21/08/2020
21:36:51
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Activités étrangères en Karty - Page 8

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Bip. Bip. Bip...
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Ce n'était ni les premiers, ni les derniers. Les fameux satellites espions Loduariens. Ceux-ci même n'en étaient pas à leur première mission. Il y a tant d'années de cela, ils avaient déjà réalisé des prises de vues, des mesures, des captures de données au sol, au dessus d'un pays si proche. La Translavya. Et quelques jours plus tard, la Translavya scientiste avait connu le pire fléau de son existence, menant à la dislocation de son gouvernement, de sa méthode de pensée, et à la victoire. Non sans pertes majeures d'un côté, mais la victoire avait été obtenue.
Quelques années plus tôt, les satellites espions Loduariens survolaient Velsna, menant un autre camp bien spécifique à la victoire. DiGrassi s'en était sorti victorieux uniquement parce que la Loduarie avait prit en charge la stratégie et la collecte d'informations, en plus de fournir les hommes.
Et puis les temps avaient avancé. Les satellites Loduariens avaient étés oubliés, abandonnés à leur sort. Jusqu'à ce que Aurore arrive au pouvoir. Jusqu'à ce qu'il soit nécessaire de les remettre en marche.

En ce jour, le taff était le même. De la surveillance, de la prise de vues, de la reconnaissance. Il était temps de faire payer certains comptes, et la Loduarie n'était pas ce genre de pays à faire dans la demie-mesure, ou même de mal faire les choses. La dette serait remboursée.
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Les camarades Kartiens en Loduarie touchés par une vague de haine, l'armée intervient pour les protéger.

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Des camarades Kartiens, déplacés par les vagues de haine à leur encontre, étant pris en charge par les services de police de Lyonnars.

C'est une triste nouvelle pour nos camarades Kartiens et pour le peuple Loduarien que nous apprenons en cette matinée, à l'aube du lendemain de l'exécution des traîtres et espions de l'étranger qui ont tenté de porter atteinte à l'intégrité physique de notre Camarade Secrétaire Générale.
L'on parle actuellement d'une quarantaine de morts, notamment perpétrés dans la région de Galaisie par certains extrémistes, de milliers de blessés et d'au moins une dizaine de milliers de déplacés, forcés de quitter leur foyer face aux vagues de haine à leur égard.

Le gouvernement, prévenu très tôt dans la nuit, a tenu à faire intervenir les forces armées et la police pour mettre un terme à la situation le plus vite possible à travers le pays, l'objectif étant de calmer le jeu pour éviter une dégradation trop massive de la situation actuelle. Dans le même temps, nos glorieuses forces armées ont permis la conduite de nombreux Kartiens dans des appartements sécurisés et protégés pour garantir une protection des Kartiens en Loduarie face à l'extrémisme qui touche une partie du pays.

Certains de nos camarade impliqués dans les exactions à l'encontre des Kartiens ont déjà étés arrêtés et seront jugés sous peu, afin de rendre justice aux Kartiens.

N'oublions pas, camarades, ces Kartiens sont nos camarades, et non des ennemis, contrairement à ceux qui furent leurs confrères, morts hier, ou bien en poste à 4000 kilomètres de nos terres, méprisant leur sort et leur avenir.

Pour les RPs a écrit :La Loduarie se dédouane des pogroms mis en place et pilotés en sous-main par l'armée Loduarienne. Néanmoins, elle place certains Kartiens dans des quartiers dits "piégés", montrés comme des appartements sécurisés.
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[✝] Kortÿën Aläpuölÿ
Kapöli (✝): Pelysöpymüs

"Funambulismes" Kärlä Släkk, 2020 (Musée des Arts Photographiques de Tassel)

"Funambulismes"
Kärlä Släkk, 2020 (Musée des Arts Photographiques de Tassel)



Il faisait bon en Karty, surtout vers la mi-septembre. Certainement, moins chaud qu'en Antares, mais la brise douce était juste ce qu'il fallait pour se retrouver à un stade de température agréable. C'est dans ce havre climatique que se retrouvait aujourd'hui Volkingrad, nageant dans la paix des beaux jours qui laissaient doucement la place aux automnes et bientôt aussi, à l'hiver. Pas de précipitation cependant, surtout puisqu'à présent, c'était fini.

La délégation antarienne commençait a faire ses valises après avoir été accueillis certes durant un court lapse de temps, mais avec la plus grande des diligences digne de leurs traditions par la sœur Kartienne. L'avion devait décoller plus tard, certes, mais le reste de la délégation s'était attardé a discuter avec des diplomates ça et là, laissant deux individus à l'écart: Lÿsä Köwnatör et Clara Malmaison.

Lÿsä ne savait pas pourquoi elle avait toqué à la porte de la ministre des Affaires Etrangères, surtout qu'elles n'avaient jamais eu la chance de parler. La ministre n'était en effet pas du genre très sociable sauf dans le cadre de son travail. Mais elle avait observé Lÿsä avec une certaine ferveur durant la réception du mariage de la chancelière, comme si elle avait observé quelque chose de particulier. Et cette théorie semblait prendre du poids alors que celle-ci répondit présente lorsque la corvienne lui proposa une dernière promenade dans le centre de Volkingrad.

Ainsi se retrouvaient elles à marcher dans ces rues, avec cette brise, dans cette atmosphère. Il fallait dire qu'elles se ressemblaient beaucoup, ne serait-ce que leurs habits principalement noirs, tout comme leur chevelure. Elles auraient presque pu passer pour deux sœurs...

Après une bonne vingtaine de minutes de silence lourd à marcher, c'est Lÿsä qui posa la première question... ou plutôt la première excuse.

