21/10/2020
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La Guerre des Ombres / Vöynÿa n Kÿyerneyta - Page 9

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Attentats de Blisonne
17 Janvier 2019

Infiltrés à Blisonne sous couverture depuis plusieurs mois, un petit groupe de quatre commandos de Scorpius, aussi connus sous le nom de la faction de Jade et les détenus évadés, détachés du centre principal après une altercation vielle de plusieurs mois décide de mettre au point une série de deux attentats sur la base avancée de la MIRA dans le centre ville.

Du côté des antariens, Blisonne représente le bastion le plus solide de défense contre Corvus, offrant du support direct à Javellaux et Tableroi et ainsi verrouillant la totalité des avancées au nord les rendant extrêmement coûteuses pour les forces fédérales. La base est protégée par des positions de Défense Contre Aéronefs pour éloigner de possibles bombardements, mais personne ne se doute qu'ici, aussi loin de la ligne de front, un sabotage d'une grande envergure pouvait avoir lieu.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 17 Janvier 2019





Résultat :Drapeau de Scorpius

SCORPIUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

108 MORTS
0 Scorpius / 108 MIRA


Les attentats s'avèrent être un succès retentissant pour Scorpius, qui décide tout d'abord de viser le stockage de munitions et d'explosifs en le faisant sauter à l'aide de cinquante kilogrammes de trinitrotoluène, jetant ainsi aux flammes la seule garantie qui permettait à Blisonne de protéger le front nord et en même temps tuant une grande partie des soldats morts durant l'incident, certains ayant péri dans les flammes, d'autres ayant été visés par les projectiles alors qu'ils cherchaient à maitriser l'incendie. Des soldats viennent aussi touchés par l'un des quatre membres, tirant au fusil de précision depuis un bâtiment avoisinant, continuant de faire souffrir la base secouée par l'état d'alerte.

Cet événement s'avère être une diversion, puisqu'au même moment deux membres du groupe prennent d'assaut un bâtiment où siégeait Cassandra, agente de la MIRA membre du haut conseil, chargée de la direction du lieu et de l'arrêt des forces du Général de Vitriers dans le nord du pays. Celle-ci est abattue conjointement à sa garde rapprochée, et les renforts venus après avoir entendu les coups de feu malgré la détonation du stock de munitions n'arrivent pas à cerner les assaillants à temps encaissant au contraire des pertes en plus durant la course poursuite.

Du côté de l'ARA, la base est rapidement débordée, le feu est incontrôlable et le manque de directions claires après la mort de la responsable créé une importante panique donnant lieu à des morts supplémentaires au sein de la confusion.

Ainsi, Scorpius exfiltre la ville sans rencontrer de résistance, une victoire absolument décisive et sans accroc qui cimente sa présence au sein de la Guerre des Ombres.


1912
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L'Étrier
19 Janvier 2019

Le renseignement des éclaireurs de hommes du Général de Vitriers remarquent des séquelles dans la région de Blisonne et de Javellaux suite aux attentats portés par Scorpius, les forces de la MIRA semblent se réorganiser sur la frontière voire reculer sur la ligne dans certains endroits. Il ne semble pas s'agir d'un leurre à première vue, ainsi à l'aube du 19 Janvier 2019, le Général décide de faire un pari osé: Partir à la conquête de la région de Javellaux.

La stratégie est simple mais désespérée. Il s'agit de sécuriser la ville le plus rapidement possible et profiter de ravitaillement sur place. En effet, les forces fédérales commençaient à manquer des ressources après leur capture de Séralpine, et leur incapacité à garder le terrain qu'ils avaient allait bientôt les pousser vers le chemin de la retraite. Malgré le fait qu'ils devaient encore attendre l'offensive de Nörä Köwnatör sur Tableroi, ils décident d'aller de l'avant et de profiter de cette déstabilisation apparente des antariens.

Du côté républicain, on ne craint pas une invasion puisque le centre de commandement connaît la fébrilité des forces mises en œuvre dans la région, consistant surtout d'infanterie spécialisée. Ainsi, des points de passages importants comme le domaine skiable de l'Etrier sont peu défendus.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 19 Janvier 2019





Résultat :Drapeau de Corvus

CORVUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

152 MORTS
21 Corvus / 131 MIRA


L'offensive corvienne rencontre très peu de résistance dès l'entrée dans le domaine, les tireurs du Général de Vitriers arrivent rapidement à sécuriser le lieu en perdant que très peu d'hommes de leur côté.

Du côté de l'ARA, les soldats sont pris immédiatement par surprise par l'attaque et décident de battre presque immédiatement en retraite. À court de munitions et sans renforts direct, ils se replient plus loin dans la région derrière des lignes plus fortifiés, abandonnant derrière eux des kilomètres de terrain.

Pour Corvus, c'est le signe que le pari de Vitriers a été un succès jusque là, cette offensive débloque ainsi le front de Séralpine et ouvre la voie pour que les blindés fédéraux puissent pousser plus profondément dans la région.


2167
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Ville de Javellaux
22 Janvier 2019

Après plusieurs jours de petits combats dans le relief des hauts plateaux antariens, repoussant constamment les forces désorganisées de l'ARA, le Général de Vitriers arrive aux portes de Javellaux avec son armée, décidé à sécuriser la ville et cimenter sa position avec le peu d'hommes qu'il a et espérer gratter sur le territoire antarien.

Du côté républicain, l'armée est confiante de son coup puisque leur stratégie initiale, avant l'événement des attentats de Blisonne, aurait été d'attirer les forces fédérales à Javellaux pour les encercler. Ainsi, la ville est pensée pour accueillir des embuscades diverses et variées, et l'artillerie est déjà en position pour bombarder les lieux stratégiques.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 22 Janvier 2019





Résultat :Drapeau de Corvus

CORVUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

3411 MORTS
1873 Corvus / 1538 MIRA


Le combat pour la Ville de Javellaux s'avère être l'un des plus tendus de la Guerre des Ombres jusqu'à présent, alors que les forces corviennes mettent le pied dans un piège certes désorganisé, mais un piège tout de même.

Les renforts venus de Froson s'entrechoquent avec les soldats fédéraux au coeur de la ville, et une multitude de divers combats rapprochés ont lieu tout autour du milieu urbain alors que Vitriers cherche toujours à pousser avec ses hommes. Mais comme si l'artillerie n'était pas déjà assez, les bombardiers antariens font leur arrivée après tout juste une trentaine de minutes de combats, rasant les blindés et l'infanterie de Corvus.

Heureusement, l'aviation corvienne arrive elle aussi à temps, toujours avec le trio icônique ainsi que son avion d'attaque au sol, détruisant le positions d'artillerie pendant que les chasseurs interceptent et neutralisent les bombardiers sur place.

Des renforts devaient arriver de Blisonne pour supporter d'avantage la défense de la ville et faire pencher la balance, mais suite aux attentats, les antariens se retrouvaient à court de solutions dans un piège qui se retournait peu à peu contre eux mêmes.

