18/05/2019
15:22:30
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Karty & l'international, conférence de presse à Volkingrad

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Il est l'heure du bilan.

AlinéaSi la République Fédérale Kartienne, son régime, est de nature récente, sa tête de file qu'est Angèle Orlovski ne date pas d'hier. Non, elle est la femme politique en exercice avec le plus d'années consécutives, malgré sa jeunesse, pour une femme d'une quarantaine d'années. D'abord aux institutions législatives sous Von Blonski, puis Chancelière sous l'égide du Tsar, et enfin Gouverneure d'une des plus grandes puissances du monde. Car en effet, aujourd'hui, la République Fédérale Kartienne se glisse au podium des nations par son armée, au déplaisir de certains, au bonheur d'autres. Un pays à la spécificité culturelle unique, aux traditions certes ancestrales mais mutées des nouveaux idéaux qu'arbore le jeune Etat socialiste. Tout un processus en grande majorité permis par cette femme, Angèle Orlovski. Réellement populaire et majoritairement appréciée du peuple, il est certain que les historiens nommeront une ère Orlovski, lorsqu'elle sera achevée. Mais, au delà de la femme politique, que savons nous d'elle ? Personnellement ? Un père militaire mort sous la répression de l'Empire, un amant dissimulé aux yeux du grand public... Peu de choses, en réalité, dans la mesure où ces dernières sont tombées dans l'oubli ou ignorées. La Gouverneure Orlovski, tout comme la plupart des dignitaires, politiques et hautes personnalités, a évacué le Capitole, cette infrastructure qui accueille d'habitude l'exécutif. Pourquoi ? La Loduarie, tout simplement. En raison de la potentialité des événements, leurs risques, il avait été convenu d'évacuer toutes les infrastructures majeures, en vue de bombardements ou d'assassinats. Et ce protocole, pour la Gouverneure, est conséquent. Personne ne sait où elle se trouve, non, quasiment personne. Angèle se déplace à cadence régulière. La dernière fois, un complexe militaire campagnard. Une autre, une infrastructure politique de Barlena. Et ainsi de suite. Aujourd'hui, Angèle doit aller à Volkingrad, pour honorer une conférence de presse. Elle se trouvait dans l'ancienne maison de son père, aux côtés d'une des rares personnes qu'elle avait pu côtoyée ces derniers jours... Cette personne, une militaire, la seule garde de la Gouverneure. Même si d'habitude, de tels protocoles ne sont pas entamés, la situation l'impose.

Fin d'année 2018, sous un ciel froid et de biens pâles rayons.

Gouverneure Angèle Orlovski
-"Julia ?"
-"Madame ?"

D'aussi loin que pouvait s'en souvenir la Gouverneure, sa relation avec la militaire avait été fortement particulière. Il y a toujours eu cette sorte de distance professionnelle, qu'elle prenait l'habitude d'effacer avec le temps, une question de conditions de travail plus agréables. Mais cette femme, Julia, avait toujours gardé cette sorte de distance, non pas qu'elle était froide...

-"Rien, laisse."
-"Votre convoi semble présenter du retard, madame."
-"Mh ?... Ce serait vraiment fâcheux d'arriver en retard à un événement d'une telle portée internationale... Y'aurait-il seulement un autre moyen ?"
-"Il me semble, madame, qu'une voiture se trouve dans le garage."

Angèle afficha une tête curieuse, comment pouvait-elle le savoir ? La réponse était simple, Julia avait pris l'habitude plutôt convenante et normale pour son rôle d'inspecter les lieux où elle se rendait. Puis, Angèle eut un éclair de lucidité, comme si elle avait oublié l'existence de ce véhicule jusque là...

-"Maintenant que tu le dis, la voiture de mon père... ça me ferait bizarre de la conduire, ou juste de la voir, après tant d'années... Je ne sais même pas si elle marche encore..."
-"Il serait plus sage, madame, d'attendre le convoi au risque du retard pour votre sécurité."
-"Allons, qui pourrait bien se soucier d'une simple voiture civile, un peu... rétro disons, certes. Ce n'est pas sans dire que Volkingrad est quadrillée par la Kaldrika."

Car en effet, pour cet événement, la sécurité était loin d'être délaissée. La Kaldrika, c'est le nom du groupe armé chargé de protéger Volkingrad, conformément à la constitution. L'armée de terre, elle aussi, se tenait prête à l'intervention de quelconque cas. Les groupes antiaériens, et plus largement l'aviation, avaient été affrétés pour l'occasion, dans le plus grand des silences par les soins de la Vorna, les renseignements. Des mesures auxquelles s'ajoutait la Loi de Gel sur les Juridictions Hostiles. Globalement, tous les journalistes du globe étaient acceptés. Tous, exceptés ceux Loduariens et Illiréens, c'était le contexte de guerre et de sécurité qui prévalait. Une autre mesure, évidente entre autres, était la fouille minutieuse des journalistes, dans le respect évident de leurs personnes: Il en allait de détecteur de métaux ou autres outils.

