12/07/2019
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🗻| La Iakumie, pays turcique du cercle polaire

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LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


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Présentation générale

La Iakumie (en iakume : Якуумяа / Yakuumyaa), ou Yakumie en forme longue la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт / Yakuuma Öröspüübülükete) également informellement appelé République de Iakumie, est un État souverain de l’Extrême-Orient du Nazum, située dans le Sud de la péninsule de Kosa dans l’une de ses parties les plus boréales. Sa capitale et plus grande ville est Naryakha (en iakume : Нарьяаха / Naryaakha, anciennement Nariakov), située sur la côte et qui constitue son principal foyer urbain (la ville et son agglomération concentrent à elles seules plus de la moitié de la population iakume).

Selon les dernières recherches, les premières traces de peuplement en Iakumie remonteraient à la fin du Paléolithique. Si nous savons que l’installation des populations polaires et turciques (incluant les Iakumes) s’est faite dans les siècles suivants, l’absence d’écriture et la tradition orale chez de nombreux peuples locaux n’ont pas permis de transmettre une grande partie des connaissances de cette époque jusqu’à nos jours. Au fil des siècles, la Iakumie n’a jamais été organisée en État : la rudesse du climat organisant les différentes communautés de manière autonome, celles-ci ne pratiquant que du troc de manière occasionnelle. Ce n’est qu’avec l’arrivée des colons mors que le territoire commence à se structurer : une administration et un gouverneur — à l’autorité territoriale très relative — sont mis en place dès 1722 et une capitale, Nariakov (actuelle Naryakha), est édifiée. Les Mors facilitent la standardisation des différents dialectes iakumes en une langue plus ou moins commune, bien que de nombreux particularismes locaux subsistent encore aujourd’hui. Dès la fin du XVIIIe siècle, une assemblée autochtone, le Tumuul, est mise en place pour représenter les tribus nomades, tandis qu’une grande majorité de colons mors quittent progressivement le territoire en raison de la rudesse du climat. L’isolement presque total de certaines communautés, couplé au laisser-faire des colons mors, fait que le courant nationaliste iakume ne gagne réellement en importance qu’au début du XXe siècle : le Tumuul gagne en influence tandis qu’un recensement des olons (« communautés ») est effectué parmi la population, et qu’un statu quo est établi avec les autorités mors. Ce statut, qui organise de facto le territoire iakume, perdure jusqu’aux années 1970, lorsque le militant iakume Sergen Bytantay mène une campagne pour l’indépendance officielle et l’organisation de l’État en république. Le Tumuul finit par céder et organise un référendum en 1974, qui approuve l’indépendance à une très large majorité le 19 septembre 1974.

La très grande majorité de la population est composée d’Iakumes (en iakume : Якуумяа / Yakuumyaa), qui, par exonyme, ont donné leur nom à la Iakumie. Les Iakumes sont un peuple turcique appartenant au groupe des populations turciques du Nord du Nazum. Si l’on considère souvent que la majorité des Iakumes sont orthodoxes, appartenant aux divers courants religieux présents sur le territoire, il ne faut pas nier l’importance des croyances autochtones et du paganisme local, qui ont formé un syncrétisme chrétien orthodoxe très particulier, mêlant les préceptes du christianisme à divers mythes locaux. En outre, la population iakumienne compte également une minorité notable de Tchouktches, qui disposent d’un statut d’autonomie reconnu par l’État. On trouve également des minorités nénètses, des descendants de colons mors ainsi que d’autres peuples polaires.

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Géographiquement, la Iakumie est composée d’un territoire national de 134 912 km², majoritairement couvert de taïga et de plusieurs reliefs montagneux. Sa partie principale est également parcourue par un fleuve majeur, la Naya. Elle possède aussi une exclave plus septentrionale, quasiment inhabitée si l’on excepte quelques villes et villages notables. La République iakume est particulièrement connue pour son climat extrêmement rude : si l’été peut être marqué par des températures relativement chaudes, les hivers y sont particulièrement rigoureux, avec des extrêmes pouvant atteindre −50, voire −60 °C.

Économiquement, la République iakume s’appuie principalement sur l’exploitation de ses ressources naturelles : l’exploitation des vastes forêts de taïga pour le bois ainsi que l’élevage de rennes, de chevaux et de bovins constituent l’essentiel de l’activité économique pour une grande partie de la population. La Iakumie dispose également de très importantes réserves minières (diamant, or, charbon) qui ne sont que partiellement exploitées, en raison du manque d’infrastructures et des conditions climatiques particulièrement rudes, rendant leur extraction difficile. On trouve également des gisements de gaz et de pétrole, qui ne sont pour l’instant pas exploités.

Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, la Iakumie n’est pas organisée en État — chaque communauté aggissant de manière indépendante. Ce n’est que le 19 septembre 2019 que la République iakume proclame officiellement sa souveraineté, reconnue par l’ancienne puissance tutélaire, la lointaine Morakhan. Une constitution est par la suite adoptée, faisant de la République iakume une démocratie représentative, avec un régime décentralisé et un pouvoir exécutif confié au président de la République. Le Tumuul, chambre législative traditionnelle, est institutionnalisé et doté du pouvoir législatif.

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Sommaire


Géographie
  • Localisation et frontières
  • Climat
  • Paysages et environnement
  • Axes de communication et de transports
  • Administration territoriale
Histoire
  • Histoire précoloniale
  • De la colonisation mor à l'indépendance
  • Contexte actuel
Politique et institutionsÉconomieDémographie et population
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LES RELIGIONS

Durant plusieurs siècles, la religion était incarnée au sein des communautés iakumes par divers rites chamaniques et croyances locales, que l’on peut rapprocher du paganisme turcique. À partir de 1722, avec la fondation de Nariakov et le début de la colonisation more, le christianisme orthodoxe s’implante profondément dans de nombreuses communautés, les missionnaires étant particulièrement présents sur le territoire afin d’éduquer les populations païennes. Le patriarche de Sarkopol nomme un métropolitain pour sa colonie de Nariakov en 1767, alors même qu’un grand nombre de colons mors ont déjà quitté le territoire.

