13/11/2004
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Agence Fédérale de Sécurité

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AGENCE FÉDÉRALE DE SÉCURITÉ


Logo de l'Agence Fédérale de Sécurité

L'Agence Fédérale de Sécurité (communément appelée AFS) est un service de police civil financé par le budget fédéral et intervenant à l'échelle de toute la Fédération dans le cadre des affaires liées à des crimes fédéraux. Elle fut créée sur décision du gouvernement en 1953, sous le nom d'Agence de Coordination Policière (ACP), afin de superviser le traitement des affaires criminelles couvrant simultanément plusieurs États fédérés. Jusqu'alors, les affaires criminelles se trouvaient uniquement traitées par la Police d'État possédant la juridiction sur le territoire où le crime avait été commis, ce qui causait de nombreux conflits juridictionnels dans le cas d'implication d'individus ou d'organisations sévissant à travers plusieurs États fédérés, leurs polices respectives refusant parfois de se transmettre mutuellement les éléments clés des dossiers. L'AFS fut donc fondée dans un premier temps afin de faire le lien entre les différentes polices d'État et de centraliser les informations relatives aux enquêtes, avant de se voir confier un total pouvoir juridictionnel quant à la prévention, l'investigation et la répression des crimes fédéraux, une fois ce statut juridique créé en 1962, renommant par ailleurs l'Agence selon sa dénomination actuelle. L'Agence peut désormais intervenir sur le terrain de manière directe aussitôt qu'un crime fédéral est constaté, et n'est plus tenue de collaborer ou de partager ses informations avec les services de police locaux, tant que sa discrétion ne constitue pas une menace pour la vie des citoyens. En déplaçant la juridiction des crimes fédéraux, l'AFS a permis l'élimination des conflits juridictionnels entre polices d'État, tout en réduisant le nombre de services de police en fusionnant ceux dont le juridiction relève désormais de l'Agence Fédérale de Sécurité, à savoir notamment l'Inspection Générale des Fraudes, l'Agence Fédérale de Renseignement Intérieure, ou encore la Brigade de Contrôle des Douanes.

Bien que sa juridiction couvre l'ensemble du territoire albelais, l'Agence n'est autorisée à intervenir sur le terrain que dans certains cas de figure très précis. Ceux-ci incluent :
  • la nécessité d'enquêter sur un crime fédéral avéré ou légitimement présumé
  • la réponse à une requête d'assistance expressément formulée par la Police d'État dans le cadre d'une affaire relevant de sa propre juridiction
  • la réponse à une demande d'assistance ou de renseignement formulée par l'Ordolibertas dans le cadre d'une affaire portant sur un crime constitutionnel

La légitime présomption de commission d'un crime fédéral doit être validée par un juge afin que l'intervention engagée par l'AFS sur sa propre initiative soit légalement autorisée. Dans le cas où demande est faite de la part de la police locale d'une intervention de l'Agence, la Police d'État perd irrémédiablement sa juridiction sur l'affaire, et se doit par ailleurs de collaborer activement avec l'AFS lorsque celle-ci le lui ordonne, sans être autorisé à accéder aux éléments de l'enquête sans l'accord des agents fédéraux ayant hérité de sa juridiction. En revanche, lorsque l'Ordolibertas fait appel à l'expertise de l'AFS dans le cadre d'une affaire impliquant un crime constitutionnel, l'Agence n'est autorisée à consulter que les informations que la police militaire aura jugé indispensable à la bonne exécution de sa mission, et n'hérite par ailleurs d'aucune compétence juridictionnelle, l'Ordolibertas pouvant révoquer à tout moment les agents fédéraux détachés. Il est à noter que, les crimes constitutionnels ne relevant d'aucune législation locale, la police d'État n'est pas tenue de collaborer avec l'Ordilibertas, même lorsque celle-ci en fait la demande.