Voiture de marque Deska
Ce fut à bord d'une voiture Deska qu'Angèle et Julia se rendirent à la conférence, sous couverture involontairement civile. La Gouverneure conduisait le véhicule de son père avant elle, une marque de collection. Le monde de l'automobile en Karty, c'est véritablement tout un art. Tout Kartien, de toute province, connaît le nom de Steinhart. La marque nationale par excellence, 80% des véhicules sur le sol Kartien lui étant accordé. Deska, c'est une marque niche, disait-on... Un aspect de la culture italienne de Zaverço, connu pour son monde automobile et ses voitures de collection... Finalement, sous les yeux de militaires dissimulés, des projecteurs et des journalistes, dame Orlovski se rendit exactement à l'heure convenue, la précision d'une horlogère. Elle prit place sur la tribune.

Gouverneure Angèle Orlovski-"Kartiens, Kartiennes, citoyens et citoyennes, mesdames et messieurs les journalistes, peuples du monde.

Qu'aujourd'hui soit marqué par le sceau de l'importance de la diplomatie pour la République Fédérale Kartienne. Effectivement, ce présent événement témoigne d'une volonté d'ouverture sur le monde: Vous avez été nombreux à répondre à cet appel, et la République Fédérale Kartienne vous remercie.

Je tâcherais d'entamer ce discours d'ouverture par un bilan de mes désormais trois années de mandat auprès du peuple Kartien. La diplomatie, une valeur par toujours ancrée par la politique œuvrée. En seulement quelques années, nous avons su tisser un réseau diplomatique d'importance, rattraper un retard considérable. De pays isolationniste, nous nous sommes ouverts sur le monde ! Karty resplendit, malgré les embûches qui se sont tendues, aux côtés de ses alliés: L'Empire Raskenois, la République d'Antares, la Fédération Slavis et enfin la République du Latrua. Ces pays se sont illustrés comme nos plus proches alliés, la République Fédérale se tiendra réciproquement à leurs côtés.

C'est enfin l'heure de proclamer, au bout de plus de cent ans, la fin de la phase de transition démocratique pour Karty. Les régimes se sont succédés. Mais enfin, enfin, la stabilité est retrouvée, au profit de la finalité démocratique pour laquelle nous avons œuvrée. Depuis 1909, Karty s'est engagée sur cette voie sinueuse mais de toute gloire !
Mais il reste évidement du chemin à parcourir. C'est tout particulièrement le cas pour les enjeux économiques de notre pays, qui se voit jouir de la plume de nos philosophes et penseurs par la théorisation et l'application, progressive au demeurant, du Dirigisme Souverain. L'économie Kartienne demeure l'une des plus resplendissantes du globe, en témoigne l'efficacité de cette doctrine: Un Produit Intérieur Brut qui avoisine 1 354 000 000 000 $.
Une constante économique qui s'est grandement illustrée par la voie de notre armée. L'armée Kartienne s'est vue, en cinq ans, renforcée de toute part. Passant d'une force archaïque à l'une des plus puissantes armées du monde: Notre armée de l'air se hisse, par la direction de la Générale Ernova, sur le grand podium des nations ! Cependant, la République Fédérale n'usera guère de cette force par abus ou impérialisme, mais bien pour se protéger, pour protéger ses alliés et œuvrer pour la paix internationale.

Il serait, toutefois, ironique de ne présenter que les points positifs de ces dernières années. La République Fédérale Kartienne se voit confrontée à l'un de ses plus grands défis, le mot étant d'une pâleur certaine: L'invasion de la Loduarie sur notre alliée Antarienne. Cette guerre, une infamie, nous sera décisive. Mais jamais. Jamais ! La République Fédérale ne se laissera intimider par la Loduarie Communiste, nous défendrons notre alliée et sœur Antarienne: Nous suivrons cette étoile.

[...]
"

Son discours d'ouverture clôturé, les journalistes peuvent prendre la parole... Et, dans un fond de la salle, Julia, la garde d'Angèle... Une occasion en or, pour un journaliste Kartien, qui en réalise un cliché...

Dessin de Julia
Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Tout d'abord, merci de la lecture ;)

Il me paraît clair que le conflit en Loduarie sera abordé durant cette conférence de presse (ou pas !), vous n'êtes pas sans savoir les problèmes de temporalité. Il est donc à considérer que la conférence se déroule fin 2018, avec la conjoncture actuelle: Soit une invasion floue mais démarrée.

La plupart des journalistes de tout Etat sont acceptés, exceptés ceux de la Loduarie et de l'Illirée comme explicité dans le RP (évidement on les vire pas à coup de pied, c'est un refus préalable). Cependant. Cependant, je demande sincèrement de ne pas entamer de RPS trolls, comme ça a déjà pu être fait sur des événements que j'avais lancés. J'ai passé du temps à écrire ceci, je demande donc d'éviter de partir en ce sens, s'il vous plaît. Si le fait que je sois déçu le cas échéant ne vous suffit pas, il faut bien prendre en compte que mes autorités n'accepteraient des débiles mentaux dans la vibe qu'a déjà pu faire Quarta...