Très rapidement, les Iakumes adoptent une forme de christianisme orthodoxe plus souple que les règles rigides dictées par le patriarcat de Sarkopol : si la plupart des mœurs et des rites chrétiens sont observés, plusieurs anciennes traditions d’essence chamanique commencent à se mêler à un nouveau courant orthodoxe syncrétique propre au Grand Nord, et plus particulièrement aux territoires iakumes. Le métropolitain condamne à plusieurs reprises ces dérives païennes, sans grand effet en dehors de la capitale.

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L'une des nombreuses fêtes traditionnelles iakumes célébrant l'arrivée du printemps est également une fête chamanique païenne.

En 1937, alors que les prémices d’un sentiment national apparaissent, le nouveau métropolite de Nariakov, Semyon, décrète l’autonomie de son Église sous le nom d’Église orthodoxe autocéphale de Iakumie. Cette « indépendance » ne sera jamais reconnue par le patriarcat de Sarkopol, qui révoque formellement le métropolite Semyon et nomme une série de successeurs qui ne parviennent pas à ramener les fidèles iakumes dans le giron officiel. Encore aujourd’hui, le conflit entre l’Église orthodoxe relevant du patriarcat de Sarkopol et le courant autonome de l’Église iakume constitue un sujet de tensions religieuses persistantes. Cependant, la baisse progressive de l’importance de la religion dans la société iakume à partir des années 2000 — se traduisant notamment par une augmentation significative du nombre d’athées ou d’irréligieux — a relégué ce conflit au second plan par rapport à d’autres enjeux sociétaux.

Outre le christianisme orthodoxe, de nombreuses communautés iakumes restent majoritairement liées aux croyances chamaniques. Les autres religions, qu’elles soient abrahamiques, orientales ou issues de nouveaux courants, sont très minoritaires, voire quasi inexistantes. Une communauté juive d'environ 2 000 individus, dont la moitié seulement possède la citoyenneté iakume, vie dans le quartier juif de Naryakha.

Au-delà de ces dynamiques religieuses, la Constitution de la République iakume ne reconnaît aucune religion officielle, et la liberté de culte y est garantie. Toutefois, l’État se réserve le droit d’établir un cadre réglementaire en matière religieuse et de conclure des accords avec les représentants des différents cultes. Les écoles religieuses, dès lors qu’elles respectent les principes généraux fixés par l’État, sont également reconnues.

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LE CLIMAT

La Iakumie se situe dans l’une des parties les plus septentrionales du Nazum, sur la péninsule de Kosa. Les reliefs centraux et les plaines côtières influencent un micro-climat continental particulier, parfois qualifié de « climat iakume ». Celui-ci se caractérise par une amplitude thermique extrême, avec des étés relativement chauds et des vents très faibles, notamment en hiver.

La période hivernale dure en moyenne entre six et neuf mois, s’étendant le plus souvent d’octobre à mars, et est marquée par des vagues de froid particulièrement rigoureuses. Les températures minimales peuvent atteindre, dans les zones habitées les plus froides, des extrêmes compris entre −50 et −60 °C, selon les relevés de l’Institut national du climat de Naryakha. Ces températures, combinées aux autres facteurs météorologiques propres au climat iakume, expliquent que le pergélisol recouvre presque l’ensemble du territoire national.

La couverture neigeuse, généralement de faible épaisseur, persiste en moyenne 220 jours par an, et peut atteindre jusqu’à 260 jours sur les zones côtières.

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La longue période hivernal en Iakumie est particulièrement rude, avec des extrêmes négatifs pouvant atteindre −50, voire −60 °C.

Les étés sont particulièrement courts, marqués par un ensoleillement long et intensif. Si la température moyenne varie entre 15 et 19°C, des extrêmes de 30°C ont déjà été observés, notamment sur les côtes. Les précipitations, concentrées en été, restent faibles, donnant lieu à des périodes sèches pouvant entraîner des sécheresses impactant l’agriculture iakume.

Ce climat extrême a conduit les populations à s’adapter : l'économie locale repose notamment sur l’élevage de rennes et de chevaux, espèces spécifiques adaptées au climat iakume. Les habitations sont conçues pour conserver la chaleur et s’adapter au sol gelé, tandis que les déplacements dépendent en partie de routes saisonnières. Le rythme de vie est fortement marqué par les saisons, avec une activité concentrée durant l’été et des hivers plus isolés. La fin et le début de l’hiver, ainsi que la période estivale, sont marqués par de nombreuses fêtes traditionnelles, souvent liées aux pratiques chamaniques et aux cycles naturels.

LE CLIMAT IAKUME, UNE CLASSIFICATION DIFFICILE

Selon les experts météorologiques et cartographiques internationaux, la majorité du territoire iakume se situe en dehors du cercle polaire et est caractérisée par un climat continental plutôt que polaire. Cependant, ces mêmes experts reconnaissent que les températures extrêmes observées en Iakumie se rapprochent davantage de celles du cercle polaire que d’un climat continental classique.

Cette divergence, dont les causes sont multiples mais principalement liées à des facteurs météorologiques très localisés, a favorisé l’émergence de l’expression « climat iakume » pour désigner cette particularité propre au territoire.

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L'ÉDUCATION SCOLAIRE

À l’origine, l’éducation iakume se faisait, durant la période précoloniale, à l’échelle des olons (communautés autonomes locales), par les anciens et de manière orale. Outre l’enseignement de l’histoire de la communauté, des notions élémentaires de soin étaient dispensées, ainsi que l’apprentissage des tâches utiles à la vie collective. La période coloniale fut marquée par l’ouverture de pensionnats et d’écoles religieuses tenus par des missionnaires orthodoxes mors, y compris dans des zones particulièrement reculées. Depuis, le système éducatif a grandement évolué et s’est orienté vers un enseignement public, obligatoire et laïc, dont le programme et l’organisation administrative dépendent du ministère de l’Éducation de la République iakume.

