14/10/2019
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Index du forum Continents Nazum Iakumie

đŸ»| ActivitĂ©s intĂ©rieurs iakumes

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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2019
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TUYAARA URUY KÜN, LE NOUVEAU VISAGE DE LA IAKUMIE
Source : quotidien ĐŻĐșŃƒŃƒĐŒŃĐ° ĐšŃĐœĐœŃĐłĐž ĐĄĐŸĐœĐœĐ°Ń€Đ° ( Yakuumyaa Kennegi Sonnarа ; « DerniĂšres Nouvelles de Iakumie »), publication de 25 avril 2019.

Comme tout les septs ans, les citoyens Ă©lecteurs iakumes ont Ă©tĂ© appelĂ© ce 13 avril 2019, pour faire leurs devoirs civiques en Ă©lisant le prĂ©sident de la RĂ©publique. Et comme tout les septs ans, c'est — sans surprise — un candidat du parti Iakumie Unie qui accĂšde Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, sucessant Ă  KĂŒndĂŒ Sergen, qui ne peux se reprĂ©senter pour un troisiĂšme mandat. Cependant, Ă  la diffĂ©rence de son prĂ©dĂ©cesseur, Tuyaara Uruy KĂŒn est une personnalitĂ© Ă  part dans la myriade de factions internes au parti dominant la vie politique iakume. Si l’on excepte le fait qu’il s’agit d’une femme — chose qui n’est pas spĂ©cialement surprenante, de nombreuses femmes chamanes ayant historiquement occupĂ© des rĂŽles bien supĂ©rieurs Ă  ceux des hommes dans la vie communautaire et traditionnelle iakume —, elle appartient Ă  l’aile dite social-libĂ©rale de Iakumie Unie. Son choix comme candidate est surprenant, tant la section conservatrice et Ă©tatiste demeure largement dominante.

Toutefois, il semble que son habile jeu d’alliances internes, notamment liĂ© Ă  des arrangements avec diverses factions minoritaires, lui a permis cette fois-ci de s'imposer comme et de devenir la premiĂšre femme dĂ©signĂ©e candidate de Iakumie Unie, et aujourd'hui la premiĂšre femme prĂ©sidente de la RĂ©publique iakume.

Portrait officiel de Tuyaara Uruy KĂŒn, prĂ©sidente de la RĂ©publique iakume
Portrait officiel de Tuyaara Uruy KĂŒn, prĂ©sidente de la RĂ©publique iakume.
On note la présence de plusieurs bijoux traditionnels de la communauté iakume.

Beaucoup de journaliste commente son apparence particuliĂšrement soignĂ©e — en partie pour des raisons politiques : prĂ©sentĂ©e comme proche du peuple, allant Ă  la rencontre des communautĂ©s rurales isolĂ©es (olons), elle incarne l’image du « renouveau » de Iakumie Unie, qui cherche depuis plusieurs annĂ©es Ă  se rapprocher des jeunes gĂ©nĂ©rations et des populations rurales. En dĂ©pit de cette image de modernitĂ© pour la Iakumie, Tuyaara Uruy KĂŒn n’en reste pas moins une protectrice des traditions de la sociĂ©tĂ© iakume, ainsi qu’une fervente dĂ©fenseure de l’indĂ©pendance Ă©conomique et de la souverainetĂ© nationale. Au cours de son parcours politique, elle est parfois qualifiĂ©e de populiste, et ses critiques formulĂ©es en 2012 Ă  l’égard de la « vieille clique » qui gouverne Iakumie Unie lui ont valu plusieurs menaces d’exclusion.
Alors que l'investiture de la nouvelle prĂ©sidente c'est dĂ©roulĂ©e ce jour du 25 avril 2019 Ă  Naryakha, ses positions volontairement nĂ©buleuses vis-Ă -vis de l’olonisme, de la dĂ©centralisation du pouvoir et de l’autonomie des Tchouktches — peuple du Grand Nord vivant Ă  cheval entre la Iakumie et le Yutchun — ne manque pas d'attiser les questionnements, les doutes voir la frustration. Il semble toutefois qu'il s'agit d'une stratĂ©gie politique volontaire : en entretenant une certaine ambiguĂŻtĂ©, Tuyaara Uruy KĂŒn cherche Ă  prĂ©server un Ă©quilibre fragile entre les diffĂ©rentes factions du parti, tout en conservant une marge de manƓuvre politique dans un systĂšme dominĂ© par des rapports de force internes particuliĂšrement rigides. Cette posture, si elle lui a permis de s’imposer comme candidate, continue toutefois d’alimenter les critiques et les incertitudes quant Ă  la ligne qu’elle entend rĂ©ellement suivre une fois au pouvoir.
Nul doute que sa présidence risque de trancher avec celle de son prédécesseur, beaucoup plus calme et porté sur le laissez-faire politique.

