11/05/2020
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Activités intérieures en Karty - Page 10

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Serafina Foscarini.

AlinéaUne philosophe d'importance en Karty: Celle ayant milité pour la révision réussie des inégaux Accords de Karménie, mais aussi et surtout à l'origine du processus de démocratie directe par l'Assemblée Délibérative Populaire, dont elle est membre.

Dès lors les Accords d'Oberstafel engagés, c'est le peuple qui réclame son dû. Vagues de contestation et d'indignation, le peuple est, pour une première véritable fois, circonspect face à la décision de la Gouverneure Orlovski: Pourquoi ? Ce n'était pas une vague de haine, plutôt d'incompréhension.

Pour l'instant, il s'agit surtout d'un remous dans l'état de Zaverço: Les italiens de Karty sont connus pour leur militantisme rouge et avéré. La philosophe Serafina Foscarini s'est chargée, conséquemment, de réunir sous une forme administrative l'ensemble des points condamnant la Vahrénie. Somme toute, ce dossier a pour vocation de finir entre les mains du Sénat.

Serafina Foscarini
Du totalitarisme Vahr

Préambule:
AlinéaLes nations Vahres sont de grandes nations: Elles le sont toutes, il ne doit exister aucunement une suprématie de l'une sur l'autre. Ce voisin direct de la République Fédérale Kartienne qu'est l'Etat des Peuples Germaniques de Vahrénie est à considérer comme un problème: Un régime fasciste à notre porte. Les Accords d'Oberstafel, signés aux alentours de mai 2019, constituent un grave manquement qui doit être palié: Ces accords doivent être rendus caducs au plus vite. L'ensemble des articles ci-bas constituera un réquisitoire à l'encontre du gouvernement Vahr, chacun pouvant être pris indépendamment et comme un argument qui prouve la réelle nature totalitariste de ce dernier.

Article I: Le propre nom d'Etat des Peuples Germaniques de Vahrénie indique un caractère ethno-nationaliste, excluant un peu moins de la moitié des nations Vahres: Peuples néerlandais, latins et slovènes.

Article II: Le préambule de la constitution Vahre du 12 mai 1968 indique une volonté de purge racialiste: "l'unité de la nation dépend de la pureté de la race". Cette constitution n'est par ailleurs pas voulue du peuple germanique lui même puisqu'il n'est jamais question du peuple, mais bien "aux efforts des forces armées, à son éminente majesté le Völksführer Hermann Schneider, et au sacrifice des hommes tombés lors de la grande guerre de libération nationale".

Article III: L'article VI de ce même texte affirme que "l'usage de langues non reconnues par l'état est strictement prohibé dans les espaces publiques". Une telle pratique cerne le non-respect des libertés, le contrôle de l'éducation et de la population.

Article IV: L'article XI indique que "l'idéologie nationale est le Völkisme": Le gouvernement Vahr est autocrate puisque ne respecte aucunement la pluralité des opinions, ou bien le pluripartisme. Cette idée est renforcée par l'article 20, qui affirme que "le Vahrenische Volkseinheitspartei est la seule organisation politique autorisée".

Article V: Le titre II de ce même texte, à noter "de l'ordre biologique et de la hiérarchie des sujets", cerne d'une part une sincère volonté de tri des races, ainsi que leur asservissement.

Article VI: L'article XII affirme que "la participation à la dissimulation d’éléments impurs ou venant mettre à mal la pureté est [...] un cas de haute trahison puni par la mort". Il est question d'une justice arbitraire qui ne définit guère cette "impureté", qui encourage la délation et se base sur des critères relevant encore une fois de la race.

Article VII: L'article XV, "l'État des Peuples Germaniques dispose d'un droit souverain sur l’intégrité biologique de ses membres", légitime le contrôle de l'ensemble des nations Vahres, y compris celle considérée comme "supérieure". Dès lors, le gouvernement Vahr cherche à diviser sa population afin de mieux la contrôler, cela passe par l'endoctrinement du peuple germanique: Si le gouvernement Vahr n'a pas encore subi la Révolution, c'est qu'il obtient un soutien de la part de son peuple, il est donc question de contrôle des masses.

Article VIII: L'article XVI indique la création d'un ministère de la santé, chargé de contrôler la "pureté de la race" à la naissance des individus. L'idéologie Vahre dépasse la simple idée, elle est mis en action et institue une société raciste par le fond.

Article IX: L'article XVII restreint la liberté matrimoniale des individus: Un citoyen germanique Vahr doit nécessairement se marier à un autre.

Article X: Le début du titre III, théorisant la souveraineté Vahre, indique que cette dernière est uniquement fondée sur l'autorité d'une seule personne: "Le Volksführer [...] son autorité ainsi que sa personne [...] constituent le socle de la souveraineté Vahre". La Vahrénie n'est aucunement sous une démocratie -même bourgeoise- puisque la souveraineté n'est pas même populaire.

Article XI: Les pouvoirs ne sont pas séparés en Vahrénie, l'article 19 de sa constitution indique que le pouvoir législatif revient au "Volksführer" -qui détient donc aussi le pouvoir exécutif- et qu'il ne peut être contesté. Par ailleurs, l'article 23, "la justice est rendue au nom du Volksführer", indique que l'ensemble des pouvoirs lui appartient.

Article XII: Au delà du contrôle des masses, la dictature Vahre peut se maintenir par le soutien des armées évoqué dans l'article XXIV: "les forces armées de Vahrénie sont strictement politisées et ultimement au service du Volksführer".

Article XIII: La "Volksgarde" constitue une police politique et racialiste, qui n'a aucune responsabilité devant le pouvoir judiciaire comme l'affirme l'article XXVII qui prétend une "immunité totale devant les tribunaux civils". L'article XXX indique un caractère absolu: Cette entité a le droit arbitraire de vie ou de mort sur tout individu.

Article XIV: L'article XXXIV constitue le viol de la liberté syndicale, le prolétariat Vahr est entièrement exploité.

Article XV: Les articles XXXV et XXXVI obligent tout individu apte à travailler, tout individu inapte est sujet à "la sélection naturelle et aux décrets d'euthanasie d'État".

En conclusion, le gouvernement Vahr a instauré une dictature totalitaire, qui se légitime par le contrôle de sa population par le biais d'une propagande racialiste et d'une répression s'approchant d'une junte. La République Fédérale Kartienne doit combattre ce régime par l'ensemble des moyens qui lui sont possibles, entre autres l'annulation des Accords d'Oberstafel et la prise de contact avec d'autres pays afin d'assurer la chute de ce régime.
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4 août 2019, région d'ex-Heimatherz, Garmflüßenstein.

La pluie se mouvait, battue par le vent, formant ça et là une flaque indécise. Un homme semblait indécis, lui aussi, marchant au gré du chemin qui se présentait à lui. Parfois pouvait-il s'abriter sous un auvent -si la place daignait se présenter- tant cette luxueuse infrastructure, en de pareils temps, était prisée.

Cet homme errait.

Il n'a rien d'un allemand, rien de ce qu'on peut assimiler à un local, si on prête l'œil. Non, il a ce large manteau qui le drappe, ce couvre-chef reconnaissable entre mille, cet homme est Kartien. Des forces d'occupation ? Peu de chance. Car des Kartiens, il est à présent normal d'en voir dans ce pays.

Une boutique se présenta.

Sans doute une légère implantation, une "théière", de son nom. En quelque sorte l'objet pour verser le thé, il s'agit d'une échoppe où l'on trouve des denrées particulièrement Kartiennes: Thé, tabac, fleurs et livres de poche. L'homme entre, journal déjà à la main, feignant le regard de quelques articles pour se diriger assez rapidement vers la caisse. Après avoir déposé son butin, il part, sans payer, sans le récupérer: Quelle étrangeté.

Une information était passée.

AlinéaCe journal comportait le compte-rendu d'une émission radio locale, du Genitivinger Aufruf. L'homme y avait par ailleurs glisser un carré de papier, griffé de quelques notes: Une position géographique, simplement annotée du mot "cible". Car en effet, le journal Grammatikais avait tenu des propos bien problématiques: Un "regroupement de la race germaine". Si la Présidence Fédérale s'efforçait de laisser l'autonomie au pays nouvellement libéré, elle avait implanter des agents de la Vorna sur place afin d'être au plus proche des problèmes. Cet agent avait bien travaillé, il avait prévenu ses autorités des propos tenus, en communiquant un relevé géographique de la station où ils ont été promulgués. Il ne fallut que quelques secondes au marchand pour mettre la pancarte "fermé" à sa porte, se rendant dans l'arrière boutique. De là, il déverrouilla la porte qui affichait "stock", avec la clef qu'il avait autour du cou. Des caisses et des journaux empilés, des meubles recouverts, l'on aurait dit la boutique d'un vieil antiquaire. Pour autant, le marchand ne sourcilla pas, il connaissait cet endroit: Il tira d'un coup sec un vieux et long morceau de tissu. Du matériel informatique se présentait à lui, un vieil ordinateur qui peinait à fonctionner en apparence: C'était un des innombrables portails que les Kartiens avaient installé au Grammatika. Le vieil homme communiqua l'information, qui fut directement transmise dans un centre militaire en patrie mère.

«Madame ?»

La resquilleuse

La femme ne parla pas, pas plus qu'elle ne l'aurait fait. Elle attendait le rapport d'un de ses intendants, cigarette aux lèvres.
«Madame, on vient de recevoir un rapport, les détenteurs d'une émission de radio au Grammar semblent faire les fortes têtes... L'agent nous a envoyé leurs coordonnés...»
Elle tint sa cigarette pour prononcer, enfin.
«C'est tout ?»
«Oh euh, l'agent les a qualifié de 'cible'.»
«Bien. Dites à Stazcs de mettre le groupe de Cad sur le coup.»

...

Un groupe de "militaires", en combinaison d'intervention noire, encercla la station radio le lendemain. Tous étaient recouverts de la tête au pied, le but n'était de ne pas pouvoir les reconnaître, mis à part leur écusson Kartien sur l'épaule. C'était la seule touche de couleur. Leur visage était recouvert d'un masque à gaz: L'opération était d'envoyer une fumée non toxique qui brouillait le champ de vision de ceux qui ne possédaient pas de masque, autrement dit tout le monde dans ce bâtiment.

Cad
*TOC TOC TOC*
C'est qui ?
Le facteur !
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12 septembre 2018, camp humanitaire Loduarien construit en Antares.

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AlinéaUne radio usée grésillait dans un coin éloigné de la grande salle, quadrillée de soldats Loduariens. Oui. Dans leur invasion, les Loduariens ont orchestré cette manipulation: Bâtir des camps humanitaires pour maintenir la façade de leur propre honte. Pour autaut: Ont-ils envoyé des aides humanitaires avant leur invasion lorsque la guerre civile faisait rage ? Ont-ils stoppé leur invasion alors que la guerre civile s'est clôturée par la réunification des parties Antariennes ? Ces sales Loduariens ont envahi l'Antares pour asservir son peuple, spolier son territoire et détruire son mode de vie.

Tout cela était la pensée de Dalia.

Une Kartienne, en Antares. Par l'alliance entre les deux pays, une relative diaspora Kartienne existe en Antares, pareillement pour une Antarienne en Karty. Un peu plus de 60 000 individus ayant la nationalité Kartienne, pris sous le grappin de la guerre civile qui a commencé à ronger le pays. Et lorsque la conquête Loduarienne commence, ces Kartiens se retrouveront sous contrôle et administration de la Loduarie. Alors comme beaucoup de Kartiens, Dalia a préféré brûler ses documents d'identité. Ce ne sera pas difficile de prétendre les avoir perdu lors d'un enchaînement de deux guerres. Et comme beaucoup de ces Kartiens, Dalia s'était à peu près habituée au dialecte Antarien.

Dalia se mourrait.

Tout du moins, elle faisait peine à voir. Son visage était rongé par la fatigue, la poussière et les larmes. Son corps était frêle, ses joues se rongeaient presque d'elles-mêmes. Elle essayait, tant bien que mal, de conserver sa dignité. La manche gauche de son manteau partait en lambeaux, un vêtement qui n'était pas même le siens puisqu'il était taillé pour un homme. Ce fut ainsi qu'elle se présenta devant ses envahisseurs. Ceux qui lui tendaient faussement de la nourriture, tandis qu'ils faisaient cracher le feu il y a quelques heures de cela. Tout en pleurant, elle ne pu s'empêcher à l'envie... Non... au besoin viscéral d'hurler sa douleur, de sa propre langue natale.