L’enseignement, obligatoire de six à seize ans, est organisé en quatre grands cycles : l’éducation préscolaire (non obligatoire, de trois à six ans), l’enseignement primaire (de six à douze ans), l’enseignement intermédiaire (de douze à seize ans) et l’enseignement supérieur ou technique (de seize à dix-neuf ans). De l’instauration du système scolaire actuel dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, le taux de poursuite dans l’enseignement supérieur est resté particulièrement faible, marqué par une sortie précoce des jeunes du système scolaire au profit d’activités locales ou communautaires.

De nos jours, le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur ne cesse d’augmenter. Toutefois, la Iakumie est également confrontée à une fuite de ses jeunes diplômés vers des nations plus développées.

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Photographie prise du campus principal de l'Université nationale iakume, principale institution des études supérieures de la République iakume.

Le principal centre d’enseignement supérieur est l’Université nationale iakume (en iakume : Якуума Национаальнай Унибэрситээтэ / Yakuuma Natsionalnay Unibersiteete), située à Naryakha, capitale de la Iakumie. Elle comprend un grand nombre de facultés : sciences, médecine, droit et sciences politiques, économie et gestion, lettres et langues, sciences humaines et sociales, ingénierie et sciences de l’éducation. Elle dispose également de départements plus atypiques, tels que l’étude des systèmes communautaires et nomades. Véritable pôle académique et vitrine de l’enseignement iakume, l’université de Naryakha bénéficie d’une certaine renommée régionale, lui permettant d’entretenir des partenariats avec plusieurs établissements du continent nazumi.

Comme dans de nombreux domaines de la vie sociétale en Iakumie, les conditions climatiques extrêmes et l’isolement des communautés ont contraint le système éducatif à s’adapter. Si des écoles primaires sont présentes dans la plupart des olons — en raison d’une volonté politique affirmée —, l’enseignement à partir du cycle intermédiaire se concentre principalement dans les centres urbains, avec des internats régionaux accueillant les élèves issus des communautés nomades ou très éloignées. Le calendrier scolaire est également flexible et adapté aux saisons : l’année est organisée en blocs intensifs, entrecoupés de pauses prolongées lors des périodes de froid extrême, pouvant atteindre −50°C.

Cependant, cette capacité d’adaptation ne saurait masquer les difficultés structurelles du système éducatif iakume. Outre un manque de financement récurrent, et des inégalités marquées entre les centres urbains et les zones rurales isolées, la Iakumie fait face à une pénurie croissante d’enseignants ainsi qu’à une intégration parfois difficile des élèves issus de milieux isolés. À cela s’ajoute la fuite des jeunes diplômés vers des pays offrant des conditions de vie plus attractives.

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DEVISE ET POUVOIR D'ACHAT

Depuis la proclamation de souveraineté de la Iakumie — actant son indépendance — sa devise est le sakhyr (en écriture iakume cyrillique : Сахыр ; symbole monétaire : Ꞩ), qui constitue l’unique monnaie officielle reconnue par l’État. Le sakhyr, dont l’usage se fait par coupures de 10, 50, 100, 500, 1 000 et 2 000, se divise en une sous-unité monétaire appelée tal (en écriture iakume cyrillique : Тал ; symbole monétaire : ŧ), composée de pièces de 1, 10, 50 et 100. Toutefois, en raison de l’inflation du sakhyr à partir des années 2000, l’utilisation du tal est devenue largement marginale.

Le sakhyr comme le tal relèvent tous deux de la Banque centrale de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Орто Баанка / Yakuuma Öröspüübülüket Orto Baanka), institution rattachée à l’État, chargée de l’émission monétaire, de la mise en œuvre de la politique monétaire et de la lutte contre l’inflation.

Si l’usage du sakhyr est courant parmi la population iakume, la monnaie demeure relativement faible et peu utilisée à l’échelle internationale. Dans les milieux financiers de la capitale, la devise internationale standard (DIS, également appelée « dollar international ») est largement utilisée, car considérée comme plus stable et plus forte que la monnaie nationale. À titre de comparaison, au début de l’année 2019, le taux de change était d’environ 1 DIS pour 100 sakhyrs.

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Photographie d'un billet de deux cents sakhyr, édition de 2012. On note la présence de l'Ours iakume, l'emblème naturel de l'État.

La crise financière des années 2000, ainsi que ses répercussions chroniques, ont entraîné à ses débuts une forte inflation du sakhyr. Cette période est marquée par une politique d’austérité de la part de l’État, mais également par certains progrès sociaux, comme l’instauration d’un revenu salarial minimum (en iakume : Минимальнай салайаһын киирии / Minimalnay salayaahın kiirii), visant à garantir un niveau de revenu minimum brut pour l’ensemble des travailleurs iakumes.

Si le contexte économique s’est depuis amélioré (avec un revenu salarial minimum fixé à 40 000 sakhyrs en janvier 2019), une inflation modérée persiste, affectant notamment les prix et le pouvoir d’achat de la population iakume. De nombreuses associations de travailleurs et syndicats demandent une revalorisation significative du salaire minimum qui, en dépit d’augmentations presque mensuelles en 2017, ne suffirait pas, selon eux, à garantir des conditions de vie décentes à une partie importante de la population active.

Dans les zones rurales, les activités économiques locales sont principalement tournées vers l’autosuffisance des communautés (olons), et des arrangements entre familles, fondés sur le troc, restent très courants. Dans ce contexte, l’usage du sakhyr est secondaire et sert principalement à l’achat de produits ne pouvant être fabriqués localement.

Cette volonté d’autosuffisance, combinée à un faible développement de l’économie vers l’extérieur, place certaines familles dans des situations de précarité, faute de revenus financiers suffisants pour s’acquitter de leurs impôts, des frais de scolarisation ou de certains traitements médicaux. L’État iakume a débloqué, en 2018, un fonds d’aide financière destiné aux familles rurales se trouvant dans cette situation particulière.

