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CARNAVALE MATIN

Octave Jumentfleur gracié : la coup de billard à trois bandes politiques d'Améthyste Castelage
26/03/2019
Octave Jumentfleur gracié : la coup de billard à trois bandes politiques d'Améthyste Castelage
Coup de théâtre dans le petit monde de la politique municipale carnavalaise : Améthyste Castelage vient officiellement de gracier Octave Jumentfleur, héroïque adjoint aux espaces verts, qui vivait en exil en Poetoscovie depuis maintenant plus de deux ans. Loin de n'être que symbolique, le retour d'Octave Jumentfleur inaugure une nouvelle séquence dans les intrigues internes de la Principauté, sur fond de rivalités internes redynamisées entre les grandes familles historiques de Carnavale.

On croyait leur rivalité mise de côté le temps de la guerre et on n'avait pas tort. Mais les derniers et retentissants succès des Laboratoires Dalyoha sur le champ de bataille, ravageant à eux seuls plus de la moitié des troupes de l'OND débarquées sur le sol carnavalais, contribue à éloigner la menace de l'OND et rend moins nécessaire l'union sacrée. La trêve tacite entre le clan Castelage et la maison Dalyoha vient-elle de s'éteindre avec le coup de maître des Laboratoires éponymes face à l'alliance morale ? C'est bien possible car si tous croyaient Améthyste Castelage en passe de triompher à Carnavale, en témoigne la part toujours grandissante de ses actifs dans l'économie de la Cité noire, au détriment proportionnel de ceux de la Dalyoha Compagnie, Blaise Dalyoha vient de montrer qu'il était encore loin d'être hors jeu et les équilibres menacent maintenant de se retourner en faveur de ce-dernier.

S'il y a de quoi se réjouir de voir l'OND défaite sur le champ de bataille, une nouvelle partie commence à présent au sein de la Cité noire. Elle oppose les deux grandes familles historiques de Carnavale, chacune au sommet de sa puissance. Améthyste Castelage, dont l'influence n'a cessé de grandir depuis la chute de la noblesse suicidée, voit son hégémonie à Carnavale disputée par le retour en gloire de la maison Dalyoha et de ses Laboratoires, qui viennent de faire la démonstration que leurs capacités militaires sont intactes. Craignant certainement de perdre du terrain face à son concurrent, Améthyste Castelage rappelle qui est la patronne à Carnavale en annulant le mandat d'arrêt émis à l'encontre d'Octave Jumentfleur et en l'amnistiant de tous ses crimes. La mesure est particulièrement symbolique au regard du profil du personnage.

Candidat à la mairie de Carnavale, Octave Jumentfleur est l'un des derniers membres en vie de l'ancienne municipalité, que le clan Castelage a fait arrêter dans le but de constituer des boucs émissaires à marchander si d'aventure Carnavale se retrouvait en difficulté militaire. Mais le temps où les Castelage préparaient leurs cartes pour satisfaire l'OND est loin désormais : "tout le monde s'en branle de ce que pense l'OND" confirme un conseiller militaire proche d'Améthyste. La principale menace, désormais, c'est Blaise Dalyoha. Or qui de mieux pour affronter les influents Jardins Botaniques que l'ancien adjoint aux espaces verts, héros de guerre à la popularité immense, dont la seule aura est capable de faire de l'ombre à celle que vient de s'offrir Blaise Dalyoha ?

En rappelant Octave Jumentfleur à Carnavale, Améthyste Castelage y met en concurrence deux figures politiques et militaires que tout oppose dans le cœur et l'esprit des Carnavalais. Qui du vieux général, héros du peuple face à l'avancée des Jardins Botaniques, ou du jeune noble qui vient de défaire à un contre dix la plus grande alliance militaire du monde, remportera le suffrage de la population ? Pour pousser son champion, Améthyste Castelage a laissé entendre qu'elle pourrait bien aller jusqu'à lui offrir la mairie, actant ainsi la fondation d'un nouvel axe politique à Carnavale, union du pouvoir économique et municipal. Alors que la Principauté existait décousue par l'équilibre de ses puissances internes depuis la mort d'Eugénie de Vale, le rêve d'Améthyste d'unir les Carnavalais derrière un État centralisé pourrait voir le jour avec le concours de Jumentfleur.

On aurait tort de ne voir chez ce-dernier qu'une ancienne gloire, un personnage désuet dans l'écosystème carnavalais et dont l'influence ne serait que symbolique. Car Octave Jumentfleur ne rentre pas à Carnavale les mains vides : auréolé de son exil, il est au cœur du réseau administratif de l'ancienne municipalité, notoirement inféodée aux intérêts du clan Obéron. Or s'ils se font discrets aujourd'hui, les millénaristes catholans et agents de feu la Sainte Pervenche n'ont pas disparus de la Cité noire. Le tortueux système d'influence mis en place tout au long du XXème siècle par le clan Obéron est encore vivace et ne demande qu'à prendre sa revanche, malgré sa décapitation. Pour tous ceux qui ont perdu beaucoup pendant l'Armageddon't et gravitaient autour de la noblesse suicidée, le retour en grâce d'Octave Jumentfleur est un signe politique extrêmement fort et bien compris. Quelques unes de leurs figures les plus influentes et médiatiques, tel Octobre Diabledhomme, PDG de l'entreprise Métal Hurlant spécialisée dans l'informatique militaire, ont d'ores et déjà salué vigoureusement le retour de leur héros national.

Mais Octave Jumentfleur acceptera-t-il de jouer le jeu d'Améthyste ? S'il a remercié officiellement la matriarche du clan Castelage pour sa grâce et a confirmé à la presse avoir prévu de rentrer à Carnavale dans les prochains jours, l'ex adjoint aux espaces verts est aussi connu pour sa pugnacité et n'en faire qu'à sa tête. Il n'est pas sûr qu'il pardonnera si aisément à Améthyste Castelage de l'avoir condamné pour contumace alors qu'il se trouvait en réunion secrète en Poetoscovie. Sa rancœur légitime prendra-t-elle le pas sur son combat historique face aux Jardins Botaniques ? Ou le général Jumentfleur reprendra-t-il sa croisade là où il l'a laissé en 2017 ? L'avenir nous le dire mais une chose est certaine, le retour d'Octave Jumentfleur à Carnavale n'est pas quelque chose à négliger pour la suite de notre aventure.


Un article signé Philippe Pine.

L'horticulture n'est pas une sous-culture : profitez du retour du printemps pour découvrir la pharmacopée Dalyoha

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CARNAVALE MATIN

BonSecours : Hubertrand Billancourt inaugure un nouveau programme de recherche sur la lobotomie appliquée
06/05/2019
BonSecours : Hubertrand Billancourt inaugure un nouveau programme de recherche sur la lobotomie appliquée
Rationaliser l'esprit humain ou le laisser s'épanouir à son plein potentiel ? Ces deux doctrines que tout oppose sont celles, respectivement, de l'Empire du Dovolski et de la Principauté de Carnavale, chacune de ces deux nations s'étant engagé sur un chemin différent. Faut-il tenter de contrôler sa population au point de la réduire à un simple facteur d'une équation productiviste ? Ou au contraire la laisser en permanence grouiller dans un chaos incontrôlable, afin d'y prélever les éléments les plus prometteurs afin de les placer au service d'une cause supérieure ?