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LA TÊTE A DISPARUE !
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DÉGRADATION D'UNE STATUE A SIRAKYURYAKH
Source : BrĂšve du mensuel СорэĐșюрях ĐĄĐŸÒ„ŃƒĐœ ( Sirakyuryakh Sonun ; « ActualitĂ©s de Sirakyuryakh »), publication de mai 2019.

La tĂȘte a disparu ! C’est ainsi que le prĂ©sident du conseil municipal de Sirekyuryakh, petite municipalitĂ© situĂ©e dans la banlieue de la capitale Naryakha, a dĂ©couvert la statue de Grigori Ivanovitch Sokolov, colon mor de l’époque coloniale, qui trĂŽnait fiĂšrement dans le parc municipal depuis la fondation de la ville.

Le comte Sokolov, natif du territoire iakume mais issu de parents mors, appartenait Ă  l’élite aristocratique locale ayant choisi de rester sur place afin de participer au dĂ©veloppement du commerce des fourrures dans la colonie de Nariakov. AprĂšs avoir fait fortune, il obtint le titre hĂ©rĂ©ditaire de comte par lettres patentes et fut nommĂ© gouverneur en 1824, fonction qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1849.

Illustration
La statue du gouverneur Sokolov a Ă©tĂ© dĂ©grader Ă  plusieurs reprises. La statue actuelle, datant de 1961, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e dans une vision moderne, presque romancĂ©e, de l’histoire coloniale more en Iakumie.
La statue Ă©rigĂ©e en son honneur dans sa ville de naissance fut inaugurĂ©e quelques annĂ©es aprĂšs son dĂ©cĂšs, afin de saluer son action Ă  la tĂȘte du territoire. L’histoire coloniale retient de lui ses ambitieux projets de dĂ©veloppement de la capitale, malgrĂ© un manque chronique de moyens financiers, l’Empire s’étant progressivement dĂ©tournĂ© de cette colonie peu rentable et largement dĂ©laissĂ©e par les colons eux-mĂȘmes. La crĂ©ation de nouveaux quartiers, la modernisation du port ou encore la construction d’infrastructures publiques, comme le premier hĂŽpital du territoire en 1832, lui sont notamment attribuĂ©es.

Cependant, si les descendants des colons mors continuent de louer son action et son rĂŽle dans la stabilisation du territoire, son hĂ©ritage demeure largement contestĂ© du cĂŽtĂ© des populations iakumes. Son opposition constante aux olons, ses tensions avec le Tumuul — dont l’autoritĂ© avait Ă©tĂ© reconnue par ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la fin du siĂšcle prĂ©cĂ©dent — ainsi que son autoritarisme, restent fortement critiquĂ©s, notamment par une jeunesse en quĂȘte de repĂšres dans l’histoire prĂ©coloniale.

C’est ce contexte qui semble avoir poussĂ©, selon la police locale, un groupe de jeunes ĂągĂ©s de dix-neuf Ă  vingt-huit ans Ă  sectionner, en pleine nuit, la tĂȘte de la statue de celui que l’on surnomme Ă  Sirakyuryakh « le colonel Sokolov » — bien qu’il n’ait jamais servi dans l’armĂ©e. Le conseil municipal a d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ© que ces jeunes ne feraient pas l’objet de poursuites pour dĂ©gradation de bien historique, tant l’hĂ©ritage de la colonisation more demeure, encore aujourd’hui, un sujet particuliĂšrement sensible dans la sociĂ©tĂ© iakume.

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FORUM DE LA JEUNESSE NAZUMIE
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A NARYAKHA, DES MILLIERS DE JEUNES DE TOUT LE CONTINENT
Source : PremiĂšre page du Jeune Nazum, journal officiel des organisateurs du Forum de la jeunesse nazumie.

C’est le top dĂ©part ! En juin dernier, Naryakha a Ă©tĂ© choisie par une assemblĂ©e inĂ©dite rĂ©unissant prĂšs de cinquante dĂ©lĂ©gations d’associations de jeunesse Ă  vocation Ă©ducative, culturelle et sociale pour accueillir le tout premier Forum de la jeunesse nazumie. Durant un peu plus d’un an, la petite capitale de la Iakumie a tenu Ă  organiser les choses en grand afin d’accueillir la jeunesse de tout un continent : hĂŽtels et auberges rĂ©servĂ©s Ă  l’avance, importants amĂ©nagements temporaires pour prĂ©voir les diffĂ©rentes activitĂ©s, et mĂȘme mobilisation du parc du Tumuul — le parlement iakume — afin d’accueillir la cĂ©rĂ©monie d’ouverture.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le climat froid de la Iakumie n’est pas Ă  l’image de ses habitants ! Les partenaires du forum ont Ă©tĂ© particuliĂšrement surpris par la bonne entente entre les dĂ©lĂ©gations de jeunes venues de tout le continent et les locaux, qui se sont immĂ©diatement mobilisĂ©s afin de guider les arrivants vers leurs logements. Beaucoup de selfies et de vidĂ©os prises sur le moment avec des jeunes comme des plus ĂągĂ©s inondent dĂ©jĂ  les rĂ©seaux, et les Iakumes se disent ravis de pouvoir montrer les beautĂ©s de leur pays ainsi que leur tempĂ©rament particuliĂšrement accueillant.

