21/08/2019
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Index du forum Scène Internationale Évènements culturels 🎬 Cinéma Festival des Anges (Première édition)

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Chaque joueur peut inscrire ses productions en utilisant formulaire ci-dessous.

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INSCRIPTION DES FILMS

[b]Pays producteur(s) :[/b]
[b]Catégorie :[/b] À choisir entre : Film de fiction / Documentaire / Série télévisée / Film d’animation

[b]Nom de la production :[/b]
[b]Affiche ou visuel :[/b] Facultatif – À défaut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise à un moment donné.
[b]Genre ou thème abordé :[/b] Comédie ? Drame ? Autre ? Ou sinon, quel thème est au centre de votre production ?
[b]Synopsis ou résumé :[/b] Pas de longueur maximale.
[b]Commentaire :[/b] Facultatif - Si vous voulez joindre des anecdotes de tournages, des critiques parues dans la presse, ou tout élément susceptible d'intéresser le lecteur, de contextualiser le film culturellement, etc.

[b]Société de production / Producteur :[/b]
[b]Réalisateurice :[/b]
[b]Distribution :[/b] Nom des acteurs et le personnage qu’ils jouent entre parenthèses. Pour les documentaires, ce critère s’applique seulement s’il y a un intervenant notable. Pour les séries télévisées d’animation, ce critère n’est pas applicable, sauf si vous jugez important de mentionner les comédiens de doublage de la VO.
[b]Date de sortie :[/b] Sur ce genre d'évènement, la grande majorité des films inscrits le sont en avant-première. Une date de sortie située [b]après[/b] le festival est donc possible voir recommandée.
Vous pouvez aménager ce formulaire à votre convenance et lui donner une esthétique particulière, tant que tous les critères obligatoires y figurent.
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Pays producteur(s) : Capitalia
Catégorie : Film de fiction


Nom de la production : Wrong

Affiche ou visuel : Affiche publicitaire du film

Genre ou thème abordé : Science-Fiction, Drame Psychologique, Aventure, Comédie (pas trop non plus hein)

Synopsis ou résumé : Jean vit une existence assez banale, dans une ferme avec sa famille dans le nord ouest de Capitalia. Un jour, il se sent mal...trop de répétitions, il veut rester dans sa petite vie habituelle mais au fond de lui il en à marre : il veut partir.
(Suite du film qui n'est pas dans le synopsis) Alors un jour, sans prévenir sa famille, il part...loin et il se rend compte (après avoir franchi une sorte de portail invisible) que le reste du monde est vide : un énorme "champ plat" alors son ancienne vie lui manque (aussi inintéressante soit-elle) et avec sa voiture il roule, roule, roule mais n'arrive pas à retrouver sa maison, débute alors un combat intérieur entre souffrance et regrets.
Commentaire : Human's Films est une société de production assez...bizarre : elle ne fait pratiquement que des films SF, dramatiques ou très niches dans la plupart des cas
Les critiques en raffolent de ce genre de film... ou du moins à Capitalia, c'est la première grande sortie Internationale de Human's Films


Société de production / Producteur : Human's Films, Ministre de la Culture Capitalienne (financements), Quelques Critiques Anonymes (financements)

Réalisateur.ice : Quentin Du Pieux

Distribution :
Hector Du Pieux (Jean)
Jeanne Pilet (Jeanne, femme de Jean)
Morgan Kate, Éléanore Du Pieux, Jeanne Duprès (Jeannot, Jeannette, Jeanne)
George Petit (Doublage de : Voix intérieure 1)
Hector Joutet (Doublage de : Voix intérieure 2)
Pierre Du Pieux (Doublage de : Voix intérieure 3)
François De Bresac (Doublage de : Voix intérieure 4)

Date de sortie : 12/09/2019
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Pays producteur(s) : République de l'Etat du Makota

Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : L'attaque des Peaux-Rouges

Affiche ou visuel : Facultatif – À défaut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise à un moment donné.

affiche du film

Genre ou thème abordé : Western

Synopsis ou résumé :
Le film s’ouvre sur une scène de vie idéalisée du Makota profond. Quelque part dans un comté rural qui n’est jamais précisément défini, une petite municipalité vit son existence sereine sous la direction calme et avisée de son maire, le vieux Jean Bertrand – par ailleurs principal vacher des alentours –, et du shérif Alexandre Touret. Pourtant, la communauté commence à s’inquiéter face à des vols de bétail répétés. Une enquête du shérif révèle rapidement que les responsables sont les Peaux-Rouges, des indigènes aleuciens venant de l'étranger. Les voleurs sont arrêtés, jugés par un jury populaire, condamnés et pendus, au grand soulagement de la population qui espère ainsi se débarrasser définitivement de cette plaie qui trouble l'ordre public.

Mais les vols reprennent de plus belle et s’intensifient. De nouveaux sauvages font leur apparition, et ils sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux armés. Il s’avère alors que ces Peaux-Rouges étaient en réalité formés, armés et envoyés par des commissaires communistes étranger (le film mentionne plusieurs pays d’Aleucie, dont la plupart ne sont pas considérés comme communistes par la communauté internationale). La petite communauté, qui vit essentiellement du vacherisme, refuse de disparaître sous les déprédations des forces coalisées et barbares du paganisme et du collectivisme. Alors, comme tout Makotan le ferait spontanément dans une telle situation, la municipalité s’organise en milice. Puis, sans que l’on sache vraiment pourquoi, les forces aleuco-communistes lancent alors une attaque massive contre la municipalité, menant au climax du film : une fusillade spectaculaire.

Naturellement, les gentils – c’est-à-dire les Makotans – sortent vainqueurs. Les Peaux-Rouges sont éliminés, mais les commissaires politiques communistes, dépeints comme très laches, parviennent à s’enfuir. Acclamé par la population pour son courage, le shérif demande alors au maire la main de sa fille, une idylle ayant été discrètement esquissée auparavant. Le maire la lui accorde et le film s’achève sur une noce joyeuse avec une mise en scéne qui évoque la paix, l'harmonie et le bonheur retrouvés dans la communauté. Le dernier plan, accompagné de la chanson « Makota, Terre Bénie », montre une botte de vacher écrasant un symbole communiste à côté du cadavre d’un Aleucien.


