ce sont de nouveaux marchés pour les entreprises, mais une sociétés communaliste comme le Grand Kah y verra des outils pour émanciper l'individu quand une théologie comme l'Azur affinera sa compréhension de Dieu. Chacun trouve midi à sa porte grâce au prométhéisme, d'où ce potentiel de s'imposer comme l'idéologie dominante du XXIème siècle.

La Principauté de Carnavale tient-elle sa chance ? Pionnière de l'amoralisme scientifique, elle est le seul pays contemporain à avoir misé sur la recherche scientifique à des échelles aussi ambitieuses. Transformer des millions de ses citoyens en cobayes, terraformer des morceaux de planète pour y développer un écosystème sur mesures sont autant de choix, décriés à l'international, mais précieux pour la recherche scientifique mondiale. Comme le disait Jacinthe Gerbedorée, chercheuse en ingénieure génique à Grand Hôpital, "Ceux qui nous conspuent aujourd'hui utiliseront nos découvertes demain. On peut maudire les Laboratoires d'avoir expérimenté leurs antibiotiques sur des enfants pauvres, mais un malade refusera-t-il de se soigner parce que son médicament n'a pas été découvert de façon éthique ? J'en doute." La Principauté a pour elle d'avoir eu raison avant tout le monde. Cela peut agacer nos adversaires mais le fait est là : chaque découverte, chaque invention que fait Carnavale profite en fin de compte à l'humanité toute entière. Soit parce que ses brevets finissent par être ouverts à la concurrence, soit parce que le progrès encourage le progrès et stimule l'imagination et donc la recherche.

Ce que fait Carnavale, c'est ouvrir le champ des possibles. Tout comme le grand canal jashurien inspira les ingénieurs de la Kabalie rouge, le développement et l'utilisation des armes biologiques à Carnavale aura certainement motivé l'ouverture des laboratoires secrets du Faravan. De même, l'Azur aurait-elle lancé son projet de zeppelin si le conglomérat Robespaul n'avait pas, le premier, ouvert la voie à cette technologie en prouvant son utilité ? Une découverte appelle à une réponse de la concurrence, chacun veut être le premier sur telle ou telle technologie afin d'en tirer avantage, mais cet avantage s'efface rapidement et alors il faut sans cesse continuer à rechercher et découvrir. C'est un cycle vertueux, alimenté par la curiosité des scientifiques et par la cupidité des Etats. Personne ne veut être à la traine, si quelqu'un démarre la course, tout le monde s'engage derrière lui. La mission de Carnavale est de lancer un maximum de courses. Les mieux placés seront ceux qui comprendront les premiers quelle est la dynamique du XXIème siècle. Non pas la victoire militaire, non pas la victoire idéologique, ou économiques, celles-ci sont impossibles, mais la course sans fin à l'innovation.

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Robotisation massive de la société corvienne
Robotic & Toc se dit intéressé par acquérir des parts de marché


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
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Communiqué du Diwan
Nous vous appelons à faire un effort
5.08.2020


Ce 5 août, les autorités coloniales de la Qabalie occupée ont annoncé des convocations policières et autres procédures contre des personnes rattachées au mouvement Imazighen, défendant la liberté de leur pays et la décolonisation de leur terre. Le « Président-Directeur-Général » de la « République actionnariale », connu sous le nom de Balsilek Ishaq, a mis en cause l'Azur, qu'il considère être à l'origine d'un « montage artificiel », ce qui est un pléonasme.

Le Diwan appelle Balsilek Ishaq et l'ensemble de ceux qui le suivent à la retenue et à la modération. Ni les pléonasmes, ni les accusations à l'emporte-pièce et autres amalgames ne sont de nature à rétablir une situation pacifique contrôlée nécessaire à une désescalade. En héritier de la Cramoisie, il retombe dans un complexe antagonique vis-à-vis de l'Azur qui n'a pas lieu d'être. La répression de l'opposition au régime luciférien colonial est inacceptable, tout comme l'est le maintien de zones d'ombres absolues sur la réalité de l'oppression coloniale imposée aux Qabaliens. Balsilek Ishaq, en tant que représentant des actionnaires coloniaux que sont le vaurien Blaise Dalyoha et les saligots Lucifériens, s'inscrit ainsi à nouveau contre la liberté du peuple auquel il prétend appartenir, et contre les intérêts de toute la population de la Qabalie occupée, qui aspire à une résolution du génocide dans l'égalité et la justice véritables.

Le Diwan rappelle que sans la communauté internationale et sa mobilisation pacifique et déterminée, le Protectorat colonial aurait peut-être achevé d'avoir exterminé la population qabalienne et Balsilek Ishaq serait sans doute un nom dans une longue liste de victimes qu'aucun musée n'honorerait. Le Diwan rejette les accusations irrecevables d'ingérence alors que l'Azur est, parmi tous les pays, l'un des plus mobilisés pour une justice réelle et équitable pour les Qabaliens et aussi pour les Carnavalais, victimes de l'Histoire dans ce pays désolé. Soutien fidèle et indéfectible de la mission d'observation menée par le Finejouri et l'Althalj, l'Azur a constamment choisi la solution de la désescalade et soutenu une solution multilatérale large structurée par la diplomatie, la patience et la Bienveillance, chaque fois que c'était possible. L'Azur a également donné, par le moyen de sa presse dont le pluralisme et la rigueur sont sans équivalent dans le monde, la parole à Balsilek Ishaq à l'occasion d'un entretien télévisé, ce dont il ne s'est jamais plaint. L'Azur a enfin confirmé son souhait de faciliter l'exportation des dattes cultivées par les agriculteurs kabaliens autonomes et il a accueilli avec intérêt la nouvelle de l'ouverture d'un Porte-parolat des communautés natives, dont la représentante demeure invitée par le service public télévisuel azuréen à s'exprimer sur son poste et la situation.