Une infraction appartient à la catégorie pénale dite des « crimes fédéraux » lorsque sa nature implique ou a de fortes chances d'impliquer une transversalité entre plusieurs États fédérés, ou que sa gravité est jugée suffisante pour justifier l'intervention d'un service du niveau de l'Agence Fédérale de Sécurité. Ces crimes sur lesquels l'AFS est autorisée à enquêter de sa propre initiative incluent, entre autres :
  • les assassinats
  • les enlèvements dans un cadre extra-familial avéré ou présumé
  • le trafic d'armes non réglementé
  • le trafic de stupéfiants
  • le trafic de fausse monnaie ou de documents officiels falsifiés
  • les activités d'espionnage et de subversion étrangères
  • l'immigration non autorisée
  • les meurtres en série
  • les attaques à caractère terroriste
  • les détournements de fonds publics depuis une institution fédérale
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8 juillet 2003

UN NOUVEAU DÉPART


Secrétaire - Patientez ici, s'il vous plaît. Le Directeur ne va pas tarder à vous recevoir.

Marie-Ange Chaney s'assit sur l'une des chaises alignées devant la porte du bureau. Elle s'apprêtait à revoir le Directeur de l'AFS pour la première fois depuis sa cérémonie d'intégration à l'Agence en 1993, au cours de laquelle Valéry Syomin, alors Directeur en lieu et place de l'actuel Gilbert Delaunay, lui avait remis son insigne et son arme en lui faisant répéter le serment de fidélité à la police fédérale. Certes, le fauteuil de Paradis avait changé deux fois d'occupant depuis lors. Mais pour Marie-Ange, cette rencontre signifiait le passage d'un nouveau tournant majeur dans sa carrière, alors qu'après dix ans de bons et loyaux services passés au bureau d'Arnes à démanteler un à un les innombrables réseaux de trafic d'armes et de drogue sévissant sur les côtes ensoleillées de Gennetoise, elle recevait enfin l'affectation dont elle rêvait depuis son entrée au sein de l'Agence, au siège de celle-ci. Bon nombre de ses anciens collègues n'avaient pas caché leur incompréhension face à l'enthousiasme exprimé par Mlle Chaney quant à l'idée de quitter Arnes, son soleil, ses plages et ses palmiers, pour aller s'enfermer dans l'environnement grisâtre et surpeuplé de la capitale fédérale (du moins, telle était l'idée que l'on se faisait de Paradis depuis la Gennetoise). Mais pour Marie-Ange, cette ascension, somme tout rapide, jusqu'au cœur du réseau des bureaux de l'Agence était une consécration, preuve de la reconnaissance de sa hiérarchie envers de la qualité de son travail, et surtout la perspective de se voir confier les affaires les plus délicates, et donc les plus intéressantes, sous les ordres directs du Directeur de l'AFS en personne.

Après quelques minutes passées à attendre sagement dans l'antichambre du bureau du Directeur, Marie-Ange Chaney vit la secrétaire décrocher son téléphone et, après une conversation de seulement quelques secondes, raccrocher pour venir ouvrir la porte donnant sur le bureau.


Secrétaire - Le Directeur est prêt à vous recevoir. Je vous en prie...

Marie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de SécuritéGilbert Delaunay, Directeur de l'Agence Fédérale de Sécurité
Marie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'AFS - Gilbert Delaunay, Directeur de l'AFS

Gilbert Delaunay - Pardonnez-moi de vous avoir fait attendre, Mademoiselle. Asseyez-vous.

La jeune femme sourit poliment et s'exécuta.

Gilbert Delaunay - Permettez-moi de vous féliciter pour votre affectation. Le siège de Paradis rassemble l'élite de nos agents, et si vous y avez été admise, c'est certainement que vous le méritez. J'ai personnellement pu consulter les éléments de votre dossier. Vingt-sept organisations de trafiquants de drogue et douze groupes de trafiquants d'armes démantelés en à peine dix ans, c'est très impressionnant.

Marie-Ange Chaney - Je vous remercie... Mais, vous savez, c'était aussi un travail d'équipe...

Gilbert Delaunay - Allons bon, c'est vous qui avez été sélectionnée pour venir ici, et non vos anciens collègues. La plupart des agents de Gennetoise sont des pantoufleurs, se satisfaisant de stagner pour pouvoir profiter du soleil et des plages. Mais vous, vous nous avez montré que vous avez de l'ambition, et c'est exactement ce que nous recherchons ici, au siège. Dorénavant, vous serez amenée à travailler avec les meilleurs, vous savez ? Toutefois, ne vous en réjouissez pas trop vite. Les premiers temps sont souvent difficiles pour les agents qui débarquent à Paradis. À Arnes, vous aviez l'habitude de rayonner, de surpasser tout le monde ! Allons, allons, je sais que c'est vrai... Mais ici, vous vous rendrez vite compte que vous n'êtes qu'un agent parmi d'autres, aussi brillante soyez vous, et qu'il vous faudra travailler d'arrache-pied, déjà rien que pour atteindre le niveau moyen de vos coéquipiers. Enfin, je ne cherche pas à vous faire peur. Je suis sûr que vous vous plairez très bien ici. D'ailleurs, parlons-en, justement, de vos coéquipiers - ou plutôt de votre coéquipier. Nos agents de terrain travaillent toujours par deux, et le fait d'être affecté au siège et de partir en mission n'importe où dans la Fédération ne déroge pas à cette règle. Vous travaillerez donc avec Alexandre Remaut.