Commentaire :
Promis à un gros succès commercial, L’Attaque des Peaux-Rouges s’inscrit dans la veine classique du cinéma makotan. Il n’est pas besoin de préciser qu’il s’agit d’une idéalisation de la société makotane. Si les costumes, les armes et certains réflexes de défense communautaire s’appuient sur des éléments réels, le film idéalise clairement la figure du rancher ainsi que celle du shérif. Il convient de rappeler que les producteurs sont eux-mêmes des ranchers, à l’image de George Tépha, qui produit ce film. Le public makotan se montre extrêmement friand de ces œuvres qui lui renvoient une image idéalisée de lui-même.

Par ailleurs, certaines erreurs factuelles assez absurdes, comme l’origine disparate et incohérente des agents communistes, ne devraient vraisemblablement poser de sérieux problème ni au public ni à la critique. Ajoutons que, les Makotans n’ayant plus (ou presque) de représentants des populations aléuciennes, les rôles de Peaux-Rouges sont entièrement interprétés par des acteurs blancs grimés pour l’occasion. Le film ne présente d’ailleurs aucun aspect culturel profond ou authentique de la société des Premières Nations — ce qui, à la décharge du film, s’explique par l’absence ou le caractère largement mythique de cette culture au Makota, du moins en ce qui concerne la tribu des Makota.


Société de production / Producteur : George Tépha

Réalisateur : René Chabrol

Distribution :
Jean-Pierre Moreau (Jean Bertrand, le maire)
Lise Moreau (Gilberte, la fille du maire)
Gaston Leblanc (Alexandre Touret, le shérif)

Date de sortie : en avant-premère pour le festival et donc date de sortie après.
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Pays producteur(s) : Le Gemeindebund (équivalent du Commonwealth entre l'Altrecht et Champalak)
Catégorie : À choisir entre : film de fiction

Nom de la production : Voyage Rouge
Affiche ou visuel :
https://i.postimg.cc/zD6XvKQM/Film1.png

Genre ou thème abordé : Comédie dramatique d’aventure politique. C’est une satire historique, sur fond de romance en tension.
Synopsis ou résumé : Une semaine de vacances au Champalak ? Quoi de mieux pour sauver un couple au bord de la rupture ! Justine et Alex décident de tenter une dernière escapade romantique sur l’île paradisiaque de Vaearu, espérant raviver la flamme avant de mettre définitivement fin à leur relation. Mais lorsque une révolution éclate brutalement sur l’île, leur séjour tourne au cauchemar…
Commentaire : C’est LE film de Gloria Mejo'o. Dans toute sa carrière, elle n’a jamais réussi à dépasser les frontières de l'Altrecht et du Champalak, mais ce film bat des records dans les sondages cinématographiques, approchant des audiences dignes des grands films internationaux.

Société de production / Producteur : Lennard Schiller
Réalisateurice : Gloria Mejo'o

Distribution : Gloria Mejo'o joue le personnage de Justine, en couple avec Alex, interprété par Gunnar Rädler. Enfin, le commissaire Karl Sperl (le "méchant" de cette histoire) est interprété par Josua Ehrenreich.

Date de sortie : Le film sortira le 19 juillet 2020 au cinéma !
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Pays producteur(s) : Terres Dévastées du Dakora (Despotat punk)

Catégorie : Documentaire

Nom de la production : Correspondances des soeurs réginistes en Punkland

Affiche ou visuel : Facultatif

affiche du film

Genre ou thème abordé : Documentaire social

Synopsis ou résumé :
Le documentaire débute par une scène de distribution de nourriture à des enfants abandonnés dans les ruines de Dakoraville. On voit sœur Mahaut, qui est la réalisatrice et narratrice du documentaire, ainsi que deux de ses compagnes, en habits religieux makotans (le grand habit réginiste) mais également armées d’armes à feu, distribuer de la viande bovine séchée makotane à une petite foule d’enfants sales et méfiants en haillons, le tout sous le regard distant et louche de quelques lascars aux crêtes colorées dont on devine qu’ils sont tout à la fois sous l’emprise de l’alcool et des drogues. La caméra suit les échanges brefs, les gestes prudents et les sourires timides des religieuses qui tentent tant bien que mal d’approcher ces enfants sauvages, abandonnés et dénutris. Une voix off, celle de sœur Mahaut, nous apprend que les religieuses sont installées depuis plusieurs semaines dans l’ancien couvent à proximité, qu’elles ont fortifié elles-mêmes pour se protéger des déprédations des punks et de la violence furieuse des Raiders.

Puis le film remonte le fil de leur arrivée. On découvre sœur Mahaut, vingt-cinq ans, ancienne infirmière issue d’une famille de ranchers du Makota, qui explique face caméra la force du songe qui l’a poussée à tout quitter : une ville en ruine noyée dans une brume verdâtre, où elle avançait seule en traînant une lourde croix. Le documentaire alterne ensuite entre les images actuelles de la vie quotidienne au couvent – prières dans une chapelle à moitié effondrée, tours de garde armées, réfection des tombes anonymes, distribution de nourriture aux enfants et même la construction d’un début d’orphelinat – et les récits de la préparation de cette mission sur deux ans, du recrutement des quatre compagnes et des négociations délicates avec les autorités militaires de la République de l’État du Dakora (RED) ainsi qu’avec Zed, le chef des Kradocs, ce despote « pas vraiment éclairé » qui règne plus ou moins sur le Punkland.

Le ton reste sobre mais tendu. On voit les religieuses se livrer à leur œuvre pie tout en maintenant des distributions régulières de canettes de bière afin d’entretenir une fragile coexistence avec les clans punks et de ne pas leur donner de raisons de leur être hostiles. On sent la précarité permanente : regards méfiants, portes barricadées le soir, prières murmurées dans un silence coupé par des tirs lointains, des cris monstrueux et des hurlements incohérents dont on apprend qu'ils sont ceux des raiders, ces malheureux déments qui ont respiré le Smog, sans parler, justement, des épisodes de Smog qui obligent parfois tout le monde à méthodiquement se calfeutrer durant de longues périodes.