Ce sont deux stratégies d’ingénierie sociale qui se comprennent et se valent, même si leurs implications sur la société sont radicalement opposées. Ce n'est toutefois pas une raison pour se censurer et si la Principauté de Carnavale a fait le choix ambitieux de laisser grandir son peuple comme des bactéries dans une boîte de pétrie, les Laboratoires Dalyoha n'ont jamais caché leur intérêt pour l'art du lavage de cerveau, l'hypnose de masse et la création d'agents dormants conditionnés et prêts à s'éveiller au moment propice. Les besoins du Drovolski sont donc une aubaine pour les chercheurs des Laboratoires qui souhaitent faire carrière dans les sciences de l'esprit... et de son contrôle.

"Rationaliser l'esprit, c'est rationaliser le corps, car l'esprit domine la matière" déclare Xaviver Billancourt, chercheur des Laboratoires Dalyoha au Drovolski, qui vient d'obtenir l'ouverture d'un nouveau programme de recherche sur la lobotomie appliquée. "Jusqu'ici la lobotomie était principalement utilisée à des fins chirurgicales, afin de retirer des parties malades ou défectueuses du cerveau qui en menaçaient l'intégrité. On l'a également utilisé pour retourner des individus, modifier leurs souvenirs ou causer des lésions stratégiques. L'utilisation de lasers permet de séparer des liaisons neuronales stratégiques, c'est un champ de recherche d'une grande profondeur. Toutefois la lobotomie n'a jamais été utilisée à grande échelle en raison des coûts d'une opération et de sa complexité. Nous sommes heureux et fier d'inaugurer au Drovolski ce programme de recherche qui vise à démocratiser et massifier la lobotomie à l'échelle d'une population et pour un cout supportable."

Le défi est de taille et si rien n'est impossible lorsqu'on travaille avec des professionnels et du matériel de pointe, c'est une autre affaire de rendre une pratique médicale populaire pour des milliers voire des millions d'individus. "Certaines pratiques carnavalaises, comme la lobotomie chimique des condamnés, présente d'importants désagréments car elle détruit en partie les fonctions intellectuelles des sujets, ce qui réduit grandement leur efficacité au travail. Même un travailleur - ou une unité de production - sous-qualifié a besoin de comprendre des instructions et la monté en gamme des industries nous prouve que nous avons besoin de gens à la fois dociles et capables de réaliser des tâches précises et complexes sans se baver dessus."

L'enjeu est donc de trouver ce subtile équilibre entre rationalisation des coûts, suppression des variables humaines inutiles au travail voire au quotidien, tout en préservant des fonctions cognitives minimales afin de garantir d'une part l'autonomie des unités de production, mais également leur capacité à réaliser des tâches complexes et à demeurer polyvalentes face aux imprévus. "Nous devons penser à tout : imaginez qu'un incendie se déclenche dans une usine, il faut que l'unité de production ait le réflexe de sauver la marchandise, voire de se sauver elle même si c'est possible. La lobotomie chimique lorsqu'elle est pratiquée grossièrement tend à rendre les individus apathiques et perdus face à des situations qu'ils ne connaissent pas. Nous devons donc continuer de cartographier le cerveau afin de comprendre les zones supprimables et celles nécessaires au travail attendu, tout en développant des méthodes et des outils qui rendent ce procédé applicable à l'échelle d'une société."

Un travail titanesque et ambitieux mais qui, s'il aboutit, ouvrira de nouvelles perspectives en ingénierie sociale pour les sociétés qui feront le choix de la lobotomie de leur population. Les sociétés de castes, de classe, les aristocraties seront sans doutes intéressées par acquérir la technologie car il n'est pas nécessaire à tout le monde de conserver une population avec de l'individualité. Cette même individualité trop souvent facteur de troubles sociaux, d'initiatives malheureuses, de criminalité et d'une perte générale d'efficacité. "Si au lieu de vendre du shit dans la rue la jeunesse lobotomisée se rendait docilement à l'usine, imaginez les gains de productivité !" se réjouit Xaviver Billancourt. "Ce que nous perdrons en créativité humaine, nous le compenserons par une croissance bien supérieure. C'est un modèle de société intéressant et je suis heureux que l'Empire du Dovolski souhaite l'expérimenter sur son sol. Plus l'humanité testera de systèmes politiques différents, plus nous serons libres de choisir le plus efficace, ou celui qui nous convient le mieux."


Un article signé Philippe Pine.

Chimythologie : les Laboratoires Dalyoha publient une nouvelle version du roman national mettant davantage en avant la centralité des sciences dures dans l'histoire de la Principauté.

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CARNAVALE INTERNATIONALE
08/06/2019


Après un an et demi :
où en sont l'Azur et la Messalie ?


Un an et demi après : où en sont l'Azur et la Messalie ?


Il y a un an et demi, j'écrivais dans ces colonnes un article qui fit grand bruit : De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen. J'y décrivais comment la république actionnariale de Messalie était parvenue à fédérer autour d'elle de nombreux acteurs internationaux, là où, par comparaisons, le Pacte Afaréen de Sécurité et les initiatives diplomatiques internationales azuréennes peinaient à aboutir à quelque chose de concret. Cet article s'inscrivait d'ailleurs dans la continuité d'un précédent, Il faut prendre au sérieux les critiques contre l'OND : ou le rejet de son projet, j'invite donc mes lecteurs à s'y reporter pour comprendre plus en détail le fond de ma pensée. Il est bon pour les journalistes politiques de parfois s'adonner à la prévision et d'ainsi soumettre leurs méthodes d'analyse à l'épreuve du réel. Nous avons désormais suffisamment de recul pour y voir un peu plus clair sur la situation de ces deux pays et vérifier si mes prévisions se sont avérées vraies, ou s'il me faut faire mon mea culpa.

Disons le tout de suite : je me suis à moitié trompé. Les projets azuréen ET messaliote s'avèrent finalement tous deux des échecs. Si à l'époque j'avais vanté le modèle de la république actionnariale, qui avait su, grâce à des règles politiques et économiques claires, rassurer et attirer à elle la communauté internationale, créant un dynamisme rarement observé auparavant, un an et demi plus tard, force est de constater que le projet semble au mieux grippé. Les actionnaires ne touchent plus leurs dividendes promises, la guerre civile menace sur fond de progression des mouvements populistes violents et de rejets de l'étranger. Dernier indice de cette malheureuse décrépitude : des entreprises par ailleurs florissantes et renommées comme la Dalyoha Compagnie semblent progressivement retirer leurs billes de la "perle de l'Espérance". Des médecins qui désertent, ce n'est jamais très bon signe et la fuite des cerveaux menace la Messalie, qui avait pourtant fait de les attirer le cœur de sa stratégie économique.

Les raisons des succès de la Messalie sont les mêmes que celles de son échec : règles claires, dynamisme économique, concurrence bienveillante et respect du droit, tous les éléments qui visaient à mettre en confiance les investisseurs étrangers ont tout simplement disparu. La réquisition arbitraire des usines culturelles messaliotes par l'Azur en Kabalie rouge n'aura fait grincer des dents qu'à leurs propriétaires. Dans cette affaire, le parquet s'est-il saisi ? Le tribunal du commerce dort-il ? L'Azur, en détournant au nez et à la barbe des actionnaires le fruit de leurs investissements, a surtout planté un clou dans le cercueil de la république actionnariale d'Eurysie. Car qui voudra investir son argent dans un pays qui peut le saisir à chaque instant et s'en servir dans le cadre de guerres étrangères, au profit d'un camp afaréen par ailleurs très controversé ? Imaginez investir en Gallouèse et découvrir que votre pécule finance l'invasion loduarienne de l'Antares ? Il y a de quoi refroidir...