À l’heure actuelle, le Forum de la jeunesse nazumie rĂ©unit dĂ©jĂ  les quatre coins du Nazum : des jeunes jashuriens, talars, alaryens, yutchuns, baĂŻshanais, khardaziens, yözids, lingois, lav p’iri, anaistĂ©siens et mĂȘme des Tahokais, venus avec plusieurs vivariums afin d’exposer — attention aux arachnophobes ! — leurs immenses araignĂ©es durant la convention. Si nous ne pouvons pas citer l’ensemble des dĂ©lĂ©gations reprĂ©sentĂ©es, nous tenons Ă  affirmer que la solidaritĂ© et la fraternitĂ© entre la jeunesse de tout un continent Ă©taient dĂ©jĂ  au rendez-vous dĂšs leur arrivĂ©e, au point que la direction de l’aĂ©roport international de Naryakha nous a dĂ©jĂ  surnommĂ©s avec dĂ©rision « le plus gros rassemblement de branleurs de l’histoire du Nazum » — un peu rĂ©ac’ quand mĂȘme, non ?

Les jeunes tahokais, en résumé :

Portrait officiel de Tuyaara Uruy KĂŒn, prĂ©sidente de la RĂ©publique iakume
Les délégations de jeune nazumi sont tenus de prendre au moins une tenue représentant leur nation. Ici, des jeunes femmes représentant la République Iakumie.

Selon nos estimations les plus raisonnables, prĂšs d’un millier de personnes Ă©taient prĂ©sentes lors de la cĂ©rĂ©monie d’ouverture du forum et ont assistĂ© Ă  plusieurs concerts de groupes parfois folkloriques, mais aussi Ă  des performances de musique plus moderne. On a surtout remarquĂ© les jeunes femmes stranĂ©ennes qui n’ont pas arrĂȘtĂ© de hurler du dĂ©but Ă  la fin, allant jusqu’à entrer en compĂ©tition avec les gars du Shotugara pour savoir qui avait la voix qui portait le plus loin. On rassure les jeunes Ustiens et les Barvyniens venus se plaindre de n’avoir rien entendu de notre discours : celui-ci n’avait pour seul objectif que de vous accueillir convenablement avant l’entrĂ©e en scĂšne des groupes de musique spĂ©cialement sĂ©lectionnĂ©s pour vous !

Au programme de cette semaine de festivitĂ©s dans la ville qui nous accueille : Ă©vĂšnements culturels avec des dĂ©monstrations artistiques de vos pays — n’oubliez pas de prendre vos costumes nationaux ! — mais aussi des choses plus simples, comme de la gastronomie ou des prĂ©sentations sur vos rĂ©gions et vos cultures. Des rencontres sociales seront Ă©galement organisĂ©es afin de dĂ©velopper la solidaritĂ© et les Ă©changes entre des jeunes issus d’horizons diffĂ©rents, tout en restant dans un esprit d’inclusion — pas de riches ni de pauvres ici, on est lĂ  pour s’amuser, souvenez-vous ! Évidemment, plusieurs activitĂ©s sportives et Ă©ducatives seront proposĂ©es afin de briser la glace chez les plus timides ou simplement pour vous Ă©clater un peu.

Et n’oubliez pas : les mots d’ordre ici sont bienveillance et tolĂ©rance. Oui, nous sommes diffĂ©rents, issus de milieux et de sociĂ©tĂ©s diffĂ©rentes. Nous n’avons pas tous les mĂȘmes valeurs, la mĂȘme Ă©ducation ou les mĂȘmes cultures. Si nous sommes ici, c’est pour dĂ©passer les anciennes limites qui nous ont Ă©tĂ© imposĂ©es et nous ouvrir davantage aux autres. L’avenir du Nazum ne sera pas portĂ© uniquement par les politiques ou les considĂ©rations idĂ©ologiques : c’est nous, la jeune gĂ©nĂ©ration, qui devons incarner un monde respectueux des traditions, mais Ă©galement ouvert Ă  nos revendications et Ă  notre libertĂ©.

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POLITIQUE ÉTRANGÈRE
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KOSI, NAZUMISTE, TURCIQUE OU NATIVISTE ?
Source : BrĂšve du quotidien ĐŻĐșŃƒŃƒĐŒŃĐ° ĐšŃĐœĐœŃĐłĐž ĐĄĐŸĐœĐœĐ°Ń€Đ° ( Yakuumyaa Kennegi Sonnarа ; « DerniĂšres Nouvelles de Iakumie »), publication de 1er aoĂ»t 2019.