"Je dois le dire, je m'excuse de vous avoir proposé une promenade si ennuyeuse..."

"À mon avis, à ce stade, tu peux me tutoyer. Et non, je suis reconnaissante pour cet entracte. Il me semble que nous devons discuter de quelques points ensemble."

"Des points ?"

"Je crois que tu m'as bien remarquée durant le mariage. J'imagine que c'est aussi la raison qui t'a poussé à en savoir plus ?"

"Disons que nous n'avons jamais eu l'occasion de vraiment discuter..."

"Eh bien, discutons. De quoi veux-tu me parler ?"

"À vrai dire, j'espérais plutôt que ce soit toi à me porter des révélations."

"Révélations, c'est un grand mot. Mais je peux répondre à tes questions."

Lÿsä prit une seconde pour réfléchir avant d'enchaîner.

"Déjà, que penses-tu de toute cette situation ?"

"La Loduarie qui met le pied dans un piège à ours ou la guerre civile ?"

"Plutôt la guerre civile..."

"Il n'y a pas grand chose à dire que tu ne sais pas déjà. Mais je vais te dire quelque chose, la MIRA n'a aucun intérêt à suivre les règles de la guerre si cela revient à vous détruire. Beaucoup pensent qu'ils recherchent le pouvoir, et c'est certes le cas. Mais j'ai des raisons de croire qu'ils veulent plus que cela. Ils veulent éliminer le culte des Cierges."

C'était certainement une réponse d'une honnêteté bien plus vaste que Lÿsä n'avait prévue d'entendre. Elle enchaîna les questions.

"Comment ça ? C'est quoi leur problème maintenant ?"

"Peut-être que tu devrais en savoir un peu plus sur comment la MIRA est devenue alors. Le pays était très enclin à protéger sa sécurité nationale il y a bien des années, mais sans armée avec un poids réellement important, c'est les opérations souterraines et les infiltrations qui étaient le nerf de la guerre. Bien sûr, la réponse pratique était de leur conférer beaucoup de pouvoir, tellement qu'ils agissaient presque comme une entité séparée, veillant à la souveraineté nationale, le Président du Conseil et le Président de la République. Aujourd'hui, vous arrivez après vingt années de renaissance et nostalgie corvienne, et dans les yeux de la MIRA, c'est dangereux. Non pas car ça l'est essentiellement. Mais parce que chaque membre du conseil, tous à l'exception d'un, ont été élevés dans la peur des Cierges. Vois cela comme un enfant qui prends assez confiance en soi pour se lever et battre à son tour ses parents. C'est ça, dans mon avis, ce qui se cache sous la surface de la guerre."

"Les cierges étaient utilisés pour les entrainements des membres de la MIRA ?"

"C'est plus compliqué que cela. Mais ils en ont peur. Terriblement peur. Et dans leur yeux, vous n'êtes rien d'autres que leurs disciples. Ce que vous devez faire, dans le meilleur des cas, c'est les convaincre du contraire. Mais vous n'allez réalistiquement pas supprimer des années de traumatismes comme cela. Il faudrait l'intervention de Shaula elle-même pour que ce soit le cas."

"En toute honnêteté, je ne comprends pas qu'on puisse détester les cierges sans être détestable soi-même. Ou alors, qu'on ait exposé la religion sous un regard plus sombre qu'il ne l'est vraiment."

"Justement. Et c'est cela, dans mon avis, que vous devrez traiter en premier lieu lorsque vous gagnerez le conflit. Si vous gagnez le conflit."

"C'est aussi grand que cela ?"

"Il y a beaucoup que tu ne sais pas. Il y a même beaucoup que je ne sais pas non plus. Et c'est justement grâce à toi que je cherche à savoir."

"Grâce à moi ?"

"Oui. On se reverra bientôt je crois, avec des nouveaux sujets de discussion. Je compte sur toi pour m'apporter des nouvelles."

"Si tu le dis..."

Ils passèrent une autre minute en silence. Clara semblait vouloir quelque chose, mais la corvienne n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Peut-être était ce juste une intuition ? Mais elle semblait en savoir plus, un savoir qui certainement à présent n'était pas très important, mais qui allait pouvoir se révéler plus important plus tard, ou bien pour d'autres personnes.

Lÿsä enchaîna cette fois avec une autre question qui la tracassait depuis un moment.

"Et pour Gaspard ? Pourquoi l'as-tu dévisagé durant la cérémonie à plusieurs reprises ?"

"Gaspard... Cela fait longtemps que je n'avais pas entendu ce nom. D'habitude, on l'appelle autrement avec Luca..."

"Luca ? Le Président du Conseil ?"

"En effet. Lui et moi discutons très souvent, nous avons une bonne relation amicale en dehors de nos politiques divergentes."

"Et Gaspard fait partie de votre groupe d'amis ?"

"Pas... Exactement. Disons que nous discutons beaucoup. Mais nous ne sommes pas nécessairement amis. Pourquoi, il t'a dis quoi lui ?"

"Je... Je ne sais pas... Il est sympathique."

"Sympathique ? Elle est nouvelle celle-là... Je ne le qualifierait pas de sympathique."

"Pourquoi, il vous a fait quoi à vous deux ?"

"Il ne nous a rien fait de bien particulier. À vrai dire, c'est plutôt l'inverse, c'est ce qu'il n'a pas fait."

"Si je suis ta logique, c'est encore une autre chose que je vais devoir découvrir ?"

"Il vaut mieux pas. Si il est sympathique pour toi, mon avis sur la question n'a aucun poids."

"Mais pourquoi alors en parler ?"

