26/09/2020
17:39:27
Index du forum Continents Eurysie Carnavale

Casse investigation - Page 9

Voir fiche pays Voir sur la carte
8478

CARNAVALE INTERNATIONALE
12/05/2020


De la résilience carnavalaise et du lent pourrissement de l'OND

De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen


Guerre à Carnavale : le cas d'école qui rebat les cartes de la stratégie militaire

C'est un paradoxe ne manque pas de piquant : après trois ans de siège de la Cité noire, alors que tous prédisaient son effondrement rapide, Carnavale se porte mieux que jamais, ayant presque triplé son PIB et recouvré la totalité de ses forces armées (avec en bonus quelques déserteurs sylvois). L'OND, en revanche, connait la pire crise de son histoire. Après l'effondrement rapide de Caratrad, connu pour être, avec le Faravan, l'un des deux faucons de l'organisation, c'est au tour du duché de Sylva, membre fondateur et seconde économie de l'OND, de s'écrouler sur lui-même, rongé par trois ans de guerre. Comment expliquer que ce soit l'assiégeant qui s'effondre, tandis que l'assiégé prospère ? Il y a là comme un contre-sens à toutes les lois connues de la guerre. Mais c'est qu'une guerre Carnavale ne se mène pas comme les autres et que le sol carnavalais est toxique pour les envahisseurs mal préparés. Cela mérite quelques explications.

Perçons l’abcès sans délais : une guerre ne se gagne pas par la force des armes. Oh les armes sont nécessaires, bien sûr, et il faut des hommes pour tenir les fusils (votre serviteur en profite d'ailleurs pour saluer l'héroïsme des milices carnavalaises qui chaque jour protègent la veuve et l'orphelin de la barbarie étrangère), il faut des armes et des armées, ne serait-ce que parce que cela se vend. Mais ce n'est pas tout ! La guerre se gagne d'abord et avant tout par la résilience des populations. Or en la matière, Carnavale ne connait pas d'égale. La Cité noire pourrait être rasée en totalité que resurgirait de ses égouts des hommes et des femmes prêts à rebâtir à partir des ruines une nouvelle ville, plus florissante et prestigieuse encore. Le Chaos et plus récemment encore l'Armageddon't ont démontré ce théorème qui semble se confirmer une fois de plus pendant la guerre actuelle. Les états-majors qui comptent trop sur la force de leurs armées se trouvent démunis dès lors que, plutôt que de se soumettre, la population d'en face se rebiffe et rend coup pour coup. Dès lors, ce qui devait être une guerre fulgurante devient un bourbier dont personne ne sort grandi.

Car les chiffres ne mentent pas : les derniers sondages d'opinions, réalisés par des organismes indépendants, montrent que les Carnavalais sont de plus en plus enthousiastes et croient à la victoire. Du côté de l'OND au contraire le moral chute en flèche, au point que deux nations se sont écroulées sur elles-mêmes. Caratrad la première et plus récemment le Duché de Sylva, dont la désertion des officiers ayant pénétré dans la Cité noire aura convaincu le pays de lâcher l'affaire. Si on ne sait pas encore ce qui a lâché en premier (économie ? coup d'Etat ? retrait progressif de la scène politique internationale comme cela arrive parfois), le Duché de Sylva donnait depuis plus d'un an des signes de ralentissement et de fragilité intérieure qui avait laisser présager cette funeste conclusion.

Il n'est pas toujours aisé de savoir ce qui préside à la chute des nations mais la résilience nationale est l'un des facteurs les plus importants. Bien peu de pays savent encaisser les conséquences d'une défaite militaire. La Loduarie en est l'exemple le plus récent, après avoir échoué à envahir l'Antares, le pays connut d'importants troubles internes menant à son effondrement. Le bilan est comparable en Sylva et à Caratrad où les déboires répétés de l'armée de l'OND sur le terrain auront eu raison de la ferveur de guerre des populations et poussé les états-majors à reconsidérer leur engagement à Carnavale. S'il faudra certainement compter avec les restes de l'armée sylvoise sur le sol carnavalais, tout comme l'agent GILGAMESH a neutralisé des soldats caratradais même après l'effondrement de leur nation, c'est malgré tout un envahisseur de moins pour la Cité noire qui, de ce point de vue, peut se féliciter de sa bonne fortune.