Mais oĂč va-t-elle s’arrĂȘter ? Depuis son arrivĂ©e au sommet de l’État il y a environ quatre mois, la nouvelle prĂ©sidente de la RĂ©publique, Tuyaara Uruy KĂŒn, ne cesse de bousculer les habitudes politiques de la Iakumie, y compris en matiĂšre diplomatique. Alors que ses prĂ©dĂ©cesseurs avaient adoptĂ© une ligne de « semi-neutralitĂ© », marquĂ©e par une ouverture limitĂ©e vers l’extĂ©rieur — Ă  l’exception notable des pays voisins —, Madame KĂŒn a choisi d’ouvrir davantage la nation iakume sur le monde. L’établissement rapide de relations diplomatiques avec plusieurs États Ă©trangers ainsi que l’organisation du Forum de la jeunesse nazumie illustrent cette volontĂ© de renforcer la prĂ©sence iakume sur la scĂšne internationale.

Si cette nouvelle orientation est saluĂ©e par une partie de la majoritĂ© et de l’opposition, le Tumuul reste profondĂ©ment divisĂ© sur la direction Ă  donner Ă  la diplomatie nationale. Les communistes dĂ©fendent une coopĂ©ration renforcĂ©e avec la pĂ©ninsule de Kosa et les États socialistes du Nord-Nazum, tandis que le Parti de la libertĂ© Ă©conomique et les DĂ©mocrates de Iakumie rejettent toute proximitĂ© avec la ConfĂ©dĂ©ration socialiste du Nazum au profit d’un rapprochement avec les « nations libres » du continent, notamment Ă  travers la CommunautĂ© des États nazumis.

Comme souvent, Iakumie Unie demeure traversĂ© par plusieurs sensibilitĂ©s. Son courant dominant privilĂ©gie les liens avec la communautĂ© turcique, alors que l’aile sociale-libĂ©rale soutenant la prĂ©sidente KĂŒn se montre davantage favorable Ă  une coopĂ©ration plus large avec les nations nazumies.

Portrait officiel de Tuyaara Uruy KĂŒn, prĂ©sidente de la RĂ©publique iakume
La politique Ă©trangĂšre de la nouvelle prĂ©sidente Tuyaara Uruy KĂŒn fait dĂ©jĂ  questionner ses opposants et ses soutients au sein de son parti Iakumie Unie.

Mais qu’en est-il du gouvernement ? Face Ă  ces divergences, le ministre des Relations Ă©trangĂšres, TĂŒmen Erilik Doydu, dĂ©fend une ligne qu’il qualifie de « pragmatique ». Pour le gouvernement, la RĂ©publique iakume doit avant tout rechercher la stabilitĂ© rĂ©gionale et le dĂ©veloppement Ă©conomique, sans s’enfermer dans un seul bloc diplomatique. Cette approche passe donc par une ouverture Ă  l’ensemble des acteurs rĂ©gionaux et continentaux.

La Iakumie a ainsi engagĂ© des discussions avec la PoĂ«toscovie, le Yutchun et l’Empire burujoa afin de crĂ©er un « Conseil kosi » rĂ©unissant les États souverains de la pĂ©ninsule de Kosa. Dans le mĂȘme temps, elle poursuit son rapprochement avec la communautĂ© turcique par l’établissement de relations avec les Aykhanides et le Talaristan , tout en participant activement Ă  la CommunautĂ© des États nazumis depuis sa fondation. L’objectif affichĂ© est de concilier ces diffĂ©rentes orientations tout en prĂ©servant l’équilibre politique intĂ©rieur.

Mais une nouvelle tendance semble dĂ©sormais Ă©merger au sein des Affaires Ă©trangĂšres : l’ouverture vers plusieurs nations dites « natives ». Si le Yutchun occupe dĂ©jĂ  une place importante dans la diplomatie iakume, l’Etznabie, l’Uuqtinut ou encore le Tuktuqivik apparaissent comme des partenaires plus inattendus. Cette orientation semble traduire la volontĂ© personnelle de la prĂ©sidente de dĂ©velopper un certain « sentiment nativiste » au sein de la sociĂ©tĂ© iakume. Une position qui provoque dĂ©jĂ  la colĂšre des panturquistes, courant minoritaire mais influent dans les mĂ©dias, lesquels accusent le pouvoir « d’infĂ©rioriser l’hĂ©ritage turcique du peuple iakume au profit d’une reconstruction historique nativiste ».

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FORUM DE LA JEUNESSE NAZUMIE
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CLOTURE D'UN EVENEMENT HISTORIQUE POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION
Source : PremiĂšre page du Jeune Nazum, journal officiel des organisateurs du Forum de la jeunesse nazumie.

Que d’images, que de visages et que de souvenirs ! On ne veut pas prendre la grosse tĂȘte, mais ce premier Forum de la jeunesse du Nazum a Ă©tĂ© incroyable, et nous vous remercions toutes et tous pour votre participation ! Ce 19 juillet 2019 marque la clĂŽture de cette Ă©dition avec le dernier concert de ce groupe pop-rock alaryen — ou peut-ĂȘtre que c’étaient des Lav P’iri ? On a Ă©tĂ© un peu dĂ©sorganisĂ©s sur la fin, ne nous en tenez pas rigueur les copains — pendant lequel toutes les reprĂ©sentations nationales se sont montrĂ©es particuliĂšrement vocales
 et oĂč nous avons vu couler quelques larmes. Ne vous inquiĂ©tez pas, c’était pareil pour nous !