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LA SANTÉ

Le système de santé en Iakumie est marqué par de fortes inégalités entre le milieu rural et les zones urbaines, ainsi que par un manque chronique de moyens humains et financiers pour assurer une prise en charge optimale des patients. En 2019, dans son tout premier discours officiel en tant que cheffe de l’État, la présidente de la République iakume, Tuyaara Uruy Kün, a déclaré : « La santé doit devenir l’une des priorités en matière d’investissement et de développement de la part de l’État, afin de combler nos lacunes actuelles, qui ne peuvent et ne doivent être ignorées. »

Les conditions climatiques difficiles, couplées à une désertification massive des médecins locaux depuis les années 2010, ont complexifié une situation déjà critique. À plusieurs niveaux, les services de santé manquent de médecins, d’infirmiers et d’autres professionnels formés, ainsi que de matériel moderne, et ce en dépit de diverses aides étrangères accordées à la République iakume.

Depuis 1998, l’intégralité des services de santé publics est gratuite en Iakumie, tout comme les médicaments, qui sont remboursés par le système de santé. Cependant, l’accès aux traitements reste difficile : les pharmacies et autres distributeurs reconnus par l’État sont rares en dehors des grandes villes et font face à des pénuries régulières dues aux difficultés d’acheminement.

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Photographie du Centre hospitalier universitaire de Naryakha, capitale de la République iakume, durant la période hivernal en 2017.

Le principal hôpital du pays est le Centre hospitalier universitaire de Naryakha (en iakume : Нарьяха Унибэрситээтэ Киинтэр Больницата / Naryakha Universiteete Kiinter Bolnitsata), qui bénéficie d’un soutien important de l’État, notamment pour l’hébergement des patients et des familles issus de régions éloignées. Si cet établissement est présenté comme la vitrine du système de santé iakume, et qu’il existe d’autres centres de santé secondaires dans les principales villes, l’absence d’hôpitaux de taille intermédiaire en dehors de la capitale fait l’objet de critiques récurrentes, notamment de la part de l’opposition, favorable à une décentralisation des moyens.

Si certaines communautés rurales disposent d’un médecin généraliste — le plus souvent grâce à l’intervention directe de l’État —, la majorité des olons isolés ne bénéficie pas d’un accès suffisant et continu aux soins. Le gouvernement iakume a mis en place des brigades de santé mobiles, actives dans les zones rurales et peu peuplées, afin d’assurer un accès minimal aux soins prioritaires définis par l’État (vaccination, santé maternelle, traitement des infections, traumatologie). Cette politique suscite néanmoins des critiques, notamment en raison du manque de suivi des maladies chroniques (diabète, hypertension) et de l’obligation, pour certains patients, de se rendre dans la capitale, parfois à plusieurs centaines de kilomètres.

Les méthodes de soins traditionnelles iakumes, appelées khaïruu (en iakume : Хайруу), sont reconnues dans certains domaines spécifiques par une loi adoptée en 2017. Les guérisseurs pratiquant le khaïruu doivent obtenir une certification du ministère de la Santé afin d’exercer, ce qui les reconnaît comme auxiliaires de soins. Ils sont particulièrement actifs dans les zones rurales et constituent une source importante de savoir médical pour de nombreuses communautés. Cependant, plusieurs chercheurs ont remis en question certaines pratiques persistantes, jugées inefficaces pour le traitement de certaines pathologies.


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ORGANISATION DES POUVOIRS

L’absence de pouvoir central durant toute la période précoloniale, combinée à l’isolement relatif des communautés, a favorisé leur autoadministration, en l’absence de tout cadre législatif formel, les règles orales faisant alors autorité au sein des olons iakumes.

Ce n’est qu’avec l’arrivée des colons mors et la mise en place d’un semblant d’autorité, incarnée par un gouverneur siégeant à Nariakov, que le pouvoir s’est progressivement hiérarchisé et structuré. Un statut colonial, édicté au milieu du XXe siècle, définit la répartition des pouvoirs, opérant un transfert progressif de l’autorité du gouverneur vers le Tumuul, chambre représentative du peuple iakume.

En dépit du maintien théorique de ses prérogatives exécutives, le gouverneur — nommé par les souverains mors — n’exerce plus, dès le début des années 1930, qu’un pouvoir essentiellement symbolique en Iakumie.

Ce n'est qu'en mars 1978, quelques mois après sa déclaration internationale de souveraineté, que laRépublique iakume ce dote d'une constitution adopté par l'Assemblée constitutionnelle et qui définie l'État comme « [...] un sujet de droit international, indépendant et souverain ». C'est également une démocratie, organisée sous la forme d'une république à régime présidentiel.
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Photographie des principaux centres gouvernementaux iakumes : le bâtiment du gouvernement (en haut) et le palais du Tumuul (en bas) durant l'été 2019.

L'organisation des pouvoirs de l'État est marquée par une séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires :

  • Le président de la République (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Баса / Yakuuma Öröspüübülüket Basa) surnommé le Basa (« [le] chef / [la] tête ») est le chef de l'État et le chef du gouvernement de la République iakume. Il préside le cabinet des ministres et assure, par son rôle prédominant, l'essentiel du pouvoir exécutif iakume.
  • Le Tumuul (en iakume : Тумуул) est la chambre unique, composée de 22 représentants élus au suffrage universel indirect qui forme le parlement de la République iakume. Elle dispose des prérogatives législatives, vote la loi et décide du budget de l'État.
  • La Cour suprême de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Уруох Тумуула / Yakuuma Öröspüübülüket Uruokh Tumuula) constitue la plus haute institution judicaire de la Iakumie, en charge des affaires d'ordre judicaire, administrative mais également du contrôle de constitutionnalité des lois et de tout projet de réforme de la Constitution.

Il est également à noter que la République iakume est marquée, du fait d'une décentralisation importante de l’État, par une importance notable des olons sur le plan institutionnel, politique et administratifs. Cette politique, appelé « olonisme » est particulièrement critiqué par les jeunes générations et les oppositions de gauche.