Le Diwan appelle donc Balsilek Ishaq à cesser d'invoquer une menace azuréenne comme faux motif d'une vraie répression de ses opposants et des résistants à ses patrons. Il l'appelle à substituer des entretiens de presse à des entretiens de police. Il l'appelle à faire honneur plutôt que honte à son héritage historique et culturel et déplore son adhésion au luciférisme carnavalais le plus surexcité et le plus dominateur.

Monsieur Balsilek Ishaq, l'Azur vaut mieux que vos accusations. Votre énergie devrait s'employer à faire avancer et réussir la mission d'observation que le Finejouri et l'Althalj conduisent courageusement et patiemment pour créer une issue positive au drame génocidaire que vos patrons ont provoqué. Le Diwan est aux côtés de la souveraineté des Qabaliens, non contre elle, et s'opposera à toute force étrangère qui serait venue pour l'opprimer et la tourner en dérision. Les Afaréens ne sont pas leurs jouets. Nous vous appelons à faire un effort de maturité.


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Teste de missile proche des côtes Kabaliènne

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Quelques jours après la fin de la construction du tout nouveau destroyer antérien de cinquième génération, l'AFV Ajaharân, l'armée de la République démocratique d'Antérie souhaite mettre à l'épreuve le nouveau bijou de la marine antérienne en réalisant des tests, notamment en lançant des missiles balistiques depuis la mer.

C'est donc depuis la ville d'Héjo, proche de la capitale antérienne Destint, que, le 10 août à 8 heures du matin, une flotte composée d'un destroyer, de deux frégates, de deux sous-marins d'attaque et d'un pétrolier-ravitailleur quitte les eaux antériennes afin de réaliser un exercice militaire dans les eaux internationales. Pour cet exercice, l'Antérie a uniquement prévenu les gouvernements finejourien et azurien. La flotte s'installe donc, le 13 août à 18 heures, à exactement 2 500 kilomètres de la ville de Petitpon-Ville, en Cramoisie / Kabalie Rouge. L'exercice commence par des tests de communication afin de s'assurer de la bonne coordination entre le nouveau destroyer antérien et le reste des navires, avant de réaliser de simples tirs d'entraînement.

Le 12 août, la flotte se prépare enfin à tester le lancement de trois missiles balistiques. Ceux-ci partiront depuis l'AFV Ajaharân et auront comme points d'impact, définis par le ministère des Armées antérien, une zone située à 500 kilomètres de Petitpon-Ville, en plein océan, afin de ne pas toucher directement le territoire kabalien et après s'être assuré que le trafic maritime ne sera pas affecté par ces tirs. La raison de ce choix de cible est de montrer à la «République actionnariale» que, même après quatre ans, les Afaréens ne cesseront de revendiquer ce qu'ils considèrent comme leurs terres qu'ils occupent, mais également de démontrer qu'ils sont capables d'atteindre le territoire kabalien à tout moment.

Après chacun des trois tirs, la flotte se déplace de 170 kilomètres dans une direction différente afin d'empêcher toute tentative de déterminer sa localisation précise. Une fois les trois tirs effectués, la flotte s'éloignera à 3 600 kilomètres des côtes sud de la Cramoisie / Kabalie Rouge afin d'effectuer le rapport de l'exercice, avant de mettre le cap sur le port de Sihir en Antérie pour officièlement terminer l'exercice.

Navires et matérielles engagées pour l'exercice:

-2 Frégates niveau 2
-1 Destroyer niveau 5
-1 Sous-marin d'attaque niveau 2
-1 Pétrolier-ravitailleur niveau 1
-3 missiles balistique niveau 4
-970 membres d'équipages

Durée de l'opération: Du 13/08 au 15/08
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Communiqué du Diwan
Dalyoha ne doit pas remettre le désordre
17.08.2020


Ce weekend du 15 août a été chargé en actualités. Le Diwan a pris note de l'intention à nouveau manifestée par la Dalyoha Compagnie d'accroître sa présence dans la Qabalie occupée, malgré les mises en garde répétées émises par la communauté internationale. Commanditaire du génocide des Qabaliens, la Dalyoha Compagnie n'a aucune légitimité à continuer à tirer profit de l'exploitation coloniale menée par le régime luciférien de la République actionnariale du Désert rouge. Son intention de poursuivre ces activités est contraire à toute résolution pacifique du conflit ouvert entre la colonisation carnavalaise et la nation qabalienne, et contraire à l'esprit des procédures en cours visant à stabiliser et pacifier les rapports entre la République actionnariale du Désert rouge et le Pacte afaréen de sécurité.

