12/05/2019
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Conseil de Sécurité et de Coopération (CSC) - Page 9

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Gauthier Gribelin : Chers homologues, la diplomatie impériale ne s'arrête pas, qu'importent les coups qui lui sont assénés par ses ennemis les plus belliqueux. Aussi, nous sommes grandement de prendre part à de nouvelles discussions pertinentes et productives qui permettent de faire avancer notre coopération vers un continent aleucien toujours plus en paix, toujours plus solidaire et toujours plus prospère. Le point soulevé par les représentants akaltiens au sujet de l'énergie nucléaire est un point d'une grande importance pour les économies de l'ASEA et son espèce de libre-échange, car l'énergie nucléaire est un pilier essentiel de la production d'énergie aleucienne soutenant ainsi nos productions industrielles, nos armées et nos services publics.

Je remercie donc la délégation initiatrice de cette proposition pour sa volonté manifeste de raviver l’élan de coopération qui a longtemps fait la force de notre Alliance pour la Sécurité Économique de l’Aleucie mais qui peut parfois se retrouver quelque peu mis en sommeil du fait des turbulences mondiales et de crises de gravités variables nécessitant la pleine attention des diplomaties nationales, ne permettant plus ainsi de se consacrer entièrement à nos projets communs. L’Empire du Nord salue ainsi tout effort sincère visant à replacer la solidarité continentale au cœur de nos échanges, surtout à une époque où l’unité n’est plus un luxe mais une nécessité face aux menaces systémiques qui pèsent sur nos sociétés.

Sur la question de l’énergie nucléaire, la position de l’Empire est claire depuis de nombreuses années : le nucléaire civil est une technologie de souveraineté, de stabilité énergétique, et de réduction des émissions. Mais il est aussi une technologie à double usage, hautement sensible, dont la maîtrise exige rigueur, sécurité, transparence, et respect absolu des règles de bon usage et bonne gestion de celle-ci. Cette coopération que vous portez sur ce sujet s'inscrit par ailleurs pleinement dans la vision globale de l'alliance telle que formulée par l'Empire à l'occasion de la prise de présidence de notre alliance par l'estimée République de Lermandie. Une coopération universitaire et technologique pour l'avenir, une coopération de renseignements stratégiques pour la paix, une coopération d'investissements pour la prospérité.

L’idée d’une Autorité Aleucienne sur le Nucléaire, si elle est maniée avec discernement et d'un concert efficace entre ses parties, pourrait contribuer à renforcer nos normes communes de sûreté nécessaire à des collaborations multilatérales plus poussées en la matière, favoriser l’échange d’expertise technique qui permettraient de renforcer la résilience de nos secteurs nucléaires respectifs, et stimuler nos capacités de recherche, notamment sur le défi immense, mais porteur d’espoir qu’est la fusion nucléaire contrôlée dans laquelle nous pourrions être précurseurs en alliant nos moyens à cette œuvre et garantir une abondance énergétique propre et plus formidable que l'homme n'ait jamais connu, donnant à nos économies des moyens énergétiques presque infinis et faisant du marché commun aleucien une des économies les plus fortes au monde.

Toutefois, nous devons être lucides : une telle initiative ne saurait voir le jour sans garanties très précises sur trois points fondamentaux :

Premièrement : la pleine préservation des secrets industriels et stratégiques nationaux.

En effet, si nous avons toujours œuvré ensemble pour un rapprochement de nos nations, une interconnexion plus forte et une solidarité résiliente, nous nous sommes toujours exprimés en défaveur d'une alliance supranationale qui mettrait à mal notre souveraineté fondamentale, bien que nous acceptons volontiers que celle-ci soit remodelée et grignotée sur certains points pour notre bien commun, l’Empire du Nord ne saurait tolérer une structure qui pourrait, même involontairement, conduire à une dilution de ses technologies les plus hautement sensibles sans une volonté claire et absolue des détenteurs ou à une perte de contrôle sur ses installations. Toute coopération doit reposer sur le volontariat, la transparence des finalités et la sécurité juridique des échanges. Nous sommes favorables à une coopération poussée en la matière, pourvue que celle-ci ne devienne ni un frein ni un cheval de Troie.

Deuxièmement, l’exclusion explicite de tout objectif potentiellement militaire ou de tout lien avec les usages stratégiques agressifs.
L’Empire est une puissance nucléaire responsable, soumise à un contrôle démocratique fort, mais il n’acceptera aucune fuite en avant de la technologie nucléaire à des fins militaires comme l'usage de la radioactivité comme agent toxique envers les populations ou volonté d'utiliser son potentiel de réaction. Cette Autorité, si elle devait exister, devrait être strictement cantonnée au domaine civil. Je suis persuadé qu'aucune nation ici présente n'a de tels dessins, toutefois il nous paraît nécessaire d'être absolument claires.