Outre cette outrance, la Messalie s'est révélée être un mauvais payeur. Les promesses de dividendes semblent de l'histoire ancienne et c'est comme si tout le monde s'était résigné à s'être fait avoir. La "perle de l'Espérance", qu'on surnomme désormais "le ponzi de l'Espérance", en prend un sacré coup à son image et bien fou serait celui qui voudrait désormais y investir. La "hype", pour parler comme les jeunes, est retombée à mesure que les promesses étaient trahies les unes après les autres. Mais faut-il y voir la trahison des capitalistes messaliotes ? Ou simplement la conclusion tragique d'un système trop ambitieux pour être soutenable ? La Messalie n'a pas démérité d'avoir essayé de faire vivre un système actionnarial, mais elle a probablement eu les yeux plus gros que le ventre en faisant miroiter des dividendes insoutenables et un système de suivi de l'économie et de la politique intérieure quasiment en temps réel. La république actionnariale, malgré sa croissance rapide, reste un nain économique qui aura voulu concurrencer les grandes places boursières internationales sans peut être en avoir les épaules. Devenir un acteur majeur de l'économie mondiale demande du temps et des investissements importants, surtout, cela demande de la constance. La captation des capitaux et la confiance des actionnaires se forge dans la durée car on n'investit pas en espérant être rentable sous trois mois. Les rares grandes banques à succès que sont celles de l'Alguarena et de Carnavale ont d'ailleurs toutes deux fait le pari d'une croissance tranquille et méthodique, plutôt que de partir vite et de s’essouffler. En finance internationale, il vaut mieux courir le marathon que le sprint.

Voilà pour la Messalie. Cher lecteur, dresser ce bilan m'attriste autant que vous car c'est un compagnon de route du capitalisme qui s'effondre et, pour la Principauté de Carnavale, la perte d'un allié potentiel dans la région. Le joyau noir et "la perle" ont plus en commun qu'ils ne veulent se l'avouer, mais la résilience de l'économie de la Principauté s'appuie davantage sur le dynamisme de ses acteurs internes, fleurons et grandes entreprises nationales, et de son secteur de R&D, plutôt que sur la captation des capitaux étrangers, stratégie plus hasardeuse. La république actionnariale n'aura pas survécu à ses compromissions avec l'Azur, preuve qu'il faut toujours se méfier des Afaréens.

En parlant de l'Azur, quoi de neuf du côté du Califat ? Il y a un an et demi, je prédisais l'échec de sa politique internationale. Un an et demi plus tard, je ne m'étais pas trompé. Depuis trois ans, le Califat constitutionnel multiplie les initiatives diplomatiques pour imposer à l'Afarée un ordre régi par le droit et de grands traités internationaux. Comme toutes les initiatives de ce genre, elles sont un échec. L'analyse formulée dans mon dernier papier vaut toujours, les nations ne semblent pas prêtes à adhérer massivement à des structures politiques supra-nationales coercitives. Le seul contre-exemple connu, l'OND, est lui même en état de mort cérébrale. Blessée à Carnavale où elle a perdu des dizaines de milliers de soldats sans remporter aucune victoire réellement décisive passés les premiers jours du conflit, la collaboration stratégique tant vantée de l'OND n'a pas réussi à obtenir, en trois ans de guerre, autant que le Grand Kah en quelques missives diplomatiques. C'est que la force n'est pas très efficace face à un adversaire déterminé et en alliance comme en guerre, on ne peut rien faire si son ennemi ne décide pas un minimum de collaborer. Or avec leurs exigences maximalistes et leurs valeurs brandies comme des lignes rouge, l'OND à Carnavale et l'Azur en Kabalie rouge se heurtent au même obstacle : que faire quand l'ennemi ne cède ni au bluff, ni à l'intimidation diplomatique, et choisit de se battre ?

Carnavale, par sa résistance, aura peut-être réussi à briser l'une des plus grandes alliances du monde. Non par les armes, mais par une diplomatie habile, des complots méthodiques et surtout une détermination à toute épreuve. La Kabalie rouge pourrait bien réitérer l'exploit alors que la menace du PAS s'éloigne paradoxalement. L'Azur agit seule dans les mers de Leucytalée et d'Espérance, la grande coalition n'a pas eu lieu et les déclarations sur la Cramoisie s'avèrent, en définitive, des pétitions de principe. Interrogé sur ses actifs en Kabalie rouge et s'il ne craignait pas de se les voir saisis par la force des armes, le docteur Géminéon m'avait un jour répondu "les signatures, combien de bataillons ?" La réponse est sous nos yeux : zéro. A part le Churaynn et l'Azur, bien peu de pays semblent prêts à aller mourir en Kabalie rouge, y affronter les guerriers du désert, les armes chimiques et les soutiens des guérilleros internationaux qui ne laisseront pas le PAS devenir une puissance hégémonique en Afarée.

Car ce n'est pas par amour de la Kabalie rouge que Balsilek Ishak (son PDG-Protecteur, successeur de Printempérie) est parvenu à attirer autour de lui des nations d'importance. C'est la détestation du PAS, que je décrivais dans mon précédent article, la détestation de ses prétentions géopolitiques, de sa volonté de devenir un pôle militaire et diplomatique inféodé à l'Azur, qui fait que les autres acteurs de l'Afarée lui savonnent la planche. Althalj, Banairah, Fortuna, Grand Kah, et même le Finejouri à sa manière, autant de mastodontes afaréens qui ne jouent pas le jeu et réduisent le PAS à l'expression de ses membres les plus infréquentables : Antérie, Churaynn, Azur. La clique des théologies et des dictatures, empires coloniaux et génocidaires qui prétendent malgré tout imposer leur loi sur le continent. Ce trio infernal, qui réunit ce qu'il y a de pire en termes de régimes politiques, serait la pierre angulaire du droit international ? Personne n'y croit et c'est pour cette raison que la Kabalie rouge a de beaux jours devant elle. Les investisseurs ne s'y trompent pas : malgré le blocus azuréen, l'argent continue d'affluer et les projets se font par des moyens détournés. Si Balsilek joue bien son coup, la Kabalie pourrait même devenir un acteur central de l'Afarée de l'ouest, ce qui scellerait la mort du PAS et de ses prétentions.

Le PAS, comme les grands traités internationaux, sont des coquilles vides. Carnavale s'en est toujours tenue éloignée ou n'a jamais signé que ce qui ne lui coûtait rien. L'ordre du monde fondé sur le droit international est un vœux pieu. Pieu car il est inapplicable, pieu car nous nous y opposons de toutes nos forces. La diplomatie internationale, c'est malheureux pour ceux qui en attendaient davantage, se limite à l'action additionnée de chacun des membres qui y adhèrent, or les nations du monde n'ont pas le temps de faire vivre de telles architectures. Elles ont d'autres agendas et d'autres priorités. Ainsi les grandes alliances se limitent-elles à des traités de défense passifs, qui ne s'activent qu'en dernier recours et dissuadent surtout de s'y attaquer. Même ce modèle là, en vérité, touche à sa fin. L'échec de l'OND en Carnavale, dont les exigences maximalistes semblent plus que jamais s'éloigner, montre que l'accumulation de matériel ne suffit plus à remporter la victoire. Il faut diplomater, ce qui prend là encore du temps et mobilise des affects autrement plus complexes que l'adrénaline recherchée dans les victoires rapides et stupéfiantes.