Marie-Ange Chaney - Je crois avoir déjà entendu parler de lui. Ne serait-ce pas celui qui a fait arrêter ces industriels il y a trois ans ? Ceux qui vendaient des armes sur le marché noir pour équiper des organisations terroristes ?

Gilbert Delaunay - En effet, c'est bien lui. Ensemble, vous...

Avant que le Directeur ait eu le temps de terminer sa phrase, la porte latérale du bureau s'ouvrit pour y laisser pénétrer une femme arborant un uniforme militaire noir. Elle traversa la pièce d'un pas vif pour aller s'installer au creux d'un fauteuil situé en retrait des autres personnes présentes. Sans dire un mot, elle glissa sa main dans le revers de sa veste pour en sortir un briquet et un petit paquet en carton, duquel elle extirpa une cigarette d'un geste expérimenté, avant de la porter à sa bouche et de l'allumer.

Gilbert Delaunay - Je... vous présente le Colonel Marie Kringel, de l'Ordolibertas.

Maria-Ange Chaney tourna légèrement la tête pour jeter un rapide coup d’œil en direction de la nouvelle entrante, cherchant à confirmer du regard ce qu'elle redoutait depuis que la porte latérale s'était ouverte.

Marie-Ange Chaney - L'Ordo... libertas ?

Gilbert Delaunay - En effet. Comme je m'apprêtais à l'instant à vous le dire, votre nouvelle affectation auprès de l'agent Remaut sera principalement axée sur la lutte contre les organisations à fin de terrorisme ou de subversion. Certaines des affaires que vous aurez à traiter pourraient avoir un lien avec de possibles crimes constitutionnels, c'est pourquoi il se peut que vous soyez amenée, plus ou moins à souvent, à devoir collaborer avec l'Ordolibertas dans vos enquêtes.

Marie-Ange Chaney - Je vois...

Tenant toujours sa cigarette dans une main, et un dossier enveloppé d'une chemise en papier noir dans l'autre, le Colonel Kringel se leva de son fauteuil pour se rapprocher du bureau.

Colonel Marie Kringel, officier de l'Ordolibertas
Colonel Marie Kringel, officier de l'Ordolibertas

Marie Kringel - Je tiens à ce que vous sachiez qu'au vu des éléments dont je dispose à votre sujet, j'ai vivement désapprouvé la décision du Directeur Delaunay, de vous attribuer une affectation d'importance aussi cruciale pour la sécurité de la Fédération.

Marie-Ange Chaney - De quels éléments parlez-vous, exactement ?

Marie Kringel - Justement, parlons-en. Est-ce que vous sauriez m'expliquer pourquoi l'Ordolibertas dispose d'un dossier vous concernant ?

Marie-Ange Chaney - Vous devriez le savoir. Je vous ai reconnue aussitôt que vous êtes entrée, vous savez ?

Marie Kringel - Pardon ?

Marie-Ange Chaney - Oui, je n'aurais pas pu oublier. C'est vous qui vous êtes occupée de mon... « dossier », il y a quinze ans.

Visiblement interloquée, Marie Kringel ouvrit le document qu'elle tenait dans sa main gauche et en tourna les deux premières pages avant de survoler la troisième du regard.

Marie Kringel - Officier en charge du dossier : Lieutenant Mar... Ah oui, effectivement, c'était moi. Enfin, vous savez, il y avait tellement d'affaires à instruire à cette époque-là... Je ne peux pas me rappeler de tout.

Marie-Ange Chaney - Je m'en rappelle très bien, pour ma part. C'était pendant la Terreur Noire. Vous avez demandé un mandat d'extraction, sans disposer du moindre élément tangible, et vous l'avez obtenu. Mais je suppose que c'est aussi marqué dans votre dossier, n'est-ce-pas ?