Le Diwan déplore cette intention malvenue de la Dalyoha Compagnie, qui renforce l'humiliation coloniale infligée au peuple qabalien tout en retirant au peuple de Carnavale de précieux milliards de chèques dont il a pourtant désespérément besoin pour sa reconstruction. Le Diwan se tient provisoirement aux côtés d'Améthyste Castelage dans les démarches qu'elle intenterait pour permettre à la richesse carnavalaise de financer la reconstruction de la Cité Noire plutôt que le développement d'activités coloniales en Afarée, et reste à sa disposition pour mener cette lutte commune des Afaréens et des Carnavalais. Le Diwan déplore d'autant plus ces annonces de la Dalyoha Compagnie qu'il constate avec déception qu'aucun des rouages institutionnels annoncés dans l'objectif de restituer aux Qabaliens natifs une partie de leur légitime autorité sur leur terre n'est décisionnaire dans la mise en oeuvre d'une politique par et pour les actionnaires coloniaux. Le Porte-Parolat et les autres institutions ont été lamentablement rendus inopérants. La République actionnariale n'a décidément rien d'une démocratie native, et confirme par là-même sa nature coloniale et autoritaire, au mépris des engagements et des promesses qu'elle aura faite à certains membres de la communauté internationale mieux disposés à son égard. Le Diwan se désole que Madame Naber, porte-parole des communautés natives au sein du régime, soit réduite à un silence timide au sujet de la colonisation et des décisions structurelles prises par les actionnaires, au mépris de la souveraineté du peuple qabalien. L'Azur pourtant lui ouvre les portes de ses médias pour porter la parole.

Le Diwan appelle Balsilek Ishaq et la République actionnariale à annuler ces projets et à revenir à l'esprit de la mission d'observation. Les ambassadeurs du Finejouri et de l'Althalj sont convoqués ce jour à la Porte Splendide pour que soient tirées à jour les raisons de l'immobilisme de la mission, alors même que de graves événements se sont déroulés en Qabalie, depuis les annonces d'attaques chimiques à l'ammoniac agricole et les opérations policières contre les Qabaliens du désert, dont de plus amples nouvelles et des informations précises sont attendues par la communauté internationale. Le Diwan désapprouve l'impolitesse de la République actionnariale, qui court-circuite et contourne l'initiative bienveillante du Finejouri et de l'Althalj visant à pacifier la situation, en s'aventurant dans une fuite en avant funeste de ses activités coloniales.

Enfin, le Diwan a été informé des exercices balistiques menés par la République démocratique d'Antérie en mer de Leucytalée, et s'associe entièrement à ses revendications solidaires de la lutte du peuple qabalien pour sa liberté et la décolonisation, ainsi qu'à l'avertissement porté à la connaissance du régime luciférien. Il n'y aura de processus pacifique que dans la continuité de la mission d'observation, et à elle toute l'énergie de la R.A.D. doit être consacrée. Il n'y aura ni souveraineté ni légitimité de la République actionnariale en Afarée tant qu'un processus de décolonisation reconnu par le Pacte afaréen de sécurité, le Forum de coopération d'Afarée du Nord et leurs partenaires de la communauté internationale, n'aura pas été observé sur place. L'aboutissement de ce processus est, pour les colons eux-mêmes, une alternative immensément préférable et considérablement moins coûteuse pour la sécurité globale que l'accroissement funeste et vain de leur arsenal militaire.

Le Diwan appelle à l'élargissement de la mission d'observation et à l'intensification de ses travaux.






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Conférence de presse de
BALSILEK ISHAK
avec son brave médecin, le professeur Ambroise Crogère

BALSILEK ISHAK

Crise des missiles avec l'Antérie, chouinage de l'Azur, Balsilek Ishak prend la parole pour réagir à l'actualité internationale.


Une fois de plus, c'est la situation internationale qui m'amène à prendre la parole devant vous. Alors que les processus de pacification et de normalisation de nos relations avec l'Afarée vont bon train, quelques nations, toujours les mêmes, travaillent à perturber le bon déroulé des opérations. Faisant fi de la mission d'observation menée conjointement avec l'Althalj et le Finejouri, l'Antérie est venue chercher l'escalade militaire en provoquant notre nation par des tirs balistiques à proximité de nos zones civiles. Une menace inacceptable pour la sécurité de nos concitoyens et qui a fait l'objet d'un tir de semonce proportionné en retour. En tant que PDG-Protecteur du désert, je ne laisserai aucune dictature, aucun État voyou mettre en danger le peuple kabalien. Hier la violation de notre espace aérien par le Califat d'Azur, aujourd'hui les menaces de l'Antérie, chacune a reçu une réponse adéquate et qu'il soit extrêmement clair que si la Kabalie rouge est pacifiste, elle répondra coup pour coup aux agressions initiées par ceux qui se déclarent ses ennemis. Je renouvelle le souhait exprimé par mon peuple à vivre en paix en Afarée et condamne toutes les initiatives et provocations étrangères visant délibérément à nous dénier ce droit, et à saboter le processus de pacification de la région.

Une fois de plus, ce ne sont pas des nations ouest-afaréennes qui cherchent à raviver les tensions. Il est toujours aisé d'attiser les braises du conflit loin de chez soi. Azuréens, Atériens, je leur dis, prenez garde car la guerre que vous appelez de vos vœux pourrait bien toucher votre sol plus tôt que vous ne le pensez. Il est aisé d'allumer un incendie, mais bien moins d'arrêter les flammes lorsque celles-ci dévorent tout. Je renouvelle ma confiance en nos voisins de l'Althalj, du Finejouri, du Grand Kah, de Carnavale et de toutes les autres nations de bonne volonté, pour tenter de trouver ensemble une voie pour faire prospérité ensemble, dans la paix et la fraternité. Nous ne laisserons pas les forces du chaos triompher. Les investissements demandés au conseil actionnarial restent d'actualité et courent pour l'année 2020-2021. Faute de garanties sécuritaires supplémentaires de la part du continent afaréen, la Kabalie assurera sa défense elle même.