Mais certains ont semble-t-il oubliĂ© de lire le rĂšglement ! La police nous a adressĂ© plusieurs rappels Ă  l’ordre concernant quelques dĂ©bordements Ă  caractĂšre politique dans les rues de Naryakha, avec des pancartes « Free Talaristan », « United Against Communism » ou encore « Il faut dĂ©truire le Dyl’Milath ». Eh oh ! Vous n’avez pas lu le rĂšglement, messieurs-dames ? On avait dit qu’on Ă©tait lĂ  pour s’amuser, se rencontrer, et faire dĂ©couvrir nos cultures et nos valeurs aux autres jeunes du Nazum — pas pour exporter nos problĂšmes chez les Iakumes ! La direction du Forum de la jeunesse nazumie, tout en respectant la libertĂ© d’expression et la prise de parole de la jeunesse sur les questions d’avenir, ne peut pas s’associer Ă  ce type d’actions si nous voulons continuer Ă  organiser nos rencontres dans de bonnes conditions.

Car oui, les amis ! Ce premier forum a Ă©tĂ© un tel succĂšs que nous avons dĂ©cidĂ©, aprĂšs consultation de nos partenaires, d’instituer officiellement notre collectif comme une organisation permanente. Et les Iakumes, encore une fois, ont fait preuve d’une immense hospitalitĂ© en acceptant d’accueillir le siĂšge de notre association Ă  Naryakha — youhou ! Cela veut aussi dire que la fĂȘte est loin d’ĂȘtre finie, et que nous vous attendons dĂ©jĂ  pour la prochaine rencontre, qui se tiendra dans une ville mystĂšre
 On vous laisse deviner ! Ou alors c’est simplement qu’on ne s’est pas encore dĂ©cidĂ©s
 Ă  vous de choisir !

Illustration
Les représentants de la communauté tashmirs de la délégation talar, dans une démonstration de leurs anneaux décoratifs traditionnels propre à leur peuple.

Par ailleurs, notre petit groupe de journalistes en herbe qui s’occupe de faire vivre ce blog est fier de vous annoncer que www.jeunenazum.com va bientĂŽt devenir un journal officiel, avec une licence reconnue ! Ne vous inquiĂ©tez pas : on ne va pas se tourner uniquement vers l’édition papier — on sait que vous voulez continuer Ă  nous lire partout ! Le site restera trĂšs actif dans cette nouvelle aventure. Si nous allons sans doute adopter un ton un peu plus sĂ©rieux par moments, on vous promet de conserver l’esprit qui nous a permis d’en arriver lĂ  aujourd’hui.

Il est dĂ©sormais temps de rentrer chez nous, de refermer cette premiĂšre expĂ©rience — bouhou, on est tristes — mais on vous l’assure : ce ne sera certainement pas la derniĂšre ! Restez attentifs Ă  l’annonce du prochain forum et tenez-vous informĂ©s sur www.nazumiyoungforum.com, oĂč l’on espĂšre vous retrouver encore plus nombreux.

Cette rencontre entre des jeunes venus de presque tout le continent a Ă©tĂ© riche en Ă©changes, en dĂ©couvertes, en rires, en fĂȘte, mais aussi en rĂ©flexion. Nous espĂ©rons avoir contribuĂ©, Ă  notre maniĂšre, Ă  sensibiliser le Nazum aux enjeux qui touchent directement notre gĂ©nĂ©ration et Ă  favoriser durablement l’ouverture des jeunesses du continent aux autres, Ă  leurs cultures, Ă  leurs rĂ©alitĂ©s et Ă  leurs diffĂ©rences.

L’ensemble de la direction et de l’organisation du Forum de la jeunesse nazumie tient enfin Ă  remercier chaleureusement le gouvernement de la RĂ©publique iakume, l’administration municipale de Naryakha, ainsi que le peuple iakume tout entier pour son accueil exceptionnel et son soutien dans l’organisation de cet Ă©vĂ©nement. En tant que nation et ville hĂŽtes, vous avez dĂ©montrĂ© une chose essentielle : ce n’est pas parce qu’il fait trĂšs froid chez vous que les Iakumes ne savent pas accueillir chaleureusement !

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JOURNÉE DE L'INDÉPENDANCE
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LA IAKUMIE CÉLÈBRE SA 45ᔉ ANNÉE DE SOUVERAINETÉ
Source : quotidien ĐŻĐșŃƒŃƒĐŒŃĐ° ĐšŃĐœĐœŃĐłĐž ĐĄĐŸĐœĐœĐ°Ń€Đ° ( Yakuumyaa Kennegi Sonnarа ; « DerniĂšres Nouvelles de Iakumie »), publication du 20 septembre 2019.

