
Marcello Randello, chef des Muscadins, formation violente aux aspirations clairement racialistes et totalistes au sein de l'OlivierComme tous les mardis, Marcello Randello se rend au troquet messaliote typique "Le Bastion", dans le 5ème Arrondissement de Messalie. Une cantine gueularde où se retrouve tous les larrons à la complexion claire du centre de la capitale, et où il est de notoriété publique que l'on peut parler de tout sans craintes de répercussions.
Sauf s'il est question de Socialisme ou de Mondialisme. Là, on est plutôt parti pour une partie endiablée de chat à la barre à mines :
Si vous êtes touché, vous perdez votre genou.
Et au Bastion, comme il était d'ordinaire les mardis, dans une faune clairement acquise aux idées les plus maximalistes de l'Olivier, on refaisait le Monde. On refaisait le Monde, et même si l'on suivait les directives du Mouvement et que l'on avait retiré les portraits souriants aux côtés d'habitués de Régis Tomaso ou de Lisandru Colonna (ça faisait mauvais genre), on en oubliait pas moins ses racines.
Aux contraire de certaines "fiottes" au pouvoir. A commencer par ce Robert Taro, récupéré pour ne pas trop faire jaser les populations les plus frileuses à l'Olivier au sein de la capitale. Un Crétin-Démocrate, ça faisait bon genre pour les types qui allaient à l'Eglise le dimanche mais qui n'étaient pas encore totalement sûrs qu'il fallait exploser la gueule des métèques qui se pointaient pour racheter le pays rubis sur l'ongle ; ou pour pendre par les tripes la mère Wattreau, que l'on s'imaginait à l'envie en train d'avaler de l'organe afaréen, paltoleucien ou nazumi (avec des baguettes et en plissant, préférait-on préciser). La mère Wattreau, la personnification de tous les problèmes : parce que c'était la Loi, le problème. Figée, fixée, immuable.
Le pays devait avancer. Le pays devait vivre. Le pays devait être le peuple. Le peuple devait être messaliote. Le Messaliote devait être pur de corps et d'esprit.
Enfin, ce n'était pas vraiment le sujet. Le sujet, c'était plutôt les nouveaux-venus. Les étrangers d'Eurysie de l'Est. Des slaves, encore. Des sous-races. Des sous-races trop pauvres pour s'acheter quoique ce soit en Messalie, et donc pour être un problème. Pas là. Il paraît qu'ils s'étaient acheté un journal. Qu'on était en train de discuter de son ouverture plus ou moins officielle. Que le Directeur de l'Intérieur avait tenté d'agir contre, que ça n'avait pas marché.
C'était l'une des rares fois que l'on exprimait autre chose que des quolibets, des noms d'oiseaux ou des sous-entendus clairement insultants à l'égard d'un membre du Directoire. Ca ne durerait pas.
On discutait aussi que Taro, le fébrile, refusait de bouger contre. il avait peur des conséquences.
Les Muscadins, eux, n'avaient pas peur. Les Muscadins étaient des hommes d'action, comme se devait de l'être un Messaliote, un vrai.
Les Muscadins étaient prêts à agir. Ils étaient prêts à agir fortement, à agir violemment. Ils étaient prêts à opérer le mal avant qu'il ne gangrène définitivement une société messaliote déjà trop affaiblie par ses conflits internes ... Et par, du reste, son propre crime organisé.
"
D'où est-ce qu'ils sortent ? " demande Randello, au détour d'une conversation.
" Boryaska. un trou à rats qui change de gouvernement comme de chemise. ""
Comme toute l'Eurysie de l'Est. "
" Ouais, mais le truc, c'est que contrairement aux autres, ils viennent ici et ils cassent la gueule aux nôtres. ""
Aux nôtres ? "
" Un type qui braquait une vieille. ""
Une merde. Bon débarras. "
" Ils lui ont dit que le deuxième arrondissement était à eux. ""
Un chevalier. Putain, les pires. "
" Les pires, ouais. "Marcello Randello soupire, la cigarette la au bec en dépit de l'interdiction notoire de fumer en intérieur. C'était donner l'ambiance du lieu.
"
Réunis les hommes. On peut pas laisser ça. "
" Marcello ... Tu sais ce que Toto a dit ... ""
J'emmerde Toto. Depuis qu'il met des costards, il oublie d'où il vient. Laisse-le se branler sur le Directoire, nous, on est là pour sauver le pays. "
Effet :
- Gaël Shelv et les immigrés du Boryaska ont attiré l'attention des Muscadins, l'un des groupes les plus volatiles appartenant à la mouvance de l'Olivier. Ces derniers préparent une descente.
- Les Muscadins n'ont globalement rien à faire des directives de l'Olivier sur la paix sociale dans l'attente des élections. Quand ils sont provoqués à domicile, ils cherchent à répliquer.