«Vous avez tué mon mari et mon seul enfant !...»

Mais les Loduariens ne pouvaient la comprendre, pouvaient-ils seulement entendre un mot de Kartien ? Elle sanglota, seule, perdue.

«Qu'est-ce qu'elle dit celle-là ? Tu la comprends toi ?»
«Nan, boh, ça doit être l'émotion, tout ça, laisse.»

Dalia partit. Elle ne pouvait se résoudre à accepter le pain de son bourreau, pas tant que la faim ne deviendrait pas sa maîtresse. Ce serait manger le poison qu'offrent les Loduariens. Elle partit, dans la maigre tente qui lui avait été donnée, seul bien qu'elle possédait encore. Et cette radio. Elle bourdonnait un chant partisan Kartien. Ses larmes se muèrent d'un espoir languissant... Peut-être... Cette situation pouvait-elle être temporaire ? Elle éteignit le poste.

Car il ne ferait plus bon d'écouter des chants Kartiens, désormais.
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AlinéaChaque lueur de la ville, peu à peu, s'assombrissait. Chacune d'entre elles se taisait pour laisser place au calme. Hormis la capitale, la culture populaire se place plus dans le repos nocturne que dans la grande festivité. Il pouvait bien y avoir encore quelques passants, couverts de haut par leur outil de toile pour se prémunir de la pluie, quelques voitures retardataires. Au final, tout était tristement calme. Par delà les balcons de la grande place, la rivière coulait, elle s'immisçait en dessous des pontons, entre les quais désormais grisés par les limbes d'un grand astre. Les quelques grands massifs de vieux arbres centenaires se hissaient, couvrant de malheureux oiseaux venus chercher repos et abris. Quelques théières ouvraient encore tardivement leur porte, tradition d'un pays. Le silence. Ce dernier, à peine gêné par le ronronnement discret d'un moteur, s'épanouissait. Ce véhicule, fondu dans le décor langoureux, était celui d'Angèle, elle revenait de Vahrénie. Et cette soirée, elle ne le sait guère encore, mais s'annoncera d'une longueur qui ne pouvait être appréciée.

Hafen
La pluie continue sa valse sur la vitre du bureau, quelques heures après son commencement, encore. La lumière de la pièce, elle, ne s'est pas éteinte. Au contraire: Elle brille dans la noirceur, éclairant un texte révélateur, une communication de l'étranger, mais surtout, la preuve irréfutable. Il ne suffirait que du lendemain, pour que la décision parvienne aux assemblées compétentes. Angèle le sait. Elle se tient aux devants de son bureau, prête, et répond de quelques actes.

«Citoyens, citoyennes, mes frères et sœurs de tout Karty.

Il existe une incompréhension profonde. En de maigres temps, je l'ai perçue dans la réflexion de nos philosophes, dans les couloirs de nos institutions, mais surtout au sein de nos rues. Cette incompréhension vous est familière, elle porte le nom des Accords d'Oberstafel. Je ne prétendrais guère qu'elle est passagère, encore moins inexistante.

Notre pays possède à sa frontière un voisin, la Vahrénie. Un pays gouverné, ou du moins tyrannisé, par une classe dont les idées sont telles que les mots ne suffisent pas. En Vahrénie, il est question de pureté raciale, d'oppression constante, de l'effacement pur et simple de l'individu.

En contactant ce pays, j'ai pensé à notre sécurité. De trop. J'ai pensé qu'en maintenant ce pays dans une sphère de contrôle, nous éviterions un basculement vers des sphères plus agressives encore. La République Fédérale ne veut de la guerre à sa frontière, aucunement.

J'ai pu observer la réalité de ce pays, et j'y ai vu ce qui ne sont que des confirmations. Un état de délabrement total du pays, stabilisé de mal par une force militaire incapable. Une oxydation institutionnelle, qui se maintient par la propagande et la manipulation des masses.

Mais gouverner un pays, cela n'est pas seulement protéger ses frontières. A espérer neutraliser ce danger, j'ai oublié ce que représentait, pour beaucoup d'entre vous, le lourd fait de tendre la main à un régime pareil. Je ne demanderais à aucun d'entre vous d'applaudir, ou même de tolérer, un accord perçu comme une violation de notre Révolution.

Je ne chercherais pas de coupables à cette faute, et n'évoquerais guère plus quelques circonstances ou tensions à cette origine. Cela existe. Cette décision fut prise sous mon autorité, cette faute est donc mienne. Par cela, je ne m'adresse pas à vous seulement en ma qualité de gouvernance, mais en tant que femme qui a voué sa vie à la naissance de la Révolution. Je ne vous ai pas promis un gouvernement infaillible, aucun ne peut l'être. Je vous assure un système, une arche, une étoile, qui ne cessera jamais d'écouter ses nations, son peuple.

Les Accords d'Oberstafel ne seront pas même à étudier par notre Sénat, il n'en sera jamais question. J'ai commis l'erreur de penser d'un mur qu'il pouvait contenir la haine, ce sera la nation qui défendra sa frontière.
»

La retransmission s'acheva. Angèle se laissa pensive, feignant de relire un document qui n'était déjà plus d'actualité, à son chevet. Quelques minutes, ou peut-être plus, défilèrent ainsi, jusqu'à ce moment: Quelques coups discrets contre la porte. Elle ne prit point réellement le temps de relocaliser son attention, et répondit d'un mécanisme.

«Entrez.»

A l'évidence, il ne pouvait s'agir que d'une seule personne. En effet, ce ne pouvait être un diplomate, fonctionnaire ou autre membre de l'appareil d'Etat, le protocole de sûreté était toujours en vigueur. La porte s'ouvrit, laissant place à une silhouette familière. Un manteau humide, qui témoignait de la toujours pluie, à l'extérieur. Ce fut un long regard, finalement coupé.

«Tu relis encore ?»
«Non... Je voudrais simplement comprendre ce qui m'a laissé penser... Que ce serait une idée convenante.»
Stanislas ôta ses gants, une vague de compréhension le traversa.
«Ca dépend, tu veux quelle réponse ? La mienne, ou celle de tes conseillers ?»
Et, pour sans doute la première fois de la soirée, Angèle pu émettre une onde positive, un sourire, qu'elle couronna de son habituel regard perçant.
«Si je dois encore entendre leur ramassis idiot...»
L'homme s'approcha, réellement, saisissant une chaise pour s'y installer. A côté de sa compagne.
«Et bien, tu as considéré le facteur sécuritaire.»
«Je pensais à éviter un futur qui n'était lui-même pas sûr d'advenir...»
«Mhm.»
La pluie s'amaigrissait, au même rythme que toute solennité s'était dépourvue.
«Tu sais, il me semble pas qu'on attende de toi la perfection...»
«Ma carrière repose sur l'habilité à éviter les erreurs, surtout celles-là.»
«Tu viens d'en reconnaître une publiquement, non ?»
Dit-il en tournant son regard vers elle, d'une figure attendrissante.
«Par... Nécessité ?»
«Non, non, par honnêteté. Et c'est justement ce qui fait de toi, mh, comment dire... »
Son sourire devint plus enfantin, rassurant.
«Je déteste quand tu fais ça.»
«Quoi ?»
«Quand tu as raison, idiot.»
Le temps passa, langoureusement.
«Bah... Au moins, ta courbe de popularité se portera mieux en ayant avoué cette faute plutôt que de s'y enfoncer, ou d'autres événements exogènes.»
«Tu analyses ma détresse comme un cours de bourse, maintenant ?»
«Déformation professionnelle... Sinon, t'as vu l'heure ?»
«Je serais... Heureuse de l'apprendre ?»
«Plus de trois heures.»
«...»
«Tu comptes encore dissoudre un accord, ou je t'emmène au lit ?»
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13 septembre 2018, Henne en Antares.

AlinéaLa radio continuait de siffler, d'une douceur languissante telle elle devait se faire discrète. Toujours un chant d'espérance Kartienne, cette fois la marche grise, ce requiem militaire que les citoyens comprenaient bien. Peut-être qu'au final cette radio ne retransmettait guère de simples chants ? Peut-être rescellait-elle des messages ? Il était supposable que le son d'un chant indiquait le déroulement d'une opération: Après tout, la Vorna communiquait par les journaux, pourquoi pas la radio ?

Affaire à suivre...

Mais pour Gloria, elle n'entendait que les chants qui l'avaient bercé dans son enfance, tout du moins ceux de cet ordre. Une triste mélancolie, pour une ville envahie par la sainte armée rouge Loduarienne. Elle usait des plus villes méthodes, des plus dangereux procédés et d'une propagande sans complexe. Gloria fut prise de ce sentiment indescriptible, lorsqu'elle vit un étendard Loduarien. Cette fois tout se confirmait, et pas seulement pour elle, mais aussi pour tout Karty: Les Loduariens viennent de donner la preuve de leurs réels desseins. Si l'opération Loduarienne était à la pacification, pourquoi lever son drapeau dans le pays "libéré" ? La seule réponse était que le pays en question était envahi, et non libéré.

Ce vil rectangle de tissu flottait...

Il flottait aux yeux des peuples Antarien et Corvun, meurtris. Quelques uns étaient tout simplement à bout de force face à cela, mais pour la plupart, c'était une déclaration de guerre en plus. Antariens et Corvuns se sont alliés, et ils combattront l'envahisseurs, quitte aux sacrifices. La propagande Loduarienne ose affirmer que le drapeau Loduarien fut levé par le peuple du Concordat. Cette fois c'en était trop. Il n'en était rien. Ce drapeau avait été hissé par l'envahisseur, par ses mains couvertes de sang.

La voix n'est plus au chapitre.

Car désormais, ce sera à la force de dominer. Gloria avait vu encore pire que ce drapeau, elle avait entrevu ce que faisait l'armée rouge à l'encontre de la résistance du Concordat. Elle avait vu un jeune homme, n'ayant sans doute pas même sa majorité ou tout juste l'avait-il, entouré de quatre Loduariens. L'un d'eux pointait son fusil contre le résistant, alors qu'il était désarmé, sa bouche saignait: Signe qu'on l'avait roué de coups. La réalité était telle désormais: Quiconque oserait s'en prendre à ce drapeau levé se fera battre, ou pire peut-être.

HolocausteHolocauste, Oskana, Musée des Beaux Arts de Volkingrad

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Ce présent post vise à démentir celui-ci à vocation de propagande Loduarienne: Aucune opération culturelle n'ayant été faite pour influencer la population Corvienne ou Antarienne. La Loduarie peut contrôler par les armes, pas par cela pour l'instant.

A noter que ce post est rédigé à partir du point de vue d'une Kartienne, de part la diaspora de Karty déjà évoquée en Antares.
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En réaction à ce post
«[...] Et à présent les premières nouvelles du front en Antares, mais avant ! Un topo sur cette situation inédite, pour nous auditeurs et auditrices qui n'ont pas encore eu vent de cette situation. La Loduarie a déclenché l'opération 'Dalmata Noir', consistant à la capture du territoire Antarien. Si les autorités Loduariennes et Illiréennes affirment qu'il s'agit d'une opération de libération et de pacification, l'Antares étant prétendument en guerre civile, il ne s'agit pas moins d'une invasion belliqueuse. En effet, par le biais des mouvements de troupe Loduariens, l'Antares a pu connaître la menace quelques jours avant son arrivée: Les parties de la guerre civile Antarienne se sont réunis sous le même drapeau, le Concordat de Shaula. Il est dès lors impossible de prétendre à la pacification de cette guerre civile, puisqu'elle n'existait plus au moment de l'invasion...

L'opération Loduarienne a été déclenchée aux alentours des premières heures matinales, réussissant une percée sur divers points stratégiques que sont quelques agglomérations d'Antares. Si nos informations ne sont pour l'instant que fragmentaires, vous pouvez apercevoir ici une photographie parvenue directement du front. Nous y voyons la Chapelle Béatrice, en flamme, frappée par l'artillerie de l'armée Loduarienne. Nous devons donc nous demander s'il s'agit d'une perte non-volontaire, un dommage collatéral, ou bien d'une cible localisée et visée ? Le cas échéant, la Loduarie Communiste n'agit pas simplement pour étendre son influence, elle cherche à réduire l'influence de la culturelle Antarienne sur son propre territoire. Entre ethnocide et génocide culturel, la Loduarie, s'il s'agit d'un acte volontaire, cherche à massacrer les institutions et les symboles forts de l'Antares pour obtenir une désorientation de la population. Cette image choc témoigne d'un bâtiment religieux, pourtant symbole de paix, visé par la guerre.