J'ai pris bonne note des déclarations de l'Antérie, à travers son chef d’État et son ministre des Affaires étrangères. Je leur réponds avec la plus grande fermeté : la réponse proportionnée de notre tir de missile balistique est à considérer comme un coup de semonce et non un acte de guerre. Si guerre il devait y avoir, ce que je ne souhaite pas, elle serait de l'initiative de l'Antérie ou de ses alliés, et ce n'est pas dans la mer que notre missile aurait frappé, mais sur le palais présidentiel de Jakamé Idi Akim. Qu'il se le tienne pour dit et mesure ses paroles à l'avenir.

Nous entendons toutefois la sagesse du Royaume du Finejouri qui appelle à baisser les armes. J'en appelle moi aussi à faire taire les canons et je le réaffirme : aucun Anterien n'a à craindre de la Kabalie rouge. La seule menace qui pèse sur eux, c'est l'inconséquence des paroles de leur gouvernement. En signe de bonne volonté, je suis disposé à rencontrer Jakamé Idi Akim au Finejouri s'il le désire toujours. Nous parlerons paix et commerce, comme avec n'importe quelle nation d'Afarée prête à faire preuve de bonne volonté. La Kabalie rouge peut être un allié précieux autant qu'un ennemi terrible, que chacun choisisse son chemin en son âme et conscience.

Il a également été porté à ma connaissance un communiqué du Diwan azuréen. Nous savons tous ici à quel point la diplomatie de cette nation déborde de fiel et de mensonge. Ce n'est pas pour rien si le Califat a été méthodiquement écarté de toutes les initiatives diplomatiques en Afarée de l'ouest, après avoir tenté d'ingérer en Althalj, au Grand Kah et en Kabalie rouge. On ne dialogue pas franchement avec des pays dont un mot sur deux est trompeur et qui, lorsqu'il ne parvient pas à obtenir ce qu'il veut par de douces paroles, tente de vous tordre le bras par la corruption, la propagande et la tromperie.

Je me suis entretenu hier avec nos partenaires économiques et, puisqu'ils ont été ciblé directement par les paroles du Diwan, les Laboratoires Dalyoha ont pour une fois souhaité répondre aux accusations portées contre eux. Je laisse à présent la parole au Professeur Ambroise Crogère, directeur de la banche afaréenne des Laboratoires Dalyoha, que je remercie de se prêter à cet exercice.


Professeur Ambroise Crogère

Je vous remercie également, PDG-Protecteur, de laisser aux Laboratoires cette opportunité de nous expliquer davantage. Étant une entreprise privée, la Dalyoha Compagnie s'exprime rarement sur les questions géopolitiques qui sont du ressort des gouvernements et des peuples. Néanmoins lorsque la probité de nos actions est questionnée, il est normal de faire preuve de pédagogie de façon à ne pas laisser des interrogations légitimes en suspend, susciter une crainte ou une défiance injustifiée.

La Dalyoha Compagnie a pris le temps de consulter les inquiétudes formulées par le gouvernement azuréen et je vous assure que nous les prenons avec un grand sérieux. La science, et en particulier la biologie médicale, surtout lorsqu'elle est étudiée à un niveau d'expertise très avancé, peut sembler un peu mystérieuse vue de l'extérieur. Le système international des brevets et du secret des affaire dissimule volontairement le détail des découvertes des uns et des autres afin de les laisser exploiter le résultats de leurs recherches. Cette opacité suscite des frustrations et, pour des personnes religieuses, des craintes légitimes quant au traitement du vivant et du sacré. Je crois en revanche que nous ne devons pas céder à la peur de l'inconnu et que science et religion peuvent marcher côte à côte, en dialoguant confraternellement. Je crois d'ailleurs savoir que certaines formes d'islam ne sont pas incompatibles avec la curiosité scientifique et la pensée critique, ce qui est porteur d'espoir pour l'avenir des relations carnavalo-azuréennes.

A Carnavale, les Laboratoires Dalyoha organisent régulièrement des journées pédagogiques à destination des scolaires afin d'initier les nouvelles générations à la méthode scientifique dès le plus jeune âge. Cette initiative, dont les résultats ont été salués, porte ses fruits depuis plusieurs décennies et malgré la forte imprégnation de la religion catholane à Carnavale, on mesure un fort recule des superstitions et des peurs irrationnelles au sein des populations ayant pu bénéficier de ce programme. La Dalyoha Compagnie serait heureuse de permettre à l'Azur de profiter, elle aussi, d'un tel programme, qui permettrait nous en sommes sûrs de poser aujourd'hui les bases d'une coopération sereine dès demain.

D'ici là, je tâcherai de répondre à quelques points soulevés légitimement par l'Azur.