Bien sûr il existe quelques âmes romantiques qui auraient trouvé appréciable de rencontrer en Sylva un adversaire honorable, mais le ralentissement progressif du Duché au fil du temps aura empêché les manœuvres les plus ambitieuses et il n'y a guère d'intérêt à affronter une armée déprimée et fantomatique. L'officier Beaugalond et ses hommes, qui composent désormais la totalité de l'état-major sylvois encore actif, expliquaient ainsi que l'apathie de leur nation de naissance, comparée au dynamisme carnavalais, a contribué à leur désertion. Les signaux étaient donc là pour qui savait les lire. Saluons un adversaire qui n'aura pas démérité. Mais l'analyse politique se doit d'aller un peu plus loin que de simplement constater ce qui saute aux yeux.

Effondrement sylvois, hommage et clefs d'explication

Ce qui a manqué au Sylvois est exactement ce dont Carnavale déborde : de rage de vivre. Il n'y a en effet pas grand chose de comparable entre le climat doux et les forêts généreuses du Paltoterra, où l'on dort dans des hamacs et où on mange des fruits en buvant du rhum, et les faubourgs obscurs de Carnavale où, au contraire, la vie est dure et courte. Tout y encourage à la grandeur et à l'ambition car tout est possible, à condition de s'en donner les moyens. La Cité noire constitue de ce point de vue le laboratoire de l'imaginaire et propice aux grands hommes qui, comme chacun sait, font l'histoire.

Le Duché de Sylva, à l'inverse, n'était que douceur et paisibilité. Des voisins sympathiques, des alliances solides, autant dire que rien n'inquiétait réellement les Sylvois. Il faut leur reconnaitre, les pays de l'OND sont passés maîtres dans l'art de produire des petits paradis administratifs. Or c'est précisément ce qui semble aujourd'hui les conduire à leur perte : les gouvernements indolents avaient promis à leurs administrés des victoires rapides et une guerre juste. Ils cumulent aujourd'hui les défaites lentes et une guerre sale. Les populations de l'OND, habituées au confort d'une vie sans histoire ne supportent pas toujours d'être jetées dans le grand bain. Carnavale est un baptême du feu et si certains, comme l'Empire du Nord, font preuve de résilience et s'endurcissent, d'autres nations ne tiennent pas le choc et s'effondrent ou se murent dans l'apathie politique.

Caratrad, puis Sylva, mais que dire de Tanska et des autres ? Les sociétés civiles des nations de l'OND semblent, pour beaucoup d'entre elles, prises de stupeur face à la brutalité du monde et aux horreurs de la guerre. Ce sont "les doux enfants de l'été" pour reprendre l'expression, aujourd'hui perdus et effarés dans les brumes toxiques de la Cité noire. Les Carnavalais à l'inverse sont habitués aux désastres. Mieux : ils en font leur force, s'en nourrissent et en sortent grandis. Carnavale ne sera jamais une nation molle et repue, comme peuvent l'être les pays de l'OND, il y a dans ces rues une rage intense qui n'est pas prêt de s'éteindre, quelle que soit l'issue de cette guerre. Le paradis moral que cherche à bâtir la coalition et ses alliés est précisément le piège qui scellera sa perte : il y a des gens dans ce bas monde qui ne se contenteront jamais d'une vie paresseuse et cherchent avec hargne et détermination tous les brins de grandeur à leur portée. Ils les arrachent avec les dents ou produisent le chaos nécessaire à leur apparition. Non, les peuples du monde ne seront jamais un grand troupeau indolent, réglant ses affaires par la diplomatie et s'enivrant de rhum et de papaye. Si les agneaux peuvent bien s'unir pour résister face au loup, force est de constater qu'un mur de laine est un piètre mur.

La guerre que l'OND ne peut pas gagner

J'avais déjà, dans de précédents articles, exploré les impossibilités de certaines ambitions en matière de géopolitique. Je pense en effet que nous ne réunirons jamais la communauté internationale autour de lois et de règles. D'une part car certains puissants pays s'y opposent, et Carnavale est du lot, d'autre part car il y a chez les peuples une soif d'action et de distinction qui les empêchent de se condamner à n'être qu'un vote, un discours, un débat civilisé pour régler leurs affaires. Face au sentiment d'injustice, à l'ambition dévorante d'une poignée, face à la soif de terres, de progrès, de conquête, les lois internationales seront un tigre de papier. Au mieux instrumentalisées par quelques lobbys efficaces, au pire déchirées à la première occasion.