Marie Kringel - Certainement... Quoiqu'il en soit, avant que vous preniez votre poste, j'ai un certain nombre de questions à vous poser...

Marie-Ange Chaney - Je n'y répondrai pas.

Marie Kringel - Et pourquoi ça ?

Marie-Ange Chaney - Il y a quinze ans, vous m'avez faite asphyxier pendant une heure dans une bassine pour me faire avouer des crimes que je n'ai jamais commis. Je n'avais même pas dix-huit ans. Et comme l'AFS est une agence civile et que vous n'avez aucun mandat, je n'ai aucun ordre à recevoir de vous. Donc si le Directeur me le permet, je vais prendre congé pour aller présenter à mon poste sans plus tarder.

Marie-Ange Chaney se tourna vers le Directeur qui lui adressa un léger hochement de tête en signe d'approbation. Gilbert Delaunay tendit sa main en direction de la jeune femme, qui la serra avant de se diriger vers la porte, sans adresser un seul regard au Colonel Kringel. Une fois la porte du bureau refermée par Marie-Ange, l'officier se tourna à son tour vers le Directeur.

Marie Kringel - C'est avec ça que vous voulez que je travaille ?

Gilbert Delaunay - Mlle Chaney a toujours très bien fait son travail, et il n'y a pas de raison que ça change. De toute manière, il n'y a pas grand monde ici qui soit heureux de travailler avec vous.

Tout en adressant au Directeur un regard noir, Marie Kringel laissa tomber sa cigarette sur le sol avant de l'écraser du pied, prenant bien soin d'en répandre les cendres autant que possible sur la moquette du bureau, avant de quitter à son tour la pièce en faisant claquer la porte avec fracas.
3544
14 juillet 2003

PREMIÈRE AFFAIRE


Gilbert Delaunay, Directeur de l'Agence Fédérale de Sécurité
Gilbert Delaunay, Directeur de l'AFS

Secrétaire - Les agents Chaney et Remaut attendent devant votre bureau, Monsieur le Directeur.

Gilbert Delaunay - Très bien, faîtes-les entrer.

Alexandre Remaut, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de SécuritéMarie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de Sécurité
Alexandre Remaut, Agent de terrain de l'AFS - Marie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'AFS

Gilbert Delaunay - Mademoiselle Chaney, j'espère que vos premiers jours d'intégration au siège de l'Agence se sont bien passés.

Marie-Ange Chaney - En effet, je suis pleinement opérationnelle, Monsieur le Directeur.

Gilbert Delaunay - Tant mieux, car je vous ai justement convoqués pour vous confier votre première mission conjointe. Vous avez de la chance, puisque vous n'aurez même pas à quitter la capitale pour la mener à bien.

Alexandre Remaut - De quoi s'agit-il ?

Gilbert Delaunay - Du Dôme de Paradis. Je ne pense pas devoir vous faire un point sur la situation, vous devez savoir ce qu'il en est. Votre tâche consistera simplement à enquêter sur cette affaire, déterminer si, oui ou non, il y a bien eu tentative d'attentat, et, si c'est effectivement le cas, identifier les coupables.

Alexandre Remaut - Pardonnez-moi, mais il me semble avoir lu que les auteurs présumés de l'attaque, s'il y en a bien eu une, étaient issus de groupes communistes révolutionnaires.

Gilbert Delaunay - En effet.

Alexandre Remaut - Dans ce cas, l'enquête concerne un crime constitutionnel, et c'est donc l'Ordolibertas qui en a la juridiction.

Gilbert Delaunay - Certes, mais la tentative présumée d'attentat n'en reste pas moins un acte terroriste, ce qui permet donc à l'A.F.S. d'intervenir de sa propre initiative. Cependant, vous soulevez un point important : le Dôme de Paradis et ses abords grouillent actuellement de troupes de l'Ordolibertas, c'est pourquoi vous aurez besoin de ceci pour y pénétrer.

Le Directeur tendit un document en direction des deux agents.

Gilbert Delaunay - C'est un mandat d'investigation signé par le juge. Montrez-le aux militaires, et ils seront contraints de vous laisser vous balader là où bon vous semblera.