Le Diwan a qualifié "d'humiliation coloniale" les récents investissements de la Dalyoha Compagnie en Kabalie rouge. Un tel qualificatif nous semble grandement exagéré et être le produit d'une vision faussée de la situation dans le désert rouge. La Dalyoha Compagnie est une entreprise pharmaceutique qui fournit chaque jours des dizaines de millions de personne en médicaments et services de santé nécessaires à leur survie ou leur bien être au quotidien. Guérir, soulager, rendre la vie plus douce et facile, voici nos missions. En Kabalie rouge, la Dalyoha Compagnie a financé les hôpitaux, les pharmacies, des serres qui nourrissent la population et elle travaille désormais à dépolluer le désert rouge. Qu'a fait l'Azur pour le bien être des Kabaliens ? Elle les a placé sous blocus, provoquant des pénuries ponctuelles et une stagnation du niveau de vie général. Stagnation que monsieur le PDG-Protecteur Balsilek Ishak et monsieur Blaise Dalyoha travaillent chaque jour à combattre en augmentant le nombre d'investissements dans le désert.

Le désert rouge est aujourd'hui dans une situation précaire. Il a besoin d'irrigation, d'industrie, d'infrastructures, de logements, d'être dépollué, d'être nourri... ces besoins vitaux et urgents ne peuvent se permettre d'attendre la bonne volonté de la communauté internationale. N'en déplaise au Diwan, les Laboratoires Dalyoha ont collectivement prêté le serment d'Hypocrate et nous ne pouvons laisser mourir un individu souffrant au nom de "son honneur colonial" ou tout autre concept théorisé à Agatharchidès. Qui a faim sera nourri, qui est malade sera guéri, qui a froid sera vêtu et logé. Voilà ce que peuvent les investissements de monsieur Blaise Dalyoha et nous n'y renoncerons pas sous prétexte de faire plaisir à des diplomates azuréens qui tempêtent la panse pleine et les pieds au chaud.

Le Diwan s'est inquiété de l'épandage d'ammoniac sur les sols stériles du désert. Comme convenu avec les autorités kabaliennes, cet épandage s'inscrit dans un processus long de phytorevitalisation, c'est à dire le nettoyage des sols par les plantes. En faisant pousser certaines fleurs, nous pouvons traiter les métaux lourds et dépolluer progressivement. Cet épandage s'est fait dans un cadre légal, discuté avec le gouvernement de la RAD et à la condition d'une mise en sécurité préalable des populations susceptibles de vivre ou de traverser les zones concernées. L'épandage est désormais terminé et toutes les populations déplacées ont pu revenir dans le désert. Les inquiétudes du Diwan sont donc assimilables à un excès de prudence, que je ne me permettrai pas d’assimiler à de la "paranoïas", mais qui est probablement imputable à une mauvaise connaissance du désert rouge et à des renseignements alarmistes remontés par une opposition minoritaire.

Le Diwan a exprimé son souhait que les investissements de la Dalyoha Compagnie soient suspendus. Je lui demande alors quels investissements doivent être gelés ? Voici la liste non exhaustivement des hôpitaux et cliniques de la Dalyoha Compagnie, lesquels doivent être fermés selon le Diwan ?

Hôpital de Salem-Aleykoum-centre, hôpital de Salem-Aleykoum-plage, hôpital de Salem-Aleykoum-sud, hôpital militaire de Grand Cratère, hôpital de Petipont-ville, hôpital du Saint Sauveur, hôpital Bonne Espérance, hôpital de Leucytalée, clinique Sauve-qui-peut, clinique Bon pied bon œil, clinique Santé au jasmin, clinique Espoir, clinique Saint Julien, clinique Saint Jérémimosa, clinique de la Raison pure...

J'arrête ici la liste, vous avez compris mon point. Nous pourrions faire le même exercice avec les projets alimentaires de la Dalyoha Compagnie : quelles serres doivent être fermées ? Et vers qui devons nous nous tourner pour remplacer ces services ? L'Azur est-elle prête à payer de sa poche les investissements nécessaires dans les infrastructures de la Kabalie rouge ? Si le Diwan le réclamme, nous serons heureux de lui faire parvenir une facture. Le conseil actionnarial n'interdit à personne d'investir en Kabalie rouge, d'ailleurs des actions sont en vente. Si le Diwan souhaite contribuer au bonheur des Kabaliens, il lui est possible de faire comme monsieur Dalyoha et d'investir sur place. Sans cela, les appels à la "décolonisation" ou à respecter "la souveraineté des Kabaliens", proférés depuis Agatharchidès, ne sont que le masque qui déguise le souhait de voir la Kabalie sombrer à nouveau dans la pauvreté et le désespoir. La nature a horreur du vide et le capitalisme a pour vertu d'offrir à tous des opportunités équitables de faire le bien, c'est à dire ce qui est rentable. La Dalyoha Compagnie ne dirige par la Kabalie rouge, mais elle est l'une des entreprises qui y investit le plus et à ce titre, contribue le plus à l'élévation du niveau de vie de la population.

Le Diwan accuse à ce titre les représentations natives d'avoir été rendues inopérantes. La Dalyoha Compagnie se permet de souligner que dans aucune nation les investissements privés ne sont soumis à la validation démocratique. Ni la Kabalie rouge, ni la Principauté de Carnavale, ni le Califat d'Azur (je crois) ne sont des pays se réclamant du communisme. S'il existe un État stratège en Kabalie rouge, l'initiative privée reste libre et la propriété reste un droit inaliénable. Par ailleurs, je ne crois pas que le Califat soumette au référendum chaque arrivée de capitaux étrangers chez lui. Exiger de la Kabalie rouge que son gouvernement contrôle et pilote l'économie, c'est lui demander de devenir communiste afin de briser son économie. Ce chantage n'a pas lieu d'être dans un pays démocratique et souverain. Si les Kabaliens veulent le communisme, ils voteront pour.