Troisièmement : une gouvernance rigoureuse, fondée sur le consensus et le respect égal des souverainetés. Il ne saurait y avoir de domination technologique de la part de quelque puissance scientifique ou économique. Cette autorité, si elle voit le jour, devra être dirigée de manière responsable et équitable, et si elle est financée à hauteur des moyens de chacun, cela ne doit pas être un critère de primauté ou de supériorité dans ces recherches. L’Empire propose donc, si l’idée doit avancer, d'un réseau d'innovation et de sécurité doté d’un comité scientifique, d’une charte commune, et d’un mécanisme de coopération sur la base de projets communs.

Enfin, je me permets d'y revenir, s’agissant de la fusion nucléaire, l’Empire partage pleinement l’enhousiasme de ses partenaires. La maîtrise de cette énergie pourrait marquer une révolution civilisationnelle comparable à celle du feu ou de l’électricité, si ce n'est plus formidable. L'Empire dispose d’un écosystème de recherche avancé sur le sujet, et nous sommes prêts à ouvrir des plateformes de collaboration, à condition qu’elles soient pilotées par des experts, non des diplomates.

En conclusion, l’Empire du Nord n’écarte pas cette initiative, bien au contraire. Mais il appelle à la prudence conceptuelle et à la précision institutionnelle. Il est prêt à participer activement aux groupes de travail préparatoires, à accueillir une première réunion technique sur le périmètre du projet, et à discuter d’un cadre commun volontaire, décentralisé, scientifique et apolitique.

Nos peuples ont droit à la sûreté, à l’innovation, et à l’énergie propre. Faisons honneur à cette promesse, sans jamais perdre de vue l’équilibre entre ouverture et souveraineté.

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Gauthier Gribelin, Représentant plénipotentiaire impérial à l'ASEA


Chers alliés,

Assumer aujourd'hui la présidence de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne n'est pas un honneur ordinaire pour moi et pour mon pays. C'est une responsabilité pleine et entière, exceptionnelle, dans un moment qui, lui aussi l'est tout autant. L'ASEA ne se trouve pas simplement à un tournant, mais face à une épreuve de vérité, pour ses structures fondamentales et pour ses membres. Les tensions récentes entre plusieurs des parties de l'alliance, les fractures diplomatiques qui ont opposé Stérus à Westalia et à la Lermandie et par extension à notre alliance toute entière, les dynamiques d'escalade qui ont, un temps, laissé entrevoir le spectre d'un conflit ouvert après le départ de Stérus de notre organisation, tout cela ne constitue pas une parenthèse regrettable que l'on souhaite refermer mais une succession d'évènements qui ont été à mon sens le signal que nous devons entendre sans détours, sans confort intellectuel, sans illusion.

Car une alliance ne se mesure pas seulement dans les périodes de stabilité, mais dans sa capacité à résister aux crises, à absorber les tensions, à continuer d'exister lorsque les intérêts divergent parfois. Et sur ce point, nous devons collectivement faire preuve de lucidité : ces dernières années ont été marquées par une forme d'immobilisme de notre part. Non pas par manque de volonté individuelle, mais par dispersion des priorités, par accumulation de crises nationales autant qu'internationales et par une difficulté croissante à maintenir une vision commune claire. L'ASEA a continué d'exister, mais elle a moins agi. Elle a moins structuré. Elle a parfois même laissé les événements la dépasser. Pour notre part, nous l'admettons volontiers, nous avons délaissé notre activité au sein de l'alliance lorsque l'Holocauste d'Estham suivit de la guerre contre Carnavale sont survenus. Toutefois, une alliance qui ralentit dans un monde qui accélère prend du retard. Une alliance qui hésite dans un environnement instable devient vulnérable et s'expose aux foudres des opinions publiques. Une alliance qui se contente de préserver l'existant finit, à terme, par le perdre. Voilà la réalité que nous devons regarder en face.