"C'est toi qui m'a posé la question."

"Simplement parce que tu avais l'air de le dévisager durant la cérémonie, rien de plus."

Clara fit une pause dans son discours pour sourire. Ceux qui la connaissaient savaient qu'il ne s'agissait pas de quelque chose de bien commun que de la voir faire un effort pour tirer vers le haut le coin de ses lèvres.

"Disons que c'est quelque chose que j'avais vu venir, même si cela m'a surpris. Mais il m'avait l'air heureux avec toi, donc je n'ai rien dit. Tu aurais préféré que j'intervienne ?"

"Je ne sais pas... Je ne comprends pas vraiment à vrai dire. Qu'es-ce qui ne va pas avec Gaspard ? C'est quelqu'un de sympathique, il est doux et qui plus est semble connaître mon père. Il va de l'ordre de l'évidence que je lui fasse confiance, n'es-ce pas ?"

"Bien sûr, et je n'en fait point de remarque. Je te décris seulement mon expérience personnelle avec lui."

Lÿsä prit un instant pour réfléchir avant de continuer.

"Donc il fait vraiment partie de la MIRA ?"

Clara ne répondit pas, comme si la question n'avait jamais été posée. Lÿsä, croyant qu'elle n'avait pas bien entendu, se répéta.

"Fait-il partie de la-"

"Je croyais que tu était sarcastique. Bien sûr qu'il est de la MIRA. Mais tu t'en doutes, on ne peux pas dire ça haut et fort. Et surtout, il ne portait pas son masque."

"Il est aussi haut dans la hiérarchie ?"

"Je n'en suis plus si sûre au point où on en est. Je vais éviter de te dire ça tout de même. Saches juste que ça n'aura aucun impact sur ce que tu veux faire."

"Ce... Ce que je veux faire ??"

Clara ne répondit pas. Lÿsä reprit.

"Je ne sais pas ce que tu entends par là, mais il n'y a rien que je ne veuille outre ma simple curiosité."

"Bien sûr..."

"C'est la vérité !"

"Soit. Je te dis seulement que tu es tombée sur la bonne personne. Et aussi la pire. On verra ce qu'il en sort."

Lÿsä ne savait pas quoi penser. De l'extérieur, ce que venait de faire Clara était certainement la pire chose à faire, et probablement la plus méchante. Mais c'était bien ce moment là qui allait la sauver.

Il n'y eut aucune conversation après ces derniers mots. Ils rentrèrent promptement de là où ils étaient partis et se séparèrent comme si ils ne s'étaient jamais rencontrés.

Peut-être que l'objectif de Clara n'était pas de changer quoi que ce soit, mais de montrer à Lÿsä une fenêtre que peu d'individus avaient jusqu'à présent, c'est à dire un réel aperçu d'ensemble sur l'écosystème de cette guerre civile.

Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
Dans cet épisode, Lÿsä discute avec Clara à propos de faits vagues, ce qui offre plus de questions et de réponses et ouvre un nouveau pan de la guerre civile, là où deux nouveaux fronts se recontrent.
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Une affiche visible au cœur du paysage urbain,
des arrêts de bus aux devantures de commerces, partout à travers le pays.

Programme Visit Néxania
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Kartiens et Kartiennes,

Dans le cadre de ma tournée de l'année 2020, je me rendrais en République Fédérale de Karty du 1er au 20 juin prochain. Je passerais dans toutes les grandes villes de votre beau pays pour un total de 10 concerts. L'apothéose de cette série de concerts seront ceux à Volkingrad, capitale de votre grande République, les 12, 13 et 16 juin. Je vous attends donc nombreux et nombreuses à l'Arena de Volkingrad, mais aussi dans toutes les autres villes que je visiterais.

Je vous attends !

Amicalement,

Grigory Leps

LEPS
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Kartiens et Kartiennes,

Dans le cadre de ma tournée LOBODA, je me rendrais en République Fédérale de Karty du 1er au 20 août prochain. Je passerais dans toutes les grandes villes de votre beau pays pour un total de 12 concerts. L'apothéose de cette série de concerts seront ceux à Volkingrad, capitale de votre grande République, les 13, 14 et 16 août. Je vous attends donc nombreux et nombreuses à l'Arena de Volkingrad, mais aussi dans toutes les autres villes que je visiterais.

Je vous embrasses !

Amicalement,

Loboda

LOBODA
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Le Contact
Projet: ArgꙨs


Stelio Ievoli

Stelio Ievoli



Ah, Volkingrad. La belle Volkingrad. Destination phare du tourisme antarien en leucytalée, certainement l'une des villes les plus ravissantes du continent. Même si beaucoup venaient pour se détendre, beaucoup étaient aussi là pour le travail.

C'était le cas de Stelio Ievoli, PDG de Riaa Balistiques depuis un an, aux commandes de l'une des plus grandes transformation que l'entreprise ait jamais connu. En effet, il avait été le premier à surfer sur la vague de la Guerre des Ombres, envoyant de multiples prototypes sur le terrain des deux côtés ainsi qu'allant chercher des partenariats avec des entreprises civiles désireuses depuis tant d'années de basculer aussi sur un volet militaire.

Il avait notamment ouvert toute une branche de Riaa Balistiques dédié à cette activité, soit aider les entreprises à transitionner vers le militaire et sécuriser des candidats à la souche, garder l'expertise localisée dans le pays et chassant la convoitise internationale. C'était notamment ce qui était arrivé depuis Juillet à l'entreprise Sylogis, avionneur et motoriste phare dans la conception des nombreux avions de ligne mis au service de la compagnie nationale Volazzurro, ainsi qu'à Libremar, jusqu'alors gérant la construction de nombreux ferrys très présent dans le golfe des empires et en dominant le secteur. Ievoli s'était donc entouré de deux des concepteurs avec le plus de potentiel, dans l'aviation et dans la marine, un effort qui n'avait pas manqué d'attirer le gouvernement sur son cas.