Cette analyse vaut pour Carnavale elle même, dans une autre mesure. L'OND ne peut pas gagner la guerre car ses ambitions pour la Cité noire entrent en profonde contradiction avec la puissance vitale des Carnavalais. Élections subverties, institutions parodiées, l'originalité partout, l'ordre nul part, même si l'OND envahissait finalement la Cité noire et y imposait un souverain tyrannique, ou une démocratie éclairée, celle-ci s'effondrerait aussitôt, dévorée par les énergies qui parcourent la ville et ne sauraient se contenter d'une résolution aussi médiocre. L'OND ne peut gagner cette guerre car elle n'a pas l'imagination pour. La chute de Caratrad et de Sylva en fait la triste démonstration : il y avait, ô, tant à faire, tant à proposer. Mais certaines nations préfèrent l'effondrement interne plutôt que la conflictualité or Carnavale n'a que du conflit à proposer. La Cité noire est une bête furieuse jamais rassasiée, elle dévorera tout ce qui l'approche de trop près, et quand elle en aura fini, elle se dévorera elle même.

Il est un adage populaire par lequel je conclurai : "Seule Carnavale peut vaincre Carnavale". Cela n'a jamais été aussi vrai. Les conclusions d'un conflit seront nécessairement un pas de côté des attentes de ses protagonistes. Reste deux choix : l'accepter et faire avec pour y prendre son plaisir, ou le refuser et s'enterrer dans la frustration, jusqu'à en mourir.

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Pénurie de rhum sylvois
Essayez sa contre-façon "c'est presqu'aussi bon !"


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
7630

CARNAVALE INTERNATIONALE
24/07/2020


Prométhéisme : Carnavale a-t-elle enfin trouvé son soft power ?

Prométhéisme : Carnavale a-t-elle enfin trouvé son soft power ?


Imaginez aller expliquer à un habitant des années 2000 que la Principauté de Carnavale est devenue un pôle majeure d'inspiration culturelle et idéologique à l'internationale. Cet habitant vous regarderait assurément avec des yeux effarés. Il faut dire que, longtemps, le modèle politique et scientifique de la Cité noire a été perçu comme une aberration, une anomalie destinée à s'effondrer ou être ignorée, seulement reconnue et commentée pour ses outrances et ses bizarreries. Pourtant, il semblerait bien que, pas à pas, la vision carnavalaise fasse son chemin hors dehors de ses frontières. Derrière l'apparente couche d'absurdités se cache une vision de la société et des hommes qui les composent plus structurée qu'il n'y paraissait au premier abord.

Au point de séduire les opinions, y compris chez ses adversaires historiques ? C'est ce qui semble bien, à regarder l'actualité de ce mois de juillet 2020. Les signaux faibles nous parviennent du monde entier, du Grand Kah au Califat d'Azur, l'idéologie prométhéenne fait son chemin et séduit de plus en plus à l'intérieur d'un paysage politique pourtant hostile au capitalisme débridé carnavalais. Je l'écris comme je le pense, il suffira qu'un ou deux pays nous suivent et c'est le monde entier qui basculera. Que valent les grands théorèmes politiques face à l'implacable amoralisme du progrès scientifique et technique ? Les curés de l'idéologie parleront encore de modes de production, distinguerons les usages, critiqueront l'accaparement ou l'instrumentalisation des découvertes, diront, "il faut breveter" ou bien "il faut démocratiser", mais qu'importe ? Car l'éventail des nations est suffisamment vaste pour permettre aux multiples visages de la science de s'exprimer côte à côte et non en concurrence.

Disons le : l'usage scientifique s'impose. Une invention, lorsqu'elle sort de sa boîte, ne peut y être remise. Voilà ce que craignent les amoureux de l'ordre et du contrôle : ils ont peur que le diable sorte et que soudain tout leur échappe. Imaginez demain pouvoir produire de la nourriture à moindre frais, ou de l'énergie propre et gratuite. Soudain, c'est toute un pan de l'industrie mondiale qui s'effondre, avec ses réseaux et ses manigances. Ce sont des dynasties, des régimes qui trébuchent. Les nations ont peur pour leurs fondations qu'elles savent poreuses. Les traditions tremblent, les prêtres crient à l'hérésie, le tissu social frémit car ils sont à une invention décisive, à une révolution scientifique, que toutes leurs certitudes meurent.