Mais trêves de demandes, je suis sûr que tout va bien se passer, hâte de répondre à vos questions !
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[right][img=https://zupimages.net/up/26/15/cgoc.png]Gouverneure Angèle Orlovski[/img][/right]

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Une femme s'avanca. On la laissait passer pour deux raisons. L'une, c'était qu'elle avait une "auréole" qui l'entourait. La seconde, c'était sa condition physique. Boitant de la jambe gauche, la main gauche brûlée et morte. Une partie de son cou, à sa gauche, semblait cloqué et brûlé également.
Malgré l'apparence qu'elle avait, son visage était radicalement différent. Il exprimait une histoire lui tout seul. Pouvant être considéré comme fort beau par beaucoup de normes, il n'était que terne et triste. Ce visage tout entier exprimait un malheur qui s'était abbatu sur lui. Mais, malgré cela, il, et la personne à qui il appartenait, ce visage, était fier. Une flamme brûlait encore dans ces yeux. Une flamme ardente, plus ardentes que celles qu'elle, cette rescapée, avait vécue.
Il est vrai, elle était Loduarienne. Elle le savait, personne de sa nation n'était sensé être là. Elle ne devait pas être là. Mais, elle était une journaliste. Avec une histoire.
Pour ce qu'ils en savaient et ce que ses papiers disaient, elle venait de l'Empire du Nord. De l'Aleucie. Travaillant pour un obscur journal. Rien qu'à voir ses cicatrices, on pensait qu'elle sortait d'Estham. De son fléau. Comment ne pas inspirer la pitié d'une telle manière ?
Il fallait dire qu'elle venait d'Estham. De son hôpital. Elle sortait du coma depuis un an quand le fléau avait eu lieu. L'Empire, croyant qu'elle était l'une de leur, lui avait fait des papiers officiels dans la confusion qui avait suivi le fléau. Elle avait vécu nombre d'horreurs. Aujourd'hui, elle servait la patrie qui l'avait accueilli en même temps qu'elle même.
Elle parla. D'une voix, qu'on aurait pu penser rauque en raison de ses cicatrices liés au armes chimiques, étonnamment douce.

Madame la Gouverneure.
Florine, pour le "Larmes de Lys". Nous sommes un journal local de l'Empire du Nord qui traite principalement des conflits et des armées de ce monde, et c'est un honneur pour moi de pouvoir vous poser des questions dans le cadre de cette conférence de presse.

En tant que journaliste, je suis doté d'un certain sens de l'observation. Et j'ai remarqué la présence de nombreux hommes armés, où qui ne semblent pas l'être mais le sont. Je sais les reconnaître. Pour ma première question, craignez vous tant que cela vos ennemis pour penser que votre pays sera touché par ces mêmes ennemis dont toutes les ressources sont tournées vers d'autres horizons ?

Quand à la guerre en Antares. Il a été attesté que ce pays avait commis nombre de crimes à l'égard de sa population, et qu'une manipulation certaine de cette même population était à l'œuvre. Est-ce le pays que vous soutenez ou fermez vous juste les yeux ?

Concernant la Loduarie et les mesures que vous avez prises à son encontre. La Loduarie vous as-t-elle déjà menacée publiquement, au même titre que l'Illirée pour que vous preniez de telles décisions à l'encontre de ces deux pays ? D'aucun pourrait désigner vos deux régimes comme similaires, pourquoi ces choix ?

Et finalement, aurez vous frontalement sur la Loduarie, d'une manière ou d'une autre ?
AlinéaAngèle écouta. Elle écouta cette nordiste, du moins ce qu'elle prétendait en être, la première prise de parole. Cette journaliste avait, à juste titre, remarqué et mis le doigt sur la couverture militaire des événements. Elle porta un infime regard sur Julia, sa garde rapprochée, imperceptible, avant d'entamer sa réponse.

Gouverneure Angèle Orlovski
«
Des questions pleines de bon sens et d'intérêt, au demeurant. Je tâcherais de m'attarder particulièrement sur les crimes commis en République d'Antares, car non, la République Fédérale ne ferme guère les yeux dessus. En effet, il paraît une vague d'incompréhension sur ce sujet, des contestations ont été émises, que ce soit de la Fédération Estalienne ou d'autres pays. Je tâcherais cependant de corriger votre affirmation, ce n'est pas le pays en lui-même, l'Antares, qui a commis ces exactions, allant de l'exécution sommaire ou de diverses arrestations préventives. Le climat de guerre civile ne permet pas d'affirmer avec exactitude la portée de ces crimes, il est cependant clair qu'il y en a. Ces crimes, guère engendrés par l'Antares, demeurent perpétrés par la MIRA. La République Fédérale Kartienne ne soutient, en aucun cas, ce groupuscule de hauts militaires, qui se complet dans la souffrance d'un peuple pour y déclarer l'état de loi martiale afin d'assurer et légitimer sa junte. Jamais la Présidence Fédérale n'a soutenu, et ne soutiendra jamais, cette entité. Nous condamnons fermement ses exactions. Il serait, cependant, bien irréaliste de s'indigner de cette manière. L'Antares, tout comme l'a été la République Fédérale avant elle, demeure sous un état de guerre civile, les exactions y sont inévitables. Il est de notre ressort de les limiter, la République Fédérale a œuvré par le biais d'aides humanitaires, soulageant les maux, encore trop grands, du peuple Antarien.