L'Azur n'a pas à rougir de l'échec du PAS car le Liberalintern, l'ONC, la ligue de Velsna ou même l'OND sont, eux aussi, des échecs. Ce sont des traités zombis qui ne survivent pas au temps, alimentés parfois le temps d'une crise, pour retourner dans l'ombre ensuite. Carnavale a fait un autre choix : celui de la souveraineté et de l'indépendance. Elle n'a pas à demander de votes pour frapper où elle veut et quand elle veut. Elle n'a pas à rendre de comptes. Elle demeure imprévisible, brutale et flexible. En ne s'arrimant à aucune valeur autre que celle du succès et de la victoire, elle adapte son jeu en temps réel et fait feu de tout bois. Se fait-elle liquider sa noblesse qu'une bourgeoisie aux dents longues surgit des ombres prête à la remplacer. Perd-elle des kilomètres de territoire nationale qu'elle signe de nouveaux traités, des alliances et des compromissions avec tout ce qui peut nuire à l'occupant. La Principauté ne croit, en définitive, qu'en la victoire, c'est son unique principe. Cette solitude l'expose, ce qui explique que l'OND ait fondu sur elle quand elle en a eu l'occasion, mais elle nous offre également une grande liberté d'action et la Cité noire a toujours inspiré plus de crainte, de méfiance et de fascination, que n'en provoqueront jamais les grandes alliances et leurs règles rigides et prévisibles. Il y a bien longtemps que l'Alaguarena n'a fait trembler personne. Carnavale, elle, hante tous les esprits.

Je terminerai ce papier sur une réflexion personnelle. Une alliance ne vaut rarement plus que son dénominateur le plus puissant et actif. Ainsi, le Liberalintern peut se résumer au Grand Kah. L'ONC à l'Alguarena (c'est à dire à rien), l'OND à Sylva, le FCAN à l'Althalj, l'UICS à la Loduarie et le PAS à l'Azur. Ce sont ces nations qui sont à l'initiative des principaux engagements de leurs alliances. Faites les bouger, l'alliance bouge dans leur sillage. Si elles restent immobile, l'alliance ne bougera pas. Cela a pour conséquence qu'une alliance peut se résumer à la volonté de son membre leader. Ainsi, le Liberalintern est le Grand Kah, il serait idiot de prétendre le contraire. Dès lors, l'alliance pâtit de l'image de son leader et de son agendas. Je pense qu'une partie de l'échec du PAS à s'imposer en Afarée provient de ce que de nombreux pays qui ont des intérêts dans la région n'ont pas voulu laisser un outil potentiellement puissant entre les mains de l'Azur. L'Azur qui a dès le départ revendiqué une ligne décoloniale radicale a de quoi faire grincer des dents à tous ceux qui possèdent en Afarée des terres volées. C'est le cynisme des grandes alliances, l'ennemi de mon ennemi est mon ami et en s’aliénant les grandes puissances coloniales, l'Azur les a poussé dans les bras de la Kabalie rouge. Ne restent plus, pour soutenir le Califat, qu'une poignée d’État faillis afaréens, sans armées ni crédit. Le double-discours azuréen, qui condamne la Kabalie mais ferme les yeux sur le génocide commis par l'Antérie, son allié, n'aide également pas à rendre sa ligne géopolitique lisible et le constitue comme un acteur opportuniste qui provoque la méfiance chez les pays en quête de stabilité. Enfin, le PAS s'est constitué en concurrent du FCAN, provoquant l'ire de ce dernier qui a pu craindre, à un moment, de se faire éclipser. Les bons sentiments du Califat l'auront ainsi mené à sa perte car en défendant d'abord ce qui lui semblait juste, il a fini par en oublier que les nations défendent avant tout des intérêts. L'Azur s'est ainsi en partie retrouvée bloquée par le Finejouri, pays voisin de la Kabalie rouge et qui n'a donc aucune envie d'importer la guerre dans la région. Le Finejouri dispute aujourd'hui la place de leader au sein de l'organisation au Califat. Ainsi l'Azur se retrouve à agir seule, faute de pouvoir emporter derrière elle les nations de l'Afarée, secondée seulement par le Churaynn, pays plus encombrant que vraiment utile.

Peut-être faut-il que l'Azur meurt diplomatiquement pour que le PAS vive ? Ce sera notre conclusion. Affaire à suivre, on en rediscute dans un an et demi peut-être ?

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Élections municipales : plusieurs candidats appellent à faire barrage à l'acide, dont les infrastructures vieillissantes font craindre une catastrophe


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
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CARNAVALE MATIN

Pandémie dans l'arrière pays : pour la première fois depuis plus d'un siècle, la Principauté se rationne.
19/08/2019
BonSecours : Hubertrand Billancourt inaugure un nouveau programme de recherche sur la lobotomie appliquée
"Rien d'inquiétant" a assuré Améthyste Castelage à la tribune hier après-midi. "Le marché va opérer quelques ajustements et l'offre reviendra". Mais est-ce si simple ? Avec la pandémie qui ravage depuis plusieurs semaines l'arrière-pays carnavalais, véritable grenier eurysien qui nourrissait, grâce aux OGM DalyohaTM, plus de soixante millions de personne, la fin des approvisionnements mets en péril l'équilibre de la Principauté. Seule Carnavale peut blesser Carnavale. C'est un adage populaire qui n'a jamais été aussi vrai car alors que la Cité noire encaisse vaillamment depuis plus de deux ans les assauts de la coalition moraliste, c'est la contre-offensive des Laboratoires Dalyoha qui, pour la première fois, la met en péril.

Carnavale menacée de disette ? Que les pauvres se serrent la ceinture, c'est dans l'ordre des choses, mais pour la première fois depuis plus d'un siècle ce sont les quartiers médians dont les magasins alimentaires se vident plus rapidement qu'ils ne se remplissent. Une seule crainte traverse la haute société carnavalaise : et si bientôt c'étaient les tables des riches qui se retrouvaient vide ? Une vision d'horreur qui inquiète jusqu'au sommet de l'Etat, obligeant Améthyste Castelage à se montrer rassurante et à demander "quelques jours de patience". Le gros de la pandémie, ont assurés les Laboratoires Dalyoha, devrait être en train de se résorber à présent grâce à la mobilisation du personnel médical de Grand Hôpital. Seuls les personnes déjà contaminées et mises en quarantaines sont encore en danger, les approvisionnements en denrées alimentaires devraient donc pouvoir reprendre.

Mais une autre petite musique, plus inquiétante, remonte des faubourgs. Olivert Pierouge, secrétaire-général du syndicat des travailleurs de l'agro-alimentaire tire en effet la sonnette d'alarme : les rangs des ouvriers agricoles ont été en grande partie ravagés par la maladie et si, fort heureusement, Carnavale dispose d'une vaste armée de réserve de travailleurs, tous n'ont pas les qualifications pour remplacer au pied levé les morts de l'arrière pays. Il y a bien les travailleurs de Roumont, incendiée par l'OND, qui ont été rapatriés à Carnavale avant que ne débute la maladie, mais ils ne suffiront pas à eux seuls à remplacer les milliers de morts et de malades dans nos campagnes, ni à former suffisamment de personnes en urgence. Surtout, le veulent-ils ? Car le syndicat des travailleurs de l'agro-alimentaire est vent debout contre la maison Dalyoha, son employeur, qu'elle accuse d'avoir abandonné ses employés à la mort. Tandis que partout à Carnavale les portraits de Blaise Dalyoha fleurissent en hommage à celui qui est désormais considéré comme le sauveur de la nation, ses propres subordonnées font grise-mines. Accepteront-ils de retourner dans l'arrière-pays, s'exposer à des résidus d'agent GILGAMESH et alors que les troupes de l'OND rôdent encore ? Rien n'est moins certain, à en croire Olivert Pierouge qui a mobilisé la nouvelle intersyndicale qui fait désormais bloc pour protester face au sort des ouvriers agricoles.