Là pourtant est la force du prométhéisme. Car contrairement aux expériences socialistes, aux révolutions humanistes, le progrès scientifique, lui, ne peut être étouffé dans le sang. Découvrez le moteur à eau, tuez tous ses inventeurs, camouflez le projet et voilà qu'il renait ailleurs et la société qui, par peur de perdre son monopole sur les énergies fossiles s'est privée d'une telle technologie, se trouve soudain dépassée par les autres. Le prométhéisme ne promet aucun lendemains qui chantent, ce que fera l'humanité du progrès technique n'appartient qu'à elle. Notre seul devoir, notre unique mission est de faire advenir ce progrès et de le lancer entre les jambes de nos détracteurs à la façon d'une grenade dégoupillée. Carnavale a ouvert une brèche en tuant par milliers ses ennemis grâce aux armes chimiques. Le clan Obéron a perforé les esprits étroits en façonnant la CRAMOISIE© à son image. Les Dalyoha bousculent les certitudes des Églises et des curés de toute obédience en réalisant ce que leurs cultes avaient déclaré impossible. La preuve par le fait, voici la cinglante efficacité du prométhéisme.

Que dire cependant de ses échecs ? Qu'en bon scientifique, ils ne sont qu'une marche de plus vers ses succès. Le champ des possibles et de l'imagination humaine ne connait aucune limite physique, tenter et échouer, c'est malgré tout tenter. Les trains peuvent cesser de rouler, les réacteurs nucléaires exploser et les plantes OGM dépérir, nous n'aurons jamais perdu que de l'argent et qu'est-ce que l'argent sinon quelques morceaux de papier. Parce que l'avion supersonique n'a pas été rentable l'humanité est-elle retournée au voyage à cheval ? Certainement pas, elle a simplement concentré ses efforts sur des projets avec davantage de chances de réussite et ainsi, a progressé dans sa quête de nouvelles découvertes.

Les succès militaires carnavalais ne sont assurément pas pour rien dans le succès du promothéisme à l'étranger. Ce qui marche s'impose, ce qui échoue disparait, l'OND est arrivé à Carnavale forte de sa supériorité militaire et qu'en est-il aujourd'hui ? L'invasion de la péninsule a largement tourné au fiasco, grâce à qui ? grâce à quoi ? Laissons aux historiens militaires le soin de démêler le vrai du roman national mais reste que plusieurs des succès rencontrés par l'armée carnavalaise sont imputables aux nouvelles technologies et aux stratégies innovantes qui vont avec. Usage de drones, de bombes incendiaires et surtout d'agents chimiques et biologiques contre l'ennemi sont autant de techniques largement sous-estimées par l'adversaire et qui n'auraient pas été possibles dans un pays à la doctrine militaire plus conventionnelle.

Le prométhéisme a-t-il sauvé Carnavale ? Force est de le constater : c'est en pensant "out of the box" comme disent les Achosiens, que la Cité noire est parvenue à retourner l'issue d'une guerre qu'on lui disait perdue d'avance. Car la technique et les innovations scientifiques ne sont pas que des gains de productivité : elles élargissent littéralement le champ des possibles, rendant praticables des chemins qui hier encore n'étaient même pas envisagés. C'est la grande force de la science pour la science, loin de l'épuiser, elle complexifie en permanence le réel et donc les opportunités de celui-ci. Dans un monde capitaliste, ce sont de nouveaux marchés pour les entreprises, mais une sociétés communaliste comme le Grand Kah y verra des outils pour émanciper l'individu quand une théologie comme l'Azur affinera sa compréhension de Dieu. Chacun trouve midi à sa porte grâce au prométhéisme, d'où ce potentiel de s'imposer comme l'idéologie dominante du XXIème siècle.

La Principauté de Carnavale tient-elle sa chance ? Pionnière de l'amoralisme scientifique, elle est le seul pays contemporain à avoir misé sur la recherche scientifique à des échelles aussi ambitieuses. Transformer des millions de ses citoyens en cobayes, terraformer des morceaux de planète pour y développer un écosystème sur mesures sont autant de choix, décriés à l'international, mais précieux pour la recherche scientifique mondiale. Comme le disait Jacinthe Gerbedorée, chercheuse en ingénieure génique à Grand Hôpital, "Ceux qui nous conspuent aujourd'hui utiliseront nos découvertes demain. On peut maudire les Laboratoires d'avoir expérimenté leurs antibiotiques sur des enfants pauvres, mais un malade refusera-t-il de se soigner parce que son médicament n'a pas été découvert de façon éthique ? J'en doute." La Principauté a pour elle d'avoir eu raison avant tout le monde. Cela peut agacer nos adversaires mais le fait est là : chaque découverte, chaque invention que fait Carnavale profite en fin de compte à l'humanité toute entière. Soit parce que ses brevets finissent par être ouverts à la concurrence, soit parce que le progrès encourage le progrès et stimule l'imagination et donc la recherche.