Il y a 45 ans, le 19 septembre 1974, la Iakumie accĂ©dait officiellement Ă  l’indĂ©pendance. La dĂ©claration internationale de souverainetĂ©, signĂ©e entre le gouvernement provisoire mis en place par le Tumuul — alors seule instance reprĂ©sentant les communautĂ©s autochtones — et l’administration territoriale mor, mettait fin Ă  prĂšs de trois siĂšcles de domination coloniale du Zagroy. Le peuple iakume entamait alors ses premiers pas dans le monde moderne : dĂ©veloppement Ă©conomique, industrialisation, systĂšme fiscal, mondialisation et acculturation. La sociĂ©tĂ© traditionnelle Ă©tait Ă©branlĂ©e et les nouveaux citoyens de la RĂ©publique iakume devaient s’adapter Ă  une nouvelle rĂ©alitĂ©.

De nos jours, la Iakumie est parvenue Ă  s’intĂ©grer pleinement dans le concert des nations et dans le monde contemporain. Elle cĂ©lĂšbre aujourd’hui la signature de cette dĂ©claration commune qui donna naissance au premier État iakume de l’histoire. Comme chaque annĂ©e, la fĂȘte nationale a rassemblĂ© une foule importante Ă  Naryakha et Ă  Akolyat. Cette annĂ©e toutefois, le ministĂšre des Affaires intĂ©rieures a lancĂ© une initiative auprĂšs des olons ruraux afin d’y organiser des manifestations populaires et de « [...] rendre accessible la cĂ©lĂ©bration de notre fĂȘte nationale Ă  l’ensemble des citoyens de la RĂ©publique », selon les dĂ©clarations du porte-parole du ministĂšre.

Cependant, seuls les habitants de la capitale — ainsi que ceux qui ont fait le dĂ©placement Ă  leurs frais — ont pu assister au dĂ©filĂ© des forces armĂ©es, de la police et des autres services publics. Cette annĂ©e, les unitĂ©s de garde-frontiĂšre, connues pour leurs uniformes noirs, Ă©taient particuliĂšrement mises Ă  l’honneur alors qu’une nouvelle Ăšre semble s’ouvrir pour la pĂ©ninsule de Kosa, marquĂ©e par le dĂ©veloppement d’une nouvelle forme de coopĂ©ration entre les États de la rĂ©gion.

Le discours de la prĂ©sidente Tuyaara Uruy KĂŒn a Ă©tĂ© relativement bref et s’est principalement concentrĂ© sur les orientations de la nouvelle politique Ă©trangĂšre de son gouvernement ainsi que sur sa volontĂ© de renouer avec l’ancienne puissance coloniale. Cette prise de position n’a pas manquĂ© de faire rĂ©agir certains groupes d’activistes sur les rĂ©seaux sociaux, qui dĂ©noncent les dĂ©clarations de la prĂ©sidente comme une forme d’acceptation de la politique nĂ©ocoloniale du Morakhan, alors mĂȘme que l'extrĂȘme droite mor est sur le point de prendre les reines du gouvernement.

Illustration
Photographie de la répétition générale de la parade militaire des forces armées iakumes à Naryakha. Les unités frontaliÚres sont cette année à l'honneur.

Toutefois, la journĂ©e a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e par une grande partie de la population comme une vĂ©ritable fĂȘte patriotique. Les drapeaux nationaux, habituellement sujets Ă  de nombreux dĂ©bats et controverses, ont Ă©tĂ© agitĂ©s avec enthousiasme lors du passage des militaires. La chorale des enfants pupilles de la Nation, qui a interprĂ©tĂ© l’hymne national « Je suis iakume », a Ă©galement suscitĂ© de vives rĂ©actions positives. Pendant quelques heures, l’agitation qui traverse rĂ©guliĂšrement la sociĂ©tĂ© civile et la sphĂšre politique a semblĂ© s'effacer derriĂšre un Ă©lan de patriotisme civique. La prĂ©sence d’une reprĂ©sentation symbolique de la communautĂ© tchouktche Ă  la fin du cortĂšge a elle aussi Ă©tĂ© saluĂ©e comme un tĂ©moignage important de l’amitiĂ© qui unit les peuples iakume et tchouktche au sein d’une mĂȘme nation.

La fĂȘte nationale fut Ă©galement, comme chaque annĂ©e, l’occasion d’une rencontre particuliĂšre entre les reprĂ©sentants du Zagroy de Morakhan et le gouvernement iakume. La prĂ©sidente KĂŒn a toutefois marquĂ© les esprits en inaugurant, aux cĂŽtĂ©s de son homologue mor, une statue de bronze installĂ©e sur dans le square de l’IndĂ©pendance de Naryakha. Celle-ci reprĂ©sente le dernier gouverneur mor serrant la main de Tyngyldyr Khordokan, premier prĂ©sident de la RĂ©publique, symbolisant ainsi la transition entre l’époque coloniale et l’indĂ©pendance. LĂ  encore, cette initiative n’a pas manquĂ© de provoquer une polĂ©mique locale. Depuis l’affaire de Sirakyuryakh, les courants ultranationalistes iakumes se montrent particuliĂšrement critiques Ă  l’égard des reprĂ©sentations du passĂ© colonial mor.