Notons que l'Antares est un allié stratégique, culturel et historique de la République Fédérale Kartienne. Si le gouvernement s'est montré en large faveur des Antariens, l'état-major ne n'est quant à lui pas encore positionné sur cette affaire. L'armée Kartienne respectera-t-elle ses accords avec l'Antares, et plus encore, une alliance ancrée dans le sang ? Si la réponse semble véritablement pencher positivement, nous devons nous demander comment se manifestera cette aide... Notons que des discussions sont actuellement en cours dans les assemblées Kartiennes afin de débattre de tout cela, même s'il est intéressant de noter qu'une écrasante majorité de la population Kartienne est en faveur de l'Antares... Je vous remercie...
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Et voilà notre humanité, Herr Giuseppe
«Et voilà notre humanité, Herr Giuseppe»

Tout a foiré.

AlinéaL'opération Scattershot a été un fiasco, pire faux pas des services de renseignements Kartiens: Le Kray. S'il est évident que la République Fédérale Kartienne ne prêtera officiellement pas d'attention aux éventuelles accusations Loduariennes si elles adviennent, ou bien les niera-t-elle si cela s'avère nécessaire, elle est en deuil. Oui, en deuil. Volkingrad pleure la perte de ses enfants. Car en effet, avec cet échec, ce n'est pas seulement un blason souillé. C'est la perte de trois agents Kartiens, et quatre frères Antariens. Tous perdus sur le sol rouge, tous. Et, cela Karty l'ignore encore, elle a perdu pour toujours et à jamais Kristina Foucaux, assassinée des mains de la tyran rouge. Il ne s'agit pas de quelques prises d'informations, les groupes d'agents Kartiens sont divisés en cellules disséminées qui s'ignorent: Les informations que tireront les Loduariens des agents seront sans réelle importance. Il s'agit de la vie de citoyens de la patrie, c'est cela que Karty pleure.

Les trois agents Kartiens, le couple Foucaux ainsi que Connor, savaient dans quoi ils s'étaient engagés. Ils savaient, tous les trois, ce qu'ils risquaient en menant cette opération. Kristina l'a payé de sa vie, Connor et Giuseppe le paieront de leur humanité. Karty l'ignorait aussi, mais pouvant bien s'en douter: Ses agents, comme ceux Antariens, seront torturés. Or la torture, les agents ont beau y être entraînés et en connaître tous les risques, ils n'y sont jamais prêts. Personne ne peut dire comment il réagira à la torture, avant d'y être confronté: Personne. Giuseppe avait été le premier à être torturé. D'abord passé à tabac, puis humilié, et enfin cassé psychologiquement par une vision d'horreur: La mort de sa femme devant ses yeux. Cela aussi, l'agent en avait connu le risque. Il avait discuté avec elle, de la possibilité. Mais au fond quoi ? Qui peut être préparé à la mort de sa bien-aimée, devant soi, et pire encore: Avec impuissance. Giuseppe avait fait face à cette tragédie, les mains liées dans le dos, sans qu'il ne puisse rien y faire. La torture physique pouvait encore passer, mais cela, cela allait au dessus de ses forces. C'est sûr, les Loduariens avaient réussi leur dessein macabre, immonde et inhumain: Ils l'ont brisé.

Toute étincelle d'espoir était, pour ainsi dire, morte. Pour Giuseppe, la lucidité l'avait désemparé. Il était nu et désarmé, face à son bourreau. Pour Connor, c'était encore autre chose. Lui aussi était capturé. Mais les Loduariens ne pourront pas le briser. Oh, ils pourront bien lui arracher les ongles, lui faire boire de l'eau bouillante pour déchirer ses tissus, lui crever un œil ou encore d'autres pratiques barbares de la civilisation Loduarienne, mais rien y fera. Ce qui brise un homme, en réalité, c'est le mental. Giuseppe avait perdu, en amenant sa femme dans l'opération. Mais Connor quoi ? Il n'avait pas de femme, pas d'enfant, son seul lien de famille était son pays. Il souhaitait bonne chance aux Loduariens pour détruire cela. Sans doute qu'au bout d'un moment, les Loduariens l'enfermeront dans le noir, avec diverses privations. Mais au fond peu importe, Giuseppe avait dit tout ce qu'il savait, rien d'autre ne pourra être révélé. Connor savait que dans cette situation, enfin, c'était l'espoir qui tuait. Pour lui, il espérait encore. Tôt ou tard, il le savait, la sœur Kartienne viendra le chercher pour le sauver. Et finalement, pour le mari solitaire, il ne savait pas bien ce qui l'avait poussé à dire cela. L'espoir, la folie, ou encore autre chose ? Lorsqu'Aurore lui avait dit qu'il représentait une perte pour l'armée de Lyonnars, il lui avait répondu, avant de se faire rouer de coups, à nouveau.

«Je n'ai jamais servi pour votre pays.»
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Le Gouverneur Kartien Bellanti et l'Ambassadeur Vlastique McDunn affirmant l'amitié VIRILE qui unissent leur pays
Le rapprochement avec Mosvara, la Nouvelle (HRP: journal indépendant Kartien).

AlinéaCe trente novembre 2018, la République Fédérale Kartienne et la République Démocratique Vlastique ont ratifié le Traité Widlow-Aralie. Ce dernier cerne le début d'une amitié économique et diplomatique, ainsi que les prémices d'une coopération militaire.

Si l'ensemble d'accords a été accepté par le Sénat, la décision de la Présidence Fédérale interroge pour trois raisons. D'une part, la diplomatie outre-Eurysie semblait s'amoindrir, facteur de rupture ici donc. D'autre part, certains experts politiques tel que sieur Fern Hossein alertent sur une proximité entre Mosvara et Lyonnars. Par ailleurs, le rapprochement avec Volkingrad semble découler de la chute des relations avec le gouvernement Duval, inquiétant dès lors le caractère qualitatif et réfléchi d'un tel rapprochement.

Ceci étant, le Gouverneur Bellanti de l'état d'Helmer s'est affiché avec l'ambassadeur Vlastique en sol Kartien, dans une photographie plutôt osée. En effet, on y voit les deux hommes afficher une amitié claire, hors du cadre diplomatique.
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Une de la Nouvelle, journal indépendant le plus vu en Karty

Pas ouvrirCe mardi matin, les autorités Loduariennes ont annoncé la mort de leur secrétaire générale Aurore Geraert-Wojtkowiak, et l'ensemble des conséquences qui s'en suivent. L'appareil d'Etat Loduarien a confirmé le remplacement immédiat de la dirigeante Aurore, par l'un des colonels de son armée rouge. Egalement, l'ensemble du personnel diplomatique, y compris celui affrété à l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme, a été rappelé à Lyonnars. Finalement, les troupes Loduariennes se sont retirées de l'Antares, actant la fin de la guerre de l'Ouest rouge, qui n'aura durée que quelques heures. Le 11 septembre 2018 restera gravé dans l'Histoire comme le symbole d'innombrables revirements. Aux premières heures de cette journée, la Loduarie Communiste a lancé un assaut de grande ampleur sur la République d'Antares, victime d'une guerre civile. Les trois parties de cette guerre fratricide ont, cependant, cessé leurs conflits internes pour se réunir sous le drapeau du Concordat de Shaula, une semaine avant l'attaque Loduarienne. Il est supposable que les services de renseignements Antariens aient été informé de cette attaque, notamment par le biais des mouvements de troupes à leurs frontières. La Loduarie Communiste est, dans un premier temps, ressortie victorieuse de son invasion éclaire, dont le but revendiqué était de pacifier la guerre civile qui rongeait l'Antares. En vertu d'un accord de défense, d'une amitié historique et ancrée, la République Fédérale Kartienne a déclaré la guerre à la Loduarie Communiste. En conséquence, des bombardements balistiques de grande ampleur ont été entrepris sur l'ensemble des infrastructures militaires Loduariennes, ainsi que le palais où résidait la secrétaire générale Aurore. Cette dernière est décédée des suites de ce bombardement conjoint entre Volkingrad et Margaux. Ce bombardement fut appuyé d'un assaut aérien de grande ampleur, dont la portée est estimée à plus de trois cents appareils, ce qui a permis la première libération d'Antares: Son espace aérien. L'appareil d'Etat Loduarien semble s'être effondré avec la mort de sa dirigeante, la libération de l'espace aérien -véritable atout- Antarien par l'armée Kartienne, ainsi que la menace d'une intervention Clovanienne. La Loduarie Communiste, par le rappel de l'ensemble de ses diplomates à travers le monde et sa capitulation en Antares, a entrepris de se refermer sur elle-même. Les frontières Loduariennes ont été fermées, Lyonnars entre en totale autarcie, tandis que le camp Shaula-Karty sort victorieux, malgré ses pertes conséquentes. La Gouverneure Angèle Orlovski, représentante Kartienne la plus populaire et connue à l'étranger, a déclaré la fin de l'Opération Orion. Cette dernière, revendiquée des autorités de Volkingrad, était "en réaction à l'agression Loduarienne par le biais de l'Opération Dalmata Noir". La femme Kartienne a annoncé "le respect des engagements pris auprès des puissances tierces quant à la situation en Eurysie de l'Ouest", réaffirmant "l'instauration d'une paix durable en cette région". La République Fédérale Kartienne a finalement annoncé entreprendre au plus vite des "discussions avec le Concordat de Shaula" en vue des restructurations d'après-guerre.
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21 janvier 2020, rapport officiel
AlinéaLa République Fédérale Kartienne est née le 21 janvier 2018, et, pour la conforter, est paru avec elle le plan de quatre ans. Ce rapport -promulgué par la Présidence Fédérale- indique le constat des avancées de ce programme national, ainsi que ses réorientations et évolutions.

L'Arche Ukara
L'Arche Ukara a consisté à pourvoir la République Fédérale Kartienne de grandes réserves en uranium afin de pouvoir maintenir un cap coupé de la scène internationale: 87% des réserves autarciques sur cinq années ont été actées. Il est estimé qu'il faudra agrandir ces réserves, multiplier les acteurs qui fournissent l'uranium afin d'éviter la dépendance, ainsi que réduire la part d'importance du nucléaire au profit de l'hydraulique.

Le socialisme civique
Le socialisme civique s'est vu adopté par la large majorité du peuple Kartien. Il se définit comme la doctrine d'organisation sociale née en Karty, visant à prévaloir l'intérêt général et non celui particulier, en respectant la limite stricte des frontières de l'Etat et ses citoyens. Il s'agit du socialisme des Kartiens, par les Kartiens, pour les Kartiens. Autrement dit, il s'agit de la théorie du socialisme dans un seul pays (inspiration): Bâtir et renforcer le socialisme Kartien dans un premier temps, abandonnant l'idée d'une révolution ouvrière internationale, entre autres clamée par l'Union Libertaire. Il est estimé que la République Fédérale Kartienne doit se consolider d'elle-même de l'intérieur, elle ne considère pas comme mission l'exportation armée et contraignante de son idéologie: Elle entend démontrer sa viabilité par la force de l'exemple.

Doctrine de Neutralisation des Puissances Privées
Le socialisme civique a indiqué de se concentrer, dans un premier temps, sur le prolétariat Kartien. Pour se faire, les classes bourgeoises et oligarques ont été dépossédées de la majorité de leurs richesses: Redistribuant soit au prolétariat et aux plus démunis, soit à l'Etat directement. Afin que l'Etat puisse accomplir l'œuvre prolétaire, il est nécessaire de neutraliser les intérêts des entreprises privées: Les secteurs stratégiques de l'Etat ont été sujets à la nationalisation ou tout simplement la mise sous service public. Le Musée des Beaux Arts de Volkingrad s'est illustré comme la première entité dirigée par une assemblée collégiale et tirée au sort, un modèle qui sera suivi pour adapter l'économie Kartienne, qui se traduit pour l'instant en un capitalisme d'Etat semi socialisée.

La neutralité
Le socialisme civique est une mission périlleuse. Pour que l'Etat et la nation Kartienne puissent tous deux l'accomplir, ces derniers doivent être pleinement souverains sur leur territoire. Il est estimé qu'un système ne peut être modifié correctement si l'on ne possède pas la totalité du pouvoir qui le contrôle. La République Fédérale Kartienne n'obéira qu'à elle même, elle n'a intégré et n'intégrera aucun institut international. Afin de palier ce manque sur la scène internationale, la République Fédérale Kartienne doit à la fois pouvoir compter à elle seule, et se tisser un réseau par la diplomatie dite au cas par cas.