Vous avez signalé des similarités entre la Loduarie et Karty. Mon pays n'est, en aucun cas, sous aucune forme, et n'a jamais été, proche de ce pays. Politiquement, diplomatiquement, économiquement, notre régime est différent par la nature et le fond de la dictature Loduarienne. Preuve en est de ces aides humanitaires. La Loduarie prétend sauver et porter secours au peuple Antarien, fort bien. A-t-elle seulement dépêché une quelconque aide humanitaire ? Il est sincèrement navrant d'observer cette position à géométrie variable, la Loduarie ne portera jamais secours à un conflit en y envoyant d'autres militaires. Il suffit de se reporter aux conflits de l'Okaristan, la Translavya, la Loduarie ne s'est jamais illustrée par la bienfaisance de ses desseins. Elle s'indigne du mal des peuples, mais paie pour voir du sang. La Loduarie ne nous est pas similaire, donc. De surcroît, il suffit plus simplement de regarder le schéma politique de ce pays. Une Loduarie qui se revendique communiste, mais qui suit les règles de succession de la monarchie ! Trois dirigeants, trois membres de la même famille. La Loduarie ne laisse aucune autonomie à ses citoyens. Je ne peux que vous renvoyer à des ouvrages Kartiens, qui dépeindront mieux que moi la réalité de ce régime: Les dystopies du Codex Crimson. Ce ne sont là que des livres, de la littérature, certes, il ne faut cependant pas sous-estimer leur portée.

Ce pays, responsable d'une future tragédie à l'Eurysie de l'Ouest, diffère également de part sa gestion des affaires étrangères. Une diplomatie agressive, une politique interventionniste, une ligne populiste, qui viennent cerner un impérialisme de plus en plus conséquent. L'Okaristan, la Translavya... La Loduarie nous a-t-elle menacée directement ? A cela je réponds: Oui. Et plus encore, la Loduarie a tué militaires et civils Kartiens. Le premier décembre 2014, l'ex-Saint Empire de Karty n'avait pas pu répondre à cet affront. Ce temps est révolu, la République Fédérale Kartienne se défendra. Considérant le cas Illiréen, leur proximité avec la Loduarie -et leur état de vassal à leur encontre- est un élément nécessaire à la compréhension de notre politique. Aussi, le pays ocre n'a pas seulement menacé, il s'est évertué dans l'invasion de notre alliée la République d'Antares. Le gouvernement Loduarien a agi consciemment des accords de défense qui nous lient à ce pays, consciemment d'un fait établi: La République d'Antares se hisse parmi les plus proches alliés de Volkingrad. Vous avez demandé si Karty craignait la Loduarie, considérant un militarisme évoqué ? Non seulement nous ne craignons pas ce pays, mais nous agirons pleinement à son encontre. La présence de militaires, que ce soit à Volkingrad en ce moment même, ou à quelque frontière, n'est que le fruit de l'œuvre politique et sécuritaire de notre gouvernement pour sa population. La République Fédérale n'affirme pas que la Loduarie, ou tout autre pays, agira directement à son encontre sur notre sol. Nous ne faisons que prévoir ce qui pourrait être, il en va de la vie de nos citoyens: Karty n'attendra pas à genou que l'on lui tranche la gorge.

Et finalement, notre armée agira-t-elle directement contre la Loduarie ? Il en va de l'état-major, de confidentialité militaire. Sachez simplement que la République Fédérale prendra l'ensemble des mesures qu'elle estime nécessaire pour protéger son alliée Antarienne, lui éviter les griffes de l'asservissement. Il ne sera, cependant, jamais question de défaire la Loduarie pour lui imposer notre domination. Ce champ d'action est propre au gouvernement Loduarien: Nous défendrons la République d'Antares et son Concordat contre les chaînes dictatoriales de son voisin.
»
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Journaliste

La presse latruante avait été conviée à l'événement organisé par la Présidence Fédérale. Le choix du média qui serait désigné pour représenté avait été simple. Journal emblématique de la nation latruante, Véracité avait été choisi presque sans débats, sans critiques, sans que personne ne s'oppose. Le choix du ou de la journaliste qui aurait pour mission de questionner la Gouverneure fut, quant à lui, plus complexe. En effet, la rédaction, forte de ces 160 grattes-papier, était le lieu des ambitions d'hommes et de femmes en mal de reconnaissance. Les discussions furent donc rudes, ardues, complexes, faites de cris et d'invectives, de manœuvres de séduction plus ou moins adroites, d’œillades et de joutes verbales.
Sortie victorieuse de cet affrontement presque mortel, Tanya Romanova se tenait maintenant, droite comme un piquet dans la salle de la conférence. Elle, la fille d'ouvrier, l'élève dyslexique, la jeune fille cent fois moquée, raillée, la femme tant sous-estimée, allait interroger l'une des femmes les plus puissante au monde. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une forme d'admiration à l'attention de la dirigeante kartienne, la considérant comme le parfait exemple émancipation. Une femme à la tête d'un état les plus important du globe, une femme célibataire, au regard d'acier et à la verve légendaire. Il fallait cependant qu'elle mette ce sentiment positif de côté, qu'elle retrouve la professionnalisme qui la caractérisait et en faisait, de parole de politiques, un redoutable journaliste. Elle prit le micro, regarda la tribune, trouva le regard de la kartienne, ne le quitta plus et dit :

"Madame la Gouverneure, Tanya Romanova pour les médias latruants. Je me permets de vous poser quatre questions. La première concerne votre propos et vos mots quant à la situation politique de votre pays. Vous dites que Karty a atteint une phase de stabilité démocratique, mettant fin à une transition de plus d'un siècle. Une transition qui fut, selon vous, une voie "sinueuse". Cependant, comment pouvez-vous affirmer avec certitude que votre pays ne subira pas un nouveau changement de régime, comme ce fut le cas il y a un an, à la suite d'une tentative de coup d'état ? Comment pouvez-vous affirmer que des oppositions anti-démocratiques ne resurgiront pas dans les régions italianisantes, principalement dans l'état d'Helmer, dont les droits à l'élection sont suspendus ? De l'inégalité ne naît-elle pas la révolte ?