Mais je refuse de considérer cet état comme une fatalité. Si l'ASEA a été fragilisée, elle demeure essentielle. Les crises que nous avons traversées ne sont pas seulement des failles ; elles sont aussi des révélateurs des cons"quences de nos choix et des indicateurs de comment avancer. Elles nous montrent ce qui nous manque, ce que nous avons négligé, ce que nous devons reconstruire. Et c'est avec cet esprit que l'Empire du Nord assume aujourd'hui la présidence, non pas pour gérer une continuité affaiblie, mais pour engager une redynamisation profonde, structurée et résolument tournée vers des résultats concrets. Cela s'appuiera notamment sur le fait qu'il y a quatre ans, l'Empire avait formulé plusieurs propositions visant à renforcer notre alliance. Ces propositions n'étaient pas des projections abstraites ; il me semble qu'elles étaient bien fondées sur une lecture des besoins réels de notre espace commun. Aujourd'hui, les événements leur donnent une pertinence encore plus évidente. Il ne s'agit donc pas de repartir de zéro, mais d'achever ce qui a été initié et trop longtemps différé, et il ne s'agit pas d'un agenda nordiste mais d'une feuille de route négociable devant nous réunir autour de projets qui nous rassemblent.

La première priorité est celle du renseignement et de l'anticipation stratégique. Nous ne pouvons plus fonctionner comme une juxtaposition d'États partageant ponctuellement des informations. Nous devons structurer un véritable dispositif commun. L'Empire propose donc la mise en place d'une instance permanente de coordination du renseignement au sein de l'ASEA. Cette structure devra être opérationnelle, dotée de capacités d'analyse, de synthèse et de diffusion, et capable de fonctionner en temps réel. Elle ne remettra pas en cause les souverainetés nationales, je tiens à vous rassurer, mais elle permettra de les renforcer en offrant à chaque État une meilleure compréhension de son environnement. Anticiper les crises, détecter les ingérences, sécuriser nos flux économiques et nos infrastructures critiques, voilà des impératifs qui ne peuvent plus être traités de manière isolée. C'est aussi ce qui a manqué lors des crises stérusiennes.

La deuxième priorité concerne notre capacité à produire ensemble du savoir, de l'innovation et du lien humain durable. Nous avions proposé la création d'une institution universitaire propre à l'ASEA ; aujourd'hui, cette proposition doit devenir un projet structurant et doit lier nos peuples. Une alliance qui ne forme pas ses élites ensemble partageant des connaissances communes ne construit pas de communauté stratégique. Cette institution devra aller au-delà des symboles et devra organiser des programmes conjoints, structurer des pôles de recherche communs, favoriser la circulation des étudiants, des ingénieurs et des chercheurs, et orienter ses travaux vers des secteurs stratégiques pour notre avenir : technologies de pointe, énergie, infrastructures, défense, spatial. Elle devra également jouer un rôle culturel, car les alliances durables reposent aussi sur la connaissance mutuelle des peuples pour créer un sentiment d'appartenance.

La troisième priorité est celle de l'action économique concrète. L'ASEA ne peut plus se limiter à coordonner et à se contenter de la sécurité économique mais elle doit investir, construire, transformer, produire. C'est pourquoi l'Empire réaffirme avec force la nécessité de créer une banque d'investissement commune. Cet instrument devra être capable de financer des projets d'infrastructures à l'échelle continentale : modernisation des réseaux de transport comme lors de nos entretients avec Westalia et la Lermandie sur les chemins de fer, sécurisation des routes maritimes, développement de corridors logistiques, interconnexions énergétiques, infrastructures numériques. Elle devra également soutenir les projets industriels communs et accompagner les États membres confrontés à des difficultés économiques. Le départ de Stérus nous a rappelé que nos interdépendances sont réelles et que leur affaiblissement a des conséquences concrètes. Nous devons être capables de compenser, d'adapter, de reconstruire, je pense ici tout particulièrement à la reconstruction durable d'Estham.

Mais au-delà de ces trois piliers, c'est une transformation de notre méthode que nous devons engager. L'ASEA ne peut plus être un espace où les intentions s'accumulent sans traduction concrète. Chaque décision devra être suivie, évaluée, ajustée. Chaque projet devra être financé, planifié, réalisé. Nous devons passer d'une logique de coordination à une logique de production. Cela implique une gouvernance plus claire, des mécanismes de décision plus efficaces et une capacité à prioriser nos actions.

Nous devons également tirer toutes les conséquences des tensions passées. La concurrence entre États est une réalité. Elle peut être stimulante, elle peut être bénéfique. Mais lorsqu'elle se transforme en rivalité, lorsqu'elle s'accompagne de méfiance et de logique d'affrontement, elle devient destructrice. L'ASEA doit se doter de mécanismes de régulation, de médiation et de désescalade. Notre unité ne repose pas sur l'absence de désaccords, mais sur notre capacité à les contenir et à les dépasser dans un cadre commun pour, comme je l'ai dit, se recentrer sur les porjets convergents.