Le documentaire pose d’emblée la question centrale à laquelle il va tenter de répondre : que peuvent vraiment accomplir cinq femmes de foi dans une ville largement livrée au chaos et sise au milieu d’un pays qui, de toute évidence, est mort ? Au fil de l’avancée du documentaire, on comprend peu à peu que cette implantation n’est ni une simple œuvre caritative ni une croisade naïve, mais une tentative courageuse pour ramener Dieu au milieu des ruines de Dakoraville et y apporter un peu de Sa lumière et de Son amour, et ce au prix d’un combat quotidien et d’un confort quasi inexistant.

Commentaire :
Le documentaire est manifestement produit à très bas coût, et cela se ressent dans certaines scènes dont la qualité formelle est en deçà de ce qui est normalement attendu d’une production convenable et elle évoque parfois le fontfootage amateur . Cela dit, c’est largement contrebalancé par les effets réels — et ils sont d’autant plus réels qu’ils sont authentiques — ainsi que par la grande sincérité des interventions (rien n’est joué).

Société de production / Producteur : Ordre Réginiste

Réalisateurice : Soeur Mahaut

Distribution : Il n'y a aucun acteur dans ce documentaire, ce n'est pas une fiction.

Date de sortie : le Festival a le droit à l'avant première, le film sera diffusé après.
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Pays producteur : Fédération des Peuples Estaliens.
Catégorie : Film de fiction.

Nom de la production : Nous n'étions plus des enfants.
Affiche ou visuel :

.

Genre ou thème abordé : Drame, historique et guerre
Synopsis ou résumé : 1869, la Kartalie envahit l'Estalie et ravage la région de l'Horistia. L'armée estalienne est écrasée et Mistohir tombe après deux ans de combat acharnés et sanglants. Arty, jeune paysan estalien d'une quinzaine d'années, se retrouve soudainement propulsé dans le cauchemar infernable de la Grande Guerre d'Estalie, luttant pour survivre et voyant son monde s'effondrer.

Résumé détaillé.
Eté 1869, Horistia, ouest de l'Estalie.

Le film s'ouvre sur la plaine, ô immense plaine de l'Horistia, au milieu des champs de seigle que le vent couche par vagues lentes, un ciel bas et blanc de chaleur qui rappelle la nostalgie de la vieille Estalie rurale, puis un village de pierre grise caractéristique du monde paysan d'Eurysie de l'Est (toits de chaume, bêtes dans la cour, fumée maigre sur les cheminées), entendant les cloches de l'église orthodoxe avant même de l'a voir. Arty, le protagoniste, a alors quinze ans...ou peut-être seize, il ne sait pas exactement, sa mère non plus d'ailleurs. Il revient des champs avec son père quand un cortège de réfugiés apparaît alors sur la route, des gens à pied, sans charrette ou bagages, venant de la frontière à l'ouest. La nuit même, le village se divise, les hommes valides sont convoqués par un sous-officier de l'armée royale estalienne, distribuant des armes qui datent du siècle dernier ou en très mauvais état. Arty n'est pas appelé, il regarde à l'inverse son père partir au matin avec les autres appelés, dans la brume, sans que celui-ci ne se retourne.

Arty resta avec sa mère et sa sœur cadette avec qui il se chargea de s'occuper des enfants et des anciens du village, la vie continue dans une forme d'irréalité studieuse : on trait les vaches, on fabrique le pain, le film nous présente assidûment les aspects les plus banals et répétitifs de la vie paysanne de la fin du XIXe siècle. Puis les nouvelles arrivent mais pas celles que l'on attendait : un soldat à cheval, blessé, raconta à l'ensemble du village les récits d'une bataille s'étant déroulé à quelques kilomètres à l'ouest, racontant avec effroi et un peu trop de précision ce qui ressemblait plus aux yeux des paysans crédules à un massacre à grande échelle qu'à une bataille rangée : le schrapnel coupant des dizaines d'hommes en morceaux de chair, la puissance de feu kartalienne écrasante face à des blocs de soldats estaliens trop compacts et enfin le coup de grâce de la cavalerie kartalienne qui écrasa et encercla la majorité des soldats estaliens en fuite.

Mère Estalie et ses enfants au front, Andronikov Mesianov, 1880.

Le lendemain, les soldats kartaliens entrent dans le village sans rencontrer aucune résistance plus personne ne peut s'y opposer. L'occupation s'organise de manière méthodique : les soldats kartaliens réquisitionnent les greniers et les bâtiments publics, ils installent leur cantonnement dans l'église et ils annoncent en haut-estalien une liste précise d'infractions à ne pas faire sous peine d'exécution sommaires, notamment l'hébergement de soldats estaliens ou le sabotage. La population restante, c'est-à-dire les femmes, les vieux et les enfants, s'adapte à la situation sans possibilité réelle de résister. Arty entre dans une routine de survie en effectuant des corvées éreintantes pour les soldats kartaliens qui le maltraitent, il coupe le bois pour leur procurer du chauffage, entretient les routes et portent leurs bagages, il évite de se faire remarquer. C'est durant cette période du film qu'il rencontre Dasha, une jeune fille de son âge dont le hameau natal a été rasé par l'armée kartalienne et qui faisait partie du cortège de réfugiés du début du film. Elle ne savait rien du sort de sa famille, elle était isolée et seule. Il rencontre également Pavko, le maréchal-ferrant du village, un homme d'une quarantaine d'années, jugé invalide au moment de la mobilisation, qui observait avec Arty les mouvements de l'occupant, évaluant les habitudes des soldats kartaliens et leurs rotations et suggérant à plusieurs reprises à Arty de l'aider à résister.

Printemps 1870.

Des partisans estaliens opèrent depuis les forêts et les bosquets de l'Horistia pour résister à l'occupant, attaquant les lignes d'approvisionnement kartaliennes. Une patrouille est embusquée sur la route menant au village d'Arty, tuant trois soldats kartaliens. L'officier kartalien commandant l'occupation du secteur réagit en effectuant des représailles directement sur la population : sous les yeux apeurés d'Arty et de tout son village réunie sur la place publique, une dizaine d'hommes sont choisis aléatoirement et pendus à l'entrée du village. Pavko est pendu avec eux. C'est le moment charnière du film pour Arty, la pendaison dure une dizaine de minutes dans le film dans un silence mortel macabre entrecoupé par les souffles coupés des pendus qui tentent de respirer, aucun détail n'est coupé au montage. Le soir même, Arty prend la décision de quitter son village, il s'enfuit avec Dasha dans la forêt pour rejoindre les partisans, sans certitude de les trouver et sans équipement.