Vous avez, durant votre intervention vantée la force économique de votre pays, mise au service de votre défense. Cependant, ne pensez-vous pas que la République Fédérale, via ces efforts budgétaires poussés, ne défavorise pas le social au profit du militaire ? En effet, malgré le fait que votre nation semble se positionner à la gauche de l'échiquier politique, elle ne développe pas des politiques sociales-libérales, à l'instar du Latrua qui a, par exemple, légalisé la PMA et la GPA, banni une vingtaine de pesticides nocifs. Votre nation ne souffre-t-elle donc pas de son hyper-militarisation ?

Toujours sur le plan militaire, vous avez signé il y a un peu plus d'un an, à Vrarany, des accords de défense avec la République du Latrua. Ces accords vous obligent à vendre, à des prix réduits, du matériel militaire et à porter assistance au Latrua en cas d'agression. Une aide militaire à un pays qui est, clairement, militairement faible. Les Accords de Vrarany ne sont-ils pas un fardeau pour Karty, une faille dans sa stratégie militaire ?

Enfin, une question plus personnelle. D'après certaines indiscrétion, il semblerait que vous soyez très proche de l'actuel Président de la République du Latrua, Monsieur Vasiliy Schulichenko. Proche au point de le tutoyer. Cela n'a cependant pas toujours été le cas, des tensions ayant existé, existant peut-être encore. Comment qualifieriez-vous l'état de vos relations avec la dirigeant latruant et comment envisagez-vous le futur des relations entre votre pays et le Latrua ?

Je vous remercie."
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Après la réponse de la dirigeante kartienne, un jeune homme s'avança, prêt à prendre la parole dans la droite ligne des interrogations nordistes. Jeune, c'était la première chose qui sautait aux yeux à sa vue ; il ne l'était pas trop, mais ses vingt-cinq hivers, alliés à une sorte d'implacable vivacité communément conférée à ces gens-là, marquaient un contraste notable avec les mines graves et grises de cette conférence. L'on lui avait pourtant vanté le « temps kartien », ou des conditions météorologiques clémentes, à l'instar de ces terres du Sud où le pays trouvait son écrint. Au Sud, du moins, par rapport à chez lui. Ses documents d'identité indiquaient ainsi un citoyen vayien, sorti d'une école de journalisme vayienne, et doué d'une carte de presse vayienne. La Vayie, la « nation sœur » de l'Illirée — les deux pays étaient issus du même Empire Illiréen des temps jadis et, bien que Kaulthie interférât dans leurs affaires, les deux avaient encore une culture et des langues similaires. D'après les Vayiens, l'on parlait illiréen à Tirgon et vayien à Aristion. D'après les Illiréens, ces deux langues étaient en fait des variantes de l'illiréen, sans que l'on pût en disttinguer plus que des dialectes régionaux. Au delà de ces chamailleries, tout ou partie alimentées par des sentiments nationaux de plus en plus distincts, les deux nations entretenaient des relations privilégiées. Aussi les Illiréens considéraient-ils leurs frères vayiens comme la concrétisation d'une bien modeste sphère d'influence ; l'histoire étant plus compliquée selon ces derniers. Les services des premiers étaient, pour ainsi dire, sans vergogne dans l'utilisation du passe-port vayien depuis le changement de régime de 2016. Cette petite république parlementaire, propre sur elle, était un outil de contournement adéquat.

Quoi qu'il en fût, le jeune homme s'avança résolument et prit la parole, questionnant la Gouverneure avec véhémence.

— « Madame la Gouverneure, vous me voyez bien honoré de participer à cette conférence de presse au nom du Diesem Stariye vayien. Aussi pensè-je que des remerciements sont la réponse la plus appropriée à cette conférence de presse qui, nous l'espérons tous, apportera des éclaircissements là où le besoin s'en fait sentir. Et, enfin, » ajouta-t-il avec un sourire « ce sera l'occasion pour mon journal de rapporter quelques unes de ces "histoires quotidiennes" que vous ne manquerez pas de nous livrer.

» Avant toute chose, j'aimerais vous faire part du sentiment circonspect de ma rédaction quant à l'exclusion de nos frères illiréens de cette conférence de presse. Je sais que vous avez déjà traité cette interrogation, du moins en partie, de l'initiative de ma collègue nordiste, que je salue ! mais je pense que le sujet mérite quelques lumières de plus. Ainsi, dans votre réponse, vous évoquez trois éléments de motivation (reprenez-moi si je me trompe !) : la proximité du gouvernement illiréen avec le pouvoir loduarien, des menaces illiréennes et la participation directe de l'Illirée à l'invasion de l'Antarès ; ce sont vos mots. Ainsi, je pense que nous pouvons nous questionner légitimement de la relation entre Tirgon et Lyonnars, mais rien n'indique un état de vassalité de l'un par rapport à l'autre. Donc, je me demande : savez-vous des choses que nous ne savons pas qui permettent d'affirmer de telle chose ? Et de légiférer dessus qui plus est ! Ensuite, c'est là une demande tout à fait journalistique, et vous l'entendrez volontiers, est-ce possible de rendre publique les "menaces" que vous évoquez ? Ainsi donc que cette "participation" dont vous les accusez ; c'est là un devoir de transparence, je crois. Vous comprendrez sans peine que semblables accusations, a fortiori lorsque l'on restreint la liberté de la presse en se basant dessus, ne peuvent pas se passer de preuves tangibles.