Malgré le fait que Corvus encaissait de lourdes pertes, aucun ordre de repli est donné et les soldats continuent le combat jusqu'au bout. Enfin, à bout de souffle, la MIRA décide d'abandonner les lieux pour se réfugier dans la campagne de Javellaux, ayant perdu dans le processus des pièces d'artillerie importantes ainsi que de nombreux soldats. Ainsi, contre toute attente, les forces du Général de Vitriers sécurisent Javellaux en profitant de la fébrilité de la base avancée de Blisonne.


19723
[☙] Katäkombÿt
Kapöli V: Vöynÿan Läpsët

Chloé Këülträ

Chloé Këülträ



L'ALMA était toujours aussi charmante durant cette période là de l'année. L'intérieur était chauffé, il y avait des distributions de boissons chaudes dans la Garnison, mais il était tout de même assez simple de trouver de la place assise.

Le meilleur endroit pour avoir quelques heures d'étude productive, du moins selon Chloé, c'était sans aucun doute la salle du Fossé et ses plusieurs étages, décorés de nombreuses tapisseries et une atmosphère silencieuse et sans écho. Contrairement à d'autres salles dans les sous-sols de l'ALMA, il était facile de se rendre compte l'heure de la journée en regardant par la fenêtre, et ainsi faire en sortes de ne pas se faire emporter par la lecture.

La jeune étudiante était là, confortablement assise à l'un bureaux, avec en face d'elle deux carnets de notes et un imposant manuscrit qu'elle avait reçu il y avait quelques mois de cela des mains de Marsile Valéron lui même, les pages jaunies mais toujours aussi soyeuse ainsi que l'encre qui avait pris cette odeur de qui sait quelle cave dans laquelle elle avait parcouru les siècles. C'était une véritable pièce de collection, et pourtant elle le maniait comme si c'était un ouvrage comme un autre, avec un peu plus de caution certainement.

Cela faisait des semaines qu'elle avait quelque peu abandonné le travail de traduction qu'elle avait entrepris pour le saloniste. Ils s'étaient rencontrés quelques fois en effet pour partager de nouvelles trouvailles, mais elle avait atteint un point dans le manuscrit où elle ne lisait rien de réellement palpitant si ce n'était des louanges d'une fortune passée ainsi que tout un discours sur comment le catholicisme a permis de réformer la principauté de Roncevaux.

À ce propos, elle en avait notamment appris beaucoup sur le rôle des noms de famille corvuns avant que la république ne soit proclamée. Jusque là, le peu d'experts sur le sujet y compris elle s'accordaient à dire que les noms les plus récurrents dans les trouvailles archéologiques étaient ceux de nobles ou bien des familles qui dirigeaient les régions auparavant. Mais à mesure qu'elle traduisait, elle se rendait compte qu'il s'agissait en réalité de ce qui était vraisemblablement une erreur de traduction. En effet, la plupart des trouvailles qui mentionnaient des noms étaient écris sous la forme "Prénom" suivi de "De la Dynastie de" et ensuite "Nom de Famille". Mais en réalité, cette théorie ne collait pas à ce qu'elle lisait. Le texte faisait référence à des "amis de dynastie", ou bien des fonctions comme "l'agriculteur de notre dynastie" et même jusqu'au "conseil de la dynastie". Après des jours de réflexion, elle avait émis une nouvelle hypothèse.

Le mot en ancien corvun "Dÿnastÿa" n'avait pas le même sens à l'époque que en français standard. Elle avait notamment lu dans plusieurs dictionnaires de corvun moderne que ce mot pouvait aussi être employé au sens plus large, pour désigner une faction par exemple. Sa réflexion était qu'à l'époque, on appelait "Dynastie" une faction, ou un département compris dans une certaine région plus large, voire complètement détaché et indépendant. Chacune de ces communautés agissaient de leur propre politique, selon les décisions d'une sorte de "conseil dynastique" comme une espèce de forme ancienne de communautarisme ou de parlementarisme qui gouvernait un certain groupement de village. Le nom de famille d'une personne montrait donc son appartenance d'abord, et souvent suivi de son métier ou une caractéristique à lui qu'on appelait le "différentiateur" si deux personnes d'une même dynastie portaient le même prénom.

Elle avait décidé d'élargir ses recherches à ce sujet, découvrant notamment que son nom de famille à elle, Këülträ, était originaire du nord-est de Robaltes, sûrement là où vivaient il y a des siècles les membres de la famille dont elle était issue. Mais sans connaître son différentiateur, si elle en avait un, elle n'allait pas pouvoir remonter à une personne en particulier.

Seulement, se posait la question des principautés. Il y a bien eu trente et unes principautés juste avant que Antares ne devienne une république, donc l'organisation par factions ou par communes a forcément du basculer à un régime monarchique à un moment donné. Sa meilleure interprétation était que l'unification en principautés était une mesure intérimaire pour unifier plusieurs factions d'une certaine région en une seule avant d'unifier à l'échelle plus grande du pays. Après tout, Antares n'avait jamais eu de roi à proprement parler, et malgré le fait qu'on parle de principautés, il n'y avait que peu voire pas de trace de quelconque monarque régnant sur ces régions. Mais comme beaucoup de vestiges de l'époque préantarienne, ceux-ci avaient été enfouis ou détruis suivant l'amnistie générale qui avait été mise en place, toujours sans explication.

De toutes façons, c'est là qu'elle s'était arrêtée. Elle avait pris une longue pause pour profiter d'autres lectures, s'occuper de sa mère, et surtout car Marsile semblait trop occupé pour lui donner de l'attention. Mais avec les nouvelles de cette ethnie corvienne du sud qui s'était développée, et avait secoué Gardevant, son intérêt pour la question avait refait surface.

Alors qu'elle continuait de lire, c'est justement Marsile qui débarqua dans la salle et vint s'approcher d'elle, comme si de rien était, comme s'ils s'étaient vus il y a à peine quelques minutes.

Surprise, Chloé releva sa tête et un sourcil avec, le questionnant dès son arrivée.

"Eh bah ? C'est maintenant que tu te pointes ?"

"Ah, tu étais occupée ?"

"Non, je veux dire... Laisse tomber. Est-ce que ça va ?"

"Ma foi très bien, et toi ? Je vois que tu t'es remise à la traduction."

"C'est un casse-tête infernal, cette langue de merde..."

"Allons, ça ne peut pas être si dur ?"

"C'est juste répétitif..."

"Et pourtant, tu t'y est remise ?"

"Il faut dire que oui..."

"Et tu as trouvé de nouvelles infos ?"

"Depuis celle de la Dynastie ? Pas encore..."

"En tout cas, moi j'ai trouvé quelque chose."

"Ah bon ??"

"Ça va te surprendre pas mal d'ailleurs..."

"Un nouvel ouvrage ?"

"Mieux que ça. Je crois que j'ai trouvé un endroit où on peut trouver des vestiges de Corvus..."

"Un site archéologique ?!"

"Encore mieux. Devine où il se trouve ?"

