
La ville étoile, dit-on.
AlinéaC'est ainsi que l'on nomme Volkingrad, capitale d'une des plus puissantes patries du monde, la République Fédérale Kartienne. Son nom, il est tiré d'astres et d'étoiles, de constellations et d'espaces, en hommage aux travaux de dévoués scientifiques Kartiens en matière d'astrologie et d'ouvrages spatiaux. Volkingrad tire son nom d'une étoile, la toute première découverte par les sciences du pays. Une ville qui a elle-même inspiré d'autres noms, une ville influente oui, mais surtout rayonnante de sa culture. Surnommée la ville étoile, elle a tout autant donné le nom de l'Etoile alliée pour qualifier la République d'Antares, sœur de la patrie mère.
L'on croyait bien assister à l'effervescence de tout un pays. Finie l'instabilité, finis les changements de régimes incessants. Le paroxysme d'une économie et d'une armée, l'apogée de la diplomatie et de la culture. Car oui, en tout point Karty se hissait aux rangs du concert des grandes nations, celles capables d'influencer les décisions mondiales. Tant de pouvoirs dans les mains d'un seul et unique pays, quelle est curieuse cette logique de la géopolitique. Cette renommée internationale, Stanislas l'admirait en marchant à travers la ville étoile.
Stanislas Valaski, la Tsar ? Non. Ce citoyen peut bien porter ce prénom, mais lui n'est pas un politique, il travaille pour l'Etat. Plus précisément, son travail de fonctionnaire est dû aux changements du plan de quatre ans, la nationalisation des secteurs stratégiques entre autres. Les marchés boursiers en font partie dans certaines mesures. Stanislas travaille en ces domaines, les marchés boursiers. Son nom ? Stanislas, Stanislas Duhon.
Une banale soirée du début du mois de septembre 2018, un froid ambiant mais calme, habituel pour Karty. Les avenues s'étaient éclairées de douces lumières ensemencées sur l'affiche des toits, éclairant visages et sourires. Quelle joyeuseté que d'observer ces tables fécondées par de larges nappes blanches, ces magnifiques bouquets ornés de la délicate teinture des arbres. Au bonheur des dames, marchés et restaurants. Ces femmes s'étaient évertuées à parcourir les longues avenues, s'arrêtant au gré de la réputation d'une enseigne.
Tout ce spectacle avait défilé devant les yeux las de l'homme, qui s'était fixé l'objectif clair d'une marche qui le menait là où il était le seul à le savoir. Peu à peu, Volkingrad sombrait dans le dos de Stanislas, s'éloignant à chacun de ses pas. Une voiture isolée s'était finalement présentée à lui. Une silhouette lui entrouvrit la porte, il n'hésita pas, le véhicule partit en trombe.

AlinéaUn exécutif et un état-major, soit tout un gouvernement, mis sous les plus hautes tensions. Le Capitole, siège de l'exécutif, évacué de tous ses fonctionnaires. Partout, tous, ont été mutés à d'autres endroits pour entraver toute attaque. Le cas le plus clair de ces mesures réside en Angèle Orlovski, seules quelques rares personnes peuvent bien savoir où elle est. Où ? Peu important. Dans un lointain complexe, une demeure ? De toute manière, elle allait changer de lieu dans quelques jours, encore, et encore.
Dans cette voiture qui longe les routes depuis quelques heures pour la rejoindre, ce n'est nul autre que son amant. Encore une fois, peu de monde le sait. Tout bonnement, la relation est ignorée de la presse, du grand public. Une liaison jusqu'à lors conservée depuis trois longues années aux yeux de tous. Angèle Orlovski, plus grande figure de la République Fédérale, éprise dans la discrétion. Et, pour une rare fois depuis de longues semaines, les deux pouvaient se retrouver, l'espace de quelques malheureux instants.
Mais surtout une femme mis sous tension par l'ensemble des événements concourants. L'alliée Antarienne attaquée par la Loduarie.

«Stan ? Mais... Que fais-tu... Là ?»
«J'avais pensé que me voir te ferais du bien, nan ?»
«Je...»
«J'ai sué corps et âme pour trouver ce temps, mais bon, ça n'a plus d'importance maintenant. Je suis là !»
«Merci.»
«C'est pas la peine de me remercier tu le sais bien... Angèle ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi toutes ces mesures ? Pourquoi ne pas être... Fin tu sais ?»
Angèle et Stanislas échangèrent un long moment, un moment aux ornements bien sacrés pour la Gouverneure Orlovski. A vrai dire, c'était son seul moment de plaisir reposant depuis quelques jours. Elle était mis sous pression. Elle devait positionner Karty, pis encore, la préparer à la guerre.
«Quoique tu fasses, Angèle, je serais là. Toujours.»
Une réunion des hauts membres de l'état-major venait de se clôturer.
AlinéaMais qu'avaient-ils décidé ? L'avertissement Estalien avait bien été pris en compte. Pour revenir sur la décision d'intervention, d'aide à l'Antares ? Absolument pas. La République Fédérale Kartienne combattra aux côtés de son alliée, et ce jusqu'à se défendre sur son propre territoire nationale s'il le faut. De grandes mesures sont prises, il ne reste plus qu'à les appliquer:
- Evacuation du Capitole et toute infrastructure politique majeure en vue d'attaque balistique.
- Mise sous état d'alerte permanent, protection accrue des sites militaires stratégiques.
- Préparation de la grande majorité de l'aviation Kartienne en vue d'une intervention.
- Préparation d'un contingent militaire, prêt à être envoyé à l'Antares dès que possible.
- Renforcement des frontières proches de la Kaulthie, en vue de la menace Estalienne.
- Préparation de la puissance balistique à l'intervention.
- Disparition des sous-marins des ports Kartiens, plus personne ne sait où ils sont.
- Placement de mines marines proches des côtes Kartiennes en vue d'une menace maritime, information transmise par la presse et utilisable.