Après deux jours de marche, ils localisent et rejoignent un groupe partisan d'une vingtaine d'hommes et de femmes commandé par un certain Strel, un ancien sergent de l'armée régulière estalienne qui a survécu au massacre de son régiment lors des premiers jours de la guerre. Strel est un homme sans illusions particulières sur la guerre et son issue, il estime que l'Estalie est condamnée à devenir un pion kartalien mais il refuse d'abandonner et continue de résister avec une discipline qui impressionne rapidement le jeune Arty. La vie dans le maquis est montrée dans sa réalité quotidienne : le froid, les déplacements constants pour éviter les ratissages kartaliens, la pénurie de vivres et de munitions, les blessés qu'on ne peut pas soigner et que le groupe est parfois obligé d'abandonner à leur sort au milieu de la forêt. Arty apprend à se battre dans ces conditions en participant aux embuscades, il apprend à se déplacer sans bruit, à tirer vite et à ne pas s'attarder sur les camarades tués au combat. Dasah se révèle plus douée que lui pour le tir et s'impose rapidement comme une combattante compétente, les deux adolescents s'habituent à la vie partisan.

Etét 1870.

Le groupe reçoit des informations en provenance d'un réseau de contact : le village d'Orvash abriterait une unité kartalienne impliquée dans plusieurs exécutions de masse à travers toute la région. Plusieurs informateurs signalent en même temps que l'armée estalienne est sur le point de lancer une nouvelle offensive et qu'il faut donc évacuer les civils du village avant que les Kartaliens ne mènent des représailles. Strel décide d'envoyer une partie du groupe, dont Arty, pour préparer cette évacuation. L'information se révèle inexacte dans les faits, les forces estaliennes sont à des semaines de marche et aucune offensive n'avait été prévue, les armées estaliennes ont depuis longtemps étés mises en déroute. Le groupe d'Arty ne le sait pas encore. Ils arrivent à Orvash à l'aube en retard de deux jours? Les Kartaliens sont déjà passés. Le village a été entièrement massacré pour des raisons inconnues. Tous les habitants sont morts, dans les rues, les maisons, plusieurs dizaines de corps sont entassés dans le puits sur la place du village. Le groupe cherche des survivants et n'en trouvent qu'une seule, une vielle femme en pleine dissociation, incapable de communiquer et délirante en tous points. C'est la séquence la plus longue du film, et peut-être de loin la plus difficile.

Les mois suivants sont marqués par une intensification des opérations de harcèlement kartaliennes contre le maquis qui perd plusieurs membres dans les accrochages successifs, Dasha est même blessée durant l'une des escarmouches. La blessure est sérieuse mais pas mortelle. Puis un courrier apporte la nouvelle que tout le monde redoutait : Mistohir était tombée. Strel annonça la nouvelle au groupe sans commentaire, le film s'attardant sur les visages de chacun des membres du maquis, mêlant tristesse, désespoir pour certains, colère et haine pour les autres. Les dernières minutes du film s'achèvent sur un panorama de paysages dévastés par le passage des armées kartaliennes, des villages brûlés, des fosses communes remplies, des cadavres au bord de la route, des armes abandonnées. Arty rentre finalement dans son village, ayant subi le même sort que les autres, retrouvant sa maison calcinée. Le film s'achève brutalement sur la vue de la maison d'Arty en cendres et fumante.

Commentaire : Il faut savoir que le film a été tourné intégralement en extérieur dans les plaines et forêts de l'Horistia estalien, le réalisateur Valko Orenstein avait refusé catégoriquement tout tournage en studio car il souhaitait que ses acteurs subissent réellement les contraintes du froid, de la boue et de l'épuisement physique. Orenstein n'aurait pas donné d'indication de jeu à Mikhaïl Drev, le jeune acteur qui interprète Arty, notamment durant la séquence d'Orvash, le faisant simplement marcher dans les décors sans lui expliquer à l'avance ce que son personnage allait trouver. La séquence des pendaisons a nécessité près de onze jours de tournage.

Sur le plan des critiques, il faut savoir que le film a déjà été visionné en avant-première en Estalie à un public restreint de la presse cinéma et de personnalités connues du cinéma estalien. Beaucoup de journalistes ont interprétés ce film avec grand enthousiasme, la presse progressiste a notamment appuyé que de tous les films estaliens parlant de la Grande Guerre d'Estalie, il s'agissait bien du premier et seul film sur cette période historique qui avait décidé de regarder le conflit en face, en laissant de côté le faux héroïsme de la guerre et en rejetant fermement le pathos nationaliste qui entoure cette guerre dans le roman national estalien pour décrire la guerre de la manière la plus réaliste et brutale qui soit : la souffrance, des soldats mais aussi des civils qui en subissent les conséquences. Les sujets qu'abordent le film sont notoirement sombres : la brutalisation psychologique engendrée par la guerre, le racisme (notamment des Kartaliens à l'égard des Estaliens), la destruction de l'innocence des enfants pendant la guerre et la déromantisation complète de la guerre. C'est notamment important dans le contexte estalien actuel, dans une société où la militarisation est toujours croissante, où les valeurs martiales et le sacrifice de soi envers la cause libertaire sont vues comme des marqueurs sociaux de première importance, où l'Armée Rouge est systématiquement présentée de son profil le plus messianique et héroïque qui soit ; le film rappelle à ses spectateurs que la guerre n'a rien d'héroïque et n'a rien de souhaitable, qu'elle ravage tout sur son passage, qu'elle transforme les hommes en pâles copies brutales et amères d'eux-mêmes. Le film est parcouru de profils d'hommes et de femmes brisées par la guerre, tantôt Dasha qui a perdu ses parents au début du conflit, Arty qui a vu une partie de son village se faire pendre sous ses yeux ainsi que les différents personnages du maquis, ayant tous de bonnes raisons d'avoir pris les armes pour repousser l'invasion kartalienne, parfois sans trop y croire eux-mêmes mais le faisant par pure haine de l'envahisseur. C'est donc un film qui s'adressait initialement à un public authentiquement estalien, puisque les dynamiques sociétales qui sous-tendent le film et le côté nostalgique et ruraliste du film sont pour beaucoup des références purement estaliennes difficilement interprétables à l'international ; cela étant, le message de fond, lui, est universel.