Enfin, permettez-moi d'élargir le propos. Une alliance ne se résume pas à un ensemble d'intérêts économiques ou sécuritaires. Elle porte une vision. L'Aleucie peut choisir d'être un espace fragmenté, soumis aux influences extérieures, traversé par des logiques concurrentes qui l'affaiblissent. Ou elle peut choisir d'être un continent de coopération souveraine, capable de définir ses propres équilibres, de protéger ses intérêts et de construire une prospérité partagée. Ce choix n'est pas théorique. Il dépend des décisions que nous prenons aujourd'hui.

Nous n'imposons pas une voie mais proposons une direction. Une direction fondée sur la responsabilité, sur la coopération concrète, sur la volonté de dépasser les blocages récents pour construire quelque chose de plus solide. Cette présidence ne sera pas celle des déclarations, mais celle des actes. Nous avons aujourd'hui une occasion claire : transformer une période de fragilité en point de départ d'un renforcement durable pour la survie de notre alliance. Cela exigera des efforts, des compromis, parfois des choix difficiles. Mais c'est le prix de toute construction sérieuse. Nous pouvons prolonger l'immobilisme, ou engager le mouvement. Nous pouvons subir les crises, ou apprendre à les prévenir.

L'Empire du Nord a fait son choix. Il vous propose de le faire ensemble.

Je vous remercie.
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Jamie Marshal
Jamie Marshal

Jamie Marshall: "Mesdames, Messieurs les représentants des pays membres de l'ASEA,

Mon pays, ainsi que Westalia, Akaltie et anciennement Sterus, ont contribué à la création de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne. Cette alliance avait pour objectif originel d’être une alliance économique, politique, diplomatique, scientifique, culturelle et militaire, permettant de défendre les nations libres et indépendantes de l’ASEA face aux diverses activités de nations ou d’organisations étrangères.

Néanmoins, divers événements récents ont court-circuité ces objectifs. Je pense notamment à la tentative d’intimidation de l’ancienne Fédération de Sterus, ancien membre de l’ASEA, envers mon pays, ainsi qu’à un État aleucien menant des opérations hostiles envers un autre État aleucien qui n’avait pas cherché les hostilités, simplement pour un besoin d’influence. C’est pourquoi mon gouvernement, étant devenu méfiant envers l’organisation, a tenté de mener une diplomatie active à l’international pour limiter les potentielles attaques diplomatiques, économiques ou d’influence.
Et étant donné que Westalia fut directement attaquée par Sterus par l’intermédiaire d’un groupe de terroristes alguaréniens dénommé « les Jaguars du Paltoterra », ainsi que par sa capacité à s’infiltrer au sein de l’Agence Spatiale des Nations Aleuciennes pour compromettre les télécommunications satellitaires entre ses satellites et ceux d’États membres, la nouvelle diplomatie lermandienne fut pleinement justifiée. Un exemple concret de cette diplomatie est le départ de la Lermandie de l’ASNA, initialement temporaire dans l’attente d’enquêtes, avant de devenir définitif.
Et peu de pays membres de l’ASEA se sont montrés solidaires envers la Lermandie ou Westalia face à ces attaques, même si je peux comprendre qu’une partie des États membres se soient montrés prudents pour diverses raisons. Mais l’opinion publique lermandienne l’a durement ressenti, ce qui représente un profond manque de solidarité entre les membres de l’organisation.

Je ne suis pas en train de dire que la Lermandie va quitter l’ASEA, même si ce sujet sera sans aucun doute évoqué lors des prochaines élections dans mon pays. Mais s’il n’y a pas de changements drastiques de la part de certains, il est fort probable que l’ASEA disparaisse et devienne ainsi une simple date dans les livres d’histoire, comme une organisation ayant été sabotée de l’intérieur, malgré la présidence de la Lermandie où de profondes réformes furent proposées pour tenter de ressouder ses membres.

Monsieur Gribelin, en tant que représentant de l’Empire du Nord, qui a la charge de présider l’ASEA, vos futurs arbitrages pour tenter de recoller les morceaux entre ses membres seront immenses. Et cette tâche sera extrêmement ardue. C’est pourquoi votre proposition de donner une direction fondée sur la responsabilité, sur la coopération concrète, sur la volonté de construire quelque chose de plus solide, est pleinement soutenue par mon gouvernement. Et la Lermandie vous soutiendra.

Je vous remercie de votre écoute."
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