"On va devoir aller loin ?"

"Non. Sous nos pieds."

Chloé n'en revenait pas. Des vestiges corvuns sous l'ALMA ? Comment est-ce que c'était possible ?

"Tu veux dire... Sous l'ALMA ?"

"Figure toi que oui. Par curiosité, je relisais hier des bouquins d'histoire sur l'ALMA, comme tu le sais peut être ce lieu a été beaucoup de choses avant d'être une bibliothèque. Une mine, une nécropole, une église, un château, bref... Mais j'ai repensé à ce que tu m'avais dit il y a quelques semaines sur ta théorie sur les principautés préantariennes. Si ta théorie est juste, alors cette bâtisse devrait contenir des vestiges corvuns sous ses pieds ! Et devine quoi, j'ai demandé à quelques contacts et apparemment, il y a moyen de se rendre dans les niveaux abandonnés les plus profonds de l'académie."

"Mais attends... C'est pas illégal ?"

"Peut-être. Tu es avec moi de toute façon. Ils traitent les salonistes comme des rois ici, si on y va à deux et on se fait attraper par un vigile il nous dira juste de foutre le camp à mon avis. On ne risque absolument rien."

"Oh putain... Mais c'est génial ! Quand est-ce qu'on compte y aller ?"

"À mon avis, on devrait aller jeter un coup d'œil maintenant, et peut-être revenir demain avec plus de matériel, histoire de prendre nos marques. J'ai aucune idée de ce qui ce situe après un certain niveau, donc on va devoir faire de la reconnaissance."

"Ça marche. C'est par où du coup ?"

"Viens. Prends tes affaires et suis moi."

Agissant à vitesse éclair et emplie d'euphorie, la jeune femme ferma le manuscrit et ses carnets pour les ranger dans son sac à dos et se mettre à suivre son compagnon. Les deux sortirent de la salle du fossé et se dirigeaient vers l'escalier nord.

L'ALMA était un bric-à-brac de plusieurs ailes et sections qui s'emboîtaient bien entre eux, mais qui n'avaient presque aucune harmonie entre eux. Par exemple, l'escalier sud était moderne, il avait des ascenseurs en acier poli et avec des écrans affichant l'étage. De l'autre côté, l'escalier nord était beaucoup plus historique, sortit tout droit des années 1800, avec un ascenseur d'une autre époque qui fonctionnait pourtant merveilleusement bien. C'était peut être cette cage là qu'il fallait emprunter si ils voulaient avoir une chance d'aller le plus loin possible en profondeur.

Descendant les marches à toute vitesse, ils passèrent de nombreuses strates légendaires de l'institution, comme la salle de l'antécédent au 3ème sous-sol, la réserve haute au 4ème et enfin la réserve basse au 5ème, l'endroit publiquement accessible le plus profond de l'ALMA.

Mais les aventuriers n'allaient pas s'arrêter là. Déjà à ce niveau il y avait peu de personnes qui fréquentaient les lieux, quelques personnes venues profiter de la strate la plus basse de la colonne de la salle du fossé, ou certains allant chercher des livres vraiment obscurs et inconnus, relégués à cet étage sans réelle classification. Normalement, ils auraient dû terminer ici. Mais Marsile avait un as dans sa manche.

Arrivés en bas, il fit singe à Chloé de le suivre.

"Viens, regarde."

Il se dirigea vers l'ascenseur dans une cage au milieu de l'escalier, mais au lieu d'y pénétrer, il se faufila entre le véhicule et la cage elle même pour accéder à une sorte d'échafaud de service. Chloé ne questionna rien et le suivit jusqu'à l'arrière de l'appareil où ils trouvèrent une porte grillagée en métal donnant sur un long couloir.

C'était vraiment une scène sortie d'un film d'horreur. Ils étaient à plus de trente mètres en dessous du rez-de-chaussée, devant un couloir éclairé périodiquement par des lumières comme celles qu'on retrouve dans un sous-marin ou un complexe militaire quelconque, derrière une cage d'ascenseur là où ils ne devaient probablement pas être présents. Mais Marsile semblait tranquille, comme s'il faisait cela tout les jours. Sans regarder derrière lui, il avança jusqu'à arriver à un embranchement où il annonça.

"Ici à gauche, tu continues tout droit et tu arrives à ce qu'on appelle la Bibliothèque Interdite. J'y suis passé deux ou trois fois pour mes recherches, ça fait vraiment froid dans le dos."

"Bibliothèque interdite ?!"

"Ça sonne assez louche, mais en réalité c'est pas ce que tu crois. C'est surtout des ouvrages très obscurs, comme des anciens manifestes sataniques avec des descriptions très obscènes, ainsi que des vieux manuels d'alchimie assez dangereux. D'ailleurs, c'est là où j'ai débusqué le Testament de Roëkël ! Aucun de ces livres là n'est recensé, donc il vaudrait peut être y faire un tour à un moment donné voire si on trouve d'avantage d'infos sur Corvus. Mais en tout cas, c'est pas là qu'on s'arrête. Nous, on va plus loin. Suis moi."

"D'accord..."

Continuant un peu plus loin, portée par la confiance de son compagnon, Chloé apercevait enfin le bout après une bonne minute de marche. De loin, on aurait dit une impasse. Mais à mesure qu'ils approchaient, ils finirent par découvrir sur leur droite une autre cage d'ascenseur, similaire à celle de l'escalier nord, mais plus petite et surtout moins bien entretenue à première vue. La jeune femme resta là, observant l'appareil, réticente.

"Tu peux rêver si tu crois que je met un pied là dedans."

"Ne t'inquiète pas ! Tristan m'a dit que c'était parfaitement sûr."

"Qui ça ?"

"Tristan de Sivier, bien sûr."

"Et il vient souvent ici ?"

"Il faut croire que oui."

"Et toi tu sais opérer ce truc ?"

"C'est comme un ascenseur normal, à ce qu'il paraît..."

"Marsile..."

"Fais moi confiance ! Fais moi confiance..."

"Je te jure..."

"Allez, ne t'inquiète pas. Tu vas voir, ce qu'il y a en dessous en vaut la peine."

"Tu en parles comme si tu t'y rendais au quotidien !"

"Bah, quelqu'un qui apparemment s'y rend souvent m'a raconté. Je fais juste le relais."

"Mouais..."

"Allez. Après toi."

"Ta gueule..."

Après une petite dispute, ils embarquèrent tous les deux sur le véhicule et suivant les quelques manipulations de Marsile, ils commençaient lentement à descendre.

Alors qu'ils tombaient dans le noir total, le jeune homme tuait le temps en faisant la petite histoire.

"Là, on est en train de descendre grâce au vieil élévateur, l'un des seuls accès pour les lieux en dessous du cinquième sous-sol. Trente mètres plus bas, il y a le sixième sous sol, qu'on va passer bientôt. Apparemment, c'est l'un des derniers vrais échelons du bâtiment, avec le fond du fossé, un réseau de couloirs et de caves interminables et apparemment plusieurs ouvrages abandonnés aussi. Mais il y a de gros risques d'écroulement, raison pour laquelle elle est fermée au public. La ville ne considère pas que c'est une dépense viable que de retaper le lieu pour le rendre fréquentable, alors il l'interdisent simplement d'accès."