Société de production / Producteur : Coopérative cinématrographique urbaine de Mistohir.
Réalisateurice : Valko Orenstein.
Distribution (acteurs principaux seulement) :
  • Arty : MikhaĂŻl Drev.
  • Dasha : Kirillovna Baltabeva.
  • Pavko : Ilyich Kaverin.
  • Strel : Dmitrievich Abram.
Date de sortie : Avant-première restreinte déjà réalisée en Estalie ; sortie définitive pour le grand public le 11 décembre 2019.
20194
Les Trois amours de Giovanni Slestri



Dans le cadre de l'inauguration prochaine du Festival des anges, une date de sortie a été annoncée pour le prochain long-métrage fleuve de Jacopo Amario: les Trois amours de Giovanni Slestri.

Pays producteur(s) : Grande République de Velsna
Catégorie : Drame.

Nom de la production : Les Trois amours de Giovanni Slestri
Affiche ou visuel :
V




Genre ou thème abordé : Drame, récit crépusculaire, fresque de la société velsnienne des années 2000 et 2010.

Synopsis ou résumé :

"Ce film est inspiré de faits réels, selon l'individu qui les a narré."


C'est un carton titre incitant à la curiosité qui annonce le début de ce long-métrage fleuve de près de trois heures. Les Trois amours de Giovanni Slestri débute de la plus simple des manières: il n'est pas de feu d'artifice, de procédé grandiloquent pour suivre les premiers pas du personnage principal de l'oeuvre, le jeune Giovanni Slestri. Simplement une voix off qui le suivra sporadiquement durant toute la durée de ses pérégrinations. Le film est divisé en trois actes, prenant chacun le noms des "amours" de la vie de Giovanni.

Acte 1: Helena Pedretti


Giovanni Slestri figure parmi les bonnes familles de l'aristocratie provinciale de la cité afaréenne de Cerveteri....une aristocratie appauvrie par la mauvaise d'un père peu compétent dans la sauvegarde de sa famille, sans le sou, ne bénéficiant comme biens que les quelques terres qu'il reste à sa famille, et le capitale social lié à une bonne éducation. Mais cela, Slestri semble s'en désintéressé. L'argent semble le laisser indifférent, la différence de la totalité de son entourage et des connaissances du petit milieu des élites de Cerveteri. Slestri tient en mépris l'argent, non seulement, mais aussi la politique, les commérages et les blablatages. Il ne semble obnubilé que par la seule manière qu'il a de faire oublier les mésaventures familiales: forger la réputation de son propre nom. Emporté, colérique, fier et orgueilleux, il n'en reste pas moins une "bonne âme" obsédée par les affaires de son propre honneur ainsi que celui des autres, au mépris de toutes les autres de ses préoccupations et parfois même de sa propre vie. Il passe ainsi son temps à fureter dans les salons, les soirées mondaines et jusqu'aux rues de Cerveteri pour défier quiconque aurait une cause noble à défendre en duel. Siestri est respectueux, généreux de son âme, mais avant tout un jeune homme se décrivant lui-même comme un grand duelliste de muletto, se promenant dans les rues de la ville, et faisant valoir le poignard en argent qu'il arbore comme un marqueur social distinctif, et qui lui donne le droit de s'appeler "gentilhomme", et qui constitue son seul bien de valeur.

Le premier acte expose la cité de Cerveteri par l'entremise de Giovanni: celui d'une cité gouvernée par une petite relativement inconsciente, peu alerte des choses du monde, et où les politesses et les convenances cachent une violence sociale marquée, que Slestri tient en horreur.

C'est au cours de l'une de ces soirées réunissant la bonne société de Cerveteri que Giovanni Slestri fait la rencontre du premier des "amours de sa vie": Helena Pedretti, la fille d'un riche notaire, en rebéllion contre ce dernier, et qui prit la défense de Slestri lorsque celui-ci frappa le notaire, à l'occasion d'une discussion peu discrète où celui-ci se vantait d'avoir fait exploser les frais de son activité auprès des habitants de la ville. Tombant immédiatement sous le charme d'Helena, Slestri défia au muletto le notaire, avec le gage suivant: qu'il pourrait à sa guise courtiser sa fille, en rétribution de la cruauté qu'il exerçait sur tous les citoyens de la cité. C'est ainsi que Giovanni Slestri gagna le coeur de la fille rebelle, qu'il maria.

C'est un couple heureux qui naquit, mais un couple sans le sou. De plus, on ne tarde pas à annoncer à Helena un cancer agressif. Le couple n'a pas les moyens de subvenir aux nécessités financières d'un tel traitement, et Slestri ne possède rien de ce qui pourrait lui permettre d'obtenir cet argent, ne sachant gagner pauvrement sa vie qu'en défiant plus fortuné que lui en duel, et en pariant aux cartes. Si le couple désespère, une opportunité se présente à Slestri. On apprend en mai 2013 les nouvelles terribles du coup d'état de Dino Scaela. L'arrivée de la petite armée de Matteo Di Grassi à Cerveteri achève de convaincre Slestri qu'il s'agit là d'un signe de la providence qui lui permettra, avec la perspective d'une solde, de financer le traitement de sa compagne. Il confie cette dernière aux bons soins de sa tante, et quitte ainsi Cerveteri en novembre 2013 pour rejoindre la plaine velsnienne, au sein de l'armée qu'il a incorporé.

"C'est ainsi que Giovanni Slestri entra dans la Garde civique, pour un chef militaire ayant pour lui des intentions nobles, qui sont celles d'une quête de justice personnelle ressemblant à la sienne. Ce fut probablement ce que se dirent beaucoup de citoyens enrôlés dans la Garde civique: "nous chefs nous ressemblent". Ils furent 1 000 dans sa tribune, ils n'en revinrent que 200. La justice vaut-elle 800 vies ? "


La rencontre entre Giovanni et l'armée est le début d'un mariage, qui lui est bien plus mauvais. Slestri intègre le 2ème régiment de la Garde civique de Cerveteri en compagnie de parias et de soudards bien différents des nobles personnes qu'il escomptait voir pour mener une guerre visant à renverser un tyran. La discipline y est rude, et les écarts sont sévèrement punis. La réalité matérielle de la guerre moderne entre en grande contradiction avec ses propres idéaux. Lui qui imaginait la guerre comme une épopée courte et héroique la voit désormais comme une très longue attente, et un ennui, entrecoupé de très courtes phases de terreur indiscible. Là encore, son muletto y est totalement inutile, et son insubordination le mène aux sanctions, aux corvées et aux sévices. Pire que tout, la solde est loin de correspondre aux promesses qui lui avaient été faites. Malgré cela, Slestri se sacrifie pour envoyer la quasi totalité de ses salaires à Cerveteri, pour y soigner son épouse, tandis que la guerre avance, ainsi que ses exactions.