Outre la dĂ©lĂ©gation mor, le gouvernement iakume a tenu cette annĂ©e Ă  mettre Ă  l’honneur ses partenaires rĂ©gionaux. Des reprĂ©sentants de la RĂ©publique de PoĂ«toscovie, de la RĂ©publique socialiste native des NĂ©nĂštses, des Tchouktches et des AlĂ©outes ainsi que des Royaumes-Unis d’Alarya Ă©taient prĂ©sents, notamment dans le cadre de la rĂ©cente « coopĂ©ration kosi ». D’autres diplomates plus inattendus ont Ă©galement Ă©tĂ© aperçus, parmi lesquels des ministres plĂ©nipotentiaires du San YoutĂ©, de Yurtie, de Wanmiri et du lointain Illaj, venus prĂ©parer l’ouverture prochaine de reprĂ©sentations diplomatiques en Iakumie.

Une nouvelle annĂ©e d’indĂ©pendance s'est ainsi Ă©coulĂ©e pour la Iakumie. Cette commĂ©moration a Ă©galement Ă©tĂ© l’occasion d’un appel au souvenir, afin que la lutte pacifique menĂ©e par les gĂ©nĂ©rations anciennes en faveur de l’indĂ©pendance durant l’époque de la colonie de Nariakov ne tombe jamais dans l’oubli.

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UN OEIL SUR LE CONTINENT
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QUE RESTE-T-IL DE LA CONTESTATION AU TALARISTAN ?
Source : mensuel Đ˜ĐœŃ‚Đ”Ń€ĐœĐ°Ń†ĐžĐŸĐœĐ°Đ»Đ° ( Internatsionala ; « l'International »), publication du mois d'octobre 2019.

En juin 2019, les rues des grandes villes talars tremblaient sous l'effet de la contestation populaire. Ces premiĂšres manifestations faisaient Ă©cho Ă  des Ă©vĂ©nements similaires survenus au cours du mĂȘme mois l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, mais n'Ă©taient absolument pas comparables en termes d'ampleur : le rĂ©gime personnel du prĂ©sident Mirza Arsam, qui rĂšgne sur le Talaristan depuis bientĂŽt quarante ans, Ă©tait ouvertement contestĂ© pour la premiĂšre fois par une frange importante des habitants des grandes villes du pays. À Buzkent, Alnur ou SarĂŻ, des citoyens de tous Ăąges se retrouvaient dans les rues afin de rĂ©clamer d'importantes rĂ©formes politiques et institutionnelles.

Face Ă  cette ferveur populaire, le gouvernement ne trouve qu'une seule rĂ©ponse : la maniĂšre forte. Des Ă©meutes Ă©clatent alors chaque nuit et l'autoritĂ© de la police est ouvertement dĂ©fiĂ©e, tandis que certains quartiers deviennent, dit-on, des lieux oĂč l'on cĂ©lĂšbre dĂ©jĂ  la fin du monopole du Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate. ContestĂ© dans tout le pays, le prĂ©sident Arsam rĂ©pond dĂšs le dĂ©but du mois de juillet par un renforcement drastique des moyens consacrĂ©s Ă  la lutte contre les manifestants et dĂ©ploie les rĂ©servistes de la Garde nationale, une unitĂ© militaire, afin d'Ă©pauler la police. L'un des principaux leaders du mouvement contestataire, l'activiste socialiste Ramazan Yuktar, est arrĂȘtĂ© et incarcĂ©rĂ©.

Si le prĂ©sident s'attend Ă  un essoufflement du mouvement semblable Ă  celui de juin 2018, c'est finalement l'inverse qui se produit : la contestation s'amplifie, des grĂšves Ă©clatent et l'on Ă©voque mĂȘme plusieurs cas de refus d'obĂ©issance dans les rangs de la Garde nationale. Les manifestants ne parlent plus simplement de rĂ©formes institutionnelles ni mĂȘme de libĂ©ralisation politique : ils rĂ©clament dĂ©sormais le dĂ©part pur et simple du prĂ©sident Mirza Arsam.

Les manifestations populaires et l'occupation dĂ©sormais permanente des rues font tache pour le Talaristan, qui vient alors de clĂŽturer le Forum des États Nazumis et aspire Ă  occuper une place centrale au sein de cette nouvelle organisation bĂątie sur des promesses de paix, de stabilitĂ© et de solidaritĂ©. Profitant d'une attaque contre l'AssemblĂ©e suprĂȘme menĂ©e par un homme au passĂ© encore flou, le prĂ©sident dĂ©crĂšte le dĂ©ploiement des forces armĂ©es le 1er aoĂ»t.