La Dalyoha Compagnie investit en Kabalie rouge dans le cadre légal que lui offre le conseil actionnarial en discussion constantes avec le parlement natif. Le Diwan sera sans doute surpris d'apprendre que les Kabaliens n'ont pas voté contre la construction de nouveaux hôpitaux ni contre les projets de dépollution des sols. Il est facile de brandir la fierté et l'honneur depuis l'autre bout de l'Afarée, mais le Califat d'Azur est un décolonial en pantoufles, nous l'informons poliment que, sur le terrain, le peuple a besoin de médicaments et de services de santé, et qu'il ne refuse pas de se les voir fournis. J'ajoute avec malice que le Diwan devrait se réjouir des investissements carnavalais en Kabalie rouge. S'il prétend, comme certains partis d'opposition, saisir les avoirs et le capital de la Dalyoha Compagnie, le magot sera d'autant plus important que monsieur Dalyoha aura investi sur place...

Je terminerai en disant qu'il ne m'appartient pas de commenter la légitimité de la RAD en Afarée. La Dalyoha Compagnie ne fait pas de politique, elle investit là où cela est possible, là où cela est rentable et là où la population en a le besoin. Si le Diwan a des griefs à l'égard du mode de gouvernement de la Kabalie rouge, la Dalyoha Compagnie entend rester éloignée de ces conflits.
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🔴 Porte-paroles des natifs kabaliens : la R.A.D. a trois jours pour « prouver qu'ils vont bien »
Le Diwan azuréen s'inquiéterait d'une « re-purge » en cours dans les institutions lucifériennes, visant notamment Numa Gaber et Baki Tabet dont on est sans nouvelles.
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Convocation Ambassadeur du Finejouri


VL amb


Après être arrivé à la Porte Splendide Mr Burti descendit de son véhicule dossier sous le bras monta les quelques marches du parvis et salua Son Excellence le Grand Vizir, Jamal al-Dîn al-Afaghani Pasha, et les services du Diwan tout en prenant la pose pour les quelques journalistes. Une fois les formalités de salutation passé Mr l’Ambassadeur suivi l'équipe de l'Azur jusqu’à une salle de réunion pour aborder les questions formulé dans la lettre de convocation mais aussi pour éclaircir le point de vue du Finejouri concernant les crises actuel.


Mr l'Ambassadeur:

Excellences,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette invitation et pour la franchise avec laquelle le Diwan a souhaité exposer ses interrogations à l’égard de la position du Royaume de Finejouri. Je crois qu’entre deux nations qui se considèrent comme alliées, il est préférable de pouvoir parler avec cette même franchise, y compris lorsque nos méthodes peuvent momentanément diverger. Je souhaite donc commencer par rappeler une chose essentielle. LE Finejouri demeure pleinement engagé dans la Déclaration mondiale sur la Cramoisie et dans les objectifs que nous avons conjointement affirmés. Notre Royaume n’a nullement renoncé à ses engagements envers le peuple qabalian, à la question de la décolonisation ou à la nécessité que les responsabilités soient un jour établies. Là où notre approche peut différer, c’est dans la manière de parvenir à ces objectifs.

Nous estimons aujourd’hui qu’il nous faut établir les faits avant de porter les jugements. Il ne s’agit aucunement de fermer les yeux, de minimiser les crimes du passé ou de faire preuve de naïveté envers la Kabalie Rouge. Il s’agit de distinguer ce qui est établi de ce qui est allégué, ce qui relève d’une responsabilité historique de ce qui relève d’une responsabilité actuelle, et ce qui constitue un fait de ce qui n’est encore qu’une interprétation. Les paroles diplomatiques ont une importance considérable, mais elles peuvent également devenir destructrices lorsqu’elles précèdent les faits ou lorsqu’elles ferment définitivement la possibilité de dialogue. Finejouri entend donc rester lucide, droit dans ses méthodes et particulièrement prudent avant toute accusation grave. C’est précisément pour cette raison que nous ne considérons pas que la Déclaration mondiale sur la Cramoisie nous impose de reprendre automatiquement chaque position ou chaque méthode employée par l’Azur ou tout autre état ayant signé cette déclaration. Nous partageons des objectifs fondamentaux ; nous ne sommes simplement pas toujours convaincus que le même chemin soit nécessaire pour les atteindre. Nous avons parfois le sentiment que certains mots sont interprétés jusqu’à leur extrême limite afin d’y trouver une intention ou une justification qui n’était pas nécessairement celle qui avait été exprimée. Ce n’est pas la voie que Finejouri souhaite emprunter. Nous préférons l’investigation, la vérification et le dialogue avant le jugement.