» Mais cela m'amène à une dernière interrogation : quand bien même l'Illirée — et pour partie la Loduarie — seraient coupables de ce que vous leur repprochez, en quoi cela constitue une raison suffisante pour entraver la liberté de la presse ? Vous n'avez quand même pas peur des questions que pourraient poser leurs journalistes, pourtant parmis les premiers concernés de ce conflit infinissable de la guerre civile antarienne ? Vous les accusez, nous l'entendons-bien entre les lignes, d'être des régimes anti-démocratiques. (Le sont-ils seulement !) Mais, déjà que semblable allégation doit être démontrée, elle ne signifie nullement que la presse d'Etat de ces pays doit être sanctionnée. Ni qu'il n'y existe pas de presse indépendante. Je vous le demande, parce que j'ai un cousin illiréen, comme beaucoup de gens en Vayie. Vous n'aimez pas les gens au pouvoir, bien qu'élus ? Soit ! Mais les oppositions démocratiques de ces pays-là doivent-elles s'asseoir sur leur séant et être, elles aussi ! privées de leur droit le plus élémentaire à l'information et au questionnement ?

» Je vous remercie, Madame la Gouverneure. C'était Ival Khanleg, pour le Diesem Stariye vayien. »

Le singulier jeune homme retourna dans le rang. Mais cependant qu'il reprenait place en retrait, il lança un regard appuyé à la Gouverneure, en passe d'entamer sa réponse. Il écouterais chacun de ses mots avec la plus grande des attentions.
AlinéaLorsqu'elle eut enfin terminé son intervention sur la Loduarie, la Gouverneure de l'état slave expira discrètement. Elle venait de clarifier toute une ligne politique qui avait fait douter, entre autres, les Estaliens: Le sujet de la MIRA. Angèle a pu mêler des éléments étudiés au préalable, mais aussi, et surtout, le fruit d'une réflexion constante au cours de son dialogue. Cette reprise ne s'allongea que quelques courtes secondes. Elle tendit le bras en direction d'une journaliste pour lui donner la parole, comme cela se faisait lors des conférences de presse, en Karty tout du moins. Les sujets étaient clairs: Stabilité du régime, un militarisme qui ferait défaut aux lois sociales du pays, et les relations avec le Latrua.

Gouverneure Angèle Orlovski
«
La présence des médias Latruants témoigne, tout d'abord, des partenariats qui nous lient avec ce pays. En ce qui concerne des relations dites d'un ordre personnel avec le Président Latruant, je tiens à vous rappeler à titre informatif que sieur Schulichenko est un homme marié. En des termes plus sérieux, il est vrai que le climat de travail amical et propice entre nos deux personnes a fortement pu faciliter les échanges au cours d'échéances diplomatiques. Je n'ai guère de doutes à spécifier quant au futur des relations Latruo-Kartiennes, ni au devenir des Accords de Vrarany. S'il est vrai que d'éventuelles tensions ont pu émerger par le passé, peu au demeurant, elles ont toutes sues être réglées bilatéralement, diplomatiquement et dans le calme. La qualité des relations, qu'elles soient diplomatiques ou d'un autre ordre, ne réside guère en l'absence d'erreur, mais bien dans la capacité de tirer des leçons de ces dernières et à les outrepasser. Pour clôturer sur le sujet de la République du Latrua et revenir aux Accords de Vrarany, la supériorité militaire Kartienne est factuelle. Si la Présidence Fédérale a accordé sa défense, au delà de la qualité des relations, elle a surtout jugé d'une constance réelle et d'un quasi non risque en la matière. Le Latrua ne s'est guère illustré par bellicisme ou interventionnisme, réduisant de fait la potentialité de conflit. Sur le volet militaire, il est également vrai que nous fournissons militairement par l'Ordre Oruzhiya le Latrua, à des prix fortement réduits. En aidant le Latrua à développer son armée, nous participons à l'ascension d'un allié sur la scène internationale: En cela réside le respect de l'article 5 desdits accords. A terme, lorsque le Latrua deviendra une réelle puissance en capacité, cet accord de défense unilatéral sera bilatéral.

Dans la continuité du sujet militaire, le militarisme Kartien est, lui aussi, clair. Il est la résultante de la volonté populaire et émise de souverainisme. Si Karty se refuse à intégrer tout institut supranational, notre défense ne nous est assurée que par nos soins. C'est pourquoi le budget militaire, en Karty, est conséquent. Mais il ne fait pas défaut à nos lois sociales. La République Fédérale est jeune, l'application du dirigisme souverain n'est que progressive. Les finalités réellement nécessaires à la stabilisation du régime se clôturent peu à peu, viendront ensuite les lois sociales. Des lois en cours de débat, de vote, au demeurant. Leur application demeure réellement prochaine, et a déjà commencée: En témoigne l'officialisation de l'avortement dans notre bloc constitutionnel par le premier amendement. Aussi, la nationalisation des secteurs stratégiques indiquent une propriété étatique, et la suppression de la domination d'une classe bourgeoise sur ses ouvriers, artisans et autres travailleurs. Sous peu, le Sénat Fédéral promulguera des lois visant notamment le secteur de la santé.