"C'est dommage... J'ai toujours voulu savoir ce qui se cachait au fond du fossé..."

"Après, sachant qu'on arrive à la hauteur des anciennes catacombes, c'est pas le meilleur truc pour y fourrer des bouquins..."

"Ouais, c'est un peu macabre..."

"Surtout que bon... Si ils interdisent cet endroit, c'est à cause de ce qu'il y a plus bas. Trente autres mètres sous le sixième sous-sol."

"Attends, on est en train de descendre à cent mètres sous la surface là ?!"

"Presque, oui..."

"Mais tu m'avais dit qu'on faisait un tour rapide !"

"C'est pas rapide ? On est arrivés ici en dix minutes. Je voulais juste te montrer le lieu pour voir ce que tu en penses."

"Mais tu n'y as jamais été non plus ?"

"En effet... Ça m'arrange aussi de mon côté d'avoir quelqu'un avec moi..."

"J'en reviens pas ! T'es un salaud !"

Malgré la situation chamailleuse, les deux riaient de bon cœur, même Chloé qui faisait mine d'être choquée. Elle avait appris à découvrir au fil des mois ce côté farceur de Marsile qu'elle aimait beaucoup et qui la mettait toujours de bonne humeur. Réellement, les deux aimaient passer du temps ensemble.

Après de longues minutes de descente à bord de l'ascenseur rouillé, ils touchèrent enfin le fond de la cage, atterrissant au milieu... de nulle part. Très exactement nulle part.

Avant même que Chloé ne puisse poser de questions, Marsile repartit dans son monologue.

"Nous voilà au septième sous-sol. C'est plus vraiment un sol à proprement parler, c'est une gigantesque grotte qui sert de fondation au bâtiment et qui à l'époque était utilisé comme catacombes pour la ville, apparemment. Ce lieu est devenu au fil des années un peu une légende urbaine, avec certaines personnes partageant des vidéos sur les réseaux, à l'époque où l'accès à l'élévateur était séparé de la zone publique par une simple porte blanche. Maintenant, l'accès est plus dur à trouver vu qu'il est derrière l'ascenseur..."

Le jeune homme sortit de sa poche deux lampes de poches et en passa une à son amie.

"Tiens, regarde par toi même."

"Heureusement qu'il fallait pas venir préparé..."

Chloé alluma sa lampe torche, et vit devant elle ce qu'elle ne pouvait jamais imaginer voir sous l'ALMA avant aujourd'hui.

Une zone absolument gigantesque, avec des dalles par-ci, des blocs ou des briques grises par là tapissant le sol lisse malgré ses irrégularités, un plafond complètement creusé dans la roche présentant des stalactites ça et là, et surtout des rangées de piliers en pierre soutenant la caverne à perte de vue. Elle avait l'impression d'être dans une vulgaire simulation, au milieu de rien, dans un espace liminal, une énorme salle avec des piliers partout. Le vide et l'uniformité en un seul endroit, à des centaines de mètres sous la ville. Mais surtout, ce silence assourdissant malgré l'écho important du lieu. La jeune femme était complètement bouche bée, ne sachant décrire ce qu'elle avait devant elle. C'était tout juste fascinant.

Et pourtant, malgré cela, l'endroit avait quelque chose de familier. Comme si cette atmosphère, cet air, ces odeurs, elles les avait déjà toutes respirés auparavant. Elle avait l'impression de revenir dans un passé qu'elle avait oublié, et elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la nostalgie presque malaisante, perdue dans ce lieu.

"Putain... C'est quoi cet endroit ?"

Elle fit quelques pas pour sortir de l'ascenseur, suivie de son ami. Elle regardait autour d'elle, l'obscurité à perte de vue. Qui sait jusqu'où allaient ces structures, et quels secrets elles pouvaient cacher.

"Je te l'ai dit... Personne ne sait vraiment, à part le fait que c'est des catacombes..."

"Et on les trouve où les vestiges de Corvus ?"

"Alors... Apparemment, Tristan m'a dit que si l'on continue tout droit, on verra après une cinquantaine de mètres un grand escalier en marbre qui descend."

"Attends, attends. T'es pas sérieux là ? C'est de la folie, y'a zéro moyen je m'éloigne de la seule porte de sortie de cet endroit ! Puis si ça se trouve, y'a des rats et des animaux ici ! Et puis un escalier de marbre ? Mais c'est une blague genre ?"

"C'est ce qu'il m'a dit, je ne sais pas !"

"Putain... C'est pas vrai..."

Elle secoua la tête avant de reprendre.

"Bon, c'est bon, on a vu de quoi il s'agissait, maintenant on remonte et on reviendra avec de l'équipement. J'en reviens pas que t'as pu croire que c'était une bonne idée de faire ça !"

"C'est bon Chloé, je pensais te faire plaisir !"

"Ça me fait tellement plaisir, tu ne peux pas comprendre. C'est vraiment beau... Mais j'aime pas trop que tu sois moins confiant que je le suis. Moi je comptais sur toi !"

"C'est vrai... Désolé, c'était pas la meilleure des idées..."

"Il y a vraiment personne qui peut nous donner plus d'infos sur cet endroit ?"

"C'est une anomalie pure et dure. Presque personne ne connaît l'existence de ce lieu. C'est tombé dans le domaine de la légende. Et pourtant, tu as vu la facilité avec laquelle on y est arrivés !"

"Ça m'étonne aussi qu'il n'y avait pas de vigile à l'entrée..."

"Pareil..."

"Putain..."

Alors qu'ils continuaient de parler, ils furent soudainement éblouis par une puissante lumière devant eux, apparaissant de nulle part. Avant qu'ils ne puissent réagir, ils entendirent des cris vraisemblablement venant de plusieurs hommes.

"Mains en l'air ! Bougez pas !"

Les deux s'exécutèrent sans question, dans la panique, laissant tomber leurs torches au sol, absolument pétrifiés par la peur et la surprise.

"Vous êtes qui, putain ?! Vous êtes venus faire quoi ici ?!"

Marsile balbutia quelques paroles.

"Je... Nous... On est juste des historiens ! On a trouvé ce lieu par hasard !"

"Des historiens bordel... Putain, Carad ! T'avais dit que y'avait un vigile en haut, vigile mon cul ! Pourquoi ces deux là sont ici ?!"

À travers une radio, le son compressé d'une voix grave retentit, accentué par les échos de la salle.

"J'en ai aucune idée bordel, juste butte les !"

Les deux jeunes gens prirent soudainement peur, s'écriant.

"Hein ?!"

"Mais je vais pas les butter putain, c'est des gamins !"

"Ils foutent quoi ici les gamins ?!"

"Je sais pas, c'est des historiens askip !"

"Des historiens ? Qui comme historien ?"