Malgré cette situation, Giovanni Slestri est un homme brave qui se distingue parmi la troupe. Il participe ainsi aux batailles d'Hippo Reggia, puis de Vatluna. Il dit dans ses mémoires, qu'il fut parmi les premiers à entrer dans la ville en ruines, (ce dont le narrateur doute tout de même). Il obtient ainsi une médaille de la part de Matteo Di Grassi lui-même, et se lie d'amitié avec son commandant de tribune, Pietro San Sebastian, un officier, fils d'un riche notable qui le prend sous son aile, et l'intègre à sa clientèle, pourvoyant ainsi à ses équipements jusqu'à la fin de la guerre.


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Mais malgré ces réconforts relativement maigres, la notion d'honneur rest efondamentalement étrangère à la Guerre du Triumvirat: un jour de rupture avec sa hiérarchie intervient, lorsqu'on lui ordonne d'abattre un prisonnier scaelien désarmé, chose qu'il se refuse à faire.

"Donnez lui un couteau semblable au mien, et j'accepterai de le tuer que si je le vainc."


Des provocations et de l'insubordination, son lien avec San Sebastian n'es tpas suffisant pour lui éviter les sanctions, les punitions et les privations de salaires, qui viennent alourdir sa perception négative de l'armée. il tolère tant bien que mal l'alternance des combats et de l'ennui. Routine qu'il rompt de manière providentielle dés qu'il reçoit des lettres de la rémission de son épouse, qui le poussent à envoyer la quasi totalité de ses économies au pays. Lorsque la guerre se termine, celui-ci est libéré de ses serments, et s'en va retrouver Helena à Cerveteri. Mais son arrivée laisse rapidement place à un Choc indescriptible, dés lors qu'il rejoint la maison de sa tante où est supposée se trouver son épouse. Celle-ci lui annonce la mort d'Helena, qui est survenue deux mois avant son retour. Dans un premier temps, Slestri ne la croit pas, puis il remarque de nouveaux meubles, et même une riche parure de bijoux autour du cou de la tante de sa femme. Plutôt que de soigner Helena, le jeune homme réalise que son argent a été utilisé dans la seule fin d'augmenter le train de vie de la vieille femme qui a laissée Helena à l'agonie. Fou de rage, il l'étrangle de ses propres mains. C'est le seul meurtre de sang froid que commettra Giovanni Slestri de son existence, et le seul qu'il ne regrettera pas.

Conscient de son acte, et sachant son arrestation certaine s'il reste au pays, Giovanni repart de Cerveteri, cette fois pour ne plus jamais y revenir, et se réfugie à Velsna. C'est la fin du premier acte, ponctué par la voix du narrateur.

"De tous les amours connus par Giovanni Slestri, celui qu'il eut pour Helena fut le plus grand. Et avec sa mort, quelque chose avait disparu de lui pour ne plus jamais revenir."




Acte II: Livia Bellonte



Comme beaucoup d'anciens soldats de la Guerre des Triumvirs, Giovanni se retrouve sans travail, et en proie à la faim. Celui qui avait vécu jusque là de la plus confiante des manières malgré une existence modeste était désormais tenté par le vol et la rapine, qu'il ne se résout pas à commettre. Lorsqu'il rencontre San Sebastian, sn protecteur, afin de quérir de l'aide, celui-ci lui annonce tristement qu'il est lui-même ruiné: le paiement de ses propres équipements n'ont pas été compensés par les récompenses de la guerre (le pillage des villes fidèles à Scaela). Giovanni est contraint de vendre les médailles qu'il a reçu durant la guerre pour survivre.

Durant cette période, il apprit à connaître Velsna et les habitants qui la composait: nous étions là en juin 2014 et la guerre était désormais loin derrière, mais malheureusement, l'opinion des velsniens sur les vétérans tombés dans la misère n'était pas bien bonne, comme si les gens comme Giovanni étaient des hontes qu'il fallait cacher afin de ne plus se souvenir du conflit, des Hommes devenus sauvages et qui ne paraissaient plus être en capacité de s'intégrer dans la société. La pension accordée aux anciens combattants de Di Grassi était assez bonne pour survivre, mais trop maigre pour vivre. Durant cette période, Giovanni Slestri sympathise avec les travailleurs des chantiers navals de Velsna, proches du Parti eurycommuniste, et chose ubuesque pour un petit notable de province: Slestri manifeste à leurs côtés durant les troubles sociaux de la fin d'année 2014. Il prend part àdivers rassemblements de vétérans de la Guerre des triumvirs tombés comme lui dans la pauvreté. Paradoxalement, c'est la misère de Giovanni qui va permettre sa rencontre avec le deuxième de ses grands amours: Livia Bellonte.

La jeune femme est la veuve d'un ancien sénateur scaelien executé par les digrassiens à la fin de la guerre civile. Celle-ci se rend régulièrement en tant que donatrice à une soupe populaire destinée aux anciens combattants, et tombe sous le charme de Giovanni lors de leur rencontre. Par ce mariage, le jeune homme accède aux hautes sphères de la bonne société de la cité velsnienne, et fort de ses codes déjà acquis par son éducaton, se fond parmi ses membres. Bien qu'union de convenance davantage que d'amour, Giovanni et Livia développent une forte complicité, et celle-ci lui inculque bon gré mal gré la compréhension de la politique à Giovanni, mais qui n'en retire pas davantage de bonne opinion envers le sujet, bien au contraire, la percevant comme un inconfort nécessité qu'il accepte de ne plus fuir. Slestri reprend son activité de duelliste dans les salons qu'il fréquente, et son existence paraît réussir à toucher une forme de stabilité.