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LES LANGUES

La Constitution de la République iakume dispose, dans son article 9, que la langue iakume (en iakume : Якуума / Yakuuma), une langue turcique, « [...] est la langue officielle de l'État ». Elle est considérée à la fois comme langue officielle et nationale, ainsi que comme langue interethnique. Elle est donc enseignée comme langue de base du cycle scolaire, peu importe l'ethnie, et l'ensemble de l'administration et des institutions politiques iakumes l'utilise de plein droit.

Si aujourd'hui il existe un standard général pour la langue iakume, défini et régulé par l'Académie iakume de langue et littérature (en iakume : Якуума Тыл уонна Литература Академията / Yakuuma Tyl uonna Literatura Akademiyata), sa construction comme « langue nationale » date de l'époque coloniale. Avant l'arrivée des mors au début du XVIIIe siècle, les olons (« communautés »), isolés les uns des autres et vivant de manière nomade, parlaient chacun un dialecte propre, mais utilisaient une forme très simplifiée de langue (de nos jours désignée sous le nom linguistique de pré-iakume) pour les discussions intercommunautaires. En 1799, le père Feofan et le linguiste Lavrentiy Yazykov débutent la rédaction de « l'étude comparative des langues autochtones des terres coloniales de Nariakov », qui sera publiée en 1804 et constitue l'une des bases historiographiques pour l'étude linguistique des anciennes langues de la Iakumie.

La sédentarisation quasiment forcée des olons iakumes par l'administration coloniale a poussé au développement d'une langue iakume complète et comprise par l'ensemble de la population. Les locuteurs de l'ancien parler pré-iakume s'éteindront pour la plupart avant le début du XXe siècle.

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Photographie d'une salle de classe iakume en 2002. L'école publique reste le centre principal pour l'enseignement de la forme standard de la langue iakume.

De nos jours, la plupart des olons parlent encore une forme localisée du iakume moderne, qui le rend parfois difficile à comprendre pour les personnes étrangères à la communauté. Cette situation a poussé à l'interdiction des dialectes locaux du iakume dans les écoles et à la mise en place d'un « programme de renforcement de la langue nationale » au détriment des particularismes locaux dès le début des années 2000. Dans ce contexte, l'État a rencontré de nombreux obstacles — les dialectes locaux étant le plus souvent la langue maternelle des enfants et un marqueur important d'appartenance à la communauté — qui perdurent encore aujourd'hui, tant la question du communautarisme en Iakumie reste d'actualité.

Si l’on excepte la langue iakume (et ses nombreuses variantes locales et régionales), la seconde langue la plus parlée en Iakumie est le tchouktche (en tchouktche : ԓыгъоравэтԓьэн йиԓыйиԓ / Ḷyg’orawetḷʹen jiḷyjiḷ), parlé par les Tchouktches, un peuple autochtone de la péninsule de Kosa vivant à cheval entre plusieurs pays, notamment la Iakumie et le Yutchun. Le mor, langue eurysienne issue de la colonisation, constitue la troisième langue la plus parlée dans le cadre privé selon la plupart des études, suivi par le nénètse (en nénètse : ненэцяʼ вада / nyenetsya vada), liée à la minorité nénètse. Enfin, l’on trouve également d’autres langues extérieures à la région, comme le yiddish (en yiddish : ייִדיש), parlé par la petite communauté juive.

Sur l’ensemble de ces minorités linguistiques, seul le tchouktche bénéficie d’une reconnaissance à l’échelle régionale (et non nationale). Son enseignement est donc permis, dans les limites prévues par la loi, dans les territoires tchouktches.

Enfin, le système éducatif iakume n’applique aucune politique particulière en matière d’apprentissage obligatoire d’une langue secondaire. Le tchouktche et le nénètse sont enseignés dans la plupart des écoles dans le cadre de cours de langue optionnels, à l’exception des territoires tchouktches, qui disposent d’une certaine autonomie relative vis-à-vis du pouvoir central, incluant la reconnaissance de leur langue et son enseignement aux côtés du iakume. Les écoles privées permettent également l’apprentissage d’autres langues turciques, steppiques ou nazumies.

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LES PRATIQUES SPORTIVES

Comme dans presque tous les domaines de la vie sociale, les pratiques sportives en Iakumie sont fortement influencées par son climat particulièrement rude en hiver (avec des températures pouvant descendre sous les −50 °C), mais également par le rattachement des traditions iakumes à la culture turcique. Il convient aussi de prendre en compte les apports culturels et sociaux de la longue période coloniale more, qui débute au XVIIIe siècle et ne se termine qu’en 1977, marquant profondément certaines habitudes des populations locales, y compris dans le domaine sportif.

De manière générale, on distingue en Iakumie deux grandes catégories de sports : ceux pratiqués durant la période hivernale, qui regroupent plusieurs disciplines d’hiver ainsi que les sports en salle, particulièrement répandus chez les jeunes générations, et les sports d’été qui, en raison de leur rôle dans le cycle annuel de la vie iakume, sont également très populaires, qu’ils soient traditionnels et propres à la culture iakume ou non.

Durant la fête traditionnelle iakume, qui marque la fin de l’hiver et le début de l’été, de nombreuses pratiques sportives propres aux cultures turques sont pratiquées. Les plus notables en Iakumie sont la lutte, pratiquée dans un cercle d'environ quinze mètres de diamètre, et la course de chevaux, le plus souvent de race iakume, originaire de la région. Il est à noter que les courses de chevaux peuvent également se pratiquer durant l’hiver, les chevaux iakumes ayant développé un poil dru et épais leur permettant de résister aux températures extrêmes du climat iakume.

D’autres sports traditionnels, le plus souvent propres à certaines régions de la Iakumie, peuvent être pratiqués, mais de manière non systématique.

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Photographie de jeunes iakumes joueant au football durant la période estivale. Bien que très populaire, la pratique du football reste très limité de par le manque d'infrastructure.


Toujours dans le registre des sports de la période hivernale, le patinage est également très apprécié, tout comme le ski de fond et certains sports de glisse, qui manquent cependant d’installations suffisantes pour se développer pleinement. À la différence de ces sports, le hockey sur glace est particulièrement populaire, avec de très nombreux clubs présents un peu partout sur le territoire, y compris dans les zones très rurales.