Concernant finalement la stabilisation du régime. La République Fédérale entame une sortie de guerre civile, le chemin est encore long. Je puis cependant affirmer que, considérant cette situation, les débuts sont réellement encourageants. La Présidence Fédérale, et l'ensemble des organes politiques Kartiens, contribuent à cette stabilisation. Ce n'est là qu'un exemple parmi tant d'autres, le plan de quatre ans vise cet enjeu. L'état d'Helmer s'est vu en effet, contrairement à Zaverço et Valverde, retiré ses premières élections. Cet état n'est cependant pas 'italianisant', il est de culture germaine, sans doute s'agit-il là d'une simple erreur. Cette optique, malheureuse, vise à la stabilisation. L'actuel territoire d'Helmer s'est vu accueillir la majorité des groupuscules royalistes, la potentialité de résurgence antidémocratique s'y ancre. L'état d'Helmer aura ses élections dans deux années, le mandat de Gouverneur étant à échéance de tous les trois ans. Un sacrifice de trois ans en vue d'une stabilité sur des dizaines, ou même centaines, d'années. C'est une œuvre de compromis. Cependant, le cas échéant d'émissions antidémocratiques, ces dernières seront tues, dans le cadre prévu de notre constitution.
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Gouverneure Angèle Orlovski
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Si le sujet de la Loduarie Communiste a dores et déjà été abordé en profondeur, celui de l'Illirée peut l'être davantage, en effet. Votre étonnement quant à l'exclusion des journalistes Loduariens et Illiréens est entendable. N'isolez cependant pas le seul facteur de la liberté de presse, la République Fédérale Kartienne se trouve en état de guerre. Ce n'est aucunement par crainte de leurs questions, mais bien par mesure de sécurité. En l'état, rien n'aurait pu nous assurer à la pleine certitude de l'intention de tels acteurs. La Loduarie s'est évertuée à agresser unilatéralement son voisin, comment prévoir ses futurs agissements ? Ce ne sont par ailleurs point ces journalistes qui sont visés, mais l'ensemble des ressortissants Illiréens et Loduariens. La LGJH n'est point le fruit d'une censure journalistique visée. Aussi cette décision relève simplement de notre pleine souveraineté, et d'une décision populaire. Remettre en question ces agissements revient à remettre en question la légitimité du peuple Kartien sur son propre territoire, ce que la Présidence Fédérale combattra suivant ses engagements. Notre Etat, notre armée, assureront la souveraineté des trois nations Kartiennes sur la patrie mère, ainsi que leur sécurité.

Cela constitue, en premier lieu, l'une des raisons de cette décision. La proximité factuelle de l'Illirée avec la Loduarie en est une autre. Dirions-nous même un état de vassal, propos maintenu par la République Fédérale Kartienne. Longtemps, et encore, l'Illirée s'est illustrée par son suivi constant, sans remise en question quelconque, du régime Loduarien: Alignements militaires, convergences diplomatiques, coordinations systématiques... Prenez pour exemple l'omniprésence de la propagande dans les médias officiels Illiréens lorsque le Secrétaire Général Loduarien est décédé: Un pays qui montre tristesse à la mort de son maître, désireux de voir son successeur, louant la vie d'un tyran. La souveraineté d'un pays ne réside aucunement dans le suivi béat et vide de sens sur la politique d'un autre. Cette réponse peut, cependant, ne pas vous satisfaire. L'état de suzeraineté Loduarienne sur l'Illirée n'est peut-être pas complet, mais il reste conséquent. Pour les autorités Kartiennes, l'Illirée constitue un pion Loduarien, dans la mesure où ce dernier se calque constamment sur sa politique extérieure, ne serait-ce que par son appartenance à l'UICS. Cependant, en l'état, l'Illirée n'a pas montré une participation directe aux opérations Loduariennes en Antares, il ne me semble guère avoir tenu ce propos. Une situation qui pourrait bien venir à changer, au demeurant.

Car en effet, la République Fédérale Kartienne s'est vue menacée par les autorités Illiréennes. Une menace peu convaincante, ne représentant pas un enjeu stratégique et militaire majeur. Vous comprendrez, nonobstant, que de tels documents ne seront rendus publics pour la liberté de presse, au sein de nations étrangères de surcroît. Comprenez que la République Fédérale a toujours respecté, respecte, et respectera, le principe de confidentialité diplomatique. Ces documents relèvent de notre souveraineté, sur des sujets de surcroît sensibles puisque militaires dans une certaine mesure. La Présidence Fédérale n'a pas et ne prendra pas en compte la liberté de presse de ces deux pays, la sécurité de nos citoyens outrepasse par importance.