Enfin, sa prouesse administrative lors de la faillite de l'ancien concepteur technologique au service de l'ARA, Haze Tech, lui avait permis de sécuriser un tout nouveau département de recherche et de développement d'optronique et de systèmes nécessaires pour indépendantiser sa nouvelle gamme de missiles et ouvrant la voie pour devenir le concepteur de systèmes le plus avancé d'eurysie.

Il était là, à Volkingrad, prêt à entamer un énième projet qu'il tenait sous sa ceinture en partenariat avec l'Ordre Oruzhiya

Bien évidemment, il ne voyageait pas seul. Avec lui, deux ingénieurs en chef d'exception, tous deux responsables de leurs propres domaines. Tout d'abord, Octane de Scorailles, celle qui se chargera des capteurs et de tout ce qui est en rapport avec l'hyperfréquence. Sans doute la meilleure quand à ce domaine, porteuse de deux doctorats sur le sujet et l'une des trouvailles les plus talentueuses de Ievoli lors de la faillite de Haze Tech, elle était la plus qualifiée pour assurer l'atout principal de l'ArgꙨs, soit ses yeux invisibles. De l'autre côté, Rënö Schiff. Lui maitrisait tout le volet systèmes et informatique, il allait être le responsable de l'harmonisation de tout ce qui allait toucher à l'électricité et aux communications. Si Octane était en charge du cerveau, lui était en charge du système nerveux.

Mais bien évidemment, il fallait un corps pour accueillir tout cela. Et aussi, le plus important, les missiles qui vont avec. De là la coopération avec les kartiens.

Se rendant au point de rendez-vous, ils avaient peu échangé entre eux. Quelques mots par-ci, des discussions techniques par là, et surtout une grande impatience de pouvoir travailler avec les artificiers d'une armée accomplie.

Et en effet, dès leur arrivée au restaurant, celle-ci fut des plus joviales.

Stelio fut le premier à s'introduire, serrant la main du chef de l'Ordre.

"Sachez-le, nous sommes ravis de pouvoir enfin faire votre connaissance en personne. Notre entreprise a toujours voulu travailler sur un projet de cette taille conjointement avec les services kartiens, nous sommes donc honorés de pouvoir nous attabler à vos côtés et discuter de ce qui en deviendra."

De rapides serrages de mains plus tard ainsi que quelques échanges préliminaires, les cinq individus s'assirent enfin à table, et les réelles discussions pouvaient débuter.

"Bon, permettez moi de vous présenter plus en détail les membres qui vont composer notre partie de l'équipe. Déjà, Mademoiselle Octane de Scorailles ici présente, experte en capteurs et hyperfréquence."

La jeune femme prit les devants de sa présentation.

"En effet, je suis ravie de pouvoir me joindre à cette étude. J'ai déjà entamé quelques recherches notamment sur les systèmes de refroidissements, ainsi que réutilisations de nos systèmes optroniques Exocet qui étaient jusque là obsolètes. Il y a beaucoup à faire, mais nous ne partons pas de zéro. Nous recyclons aussi nos fameux Loxodons pour l'occasion, c'est un projet qui promet."

Le second ingénieur en chef prit aussi la parole pour se présenter.

"Rënö Schiff, je m'occuperai au contraire de toutes les liaisons, systèmes de communications ainsi que l'informatique. C'est quelque chose qui sera plus présent dans les phases plus avancées du programme, surtout qu'il nous faut un système opératif qui soit adapté. C'est probablement la deuxième partie qui va nous prendre le plus de temps, derrière l'optronique bien évidemment."

Stelio acquiesça avant de se tourner vers le duo kartien et ainsi leur retourner la question.

"Très bien, à présent puisque vous connaissez notre équipe, pourquoi vous ne nous parlez pas un peu de vous, et l'avenir que vous voyez dans ce projet ?"
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Combien de temps, déjà ?
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La Loduarie est un grand et puissant pays que n'a jamais fait que ouvrir et fermer sa gueule par périodes de l'histoire. Il est souvent arrivé que juste avant l'avoir fermée, et juste après l'avoir ouvert, qu'elle mette un coup. Parfois une petite baffe, parfois une trentaine de coups dans le ventre. L'humeur Loduarienne était spéciale à vivre mais simple à comprendre.
Il arrivait, bien sûr, que quelques fois la Loduarie se prenne des coups et soit coupée de son souffle après le choc initial. Alors elle faisait un pas en arrière, et recommençait à en mettre. Voir parfois, était obligée de partir. Mais jamais elle ne s'arrêtait ni oubliait. Toujours elle revenait, avec un soupçon de haine en plus. Elle se devait de le démontrer une nouvelle fois.

Les Loduariens sont des acharnés notoires du travail. Donnez leur 3 patates, quelques outils et des pierres, et ils vous feront une maison. Pas pour vous, pour eux. Ou pour ceux qu'ils aiment. L'esprit Loduarien est un esprit de survie et de collectif. Toucher à un Loduarien c'est toucher à tous les Loduariens. Il est arrivé, dans l'histoire, que cet esprit tourne à la catastrophe. C'est pour cela que la plus grand ennemi d'un Loduarien sera toujours un autre Loduarien.
Les Loduariens n'ont pas peur des étrangers. Ils les apprécient, surtout quand ces étrangers pensent comme eux. Mais cela ne veut pas dire qu'ils ont la même place dans leur esprit. Si les étrangers bénéficient du même traitement que tout les Loduariens se réservent entre eux, cela ne veut pas dire que ce traitement leur est garantie éternellement. Un faux pas et ce traitement leur est retiré.