Au-delà de ces petites chamailleries entre patron et salariés, c'est l'avenir alimentaire de la Principauté qui doit nous inquiéter : y aura-t-il oui ou non du caviar sur la table pour noël ? Carnavale devra peut-être avoir recours aux importations pendant un peu, explique Améthyste Castelage qui a rassuré quant au fait que la manne financière de la Principauté était "illimitée". La Principauté va-t-elle acheter cash des courgettes ? Et pourquoi pas ? C'est très bon en gratin. Il suffira d'en importer d'un pays qui a trop à manger. Les services d'Améthyste Castelage ont d'ores et déjà commandé une étude sur le taux d'obésité dans le monde afin de cibler les nations les plus bedonnantes susceptibles de partager un peu de leurs assiettes.

Dans les faubourgs, toutefois, certains moquent "une panique spécifique aux élites". Le Pape noir de Carnavale, Gilbert Dalyoha, a ainsi rappelé que "les pauvres se serrent la ceinture depuis des décennies déjà, ce sont ceux qui ont tout qui craignent de manquer." Dans les bas-quartiers, cela fait un moment que la production et la distribution est rationalisées. Un esprit de débrouille qui pourrait bien profiter de la crise alimentaire touchant Carnavale pour se transformer. Les bouillons populaires sont-ils en passe de devenir à la mode ? Carnavale a toujours cuisiné du chien et du chat sauvage, les sources de nourriture alternatives ne manquant pas et la biomasse de rats ingurgitée chaque année n'a rien à envier à la consommation de pâtes dans d'autres pays. Non, la Cité noire ne mourra pas de faim, mais elle devra probablement se priver quelques temps de ragouts de paon et de steak de dauphin...

Un article signé Philippe Pine.

Si ta faim, mange ta main !

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CARNAVALE MATIN

L'abeille cool, la succursale Dalyoha qui se lance au défi de polliniser le wasterland
28/08/2019
L'abeille cool, la succursale Dalyoha qui se lance au défi de polliniser le wasterland
La Dalyoha Compagnie est en passe de devenir hégémonique en matière de reconstruction écologique. Alors qu'elle a déjà fort à faire dans le désert rouge de Kabalie, elle annonce officiellement avoir ouvert un nouveau front, celui-ci en Aleucie, dans le tristement désert de poussière du Wasterland au Dakora. Si les enjeux sont moindre qu'en Kabalie rouge car le Dakora est à peine habité et la Dalyoha Compagnie n'y a pas de responsabilités morales, le désert de poussière est également une opportunité unique de tester les progrès de l'entreprise en matière d'agroforesterie OGM dans les milieux pollués et toxiques.

Le grand avantage du Wasterland par rapport à la Kabalie rouge est que personne ne revendique ces terres stériles, hormis quelques punk crasseux. La Dalyoha Compagnie n'aura donc pas à composer avec des Afaréens en colère et pourra travailler avec ses propres méthodes : celles qui marchent. L'abeille cool a été pensée pour devenir le fer de lance de cette ambitieuse opération outre-espérance. Entreprise fondée sur mesure par la Dalyoha Compagnie, elle s'est vue octroyée une charte pour l'Aleucie qui l'autorise à avoir recours à des méthodes qui, ailleurs, seraient jugées immorales ou diplomatiquement couteuses pour l'image de la Principauté.

Plusieurs missions ont été confiées à l'abeille cool. La première et sans doute la plus ambitieuse est de dépolluer la portion du désert de poussière où s'est installée la Dalyoha Compagnie, de sorte à la rendre minimalement habitable. Outre la prouesse scientifique de parvenir à redonner vie à une zone mortelle, il s'agit de faciliter les prochaines missions de la Compagnie qui pourra réduire ses futurs frais de logistiques. Entre temps, l'abeille cool a été chargée de comprendre l'origine de la stérilisation du Wasterland et pourquoi pas la façon de reproduire une telle prouesse. Si les Laboratoires Dalyoha ont encore récemment fait la démonstration de leur capacité à anéantir des régions entière grâce à des agents chimiques ultra agressifs, rien n'assure qu'ils aient le monopole de tels désastre et comprendre comment et pourquoi le Dakora a été réduit en poussière pourrait permettre d'identifier une potentielle concurrence sur le plan des armes de destruction massive.

Pour y parvenir, l'abeille cool peut compter sur plusieurs atouts dans sa manche. La technologie OGM, déjà, lui permettra d'adapter la future faune et flore de la région à la toxicité des sols et de l'air. Déjà testé avec succès dans le désert rouge de Kabalie, l'implantation d'être vivants conçus sur mesure pour ce genre d'environnements devrait permettre, aux prix d'importants investissements en R&D, d'esquiver les principaux problèmes liés à l'environnement du Wasterland. Par ailleurs, les scientifiques de la Dalyoha Compagnie bénéficient de l'aide de DALEC, des robots analystes eux aussi prévus pour évoluer dans des environnements dangereux et pollués. Une aide bienvenue qui réduit considérablement les moyens humains dédiés à la logistique et à la maintenance des infrastructures puisque les DALEC se voient déléguer les missions de patrouille, reconnaissance du terrain et de prélèvements des formes organiques précieuses pour être étudiées.

La Dalyoha Compagnie devra cependant se disputer la place avec d'autres comptoirs étrangers, le Dakora étant notoirement connu pour accueillir plusieurs expéditions scientifiques et militaires, en concurrence pour le contrôle du territoire. Pas de projet de colonisation pour la Cité noire cette fois, personne ne projette de s'installer pérennement dans le wasterland, ce qui n'empêche pas ce dernier de devenir un avant-poste scientifique permanent et militarisé, si les découvertes qui y sont faites sont à la hauteur de l'investissement.

Un article signé Philippe Pine.

La Dalyoha Compagnie recrute pour une expédition dans le Wasterland

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CARNAVALE MATIN

Esther Mystère rachète Radio Nabot
et ne cache pas ses ambitions politiques !
06/10/2019
Esther Mystère rachète Radio Nabot, et ne cache pas ses ambitions politiques !
La milliardaire Esther Mystère, PDG des industries Diable d'Argent, rachète Radio Nabot "pour porter une voix de gauche à l'intérieur de la Principauté". Notoirement rare à Carnavale, au point d'avoir longtemps été criminalisé et psychiatrisé, le socialisme serait-il de retour dans la Cité noire ? C'est en tout cas ce que veut croire Esther Mystère, cette nouvelle fortune qui se place sur la troisième marche du podium des grandes entreprises industrielles de la Principauté, derrière Robotic & Toc et Métal Hurlant. Tandis que ses concurrents se positionnent plutôt dans le domaine de la dronotique et de l'informatique, Diable d'Argent se spécialise pour sa part dans la micro électronique avec pour ambition de rendre Carnavale totalement souveraine et à la pointe de ce secteur dans les prochaines années.