Concernant la mission d’observation, permettez-moi d’être parfaitement clair, pour le Royaume de Finejouri, cette mission reste pleinement légitime et doit continuer malgré les difficultés du contexte actuel. Nous ne considérons pas qu’elle ait été abandonnée, ni qu’elle ait perdu sa raison d’être. Et si, dans certaines circonstances, nos envoyés estiment qu’une autorité ou une institution ne leur permet pas suffisamment de remplir leur mandat, ils disposent naturellement de la possibilité de rappeler directement la raison de leur présence et les objectifs de leur mission. Nous ne souhaitons pas transformer chaque difficulté rencontrée sur le terrain en accusation de marginalisation ou de sabotage sans disposer d’éléments permettant de l'établir. Notre premier rapport commun doit lui aussi être considéré avec sérieux. Il fait apparaître, notamment, une certaine dépendance envers des institutions controversées. Nous ne l’ignorons pas. Mais là encore, nous refusons d’agir brutalement dès lors qu’un élément préoccupant apparaît. Si une dépendance existe, alors elle constitue aussi un levier diplomatique. Nous devons nous en servir pour obtenir des garanties, davantage de transparence et, lorsque cela est possible, une évolution des pratiques concernées. Le rôle de la diplomatie n’est pas uniquement de constater les problèmes ; il est également de chercher les moyens de les faire évoluer. Ce rapport doit cependant rester confidentiel temps que la mission est en cours pour éviter tout bouleversement du travail entrepris jusqu’à maintenant.

C’est dans cette logique que Finejouri continue de maintenir un dialogue avec Balsilek Ishak et les autorités de la Kabalie Rouge. Nous sommes parfaitement conscients que M. Ishak accorde une importance considérable à son image extérieure, notamment à ses relations avec Finejouri et avec l’Althalj, qui constituent aujourd’hui pour lui des liens essentiels avec le reste de l’Afarée. Nous ne sommes pas naïfs à ce sujet. Nous savons que cette politique d’image existe. Mais si cette volonté d’être bien vu auprès de nos Etats permet de maintenir un canal ouvert, d'obtenir des garanties ou d'empêcher une aggravation de la situation, alors nous considérons que cette relation peut également avoir une utilité concrète pour la stabilité de l’Afarée occidentale. Cela ne signifie évidemment pas que Finejouri approuve les actes de Balsilek Ishak. Nous pouvons comprendre les raisons qui poussent un gouvernement à renforcer sa défense sans pour autant considérer chacune de ses décisions comme acceptable. Prenons l’exemple récent de l’Antérie. Les opérations militaires menées par celle-ci à proximité de la Kabalie Rouge étaient, à nos yeux, pour le moins controversées et leur portée politique ne pouvait raisonnablement être ignorée. À cela s’ajoute la déclaration de guerre du Churyann. Nous comprenons donc parfaitement qu’un dirigeant confronté à un environnement aussi hostile puisse considérer qu’il doit renforcer les capacités militaires de ceux qu’il a sous sa responsabilité. Mais comprendre n’est pas approuver. Finejouri ne saurait considérer comme acceptable une logique consistant à répondre à chaque démonstration de force par une démonstration de force équivalente. Tirer un missile à proximité des côtes de l’Antérie simplement parce que l’Antérie venait d’en tirer auparavant n’est pas, à nos yeux, une réponse responsable. Ce n’est pas parce qu’un État nous frappe que nous devons automatiquement lui rendre le coup. Une telle logique ne produit aucune sécurité durable ; elle ne fait qu’installer progressivement une mécanique d’escalade. De la même manière, Finejouri ne souhaite pas voir s’installer un réarmement massif et incontrôlé de la Kabalie Rouge. Pour autant, nous devons également regarder la réalité humaine derrière ces décisions. Nous pouvons débattre du statut politique de la Kabalie Rouge, de son histoire, de l’origine de ses populations ou de la légitimité de ses institutions. Mais des personnes vivent aujourd’hui sous l’autorité de Balsilek Ishak et certaines d’entre elles lui accordent leur confiance. Qu’elles soient qabaliennes, issues de populations étrangères, héritières de l’histoire coloniale ou de toute autre origine, elles demeurent avant tout des êtres humains. Pour Finejouri, une vie humaine ne devient pas moins digne de protection en fonction de son origine ou de l’histoire de ceux qui l’ont précédée. Même à l’égard de notre pire ennemi, nous ne souhaiterions pas la mort. Celui à qui un peuple confie son autorité a donc également le devoir de protéger les vies placées sous sa responsabilité. C’est une réalité que nous ne pouvons pas écarter lorsque nous réfléchissons à la situation actuelle. C’est également pour cette raison que Finejouri ne cherche pas aujourd’hui à empêcher par principe le réarmement de la Kabalie Rouge. Nous ne pouvons raisonnablement demander à une entité qui se considère encerclée, menacée et privée d’alliés militaires de renoncer intégralement à sa capacité de défense. En revanche, cela ne signifie certainement pas que nous tolérons ce réarmement sans conditions. Nous souhaitons précisément utiliser la relation de confiance que nous avons progressivement construite avec les autorités kabaliennes pour obtenir des gages de transparence, maintenir un niveau de confiance stable mais contrôlé et faire en sorte que les évolutions militaires puissent être mieux comprises et, lorsque cela est nécessaire, questionnées.