Ce que fait Carnavale, c'est ouvrir le champ des possibles. Tout comme le grand canal jashurien inspira les ingénieurs de la Kabalie rouge, le développement et l'utilisation des armes biologiques à Carnavale aura certainement motivé l'ouverture des laboratoires secrets du Faravan. De même, l'Azur aurait-elle lancé son projet de zeppelin si le conglomérat Robespaul n'avait pas, le premier, ouvert la voie à cette technologie en prouvant son utilité ? Une découverte appelle à une réponse de la concurrence, chacun veut être le premier sur telle ou telle technologie afin d'en tirer avantage, mais cet avantage s'efface rapidement et alors il faut sans cesse continuer à rechercher et découvrir. C'est un cycle vertueux, alimenté par la curiosité des scientifiques et par la cupidité des Etats. Personne ne veut être à la traine, si quelqu'un démarre la course, tout le monde s'engage derrière lui. La mission de Carnavale est de lancer un maximum de courses. Les mieux placés seront ceux qui comprendront les premiers quelle est la dynamique du XXIème siècle. Non pas la victoire militaire, non pas la victoire idéologique, ou économiques, celles-ci sont impossibles, mais la course sans fin à l'innovation.

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Robotisation massive de la société corvienne
Robotic & Toc se dit intéressé par acquérir des parts de marché


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
4193
CARNAVALE MATIN

Coup de théâtre : Ludivine Enfant refuse le titre de Papesse noire
13/08/20209
Coup de théâtre : Ludivine Enfant refuse le titre de Papesse noire

C’est un retournement de situation qu’on n’avait pas vu venir. Traditionnellement, les cardinaux carnavalais qui tentent de conquérir le trône de Saint Pierre et échouent sont symboliquement débauchés par la noire Eglise qui leur offre le titre de Pape noir. Ce fut le cas de Gilbert Camélia puis de Bartholoméon de Petipont. Exception notable, celle de Fulbertrand Bienheureux, plus connu sous le nom de Justin 1er, l’IA qu’IA tout pour plaire ! devenue lumière informatique pour les croyants avant d’atteindre la singularité. On s’attendait à assister à l’intronisation de Ludivine Enfant dans l’une des églises luciférienne de Carnavale, mais contre toute attente, cette dernière a refusé la charge au nom de sa foi.

« Le luciférisme est devenu un athéisme militant et prométhéen, pour ma part je choisis de continuer à marcher dans les pas du Christ. » annonça-t-elle dans son homélie dominicale. Une décision saluée par la communauté catholane carnavalaise, diminuée depuis l’Armageddon’t et le suicide massif de ses fidèles. L’église de Carnavale, qui a toujours fait bande à part de la Catholagne mais sans jamais céder franchement à l’hérésie, se cherche de nouvelles figures d’autorité. Structurée par un racisme théorisé, il y a peu de chance qu’un Pape non francophone et non originaire de la péninsule trouve grand écho au sein de la Principauté. Les catholans semblent davantage disposés à écouter une personnalité du cru, fut-elle femme et trans.

Ludivine Enfant, alias Marie 1ère, aura grand à faire pour réorganiser la communauté catholane carnavalaise. Outre les destructions matérielles des églises et du patrimoine religieux, dont la réparation se chiffre en millions de Chèques Carnavalais, c’est une crise de la foi généralisée qui hante la Principauté. Car après l’apogée du millénarisme catholan, qui a tout de même poussé la noblesse et une partie de la population à se massacrer dans le but de provoquer la fin du monde, les catholans se sont retrouvés un peu perdus quant à la façon de vivre leur foi.

Travaillés aux corps par de nouvelles idéologies, du technosolutionniste au transhumanisme athée, on a également vu de nouvelles sectes apparaitre, notamment dévouée au culte des Jardins Botaniques. Le nombre de catholans pratiquant (car rappelons que la Principauté est 100% baptisée grâce aux politiques d’épandage d’eau bénite pratiqué régulièrement par canadair) a drastiquement diminué et les églises qui n’ont pas été démolies ou brûlées pendant et après l’Armageddon’t sont toutes à moitié vides.