Il y avait une raison pour laquelle l'ethnie Kartienne en Loduarie avait commencé à vivre des effluves de discrimination au sein de la population Loduarienne. Rien d'officiel, seulement des Loduariens, divers et variés, qui pointaient du doigt en silence. Si le gouvernement protégeait ces Kartiens, rien ne les protégeait des moqueries, et des doigts pointés à l'angle des rues et dans les boulangeries.

Ailleurs, on pointait du doigt aussi. Pas sur des Kartiens, non, sur Karty. Sur de vastes cartes, qui recoupaient des informations venant du ciel, des informations publiques, des informations radar. Tout ce qui pouvait être pris était pris. Et les Loduariens, tels les hardis travailleurs et vengeurs qu'ils étaient continuaient leur tâche, gardant à l'esprit ce pourquoi ils étaient là et faisaient cela.

Car la Loduarie voulait redonner un coup, mais elle changerait sa méthode, cette fois-ci.
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Il fut une époque.
Volkingrad. Une ville avec un nom d'origine russe, dans un pays où les gens parlent allemand tandis que leurs plats sont faits à base de pâtes et de pesto.
De tous les pays dans lequels Alice avait jamais été envoyée, il s'agissait d'un pays spécial. Très. Tanska était protocolaire, l'Illirée était confuse. Mais Karty était définitivement spécial.
Quoi qu'il en soit, ce n'était pas ses affaires. Fraîchement débarquée de l'avion qui l'avait prise à Norja, capitale de Tanska, passeport Tanskien et visa Kartien en main, elle s'apprêtait désormais à vivre son aventure folle pour une année à découvrir la culture Kartienne. Elle et sa nouvelle identité. Louise Vestergaard. Pour une année maximum, elle devrait abandonner le "Alice" que lui avait donné sa mère, pour embrasser celui donné par la Mère qui l'avait recueillie après la guerre civile. La nation ordonnait, et elle, elle restait Loduarienne, fidèle à sa culture.

Pour sa deuxième mission d'importance à l'étranger, après une pause bien méritée et une petite dizaine d'opérations intérieures en Loduarie, elle avait été envoyée en terre Kartienne. Elle était, à ce jour, l'un des éléments les plus importants de l'espionnage Loduarien dans son domaine. Complètement inconnue du monde extérieur, elle avait, par le passé, réussi à mettre la main sur nombre de documents extrêmement secrets du gouvernement Tanskien sans même être détectée et en tapant dans le haut du panier. Au pays, elle avait permis la traque de nombreux extrémistes, et avait même permis d'acheter le silence de certaines personnes. Alice, dans son travail, était la meilleure, et sa bonne étoile l'accompagnait en tout temps.
Il en serait de même en Karty.

Après 40 minutes passés dans les transports en communs, elle arriva enfin au niveau de l'appartement qu'elle allait louer à Volkingrad pour 1 an avant son départ pour Tanska. La propriétaire, une petite vieille, était accueillante, il fallait le dire. Alice pris ses nouvelles clés en même temps que son café offert par la dame qui lui louait son nouvel appartement, avant de le vider dans l'évier quand elle vit que la grand mère était bel et bien partie. Pour le remplacer par un verre d'alcool. Une spécialité locale, avait dit la vieille dame. Alice dut en prendre 3 verres pour ressentir le même effet que lui aurait procuré un verre de vodka Loduarienne.
Puis, elle prit soin de déballer ses affaires, et de les ranger minutieusement. Avant d'ouvrir son ordinateur et d'allumer la télévision, se mettant sur une chaîne d'information Kartienne. Sur son ordinateur, elle put prendre contact avec ceux qui seraient de son voyage d'un an en Karty, et pu organiser sa journée du lendemain. Il y a avait le temps encore, certes, mais elle devait se fondre dans la masse Kartienne.

Après sa petite planification du lendemain, ett se tourna, et pris la peine de regarder le petit documentaire journalistique Kartien sur l'évolution de la situation en Loduarie. Des retransmissions coupés du discours du général Ivan Golkovine étaient placés, en même temps que des images d'archives Loduariennes sur de précédents exercices navals Loduariens pour illustrer, à tort, les actions Loduariennes en relation avec le blocus qui était soumis à l'Antares. Ici et là, elle reconnaissait des navires qui avaient étés coulés par l'ONC en 2010. La propagande Kartienne battait son plein, juste assez pour manipuler l'opinion publique. Cela ne lui faisait pas spécialement quelque chose. Après tout, elle savait que c'était la même histoire partout dans le monde, et même chez elle. Aucun pays sain ne se présenterait comme une menace à sa propre population. Néanmoins, elle tiqua légèrement quand le présentateur Kartien répéta que Karty seule était responsable d'une grande et puissante victoire face à la Loduarie, tout comme Karty se targuait d'avoir réussi à faire s'effondrer l'UICS. Il y avait là des mensonges tellement gros qu'elle espérait sincèrement que même la population Kartienne n'était pas si débile que ça pour y croire.

Finalement, elle décida d'éteindre la télévision, se leva et commença à vérifier que l'appartement dans lequel elle était ne disposait d'aucun système d'écoute. Elle savait comment faire, et elle sut qu'elle n'aurait aucun problème à ce niveau là à l'issue de son petit test.