RCF
La Restructuration et la Continuité des Forces institue la militarisation de la République Fédérale Kartienne. La mise en place de la souveraineté généralisée et la suppression des pouvoirs privés constituent à eux deux les fondements de la possibilité du socialisme civique à l'intérieur de Karty. Toutefois, le socialisme civique, l'Etat et la nation peuvent être menacés par l'extérieur. La diplomatie ne suffira jamais à se protéger de l'extérieur. En conséquence, la République Fédérale Kartienne s'est militarisée et se militarisera. La guerre en Loduarie -une grande victoire- a cependant souligné un manquement à la RCF, par l'achat d'armements étrangers.


AlinéaLa RCF de la première moitié du plan de quatre ans a indiqué de nombreuses réussites. La guerre de l'Ouest rouge a confirmé la victoire de Volkingrad face à la Loduarie Communiste, puissance militaire, établie et reconnue ayant caractérisé l'échec de l'Organisation des Nations Démocratiques à s'affirmer comme tête de pont en Eurysie de l'Ouest. Cette guerre du 11 septembre 2018 a démontré la pertinence des investissements militaires réalisés, parmi:
  • Le développement national d'une majorité des technologies de pointe liées au secteur de l'armement.
  • La victoire des armées Kartiennes face à la grande puissance militaire Loduarienne.
  • La modernisation des effectifs par la vente des matériels militaires dépassés pour nos armées à nos partenaires.
  • La purge des matériels étrangers -notamment Teylais- dans nos armées sans conséquence effective.
  • L'entraînement d'une armée à hauteur de 170 000 soldats professionels.
  • L'affirmation de notre suprématie aérienne.
  • La production de plus de 600 avions, 500 pièces d'artillerie, 1000 véhicules logistiques, 6 navires capitaux et 50 missiles balistiques, de haute génération.
Toutefois, des dépendances incompatibles avec les objectifs initiaux du plan de quatre ans ont été constatés. En effet, l'acquisition de matériels étrangers, quoiqu'acceptables dans une situation de guerre, ne saurait constituer une norme ou un substitut à notre autarcie militaire. Les productions de l'Ordre Oruzhiya seront maintenues et accélérées, menées par des objectifs de production à l'horizon de janvier 2022, parmi:
  • La purge totale des équipements étrangers dans nos armées.
  • Le terme de la modernisation des nos effectifs.
  • L'entraînement et le maintien de 250 000 soldats professionels.
  • La production finale de 1000 chasseurs.
  • La composition d'une flotte aérienne logistique capable d'assurer projection et continuité de la chasse aérienne.
  • La poursuite de la composition de la flotte.
  • La constitution de stocks stratégiques en munitions, pièces détachées et carburants.
  • La révision totale et la production échéante des équipements blindés et logistiques de notre armée de terre: 1000 blindés de dernière génération prévus.
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Roman en Antares

https://zupimages.net/up/26/29/0gdj.pngaaaPremier chapitre

AlinéaSuite à la défaite Loduarienne et la récente entrevue entre le Concordat et la République Fédérale, un accord bilatéral prévoit l'arrivée des troupes Kartiennes en Antares. L'établissement de la sécurité de la zone neutre de Roncevaux s'avère un enjeu de taille pour les deux alliés, qui assure la sécurité du territoire Antarien en cas d'une "deuxième Loduarie".

Introduction d'Ignacy Bskalteraski dit le charron.
Présence de la Cantatrice.
Quelques personnages tiers.


AlinéaDes centaines d'aéronefs attaquants. Ce fut dans quoi le ciel de l'Eurysie de l'Ouest se baigna, cette matinée du onze septembre 2018. Des chasseurs, tous Kartiens, rugissaient d'une fierté incommensurable leur victoire à travers ciel. La chasse Kartienne conservait la domination du ciel, ce dans le but d'accueillir les convois aériens qui faisaient déjà route. Tous ces moteurs étaient unanimes, non seulement la patrie mère avait abattu purement et simplement la chaîne de commandement adverse, mais eux avaient couronné la première humiliation. Chasseurs et pilotes du pays ocre avaient tout simplement fui face à l'arrivée Kartienne. Ce fut d'une lâcheté sans pareille, jamais les Kartiens n'avaient connu un adversaire si couard et sans honneur. Ce fait établi restera dans les cœurs des soldats pour siècles et générations, les Loduariens ont été des lâches perfides qui fuient dès lors leurs plans vacillants. Tout cela raisonnait dans le cœur du militaire Kartien en charge des opérations à venir, le Commandant Ignacy Bskalteraski. Il siégeait dans un blindé, lui-même dans un cargo aérien en direction de Roncevaux. Il n'avait que son équipage pour lui tenir compagnie, puisque les militaires devaient se tenir prêt.

«Ignacy ?»
Il fut tiré de ses pensées par son second, il regarda dans sa direction d'un air interrogateur.
«Quoi ?»
«On va foutre quoi en Antares si la guerre est finie ?»
Le commandant se mit doucement une tape sur sa tête, exaspéré de la question.
«Et toi c'est quand que t'écoutes les briefings ?»
Son second n'émit aucune réponse, se contentant d'insister son regard pour obtenir une réponse, ajoutant un signe pressé de la main.
«C'est pas parce qu'on a maté les Loduariens qu-»
Le troisième intervint.
«On leur a botté le cul à ces lâches, moi je vous dis route sur Lyonnars les gars. Z'êtes pas prêts de ce qu'ils nous ont pondu à Volkingrad.»
«Tu aurais pu écouter les instructions avant qu'on parte toi aussi. Les Loduariens sont certes défaits, mais on est pas à l'arbis d'une Loduarie bis qui attaque encore l'Antares. Alors on doit assurer la protection des frontières, ça et une zone neutre qui stockera des armes le cas échéant. Plus simplement on protège l'Antares de l'extérieur et d'elle-même.»
«Et c'est pour ça qu'on m'a levé à quatre heures ?»
Le commandant souffla, visiblement à bout de nerf.
«Si tu fermes ta gueule je te paie un verre de Dan' quand on est arrivé.»
«Leur whisky là ?»
«Là tu t'y connais plus sale ivrogne.»
«Je t'emmerde !»
«Et puis réfléchis Dimitri, tu pourras te taper une belle Roncevaloise si ça te chante.»
Le second pouffa de rire.
«Ou alors ta femme tiens !»
«On a divorcé sale enculé.»
«Y'a plus de gardien alors, raison de plus.»

Les ouvertures des roues apparurent, le fuselage des aéronefs se dégagea de la blancheur des nuages pour se rendre sur une des quelques pistes d'atterrissage encore praticable de l'Antares. Non seulement le travail Kartien sera la sécurité de l'Antares, mais également d'aider à la rénovation des infrastructures. Les portes des cargos s'ouvrirent une à une, laissant la voie libre à des lignes de blindés. Tous se mirent en formation, tandis que leurs transporteurs entamaient déjà leur ravitaillement. En quelques minutes seulement, les convois militaires partirent en direction de Roncevaux, tandis que les cargos repartaient pour réentamer le trajet. Tout cela s'épanouissait sous le nom de l'Opération Cébalraï, dont la première étape était d'acheminer le matériel Kartien peu à peu en plusieurs trajets diffus. Le drapeau aux couleurs blanche et rouge, orné d'une rose à son coin supérieur, flottait sur le char en tête de peloton. La trappe supérieure, elle, donnait sur le Commandant Kartien, qui saluait les locaux qui en faisaient de même. A la tombée de la nuit, il pu enfin se présenter devant une personne, une femme...

Ignacy Bskalteraski, le "charron"
Ignacy Bskalteraski dit le charron

Effectifs présents en AntaresMessage secretInformation secrète réservée aux personnes autorisées
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Roman en Antares

https://zupimages.net/up/26/30/gpjw.pngaaaDeuxième chapitre

AlinéaSuite à l'arrivée des troupes du Commandant Ignacy Bskalteraski en Antares, la présence Kartienne a été renforcée de jour en jour. Le Charron devient, dès lors, le représentant de l'ensemble des garnisons armées de son pays en Antares. S'il dirige des effectifs confidentiels, la présence évaluée publiquement s'élèverait aux alentours de plusieurs dizaines de milliers de soldats. Le Commandant s'apprête à faire la rencontre de sa seule supérieure: La Cantatrice. Et tandis que la guerre civile Antarienne fait rage, les rangs du Sénat Fédéral commencent à s'élever dans la polarisation.

Présence d'Ignacy Bskalteraski dit le charron.
Développement de la Cantatrice.
Quelques élus du Sénat.


AlinéaLes lourds chars Kartiens entrèrent en Antares, entrèrent à Roncevaux. Ces blindés, simples appareils à la résistance hors du commun, étaient le garant de la protection des deux nations de l'Antares: Les Antariens, et les Corvuns. Autrefois, ces machines étaient le bouclier de Karty, ils étaient désormais celui de la sœur. Ils le seront des jours, des semaines, des mois ou des années, si le temps le demandera. De dangereux véhicules, pourtant amis de ceux qu'ils protègent. Fruit de protection mais aussi de technologie, ils étaient notables à leur châssis perfectionné, aux chenilles protégées de leur jupe blindée, mais aussi à la caractéristique tourelle qui pouvait ôter tant de vie, comme elle pouvait tant en protéger. De simples amas de fer et d'acier, qui représentaient pourtant de si grandes choses. Des dizaines se suivirent vers Roncevaux, avec à leur tête le Charron. Il se dressait fièrement de son promontoire, la trappe supérieure du char d'assaut dans lequel il était. Comme à son habitude, il ne mettait pas sa casquette militaire, il détestait cela. Elle ne servait -dans son jugement- qu'à couronner les officiers qui n'avaient aucun fait d'arme notable. Un habit illusoire qui servait à donner de l'autorité à celui qui n'en avait pas. Il possédait, en revanche, sa caractéristique paire de jumelles autour du cou. Comme s'il se préparait à analyser diverses positions tel un artilleur, une pratique qui avait vieilli avec son temps dès lors le développement de la lunette du chef de char. Mais le Charron était ami des vieilleries, il les chérissait. Il lança deux coups de sa main sur la tourelle du blindé, indiquant à son conducteur d'arrêter sa course. Le Charron et ses hommes étaient arrivés à bon port, devant le nouveau bâtiment de l'administration Kartienne de Roncevaux. Le Charron descendit du véhicule par le haut, en sautant à terre, ses comparses l'imitant. Il lança à son second, avant que ce dernier ne soit finalement sorti.

«Eh Dimitri ! Avant que tu sortes, passe moi mon képi tu veux ?»
«Pour quoi faire ?»
«Pour te le carrer dans ton cul !»
«Hein ?!»
«Pour le mettre Dimitri, pour le mettre. Histoire de faire bonne impression la première fois.»

Dimitri lui lança le couvre-chef, il le réceptionna de la main droite avant de l'enfiler d'un geste court du bas vers le haut en inclinant la tête. Désormais coiffé de son rang de commandant, il leva le bras en serrant le poing pour signaler une halte à son détachement. La Cantatrice l'accueillit, fière dame à l'apparence jeune avec des lunettes légèrement arrondies, qui soulignaient ses iris d'une couleur presque blanche.

«Soyez le bienvenu à Roncevaux, sieur Bskalteraski.»
«Vous de même.»
Dit-il en souriant, indiquant qu'elle aussi n'était pas familière des lieux.
«Amusant.»
Dit-elle, comme pour recadrer l'échange qui n'avait que commencé.
«Trêves de plaisanteries, sieur Bekalteraski. Il y a beaucoup à faire. Vous voilà chargé de la sécurité de Roncevaux, je me chargerais dorénavant de la représentation officielle.»
«En tant que 'la Cantatrice' ?»
Le Commandant était le seul à connaître la réelle identité de son interlocutrice, une agente des renseignements.
«Non. Il me faut un autre nom.»
«Eh bien, comment souhaitez-vous vous appeler ?»
Dit-il d'un naturel déconcertant, comme si la situation ou même la question n'avait rien d'anormal.
«Hanna, Hanna Husseski.»
«Enchanté.»
«Dites à vos hommes de patrouiller à l'intérieur de la ville et à ses frontières, de sorte à ce qu'aucun combattant d'aucune partie de la guerre des ombres ne puisse entrer dans la zone Roncevaloise. Assistez les aides humanitaires si besoin, érigez des fortifications sommaires pour délimiter la zone.»
«Entendu.»
«D'autres informations pour vous Commandant. Volkingrad envoie sous peu d'autres blindés, des hélicoptères d'attaque et de l'artillerie. Vous assurerez leur mise en place effective dès leur arrivée.»
«Entendu.»
«Dernière chose, vous jetterez un œil à ce rapport lorsque vos occupations seront moins prenantes.»
«Madame.»
Dit-il en inclinant légèrement sa casquette, prenant le document indiqué avant de sortir du bâtiment. Ce document résumait les récents bombardements au Carmélite III sur la ville d'Henne, ainsi que les diverses prises de position en conséquence au Sénat de la République Fédérale Kartienne.