Mais Esther Mystère ne semble pas vouloir se contenter d'investir dans l'industrie et tourne désormais son regard vers les médias. Si la qualité des grands groupes de presse carnavalais est saluée dans le monde entier, la milliardaire semble juger qu'il manque à la diversité des médias nationaux une antenne ancrée à gauche "pour représenter toutes les opinions de la société contemporaine." Un pari risqué au sein de la Principauté où les idées socialistes et sociales n'ont plus le vent en poupe depuis près d'un siècle. Esther Mystère juge certainement que le moment est venu, sur fond de montée en puissance des revendications syndicales et de rapprochement avec les Communes Unies du Grand Kah. La capitaine d'industrie pourrait vouloir tenter de tirer son épingle du jeu alors que la fin de la guerre se profile... au risque de faire sans l'aval d'Améthyste Castelage ?

Personne ne l'ignore, la Banque Princière est la principale actionnaire de la bourgeoisie émergente dont elle s'est constituée une cour autant qu'une avant-garde. Aujourd'hui, les glorieuses Industries Obéron ont été dépecées et distribuées aux fidèles du clan Castelage qui possède désormais la main sur deux des grands leviers de pouvoir de la Principauté : la finance et la production industrielle. Mais dans cette économie verrouillée par le pouvoir d'une seule famille, est-il vraiment possible de faire entendre une voix alternative à celle des Castelage ? C'est le pari d'Esther Mystère qui assure cependant n'avoir aucun désaccord de fond avec Améthyste : "Nous nous connaissons bien, la Banque Princière a participé au succès de Diable d'Argent tout comme Diable d'Argent est aujourd'hui un maillon central de l'industrie de pointe carnavalaise. Améthyste ne se soucie pas vraiment de politique je crois, sinon elle aurait déjà ingéré les élections municipales. La nouvelle Carnavale est une Carnavale qui, débarrassée du clan Obéron, lâche la bride à la diversité des opinions, c'est une très bonne chose et je veux m'assurer que tous nos concitoyens trouveront quelque chose qui leur parle sur le grand marché des idées."

Pas de problème alors ? Espérons le car, s'il y en avait, Améthyste Castelage aurait tôt fait de couper les vivres à cette nouvelle antenne. Carnavale Matin, pour sa part, ne s'inquiète pas du tout de la concurrence car celle-ci stimule et pousse à toujours faire mieux ! Radio Nabot n'est encore qu'un petit média, surtout connu pour faire découvrir aux Carnavalais de la musique alternative étrangère en mettant en avant des artistes du monde entier (mais surtout de la scène eurysienne qui, comme chacun sait, fait la meilleure musique du monde). Cela devrait changer grâce à Esther Mystère qui a financé sur ses fonds propre le débauchage de plusieurs humoristes bien connus de la scène médiatique carnavalaise mais dont certaines prises de position anti-Obéron, anti-catholanes, voire anti-capitalistes leur avaient valu un limogeage et une fin de carrière aussi brutale que définitive. Il ne valait mieux pas contrarier la vieille Pervenche, dans la Carnavale pré-Armageddon't. Esther Mystère assume ce rôle de pilleuse de tombe ou de nécromancienne, comme l'a déjà qualifiée Pierremmanuel Bourré dans sa première chronique de la saison. Une ambiance sans tabou, quitte à égratigner la patronne au passage, qu'assume tout à fait Esther Mystère : "Mes chroniqueurs auront carte blanche pour bousculer les certitudes de la vieille Dame. La Cité noire a besoin de se dépoussiérer un peu."

Si Esther Mystère n'est pas seule sur le créneau des nouveaux titres de presse, le jeune médias Casse Investigation avait déjà remplacé la célèbre Rubrique des chiens écrasés, elle assume cependant se placer en rupture par rapport au ton des autres journaux et émissions carnavalais. "Un ton toujours moqueur, mais qui n'ira pas forcément dans le sens du pouvoir" nous glisse-t-elle avec un clin d’œil. La rédaction de Carnavale Matin ne s'est pas sentie visée car notre ligne éditoriale est claire est nette : les faits avant les opinions. Reste à savoir si Radio Nabot saura faire preuve du même professionnalisme car la presse de gauche, en particulier socialiste, est tristement connue pour son caractère propagandiste. Les médias loduariens sont-ils libres ? On peut en douter, et s'inquiéter de voir Esther Mystère en faire la promotion si inconséquemment. Que nos fidèles lecteurs se rassurent : Carnavale Matin veille et nous resterons vigilent quant à la diffusion d'éventuelles fake news ou informations partiales et tronquées à Carnavale. La Cité noire est havre de recherche et d'innovations, elle ne saurait s'encombrer d'idées politiques caricaturales, complotistes ou anti-sciences à l'heure où, plus que jamais, nous avons besoin du capitalisme et du progrès technique qu'il engendre pour gagner la guerre contre la morale.

Un article signé Philippe Pine.

Radio Nabot ? Bof.

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A l'approche de la fin de l'année, Carnavale se prépare à fêter le troisième anniversaire de l'Armageddon't
15/10/2019
A l'approche de la fin de l'année, Carnavale se prépare à fêter le troisième anniversaire de l'Armageddon't
La fin de l'année est marquée par les fêtes : Noël, nouvel an. Mais à Carnavale, une date supplémentaire s'est ajoutée au calendrier, peut-être même plus importante encore que les deux autres, le 16 janvier c'est l'anniversaire de l'Armageddon't. Le troisième anniversaire, en ce début d'année 2020, trois ans que la noblesse s'est suicidée massivement et que de nouveaux pouvoirs ont émergés pour la remplacer, trois ans de guerre et de siège où la Cité noire tient, imperturbable et invaincue, face à la plus grande coalition du monde. Il y a de quoi être fier et cette partie de l'identité carnavalaise, qui se construisait déjà en opposition au reste du monde, dans un exceptionnalisme assumé, en sort plus que jamais renforcée. Non, la Cité noire n'est pas comme vous, we are not the same, nous sommes meilleurs, plus malins et plus déterminés, et nous le ferons savoir au reste de l'humanité.

Malgré les pertes humaines, l'anniversaire de l'Armageddon't prend, à chaque occurence, une tournure progressivement plus joyeuse et festive. Si l'année 2018 avait été marquée par le deuil et le sursaut, depuis 2019 Améthyste Castelage laisse davantage de place à la farce et, Carnavale oblige, au carnaval. Bals masqués, galas bourgeois, rallyes, kermess, parades et défilés, les cotillons et les masques seront de sortie pour cette année troisième itération. "On ne va pas s'obliger être triste tous les ans" explique avec philosophie un badaud venu assister aux préparatifs, et de conclure "Faisons contre mauvaise fortune bon cœur !" Cela pourrait être la devise carnavalaise, qui prospère depuis plus d'un siècle les deux pieds dans la calamité. "La ruine et la mort sont le quotidien de la Cité noire" explique Jeanne d'Orque, philosophe : "Une partie de la culture nationaliste consiste à les exorciser."