Finalement, la République Fédérale Kartienne ne tient pas pour responsable les peuples Illiréens et Loduariens, mais bien leur gouvernement respectif. Puisqu'il s'agit précisément de régimes autoritaires, voire de dictature pour le cas Loduarien, l'Etat en place ne résulte pas de la volonté populaire. Nous nous attristons d'un tel asservissement sur un aussi grand nombre de personnes, maintenues dans la terreur et l'effroi d'élites corporatistes qui ne servent que les intérêts de leurs groupuscules armés. Vous avez évoqué votre cousin Illiréen. Sachez, au même titre que pour l'ensemble du peuple de ce pays, la République Fédérale Kartienne n'agira pas à votre encontre.
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Intervention de la presse Poëtoscovienne à la conférence de presse tenue par l'Empire de Karty

La presse poëtoscovienne est présente à cette conférence de presse, et cela depuis le début. Elle a entendu Karty tergiverser de longs en larges en travers pour expliquer et justifier sa puissance. Or, pour les journalistes que sont ceux appartenant à la revue La Petite Plume, ce n’est pas cela qui va leur rapporter de l’audience. Au contraire, avec une armée si puissante, ne serait-il pas possible de soutenir ses alliés. En Poëtoscovie, il faut dire que l’interception de Velsna n’a guère plus provoqué l’indignation contre cet État criminel que contre les alliés n’ayant pas répondu présent, a minima sur le plan diplomatique.

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Bonjour à toutes et tous, merci à l’administration kartienne de donner l’occasion aux journalistes de s’exprimer. C’est une pratique fort peu présente j’espère, à l’inverse des différentes prises de positions que l’Empire a pris, que celle-ci ne changera pas, du moins pas avec la même diligence. J’aurais volontiers eu des questions, mais sans doute trop me viennent-elles pour que je puisse toutes les poser. Je ferai alors très bref, de façon à ne pas monopoliser la parole plus longtemps, alors que j’ai conscience que beaucoup attendent le micro pour que vous rendiez des comptes de vos interventions ambiguës.

Nous nous demandions quelle était votre position vis-à-vis de la République de Poëtoscovie. En effet, nous avons appris que des navires de guerre poëtoscoviens, en route vers les théâtre d’affrontement en soutien à votre armée, avaient été interceptés par Velsna. Or, si ces navires avaient vocation à soutenir votre armée sur mer, l’Empire n’a pas pris position publiquement. Pourtant, des État extérieurs au conflit ont signé la résolution d’Hernani-centre, condamnant ces pratiques et prononçant un embargo sur le matériel militaire à destination de Velsna, dont la culpabilité légale au regard du droit international coutumier ne fait aucun doute. Pourquoi Karty ne s’est-elle pas exprimée pour condamner ces atteintes aux droits de votre allié ? Pourquoi n’a-t-elle pas signé la résolution qui lui a été présentée ? Et pourrait-elle le faire très prochainement ?

Je vous remercie.
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AlinéaAngèle inclina sa tête légèrement vers la droite, lorsqu'elle entendit ce journaliste Poëtoscovien. Non pas par énervement, non par lassitude, non par non surprise face à la question, c'était de la sidération. Elle voyait là la quintessence d'une provocation rustre, hors des normes culturelles sur les médias Kartiens. Les débats pouvaient être vifs, oui, mais restaient par tout temps cordiaux. Elle ne s'offusqua pas, non, mais bien décidée à retrousser le gouvernail, remettre le navire vers sa destination attendue et non sur cette intempérie incivilisée dont faisait preuve cet homme.

Gouverneure Angèle Orlovski
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Sachez, tout d'abord, que l'Empire de Karty n'existe plus depuis désormais plus de quatre ans. Il s'agit là d'un régime passé, auquel nos entités politiques actuelles ne peuvent plus être assimilées. En somme, une telle confusion dans le cadre d'une conférence de presse internationale est sincèrement regrettable, quoiqu'une maladresse. Je tâcherais de la considérer comme telle, non d'une réelle volonté de déformation d'éléments factuels. Permettez-moi, à présent, de répondre au fond de votre question.

Quelle est la position de la République Fédérale Kartienne vis-à-vis de la Poëtoscovie ? Un partenaire diplomatique, en l'absence d'accords écrits quelconques. Néanmoins, votre interrogation demeure avant tout sur l'interception Velsnienne, que vous qualifiez de contraire au droit international coutumier. Il est à noter que l'initiative de ce convoi, effectivement à but théorique de soutien à nos forces, vient de la Poëtoscovie. En l'état, la République Fédérale n'a point demandé le soutien Poëtoscovien contre la Loduarie Communiste. Nous sommes actuellement engagés dans un conflit majeur à l'encontre de ce pays. De ce fait, nous concentrons l'ensemble des moyens qui nous sont disponibles sur la défense de nos intérêts directs, à noter la protection de notre alliée et le respect d'accords ratifiés avec l'Etoile Antarienne. Il serait réellement peu réaliste d'attendre de nous une mobilisation stratégique ou diplomatique à la vue de cette conjoncture, d'autant plus quant à des initiatives extérieures que nous n'avons ni sollicitées ni encadrées. Aussi la Présidence Fédérale n'entend elle guère le fait que quelques Etats ont dores et déjà signé la résolution d’Hernani-centre. En effet, notre politique ne consiste guère à s'aligner sur le positionnement des autres pays: Nous ne suivons guère point les mouvements du monde, nous choisissons la trajectoire que nous jugeons juste.

Finalement, à la présente, le gouvernement Poëtoscovien n'a émis aucune demande diplomatique à notre encontre sur ce sujet. La résolution d’Hernani-centre fut proposée au sein d'un congrès adressé à des dizaines de pays, non directement à Volkingrad, qui se tient prête à d'éventuelles discussions diplomatiques avec son partenaire Nazumi. De plus, nous déplorons sincèrement les pertes humaines liées à cette interception: Les Etats agissent, oui, mais ce sont à hommes et femmes d'en payer le prix.
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