Au Sénat Fédéral, l'élu Damian Öllenger du CTD amena le sujet pour les trois chambres.

«Camarades citoyens !

Considérant le droit de regard, d'étude et de contrainte de nos institutions sur la diplomatie que mène notre pays, je viens vers vous avec des nouvelles du front en Antares.
»

«La guerre contre la Loduarie Communiste n'était-elle pas terminée ?»

«Effectivement, il s'agit de la guerre civile de l'Antares, la guerre des ombres. L'on vient de rapporter, selon diverses sources, l'usage d'explosifs lourds par la MIRA sur la ville d'Henne. Néan-»

Un élu d'il Rivoluzionario se leva et s'exclama.
«C'est inadmissible ! Ce camp fasciste use de la force contre des civils ! Nous devons intervenir !»

Öllenger reprit.
«Néamoins, camarade citoyen, l'on rapporte également que les victimes civiles sont moindres si ce n'est inexistantes. En effet, les civils se sont réfugiés dans les infrastructures comme le métro d'Henne, ou bien plus simplement à la zone humanitaire Roncevaloise.»

«Cela n'en est pas moins inadmissible ! Nous devons aider le peuple Antarien puisqu'il souffre !»

«De surcroît, l'accord des as croisés dicte à notre pays une posture de neutralité dans ce conflit. Se faisant, nous pouvons assurer la neutralité de Roncevaux, et en conséquence, une zone humanitaire permanente et sûre pour ce peuple. Un accord ratifié par notre Sénat.»

Un élu de l'Union Socialiste se prononça.
«Je me permets d'ajouter, camarade Öllenger, qu'au delà du traité, interférer dans une guerre civile n'apportera rien de bon. C'est au peuple Antarien et au peuple Antarien seul de décider de son sort. Intervenir par les armes écrasera peut-être la guerre, mais elle ne légitimera aucunement le camp qui sortira vainqueur. Une intervention ne fera que nourrir le ressentiment des futures parties perdantes, en somme cela déplacera dans le temps la guerre civile, qui recommencera. Dois-je rappeler les desseins Loduariens ?»

Des élans d'approbation s'élevèrent dans l'assemblée. Öllenger reprit.
«Bien, vous êtes en possibilité d'intervenir sur vos consoles, camarades citoyens: Devons-nous élargir notre intervention au delà de l'accord des as croisés ?»

68% de non.

La Cantatrice
La Cantatrice
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aaaAlinéaTandis que les premiers hélicoptères du projet Krechet sont enfin manufacturés, diverses vagues d'essai sur ces derniers sont opérées: En présence même de la Commissaire à la Défense de la République Fédérale Kartienne. Taliska Strakhova assiste donc, en conséquence, aux tout premiers vols et tirs des Krechets: Hélicoptères d'attaque de dernière génération de Karty. Dès lors validation de la Commissaire et des experts techniques, ces hélicoptères partent directement pour Roncevaux en Antares. Une phase qui se voit néanmoins troublée par l'allié Latruant, dont son Ministre de la Défense demande à parler avec son équivalent en Karty.

Présence de Taliska Strakhova.


On the radio

Province de Biancariva, Sud de Karty, vingt-sept février 2020.

AlinéaBiancariva est connue pour être l'une des provinces les plus agricoles et campagnardes de la République Fédérale Kartienne. Les champs et les vignes s'y profilent à tout son horizon, tantôt quelques arbres laissés là pour l'irrégularité de la nature. Parfois, à d'autres temps, une grande demeure de campagne. Elle n'était guère souvent luxueuse, mais grande elle l'était. L'immobilier était fort peu coûteux.

A d'autres moments, plus rares encore, une zone interdite à l'accès se présentait. Peut-être un riche vigneron ayant réussi à privatiser un grand terrain ? Ou bien, peut-être également, un domaine de l'Etat qu'il ne fallait pas découvrir. C'était le cas, ici. Un endroit où collines et hauteurs se dressaient suffisamment pour en former une vallée, c'était tout cela qui était interdit d'accès. Aucun des fermiers, paysans ou autres travailleurs ne savait ce qu'il s'y tramait.

Par delà cet infime mont, il n'y avait ni vigne ni plantation. Des arbres, quelques uns avaient pu proliférer. Mais à la majorité, c'étaient des baraquements, des tours de garde surélevées, des héliports et d'autres installations militaires. Il s'agissait d'un des innombrables complexes militaires du pays. Son calme habituel fut troublé par l'arrivée d'un convoi escorté. Une femme à l'allure martiale en sortit, drapée d'une écharpe rouge le long de son buste et d'une casquette couronnée d'une étoile aux couleurs aurifères. Pas de doute, il s'agissait de la Commissaire Strakhova. Un homme, visiblement le responsable du complexe, accueillit la Commissaire. Il avait l'allure fine, étant simplement drapé d'un trenchcoat.

«Dame Strakhova, c'est un honneur de vous accueillir ici.»
«Capitaine Lapïnski.»
Dit-elle froidement, comme à son habitude, avant d'enchaîner.
«Les hélicoptères sont-ils prêts au vol, Capitaine ?»
«Oui... Si vous voulez bien me suivre.»
Taliska appréciait la rapidité et l'efficacité, ce qui, pour l'instant, était de mise.

...

Deux Krechets prirent leur envol. Le fin amas métallique s'éleva, sous la force miraculeuse des rotors coaxiaux, fruits d'un travail scientifique fort long. Ils s'arrachèrent du bitume noir de l'héliport dans un grondement assourdissant. Quelques rafales de vent, mais rien ne semblait pouvoir contrer la puissance de l'appareil, parfaitement stable. Les quelques scientifiques retinrent leur souffle: Des mois de travail qui tenait sur les pâles d'un engin volant. Le vol s'était passé à merveille. Taliska émit un sourire imperceptible. Enfin. Enfin le projet Krechet était clôturé. De nouveaux horizons pouvaient se présenter à elle. Après les hélicoptères les blindés, paraît-il. Elle s'adressa au Capitaine Lapïnski.

«Pourriez-vous communiquer au pilote d'effectuer une salve de tir ?»
«Une cible en particulier, camarade commissaire ?»
«Le baraquement désaffecté.»
«Nos hommes doivent le démonter demain, effectivement.»
«Telle en sera la cible.»
L'homme se saisit d'une radio, communiquant l'ordre de tir. Le pilote sembla regarder le Capitaine, attendant l'ordre de validation, qui fut donné. Lapïnski avait fait un signe de son bras, pointant la cible de son index et son majeur.

Une roquette fut tirée... L'installation partit en lambeaux en quelques secondes.

«A la présente, au-»

La Commissaire fut interrompue dans se demande par un militaire arrivant.

«Dame Strakhova, un appel pour vous.»
«Dites à celui au bout du fil que la Commissaire à la Défense n'est pas chargée de communication.»
«Il s'agit du Ministre des armées Latruantes.»
Taliska s'attendait à une communication interne... Elle prit le document que lui offrait le soldat, ainsi que le téléphone de sécurité militaire. Elle entama la lecture, avant d'allumer le petit appareil. Elle dit sobrement.

«Taliska Strakhova.»

L'homme au bout du fil pouvait sans doute entendre les battements des pâles de l'hélicoptère d'assaut. La Commissaire émit un regard au Capitaine, qui, comprenant immédiatement, donna l'ordre de s'éloigner.

Commissaire à la Défense Taliska Strakhova
Commissaire à la Défense Taliska Strakhova
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Roman en Antares

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aaaTroisième chapitre

AlinéaLa zone neutre de Roncevaux s'établit, au fil des jours, et avec elle sa sécurité. Il ne manque pas un jour sans l'arrivée de nouveaux matériels militaires Kartiens, récemment l'exemple des fameux nouveaux hélicoptères Krechet. Mais lorsque le calme trouve épanouissement à Roncevaux, tout le reste de l'Antares est soumis à de bien rudes épreuves. Paraît-il, néanmoins, que la zone neutre serait compromise. Les récentes déclarations du Président Arthur Dabi cernent le comportement tout bonnement inacceptable de la MIRA, aux yeux de Volkingrad. Dès lors, la Cantatrice, de son faux nom connu Hanna Husseski, reçoit des directives directes de son pays.

Présence de la Gouverneure Angèle Orlovski.
Présence de la Commissaire Taliska Strakhova.
Présence de la Cantatrice.
Présence du Capitaine Lapïnski.


La porte du bureau de la femme s'ouvrit.

«Capitaine Lapïnski.»
«Madame.»
Dit-il en effectuant un salut militaire respectueux, ses bottes claquant entre elles.
«Economisez votre rigueur pour l'extérieur, Capitaine.»
L'homme se relâcha en apparence.
«Madame.»
«Oui ? Ah... Oui.»
Un souvenir sembla ressurgir.
«Vos hommes sont-ils prêts ? De quels effectifs parlons-nous ?»
«Affirmatif. Quinze hélicoptères d'assaut, madame.»
«Il paraît que ces engins sont tout frais, tant de la technologie que de leur production ?»
«Affirmatif.»
«Eh bien, dites m'en plus !»
«Il s'agit de la fin du programme Krecket avec les Raskenois. Ces hélicoptères sont... Uniques.»
La femme replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, de sa main gantée noire.
«Bien... Bien. Référez-vous au Charron pour les instructions militaires, ce sera tout.»


Pendant ce temps, au Capitole à Volkingrad, l'ambiance était moins calme. Des bottes claquaient aussi, d'un rythme monotone et pourtant si caractéristique. Des chocs réguliers contre le sol, une rigueur martiale: La Commissaire Strakhova. Personne ne l'avait arrête sur son chemin, pas même lorsqu'elle enfonça de sa main la porte du bureau de la Gouverneure Orlovski. Angèle, face à cette intrusion étrange, leva la tête, puis l'inclina lorsqu'elle vit son origine. Tant par agacement que par curiosité. Ses longs cheveux pendaient à droite de son cou, une réaction que beaucoup dans son entourage lui connaissaient. La Commissaire lança un document sur la table de la Gouverneure, ce qui contrastait paradoxalement avec sa mine parfaitement calme.

«La MIRA doit être abattue, Angèle.»
Elle redressa sa tête, joignant son pouce et son index en haut de son nez, comme pour soutenir un poids invisible.
«Dis-moi de quoi parles-tu ? Et quelles sont ces manières ? Je devrais t'expédier hors de mon bureau pour une telle attitude.»
Taliska n'eut aucun changement de façade, elle répliqua simplement.
«Angèle, sérieusement. Je suis une militaire et ces affaires diplomatiques ne me regardent pas. Mais tout pointe vers notre intervention pour Corvus, tu dois me mettre au courant pour que je prépare au mieux une telle intervention.»
Angèle souffla, mais elle comprenait la situation.
«Le Sénat est pour l'instant contre cette intervention. Intervenir mettrait fin à Roncevaux, et donc à la seule aide humanitaire, responsable de la sécurité de millions d'êtres.»
«Une zone dont la neutralité est ouvertement baffouée.»
Angèle s'agaça légèrement. C'était une attitude qu'aucun diplomate de l'étranger ne lui connaissait, elle qui était d'un tempérament si calme à l'extérieur d'habitude.
«Je le sais figure toi !»
Elle écarta d'un geste de la main le dossier de la Commissaire, en découvrant un autre qu'elle pointa du doigt.
«J'y travaillais figure toi ! Mais avec le Sénat, c'est peine perdue !»
«Ce n'est qu'une question de temps avant que les élus dialoguent avec leur circonscription. J'ai eu le retour de nos militaires Angèle, beaucoup nourrissent un profond ressentiment contre la MIRA. Beaucoup pensent que les vies de nos pilotes sont perdues en Loduarie, si nous n'intervenons pas. Il y en a même qui veulent aller au front sans même le soutien du Capitole, sous la bannière d'un contingent paramilitaire.»
Elle ferma les yeux, le poing contre le front. La Gouverneure Orlovski réfléchissait, et cela s'allongeait. Des dizaines de secondes passèrent. Que faire ? La MIRA avait franchi une ligne, il fallait répondre d'une manière adéquate...
«Un contingent paramilitaire tu dis ?»
«Parfaitement.»
«Combien d'hommes ?»
«Quelques centaines, pour l'instant.»
Elle releva la tête, les yeux vifs d'une lueur nouvelle.
«Bien. Que ces hommes soient envoyés en soutien à Corvus, par liaison aérienne. La neutralité de Roncevaux doit être assurée, toute infraction sera punie. Transmettons ces mots à la Cantatrice...»