"J'en sais rien !"

"Demande les blazes."

L'homme, toujours invisible derrière la lumière éblouissante qu'il tenait devant lui, s'exécuta.

"C'est quoi vos noms ?"

Chloé fut la première à répondre.

"Moi... Je m'appelle Chloé... Chloé Këülträ."

"Et moi Marsile Valéron."

"Eh attends... Je te reconnais toi. T'es pas saloniste ?!"

"Euh... Oui, entre autres..."

"Putain... L'un d'eux est un putain de saloniste... Juste ce qu'il nous fallait bordel..."

"Alors on le garde prisonnier et tu buttes l'autre."

Chloé, blanche de peur, s'écria par réflexe.

"Attendez ! Je sais parler corvun ! Je sais traduire l'ancien corvun !"

L'homme en face d'elle s'arrêta. De longues secondes d'écoulèrent sans un bruit, hormis l'écho distant de l'exclamation que venait de prononcer la jeune femme.

"Je rêve ou la gamine a dit qu'elle connaît le corvun ancien ?"

"C'est ce qu'elle a dit."

"Je peux vous le prouver ! J'ai dans mon cartable un ouvrage en ancien corvun !"

"Attends, Carad. C'est ce qu'on cherchait ça, pas vrai ?"

"Donne moi une seconde, je suis en train de vérifier un truc..."

Encore une fois, les deux durent attendre quelques secondes avant que quelque chose se passa. Marsile tremblait très légèrement, alors que Chloé était toujours paralysée. Elle ne savait pas quoi penser, elle ne savait pas qui pouvaient être ces gens. Était ce la police ? Allait ils être arrêtés pour avoir pénétré un lieu interdit ? Des milliers de questions envahissaient son esprit d'une seule traite, si bien qu'elle ne pouvait plus faire autre chose que de contempler l'accumulation de cette confusion.

"Ah, mais oui ! Chloé Këülträ ! On a travaillé avec elle l'an dernier ! Putain, c'est parfait ça !"

"Qui ça, la gamine ?"

"T'sais celle que je t'ai dit l'autre jour qu'on allait devoir retrouver discrètement ?"

"Putain, c'est elle ?!"

"On dirait."

Chloé et Marsile s'échangèrent un regard, absolument tétanisés. De quoi parlaient ces hommes ? Comment est-ce qu'ils la connaissaient déjà ?

"Bon, du coup j'en fais quoi ?"

"Menotte les et ramène les en bas. On va les garder ici avec nous. Tu peux pas savoir le bol qu'on a."

"Ça va pas nous causer des problèmes ça ?"

"On les règlera. Je t'attends ici. Terminé."

"Reçu. Terminé."

À peine la conversation avait elle pris fin, les hommes s'approchèrent enfin des deux, les prenant par les bras et les menottant rapidement. Toujours aussi confuse, Chloé ne prononça pas un mot avant d'apercevoir l'espace d'un geste les iconiques masques noirs qu'ils portaient sur leurs visages. Son sang se glaça, elle ouvra la bouche de stupeur. De son côté, Marsile aussi avait remarqué l'accoutrement de leurs ravisseurs, s'écriant.

"Vous... Vous êtes de la MIRA ?!"

"Ça ne vous regarde pas."

"Vous nous amenez où ?!"

"Dans un endroit sûr, ne vous inquiétez pas. Vous devriez demander à votre compagne, elle connaît déjà."

Chloé était complètement perdue. De quoi parlaient ils ? Pourquoi était elle au centre de l'attention tout à coup ? Elle essaya de demander, cherchant désespérément à trouver quelques réponses pour toutes les questions qui lui passaient par la tête et qui surchauffaient son cerveau au point de lui donner une migraine.

"Mais... Je... Je ne comprends pas..."

"Dis-donc, vous avez bien courte mémoire mademoiselle Këülträ. Vous ne vous rappelez donc pas de ce lieu où a débuté votre thèse ?"

Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
À l'ALMA, Chloé Këülträ, plongée dans la traduction du manuscrit ancien confié par Marsile Valéron, s'est forgé ces dernières semaines une nouvelle théorie sur l'organisation socialiste corvienne d'avant la République. Sur la foi d'un contact inconnu, Marsile l'entraîne dans les niveaux interdits les plus profonds de l'établissement, où les deux découvrent une immense catacombe étrangement familière à la jeune femme. Des agents masqués de la MIRA les y surprennent, prêts à les exécuter, avant que le nom de Chloé ne change leur sort. Ils les gardent tous deux captifs plutôt que de les relâcher, laissant entendre qu'elle connaîtrait déjà ce lieu, sans qu'elle parvienne elle-même à s'en souvenir.
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Droghère
24 Janvier 2019

Malgré leur défaite au nord, la MIRA continue son ascension vers Henne toujours avec une vitesse et une efficacité inarrêtable. L'Emploi de plus en plus de blindés lourds comme des chars d'assaut à mesure qu'ils se rapprochent de la ville complique la défense corvienne, elle aussi se réfugiant derrière des fortifications de plus en plus solides.

Du côté fédéral, la commune de Droghère présente plusieurs pièces d'artillerie ainsi que des armes sans recul, destinés à rendre le centre le plus invivable possible et enfin réussir à stopper les antariens dans leur course.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 24 Janvier 2019





Résultat :Drapeau de la Junte Militaire MIRA-ARA

LA MIRA EST VICTORIEUSE

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

800 MORTS
498 Corvus / 302 MIRA


Le combat s'avère être serré entre les véhicules antariens lourds mais conscients des défenses antichar corviennes ainsi que l'artillerie des deux côtés qui rase progressivement les bâtiments de la ville. La bataille est lente, les victimes sont en petit nombre mais les défenses ainsi que le milieu urbain sont rapidement réduites à néant par la force professionelle des antariens.

Du côté corvun, les soldats cherchent à garder la ville jusqu'au bout, faisant durer le combat pendant plus de cinq heures. Des renforts sont en route, mais sont refusés par la garnison défensive qui finit par lâcher par manque de couvert.

Ainsi, la MIRA capture la commune, ou du moins ce qu'il en reste. Droghère deviendra l'une des plusieues communes de la guerre qu'on ne retrouvera jamais, effacés par la destruction importante, sans aucun espoir de reconstruction et emportant avec cela un héritage provençal considérable.


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Mallard-Lerieux
24 Janvier 2019

Comptant prêter main forte à l'escadrille antarienne présente à Droghère et espérer grignoter plus de territoire, le convoi de l'ARA rencontre les défenses corviennes entre les communes de Mallard et de Lerieux. Les officiers décident contre toute attente de contester l'interception, décidés à aller de l'avant.