"A bien des égards, et si il n'entretint moins de passion à l'égard de Livia que d'Hélena, Giovanni Slestri avait apprit à considérer Livia avec une plus grande équité. Une égale davantage qu'une sujette ou qu'une "auxiliaire". Et si la nature de leur affection pu être différente, elle était sans aucun doute sincère. Et indubitablement, Giovanni avait bien davantage apprit auprès d'elle que l'inverse. "


Cette histoire pourtant, n'était pas destinée à durer. La situation de madame Livia Bellonte s'apprêtait à se dégrader rapidement. En effet, en fin d'année 2014, le Gouvernement communal velsnien publia un édit consacrant la saisie de toutes les propriétés, entreprises et terres sous la possession d'anciens partisans de Dino Scaela. Une fois de plus, Giovanni Slestri est désemparé face à cette situation, et en absence d'un protecteur tel que San Sebastian, il ne peut que voir l'ensemble des propriétés de Livia être subtilisées par la cité. Livia Bellonte sombre alors dans une profonde dépression, et se suicidera le 2 avril 2015, alors que Giovanni était parti pour Velsna dans l'espoir de contracter un emprunt auprès de la Zecca di Velsna, sans succès. Lui-même y songera, en apprenant la nouvelle de la mort de son épouse, mais y renoncera.

"La douleur de Giovanni était immense: il aimait sincèrement cette femme, aussi douteuses aient été ses anciennes allégeances, et il estimait que le sort lui était profondement injuste. Il réfléchi quelques jours à l'idée de la rejoindre, lorsque finalement, il se rendit compte qu'il n'eut ni l'envie, ni la résolution de le faire. Plutôt que de voir la propriété de madame être prise par les procurateurs sénatoriaux, il y mit le feu, avant de partir."


Avec ceci, Giovanni Slestri se retrouve de nouveau ruiné, et le jeune homme, sans aucune autre compétence particulière que celle de s'être battu dans une guerre qui n'était finalement pas la sienne, eut ainsi le choix entre la mendicité et le retour dans les rangs de la Garde civique. Il y retourna, mais sans jamais y engager la même passion que la première fois qu'il prit les drapeaux.



Acte III: Roxane



" La mort de Livia Bellonte fut le début d'une longue errance pour Giovanni Slestri, qui s'engagea de nouveau, mais sans passion aucune pour des campagnes lointaines qui l'aideraient à s'éloigner de Velsna, et à ne pas y retourner. Giovanni fut intégré dans la 5ème tribune de gardes civiques de Velsna, dans celle qui disait-on, comptait de ce qu'il y avait de pire dans la plèbe urbaine de la cité..."


Quelques après un funeste départ, Slestri prend part à la campagne de Pravoslavnyy. L'espace d'un instant, il cru de nouveau avoir affaire à une cause juste qui mériterait son engagement, voyant ainsi dans les médias et à la télévision, la defense des minorités homosexuelles perspecutées et maltraitées par le régime local. Mais la réalité de la situation fut bien différente, et Slestri y vu, en compagnie d'un régiment de soudards mal dégrossis, des scènes ressemblant davantage à des pillages qu'à une protection quelconque des populations locales. Giovanni rencontra à cette occasion des soldats tanskiens participant également à l'opération, lesquels partageaient selon lui des visions nobles, mais qui étaient noyées dans un idéal qui lui était impossible à concevoir.

Alors que l'intervention s'achève, à l'occasion d'une patrouille, Slestri est interpellé par une scène de pogrom d'un groupe de pravoslaves à l'égard d'un homosexuel. Il interrompt le chahut, et menace de tirer sur les locaux s'ils ne se dispersent pas. Ceux-ci refusent et l'encerclent, lui et son groupe. Alors qu'il tente de parlementer, ses camarades de tribune ouvrent le feu sans dicsernement. S'ensuit une scène de massacre auquel Slestri tente d'interrompre, mais sans succès. Lorsque la fusillade se termine, il se rend compte que le pauvre homme qui était victime du pogrom s'est également prit une balle perdue. A terme de l'opération, il reçoit une médaille, mais refuse de la porter.

Après ces évènements, Giovanni fait la demande d'une mutation, afin de le retirer loin des combats, qu'il n'obtient qu'au bout de plusieurs mois. Il est alors transféré parmi la garnison d'une base navale velsnienne en Polkême. Si il caresse l'illusion d'une tranquilité et de la solitude, il ne met guère longtemps à réaliser que cette affectation n'est qu'un autre fardeau. La Polkême est dépeinte comme un pays froid, dont les habitants sont hostiles, et qui pratiquent une politique de ségrégation et de maltraitance vis à vis de minorités ethniques et religieuses. La cohabitation entre lui et les locaux se passe mal. Mais il vient à Giovanni quelque source de réconfort, à l'occasion des échanges que font le velsniens de la base et les étrangers, qui apportent marchandises exotiques et soieries qui lui rappellent les parfums et les odeurs des marchés de Cerveteri l'espace d'un instant.

A l'occasion de l'un de ces échanges, il remarque dans une foule de marchands, un garde polk en train de battre à coup de bâton une jeune femme blême. Il s'interpose et le menace avec le muletto qu'il a à sa ceinture, mais ses supérieurs l'intiment de cesser. Le garde accuse la jeune femme de vole et de sorcellerie. Plutôt que de le défier, il jette cent florius à la face du polk, pour le dédommager du vol supposé de la jeune femme, avant de repartir avec elle et de la mettre hors de portée des polks. Il lui conseille alors de rentrer chez, ce qu'elle refuse. Lorsqu'il demande où elle ira, elle lui répond qu'elle le suivra. Dans un premier temps, Giovanni refuse catégoriquement, arguant "qu'il est maudit", ce que la jeune femme refuse d'entendre. Il accepte alors de l'aceuillir dans les quartiers civils de la base velsnienne de Port-Ponant. C'est ainsi que débuta le troisième amour de Giovanni Slestri.