Qu'a donc prévu Améthyste Castelage et la municipalité vacante pour les festivités ? Si une partie du programme reste secrète pour préserver la surprise, certains chantiers débutés dès le mois d'octobre laissent entrevoir quelques préparatifs bien indiscrets. Les titans mécaniques seront a priori à l'honneur, Carnavale étant friande de ces doux géants de métal, souvent grimés à l'apparence des personnages importants de la Principauté, ou de ses ennemis. Une occasion de se moquer des puissants et de retourner, le temps des festivités, les rapports de pouvoir et d'exorciser le poids qui écrase l'homme du commun au quotidien. Les voitures et la vitesse seront également à l'honneur, pour célébrer le grand rattrapage de la Cité noire en matière automobile. La 9ème avenue, célèbre pour traverser une partie de Carnavale en ligne droite de 27 kilomètres, est en train d'être dégagée. Il faudra sans aucun doute d'attendre à des pics de vitesse spectaculaires !

Au stade d'Abondance (quartier des ritournelles), il sera possible de s'inscrire aux jeux augmentés des enfants. L'occasion pour les petits pauvres de tester, peut-être pour certains pour la première fois de leur vie, qui un exosquelette, qui un jetpack, et toutes les autres augmentations du corps qui permettent des prouesses physiques grisantes. Normalement réservés aux plus riches, les jeux augmentés seront une opportunité de montrer au peuple les fruits de son travail et lui offrir un avant-goût des merveilles technologiques permise par la science carnavalaise. Une façon également de rappeler à tous que les sacrifices ne sont pas vains et si la Principauté doit encore serrer les dents jusqu'à la victoire, les extrêmes inégalités sociales à Carnavale se justifient par son avance technologique qui en fait un pays unique au monde.

Mais une fête à Carnavale ne saurait être une fête si elle n'était que pilotée par le haut. Dans les quartiers, chacun s'organise à la hauteur de ses moyens et si la population sera sans doute heureuse d'assister aux démonstrations de force et d'intelligence de ses élites, des festivités plus modestes sont en préparation à petite échelle. Une rue, un pâté de maisons, un boulevard sont autant de lieux à investir pour les Carnavalais qui font alors la démonstration de ce qu'ils savent le mieux faire : s'approprier et transformer leur ville.

Fait marquant, l'anniversaire de l'Armageddon't survient une vingtaine de jours après noël, fête importante pour les Carnavalais de tradition catholane. Pourtant, la naissance du Christ semble presque anecdotique en dehors des quartiers où subsistent les héritiers du millénarisme Obéron. Symbole de la dé-catholanisation de Carnavale ? Jeanne d'Orque n'est pas aussi catégorique. "Les gens mettent d'abord en avance en ce qui fait pour eux et il faut reconnaitre que la religion a mené Carnavale dans la situation compliquée où elle se trouve actuellement, c'est normal qu'elle soit en partie délaissée au profit de célébrations plus patriotiques qui conviennent mieux aux enjeux de leur situation actuelle. Carnavale subit un siège et affronte ses ennemis sur le terrain, or le Christ n'a pas été d'une grande utilié face à l'OND, à l'inverse la science Dalyoha et les prouesses stratégiques d'Améthyste Castelage ont donné de meilleurs résultats, ce sont eux qui sont à l'honneur. Nous verrons si cette ferveur nationale et déspiritualisée persiste après la fin des conflits ou si le catholancisme reviendra en force à ce moment-là."

Un article signé Philippe Pine.

Robotic & Toc dévoile une nouvelle prothèse de bras qui se signe automatiquement à votre place dix fois par jour

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CARNAVALE MATIN

La place du calice gardera son trou !
09/11/2019
La municipalité reconstruit autour de la place du calice, mais choisit de garder le trou. Attraction touristique ?
La municipalité reconstruit autour de la place du calice, mais choisit de garder le trou. Témoignage vivant des horreurs de la guerre ? Attraction touristique ? Nouvelle entrée vers les égouts ? La place du calice, célèbre pour son champ de mine héritée de la période du Chaos, a complètement explosée à cause d'une frappe de missile balistique de l'OND. La réaction en chaîne aura percé le sol sur vingt mètres, atteignant le premier étage des égouts dédié à la ventilation et endommageant au passage plusieurs turbines de refroidissement.

La place du calice et son champ de mines étaient une curiosité populaire, on venait de tout Carnavale admirer ce vestige du Chaos dont la charge explosive était réputée pouvoir réduire en cendre la moitié d'un pâté de maison. S'il faut reconnaitre un mérite aux missiles balistiques de l'OND, c'est d'avoir dirigé le souffle de l'explosion vers le bas, perçant un trou dans le sol d'une profondeur impressionnante.

Haut-quartier oblige (la place du calice se trouve dans le quartier des pyramides), le chantier a été rapidement reconstruit grâce aux dons des résidents et un prêt à taux zéro de la Banque Princière Castelage. Mais la municipalité a choisi de garder le trou et de construire autour plutôt que de le reboucher, ce qui en fait officiellement la 6ème plus grande entrée à ciel ouvert des égouts de la Cité noire.

Les dernières frappes de la coalition morale sur la Cité noire ont été plus dévastatrice que les précédentes (sans manquer de respect au quartier des colchiques) atteignant plusieurs sites historiques déguisés en postes de commandement militaires, et plusieurs postes de commandement militaires déguisés en sites historiques. On totalise une centaine de mort parmi les forces régulières de la Principauté, principalement parmi les milices Castelage et le SAD BB à qui revient le contrôle des batteries anti-aériennes de la ville. A ce sujet, Améthyste Castelage s'est montrée rassurante : "Nous disposons désormais de l'une des puissances de feu anti-missiles les plus performante au monde. Ramenée à un petit territoire comme celui de Carnavale, aucun missile balistique ne passera plus le dôme d'enfer, comme nous l'avons appelé."

Une bonne nouvelle pour le marché immobilier qui va enfin pouvoir investir dans la pierre sans craindre que celle-ci ne soit dézinguée par un tir de missile ennemi. Une bonne nouvelle aussi pour le secteur du tourisme qui, bien qu'il vienne de perdre un de ses joyau, pourra se renouveler en proposant de nouvelles attractions à mesures que les anciennes seront détruites. Pervenche Obéron n'avait-elle pas bâti un parc d'attraction dans les cratères des Îles Marines ? Les outre-mer n'ont pas le monopole de l'inventivité !

Un article signé Philippe Pine.

Un p'tit trou, deux p'tits trous, toujours des p'tits trous

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L'ACTUALITÉ EN DIRECT
03/12/2019