Cette relation a d’ailleurs déjà produit un résultat concret. À la suite du communiqué royal de Sa Majesté, la Kabalie Rouge a accepté le principe d’une rencontre avec l’Antérie sur le sol du Finejouri. L’Antérie doit encore se prononcer définitivement sur cette proposition, mais le fait demeure, un canal diplomatique qui était encore récemment dominé par les démonstrations balistiques peut désormais potentiellement conduire à une rencontre directe. Voilà précisément pourquoi nous pensons qu’il serait dangereux de fermer définitivement le dialogue avec la Kabalie Rouge. Si nous n’avions plus de relations avec elle, nous n’aurions peut-être pas été en mesure de faire entendre cet appel à la retenue. Le dialogue ne garantit pas le succès, mais l’absence de dialogue garantit surtout que nous ne pourrons plus convaincre personne.

Je souhaite également être très clair sur notre conception de la responsabilité. Finejouri ne punira pas des personnes uniquement en raison des actes commis par leurs prédécesseurs. Cela ne signifie pas que nous oublions les crimes passés, ni que nous refusons d'en établir les responsabilités. Au contraire, c’est précisément la raison pour laquelle nous avons besoin de la mission d’observation. Elle doit permettre d’identifier quelles entités sont encore liées aux structures responsables des crimes passés, quelles responsabilités peuvent être établies et qui a effectivement participé à quoi. Pour y parvenir, nous avons besoin à la fois du travail de la mission et d’une certaine transparence de la part des autorités kabaliennes. Cette transparence ne pourra être obtenue qu’en maintenant des canaux de communication et en permettant progressivement à la confiance de s’installer.

Nous ne demandons pas à l’Azur de faire confiance aveuglément à la Kabalie Rouge. Nous demandons simplement que la méfiance ne devienne pas une méthode permanente. Il nous faut observer sans naïveté, mais également sans partir du principe que chaque parole cache nécessairement une intention condamnable. Si des faits concrets, vérifiés et avérés viennent établir la continuité de pratiques coloniales, la maltraitance des populations natives ou toute autre responsabilité grave imputable aux autorités actuelles de Kabalie Rouge, alors Finejouri ne détournera pas le regard. Nous l’avons toujours dit, lorsque les faits sont établis, le Royaume saura prendre les décisions qui s’imposent, y compris des décisions radicales si la gravité de la situation l’exige. Nos lignes rouges sont d’ailleurs parfaitement claires. Finejouri n’agira que lorsqu’une menace avérée pèsera sur la sécurité de ses citoyens, lorsqu’une menace avérée pèsera sur l’un de ses alliés, ou lorsque des preuves concrètes permettront d’établir la continuité d’entreprises coloniales ou de maltraitances envers les populations natives de Kabalie Rouge. Le mot important est celui-ci : avéré. Nous ne prendrons pas de décisions irréversibles sur la base de rumeurs, d’hypothèses ou de déclarations politiques. Mais une fois les faits établis, Finejouri ne se dérobera pas à ses responsabilités.

Je crois donc que notre divergence avec l’Azur est réelle, mais qu’elle ne constitue en aucun cas une rupture. Nous demeurons pleinement engagés à vos côtés sur la question qabaliane et dans la Déclaration mondiale sur la Cramoisie. Nous demeurons vos alliés et nous souhaitons continuer à travailler avec vous. Mais la confiance entre deux alliés doit également permettre de se dire franchement lorsque les méthodes divergent. Nous ne vous demandons pas d’adopter notre approche ; nous vous demandons simplement de comprendre pourquoi nous l’employons.

Notre position, finalement, est assez simple. Nous ne sommes ni du côté de la Kabalie Rouge, ni du côté de l’Azur de l'Antérie ou de n'importe qui par principe. Nous sommes du côté de la vérité. Si les faits établissent que la Kabalie doit être condamnée, Finejouri le dira. Si les faits démontrent qu’une accusation portée contre elle est infondée, Finejouri le dira également. Notre loyauté ne doit jamais être supérieure à notre devoir de vérité. Nous continuerons donc de maintenir la mission d’observation, de poursuivre nos investigations, d'utiliser nos relations privilégiées avec Balsilek Ishak pour obtenir des garanties et de la transparence, et de maintenir ouvertes les voies du dialogue. Nous ne considérons pas cette politique comme une faiblesse. Nous la considérons comme un moyen de conserver une influence réelle sur les événements et d’éviter que la situation ne soit entièrement abandonnée à ceux qui ne parlent plus que par la force.

Enfin, je voudrais que le Diwan sache une chose, Finejouri n’a pas changé de camp. Finejouri n’a pas oublié la Cramoisie, n’a pas oublié le peuple qabalian et n’a pas oublié les engagements que nous avons pris ensemble. Nous estimons simplement qu’après plusieurs années de confrontation, il est peut-être temps de changer de méthode. La méfiance permanente peut protéger d’une déception ; elle ne construit pas nécessairement une solution. La vigilance, l’investigation, la transparence et le dialogue peuvent, eux, nous permettre d’obtenir des résultats concrets. Et si un jour les faits nous démontrent que cette confiance a été trahie, alors nous saurons également en tirer toutes les conséquences.

Le Royaume de Finejouri restera donc à vos côtés, comme allié, comme partenaire et comme défenseur de la vérité. Mais précisément parce que nous sommes vos alliés, nous espérons pouvoir continuer à nous parler avec la même franchise aujourd’hui qu’hier.
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🔴 Disparition des porte-paroles natifs qabaliens : une battue organisée par des citoyens
« Retrouver Baki Tabet » : le mot d'ordre se répand en Azur et à l'international, après une semaine entière de silence des représentants qabaliens depuis les « épandages » du 15 août.
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