Dans sa mission, Ludivine Enfant peut heureusement compter sur quelques alliés, et pas des moins influents. Le multimilliardaire Octobre Diabledhomme, patron du conglomérat Métal Hurlant spécialisé dans l’informatique de pointe, s’est lui aussi lancé en croisade pour restaurer la foi catholane à Carnavale. Le quartier des phalanstère, toujours en chantier, prévoit d’abriter plus d’un millions de catholans exilés de Kabalie rouge suite au coup d’Etat luciférien. Mais l’Église de Carnavale peut également compter sur de nombreux mécènes de l’ombre, allant du petit notable de quartier heureux de payer la quête chaque dimanche, au grand financier angoissé pour son âme et dont la charité chrétienne est la façon d’expier ses pêchés et sauver son âme.

Du côté de la noire Église, le Pape noir de Carnavale, Gilbert Camélia, a accepté le choix de Ludivine Enfant, expliquant toutefois regretter « un nouveau coup porté aux traditions carnavalaises, à l’heure où la Principauté a plus que jamais besoin de repères. » Il a également trouvé dommage de passer à côté de l’occasion de sacrer la première Papesse noire de l’histoire, « un grand pas en avant pour le féminisme, le combat du XXIème siècle qui trébuche une fois de plus sur des convictions religieuses archaïques. » Ludivine Enfant lui a de son côté répondu poliment en lui assurant qu’elle prierait pour son âme défroquée.

Le combat de Ludivine Enfant connaitra un tournant important la semaine prochaine. La cardinale rencontrera le reste du collège des cardinaux carnavalais qui devront lui renouveler leur confiance comme cheffesse de l’Église de Carnavale. Une formalité compte-tenu que le collège l’avait déjà désigné pour présenter sa candidature en leur nom au trône de Saint Pierre, et ce malgré ses faibles chances de réussite dès le départ. « Ludivine Enfant est une femme forte de ses convictions et qui mènera la lutte pour nos âmes sans faiblir. Les cardinaux préféreront toujours soutenir le courage à la facilité. Puisse le Seigneur nous montrer la voie. » déclare Monseigneur Théolin Magister.


Un article signé Philippe Pine.

Épargnez vous des années d'errance religieuse
notre comparateur de religion trouve pour vous la foi la plus adaptée à vos besoins

3497
LE BOURSICOTEUR
14/08/2020

Kabalie rouge : la Dalyoha Compagnie signe un chèque de dix milliards de CC


Kabalie rouge : la Dalyoha Compagnie signe un chèque de dix milliards de CC


C’est un signal très positif envoyé aux marchés financiers et aux investisseurs hésitants. A l’heure où certains doutent de la faisabilité des grands projets kabaliens, la Dalyoha Compagnie vient d’annoncer réinvestir dix milliards de Chèques Carnavalais supplémentaires en Afarée. De quoi rassurer sur la bonne santé financière de la République Actionnariale du Désert rouge (RAD) tout en renouvelant la confiance de la Principauté à Balsilek Ishak et au conseil des actionnaires.

Un trait de plume et ça repart ? Est-ce vraiment aussi facile ? Le soutien de la Dalyoha Compagnie ne suffira pas, à lui seul, à téléporter à Salem-Aleykoum les matières premières dont manque aujourd’hui la RAD. Mais l’argent, c’est sa vertu, n’a pas d’odeur et lorsqu’on dispose de suffisamment d’oboles dans son écuelle, il n’est pas grand-chose qu’on ne puisse acheter. Y compris le transport aérien, moyen le plus sûr de livrer dans le désert, ou la loyauté des différentes sociétés écrans qui permettent aujourd’hui de contourner la plupart des sanctions.

Dix milliards de CC ne sauveront pas la Kabalie, mais ils renforcent autant le régime actionnarial que la Dalyoha Compagnie, qui montre ainsi sa puissance financière. Alors que l’action s’est stabilisée ces derniers jours, annonçant un plateau après l’immense emballement suscité par la réussite de l’agent GILGAMESH face à l’OND, la Dalyoha Compagnie s’impose plus que jamais comme un acteur international à part entière.

On s’était habitué à l’idée que le clan Castelage parlait pour Carnavale. La présence dans plusieurs grands évènements de ses diplomates (Yves Saint-Lorenzo pour ne pas le nommer) affichait aux yeux du monde entier qu’Améthyste Castelage était l’interlocutrice incontournable de qui voulait traiter avec la Principauté. En investissant en Kabalie rouge, Blaise Dalyoha rappelle régulièrement que le paysage politique et économique carnavalais n’est pas aussi monolithique qu’on pourrait le croire.

