Maximillian Eisenhart : La dernière danse d'un géant.Après l'affaire de dopage de Matthias Krüger qui a bouleversé le cyclisme, il était considéré comme le grand espoir de ce nouveau cyclisme propre et honnête, et aujourd'hui, il annonce sa retraite sportive à l'issue de la saison. Il s'agit bien évidemment de Maximillian Eisenhart, quadruple champion d'Elsvenwald de cyclisme sur route, quintuple champion d'Elsvenwald du contre-la-montre et vainqueur de Chevernbourg-Elsenstadt en 2013. Nous avons eu un entretien avec lui, au cours duquel nous l'avons interrogé sur ses objectifs de fin de saison, son avenir et son regard sur sa carrière.
Êtes-vous satisfait de votre carrière ?Elle n'est pas encore terminée, mais je pense que je peux être fier de ce que j'ai accompli. Personne n'a jamais fait aussi bien pour l'instant et j'espère bien que, dans le futur, il y en aura pour me dépasser, et j'en suis même convaincu. J'ai bien sûr fait des courses que j'aurais aimé gagner ; après coup, on se dit "j'aurais pu faire comme ça et ça aurait été autrement" mais parfois il faut juste se dire que certains sont meilleurs que nous.
Quel est, selon vous, le plus beau moment de votre carrière, votre meilleur souvenir ?Selon moi, le meilleur souvenir de ma carrière est peut-être mon doublé aux championnats nationaux, puis à Chevernbourg-Elsenstadt en 2013. C'est la première fois que c'est arrivé et personne n'a jamais réussi à nouveau cet exploit. Les années 2013 et 2014 sont les années où je me suis senti le plus fort. La victoire aux championnats nationaux de 2020 était aussi magnifique parce que je n'avais pas gagné depuis 2014 et je fais ça devant Markus (Kontoliani, ndlr) qui est le tenant du titre, doublé d'un coureur exceptionnel. Mais ma carrière n'est pas encore terminée ; peut-être que le meilleur est encore à venir.
D'où vient votre passion pour le cyclisme ?À vrai dire, je ne sais pas trop comment j'ai commencé à faire du vélo. C'est venu, je dirais presque naturellement, comme si j'étais destiné à faire ça. Au début, je faisais du VTT, puis je me suis ensuite dirigé vers la route. Quand j'étais adolescent, je partais faire de grands tours sur des profils plutôt plats en essayant d'aller le plus vite possible. C'est comme ça que j'ai développé mon profil de rouleur et le VTT m'a donné un côté puncheur très utile dans les courses d'un jour.
Vous faites partie des favoris de la classique de cyclisme de cette année en tant que leader de l'équipe nationale. Cette course est-elle votre ultime objectif ?L'objectif de l'équipe est clairement de viser le podium et la victoire finale. Je ne suis pas vraiment le leader de l'équipe ; il y a aussi Markus (Kontoliani, ndlr), Erik (Stormhaug, ndlr) et, pourquoi pas, Rasmuss (Storgaard, ndlr) ou Jonas (Feldkamp, ndlr) qui peuvent prétendre à ce rôle, même s'ils vont travailler pour moi pendant la course. Cette classique est mon grand objectif de la saison ; je vais tout donner pour essayer de gagner. Je me suis rassuré aux championnats nationaux et j'ai été un peu juste pour la classique Chevernbourg-Elsenstadt, mais je pense que, si j'ai de bonnes jambes, je peux aller chercher la victoire.
Comment voyez-vous votre après-carrière ?Je pense que, même lorsque je ne serai plus cycliste professionnel et que j'aurai pris ma retraite, je resterai dans le monde du cyclisme. Peut-être que je me reconvertirai en directeur sportif ; je pense que ça peut me plaire de transmettre mes connaissances et mon expérience à une nouvelle génération. Je serai honoré de leur servir de modèle, ce sera inspirant.
Quel regard portez-vous sur cette nouvelle génération de cyclistes avec des coureurs comme Oliver Schmitt ou Markus Kontoliani ?Ce sont deux coureurs très différents, mais excellents dans leurs domaines. Je pense qu'Oliver gagnera plusieurs courses à étapes dans ces prochaines années ; il l'a prouvé avec sa deuxième place au classement général lors du Tour de l'Ouaine 2017. Markus, lui, est plus un coureur de classiques et il peut viser des victoires d'étapes, voire le classement par points d'une course à étapes.
Justement quelle place peu occuper Markus Kontoliani dans l'équipe avec un profil très similaire au votre ?Je ne pense pas avoir le même profil que Markus ; je suis plus un rouleur-puncheur et lui, plus un sprinteur-puncheur. C'est vrai qu'on est tous les deux des coureurs bons dans les classiques, mais pas avec le même profil. Si on arrive en petit groupe et qu'Erik est distancé, c'est notre meilleure chance de victoire. D'ailleurs, on s'entend très bien avec Markus ; je pense que s'il ne gagne pas cette année, il gagnera à la prochaine édition.
Avez-vous d'autres objectifs pour cette saison ? Allez-vous tenter de nouvelles choses ?Oui, pour ma dernière saison, je vais tout lâcher, je vais participer aux championnats d'Elsvenwald de VTT et sur piste. Je vais aussi tenter de battre le record d'Elsvenwald de l'heure. Je serai aussi au départ des championnats d'Elsvenwald de triathlon en catégorie olympique pour me préparer à participer aux olympiades d'été. Je veux juste me faire plaisir et tout donner dans cette dernière année en tant que professionnel.