24/03/2005
22:49:27
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Activités étrangères en Tapiolie

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Activités étrangères en Tapiolie

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Tapiolie. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur du Tapiolie, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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La valse tapiolienne

https://www.zupimages.net/up/21/24/eywa.jpg

Sais-tu danser la valse tapiolienne ? Ce n’est pas un fox trot ou une polca, ce n’est vraiment pas très compliqué pour la comprendre suis donc leurs pas.
Quand Aukusti avait proposé à Pauliina d’échanger une danse avec lui, au bal des cadets d’Helmi, elle avait hésité quelques secondes. Il fallait bien reconnaitre qu’avec son acné persistant et la pâleur de son visage qui faisait ressortir ses cernes, Aukusti n’était pas le jeune homme le plus séduisant de la pièce. Mais allez, elle avait accepté, et n’avait jamais regretté cette décision de toute sa vie.

Cinquante ans plus tard, Aukusti et Pauliina partageaient une fois de plus la valse tapiolienne , c’était leur danse à eux, celle qui parvenait, malgré les années et les douleurs au dos, à réveiller encore leur émoi. Ce qu’ils avaient perdu en souplesse, ils l’avaient gagné en technique et s’ils l’avaient voulu, ils auraient sans aucun doute pu rivaliser avec les danseurs du club senior d’Imanola et même peut-être de toute la Tapiolie. Ce pays ils en étaient tombé amoureux, et pas seulement pour sa danse, même si sans doute cela avait joué. La Tapiolie, c’était un peu comme le Syndikaali, mais en tellement différent…

Ils s’étaient installé sur la côte sud dès qu’ils avaient découvert leur intérêt commun pour ces régions. Lui voulait ouvrir une entreprise de parapluie – allez savoir pourquoi – quant à elle, elle avait pour rêve de travailler dans un garage. Des rêves simples, des ambitions modestes pour une petite vie sans histoire qui s’annonçait douce et tranquille. Bien entendu, quand Pauliina avait fini par annoncer à son mari qu’elle travaillait pour les services secrets du Pharois Syndikaali et qu’elle n’avait jamais fait ses études à l’école d’arts appliqués Albi, comme elle le lui avait raconté, mais dans un pensionnat militaire accueillant les pupilles de l’Etat dans le but d’en faire des agents de terrains dès leur plus jeune âge, cela l’avait un peu perturbé.

Et puis au final, tant pis, il ne l’aimerait que d’autant plus. Alors il avait commencé à faire du footing et à apprendre à tirer et il acceptait qu’un des placards du deuxième étage soit rempli d’appareils radiophoniques auxquels il ne comprenait pas grand-chose.

Ils avaient eu des enfants, deux enfants en fait, de vrai petits tapioliens qui avaient grandi à Imanola et qui maintenant s’en étaient allé à la capitale pour leurs études. Restés seuls Aukusti et Pauliina avaient vieilli ensemble et jamais le vieux monsieur n’avait posé de questions. Sa femme s’absentait parfois, mais rarement tout de même, en prétextant une virée avec ses amies. Peut-être le faisait-elle vraiment après tout, dans ces cas-là Aukusti invitait ses anciens collègues pour jouer aux cartes, fumer des cigares et boire ces bouteilles d’alcool que Pauliina refusait toujours d’ouvrir parce que c’était mauvais pour sa santé.


A petits pas feutrés sur l'épais tapis du salon, Aukusti et Pauliina entamaient leur valse une fois de plus. Ce rituel leur faisait sentir à quel point ils avaient vieilli, leurs mouvements étaient lents, parfois un peu douloureux mais toujours tendre. Aux dernières notes de la valse, la vieille femme embrassa son mari puis alla s'asseoir sur le canapé. Aukusti s'en alla à la cuisine chercher deux verres de jus de pomme. Quand il revint, Pauliina était morte. Cela devait bien arriver un jour ou l'autre. Il s'y attendait.

Ce qui le surprit un peu plus fut la rapidité avec laquelle les choses s'enchainèrent ensuite. Les gars des pompes funèbres avaient un léger accent pharois, ce qu'Aukusti ne trouva pas très professionnel, et bientôt la maison fut envahie de croque-morts compatissant qui lui faisaient signer des accords de confidentialités et démontaient précautionneusement toutes les machines dont la maison était garnie. Y compris des qu'Aukusti n'avait jamais soupçonné. Il découvrit ainsi l'existence du faux plafond au niveau du lustre et du coffre-fort planqué dans le fond de la machine à laver.

Quand les croque-morts repartirent avec Pauliina, la maison lui sembla très vide, et ses murs également. Tout semblait creux désormais, son coeur et ses cloisons, dépouillées de sa femme et de ses secrets.
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