  • Étonnant...
Canicule surprise en décembre : les météorologues expliquent ce phénomène exceptionnel par le fait que Carnavale a 50 ans d'avance sur tout, y compris le réchauffement climatique.
  • Interdit !
La municipalité rappelle qu'il est interdit d'ouvrir les bornes à incendies pour se rafraichir : certaines projettent de l'acide ou du chlore.
  • Résolu !
60°C au soleil dans certaines rues : la délicieuse odeur de viande grillée signalée sur la 78ème avenue émanait en fait de sept SDF crevés.
  • Prudence...
Chaleurs intenses, l'institut de virologie de Grand Hôpital met malgré tout en garde contre une consommation excessive d'eau.
  • Dieu merci !
Les canadairs des Laboratoires Dalyoha diffuseront en continue de la glace pilée sur la ville pendant les trois prochains jours.
  • Généreux !
Améthyste Castelage annonce la suppression d'un jour férié en solidarité avec les vieux. Le nombre de jour férié à Carnavale est désormais de -3.
  • Efficace !
Dôme de chaleur au dessus de la Cité noire : plusieurs missiles balistiques de l'OND explosent avant d'atteindre le sol grâce à un phénomène de combustion spontanée. Le SAD BB classifie la canicule comme arme de guerre.
  • Défaillance ?
Le projet HARPE, censé réguler le climat de la Principauté, sert-il à quelque chose ? De nombreux citoyens se demandent où partent leurs impôts.
  • Écologie !
Est-il trop tard pour s'y mettre ?
  • Enfin !
Le tri des déchets sera généralisé à toute la Cité noire dès l'année prochaine. Poubelles jaunes pour le carton et le plastique, bleues pour le verre et vertes pour les déchets organiques non-humains.
  • Plouf !
Le canal du quartier des hélicons sera ouvert à la baignade le temps que passe la canicule. La municipalité recommande néanmoins de ne pas se baigner plus de 15mn consécutives pour éviter les problèmes de peau.
  • CRAMOISIE© !
Les Carnavalais installés en Kabalie rouge (où il ne fait que 37°C) se moquent des métropolitains sur les réseaux sociaux.
  • Moderne !
La Principauté profite que les combats soient au ralentis pour ouvrir son service de livraison des pack d'eau à la population par drone de combat.
  • Raisonnable !
Congé climatique : peut-on se mettre en arrêt pour raison de fortes chaleurs dangereuses pour la santé ? Le Tribunal Populaire a tranché et la réponse est NON.
  • Empathie !
Tous égaux face à la canicule : depuis sa piscine, Améthyste Castelage a assuré qu'elle se tenait aux côtés de la population pendant cette épreuve difficile.
  • Rappel !
Malgré la tentation de se promener torse nu, l'institut de météorologie rappelle qu'en raison du trou dans la couche d'ozone au dessus de Carnavale, il est déconseillé de s'exposer trop directement aux rayons du soleil.
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CARNAVALE MATIN

Trois ans bloqués dans l’espace-temps :
les Carnavalais s'adaptent comme ils peuvent
05/12/2019
Trois ans bloqués dans l’espace-temps : les Carnavalais s'adaptent comme ils peuvent
Alors que l’anniversaire de l’Armageddon’t se rapproche, la Cité noire fêtera bientôt sa troisième année bloquée dans l’espace temps, moment suspendu et incompréhensible où les temporalités se croisent et se superposent offrant autant de possibilités que de contraintes. Heureusement, Carnavale sait s’adapter et le marché du travail n’a pas mis longtemps à se reconfigurer pour offrir des services propres à ces nouvelles règles temporelles. Certaines adaptations sont logiques, d’autres plus remarcables. Ainsi André Gousset, confectionneur de calendriers, a abandonné ses anciens produits papiers pour favoriser des versions électroniques qui se mettent à jour en permanence pour s’adapter à la réécriture de la temporalité.

« Aujourd’hui ça indique mardi 5 décembre 2019 mais si on doit réajuster la timeline, la date changera et envoie une notification au propriétaire pour le prévenir que la journée se passe avant ou après tel ou ou tel évènement important. » Une nécessité qui permet de suivre l’actualité carnavalaise au présent tout en intégrant régulièrement des changements de situations survenus parfois plus d’un an au paravent. Exemple récent avec le bombardement du quartier des colchiques, causant plusieurs milliers de morts et des dizaines de milliers de déplacés, et qui s’est déroulé bien avant dans le passé. Un retournement de situation qui a nécessité de réajuste a posteriori l’état de la situation contemporaine à Carnavale.

D’autres entrepreneurs, eux, ne font pas que palier ces problèmes de temporalité et cherchent à en tirer profit. Jeanne Oscourt a monté sa boîte de conseils juridiques temporels. Son astuce : la réécriture du passé autorise certains contrat passé dans un passé plus récent à être rompus en raison d’un changement imprévu des informations disponibles à l’époque. « Imaginez que vous achetez une maison dans le quartier des colchiques pendant l’été 2019. Finalement vous apprenez à l’automne que le quartier a été détruit. Nos clients se tournent vers nous pour demander la rupture de leurs contrats et protéger leurs droits en tant que consommateur. »

Derrière les intentions louables, certains n’hésitent pas à utiliser la confusion des temporalités pour renégocier des contrats à leur avantage. Un business florissant à Carnavale et qui s’exporte depuis peu vers d’autres pays concernés par les boucles temporelles : Antares, nations de l’OND, etc. Car au-delà de l’aspect amusant, les conséquences des réécritures à répétition de la ligne temporelle peuvent être dramatiques pour certaines personnes. Jacqueline Aère, qui avait passé d’excellentes vacances d’été avec son mari, a découvert il y a deux semaines que celui-ci était mort dans les bombardements de leur quartier. Elle demande désormais le remboursement de 50% du prix de son hôtel, puisqu’elle n’a occupé qu’une chambre pour une seule personne et non pour deux. Le maître d’hôtel conteste et exige désormais une preuve du décès de Théophilippe Aère, le mari de Jacqueline.

Du côté des forces de police, le bilan est mitigé. Si les catastrophe retrospectives posent des problèmes d’organisation et de budget, la nouvelle donne offre également des opportunités stratégiques pour des coups de filet spectaculaires. Ainsi le Mozart de la drogue de synthèse, Amadeus Dieupourri, a-t-il été mis en minorité dans une fusillade lorsqu’il a découvert que la majorité de son gang avait été arrêté deux semaines plus tôt. « Si j’avais su j’aurai pas venu » a-t-il déclaré à la police une fois amputé de ses meilleurs hommes de main. Le commissaire Gingembre avoue ainsi tester des méthodes d’enquête sur plusieurs temporalité de façon à ne jamais se placer dans l’illégalité. « Faites une perquisition chez quelqu’un pour récupérer des infos, puis lorsque l’avocat se plaint de vos méthodes, expliquez que vous n’avez rien fait puisque vous étiez ailleurs à ce moment-là. »

Une technique qu’appliquent également les voleurs. Ainsi Jean-Marc Noire a-t-il été relaxé dans une enquête où il était inculpé pour bracage de bijouterie, l’établissement ayant finalement été démoli deux semaines avant le bracage. Le propriétaire a fait appel de la décision du Tribunal Populaire sous prétexte que Jean-Marc Noire s’était présenté à l’audiance couvert de bijoux volés, preuve qu’il les possédait bel et bien. Ces bizarreries temporelles pourraient mener à termes à une révision de plusieurs lois pour intégrer des cas de figure où l’histoire aurait été réécrite après coup.

Les juges ne sont pas les seuls gênés pour la situation. A la gare du joyau (photo en illustration), les aiguilleurs ont beaucoup de mal à adapter les horaires du métro aux fluctuations de la temporalité. « Vous prévoyez d’utiliser une ligne, finalement elle s’est effondrée entre temps… c’est infernal et il faut sans cesse réajuster nos itinéraires avec les trains à notre disposition ce qui entraîne des retards et du mécontentement. » explique Janvier Cheminée, cheminot. La Banque Princière elle-même a dû faire face à des difficultés de gestion de ses emplois du temps. Comme souvent avec les Castelage, la solution est pécuniaire et tous ses employés se sont vu offrir une montre en or. Un beau cadeau, mais il n’y a désormais plus d’excuses pour être en retard au boulot !

Un article signé Philippe Pine.

"Canicule on s'encule" : la chambre à orgie du quartier des hirondelles fait l'entrée à moitié prix tant qu'il fait plus de 40°C dehors

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