La nuit tomba, et elle se cuisina une spécialité Kartienne à base de saucisson cuit. Savourant son repas, elle se dit qu'être une espionne avait ses avantages. Comme ses inconvénients.
Et sur ces réflexions, elle reprit une part de saucisson.
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Pour l'Unité de l'Eglise

Notre sainte mère l'Eglise doit redevenir un acteur politique



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A l'heure où les décombres de la Basilique San Stefano sont encore fumants et que nous prions pour le salut des 34 âmes ayant quitté cette Terre trop jeunes, il est nécessaire de dresser une autocritique de la gouvernance des dernières décennies de notre institution. Malgré l'amour que je porte à notre Eglise et à ses principes, force est de constater que son état, au cours de ces derniers pontificats, s'est profondément affaibli. Je ne formulerai nul reproche, nul récrimination à l'endroit de nos prédécesseurs. Ils étaient guidés par dieu, et ils ont interprété son message avec les moyens qui étaient les leurs. Ils ont aimé notre Eglise de leur mieux, avec les informations à disposition et les conviction dont ils disposaient.

Mais c'est à nous de faire le bilan: le monde a changé, il a changé bien plus vite que nous l'avions anticipé, et ce fut une erreur. Dans ce siècle de grands progrès, nous avons gravement sous estimé une chose: l'Eglise, après être l'intercesseur de dieu sur Terre, est également une construction politique. Et les constructions politiques survivent lorsqu'elles sont pertinentes. Or, que se passe t-il lorsque l'Eglise reste silencieuse lors des conflits inter-étatiques ou inter-confessionels ? Que se passe t-il lorsque le pape ne quitte plus Sancte pour faire la moindre visite internationale ? Que se passe t-il lorsque l'Eglise se referme sur elle même ? Il faut l'admettre: la Sainte Eglise universelle a cessé d'être actrice du monde pour devenir observatrice passive et impuissante. Comment pourrions nous parler aux fidèles si notre voix ne porte plus assez haut pour qu'ils puissent nous entendre ?

Il existe pourtant des solutions, et la première d'entre elle réside dans l'omniprésence retrouvée de notre Eglise dans le débat public, là où les grandes questions de société sont discutées, dans les zones de conflit où les âmes en souffrance ont besoin de nous. Dans le plus fort des crises frumentaires dans les pays où la faim est monnaie courante. Nous avons cessé d'être tout cela il y a bien longtemps, mais ce n'est pas une fatalité. Il existe une solution, celle d'une Eglise active, présente, proposant des solutions concrètes à la pauvreté, à la guerre, à la maladie. Nous ne devons pas nous contenter d'accompagner le soin à la souffrance, mais la prévenir.

Tel est la raison du don que j'entends faire de ma personne.


Son éminence le Cardinal Giovanni Spinelli
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Message secretInformation secrète réservée aux personnes autorisées

10002
Entête de la KFA, l'État Major des Forces Corviennes
Körvä Fedërÿyn Armëya

Armée de Terre Corvienne


Date du Mémorandum: 3 Octobre 2018
Emetteur: Nörä Köwnatör, Commandante des armées de Corvus
Destinataires: Etat-major fédéral kartien; Ordre Oruzhiya, Volkingrad; Riaa Balistiques, direction générale; Général Thomas de Vitriers
Objet: Ouverture d'un programme binational de défense antiaérienne et antimissile mobile
Référence des pièces auxquelles il est répondu: Rapport d'après-bataille antarien du 18 Septembre 2018; rapport d'après-bataille kartien du 2 Octobre 2018
Code d'Identification: CA-00061-NK
Classification: Diffusion restreinte, communication conjointe





Préambule

Messieurs de l'état-major fédéral kartien, Monsieur le directeur de l'Ordre Oruzhiya, Monsieur Ievoli, Général,

J'ai lu hier le rapport d'après-bataille kartien. Nous avons rédigé le nôtre quinze jours plus tôt, sans concertation, sans même savoir que vous rédigiez le vôtre, et les deux textes disent la même chose en des termes différents. Cela ne m'arrive pas souvent, et quand à laisser passer une telle occasion, je n'en ai pas l'intention: le présent mémorandum ouvre un programme, il l'ouvre aujourd'hui, et il l'ouvre avec vous.

Le constat tient en trois lignes et je ne les commenterai pas. Un conflit entre Antares et la Loduarie se décide sur la puissance aérienne et balistique, et non sur la manœuvre terrestre. Ni Antares ni Karty ne possède un système capable d'intercepter en nombre des missiles de croisière et des vecteurs balistiques de théâtre. Et aucun de nos deux pays n'est en état de développer seul un tel système, puisque nous avons les capteurs et le logiciel, et que vous avez l'industrie lourde et les moyens d'essai. Je précise, pour qu'il n'y ait aucune ambiguité sur le ton de ce texte, que je n'écris pas une proposition: j'écris un ordre, pour ce qui relève de moi, et une demande formelle, pour ce qui relève de vous.

Voilà. C'est tout, et c'est suffisant.

I. Six heures

Le 11 Septembre à une heure du matin, la Loduarie franchit notre frontière. À sept heures, tout est terminé. Entre les deux, il n'y a pas eu de bataille terrestre, il n'y a pas eu de ligne de front, il n'y a pas eu une seule décision prise par un chef de corps sur le terrain: il y a eu une préparation aérienne et balistique d'une densité que notre défense n'avait jamais eu à absorber, et qui a saturé, contourné ou détruit la totalité des sites fixes du nord en moins de deux heures, sans qu'un seul de nos chefs de batterie ait eu à prendre une décision qui change quoi que ce soit au déroulement de la nuit.