Lorsque le Capitaine Lapïnski fut hors du bureau de la Cantatrice, cette dernière rouvrit la pochette sur son bureau. Elle avait été interrompue dans sa lecture. Il était question de faire passer un message à la MIRA. Elle s'affaira à son travail, entamant la rédaction d'un message à l'Escoffier, et la transmission d'un autre pour Nora Kownator.

>En provenance de l'administration Kartienne de Roncevaux,
par la main d'Hanna Husseski.

>A destination de la chaîne de commandement de la MIRA,
au dénommé l'Escoffier.

>Il y a quelques jours, vous vous trouviez à Volkingrad. Vous y avez acté votre validation vis-à-vis de l'Accord des as croisés. Est-ce là un jour si lointain pour vous ? Eu égard de l'endiguement temporaire de vos forces armées, par leurs déplacements sur Henne, sur le transit de civils qui partagent pourtant votre sang vers la zone de Roncevaux, eu égard de vos bombardements sur ces civils coincés de votre faute à Henne, eu égard de vos diverses manigances autour du gouvernement légitime de votre pays et, finalement, eu égard de l'utilisation de la zone Roncevaloise par votre partie afin de réhabiliter vos militaires. Eu égard de tout cela, la République Fédérale Kartienne a envoyé un contingent paramilitaire visant à épauler l'armée Corvienne. Il s'agit là de volontaires de notre armée. Cet acte ne constitue pas l'implication de Volkingrad dans ce conflit, mais bien plus simplement un avertissement à votre égard. Volkingrad n'a simplement pas empêché le départ de ces soldats. S'il s'avère que votre camp s'évertue dans la violation de la zone de Roncevaux, alors la République Fédérale Kartienne prendra directement partie dans la guerre des ombres. Soyez assurés que ce ne sera pas la MIRA qui en sera aidée. La République Fédérale Kartienne ne tolérera pas plus longtemps vos dépassements.

>En provenance de l'exécutif de la République Fédérale Kartienne,
par la main de la Gouverneure Angèle Orlovski.

>A destination de l'état-major de Corvus,
à la dénommée Nora Kownator.

>Puisqu'ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. Il s'agit de la phrase d'ouverture du célèbre livre Kartien, s'intitulant la mémoire de nos pères. Dame Kownator, la sœur de Corvus veille avec attention sur les évolutions de la guerre des ombres. Elle désire vous voir victorieuse, nos espoirs sont entremêlés. Nous veillons à la sécurité de votre peuple par la zone humanitaire Roncevaloise, ce qui indique notre neutralité. La MIRA ayant remis en cause par ses actions la neutralité de cette zone, la République Fédérale vous envoie un groupe paramilitaire de volontaires. Ces soldats se tiendront toujours à vos côtés, sous votre commandement. Si la neutralité de Roncevaux vient à être combattue, plus rien ne retiendra la République Fédérale Kartienne de vous prêter main forte. Que Corvus soit victorieux.

Citoyenne Angèle Orlovski
Citoyenne Angèle Orlovski
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Roman en patrie mère

https://zupimages.net/up/26/32/dllv.pngaaaAlinéaCe passage s'ancre comme l'un des plus importants pour l'histoire d'un personnage clef de la République Fédérale Kartienne: Dame Angèle Orlovski. Autour de diverses intrigues secondaires, elle célèbre avant tout un événement qui marquera sa vie pour toujours et à jamais, qui n'est pourtant qu'une simple officialisation: Son mariage. En effet, la Gouverneure de Valverde nourrit une relation avec un homme d'affaire de la bourse de Volkingrad, bien avant que les deux n'obtiennent leur emploi: Il s'agit d'un très vieil amour de jeunesse, qui a pu se conserver à travers le temps. Une relation jusqu'à lors dissimulée du grand public, qui se découvre à compter de ce jour: Sous les yeux de certaines nations du monde, amies de Volkingrad, que sont l'Antares, le Kah, Rasken, l'Everia et Slaviensk.

Angèle Orlovski, Stanislas Orlovski, et divers acteurs étrangers


AlinéaLa soirée s'épanouissait, là, au beau milieu d'une montagne. La neige recouvrait les pics rocheux, rien ne semblait se démarquer dans cet élan de pure nature. Il y avait pourtant cette vaste demeure, à l'extérieur fort moderne: De grandes baies vitrées qui permettaient de jeter un œil sur de vastes étendues, mais qui isolaient pourtant miraculeusement du froid. Des lignes épurées, une bâtisse géométrique -souvent cubique- et un large toit plat, de quoi était faite cette demeure. Son intérieur, lui, était diamétralement autre: Aucunement moderne. Il s'agissait plutôt d'un havre de traditions. Peaux d'ours, toiles aux thèmes typiquement assimilables à la culture du pays, plantes caractéristiques, planchers faits de bois noble: Ils étaient sans doute faits à partir des grandes forêts du Nord.

Les deux époux étaient, pour quelques instants, en retrait du public. Ils profitaient simplement de la présence de l'autre. Il ne fallait pas oublier que, pour eux, il s'agissait d'un moment: Le leur. Pas celui de la diplomatie, il ne fallait pas contenter les yeux d'autres. Pour une rare fois, ils ne discutaient pas avec des invités, mais entre eux. L'homme était adossé à un mur, mains glissés dans les poches, une nonchalance que son épouse -tout du moins promise- lui connaissait si bien. Elle rayonnait, à contrario. La Gouverneure Orlovski était pourtant habillée d'une toute autre manière de ce qu'on attendait d'un mariage. Elle se tenait à ses côtés.

«Mon ange ?»
Elle ne pu réprimer un sourire à ce nom qu'il lui donnait souvent.
«Moui ?»
«Je me disais... Jusqu'au bout, même à un mariage, le tiens en plus hein, c'est pas rien. Jusqu'au bout, je t'aurais jamais vu une seule fois de ma vie en robe.»
«Tu aurais eu envie ?»
«Nan, je sais que t'aimes pas ça.»
Son sourire s'élargit encore un peu plus. Elle chercha à glisser sa main dans celle de son mari, puis se ravisa, à la curiosité affichée de ce dernier. Elle s'amusa de lui, lui rétorquant d'un air enjoué.
«Oh et puis tu sais quoi ?»
Elle regarde autour d'elle, dans toute la salle. Personne. Au lieu de prendre sa main, elle remonta à sa cravate en la tirant vers elle, profitant d'un moment d'intimité autour de regards indiscrets évités. Stanislas reprit enfin son souffle.
«T'es folle, j'en peux plus.»
En riant chaleureusement.
«Et ?»
«Et c'est pour ça que je t'aime.»
«Charmeur !»
«Et ?»
Elle le rejoignit dans son rire, désormais partagé.
«Bon... Je vais chercher un verre avant que ça aille plus loin, avec toi on est jamais sûr.»
Il décolla du mur soudainement, avant de se retourner, à quelques mètres d'elle.
«Tu veux quelque chose ?»
«Toi ?»
Il se retourna.
«Psss»

Il s'extirpa de la salle, avant de trouver, au bout de quelques longues secondes de recherche, des escaliers qui semblaient indiquer la direction du bar. Il descendit, s'attendant à trouver peut-être des connaissances, ou plutôt des diplomates étrangers. Mais au lieu de cela, personne, encore une fois. L'endroit était désertique, hormis le serveur, naturellement. Stanislas tourna sa tête par deux fois pour regarder à nouveau la salle, et il s'était en effet trompé: Il y avait bien un homme attablé au bar. Il s'y dirigea, affichant un dilemme insurmontable devant lui: Que prendre ? Il avait l'habitude des sodas, non des bars aux alcools par centaines. Il mit son poing juste en dessous de son nez, plissant les yeux pour regarder les innombrables bouteilles qui se présentaient à lui. La situation était paradoxale, lui qui était habitué à prendre des décisions d'une rapidité sans nom à son travail pour la bourse: Voilà qu'il hésitait pour une boisson.

«Vous avez de la limonade ?»
«Mais naturellement, monsieur !»
Le serveur lui répondit d'un sourire professionnel, avant de se retourner vers ses bouteilles. L'homme, assis deux chaises plus loin, parla.

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«Etrange.»
Stanislas se tourna vers lui, demandant.
«Pardon ?»
La demande n'était pas menaçante, il n'avait simplement pas entendu.
«Etrange, je disais. Boire cela pour un homme de votre âge. Les autres ont pris des alcools coûteux.»
Il se tourna entièrement vers lui, guère plus longtemps un simple regard curieux.
«Eh bien, je ne supporte pas l'alcool, à vrai dire. C'est tant mauvais par le goût que pour la santé. Mais et vous, vous me dites ça avec votre verre d'eau ?»
L'inconnu posa son carnet. Il était vêtu d'un habit vraisemblablement militaire, mais de quelle nationalité ? Angèle n'était pas la pour le lui dire... Qui était-ce ? Stanislas fut coupé dans ses pensées par sa réponse.
«Boire à son travail n'est pas une chose recommandée.»
Travail ? Il faisait sûrement partie d'une délégation étrangère, alors.
«Vous appartenez à une délégation ?»
«Non.»
L'hypothèse partit en fumée. Il voulait continuer son enquête, sans pour autant paraître indiscret. Il fut encore coupé dans ses pensées.
«Vous semblez ailleurs.»
«C'est rien, j'étais simplement venu m'aérer autour d'un verre.»
«Prenez donc place.»
Il s'assit, proche de l'inconnu puisqu'une discussion s'était entamée. Le serveur lui déposa son verre, ne cherchant pas à interrompre cette dernière.
«Le mari Orlovski ne devrait-il pas accompagner la Gouverneure ?»
«Je crois qu'Angèle se débrouille très bien sans moi pour ce qui est de la diplomatie. Je ne suis pas dans ces cercles, pour vous dire, je travaille dans l'économie.»
«Mhm.»
Il semblait acquiescer, comme si cette information ne lui était pas nouvelle. Une minute. Comment savait-il qu'il était ? Stanislas ne se savait pas connu en Karty, que dire de l'international ? Et puis, cet inconnu avait évoqué le passages des "autres". Quel diplomate étranger serait resté là aussi longtemps ? Une question innocente lui vint à l'esprit.
«Vous attendez quelqu'un ?»
«Non.»
La perplexité s'allongea, lorsqu'il demanda enfin.
«Vous me connaissez ?»
«Entre autres, je connais les personnes dont j'ai la responsabilité.»
Depuis tout ce temps, il parlait à un haut placé des renseignements. Tout coïncidait, Stanislas pu enfin reconnaître l'écusson sur la casquette militaire déposée à côté de l'homme. D'autant plus qu'il parlait sa langue.
«Donc vous êtes le chef de la sécurité ?»
«Oui.»
«Au bar ?»
«Oui.»
«Vous devriez pas gérer des hommes, surveiller des gens ?»
«C'est ce que je fais.»
Il pointa du doigt ses affaires, il y vit un téléphone, un livret, un carnet et d'autres objets.
«Ah.»
Comme une parole pour lui-même.
«Pardon mais, vous avez pas mieux à faire que... ça ?»
"Ça", autrement dit boire de l'eau au bar.
«Cet endroit est d'un calme plaisant pour accomplir mes tâches. Vous êtes, de plus, le seul homme présent ici qui ne me donne aucune raison quant à la méfiance.»
«Votre travail c'est protéger Angèle, ou c'est occasionnel ?»
«Vous souhaitez connaître ceux qui travaillent avec votre femme, n'est-ce pas ?»
«C'est naturel, non ?»
Il répondit à sa question d'avant.
«Cette sécurité s'ancre pour cet événement, simplement.»
La discussion semblait arriver à son terme, l'ancien inconnu clôtura.
«Sieur Orlovski, ce fut un plaisir.»
«Pareillement...»