L’arrivée des sports collectifs est beaucoup plus récente, marquée par une démocratisation à partir des années 1990, notamment sous influence étrangère. Si l’on compte plusieurs associations sportives de basketball, de handball et même un club de baseball à Naryakha, c’est bien le football, représenté par la Fédération de football de Iakumie (en iakume : Якуумяа Футбол Федерацията / Yakuumyaa Futbol Federatsiyata), qui rassemble le plus grand nombre de licenciés. Cependant, ces éléments doivent être relativisés : la plupart des villes ne disposent pas d’installations de football homologuées, et un seul stade — celui de Naryakha, la capitale — offre des capacités et des moyens suffisants pour accueillir des rencontres internationales.

Le football iakume est également majoritairement pratiqué en intérieur, le plus souvent dans des salles de sports collectifs qui ne correspondent pas toujours aux normes définies par la fédération. Durant la période estivale, ou dès que les températures le permettent, les stades extérieurs sont utilisés.

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ENGAGEMENT ASSOCIATIF

La vie associative, dans son concept et sa définition modernes, a une apparition tardive dans la société iakume. Ce n’est cependant pas la colonisation more qui est à l’origine du succès moderne des associations en Iakumie, mais bien les traditions locales : avant l’arrivée des mors, la plupart des olons iakumes vivaient en semi-isolement, et l’entraide entre les groupes familiaux et les autres membres de la communauté était une nécessité, ce qui a favorisé très tôt un certain esprit d’engagement pour le bien commun et de solidarité. Ce n’est qu’à partir du XXe siècle que les premières associations se forment, essentiellement chez les colons mors, avant de pénétrer les sociétés iakumes vers le milieu du siècle, notamment sous l’influence des volontés modernistes des premiers nationalistes iakumes.

Après l’indépendance en septembre 1977 et jusqu’au milieu des années 2000, la République iakume enregistre un nombre croissant de créations d’associations, dont les statuts ont été définis par une loi dès 1983 (l’ancienne loi coloniale régissant les associations mors ayant été abolie). Si l’on excepte les associations relevant de la pratique sportive, on constate un volontariat très engagé dans presque tous les domaines de la vie éducative, sociale et culturelle.

La jeunesse joue une place centrale dans l’engagement et la vie des associations iakumes : de par le ruralisme et le manque d’investissement de l’État dans certaines zones reculées ou disposant de ressources non essentielles, l’adhésion à diverses associations est devenue, pour de nombreux jeunes, un ancrage pour la création de liens sociaux, un exutoire pour leurs activités et une forme d’intégration dans la communauté.

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Photographie d'une patrouille des scouts de Iakumie en 2011. Les activités du scoutisme en Iakume se déroule principalement durant la période estivale.

Dans ce registre, les mouvements d’éducation populaire, tels que le scoutisme — orthodoxe — ou d’autres mouvements de jeunesse similaires, jouent un rôle essentiel auprès de nombreux jeunes iakumes. La Fédération nationale des scouts iakumes (en iakume : Якуумяа Национаальнай Скауттар Федерацията / Yakuumyaa Natsionalnay Skauttar Federatsiyata, parfois abrégée en YNSF) compte, depuis 2009, un nombre croissant de « patrouilles » organisées à l’échelle locale, notamment favorisées par l’ouverture du mouvement aux jeunes filles à partir de 2004. En janvier 2019, la YNSF déclare rassembler près de 9 500 jeunes au sein de son mouvement scout lors d’un jamboree à Akolyat.

Si l’on excepte les mouvements de jeunesse, la vie associative se manifeste également par un fort engagement en faveur de l’environnement : la société iakume accorde une grande importance à la nature, notamment en raison de son héritage traditionnel et de ses coutumes chamaniques. De nombreuses associations fédèrent jeunes et adultes pour défendre la cause environnementale auprès de l’État, qui cherche à développer le territoire national au détriment de la taïga et des nombreux parcs nationaux que compte la Iakumie. La section de Naryakha de l’Office mondial des animaux et de la nature (OMAN) dénonce en 2017 ces pratiques illégales dans un rapport adressé au ministère de la Nature et des Parcs nationaux de la République iakume, pourtant principal financeur de la section locale de l’ONG.

La mondialisation et l’ouverture du pays sur la scène internationale ont également permis à de nombreux citoyens iakumes d’adhérer et de participer pleinement à diverses organisations non gouvernementales présentes à l’échelle mondiale. Outre l’OMAN, on compte des Iakumes parmi les humanitaires de Lysis ou d’Amnestie mondiale.

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LA CITOYENNETÉ

Le statut de « citoyen iakume » (ou officiellement « citoyen de la République iakume » ; en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Гражданина / Yakuuma Öröspüübülüket Grajdanina) est principalement défini par deux textes légaux : la Constitution de la République iakume, qui définit les droits fondamentaux et les devoirs civiques des citoyens iakumes, et la loi sur la nationalité (en iakume : Гражданство туһунан сокуон / Grajdanstvo Tuһunan Sokuon), qui réglemente les procédures d’obtention de la citoyenneté ainsi que les autres dispositions relatives à ce statut.

Du point de vue légal, le statut de citoyen iakume peut s’obtenir de trois façons différentes : par le sang (enfant né d’un ou de deux parents disposant de la citoyenneté), par le territoire (enfant né sur le territoire national iakume) ou par une demande de naturalisation. Cependant, le Département du statut civique, rattaché au ministère des Affaires intérieures, enregistre très peu de demandes de nationalité : en 2018, seulement 5 % des résidents permanents de la République iakume remplissant les conditions requises pour déposer une demande de citoyenneté l’ont effectivement fait.