"Cette union n'eut rien des précédentes. Il n'y eu pas de grande cérémonie, pas de diner clinquant, pas de félicitations d'une belle famille richissime. Giovanni devait s'y résoudre: la bonne société velsnienne qu'il avait effleuré du doigt auprès de Livia Bellonte resterait à jamais hors de sa portée, et il avait parfaitement accepté ce fait. Le couple vivait chichement: la débrouille, les combines, les coups de pouces, tous ces termes existant pour définir le courage des modestes à s'en sortir, tous ceux là s'accolaient parfaitement à leur nouveau mode de vie, un nomadisme qui n'était pas sans être familier à Roxane, qui du reste, avait fait de la barrière de la langue sa force, en faisant l'intermédiaire entre les locaux et les velsniens dés lors qu'ils voulaient acheter de si exquis alcool traditionnel polk. Le couple était modeste: Giovanni se contentait de sa solde, et Roxane vivait à l'instar de toutes les femmes et enfants de soldats, dans le sillage de l'armée civique, rendant des services de ci et de là. Le couple était modeste, mais il était heureux: Giovanni n'avait plus sa fortune, mais il avait gagné, au fil de ses péripéties, un élan de sagesse, et un supplément d'âme. Au bout de quelques mois, Roxane attendit un enfant. Si l'histoire de Giovanni pu s'arrêter là, cela aurait constituer une fin amère, mais douce."



L'Histoire, cependant, ne s'arrêta point là, car les choses ne s'arrêtent jamais dans la Garde civique, et une guerre en cache toujours une autre. Quelques semaines après la naissance de leur fils, la Guerre du Chandekolza éclate. Roxanne supplie Giovanni se démissionner, il refuse. Lorsqu'elle se met sur ses genoux en l'implorant de fuir avec elle et leur enfant, il répond simplement : « Et pour faire quoi ? »

Reversé dans une unité de gardes civiques velsniens, Slestri participe à la très sanglante prise de Seipalbon. Lorsque sa tribune parvient devant le Palais du Cong, d'autres unités sont d'ores et déjà en train de saccager plusieurs de ses bâtiments. Se souvenant des exactions similaires auxquells il avait assisté parotut où il s'était déjà battu, Slestri refuse alors la situation. Après avoir convaincu sa propre troupe de ne pas prêter concours à leurs camarades, il tente de t'interposer entre le Palais et les autres unités. Mais l'arrivée d'une autre tribune, commandée par San Sebastian,son ancien ami et patron, change la donne.

Pietro San Sébastian lui apprend par le fil de ses pérégrinations, qu'il a renoué avec la fortune, à l'occasion des campagnes de Pravoslavnyy et de Rasken, et qu'il entend bien faire de même avec le Palais du Cong. Giovanni refuse de le laisser passer, et annonce à son ancien ami qu'il lui faudra le tuer pour avoir le droit de saccager le Palais et s'emparer de ce qui s'y trouve. Il lui lance un couteau de muletto, dont il se saisit au sol. Bravache, il lui précise que s'il le désire, il peut affronter les officiers de sa Tribune les uns après les autres.


Giovanni affronte tout d''abord le Primipile de la troupe, qu'il défait aisément. Puis un deuxième, puis un troisième homme,prenant le soin d'en tuer aucun d'entre eux. Le quatrième cependant, avant d'être mis hors de combat, l'entaille profondément dans le ventre. Lorsque San Sebastian lui demande à nouveau de le laisser passer, sa réponse demeure inchangée. Giovanni se débarrasse, plus difficilement, de deux autres officiers. Devant un Slestri à bout de force et sur ses genoux, San Sebastian consent finalement à défier Giovanni. Giovanni n'a jamais perdu un duel au muletto, mais il se vide de son sang, et finit par défaillir. Pietro San Sebastian lui inflige un coup mortel entre les deux homoplates, non sans l'étreindre une dernière fois, non sans éprouver un grand chagrin, mais la perspective du gain l'a convaincu du contraire. Dans un dernier souffle, Giovanni lui demande de faire jeter son corps dans l'une de ces fosses communes où les velsniens ont jeté les combattants chandekolzans défaits.

Le film s'achève sur un plan long de près d'une minute, montrant l'incendie du Palais du Cong, et une scène de pillage choquante.

" Giovanni Slestri avait vécu, et Roxanne est le seul de ses trois amours à lui avoir survécu. En pitié, Pietro San Sébastian s'engagea à lui donner rente à vie pour compenser la mort de son ami, qu'il avait lui-même tué. Roxanne ne fut jamais gratifiée de la pension versée aux veuves de guerre, en raison de la rebellion de Slestri devant le Palais du Cong. Giovanni Slestri conserva sa fierté intacte et ses principes, jusque dans sa tombe. Peut-être son seul crime aura t-il été de ne point comprendre qu'il est difficile d'être juste dans un monde injuste. "




Commentaire : "Les Trois amours de Giovanni Slestri" constitue selon son réalisateur, une fresque de la société velsnienne des années 2010, qu'il désire percevoir comme son œuvre la plus aboutie jusqu'à présent. D'une durée de trois heures et trente minutes, Alessandro Savonarole a eu la volonté de dépeindre une société velsnienne des années 2010 en mutation. Si officiellement, le réalisateur n'a disposé d'aucun parti-pris public, le film regroupe une longue série de critiques et une analyse sociétale velsnienne dont les observateurs ont perçu la pertinence.

Loin d'être une œuvre inoffensive, le film constitue un témoignage de la condition des soldats dans l'armée velsnienne, des femmes, de la grande pauvreté et de la perception des étrangers. La critique de la résurgence d'un impérialisme velsnien après 2014 est également soulignée de manière presque transparente, même si elle n'est jamais explicitement formulée. D'autres thématiques sont abordées: si la critique du militarisme est présente, c'est aussi un rejet de l'idéalisme dans le cadre d'un récit à l'atmosphère crépusculaire qui se dégage du personnage principal. Le refus d'abandonner des principes désuets, l'absence d'adaptation du héros à la cruauté ambiante dans laquelle il évolue, tout cela forme un récit complet qui va au delà de la simple représentation esthétique de la Velsna des années 2010. Les évènements historiques abordés ne sont qu'un prétexte au récit, et non l'inverse.

La démarche artistique d'Alessandro Savonarole s'appuie sur une attention quasi millimétrée du détail, comme l'adoption quasi systématique de décors naturels (les lieux de tournage sont multiples: Velsna, Afarée, Polkême). Pour des raisons budgétaires et matérielles, seuls les décors du Palais du Cong ont été reconstitués à l'identique en studio. Savonarole assume pleinement une démarche mimétique concernant les costumes.


Société de production ou Producteur : Savonarole productions, Phinéas
Réalisateur : Alessandro Savonarole
Acteurs principaux ou notables :
- (Ă  remplir: casting international).
Date de sortie : Aout 2019.
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