Davantage que le clan Castelage, la Dalyoha Compagnie a beaucoup investi en Afarée. Les projets prométhéens promettent à échéance de quelques décennies un désert de nouveau habitable et même, ambition vertigineuse, transformé en pays de cocagne. Si on ignore exactement quelle vision dantesque habite Blaise Dalyoha et la branche afaréenne des Laboratoires, on sait en tout cas qu’ils sont prêts à y mettre les moyens. C’est d’ailleurs le seul signal dont ont besoin les marchés financiers qui, de toute façon, ne voient jamais plus loin que le bout de leur nez.

10 milliards de Chèque Carnavalais, la somme n’est pas anodine. Elle devrait permettre de financer un centre scientifique supplémentaire et fournir la Kabalie rouge en emplois dans ce secteur. On est cependant loin des 100 milliards réclamés par Balsilek Ishak à ses actionnaires et même si la somme a de quoi impressionner les petits investisseurs, à l’échelle carnavalais elle ne pèse pas très lourd. C’est que le message qu’envoie Blaise Dalyoha est plus calculé qu’il n’en a l’air. Il faut prouver que sa Compagnie dispose d’assez de réserves pour débourser sans sourciller des sommes extravagantes, toute en rassurant sur la rationalité des investissements. Nul doute que la Dalyoha Compagnie pourrait, si elle le voulait, doubler demain le PIB national Kabalien. Mais des investissements trop massifs passeraient pour une fuite en avant et risqueraient d’être interprétés comme un mouvement de panique par les marchés financiers.

10 milliards de Chèques Carnavalais représente donc un investissement mesuré, suffisamment important pour rassurer et encourager les actionnaires à investir, tout en préservant la stabilité de l’action Dalyoha à Carnavale. Le monde de la finance est, décidément, une machine qu’il faut sans cesse dorloter…

Une analyse signée Marc de Café

Blocus et chemise
la filière textile s'implante directement en Kabalie rouge


Prévisions financières, conseils investissements, lecture du marc de café
0
CARNAVALE MATIN

Vers une visite du Pape Stefano III à Carnavale ?
La communauté catholane carnavalaise se réjouit des rumeurs
19/08/2020
Vers du Pape Stefano III à Carnavale ? La communauté catholane carnavalaise se réjouit des rumeurs

Déçue de n’être encore une fois pas parvenu à faire élire son candidat au trône de Saint-Pierre, la communauté catholane carnavalaise a trouvé matière à consolation dans la rumeur d’une possible visite du nouveau Pape à Carnavale. Ce serait une première depuis la catastrophe de la visite en 1865 du Pape Benoit IX, qui avait été assassiné dans son lit par une vipère. On ignore encore à ce jour qui l’avait glissée dans les draps, mais aucun Pape n’avait depuis osé fouler le sol de la Principauté.

Une bonne nouvelle pour Carnavale, donc, qui traverse l’une des pires crises de foi de son histoire depuis l’échec de l’Armageddon’t. Cette nuit sanglante qui a vu s’affronter lucifériens et catholans s’était soldé par des suicides massifs au sein de la communauté des fidèles et avait profondément bouleversé les rapports de forces internes à la Principauté. Autrefois notoirement catholane et dominée par une noblesse pieuse et généreuse avec l’Église, la chute de la maison Obéron a profondément fragilisé la place de la religion dans le paysage politique carnavalais.

Sous l'influence de la Banque Princière Castelage qui a signé des accords avec le Grand Kah, plusieurs lois ont ainsi d'ores et déjà été abolies, notamment celles concernant la pénalisation du blasphème ou la discrimination contre les religions minoritaires. La Principauté s'est laïcisé dès la chute du clan Obéron et de sa noblesse, bras armés de la foi et désormais six pieds sous terre. L'influence des prêtres a également diminué dans la rue, où plusieurs des quartiers sont passés sous le contrôle d'autres acteurs, lucifériens, sectateurs, mafias, ou directement de la police.

Sur les cendres des millénarismes déçus, c’est le luciférisme athée qui s’est imposé comme une alternative pour les peuples en quête de sens. Si la noire Eglise est encore loin de faire l’unanimité, ses succès en Kabalie rouge où elle a pris le pouvoir à la place des colons catholans témoignent cependant d’un mouvement en forte dynamique, notamment au sein des couches les plus populaires de la population.