Il termina le restant de son verre, avant de se lever pour se rediriger vers les escaliers. Les secondes passèrent, et les murs semblaient différents. Les tableaux n'étaient pas les mêmes, s'il prêtait attention. La vue non plus, n'était guère plus celle d'avant. C'était sûr, il s'était perdu dans son chemin. Au lieu de retrouver la Gouverneure, il tomba dans une salle plus grande encore, animée. La plupart des diplomates étrangers s'y trouvaient. Il avait fait une découverte, au moins. Tout un beau monde se présentait à lui, sans doute hommes et femmes parmi les plus puissants de la planète à quelques mètres d'un simple civil. Il remarqua, entre autres, trois femmes qui discutaient entre elles, sans aucun doute le cercle qui se démarquait le plus. Il y avait d'abord la première, une jeune femme à l'apparat plutôt sobre et pourtant étrange: Entièrement vêtue de noir, quelle curiosité pour un mariage. Ses cheveux suivaient la couleur de ce code vestimentaire unique, la seule touche visiblement joyeuse étant un sourire amical face aux deux autres femmes. Elle semblait s'évertuer dans un dialogue riche, presqu'intellectuel à la première vue, comme si elle cherchait à les convaincre. Ses deux interlocutrices semblaient former un duo face à elle, tenant une distance -certes respectable mais qui témoignait d'un écart- face à cette dernière. A son analyse, ces deux diplomates n'étaient pas Eurysiennes, à contrario de l'autre. Sans doute deux Nazumies, ou alors venues du Paltoterra. Elles étaient toutes deux vêtues d'habits plus adéquats -à l'égard des normes- pour un mariage, l'une étant porteuse d'un rouge pourpre, tandis que l'autre mêlait un blanc noble à une sorte de tunique au motif floral. Elles étaient visiblement plus âgées, avec une chevelure courte et une mine plus sérieuse, ce qui accentuait terriblement le contraste entre elles et la jeune adulte. Stanislas ne pouvait se résoudre à simplement interrompre cette discussion, d'autant plus pour demander une direction. La situation serait d'autant plus ridicule en apprenant qu'il était le Kartien, et donc le meilleur connaisseur supposé des lieux. Non, il ne pouvait guère faire ainsi. Il passa à quelques mètres de ces dames, pouvant même entendre une partie de la discussion entreprise.

«Nous avons transformé ce mariage en séminaire universitaire, et je crains être coupable de la première infraction !»Cf
Séminaire universitaire ? De quoi s'agissait-il ? En tout cas, cela traitait bien d'une discussion intellectuelle. Il fut soudainement coupé dans ses pensées, la femme à l'allure de faucheuse l'interpellant.

«Excusez-moi ?»
Surpris, pensant d'abord qu'on ne s'adressait pas à lui, il regarda la femme drapée de noir quelques secondes pour bien s'assurer de l'inverse.
«Je peux faire quelque chose pour vous ?»
«M'accorder quelques minutes de votre temps !»
«Oh, eh bien... Oui, ça me semble possible.»
Tout en souriant en appareance, l'on pouvait presque lire une lueur d'espoir, ou bien de soulagement dans les yeux de la jeune femme. Comme si elle était détendue de s'écarter enfin de la discussion qu'elle entreprenait avec ses deux interlocutrices: Elle s'excusa auprès d'elles, le rejoignant finalement. Les deux individus entamèrent une marche, la femme reprenant de plus belle la discussion.
«Tous mes vœux de bonheur pour votre mariage !»
Encore une fois, Stanislas ne connaissait absolument pas son interlocuteur, alors que ce dernier, lui, le connaissait. Il s'étonna de la dureté des codes diplomatiques, connaître tout le monde à un événement de la sorte était-il commun finalement ?
«Je... Vous remercie.»
Contrairement à sa femme, ou à tout autre diplomate, il ne cherchait pas volontairement à cacher ses ressentiments, ici de la perplexité. Il réfléchissait à comment connaître l'identité de son interlocutrice, sans passer pour un parfait idiot. Fort heureusement pour lui, elle le devança.
«Lÿsä Köwnatör, enchantée !»
«Kownator ? J'ai déjà entendu ce nom...»
Bien que quelque peu écorché, Stanislas se souvenait en effet avoir déjà entendu ce nom quelque part. Il ne le savait pas encore, mais il l'avait bien entendu de la bouche de sa propre femme, lorsqu'elle lui avait parlé de son travail, une soirée quelconque. Fort heureusement -encore une fois- pour lui, son interlocutrice était avenante, elle voyait qu'il peinait à comprendre qui elle était.
«De la délégation Corvienne.»
Dit-elle en souriant, tandis que ce mot évoquait encore quelque chose d'éloigné -mais connu- pour lui.
«République d'Antares.»
Ajouta-t-elle rapidement.
«Oh.»
Comprenant enfin, d'un signe de tête du haut vers le bas.
«Oui je vois maintenant, je m'excuse de cette petite incompréhension, après tout je ne suis pas diplomate... Mais je ne vous apprends rien, je pense.»
De ce que sa femme lui avait dit, les Antariens étaient des alliés -et même des amis- de son pays, il savait donc qu'il pouvait avouer cette légère faute sans mettre à mal cette discussion.
«Je n'attends pas de vous une telle régularité, je vous assure. A vrai dire, je ressors déjà d'une discussion que je qualifierais de chargée, la légèreté n'est pas un mal en soi.»
«Me voilà rassuré...»
Une pause -quelques secondes- s'installa, avant que Lysä ne relance.
«Vous cherchiez une personne ?»
«On peut dire que j'en ai trouvé une, n'est-ce pas ?»
La remarque l'amusa, mais elle insista d'un simple regard, curieuse de la réponse.
«Plus sérieusement, je cherchais ma femme.»
«C'est donc une fausse pioche !»
Dit-elle, légèrement amusée, avant de reprendre.
«Vous travaillez dans l'économie ?»
«Trader à la bourse de Volkingrad.»
«Comment c'est ?»
«Mh...»
Il hésita quelques secondes.
«Rentable.»
Quelques secondes défilèrent, avant qu'il n'ajoute.
«Mais risqué. Rentable, mais risqué.»
«Vous aimez ce risque non, n'est-ce pas le cœur du métier ?»
«Boh... J'aime savoir quand le prendre, si on peut dire ça comme ça.»
«Une réponse de joueur aguerri !»
«Dites, il me semble que votre ethnie... Corvus ? Est plutôt en bon accord, avec les jeux ?»
Lysä s'étonna quelque peu de la réponse de l'homme, qui était paradoxalement vraie.
«En quelque sorte, c'est ancré dans la culture populaire Corvienne.»
«Et vous, dans tout ça ?»
«Moi ?»
«Les jeux... De cartes par exemple. Tiens, vous serez peut-être curieuse d'apprendre que le poker est très répandu dans notre pays. Vous savez jouer au poker ?»
«Je connais les bases.»
«J'y jouais beaucoup plus jeune. Accepteriez-vous d'honorer votre culture par une partie, mademoiselle Kownator ?»
«Comment refuser ? Je m'interroge simplement, vous transportez toujours avec vous de quoi jouer ?»
«Vous seriez curieuse d'apprendre un autre élément de notre culture.»

Marche et discussion continuèrent tous deux, tandis que Stanislas essayait tant bien que mal de retrouver le chemin adéquat vers le bar. Si la culture du jeu est très présente pour Corvus, le poker, lui, est extrêmement apprécié en République Fédérale Kartienne. Il n'est pas rare de voir des élèves y jouer à la cour de récréation, avec simplement des jetons évidemment. Tous, du militaire durant sa pause à la personnage âgée pour passer son temps libre, savent jouer à ce jeu en Karty. Pour lui, c'était Angèle qui lui avait transmis cette passion, alors même qu'il était encore au lycée. Il se présenta au bar, tandis que l'homme de tout à l'heure était toujours présent. Ce fut ce dernier qui prit la parole en premier.

«Ce fut de courte durée, monsieur Orlovski.»
Le militaire tourna son regard vers la femme légèrement en retrait.
«Vous venez accompagné de surcroît. Dame Köwnatör.»
Dit-il en la saluant légèrement. Lysä lui retourna ses salutations chaleureusement, tout en analysant son nouvel interlocuteur. Elle n'était pas dupe, puisqu'elle reconnut immédiatement l'uniforme caractéristique des renseignements Kartiens. Elle remarqua même un écusson sur son col, l'œil penché noir et blanc, caractéristique du Kray. Son regard se tourna vers Stanislas, qui s'adressait au serveur.
«Monsieur, vous avez de quoi jouer ?»
La question était rhétorique. Qui connaissait la culture Kartienne à minima savait que tous les bars du pays avait des cartes à jouer, et, si la chance était présente, même les jetons qui vont avec. Le serveur se pencha, avant de sortir la matériel.
«Et voilà pour vous ! C'est bien la première fois qu'on me demande autre chose qu'une boisson pour cette soirée !»
Dit-il en riant, avant de retourner à son travail. Ce fut le militaire qui s'exprima cette fois.
«Vous allez jouer ?»
«Oui ?»
«A deux ? Pour un poker ?»
«Faute de mieux...»
Lysä s'avança.
«Il me semble qu'un homme de votre statut est en possibilité d'accomplir plusieurs tâches à la fois. Vous savez jouer, non ?»
En plissant les yeux, il lui répondit.
«Certes...»
Le débat fut coupé assez rapidement.
«Voilà de quoi réunir trois joueurs alors ! Dites, on peut se tutoyer maintenant ? On se connaît suffisamment ?»

Le militaire fit un geste ouvert de la main, acquiesçant la demande. Il se tourna vers la Corvienne, qui hocha la tête également en signe d'approbation. Les trois joueurs improvisés s'installèrent là où était le militaire, dans un coin de la table, idéal pour leur partie. Stanislas se mit à battre les cartes rapidement, des réflexes anciens lui revenant à l'esprit. Il déposa deux piles égales sur le comptoir, effectuant un mélange américain, impressionnant pour le premier venu. Il distribua les mains à chacun, puis vinrent les mises de départ sur le bois rugueux. Curieuse, Lysä ne pu s'empêcher de demander.

«Qui t'as appris à jouer ?»
«Angèle.»
«La Gouverneure ?»
«Oui. On jouait tous les deux quand on était jeune, quand la vie publique ne l'avait pas encore trop atteinte, comme actuellement.»
Elle était heureuse d'en apprendre un peu plus sur le couple Orlovski, en dehors de la couverture diplomatique. Chacun regarda sa main, faisant heureux ou non: 9 de carreau et valet de pique pour Lysä, roi de carreau et 7 de trèfle pour Stanislas, 3 de trèfle et 6 de cœur pour le militaire. Si Lysä et Stanislas avaient une main à peu près équivalente, l'autre en avait une bien pitoyable. Ce qu'il camoufla, écoutant la nouvelle parole du mari.
«Mais n'espère pas me déconcentrer avec ça hein !»
«Attendons déjà le flop...»
Roi de cœur, 6 de pique, 2 de carreau. Et pourtant, Lysä fut la première à remiser. Le militaire se coucha, et le premier duel se lança.
«C'est du bluff à mille pourcent.»
Lysä n'émit qu'un simple sourire. Elle n'avait strictement rien, et son adversaire une paire de rois.
«Mais bon... Je vais pas tenter le diable pour l'instant.»
«Et une victoire pour Corvus !»
Et ainsi se déroulèrent plusieurs parties. Lysä en gagnait plus de la moitié, Stanislas quelques unes, et le militaire se désistait fort souvent. Il observait. Mais au fur et à mesure qu'il le faisait, sa cagnotte s'amoindrissait. Il ne lui restait que la moitié de ce qu'il avait au départ. Peut-être était-il enfin temps de passer à l'action... Les jetons s'empilèrent, un duel entre Lysä et lui cette fois. Stanislas observait. La Corvienne annonça.
«Tu es drôlement silencieux.»
«Ainsi va le monde. Le silence est une vertu prisée.»
«Mhm.»
Lysä poussa ses jetons en avant, elle forçait son adversaire à tout miser ou à se coucher. Mais à sa surprise, le militaire suivit. Il jeta ses deux cartes, confiant.
«Full house par le valet.»
«Mh.»
Une légère pause, mais elle reprit.
«C'est une belle victoire pour toi.»
Dit-elle en souriant. Quelques parties encore, un duel entre les deux Kartiens cette fois. Stanislas perdit, jetant rageusement ses deux cartes sur la table, lorsque son adversaire lui découvrit sa main. Il leva ses bras d'indignation, d'un air théâtral et pourtant naturel.
«Toi t'as la chance d'un immigré Afaréen qui a traversé nos frontières !»
«Tu ne retrouveras pas tes jetons en faisant des blagues racistes.»
«Eh mais toi... Tu sais quoi ? Mange le sol.»
La corvienne riait de bon cœur, d'autant plus quand elle repassa devant ses deux interlocuteurs.