Du côté corvun, des défenses similaires à Droghère sont déjà mises en place, ainsi que plusieurs barrières anti-véhicules sur les routes pour éviter que les renforts ne viennent sourtenir l'escadrille. Voyant la MIRA prendre la décision de les engager, ils se mettent en position défensive.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 24 Janvier 2019





Résultat :Drapeau de Corvus

CORVUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

186 MORTS
72 Corvus / 114 MIRA


Bien que supérieure en nombre et en puissance de feu, la désorganisation de l'assaut spontané de la MIRA devient la raison principale de sa défaite sur ce point de passage gardé par Corvus. Les professionnels souffrent d'importantes pertes matérielles et véhiculaires aux positions d'armes à feu sans recul dans les deux communes autour de l'autoroute, et le tir croisé multiplie les incohérences dans les ordres donnés par les officiers.

Les forces fédérales profitent du manque de coordination de leurs adversaires pour viser en priorité les véhicules plus que les personnes, un pari qui fonctionne puisqu'elle immobilise une partie du régiment ce faisant.

Voyant cela, les forces républicaines décident de battre rapidement en retraite, laissant derrière eux des carcasses de véhicule ainsi que tout espoir de pouvoir pousser plus loin, souffrant le première défaite de la campagne de Henne.


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[♠] Keyhäskälan myekä
Kapöli V: Vöynÿan Läpsët

Jäkkö Nëëkermän

Jäkkö Nëëkermän



Le calme dans la ville de Gardevant. C'était une belle journée, le soleil était haut dans le ciel malgré l'hiver rude qu'ils avaient vécu jusqu'à présent, pas un seul fil de vent non plus. La journée de "pétole" la plus classique pour une métropole comme celle-ci, ou en d'autres termes désigné par les marins de la haute mer, une journée où hisser ses voiles était peine perdue. Véritablement, il s'agissait peut-être d'une journée un peu trop belle pour être ruinée.

Cela faisait deux mois que les casquettes bleues s'étaient emparés de la base navale de Gardevant, joignant leurs forces avec les marins mutinés des deux sous marins d'attaque antariens commandés par la formidable Ravasah Mëër, avec qui Jäkkö avait appris à faire connaissance. Il fallait le dire, les deux ont rapidement appris à s'entendre, surtout que leur énergie correspondait parfaitement. Tout cela au détriment de Calliope, qui avait l'impression de devoir jouer à la garderie avec eux.

Durant tout ce temps où il ne s'était passé rien du tout, du moins d'un point de vue belliqueux, les conscrits sud-corvuns s'étaient organisés autour de deux points centraux, soit la base navale et la distillerie de Slackton, celle-ci toujours inconnue des services de la MIRA et surtout dans quelques autres lieux parsemés autour de la ville. Aux yeux de leurs adversaires, ils étaient juste dans la base. Ce qui était étrange, du moins de leur point de vue.

Des blindés et des soldats avaient été postés tout autour du milieu urbain, reproduisant le siège qui s'était dressé il y a plus de six mois autour de la ville de Henne, mais à la différence des corvuns du nord, les casquettes bleues n'avaient aucune intention de passer à l'attaque. Ils n'avaient pas essayé d'engager les positions républicaines ni de tester la solidité du siège. C'est comme s'ils avaient tout simplement disparu après avoir pris la base navale.

En réalité, la stratégie était assez simple. Les casquettes bleues n'avaient aucun moyens de passer à une attaque véritable et casser un siège. Mais ils avaient des personnes. Vraiment beaucoup de personnes. Et ils comptaient justement attirer la MIRA dans un guet-apens assez savoureux pour qu'il se referme sur eux mêmes, sous une marée de conscrits. Ils ne savaient pas combien ils étaient. Ils ne savaient pas où dans la ville ils étaient. Ils savaient seulement qu'il y avait une dizaine de milliers de terroristes dans une zone militaire, et qu'ils pouvaient potentiellement être dangereux.

Ainsi, pendant des mois, les sud-corvuns avaient fait profil bas, attendant chaque jour, priant pour que leurs adversaires ne mordent à l'hameçon. Mais malgré cela, ils semblaient ne pas être pressés de venir leur donner un bon coup de coude.

Ils avaient pourtant toutes les raisons de percer dans la ville. Au nord, ils continuaient à perdre du terrain, et leurs blindés devaient servir à autre chose que de garder une ville avec quelques personnes à l'intérieur et rien de plus. Mais surtout, plus le temps passait, plus Ravasah aurait pu prendre ses sous-marins et conduire des sabotages via la mer. La base disposait aussi de dossiers potentiellement sensibles sur la MIRA et leurs stratégie, qui encore une fois plus le temps passait, plus ils avaient de chances d'être décryptés et utiliser contre eux. Malgré cela, ils passèrent deux mois entiers sans voir ne serais ce qu'un seul antarien.

Jäkkö s'était presque habitué à ce style de vie. Ils avaient réaménagé la base navale pour y accueillir leur état major naissant, et avaient eu tout le temps nécessaire pour élaborer des plans divers et variés. Par exemple, Ravasah comptait prendre ses sous-marins pour partir à la conquête des îles et archipels qui bordaient le pays, histoire de faire plus de pression sur la MIRA. L'une d'entre elles, la fameuse île de Sainte-Cécile, destination touristique très populaire parmi les vacanciers, pouvait notamment servir de base d'appui pour lancer un débarquement sur Dalmin par exemple.

De son côté, Calliope s'était concentrée davantage sur la partie terrestre de leurs futures opérations. Etant une ex-agente de la MIRA, elle savait qu'il fallait absolument partir vers Margaux si ils réussissaient à briser le siège. Mais malgré la distance courte, le chemin pour atteindre la capitale était parsemée d'embûches. Il y avait encore beaucoup de variables qu'ils ne connaissaient pas, et pour l'instant, ils ne donnaient pas vraiment l'impression de l'ordre salvateur qu'ils espéraient être. Dans les yeux de tous, ils étaient des simples terroristes sans aucune vision de l'avenir.

Mais Eeva avait confiance en Jäkkö malgré son caractère. Ils se complétaient d'ailleurs très bien, la jeune femme faisait les plans et Jäkkö lui trouvait des individus pour se faire. C'est comme ça qu'ils avaient appris à travailler ensemble, et au final les conscrits avaient accepté l'idée d'avoir comme commandante une ex-agente de la MIRA.

Ce matin là ressemblait ainsi à un matin comme tout autre. Jäkkö jouait au Burraco avec Ravasah, pendant que Calliope regardait, distribuait et comptait les points, tout cela au milieu de discussions diverses et variées et des verres d'alcools de toutes sortes.

"Hah, regarde ça Rav. Un Burraco propre ! Prends toi ça dans les dents !"

"C'est ça, continues comme ça petit con. En attendant tu dois toujours récupérer ton paquet."

"Boh ! Jalouse !"

Calliope intervint dans la discussion.

"Ravasah a pas tort, si elle ferme maintenant, elle gagne la manche de très loin..."

"Euh... Hum... Oui, peut être..."

"C'est dingue qu'elle puisse te battre à ton propre jeu !"

"Bah ! Elle a appris des meilleurs !"

Ravasah se mit à ricaner avant de répondre.

"T'es vraiment nul Jäkkö, arrête de faire semblant. Je t'ai calé depuis le temps d'avant !"

Jäkkö éclata de rire.

"Bahahah ! Ça me tue de rire à chaque fois tes expressions du pays là !"

"Quoi ? J'ai dit quelque chose qu'il fallait pas ?"

"Non, non... C'est juste exotique."

Calliope avait toujours été très intriguée depuis le début de l'héritage culturel que portait Ravasah, mais elle n'avait jamais eu le temps de réellement lui poser des questions à ce propos.

"Dis Ravasah, tu nous a pas beaucoup parlé de toi ces jours-ci, en parlant d'exotique."

La jeune femme répondit en ricanant.

"Tu veux entendre quoi ?"

"Je sais pas, c'est assez curieux déjà comme prénom, Ravasah."

"C'est Loclenasque. De ma mère. Drôle d'histoire, d'ailleurs. Figure toi qu'elle a rencontré mon père en voyages d'affaires en afarée, et sur un coup de tête est rentrée en Antares avec lui !"

"C'est comme ça que tu t'es retrouvée avec un prénom loclenasque et un nom de famille corvun ?"

"C'est chic, non ?"

"Il faut le dire..."

Jäkkö intervint dans la discussion.

"Et les expression aussi, je suppose que c'est loclenasque ?"

"T'as calé. J'ai grandi à Margaux, où y'avait une grosse commu. On m'appelait cassette, vu que je parlais très bien le français mais avec de l'argot du pays."

"C'est sympa comme atmosphère. Et pourquoi la marine ?"

"On me faisait la blague que j'étais venue d'afarée à la nage, alors que j'étais la plus antarienne du groupe, t'sais pour se moquer de moi, t'as le film ?"

"Le film ?"

"T'as capté quoi."

"Ah ! Ouais, je vois."

"Eh donc, un jour les mecs de la marine sont venus au lycée pour recruter, t'sais. On m'a dit que je devais m'inscrire vu que j'ai nagé toute la leucytalée d'une traite. Clairement ils voulaient me voir renoncer et me traiter de poule mouillée. Je leur ai fait un gros doigt et je me suis inscrite, sur un coup de tête. Putain, mes parents ont serré la mine en voyant ça ! Mais je suis trop forte, j'ai fini par aimer ça, la marine. Je les ai tous enculés et en dix ans je suis devenue commandante de sous-marin."

"Eh bah, ça en fait une histoire à racconter !"

"Tellement, j'les ai tous calés ces autres cons !"

Les trois passaient vraiment un moment agréable entre eux, jouer aux cartes était toujours un plaisir surtout pour les discussions que l'activité accompagnait. Ils n'étaient jamais à court de choses à dire, et Eeva devait l'admettre, les deux mettaient franchement l'ambiance. Elle aussi avait appris à prendre plus la confiance et être détendue grâce à leur exemple, un contact humain qu'elle avait complètement perdu après des années dans la MIRA. Elle avait notamment arrêté de porter des combinaisons, et s'habillait normalement avec l'un des berrets bleus que lui avait prêté Jäkkö. Cela lui donnait un air de jeune fille innocente, et en quelques sortes plus d'assurance dans ce qu'elle faisait. Elle faisait partie d'un groupe après tout, un groupe de camarades, pas dans une structure où les subordonnés dénoncent leurs supérieurs pour avoir une promotion.

Soudain, alors qu'ils continuaient à s'amuser, un officier entra dans la pièce d'un coup. Les trois sursautèrent, se retournant et voyant l'homme complètement essoufflé, le visage tout rouge, une radio collée à son oreille et surtout une expression comme s'il venait de rencontrer un dragon. En panique, il hurla.

"La MIRA !! La MIRA est là !!"

Les trois commandants n'eurent pas à attendre qu'il se répète. Ils bondirent de leurs places et se mirent immédiatement en mode combat. Eeva commença a donner des ordres, y compris au messager.

"Jäkkö, tu gères Slackton. Ravasah, on a besoin toi pour le support de la base navale. Et toi, va dire à l'unité de blindés de faire du bruit. Le reste, silence radio jusqu'à mon signal !"

Tous acquiescèrent, et tous se dépêchèrent de rejoindre leurs postes. À présent, il était venu le moment que tout le monde attendait depuis huit semaines. Désormais, cette bataille allait décider de si oui ou non les sud-corvuns allaient pouvoir jouer un rôle décisif dans la Guerre des Ombres.

Pendant ce temps, un convoi de blindés et de soldats professionnels sur pied avaient percé dans la ville, un convoi composé majoritairement des troupes qui composaient le siège. Le cercle qui s'était formé autour de Gardevant se resserrait de plus en plus, convergeant vers la base navale, cherchant des corvuns là où il y en avait, avançant à une vitesse impressionnante. À mesure qu'ils continuaient leur route vers le lieu central, ils passaient sans le savoir au dessus de sous-sols, trappes d'égouts et bars abandonnés qui abritaient des centaines de milliers d'individus armés, tous attendant les ordres de leurs commandante patiemment, tous déterminés à en découdre.

Les blindés corvuns ouvraient déjà le feu depuis la base, cherchant à attirer le convoi de la MIRA. Ils tuaient déjà les premiers soldats, réussissaient à endommager les premiers véhicules, tout cela en attirant l'armée vers l'épicentre du soulèvement. Derrière eux, ils avaient laissé de nombreuses caches, et surtout la distillerie de Slackton, toujours invisible aux yeux des soldats. Pour eux, il n'y avait qu'un seul objectif à détruire, et une seule manière de détruire cette petite révolution dans laquelle ils gâchaient de nombreux véhicules et professionnels.

Alors que le gros de l'armée s'approcha de la base, des tirs puissants commençaient à viser la structure, tentant de déstabiliser les défenses. Un barrage serré de véhicules de combat d'infanterie s'était dressé autour de la zone, et des milliers de professionnels avaient débuté leur incursion vers la bâtisse. À peine vingt minutes après le début de la bataille qu'elle semblait déjà achevée, des corvuns mouraient sur les miradors de leur quartier général et ceux restés à terre pour stopper l'avancée des soldats périssaient tout autant. Il n'était qu'une question de minutes avant qu'ils n'atteignent l'intérieur de la bâtisse et ainsi porter un coup fatal à l'organisation sud-corvienne.

Mais Eeva attendait. Elle attendait le bon moment pour donner son signal. Malgré le fait que ses hommes se faisaient tuer en nombre sous ses propres yeux, elle devait attendre encore.

"Sœurette, faudrait peut-être donner le signal là !"

"Pas maintenant Jäkkö."

"Ils sont à nos portes, ils vont nous buter !"

"Pas encore..."

À présent, l'entrée de la base navale avait été suffisament dégagée pour que les blindés antariens puissent forcer le passage et entrer dans l'enceinte de celle-ci. Le cercle du siège se refermait sur lui même, il s'était à présent déformé en un cône, transperçant Corvus en son cœur, ou du moins s'en approcher dangereusement. La MIRA était à cent mètres de mettre fin à un rêve. Et de l'extérieur, tout semblait déjà terminé.

C'est à ce moment là, ce moment exact que Eeva Ëlmäë empoigna sa radio et hurla.

"Maintenant !!!"

Silence.

Pendant dix secondes, il n'y avait que du silence. Sa voix avait résonné dans toute la ville, sans réponse. Seuls les coups de feu des véhicules de la MIRA forçant l'entrée du bâtiment faisaient rage.

Et puis, ce cri.

Depuis les parties les plus profondes de Gardevant, trois cent mille hommes et femmes hurlaient ensemble.

D'abord, rien de particulier. Mais le son se faisait plus fort. Plus assourdissant. Et surtout, plus clair.

Une seule devise. Une seule phrase.

"Au Korvusele !!! Au !!!"

En cinq minutes seulement, ce fut un véritable raz de marée d'être humains qui se referma comme un piège sur l'offensive antarienne, sortis de nulle part, hurlant tous ensemble à la gloire de Corvus.

Les soldats jusque là occupés à pénétrer dans le bâtiment se retournèrent tous, pris au dépourvu, voyant arriver devant eux ce monstre. Mais avant qu'ils ne puissent riposter, c'était déjà trop tard.

Les véhicules étaient complètement pris d'assaut à la main, impossible à manœuvrer, bloqués par la foule et secoués dans tous les sens. Les soldats étaient fusillés, criblés de centaines de balles à la fois. Les antariens n'avaient tout simplement aucune chance face à ce piège dans lequel ils étaient tombés, après deux mois d'attente.

Et seulement quelques minutes après les ordres de Calliope, le peu de soldats survivants avaient jeté leurs armes, et la victoire était sans l'ombre d'un doute celle de Corvus. Une victoire qui non seulement s'avérait être l'une des premières batailles décisives et de grande envergure pour le groupe, mais une bataille mettant à mal le peu de blocus qui existait autour de la ville.

Les trois commandants se réjouirent tous ensemble, hurlant et pleurant de joie face à leur stratégie qui avait fini par fonctionner. Comme des pêcheurs, ils avaient su être patients jusqu'à ce que le gros poisson ne morde à l'hameçon. Et à présent, ils étaient libres. Libres d'aller ailleurs, là où la MIRA n'aurait jamais cru les voir.

Jäkkö, au milieu de l'euphorie, se retourna et demanda.

"Et maintenant ? On fait quoi maintenant, sœurette ?"

Eeva le fixa dans les yeux, large sourire aux lèvres, souriant comme elle n'avait jamais souri auparavant. Elle bomba le torse, releva sa tête, Et fièrement, elle lâcha.

"Maintenant, on va à Margaux !"

Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
À Gardevant, après deux mois d'attente immobile depuis la prise de la base navale, Jäkkö, Eeva et Ravasah ont enfin vu la MIRA mordre à l'hameçon et lancer l'assaut attendu. Alors que leurs positions s'effondraient sous leurs yeux et que Jäkkö la pressait de réagir, Eeva a retenu son signal jusqu'au tout dernier instant, l'ennemi déjà aux portes de la base. Quand elle le donne enfin, trois cent mille sud-corvuns surgissent de partout dans la ville et referment le piège en quelques minutes, écrasant l'armée antarienne. Grisée par cette victoire décisive, Eeva annonce vouloir désormais marcher sur Margaux.
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Ville de Gardevant
1 Février 2019

Deux mois après la prise de la base navale de Gardevant, la MIRA décide enfin d'agir après un siège qui ne semble pas porter ses fruits, et effectue une offensive au cœur de la ville pour arrêter les sud-corvuns et les expulser de la base navale. L'assaut est porté avec un nombre conséquent de véhicules et de soldats, composant en grande partie les forces présentes durant le siège.

De son côté, Corvus est en réalité en position depuis longtemps, caché dans des souterrains et des bâtiments divers, attendant que la MIRA ne resserre le cercle pour passer à la contre-attaque. Armée et déterminée, la force fédérale n'attend que le signal de la commandante Ëlmäë pour sortir de leur tanières.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 1 Février 2019





Résultat :Drapeau de Corvus

CORVUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

5616 MORTS
699 Corvus / 4917 MIRA


L'assaut s'avère être un désastre sans nom pour la MIRA qui tombe dans le piège tendu par les sud-corvuns au sein de la ville de Gardevant. Avançant pourtant à une vitesse importante jusqu'au cœur de la révolution, le convoi est pris par surprise par le volume massif des forces révolutionnaires sorties de leurs tanières.

Du côté corvun, aucune pitié n'est exercée. Les soldats de la MIRA n'ont aucune échappatoire, les véhicules sont immobilisés, et des milliers de balles fusent en leur direction. Très peu de militaires finiront par être épargnés, explosant le bilan des forces républicaines bien au delà toute bataille qu'ils ont pu transcourir jusqu'à présent.

Ainsi, les casquettes bleues réussissent à faire plier l'ARA grâce à cette manœuvre, leur laissant la voie libre pour conquérir le reste de la région.


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Tricy
1 Février 2019

Alors que les combats font rage dans le sud du pays, les hommes du Général de Vitriers n'abandonnent pas leur front à eux, bien au contraire. Ayant sécurisé Javellaux, leur objectif se tourne à présent vers Tricy, seconde ville de la région et point tout aussi important pour s'emparer de la zone.

Malgré leurs effectifs réduits, Vitriers sait qu'il peut compter sur la désorganisation antarienne qui s'était justement retirée dans cette ville et surtout à court d'artillerie. Il décide ainsi de faire ce pari, appelant en renfort l'armée de l'air corvienne.

Du côté de la MIRA, des débats sont en cours sur la pertinence de garder le contrôle sur Tricy, les effectifs sont démoralisés après la perte soudaine de Javellaux et l'incident à Blisonne. Personne ne s'attend à ce que Corvus pousse d'avantage.

Carte des AffrontementsCarte Stratégique, datée du 1 Février 2019





Résultat :Drapeau de Corvus

CORVUS EST VICTORIEUX

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

2131 MORTS
1003 Corvus / 1128 MIRA


Le combat s'avère être plus serré que prévu pour les professionnels de Vitriers. Le support aérien de Corvus rencontre aussi de la résistance de la part des antariens, ce qui les empêche d'employer leur avion d'attaque au sol durant une bonne partie de l'assaut.

Et pourtant, les forces fédérales ne semblent pas relâcher la tension. Ils continuent d'avancer lentement en périphérie, puis au centre ville, encerclant peu à peu le lieu grâce aux équipes détachées de commandos.

Du côté de la MIRA, les défenses arrivent à tenir que très peu, et avec leurs propres chasseurs ayant du mal à neutraliser ceux des forces fédérales, il n'est qu'une question de temps avant que l'assaut ne gagne en supériorité aérienne. Malgré un contexte encore tendu et une possibilité de remontée de la MIRA, l'Etat Major ordonne finalement le repli général vers les régions de Froson et Blisonne, abandonnant Javellaux aux mains des corvuns.


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