Face aux promesses du technosolutionnisme et du transhumanisme triomphant, l’Église de Carnavale doit se réinventer. Mais en a-t-elle les ressources ? Et quel chemin prendre ? Entre retour aux sources et fuite en avant, deux chemins se dessinent devant elle, chacun encouragé par différents magnats de l’économie.

Ludivine Enfant, connue pour être la seule femme à avoir été évêque et pour sa radiation de la liste des candidats au trône de Saint Pierre, est le visage d’un culte rajeuni, plus moderne et ambitieux, mais qui ne renonce pas pour autant à ses valeurs. « On peut pleinement embrasser l’essor technologique et social sans pour autant renoncer à marcher dans les pas du Christ » nous dit-elle. « Dieu est de toute éternité, Il est le passé, le présent et l’avenir. Nous ne devons pas craindre le futur car les bouleversement du monde font partie de Son plan. »

Mais si la cardinale a remporté quelques succès auprès de ses pairs, elle ne fait pas pour autant l’unanimité. Des franges plus rigoristes plaident, de leur côté, pour un retour à l’austérité des premiers catholans et interprète l’échec du millénarisme comme dû à un manque de rigueur dans la prière et dans l’ascèse.

Des croyants qui se cherchent… au risque de se perdre. Le retour des religieux les plus intégristes de Kabalie rouge aura aussi contribué à bousculer le tissu social catholan, fait de petites notabilités locales, de cooptation et de services rendus entre fidèles. Ce sont aujourd’hui de vastes masses déracinées et en quête de chefs spirituels qui hantent le quartier des phalanstères, où le milliardaire Octobre Diabledhomme tente de pourvoir à leurs besoins.

La visite d’un Pape, même non-Carnavalais, pourrait être une opportunité pour l’Église à Carnavale de retrouver un nouveau souffle. Nul doute que les prêches trouveront à cette occasion un écho particulier et que chacun y verra un espace pour faire valoir sa vision de la foi et de l’avenir de la religion. Stephano III pourrait-il aider à régler la crise de confiance qui mine la communauté catholane carnavalaise ? Ce serait en tout cas un grand défi, car les religieux carnavalais font partie des groupes les plus intolérants à l’égard de l’étranger. Mais le prestige de la fonction pontifical, lui, est important, et si Carnavale ne règle pas à cette occasion ses questions existentielles, ce sera au moins l’occasion de trinquer autour d’un verre de vin de messe et d’une ostie au camembert.


Un article signé Philippe Pine.

Mieux vaut deux fois qu'une
Rencontrez nos prêtes mixologues pour trouver le syncrétisme qu'il vous faut

1348

L'ACTUALITÉ EN DIRECT
12/09/2020



  • Maladroit !
Il ne voit pas les religions : Alexandrier Arrimage filmé en train de trébucher sur une femme voilée.
  • Attention !
Voyage du Pape à Carnavale : "Il n'a pas intérêt à dénoncer les manipulations génétiques et la gestation pour autrui" mettent en garde plusieurs médecins de Bourg-Léon.
  • Vérifions !
Disparition de la Polkême : ce que ça change pour les complots carnavalais.
  • Choquant ?
Ségolène de Verre regrette qu'il "n'y ait pas davantage d'arabes pour dénoncer le Califat d'Azur." Des propos condamnés par plusieurs leaders politiques sans importance.
  • Bravo !
RALLY révèle des propos antisémites tenus par Blaise Dalyoha dans sa jeunesse. Le cardinal Amédée Froqué l'a officiellement félicité à l'occasion de son sermon de dimanche.
  • Inquiétant !
Inquiétude au sein du clergé suite à la réforme du nombre de cardinaux par pays qui pourrait entrainer des radiations. "Le Pape est à une vipère de changer d'avis" rassure Ludivine Enfant.
  • Dommage !
Réaparation de la Loduarie Communiste. La Dalyoha Compagnie contrainte d'abandonner son projet d'y stocker des déchets plastiques.
  • Encourageant !
Reprise de la croissance en Kabalie rouge : "Ça va bientôt presque commencer à ressembler à un vrai pays !" se félicite la Banque Princière Castelage.
  • Démenti !
Enlisement de la guerre contre l'OND : Carnavale dément toute intention d'ouvrir un second front en Altrecht "pour changer d'air".
  • Félicitations !
Deux buildings de la 7ème avenue accouchent d'un petit bébé building.
Haut de page