On distingue, du point de vue administratif, deux catégories de citoyens : les citoyens « mineurs », à savoir les enfants nés d’un ou de deux parents iakumes, placés légalement sous la tutelle de leurs parents et ne disposant pas encore de leurs droits civiques et électoraux ; et les citoyens « majeurs », pleinement responsables et ayant effectué les devoirs nécessaires pour disposer intégralement de leurs droits. En pratique, ce devoir se traduit principalement par le service militaire, obligatoire pour les hommes (et optionnel pour les femmes), qui peut, dans certains cas, être commué en service civique selon les besoins de l’État.

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Représentation officielle du passeport civil de la République iakume.

S’il existe ainsi une séparation administrative entre le statut des citoyens mineurs et majeurs, limitant les droits civiques des individus considérés comme enfants, l’article 14 de la Constitution prévoit que « toutes les personnes résidant légalement sur le territoire national iakume sont égales devant la loi et les tribunaux ». Le même article précise qu’il n’existe aucune forme de discrimination : les citoyens iakumes peuvent être issus des peuples iakumes, tchouktches, nénètses ou des autres populations constituant le territoire national de la République iakume (talars, mors...).

Le passeport (en iakume : Паспорт / Pasport, terme commun à plusieurs pays de langues turciques, steppiques et slaves) constitue l’un des principaux documents officiels reconnus par la République iakume pour prouver l’identité et la nationalité d’un individu, aux côtés de la carte nationale de citoyenneté (en iakume : Национаальнай гражданство картата / Natsionalnay grajdanstvo kartata) et du livret de famille (en iakume : Үйэбүлө кинигэтэ / Üyebülө kinigete).

Si la détention d’une carte nationale de citoyenneté est obligatoire pour toute personne âgée de plus de 12 ans, le passeport demeure optionnel. Le livret de famille est détenu, selon les coutumes locales, soit par le chef de famille, soit par les toyon (« [les] chefs traditionnels ») de l’olon (« communauté »).

Enfin, le passeport iakume est considéré comme un « passeport faible ». En dépit d’une politique étrangère relativement active pour un État aussi faiblement peuplé, la République iakume ne dispose actuellement d’aucun accord facilitant les déplacements internationaux de ses citoyens. Les ressortissants iakumes doivent donc, dans la majorité des cas, obtenir un visa pour voyager à l’étranger, ce qui entraîne des démarches administratives souvent longues et contraignantes.

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LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

Le président de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Баса / Yakuuma Öröspüübülüket Basa), surnommé le Basa (« le chef » ou « la tête »), est le chef de l’État et du gouvernement de la République iakume, exerçant les plus hautes fonctions du pouvoir exécutif. Ses prérogatives et son rôle constitutionnel sont principalement définis par les articles de la section II du chapitre IV de la Constitution de la République iakume, adoptée dans sa forme originelle en 1978.

Historiquement, les Iakumes n’ont jamais disposé d’un État avant la colonisation. Les fonctions exécutives étaient exercées, à partir de 1722, par un gouverneur nommé par le Zagroy de Morakhan. Ce n’est qu’en 1974 que le peuple iakume accède officiellement à l’indépendance, dans le cadre d’un accord pacifique avec l’ancienne puissance coloniale more, et que la fonction présidentielle est de facto mise en place. Toutefois, durant la période s’étendant de septembre 1977 — date de l’indépendance — à l’adoption de la Constitution au milieu de l’année 1978, le pouvoir exécutif est exercé temporairement par le président du présidium du Tumuul, auquel succède, après l’adoption de la Constitution, le président du gouvernement provisoire de la République iakume jusqu’aux élections de la fin de l’année 1978. Le militant nationaliste et indépendantiste iakume Sergen Bytantay, bien qu’ayant joué un rôle important au sein du gouvernement provisoire, renonce à briguer la présidence lors des premières élections.

Conformément à la Constitution, le président de la République iakume est le garant de l’unité nationale du peuple iakume. Il assure la continuité de l’État, veille au strict respect de la Constitution et de la loi, garantit l’arbitrage entre les pouvoirs politiques, protège la souveraineté de l’État et la défense du territoire national, représente l’État sur la scène internationale et signe les traités, chartes et conventions au nom de l’État iakume.

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Portrait officiel de Tuyaara Uruy Kün, actuelle présidente de la République iakume.
On note la présence de plusieurs bijoux traditionnels de la communauté iakume.

Le président de la République est également le commandant en chef des forces armées, des forces de police et des autres services de sécurité de l’État. Il assure également la présidence du Conseil national de sécurité de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Национаальнай Безопасность Кэнээһэ / Yakuuma Öröspüübülüket Natsionalnay Bezopasnost Keneһe), un organe consultatif de la présidence de la République travaillant sur l’ensemble des questions liées à la sécurité intérieure.

Le président de la République iakume est élu au suffrage universel, libre, secret et direct, pour un mandat de quatre ans, par l’ensemble des citoyens iakumes. Bien que la Constitution dispose que le présidium du Tumuul s’assure de la régularité de l’élection, et que le Tumuul doive « considérer » les résultats, ce rôle est, dans les faits, plus communément exercé par la Commission électorale de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Былааһык Комиссията / Yakuuma Öröspüübülüket Bylaaһyk Komissiyata), bien que le Tumuul et sa présidence conservent leurs fonctions constitutionnelles de « gardiens » du bon déroulement de l’élection du chef de l’État.

Le premier président de la République, élu au suffrage universel à la fin de l’année 1978, fut Tyngyldyr Khordokan. De manière générale, la plupart des présidents de la République n’effectuent qu’un seul mandat — principalement en raison de la perte de confiance de leur parti lors des élections primaires — à de rares exceptions historiques près. Jusqu’à présent, la fonction présidentielle est systématiquement revenue au candidat du parti Iakumie Unie (en iakume : Якуумяа Биирг / Yakuumyaa Biirge), principale force politique de l’État iakume.

La dernière élection présidentielle s’est tenue en avril 2019 et a vu le président sortant, Uryat Khelduun Tayboldur, ne pas être reconduit par son parti, qui a « préféré » choisir Tuyaara Uruy Kün, issue de l’aile social-libérale du mouvement. Il s’agit de la première femme chef de l’État en Iakumie, ainsi que de la première présidente de la République issue d’une faction non dominante au sein d’Iakumie Unie.