Illustration
Photographie d'une rue de Buzkent en octobre 2019. En dépit de la fin des manifestations de masses, l'armée nationale est toujours déployée dans les rues talars.

Le dĂ©ploiement de l'armĂ©e nationale dans les rues n'empĂȘche cependant pas le Premier ministre Aydar Azamat, longtemps restĂ© dans l'ombre du prĂ©sident, de dĂ©missionner le 4 aoĂ»t. Il est remplacĂ© Ă  titre intĂ©rimaire par la trĂšs conservatrice Asmina Akmyradowa — surnommĂ©e la « Dame de fer » — qui dirigeait jusque-lĂ  les affaires Ă©trangĂšres talares. Sous cette nouvelle direction, les unitĂ©s des forces terrestres sont dĂ©ployĂ©es dans tout le pays tandis que l'opposition est progressivement muselĂ©e. La rĂ©daction de Talaristan Today, autrefois proche du camp prĂ©sidentiel, se rallie Ă  la contestation au dĂ©but des manifestations, mais elle est rapidement neutralisĂ©e lorsque le conglomĂ©rat Altair International, propriĂ©taire du journal, procĂšde au licenciement d'une grande partie de l'Ă©quipe rĂ©dactionnelle, dont sa rĂ©dactrice en chef Amina Railya, le 11 aoĂ»t. À partir de ce moment, les informations concernant les Ă©vĂ©nements au Talaristan deviennent de plus en plus rares, l'information publique Ă©tant Ă©troitement surveillĂ©e par le pouvoir.

Sur la scĂšne rĂ©gionale comme Ă  l'international, peu de nations s'Ă©meuvent du sort du peuple talar. La RĂ©publique iakume ferme les yeux, tandis que plusieurs partenaires historiques du Talaristan — le San YoutĂ©, la Yukanaslavie, le Grand Ling et l'Alarya — apportent leur soutien sans faille au prĂ©sident Mirza Arsam. Parmi les soutiens aux contestataires, le Code communautaire des Quatres VallĂ©es demeure pratiquement le seul acteur Ă  rĂ©clamer des comptes Ă  l'État talar, qui refuse toutefois de lui reconnaĂźtre toute lĂ©gitimitĂ© Ă  juger des actions de son gouvernement. Quelques mouvements sociaux et associations de dĂ©fense des droits humains se manifestent Ă©galement Ă  l'Ă©tranger, notamment au Dyl'Milath.

Sous la pression de l'armĂ©e et des restrictions imposĂ©es par le camp prĂ©sidentiel, la foule finit par se disperser et les rues se vident progressivement. Seule une poignĂ©e de militants tente de maintenir une prĂ©sence jusqu'Ă  la mi-septembre avant d'ĂȘtre dĂ©logĂ©e par les forces de sĂ©curitĂ©. Durant cette mĂȘme pĂ©riode, deux attentats commis par des militants communistes frappent le Talaristan Ă  SarĂŻ : le premier vise un centre de l'association anticommuniste CAAT le 13 septembre, tandis qu'un second touche les locaux du Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate le 20 du mĂȘme mois. Au milieu de ces drames, les milieux conservateurs et les reprĂ©sentants des communautĂ©s ethniques se rassemblent Ă  nouveau derriĂšre Arsam, tandis que le reste de la population se replie dans le silence. En rĂ©ponse Ă  ces Ă©vĂ©nements, le prĂ©sident instaure des « conditions d'exception » dans les principales villes du pays, accordant des pouvoirs Ă©tendus aux forces armĂ©es, dĂ©sormais omniprĂ©sentes dans le paysage urbain depuis plus de deux mois.

Nous sommes dĂ©sormais en octobre. Que reste-t-il de la contestation au Talaristan ? Une forme de rĂ©volution avortĂ©e, Ă©touffĂ©e par le pouvoir politique et son armĂ©e, puis ignorĂ©e par une grande partie de la scĂšne internationale. Au sommet de sa puissance, le ministĂšre de la SĂ©curitĂ© nationale (MiM) voit ses redoutables « troupes spĂ©cialisĂ©es » dĂ©filer Ă  Khydan — restĂ©e immaculĂ©e durant les manifestations — en mĂ©moire des victimes des attentats qui ont frappĂ© le pays, sans qu'un mot ne soit prononcĂ© pour les rassemblements ou les victimes de la rĂ©pression. Il semble toutefois que le prĂ©sident Mirza Arsam ait retenu certaines leçons de ces Ă©vĂ©nements. Sur les ondes de бБС 1 et de la VOT, il a affirmĂ© que des rĂ©formes politiques verraient le jour, accompagnĂ©es de mesures sociales et Ă©conomiques rĂ©pondant aux prĂ©occupations exprimĂ©es par les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile ainsi que des communautĂ©s ethniques et religieuses. Il a Ă©galement annoncĂ© la tenue d'Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es dans les prochains mois. Seuls quelques idĂ©alistes semblent encore croire que ces promesses seront suivies d'effets.

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