Alexandre Remaut - « Contraints » ? Vous voulez dire que l'armée n'est pas au courant de notre intervention ? Comment pourrons-nous enquêter s'ils refusent de nous donner accès à leurs dossiers ?

Gilbert Delaunay - Écoutez... Le juge ne nous a pas délivré ce mandat par hasard. Dans la mesure où l'évacuation du Dôme constitue une opération de sécurité, elle a pu être réalisée sans mandat par l'Ordolibertas, ce qui fait que la justice n'a pas eu accès que tardivement aux éléments des dossiers concernant cette possible menace terroriste, au moment où la police militaire a dû obtenir le mandat nécessaire à la prolongation de sa présence sur les lieux. En vous conférant un mandat d'investigation et en vous envoyant sur place, les autorités civiles espèrent que vous serez en mesure de produire un rapport comportant quelques informations supplémentaires au sujet de cette affaire. La délicatesse de celle-ci sur le plan politique est évidente, étant donné que l'évacuation du Dôme a interrompu une session sénatoriale en plein pendant le vote d'une réforme institutionnelle d'une importance relativement sensible, au vu des perturbations qu'elle amènerait dans la balance des pouvoirs entre autorités civiles et militaires si elle était adoptée.

Marie-Ange Chaney : Vous soupçonnez l'armée d'avoir volontairement interrompu la session parlementaire pour empêcher ce vote ?

Gilbert Delaunay - Personne n'a parlé de cela. D'ailleurs, je ne fais moi-même que suivre les instructions du juge. Celui-ci veut que vous récoltiez autant d'informations que possible au sujet de cette affaire. Le Dôme rouvre demain, donc vous n'avez qu'une journée pour le faire, c'est pourquoi je vous conseille de partir sans plus tarder.
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14 juillet 2003

AUX ABORDS DU DÔME



Le Dôme de Paradis, gardé par les militaires de l'Ordolibertas

Soldat - Colonel, deux personnes demandent à pouvoir franchir les barrières de sécurité et pénétrer dans le périmètre autour du Dôme.

Colonel Marie Kringel, Officier de l'Ordolibertas
Colonel Marie Kringel, Officier de l'Ordolibertas

Colonel Marie Kringel - Eh bien ? Dîtes-leur de s'en aller.

Soldat - C'est déjà fait, évidemment, mais ils insistent.

Colonel Marie Kringel - Alors arrêtez-les, et ne me faîtes plus perdre mon temps avec ça !

Soldat - Ils disent être de l'AFS, et ils ont demandé à vous voir.

Colonel Marie Kringel - Quoi ? L'AFS ? Bon, j'y vais.

Alexandre Remaut, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de SécuritéMarie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de Sécurité
Alexandre Remaut - Marie-Ange Chaney
Agents de terrain de l'AFS

Parvenue à l'entrée du cordon de sécurité, le Marie Kringel grimaça en constatant la présence de Marie-Ange Chaney.

Colonel Marie Kringel - Encore vous...

Alexandre Remaut - Agence Fédérale de Sécurité. Je suis l'agent Remaut, et voici l'agent Chaney.

Marie-Ange Chaney - Nous nous connaissons déjà...

Colonel Marie Kringel - Qu'est-ce que vous faîtes ici ?

Alexandre Remaut - Nous venons enquêter sur l'attaque terroriste présumée qui a conduit à l'évacuation du Dôme de Paradis.

Colonel Marie Kringel - Je ne me rappelle pas avoir requis l'assistance de l'Agence dans cette affaire.

Alexandre Remaut - Nous sommes ici de notre propre initiative. Les affaires de terrorisme entrent dans notre champ juridictionnel.

Colonel Marie Kringel - Mais pas les crimes constitutionnels ! Dois-je vous rappeler qui projetait cet attentat ? De toute manière, il ne s'agit pas d'une enquête criminelle mais d'une opération de sécurité, donc rien ne m'oblige à vous laisser entrer.

Marie-Ange Chaney - Il semble que la justice soit d'un avis différent.

Marie-Ange Chaney montra le mandat d'investigation, qui avait été remis aux deux agents plus tôt dans la matinée par le Directeur de l'AFS, au Colonel Kringel, qui lui l'arracha des mains pour le lire en détails.

Colonel Marie Kringel - Qu'est-ce que... Qui vous a donné ça ?

Alexandre Remaut - Le juge, bien sûr. