07/11/2018
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Activités étrangères au Grand Kah - Page 9

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IL EST TROP TARD

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POUR RECULER.





Que périsse un Comité
Sauvons, soutenons, étendons
La Révolution !

Julonin Venbranle, Commune de Carnavale
24
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CONFERENCE DE PRESSE

Date: 17/06/2017


DECLARATION SUR LE CONFLIT HOSTALIEN-ALTRECHTOIS

La Premiere Ministre Miller, le visage ferme, s'exprime

"Bonjour à toutes et à tous, Mes chers concitoyens, Mesdames et Messieurs,

Je me tiens devant vous aujourd’hui pour vous confirmer l’émergence d’une nouvel guerre, bien que non officiellement déclaré, en Eurysie centrale.

Depuis les frappes balistiques du 12 juin 2017 menées par la République d’Hotsaline contre des éléments militaires des Communes Unies d’Altrecht, une escalade militaire est malheureusement en cours. Ce conflit régional, profondément regrettable, semble désormais prendre une dimension internationale avec l’intervention militaire des Communes Unies du Grand Kah, de la Fédération des Peuples Estaliens et de la République Populaire et Sociale d’Illirée aux côtés des Communes Unies d’Altrecht, tandis que le Royaume de Teyla s’est rangé aux côtés de la République d’Hotsaline.

Ce conflit, initié par les autorités hotsaliennes pour des motifs idéologiques, constitue une guerre supplémentaire et inutile dont le continent eurysien aurait pu se passer, d’autant plus que le conflit avec la Principauté de Carnaval reste malheureusement actif.

Par ailleurs, alors que les autorités teylaises s’étaient montrées exemplaires et diplomatiques lors du sommet entre la République de Lermandie, son alliée la Grande République de Westalia, et la Fédération de Sterus, leur soutien au bombardement hotsalien sur la souveraineté altrechienne, au nom d’une alliance militaire, suscite incompréhension. Cette décision entache la réputation du Royaume de Teyla en tant que médiateur diplomatique reconnu et érode sa crédibilité aux yeux du monde civilisé.
Nous devons également dénoncer la tentative des autorités teylaises de contraindre la République Impériale de Karty à rejoindre ce conflit, sans que les autorités kartiennes aient été préalablement informées d'une attaque planifié par leurs alliés. Ce comportement est inacceptable.

C’est pourquoi, avec le soutien du Président de la République Michel Duval, mon gouvernement condamne fermement les responsables de cette guerre. Nous appelons les autorités teylaises à assumer leurs responsabilités et à renoncer à soutenir les actions militaires disproportionnées menées par la République d’Hotsaline. Nous appelons également les dirigeants hotsaliens à prendre leurs responsabilités et à engager des démarches diplomatiques afin d’éviter la perte inutile de millions de vies civiles.

À nos citoyens présents dans les zones touchées par le conflit, nous leur demandons de prendre toutes les précautions nécessaires pour s’en éloigner rapidement et prudemment, en rejoignant le territoire national ou des nations amicales et neutres. En raison de l’intensité du conflit, les autorités lermandiennes ne peuvent garantir la sécurité des transports aériens dans les zones concernées. Néanmoins, nos services diplomatiques communiqueront des instructions aux ambassades présentes en Eurysie afin d’assurer leur sécurité et consulteront nos alliés dans un objectif de meilleure coordination.

Vive la République, Vive la Lermandie."


Source: CONFERENCE DE PRESSE
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TL1 OU LERMANDIE 1
EDITION EN DIRECTDU 17/06/2017
extrait vidéo diffusé à 20h11

LERMANDIE 1 plateau

Matilde Gerarld: "À présent, les dernières nouvelles concernant la guerre en Eurysie centrale. Nous venons d’apprendre que la Première ministre Elisabeth Miller a tenu une déclaration officielle lors d’une conférence de presse. Elle y condamne fermement le recours à la force armée par les autorités hotsaliennes en réaction au changement de régime en Altrecht. Elle dénonce également le soutien apporté par le Royaume de Teyla aux agresseurs, ainsi que la tentative des autorités teylaises de contraindre la République Impériale de Karty à rejoindre le conflit.
Direction Volkingrad, capitale kartienne. Bonjour Frédéric Lefrançois. Cette tentative de pression exercée par le Royaume de Teyla sur la République Impériale de Karty a-t-elle eu des effets favorables pour le camp hotsalien ?"

Frederic LEFRANCOIS, correspondant à Karty

Frédéric Lefrançois: "Bonjour. Eh bien, c’est tout le contraire. La chancellerie kartienne a catégoriquement rejeté ce qu’elle considère comme une tentative de chantage diplomatique de la part de Teyla, fondée sur une faveur obtenue via une protection liée à des ingérences extérieures.
Par ailleurs, les forces armées hotsaliennes ont lancé des bombardements en Kaulthie, dans des zones frontalières proches de Karty. Cette agression a provoqué une vive réaction de la classe politique kartienne, qui a publiquement dénoncé ce qu’elle qualifie de “stupidité diplomatique” de Teyla.
Je m’appuie notamment sur les propos de Sebastian Okovia, député kartien, qui a dénoncé sans réserve l’hypocrisie du Royaume de Teyla, l’accusant de ne pas assumer ses erreurs en tentant de forcer Karty à s’engager dans un conflit qu’elle n’a ni provoqué ni approuvé."

Matilde Gerarld: "Étant donné que la classe politique kartienne n’a pas validé l’appel à l’aide dans le cadre de l’alliance militaire entre Teyla et Karty, la chancellerie kartienne risque-t-elle une rupture diplomatique avec Teyla ?"

Frédéric Lefrançois: "Selon plusieurs représentants de la chancellerie, la cheffe du gouvernement kartien semble être prête à assumer cette éventualité. Elle estime que Teyla n’a pas compris la posture diplomatique de Karty, fondée sur une indépendance politique exercée dans le respect et la courtoisie envers les États souverains.
Une chose est certaine : le comportement de la diplomatie teylaise, combiné aux bombardements incontrôlés de son allié hotsalien, notamment sur un pays neutre comme la Kaulthie, a gravement entaché sa crédibilité sur la scène internationale."

Matilde Gerarld: "La déclaration des autorités lermandiennes était très attendue à Karty. Comment la chancellerie a-t-elle réagi aux propos de la Première ministre Miller ?"

Frédéric Lefrançois: "Vous savez, Karty n’a pas la réputation d’être un partenaire international facile à manœuvrer. Pourtant, la déclaration de la Première ministre Miller a été accueillie avec respect ici, notamment pour avoir dénoncé le manque de diplomatie du Royaume de Teyla.
Ce qui est assez cocasse, c’est que Teyla avait joué un rôle majeur dans un sommet de négociation diplomatique entre la Lermandie, son alliée Westalia, et la Fédération de Sterus."

Matilde Gerarld: "Frédéric Lefrançois, en direct de Volkingrad. Merci pour tous ces éléments. Julien Gauthier…"

Julien Gauthier: "Avant toute chose, il est essentiel d’évoquer les relations diplomatiques entre le Royaume de Teyla et les Communes Unies du Grand Kah. Ces deux États incarnent des visions politiques radicalement différentes : les Communes du Grand Kah adoptent un régime proche de l’anarchisme, tandis que le Royaume de Teyla repose sur un modèle libéral.
Ce qui semble avoir irrité la diplomatie teylaise, c’est le soutien indirect du Grand Kah à la Principauté de Carnaval, notamment par le biais d’une aide humanitaire. Il est donc plausible que les autorités teylaises aient choisi de soutenir un allié, en l’occurrence Hotsaline, qui rejette fermement le changement de régime en Altrecht.
Cela dit, Teyla semble avoir surestimé sa puissance diplomatique et militaire. Dans ce conflit, elle dispose de peu d’alliés capables de compenser le nombre croissant d’adversaires. D’où la pression exercée sur la chancellerie kartienne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Karty a rappelé une partie de ses forces stationnées en Lermandie afin de renforcer sa propre sécurité."

lemrandie1_carte eurYsie centrale

Julien Gauthier: "Comme vous pouvez le voir sur cette carte, Hotsaline se retrouve géographiquement isolée de son allié teylais, tandis que le camp pro-Altrecht encercle progressivement son territoire. Il ne faut pas oublier que Hotsaline ne partage de frontières qu’avec des États neutres."

Matilde Gerarld: "Et qu’en est-il des nations qui se sont officiellement déclarées neutres ?"

Julien Gauthier: "Outre Karty, déjà mentionnée, Rasken semble déterminée à ne pas s’impliquer dans ce conflit, soutenue dans sa position par une force aérienne et navale velsnienne, notamment issue des unités du Grand Kah.
Par ailleurs, les autorités raskenoises se sont affirmées protectrices des Gradenbourgeois, une population kresetchnienne située au nord de la Kresetchnie, à la frontière avec Rasken, dans ce qui est temporairement appelé l’Administration Provisoire de Réintégration Territoriale."

Lermandie1 Confederation de Kresetchnie

Julien Gauthier: "Pour garantir la sécurité de cette région, Rasken a instauré une “No Fly Zone” dans l’espace aérien gradenbourgeois. Toutefois, qu’ils soutiennent ou non cette mesure, une partie de la population locale se montre très critique à l’égard des actions hotsaliennes, comme en témoigne un article d'un journal local intitulé Le Petit Montagnard, dénonçant la politique de déstabilisation menée dans la région.
Il est également important de rappeler que ce territoire n’est plus occupé par les forces armées raskenoises depuis plusieurs mois, à la suite de négociations entre Rasken et la Confédération de Kresetchnie.
Enfin, un autre acteur mérite d’être mentionné : le Bergrun, un Etat membre de la Confédération de Kresetchnie. Ce pays rejette catégoriquement l’intervention de Velsna, qui prétend défendre l’intégrité territoriale de Rasken sous prétexte de protéger la souveraineté de la Confédération de Kresetchnie, dont Hotsaline est membre.
Autrement dit, la situation est tout bonnement explosive."

Matilde Gerarld: "Et étant donné que Westalia est un partenaire de Teyla dans le domaine de la sécurité maritime, ne risque-t-elle pas d’être appelée à entrer dans le conflit ?"

Julien Gauthier: "Une demande de la diplomatie teylaise est envisageable, mais son acceptation par Westalia me semble peu probable pour plusieurs raisons.
Premièrement, le contexte électoral : les élections législatives auront lieu en septembre prochain, et le gouvernement de gauche actuellement en place est politiquement affaibli. Il serait risqué pour lui d’adopter une posture militariste dans un conflit lointain, surtout provoqué par un allié de Teyla.
Deuxièmement, les relations étroites entre Westalia et les Communes du Grand Kah rendent toute intervention diplomatiquement délicate.
Troisièmement, la République de Lermandie exercera sans doute une pression forte sur Westalia pour qu’elle reste en dehors du conflit, même si je doute que ce soit nécessaire.
Enfin, si Westalia devait s’engager militairement, la destruction de ses forces armées serait presque inévitable, ce qui irait à l’encontre de ses intérêts stratégiques."

Matilde Gerarld: "Un échange très instructif. Merci à Frédéric Lefrançois et à Julien Gauthier, reporter et chroniqueur chez Lermandie 1."


Source: LERMANDIE 1
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AGP

Pays concerné : Hotsaline, Grand Kah, Estalie, Mahrénie, Kaultie, Illirée, Teyla
Date : 14/09/2017
Localisation : Velsna

Dépêche AGP :
Dans le cadre de la crise altrechoise, le Sénat des Mille et le Gouvernement communal se félicite du retrait progressif de la flotte kah tanaise de la région de la Manche blanche orientale, l'un des garants selon ses membres, du démarrage d'un processus de paix durable, et un feu vert pour des négociations subséquentes visant à reconnaître la légitimité du régime de l'Altrecht, tout en assurant la sécurité de la République d'Hotsaline et de ses partenaires de la Confédération.

"Le flotte kah tanaise se retire, les missiles hotsaliens cessent de voler, et nous pouvons désormais démarrer les vraies tractations. Au boulot !" s'est félicité le Maître de la Garde Carlos Pasqual.


Sources :
850
Crise au Chandekolza, la Sérénissime République d'Achos met à profit ses relations



Suite à la dégradation de la situation au Chandekolza, la pérennité de la base militaire de Pell Iawn risque d'être compromise, en particulier suite au refus des autorités achosienne de traiter avec les colons velsniens. Néanmoins, l'apport de soutien terrestre, aérien ou maritime aux troupes sur place est impossible dû au blocus des forces coalisées. De ce fait, afin de réduire la distance en cas de situation de crise et afin de permettre une réponse urgente immédiate, la Tribune de la Sérénissime République d'Achos décide, en accord avec le traité signé avec les Communes Unies du Grand Kah, de stationner une flotte dans le port de la base Kah-tanaise au Jadida.

Cette flotte restera en stand-by, et ce jusqu'à nouvel ordre, mais restera prête à aller aider les troupes de Pell Iawn en cas de conflit.


Force en présence :

  • 3 patrouilleur de 4ème génération
  • 3 frégate de première générations

Drapeau de la base
1952
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Communiqué de l'ambassade d'Azur à Lac-Rouge
04.11.2017

Le Diwan a pris connaissance des faits, rendus publics il y a quelques temps, de la prise de contrôle des territoires non-autonomes occupés par la Principauté de Carnavale. A la fin de l'hiver 2016-2017, en plein coeur d'une terrible guerre, les populations libres de la Fédération des Marquises et les populations opprimées des îles Saint-Marin ont pu opérer la réunification de leur archipel par les forces de sécurité fédérales, assistées par les Provinces-Unies du Grand Kah. A notre connaissance actuelle des faits, l'absence de toute violence sur des civils désarmés, et l'engagement des Marquisois pour la neutralisation des armes carnavalaises présentes sur leur archipel, représentent un espoir magnifique pour la liberté des peuples celtiques, et de tous les peuples opprimés à travers le monde.

L'Azur salue l'opération de décolonisation par le peuple marquisois libre du territoire non-autonome, placé depuis trois siècles, après une brutale invasion de l'Archipel par l'Armada de Vale - dont les chefs sont les ancêtres des pouvoirs actuels -, sous la tutelle d'un régime cruel, immoral et barbare. La lutte des Marquisois, menée dans le respect des principes humains essentiels, couronnée de succès dans son intervention contre l'escalade et la prolifération d'armes destructrices telles que les sites de lancement de missiles Bonne Santé VIII, est la lutte de l'Humanité toute entière. Elle fait rejaillir sur l'Union toute entière la gloire de ses martyrs. Le Diwan reconnaît la valeur de cet engagement et félicite le Grand Kah pour l'appui donné à une oeuvre d'émancipation qui résonnent avec le combat toujours d'actualité contre l'impérialisme et l'annexionnisme.

La réunification territoriale et politique de l'archipel est désormais à portée de main. Elle contredit toutes les intentions délétères d'acteurs motivés par la violence des oppresseurs et l'appétit de conquête. Elle se lève comme une aube à l'occident du monde, illuminant les jours de tous les peuples colonisés, et en particulier des Celtes, dont la liberté ne cessera plus d'allumer de grands brasiers de révolte et d'indépendance. Vive la Fédération des Marquises ! Vive la réunification des frères et l'indépendance des peuples !
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Danser en robe jaune dans la forêt

Ils étaient trois marins, jeunes, qui ont pris la mer pour un plus bel avenir.

L'artiste Nolwenn Larenn nous dévoile son nouveau banger : la reprise d'une chanson iconique du monde briton, partagée sur tous les ports de l'Espérance Nord, dont le rythme et la ritournelle témoignent de l'envie de danser que donne l'actualité aux Marquisois. Cette envie s'envole avec l'espoir à nouveau réactivé de la liberté : la liberté de tout l'archipel.

Faut-il faire la patiente recension des brimades subies par les populations celtes des Marquises et de Saint-Marin ? De l'invasion, de la colonisation étrangère, du travail forcé, de l'émigration, de la taxation, du linguicide ? De l'invisibilisation de toute une grande nation, qui, disséminée à travers les îles et les vagues de la mer, semble méprisée par les grandes cours royales et les régimes princiers des continents ? Faut-il refaire le portrait d'archipels excentrés, de phares battus par la mer, de chaleur et de sel, du passage des navires dans ces terres en sautoir sur les routes commerciales des empires ? Faut-il dire la richesse accumulée, non pas dans les pauvres villages, la misère des habitants, les joues creusées d'une Celtie populaire officiant pour les grandes armadas des princes ? Faut-il à nouveau raconter la révolte, les armes, le feu, la fédération ?

Les fédérés ont passé la frontière ! Les fédérés ont passé la frontière ! Comme dans l'Antiquité où, libres dans les forêts, allaient par la campagne les nouvelles du monde d'un village à l'autre, où ils pouvaient surgir et résister contre leurs envahisseurs casqués et disciplinés comme du fer, les habitants des îles celtiques se sont passé la nouvelle : les soldats de la Fédération sont entrés en zone occupée ! Ils ont pris le contrôle de l'archipel ! Tir Deiridh, Tir Bhriste, et désormais Tir Martolod, dépouillé de son nom c'halleg, Saint-Marin dont la traduction dans la langue de l'occupant est une insulte à la mémoire des morts et des vivants, nos îles sont unies, pour la première fois, sous la même bannière !

Nos forces sont à Fort-Tempête ! à Fort-Marin ! Elles tiennent le territoire ! Elles le défendront jusqu'au bout ! La joie éblouit soudain le ciel gris au-dessus de la mer, comme une éclaircie après la bourrasque, l'un de ces cieux où s'envolent goélands et cormorans. La lumière ! Filtrant à travers les arbres, tombant sur les ports, reflétant les bas-fonds turquoises de la côte, brillant dans les yeux noirs, gris, verts, marrons, bleu du peuple ! Elle illumine les joyaux véritables, en fait resplendir la splendeur révélée, et désigne la volonté même des esprits : celle de l'archipel, uni et libre. Ils étaient trois marins, jeunes, qui ont pris la mer pour un plus bel avenir. Le peuple des Marquises met les voiles vers sa réunification. Au-dessus du pont, des gréements, de la surface écrêtée de l'écume, sous le vent, les oiseaux et le grand soleil, que claque notre étendard ! Notre jour est là !

TIOCFAIDH ÁR LÁ

https://i.imgur.com/HelkDTT.png
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LÉANDRE EFFRAIE
DE MÉANDRE


Docteur Philippe Géminéon

Sera votre interlocuteur à Fort-Marin.

+66600002219

Je reste à votre disposition,
Docteur Léandre Effraie de Méandre
Léandre Effraie de Méandre
3278
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No Other Love


La détonation fait vibrer ses jambes. Fumée blanche par un interstice ; la porte blindée vient de sauter sur ses gonds. L'équipe s'affaire alors à la désosser rapidement. Le levier à air comprimé la fait cliqueter. Elle inspire, bloque sur ses abdos, balance un coup de pied sur le métal renforcé ; la porte cède. En équipement, les autres se faufilent dans l'interstice. Leurs casques sanglés disparaissent dans la coursive qu'éclairent la lampe-torche fixée à leur fusil d'assaut. Go, go, et Vega s'élance à leur suite. Le compartiment suivant est celui de la mise à feu. Le boîtier lugubre y repose. De sa main gantée, elle en effleure la surface noire. Du basalte, un mélange de composés inconnus sur la Terre. On dirait la surface d'une comète, la liquéfaction d'une purée de saphir rigidifiée. La coque héberge une nymphe d'électronique connectée sur les étoiles par réseau satellitaire. Depuis la station orbitale, les ombres numériques de la volonté de Pervenche Obéron peuvent encore agir. Vega valide l'indication de son ailier et ordonne au démineur d'introduire la grenade électronique sur l'appareil. Cette arme provoque l'explosion invisible des neurones raffinés du cerveau magnétique. Court-circuit. Entièrement grillé, le silo numéro soixante-six du site de lancement des Bonne Santé VIII est neutralisé. Noir et sombre comme une cathédrale vide, il résonne lugubrement. Mission accomplie. Dans son cylindre, Vega lève les yeux. On aperçoit les étoiles. Le mastodonte ne s'y lancera plus jamais. D'ailleurs, il est vide.

Les forces spéciales viennent d'installer le contrôle kah-tanais sur Fort Marin. On hisse le drapeau au triskell. C'est une libération et ça doit en avoir l'air. La Garde communale établit un périmètre de sécurité autour des zones stratégiques. Depuis les airs, un AWACS communique le dégagement des nuées au-dessus de la mer. Les miliciens sont poussés vers un ancien orphelinat, dont les couloirs vides sont abandonnés. Le parquet craque. Vega constate leur allotissement dans des pièces vermoulues. La pluie tombe dehors. Désarmés, les Carnavalais lancent des regards torves. La jeune soldate pourrait leur écraser la gueule. Son supérieur le lui interdit sans un mot. Ce sont nos frères désormais. Et ça en a tout l'air.

Les Marins aiment les fourmis-soldats qui viennent de soustraire leur archipel au contrôle de la Ruche noire. L'ambulancière qui a aidé son équipe à identifier les entrées latérales de la base Obéron a la peau veloutée, constellée de taches de rousseur. Vega lui dévore la douceur de ses jambes. Les femmes des Marquises sont savoureuses comme de la crème. La génisse laiteuse aime les claques, et repose en paix sur le corps de la soldate. Les cinq soleils des Tzitzime voguent sur ses muscles bruns, comme des formes bleues gravées dans la pyramide.

Dans l'habitacle blanc et acier du transporteur lourd, Vega ferme les yeux. Ballotée comme ses camarades de l'autre côté de l'océan, c'est la nuit en-dehors. L'opération a été une réussite et le Commissariat ajuste des redéploiements. Elle dort les bras croisés, assise sur le banc, indifférente aux bavardages. Le bruit des moteurs de l'appareil est assourdissant. Son entraînement lui fait tout endurer. Le vacarme se mue en descente. Les feux de l'avion s'éteignent. Le routeur radar également. Les mouvements de troupe se dissimulent dans les ombres opaques du Golfe. C'est au pilote de négocier les manoeuvres d'atterrissage sur la piste numéro trois de la Citadelle. Dans la nuit complète d'un brouillard artificiel, les transferts militaires se poursuivent d'une base à l'autre de l'Union. Vega ouvre les yeux. En alerte, prête à l'atterrissage, son esprit est concentré sur le présent.

De l'autre côté de la Terre, la pluie tombe doucement sur le parc de Tlacuahian. Le soleil vient de se lever, un oiseau multicolore passe comme un ruban de soie au-dessus de la brume. Une chanson réveille Xia.

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Au-delà de la brume

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la frontière est tombée
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ʹVales out now !


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— Merci à tous d'être venus. Chers amis, chères amies, chers camarades... chères camarades. Prenez-place, je vous en prie, on vous en prie... Salut, Patrick, merci d'être là... Aisling, content de te voir, comment vont les enfants ? Ah Brendan, pour une fois qu'on ne te voit pas errer entre les tables d'O'Genisse... Ha ha aller va t'asseoir. Asseyez-vous, frères et soeurs en Christ, mes camarades. Maitilde, merci d'avoir pris le temps, je sais que tu es très occupée à la coopérative. Uli, salut. Ça va ? Kieran, Alby... Ça me fait plaisir que vous soyez là tous les deux. Il reste des places sur le côté. Bien, hum hum. Le micro ? Un, deux,trois.
— Ouhlà moins fort Greagoir.

— Moins fort Greg.

... est un test. Un, deux, trois. Et là vous m'entendez ?

— Parfait Greg.

— C'est bien dans le fond !

— On peut y aller Greg.

— Camarades... Attend, comment ça marche

— dans l'autre sens Greg !

— Arrêtez de vous foutre de moi. Bonsoir, camarades ! Bonsoir, Tir Bhriste !!

Ouhouu !!

— Ça fait plaisir de vous voir. Y a du monde ce soir, hein, Saoirse ?

— On t'aime Greg !

— Ha ha, c'est réciproque. Bon les gars, il faut qu'on commence. Donc d'abord, merci d'être venu ici si nombreux à notre appel, on sait qu'on est en semaine et que c'est pas très arrangeant avec la garde des gosses pour les uns, le travail pour les autres, on a pas avec nous Daimian, il est en mer... C'est ça ? Non ? Ah non il est en congés à Axis Mundi. OK, excusez-moi... Monsieur prend des vacances sous les tropiques... Il va nous revenir cuit comme un beignet... au plantain...

— Tu t'égares, Greg.

— Oui, désolé. Bon les camarades, si on a fait cette réunion ce soir avec les camarades, c'est pour parler d'un sujet qui vous le savez est très important pour nous tous ici, nous autres les Marquisoises-Marquisois... Marquisiens... Marquis ?

— Ouais on est des marquis !!!

— Ha ha va pour les Marquis. Les habitants de cet archipel, ces chères îles qui sont les nôtres, de Pioëzaire à Kilkennford, des Formosi Douardéac, et j'en oublierai, mais surtout, de Tir Deiridh à Tir Martolod, de Fort-Marin à Fort-Tempête !!!

— Bravo !

— Bien dit Greg !

— Alors les gars, on a tous suivi les derniers événements. Nos gardes communaux ont passé la frontière, ils ont planté le triskell sur le château du petit Marquisat... Méandre de Salamendre, ou je sais plus comment on l'appelle lui... Ha ha riez pas trop fort. C'est notre "concitoyen", après tout...

— Bouh !

— ... non ?

— Non !

— Dehors les 'Valais !

— J'suis d'accord avec toi sur celle là Brendan, et plutôt deux fois qu'une. C'est ça, les amis, les filles, les gars. Le sujet, ce qui nous rassemble ici. On aime notre pays, on aime notre liberté, on aime notre indépendance. Et on aime nos îles, on aime toutes nos îles, sans exception, sans exclusive !

— Ouais !

— Il faudra qu'ils l'entendent à Axis Mundi, ici, c'est une terre qui a une histoire de résistance, de rébellion, de piraterie ! On est tous les descendants de tous les marins de la Terre, des rescapés de naufrages, des mutins, des gars et des filles que les têtes couronnées ont jeté hors du Vieux Monde pour garnir leurs bagnes, leurs colonies... Et j'en passe ! Nous, les camarades, on sait ce que c'est d'être un sous-peuple, disposable à merci, corvéable, taxable, imposable, giléjaunable, et on l'a fait payer à nos anciens maîtres !

— On leur a fait payer !

— Tu t'en rappelles, hein, Brendan ! ... Ben non tu t'en rappelle pas, t'es un perdreau de l'année toi. Assied toi, t'as pas assez de bouteille... Ha ha je déconne, nan assied-toi Brendan par contre. Toi tu es trop jeune ici, mais des histoires de famille, on en a tous ici. Hein, des camarades qui ont pris le fusil contre l'Empire, on en a tous ici. Des parents qui sont allé se battre pour notre liberté, pour la liberté de toute l'Union, on en a tous ici. On les connaît, on sait ce qu'on leur doit, et on sait que ce qu'ils ont fait, on est prêts à le refaire pour eux.

— Bravo !

— Tu parles bien Greg !

— On le fera, et le refera, autant de fois que nécessaire ! Alors, que tout le monde se le colle bien dans le crâne : oui, on est certes pas nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche, certes, nous ne sommes que de modestes cultivateurs de choux et de carottes, des pêcheurs à la ligne ou au filet, des bateliers de toutes les mers, certes, on fabrique pas des microprocesseurs en titanium, certes, on est pas tous des ingénieurs en thermonucléaire multipolynomial, certes, on est un peu simplets, on a nos petits chalutiers, nos rapiéceurs de filets, nos réparateurs de moteurs, certes, on est pas aussi bien que vous, ô vous les grands messssieurs-dââmes de l'Eurysie continentââle, qui brillent sous les projecteurs toute l'année... certes, grandes majestés, nous ne sommes que des pêcheurs, des marginaux, des gueux, des moins-que-rien, des sous-chiens, des...

— Bon ça va Greg.

— ... des fourmis du Quart-Monde, des chances pour la France, des...

— On t'a dit que ça va Greg !

— Pas besoin d'en faire trop !

— ... des... voilà... vous m'avez compris... Eh bien, Messieurs-Dââmes, les rois, reines, princes, princesses, présidentes, premiers-ministres, chanceliers, qu'aussi altier et doré soit votre trône, on est jamais assis que sur son cul, et que nous aux Marquises, on a la bonne tradition de savoir vous le plomber !

— Ouais !!

— On leur plombe le cul !

— On vous plombera le cul, les seigneurs, régents, majestés ! Car ici, c'est les Marquises, et les Marquises, c'est nous !

— Bravo !

— Et on le dit aussi à nos camarades, à nos amis, aux autres qui regardent : vous avisez pas de vous tromper sur notre compte. Ce qu'on dit qu'on fait, on le fera. Ce qu'on a pris, on le gardera. On a pris la frontière ! On a repris nos îles ! Et on les gardera ! Et nous, ici, présents, on fera en sorte que ça soit bien sûr ! Alors les camarades, je vous invite, les amis, solennellement, à poser vos bières, et à vous lever, oui même toi Brendan, tu peux te lever, levons-nous les camarades, et jurons ! Pour le salut de notre terre, pour la liberté de nos aïeux, de nos enfants... Un seul peuple, d'une île à l'autre ! Plus jamais de frontière ! Plus jamais d'autoritaires ! Liberté des communes ! Démocratie locale ! Propriété collective ! On va leur en faire voir de toutes les couleurs, de notre modèle ! Un produit d'exportation, n'est-ce pas ? Alors pourquoi on y aurait pas droit à domicile, je vous le demande ? Jurons, les gars, les filles, de défendre, plus chèrement que notre propre vie, la liberté de l'archipel. Pour toutes les îles ! Toutes les îles ! Na hoileán go léir !

— Na hoileán go léir !

— ... bon, les camarades, on a des choses à vous proposer, avec Siobhan, avec Daimian, avec les autres, on va s'organiser, on va mettre en place des choses, on va s'assurer que les engagements sont bien tenus. Car nous sommes notre propre police, nous sommes notre propre gouvernement, pas vrai ?

— C'est vrai Greg !

— Et attendez, attendez, faites attention, croyez-pas qu'on est naïfs, qu'on sait pas très bien ce qu'on nous dira, là-bas dans l'Eurysie continentâââle... Que tout va bien, qu'on a rêvé, que c'est pas un archipel qu'on habite, c'est un lagon du paradis ! Vous le savez aussi bien que moi. Vous connaissez toutes leurs techniques pour renverser l'opprimé face à son oppresseur, pour repeindre en égalité ce qui est de l'exploitation. Vous les connaissez, ces artifices du langage, et on a des amis dans le monde qui les connaissent, et qui en ont marre comme nous, et qui seront pas dupes, et qui nous fileront un coup de main s'il le faut. L'époque où on décidait pour nous, elle est finie ! Depuis deux semaines à Fort-Marin, depuis deux siècles à Fort-Tempête !

— Dis-leur, Greg !

— De Fort-Marin à Fort-Tempête, les Carnavalais, dehors !

Carnavales out now !

'Vales out now !

— Bon les gars, j'ai plus de voix là. Vous m'avez trop fait gueuler. Je vous donne rendez-vous la prochaine fois, pour la réunion de notre club, "Toutes nos îles !", donc "Na hoileán go léir !" Place à la musique. Place aux histoires. Cette frontière, vous savez ce qu'elle représente pour nous, pour nos familles. Aucune frontière n'est jamais un ruban de gala, mais celle-là, particulièrement, vous savez comme moi tout ce qu'elle charrie de sang et de souffrances. Un peuple coupé en deux. Les frères séparés des frères, par un cordon sanitaire, une corde d'étranglement, pour tuer la liberté et l'anéantir au fond des mers. Racontez tout ce que vous voulez, vous les autres, les grands, les importants, vous ne nous ferez pas passer des vessies pour des lanternes. Nos "amis" ! Nos "concitoyens" ! La belle affaire ! Qu'ils commencent par rendre les châteaux, les pâturages, les bateaux ! Qu'ils se rendent aux tribunaux ! Qu'ils ouvrent leurs caves ! Bref. Je sens que vous me faites redémarrer alors que j'avais fini. Aller, je me tais. Que parle la musique. Elle qui dit mieux qu'aucune parole le feu de notre histoire, et les flammes de notre avenir.



À toi, Sinéad !





https://i.imgur.com/hEO1tC3.png

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Léandre Effraie de Méandre

Entouré de ses miliciens en civil, Léandre Effraie de Méandre s’éponge le visage sur le tarmac d’Axis Mundi. Sur son épaule, sa conscience virtualisée se matérialise sous forme d’un hologramme de dix centimètres qui a son apparence exacte.

- L’enfer, qu’est-ce qu’il fait chaud… foutu pays barbare…

- C’est le Paltoterra, c’est un continent chaud… dans tous les sens du termes…

- C’est quoi tous les sens du termes ?

- L’air est chaud et humide, olé ! et les filles aussi ! olé !

Les miliciens :

- Olé !

Léandre :

- Je pensais que ce serait comme aux Marquises : humide, froid et des femmes moches.

- Ne me dis pas que tu te sens déjà dépaysé Léandre ?

- Et alors ? Je n’ai pas le droit d’avoir le mal du pays ?

- On a atterri depuis moins de vingt minutes.

- Et personne ne vient nous chercher ?

Sa conscience lève les yeux au ciel.

- C’était littéralement dans le brief : c’est plus discret si on se fond dans la foule. Tu as écouté quoi que ce soit aux réunions ?

- Et à quoi bon m’être créé un double virtuel si ce n’est pas pour mémoriser ce genre de choses à ma place ? Bon on va où ?

- On passe la douane et on a l’adresse d’un hôtel où rencontrer nos hôtes.

- Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour s’acheter des sous-marins lance-missiles je vous jure. Heureusement qu’on voyageait en première. La climatisation me manque…

- Par-là, les gens ont l’air d’aller par là.

Les tracasseries douanières se déroulent avec la nonchalance des grands aéroports habitués à l’exercice et l’efficacité bien connue des nations communalistes. Léandre se plaint que la file n’avance pas, puis il se plaint que personne ne parle carnavalais. Heureusement que son hologramme, en mode discret pour l’occasion, lui souffle la traduction en direct dans l’oreille.

- Et ça c’est quoi ?

- Quoi ?

- Il demande ce que c’est que ça.

- Mon boîtier ?

- Quoi ?

- Il dit quoi ?

- Il dit quoi.

- Un boitier. C’est un boitier. Boi-tier. Machine.

- Je vois bien que c’est un boitier il me prend pour un con le gosse ? Il sert à quoi ce boitier ?

- Quoi ?

- Il demande à quoi sert le boitier.

- Holographie, communication, téléphone téléphone. Hologramme. Image. Rah ça va prendre des heures de tout expliquer, je l’allume.

Le douanier Kah-tanais lève un sourcil lorsqu’une petite réplique de Léandre Effraie de Méandre s’affiche sous ses yeux et le salue.

- Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Un jouet ?

L’hologramme répond directement en syncrelangue :

- Conscience virtuelle monsieur. Comme un disque dur avec commande vocale, ça permet de se souvenir de choses utiles, comme un secrétaire de poche. On peut également avoir une conversation socratique avec soi-même. C’est très prisé en Carnavale même si ça coûte encore un peu cher.

Le Kah-tanais explose de rire.

- Sadao ! Viens voir ça ! Il y a un petit bonhomme qui parle le syncrelangue.

- Il a dit quoi ?

- Il appelle sa collègue.

- Quel pays moyenâgeux, j’ai l’impression d’être un ours dansant dans une foire.

- N’exagère rien, leur science est juste plus populaire et donc moins spécifique.

La collègue Sadao arrive et découvre à son tour l’hologramme qui la salue.

- Vous parlez camarade hologramme ?

- Aussi bien que vous ou votre collègue camarade.

- Étonnant. Vous devez être Carnavalais pour vous promener avec ce genre de gadget ?

La conscience croise les bras, vexée.

- Gadget, parlez pour vous. Ce n’est pas parce que je n’ai pas de corps que je n’ai pas le droit au respect.

Le premier douanier explose de rire à nouveau. Sadao concède.

- Vous avez probablement raison camarade. Camarade comment ?

- Méandre, seigneur des Îles Marines, votre voisin.

- T’as dit quoi j’ai entendu notre nom ?

- Je nous ai présenté.

- Que venez-vous faire au Grand Kah monsieur Méandre ?

- Profiter du climat et bronzer.

- Amusant pour un hologramme.

- C’est mon original qui va s’en charger à ma place, il est très serviable.

- Je n’en doute pas. Monsieur l’original pouvez vous répondre à mes questions vous aussi ?

- Elle a dit quoi ?

- Il parle pas syncrelangue.

- Et lui il a dit quoi ?

- Que tu ne parles pas syncrelangue. Mon original ne parle pas syncrelangue.

- Tu leur as dit quoi ?

- Léandre s’il te plait laisse-moi gérer.

- Vous venez de lui dire quoi ?

- Pardon un interlocuteur à la fois sinon on ne sait plus qui parle et c’est très agaçant. Je parle un peu français on va essayer directement comme ça. Vous je comprends quand vous je parle monsieur Méandre ?

- Non.

- Mais enfin fais un effort !

- La grammaire c’est n’importe quoi.

- Vous comprenez pas je dis ?

- Léandre !

- Si si je comprends vous dites. Vous voulez quoi ?

- Parfait monsieur Méandre alors vous venez pour faire quoi à Axis Mundi ?

- Visiter des musées.

- Votre machine elle dit vous plage bronzer.

- C’est idiot c’est un hologramme, il ne peut pas bronzer.

- Non si c’est vrai c’est illusion.

- Hologramme.

- Alors vous contredisez le hologramme ?

- Rien du tout c’est moi qui décide ce qu’on fait ce n’est que ma conscience virtuelle on en a rien à foutre de son avis !

- Je pardon j’ai pas compris ce que

BIPBIPBIPBIPBIPBIP

- Merde alors qu’est-ce qui se passe ?

- Deux Carnavalais qui ont essayé de passer la douane avec un exosquelette bourré de couteaux !

- Il se passe quoi ?

- J'ai l'impression que les exosquelettes sonnent au détecteur de métal. J'aurai dû y penser, avec les modèles en carbone ça n'aurait pas été détecté.
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« La retraite c'est la mort »

Vanwe Piotroff à Lac-Rouge (HRP : Jean-Yves Le Drian)


— Il n'y a rien à faire. La retraite, c'est la mort, tu vois !

— Je vois.

La voiture roulait lentement sur le boulevard lorsque Hervé Lepput avait eu l'idée de reposer la question au ministre. Car il convient d'appeler « Monsieur le ministre » celui qui ne l'est plus. « Vous ne voulez pas juste vous poser à Lac-Rouge et prendre des vacances ? », qu'il avait demandé. Non, non, non et encore non, mais Lepput le savait bien. Pendant plus de dix ans, il avait été le directeur de cabinet du vieil homme. Alors, pensez ! il avait bien conscience que son patron ne changerait pas d'avis de sitôt. D'ailleurs, il s'y était pris en amont : voilà un an déjà qu'il avait fondé son amicale gallo-kahtanaise, prétexte de ce voyage.

L'homme d'âge mur dont nous parlons, c'est Vanwe Piotroff. Ce nom est moins connu depuis quelques temps, mais il l'a été autrefois. Attention, qu'on ne s'avise pas de lui dire qu'il a fait son temps ! Il tient à dire qu'il est toujours de la partie. Vanwe Piotroff est un homme politique gallèsant de gauche, actif avant la Révolution de 1988, et entré pour la première fois au gouvernement en 1992. Membre du Parti social pour la liberté (PSL) qu'il a dirigé entre 2002 et 2004 avant d'en incarner l'aile gauche, il était peut-être l'un des plus grands soutiens du Kah, autant au gouvernement que dans ce parti qui gouverne sans discontinuer depuis plus de vingt ans. Il avait d'ailleurs de quoi peser : entre 2002 et 2010, il était ministre des affaires étrangères. Il a toujours eu l'oreille du premier ministre Michal Trëvenon, ce dernier pensant même un moment faire de lui son successeur provisoire.

Sauf que voilà, Trëvenon n'est plus au pouvoir, et de toute façon Piotroff n'est plus ministre non plus. Il a quitté les affaires étrangères en 2010, pour la Santé, puis il a perdu les élections internes qui visaient à désigner le nouveau premier ministre, en 2017. Maintenant que le nouveau chef, Urvoit Nàsier, a succédé à Trëvenon, Piotroff n'a plus de portefeuille. Mais le "doyen de Ligert" a toujours de l'influence et un carnet d'adresse bien fourni.

La voiture déboulait à présent sur l'avenue Antique, tournant le dos à Axis Mundis qu'elle venait de traverser. L'architecture de la ville, Piotroff ne la connaissait que par celle de la Commune spéciale, qu'il avait fréquentée du temps qu'il était le premier diplomate de Gallouèse. Il y avait longtemps qu'il n'y avait pas mis les pieds d'ailleurs. Mais l'architecture de la commune dans laquelle ils entraient lui était parfaitement inconnue. Il allait avoir l'occasion de l'explorer plus avant, puisque la berline cessa là sa marche. Le quartier était piéton.

Ils étaient deux à attendre l'ex-ministre au parking. Piotroff descendit, son gorille gallèsant lui tenant la porte. Lepput le suivit. Leurs guides les accueillirent et les menèrent à travers ce quartier fortement marqué par l'architecture coloniale. Ils étaient attendus au Palais des congrès de la commune, pour un petit colloque sans prétention, sur le thème « les défis de l'Eurysie et la Révolution ». Participait toutefois Actée Iccauhtli, la Commissaire aux affaires extérieures du Kah. Autrefois l'homologue de Piotroff. Le colloque allait être l'occasion de lui toucher quelques mots, à elle et à d'autres. Et de faire connaître Justice, l' « amicale » gallo-kahtanaise dont Vanwe Piotroff se faisait fort d'être le président.
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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 11 juillet 2018

"Nous ne pourrons pas construire éternellement des flottes de destroyers pour la simple satisfaction des va t-en guerre.": A Velsna, conservateurs et opposition sur la piste d'un droit maritime en Manche Blanche.



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Le destroyer de classe Antipater "Silistra", pointé comme une illustration de la démesure des moyens accordés à la Marineria


Il est rare de constater des points d'accords entre des membres des différentes factions conservatrices soutenant le Gouvernement communal et les groupes d'opposition sénatoriaux. Après un début de mandature marqué par un travail législatif relativement peu soutenu comparé à ce qui ft décrit comme une "frénésie" légaliste, les représentants les plus proches des interêts de la Marine velsnienne sont depuis peu sous le feu des critiques, depuis l'annonce, en l'occurence, du lancement d'une nouvelle classe de destroyer à compter de l'année 2018. Si ces navires étaient sur la planche à dessin depuis la fin de la guerre civile, c'est le lancement effectif du premier d'entre eux prévu pour début Aout 2018, le "Silistra", qui sème la zizanie sur les bancs du Sénat des Mille.

Pour les uns, le Silistra est devenu le symbole de la "déraison" budgétaire et des largesses "bien trop généreuses" accordées à la Marineria. Pour les autres, il est la démonstration du déploiement de l'appareil militaire velsnien comme un "outil de répression doté d'une capacité d eprojection". Si opposition et une partie d ela majorité se retrouvent sur la critique, l'argumentaire ne relève donc pas de la même nature. Certes, notre rédaction s'était habituée à voir l'opposition systématique des eurycommunistes à tout projet de nature militaire, ou du moins "des projets qui sont voués à réprimer les peuples et à s'accaparer leurs biens", mais la nouveauté réside indéniablement dans le renouvèlement de cet argumentaire lié à une tendance de fond qui a été pointée du doigt par le biais du "Silistra".

En premier lieu, avec le Silistra, ce sont les "privilèges" de la branche maritime de l'armée qui soulèvent de plus en plus de critiques. En effet, il est de notoriété commune que la Marineria, non contente d'être la branche la plus financée et la plus soutenue au sein du système de défense nationale, s'est imposée au fil des années comme un groupe d’intérêt puissant. Contrairement à l'armée républicaine, composée en grande partie de Gardes civiques constituées de citoyens mobilisés temporairement selon les besoins, la Marineria est un corps entièrement professionnel, organisé selon certains observateurs comme une corporation de métier à part entière, doté de leviers politiques importants et tenant à la défense d'un "pré-carré" et de "particularismes". Illustration de la puissance de la Marineria: deux membres du Gouvernement communal actuel ont figés ou figurent toujours dans leurs rangs. Cette puissance politique n'a pas été sans attirer de plus en plus la préoccupation et la défiance d'une part importante de la classe politique. Les demandes incessantes de ma Marineria matière de dotation et de financements n'a fait que renforcer une rupture entre les trois factions conservatrices principales: les "achosiens" et les "affairistes", soucieux de développer la marine, les uns pour satisfaire les inquiétudes des cités d'outre-mer quant à leur défense, les autres pour satisfaire les besoins sécuritaires consécutifs à l'ouverture de routes commerciales vers le Nazum. Face à eux, les "constitutifs", entendent freiner des quatre fers ce mouvement de fond, dans leur politique traditionnelle de développement économique de la métropole, bien davantage que pour les "aventures extérieures".

Si cette tension existe depuis toujours, les récents aléas de la géopolitique régionale de la Manche Blanche ont donné à ce conflit latent une toute autre dimension. Il n'est désormais plus seulement question des dotations de la Marineria, mais du rôle de ma Marine au sein même de la société velsnienne, et d'un triste constat sur les mécanismes des relations internationales. Frederico Scapini, analyste international, explique:

" Si pendant longtemps le pouvoir politique a considéré la guerre et le conflit comme un prolongement, certes malheureux de la diplomatie, mais naturel, quelque chose a changé ces dernières années: les flottes sont devenues de plus en plus grandes, elles coutent de plus en plus d'argent aux budgets des états riverains de la Manche blanche, et elles mobilisent un personnel de plus en plus nombreux. Cette tendance à la militarisation de la Manche Blanche s'est observée chez de nombreux pays: Velsna, Teyla, Tanska, Rimaurie...personne n'a l'air de faire exception. Une part importante de la société velsnienne se trouve bloquée dans un cercle vicieux potentiellement destructeur: d'un côté, il faut apporter des débouchés au secteur de la construction navale militaire qui est tout puissant à Velsna, de l'autre chaque construction de navire renforce la militarisation de la Manche Blanche, qui alimente d'elle même le besoin de posséder une flotte encore plus importante, et ainsi de suite. Le problème est que ce changement de dimension des moyens militaires résulte en une prise de proportion sans précédent de la moindre crise politique ou incident diplomatique, qui eut éclater en un conflit pouvant potentiellement mettre le feu à la Manche Blanche toute entière, par les divers mécanismes d'alliance qui régissent la région. Nous sommes désormais dans la situation ou la moindre sollicitation d'alliance peut conduire à une guerre de dizaines de milliers de morts, et à des niveaux de destruction qui auraient été impensables il y a encore vingt ans. Et la classe politique velsnienne est partie prenante et en partie coupable, à l'instar de toutes les autres, de ce phénomène."

L'avertissement est donc lancé: pour Scarpa, la perpétuation de ce mécanisme devrait finir par conduire à une catastrophe politique qui n'épargnera personne. Dans un contexte de crise en Hotsaline qui a pu faire apparaître certains de ces mécanismes infernaux, et qui ont fait craindre un embrasement généralisé d'un conflit local, certains sénateurs commencent à réfléchir ouvertement à ma création d'un organe de régulation du droit maritime en Manche Blanche, chargé de tempérer les aspects les plus pervers de cette situation. L'analyste reprend:

" Il existe plusieurs moyens de constituer un organe puissant, et doté de prérogatives utiles: la constitution de routes maritimes sécurisées et libre de tout convoi militaire, une meilleure définition des eaux territoriales de chaque État riverain de la Manche Blanche, voire même la limitation d'un tonnage autorisé à la circulation en Manche Blanche, tout cela pouvant être acté de manière collégiale dans le cadre d'une organisation dépassant le simple clivage multipolaire ONC/OND/Liberalintern/Pays "neutres". Sans de telles dispositions, ce n'est qu'une question de temps avant que la Manche Blanche ne devienne le théâtre d'un affrontement de masse provoqué par ce système d'alliance. Nous pourrions faire avaliser de telles décisions par la création d'un système de représentation par alliance au sein de cet organe hypothétique: deux voix pour l'OND et affiliés (Teyla, Tanska, Caratrad, Nordlig Kors), deux voix pour l'ONC et affiliés (Velsna, Rasken, Dodécapole), deux voix pour le Liberalintern (Altrecht, Khorne, Slaviensk) et une voix représentant les nations non alignées."

Si ce dernier reste lucide quant à l'évolution des tonnages militaires des différents pays en Manche Blanche, Scarpa est satisfait de constater un début d'infléchissement des mentalités parmi la classe politique velsnienne: les intérêts de la Marineria ne paraissent plus aussi intouchables qu’auparavant.

"Il ne reste plus qu'à espérer qu'il existe chez nos voisins des individus volontaires qui partagent ce constat. Mais je suis pessimiste quant à un certain nombre de pays."

2205
"Révolution": livret de composition



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Le jeune compositeur Vincenzo Espero en pleine représentation kah tanaise


Dans le cadre de sa grande tournée mondiale, le compositeur velsnien Vincenzo Espero présente ce 23 juillet ce qu'il nomme lui-même son "magnum opus", un opéra fleuve d'une durée de plus de six heures et demi entièrement consacrée à la jeunesse, la vie et la mort de l'ancien secrétaire général de la Loduarie: "Révolution". Ce dernier dresse un portrait aussi complexe que sans concession sur l'ancien dirigeant controversé: du renversement de la dictature fasciste loduarienne et son arrivée au pouvoir, des espoirs assouvis ou déçus du peuple loduarien, jusqu'à sa confrontation fatale avec les puissances capitalistes, Espero tente de démêler le tyran du libérateur des peuples, alcoolique notoire de l'humaniste, le soldat héroique du tyran paranoïaque... Un exercice du funambule que la critique velsnienne a déjà louée par une éloge quasi unanime du milieu spécialisé. Dans le rôle de Lorenzo, le compositeur n'a pas hésité à "casser les codes", en castant un comédien "issu des minorités", qui correspond avec les valeurs d’humanisme prônées par le dictateur loduarien durant sa vie, en l'occurence l'acteur d'origine wan (Tavaani), Timo Maarat, qui correspond également, toujours selon l'auteur, à la "carrure physique du personnage".


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Timo Maarat



Acte 3, Scène 4 – Salle de réunion, à la frontière de la Loduarie


(Orchestre. Cordes graves, tempo instable. Les cors sonnent "l'appel de la guerre".)


Récitatif – Lorenzo

(parlé-chanté, heurté)

LORENZO
Encore ces murs étriqués, encore ces traités…
Et cette vodka amère qui brûle ma gorge
Plus que tes regards, ô Reine de Teyla.
Parle vite, Catherine,
La patience n’est pas loduarienne.

Air – Reine Catherine

("noble" et méprisante)
CATHERINE
Je règne par l’ordre et la loi,
Par la mesure et la raison.
Teyla prospère quand la Loduarie titube,
Guidée par un tyran qui confond
Des voleurs de panneaux, et des envahisseurs.

(Orchestre élégant, clavecin et hautbois)

Air – Lorenzo

(aria agitata, syncopée)
LORENZO
Tu parles de loi comme d’un acquis,
Froid, poli, sans sang.
Moi je gouverne par le feu,
Par la colère des hommes libres !
La Loduarie ne s’agenouille pas
Devant une reine obèse !

(Crescendo violent, percussions)

Duo – Confrontation

(les voix s’entrelacent, dissonantes)

CATHERINE
Sans moi, ton pays s’effondre—
LORENZO
Sans toi, je respire !
CATHERINE
Tu n’es qu’un tyran ivre—
LORENZO
Et toi qu’une bouche pleine d’or !

(Silence soudain. L’orchestre suspend une cadence.)

Coda – Lorenzo

(sec, parlé, brutal, sans musique)

Tais toi la grosse !

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