Je retiens quatre choses de cette nuit là, et elles sont toutes désagréables. Un site connu et fixe est un site déjà ciblé, et il l'est avant même que la guerre commence. Trois de nos sites ont été neutralisés et un quatrième a été mis hors jeu sans être touché, ce qui veut dire que la saturation suffit et qu'il n'est pas nécessaire de détruire une batterie pour l'annuler. Nos batteries mobiles, héritées de la génération précédente et conçues pour accompagner des unités terrestres plutôt que pour intercepter des vecteurs à haute vitesse, ont tenu le temps d'épuiser leurs coups, c'est à dire très peu de temps. Et à deux heures quarante-cinq, quand les premiers tirs balistiques de théâtre sont tombés sur nos nœuds logistiques, nous n'avions strictement rien à leur opposer, parceque aucune batterie antarienne n'a jamais possédé la moindre capacité d'interception balistique fiable.

Ce qui a renversé cette nuit là, ce n'est aucun de nos moyens. C'est votre flotte aérienne, arrivée en masse vers quatre heures, et devant laquelle l'aviation loduarienne s'est repliée sans livrer l'engagement. Je l'écris dans un document qui sera lu par des officiers des deux pays et je tiens à ce que cela y figure en toutes lettres: la dissuasion a joué sans qu'un coup soit tiré, et elle a joué parceque vous êtes venus vite et en nombre. Nous vous devons la fin de cette nuit là. Nous ne vous devrons pas la suivante, et c'est très exactement l'objet de ce texte. Une alliance dans laquelle l'un des deux ne peut rien apporter d'autre que sa gratitude n'est pas une alliance, c'est un protectorat qui n'ose pas dire son nom, et je n'ai pas l'intention de conduire ce pays là.

II. Ce que la guerre civile nous apprend en ce moment même

Il y a un second constat, intérieur celui là, et je préfère l'écrire moi même plutôt que de laisser un audit le découvrir dans deux ans.

Depuis Juillet, dans la guerre qui déchire ce pays, les batteries antiaériennes restées loyales se révèlent saturables avec une facilité déconcertante. Le problème n'est ni la portée, ni la précision, qui sont conformes à ce que les fiches promettent: le problème est le nombre de cibles traitables simultanément et la profondeur des stocks. Une batterie qui tient seize engagements et qui dispose de quarante-huit coups est mise hors jeu par une attaque quantitativement médiocre mais coordonnée, et j'ai vu cela se produire assez de fois cet été pour ne plus considérer qu'il s'agit d'accidents. Nos adversaires intérieurs n'ont ni la doctrine, ni les moyens, ni la coordination de la Loduarie, et il leur a suffit d'envoyer un peu plus d'objets en l'air qu'une batterie n'en peut traiter, ce qui est à la portée de n'importe qui et ce qui le restera.

J'en tire la conséquence qui structure tout le programme que j'ouvre: la performance unitaire ne sert à rien si la quantité ne suit pas. Un système deux fois meilleur et deux fois moins nombreux est un système deux fois pire. Ce n'est pas une opinion d'artilleur, c'est de l'arithmétique, et c'est la raison pour laquelle l'article trois qui suit ne sera négociable ni devant moi, ni devant mon successeur.

III. Les articles

Article premier. Le système traitera en priorité les missiles de croisière et les vecteurs balistiques de théâtre, et en second lieu les aéronefs habités. Les cibles légères, drones et munitions rôdeuses, sont explicitement reléguées au second plan: elles ne dimensionneront rien, elles ne justifieront aucun compromis, ni de conception ni de calendrier, et aucune fiche de ce programme ne sera écrite pour elles. Nous ne sommes pas morts d'un drone le 11 Septembre.

Article deux. La mobilité est absolue. Aucun élément du système ne sera fixe, pas un radar, pas un poste de commandement, pas un dépôt de rechargement. Tout doit tirer puis disparaître. Nous avons perdu les sites du nord en une nuit parceque l'adversaire savait où ils étaient depuis des années, et je ne veux plus jamais qu'un officier ait à défendre une position dont les coordonnées figurent dans un dossier étranger depuis une décennie. J'ajoute, pour couper court au débat qui ne manquera pas de venir: un abri durci n'est pas une réponse. Un abri durci est un site fixe auquel on a ajouté du béton, et le 11 Septembre a démontré qu'on le sature de la même façon, en un peu plus cher.

Article trois. La quantité prime sur la performance unitaire. Le nombre d'engagements simultanés et la profondeur des stocks sont les deux grandeurs de dimensionnement du programme, avant la portée et avant la précision. Je ne fixe pas de cible de parc dans le présent texte parceque je serais incapable de la justifier aujourd'hui, mais je pose dès à présent qu'elle se comptera en centaines de batteries par pays et non en dizaines, et que tout choix technique qui rend le système plus difficile à produire en série sera écarté quand bien même il le rendrait meilleur.

Article quatre. L'échéance est de vingt-sept mois. L'admission au service est exigée avant la fin de Janvier 2021. Cet article est celui qui expliquera tous les compromis techniques du programme, et je l'écris en sachant très précisement ce que je fais: je demande à deux industries de faire en vingt-sept mois ce qui s'en fait normalement soixante. Je n'ignore pas non plus ce qu'un tel délai coûte en qualité, en argent et en gens, et je considère que le pays n'a pas les moyens de s'offrir le délai raisonnable, ce qui n'est pas la même chose que de prétendre que le délai raisonnable n'existe pas.