Citoyenne Angèle Orlovski
«Stanislas.»
Il reconnut immédiatement la voix qui se présentait, derrière lui. Il soupira théâtralement, essayant de gagner quelques secondes pour réfléchir à comment se sortir de cette situation.
«Ah...»
Dit-il en regardant ses deux camarades de jeu, avant de tourner sa tête, regardant sa femme en faisant tout ce qu'il pouvait pour paraître sérieux.
«Stanislas ? Je ne connais pas ce nom. Vous devez faire erreur.»
«Mhm. Tu joues avec le chef de la sécurité en plus, t'es incorrigible.»
«Il s'ennuyait, je suis une âme charitable.»
Le militaire rétorqua rapidement.
«Il ment.»
La Gouverneure continua.
«Sérieusement Stan ? T'as pas pire comme excuse ?»
«Trust le process.»
Lysä ne pu réprimer son rire, avant que la Gouverneure ne termine.
«Dame Köwnatör, c'est un réel plaisir d'accueillir la représentation Corvienne pour un tel événement.»
Cette dernière reprit son sérieux, tout du moins essaya.
«Naturellement...»
«Stan ? Tu m'accompagnes ?»

Et ainsi se clôtura cette partie improvisée. La Gouverneure Orlovski avait bien conscience qu'il fallait accomplir un devoir diplomatique, qui n'avait pas encore été fait. Elle se dirigea vers la grande salle de réception où le grand ensemble des invités se trouvaient. Tandis que chacun allait et venait, se nourrissant tantôt du buffet, tantôt d'une discussion mondaine, les représentants militaires Kartiens semblaient se retrouver pour former un cercle. En effet, la Générale Ernova et le Directeur Kormyne s'étaient retrouvés dans un coin de la salle, sans doute pour discuter des productions à venir. Quoiqu'il puisse en être, les mariés, eux, étaient devenus le centre de l'attention, désormais. La Gouverneure Orlovski souhaitait se délester de cette tâche diplomatique. Or, si elle avait déjà longuement conversé la veille avec la République du Latrua, elle n'avait pas encore touché un mot au Président Shulichenko pendant les noces, encore moins à sa famille.

Cf
Ainsi, lorsqu'elle parvint enfin à reprendre l'attention de son désormais mari -encore évasif- elle se dirigea avec lui vers la délégation Latruante. Cette avait perdu un peu de son épaisseur, la famille présidentielle s'étant divisée au sein de la demeure. Les deux enfants étaient partis rejoindre les autres jeunes présents à la noce, tandis qu'Agathe et Lina s'étaient quant à elles prises penchées sur la longue table nappée qui servait de buffet. Enfin, les deux époux volaient d’une discussion à l’autre, l’aide de camp présidentielle suivant de près les deux hommes, les bras pris par un imposant paquet. Lorsqu’ils aperçurent enfin les heureux mariés, Vasiliy et Sergey ne purent s’empêcher de sourire. Les époux Orlovski arrivés à leur hauteur, Vasiliy commença.

«Ma chère Angèle, permets-moi deux choses: Premièrement, au vu du caractère privé de cet événement, de te tutoyer, et deuxièmement de te féliciter, toi et ton mari pour ce magnifique mariage. Bienvenue au club des gens mariés.»
«Et bienvenue à toi, Stanislas, dans celui des époux de dirigeants, on s'y fait à la longue !»
«Un conseil d'ami, ne l'écoutez pas trop, je n'ai toujours pas réussi à le canaliser après vingt ans de mariage.»

Ce qui formait désormais la famille Orlovski émit un sourire chaleureux, au commencement de la discussion. Et lorsqu'on y regardait de près, les deux compagnons semblaient bien différents. À commencer par leur âge, Angèle avait la quarantaine, son mari n'en avait pas plus de trente-cinq. À continuer par leur caractère, la femme semblait toujours nourrie de cette mine diplomatique, sans doute le fruit de la déformation professionnelle: Lorsque l'homme, lui, brandissait ses airs de businessman légèrement hautain sur les bords. À vrai dire non, c'était autre chose: Il s'agissait plutôt d'une attitude désinvolte. Cela se traduisait, par exemple, via le fait qu'il avait conservé ses lunettes de soleil caractéristiques dans la poche de buste de son costume: Encore visibles, malgré les quelques demandes de sa femme. Cette dernière prit la parole.

«Je vous remercie tous les deux, j'ai eu à cœur de parfaire cet événement, initialement personnel cependant devenu quelque peu diplomatique.»
Elle remarqua du coin de l'œil l'homme derrière le couple présidentiel Latruant, visiblement encombré, avant de tourner son regard vers son mari qui semblait prendre la parole, répondant aux salutations allongées.
«En réalité, cela doit bien faire plus de vingt ans -également- que je connais Angèle. De cette manière.»
Ponctua-t-il d'un rire amical, avant de rapprocher son épouse vers lui par la hanche. Cette dernière lui rendit un léger regard accusateur, sans doute pour reprocher les airs familiers qu'il entreprenait. Il continua.
«Je suis pourtant assuré des qualités de votre mari, n'est-ce pas ?»
«C’est vrai, tu as raison. Sergey est un homme pétri de qualités. C'est un homme doux, conciliant, aimant, un bon père, un fils exemplaire, un mari présent. Sans cet homme, je ne serai jamais devenu ce que je suis aujourd’hui.»
Le concerné prit la parole.
«Nous avons grandi ensemble, appris ensemble, fondé une famille ensemble avec toutes les difficultés que cela appelle. L’amour n’est pas un long fleuve tranquille, n’est pas une mer d’huile, c’est un long voyage commun. Notre voyage, il a commencé il y a vingt ans, il continue aujourd’hui, et c’est le voyage le plus passionnant que j’aurais pu vivre. Il m’avait promis l’amour, il m’a offert bien plus.»
Sergey regarda Vasiliy, il plongea son regard dans les iris bleutées de son mari et ne pu s’empêcher de prendre sa main, le laissant reprendre par la même occasion.
«Ceci étant dit, Angèle, tu m’as offert hier un magnifique présent et je me devais, en ce jour si spécial, de te rendre la pareille. Il existe une vieille tradition Latruante qui veut que chaque invité offre un objet qui aidera et servira au couple dans sa vie de tous les jours. Lors de notre mariage, nous avions reçu un trousseau assez conséquent et sa mère nous avait, par exemple, gentiment offert une machine à laver. Il n’y aura rien de ce genre aujourd’hui. Nous vous offrons aujourd’hui quelque chose d’un peu plus précieux, d’un peu plus fragile aussi. Nous avons longtemps réfléchi et nous avons finalement décidé de vous offrir un magnifique set d’assiette.»
Vasiliy aida son mari à sortir une assiette. Cette dernière, d’une blancheur de porcelaine, arborait de doux tressages bleus et un liseret doré.
«Il y a vingt ans, nos familles nous ont offert des assiettes comparables et après vingt longues, laborieuses mais belles, sensibles et passionnantes années de mariage, ces assiettes sont le symbole d’une union qui, malgré les épreuves, dure encore. Nous espérons que ces assiettes pourront elles aussi symboliser un amour sans faille, sans limite.»
La Gouverneure tendit avec précaution ses mains, afin de pouvoir analyser de plus près le présent Latruant.
«J'ai espoir également que ces échanges de présents sauront graver dans le marbre les relations de nos deux pays, je vous remercie ! Assurément, ce cadeau saura trouver sa place au côté d'une argenterie.»

Elle se tourna vers la foule, plus précisément vers le groupe d'officiers Kartiens. Elle croisa le regard d'une jeune femme en uniforme, lui indiquant de venir s'approcher. Cette femme, il s'agissait de Julia, la garde personnelle de la Gouverneure Orlovski, qui la suivait en permanence. Elle salua froidement les Latruants, dans ses coutumes de membre des renseignements Kartiens, avant d'échanger quelques mots avec sa protégée, le tout se clôturant sur un hochement de tête commun. Un homme se présenta finalement, sans doute mandaté par Julia, qui déchargea la délégation. La Gouverneure dit enfin.

«Excellences Latruantes, il est temps pour moi de vous saluer.»

Les époux Orlovski partirent saluer les autres délégations. Quelques temps plus tard, ils furent de nouveau seuls. La cérémonie allait avoir lieu d'ici peu. Ils marchaient, épaule contre épaule, dans une salle éloignée. Rien, il n'y avait qu'eux.

«J'aurais aimé que mon père puisse être là pour voir tout ça...»
Sa femme l'arrêta, le tournant vers elle, avant de l'enlacer par la taille, tête contre son buste. La différence de taille entre eux était, ici, flagrante.
«Je sais... Malheureusement, tu n'as que moi.»
«Mh...»
«Hey, ça va pas ?»
«C'est rien.»
«Aller arrête, tu peux me le dire, tu le sais.»
«C'est con de penser à ça. Surtout maintenant.»
«'Ça' ?»
«Avoir fait les mauvais choix, et en observer les conséquences maintenant.»
«T'as pas fait de mauvais choix, regarde nous...»
«C'est vrai.»

...

Un mariage de tradition Catholan ? Assurément, non. L'heureux événement se plaçait sous le sceau du culte Angélien. Les délégations furent réunies dans la plus grande salle de la demeure, tandis que les deux époux trônaient déjà sur une sorte de promontoire. Si ce culte est méconnu de l'international, c'est avant tout car il ne s'est développé qu'en Karty. Pourtant, ce dernier est omniprésent dans la culture du pays, même pour ceux qui n'en sont pas croyants. Il tire ses croyances dans les étoiles et la figure divine de Velestra qui protège le pays et son peuple. Il donne également ce prénom répandu en République Fédérale Kartienne: Angèle.

Antariens, Raskenois, Everiens, Kahtanais et Slavis ont l'occasion d'observer les rites de ces traditions Kartiennes, au cœur de leur pays. Les invités catholiques et orthodoxes pouvaient déjà observé quelques similitudes avec leur religion. Il y avait cette solennité, ces grandes baies vitrées qui pouvaient faire penser immenses vitraux des églises, ce vieil homme aux côtés des deux époux qui laissait deviner un prêtre. Mais assez vite, l'on se rendait plutôt compte des différences. Les époux étaient dans la salle avant les invités, le lieu de la cérémonie n'était pas spécifiquement dédié au culte, il n'y avait pas cette séparation au niveau de la disposition des chaises qui laissait aux mariés le chemin pour rejoindre le point clef.

Les invités remarquèrent qu'il n'y avait quasiment pas de symbole religieux. Le seul était quelques statues de Velestra, dont la représentation était similaire. Une femme, aux pieds dénudés, couverte d'un long drap, mais surtout d'une épée dont la pointe épousait le sol. Le vieil homme se leva enfin, captant instantanément l'attention du public. Il n'y avait pas de parole unique pour cette cérémonie, chaque officiant du culte était libre de se prononcer comme il le voulait. Il n'y avait pas de témoin pour les deux mariés, en réalité les pratiques cérémoniales se voulaient intimistes, malgré les délégations invitées. Quelques paroles en vieux Karta furent prononcées, mais l'homme continua dans une langue appropriée.

«Mes chers amis.»

Bien qu'âgé, la voix de l'homme semblait porter au loin, dans toute la salle. Sans doute le fruit des années d'expérience.

«Kartiens, Kartiennes, oui, mais aussi peuples de terres étrangères. Nous voilà réunis en ce jour de réjouissance, de fête, pour sceller sous les regards protecteurs de nos veilleurs, une union.»

Une légère pause.

«Velestra protège ceux qui marchent sous ses étoiles. Aujourd'hui, deux êtres sont venus lui annoncer leur amour. Stanislas et Angèle, désormais unis sous le seul nom Orlovski, soyez heureux de pouvoir vous affirmez aux yeux du monde mari et femme. Sur notre terre promise comme partout ailleurs, soyez unis par ces deux bagues identiques, symbole de votre seule union.»

Echangeant d'abord un baiser, le couple Orlovski se tourna vers le public...

Un tout nouveau monde
Un tout nouveau monde, Milgaya Dubreski, Musée des Beaux Arts de Volkingrad

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Je tiens à remercier avant tout Tux et Nicod'Agneau, qui se sont penchés sur ce RP qui me tient beaucoup à cœur. En effet, quelques scènes de ce long RP contiennent des personnages de leur lore, où on s'est mis d'accord. Je les remercie également pour avoir pris le temps de poster à cet événement qui, encore une fois, est d'importance à mes yeux: Eux deux et également Vast ^^
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