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LE TUMUUL

Le Tumuul (en iakume : Тумуул) constitue le parlement de la République de Iakumie, disposant du pouvoir législatif. Composée d'une chambre unique, ses prérogatives et son rôle constitutionnel sont principalement définis par les articles de la section I du chapitre IV de la Constitution de la République iakume, adoptée dans sa forme originelle en 1978.

Les origines étymologiques du terme « Tumuul » sont difficiles à déterminer, mais l’on considère généralement qu’il s’agit probablement d’une construction linguistique datant de la période de sa fondation, aux alentours du milieu du XVIIIe siècle. Le mot peut toutefois être rapproché de termes similaires présents dans d’autres langues turciques, comme Il Tumen ou Turulkaï. La date exacte de sa fondation reste également un mystère, les chefs iakumes ayant participé à sa création n’ayant laissé aucune trace écrite. On sait cependant, grâce aux sources mores, qu’il s’agissait d’une assemblée traditionnelle aux pouvoirs très limités, où étaient représentés les principaux olons (« communautés ») iakumes présents sur le territoire de Naraikov, fondée dans un contexte de lutte contre le gouvernement colonial. Cependant, le gouverneur mor Ilkievitch Amazov, conscient que son administration est incapable de gérer efficacement la colonie, préfère s’appuyer sur ce qu’il désigne comme une « classe semi-aristocratique locale » afin de contrôler plus efficacement les centaines d’olons dispersés sur le territoire. Le Tumuul est ainsi reconnu comme « assemblée des indigènes » en 1797, ce qui marque la fin de la « grande opposition » entre les colons mors et les communautés iakumes.

Par la suite, le pouvoir du Tumuul — originellement simple rassemblement de chefs ne disposant d’aucun pouvoir dans le système colonial — ne fera que se renforcer jusqu’à l’indépendance, au fil des décennies durant lesquelles l’autorité du gouverneur et des colons mors ne cesse de s’effriter face à l’indifférence générale envers cette colonie peu rentable, dont les ressources sont difficiles à exploiter et où la très grande majorité des colons envoyés par le Zagroy pour « moroniser » le territoire finissent par rentrer après quelques années. En 1951, les dernières prérogatives législatives du gouverneur mor disparaissent lors d’une ultime révision du statut colonial, préfigurant l’indépendance de la Iakumie en 1974.

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Le bâtiment abritant le lieu de réunion du Tumuul et de ses commissions depuis 1995. Photographie prise en 2018, au milieu de la période printanière.

De nos jours, le Tumuul constitue, pour les soutiens politiques de l’État iakume, « l’expression représentative du peuple ». Dans l’article 38 de la Constitution, le Tumuul est désigné comme « [...] l’organe le plus élevé du pouvoir d’État, démonstration de la volonté populaire ». Si l’on excepte les prérogatives traditionnellement attribuées aux parlements, à savoir le vote des lois et l’adoption du budget national, le Tumuul dispose de contre-pouvoirs particuliers vis-à-vis de l’exécutif : il ratifie les déclarations de guerre, de mobilisation générale, d’état d’urgence, ainsi que les traités et chartes fondamentales négociés et adoptés par le président de la République, qui peut par ailleurs être tenu responsable de l’application des lois devant le Tumuul, conformément à l’article 53 de la Constitution. Outre le président, c’est également l’ensemble du domaine exécutif, détenu par le gouvernement, qui est contrôlé par les commissions permanentes mises en place par le parlement iakume, lesquelles correspondent plus ou moins aux départements ministériels (affaires intérieures, affaires extérieures, éducation, affaires sociales, santé, etc.).

D’autres prérogatives particulières, définies par la loi ou la Constitution — telles que la nomination d’une partie des membres de la Cour suprême — relèvent en partie de l’autorité du Tumuul ou, dans certains cas, du Présidium du Tumuul, composé du président de la chambre et des vice-présidents, nommés pour la durée du mandat des représentants. Si le président représente effectivement l’autorité législative, ses vice-présidents sont en réalité davantage des représentants des groupes parlementaires composant le Tumuul.

Tout comme le mandat présidentiel, les membres du Tumuul (communément appelés « représentants ») sont élus au suffrage universel et secret, libre et direct, pour un mandat de quatre ans par les citoyens iakumes disposant du droit de vote. Contrairement à une idée répandue, la chambre législative du Tumuul ne compte pas vingt-deux sièges mais quarante-et-un membres, élus dans les circonscriptions électorales définies par l’État. Pour simplifier, la plupart des circonscriptions électorales regroupent plusieurs olons administratifs — qui constituent l’une des principales bases de l’administration territoriale de l’État — les olons les plus peuplés étant généralement associés à plusieurs olons moins densément peuplés.

Au sein des groupes et partis parlementaires composant le Tumuul, c’est évidemment sans surprise le parti Iakumie Unie (en iakume : Якуумяа Биирг / Yakuumyaa Biirge), principale force politique de l’État iakume, qui détient l’écrasante majorité des sièges. Le nom du parti est également utilisé pour désigner la « coalition Iakumie Unie », regroupant ce même parti et le Parti de la liberté économique (Экономика Эриир Партията / Ekonomika Eriir Partiyata), de tendance libérale. Face à cette imposante force politique, l’on trouve comme principale opposition de gauche le Parti communiste de la République iakume (Якуума Өрөспүүбүлүкэт Коммунис Партията / Yakuuma Öröspüübülüket Kommunis Partiyata). Enfin, le parti des Démocrates de Iakumie (Якуумяа Демократтара / Yakuumyaa Demokrattara), classé à droite, ne dispose que d’un rôle limité au sein des institutions.

La prépondérance de Iakumie Unie dans l’organe législatif, ainsi que son contrôle presque absolu du pouvoir gouvernemental — l’ensemble des présidents de la République iakume étant issus de ce même parti — font que le pouvoir du Tumuul, conçu à l’origine comme un contre-pouvoir à l’exécutif, demeure en réalité relativement limité.


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