Article cinq. La prise de risque est assumée, et elle est assumée par écrit, par moi, et à cette date. Les phases de développement, d'essai et d'intégration se recouvriront au lieu de se succéder. Nous commencerons à fabriquer avant d'avoir fini de qualifier. Nous accepterons des retouches tardives et coûteuses que la prudence ordinaire aurait évitées, voir des reprises complètes de sous-ensembles déjà produits. Je sais ce que cela produira: il y aura une crise technique, elle coûtera des mois et de l'argent, et le jour où elle arrivera personne ne pourra dire qu'elle n'avait pas été prévue, parceque je la prévois ici, à la ligne que vous êtes en train de lire.

Article six. Le partenariat kartien est de droit. La République Fédérale Kartienne est associée à parité dès l'ouverture, sans consultation industrielle préalable et sans procédure de mise en concurrence, et je ne demanderai aucune dérogation pour cela: je l'écris ici pour qu'on n'ait pas à l'inventer plus tard. La parité s'entend en valeur ajoutée, elle sera constatée chaque année par un audit conjoint, et je tolère un écart de quatre points en faveur de l'un ou de l'autre. Au delà de quatre points, le comité directeur rééquilibre. Le comité directeur comptera quatre membres de chaque pays et décidera à l'unanimité, ce qui bloquera autant qu'il tranchera, et c'est exactement ce que je veux: un programme que l'un des deux peut arrêter est un programme dont aucun des deux n'a peur.

Article sept. Aucune dépendance hors des deux pays. Aucun sous-ensemble fonctionnel, aucun composant critique, aucune chaîne de production essentielle ne relèvera d'un tiers, fût-il ami. Je sais que cet article est le plus difficile des neuf et je le maintiens quand même, parceque un programme qui ne se fixe pas cette règle au premier jour ne se la fixera jamais.

Article huit. La formation des servants est un livrable du programme et non une conséquence. Un système dont les servants apprennent sur le tas en temps de guerre est un système qu'on a payé deux fois, et la nuit du 11 Septembre a coûté assez de servants bien formés pour que je n'aie pas à développer ce point. Une école commune sera ouverte, elle formera dans les deux langues, elle formera avant la première livraison et non après, et son effectif de sortie sera un indicateur suivi par le comité directeur au même titre que la cadence de production.

Article neuf. Le logiciel de conduite de tir, le réseau et les clés restent antariens et sont livrés scellés. Je précise, et je tiens à ce que ce soit consigné exactement ainsi: cette clause ne vient pas de Margaux. Elle a été proposée par Volkingrad, pour éviter de dupliquer une compétence rare, et je la reprends telle qu'elle m'a été transmise. Je note qu'il est plus facile de travailler avec un partenaire qui vous propose lui même de ne pas faire ce qu'il ne sait pas faire, et je note aussi que nous devrons, tôt ou tard, rendre la pareille.

IV. En dernier lieu

Ce dernier paragraphe n'engage que moi.

Je commande une armée qui se bat contre son propre pays, dans une guerre dont je ne connais pas l'issue, et j'ouvre aujourd'hui un programme d'armement de vingt-sept mois avec un partenaire étranger, ce qui suppose que ce pays existe encore en Janvier 2021 et que je sois encore là pour en répondre. Ni l'un ni l'autre n'est acquis. On me le fera remarquer, et on aura raison. Je réponds d'avance et une seule fois: un Etat qui attend d'être sûr de durer pour préparer sa défense est un Etat qui a d'ors et déjà décidé de ne pas durer.

Je le fait quand même, pour une raison simple: le 11 Septembre, pendant six heures, nous avons été un pays sans ciel. Tout ce qui s'est décidé cette nuit là s'est décidé au dessus de nos têtes, sans nous, et la seule chose qui l'a arrêté est venue de chez vous. Je ne demande pas que cela ne se reproduise pas, personne ne peut le promettre. Je demande que la prochaine fois, nous soyons dans l'affaire.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.


Nörä Köwnatör
Commandante des armées de Corvus
Margaux
1478
Tiens tiens tiens.
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Un point là, camarade commandant.

J'ai le visuel. Bien, fait remonter au groupe radio d'envoyer les coordonnées à l'État-Major.

Reçu camarade commandant.

Parfait.

Ainsi donc un sous marin étranger avait fait son apparition au niveau du blocus Loduarien. Oh, ce n'était pas un problème. Cela pouvait être un sous-marin Antarien, et dans ce cas, des ordres clairs étaient donnés. Pas de contact à initier, laisser le passer, ce n'est lui la menace. Pour le reste, par contre...
Les ordres étaient différents.

L'information remonta la chaîne de commandement tandis que les analystes au sonar du navire de guerre Loduarien procédaient à diverses vérifications. Et, après un long travail, tandis que les ordres redescendaient, une conclusion fut faite : ce n'était pas la première fois qu'une signature sonar détectée par la Loduarie avait cette similitude. La dernière fois, c'était le 11 septembre 2018, à 20 kilomètres au dessus de Doline.
Les comptes rendus remontèrent aussitôt. Cette fois-ci, les ordres descendirent rapidement. Instruction : localisez le, suivez le.

Plus loin, très loin d'ici, un autre sous-marin se détourna de sa trajectoire. Le seul et l'unique, qui officiellement, n'avait jamais existé. Et n'existait pas.

Le sous-marin supposément Kartien put passer, les Loduariens le laissèrent agir ainsi.
Mais pour le retour, il serait désormais un peu moins solitaire et secret.

Ma propre gueule a écrit :Karty envoie un sous marin en Antares, donc passe par des mers pleinement contrôlés par la Loduarie. Quand le sous-marin fera demi-tour, il sera suivi par un destroyeur Loduarien et un sous-marin Loduarien (officiellement n'existant pas).
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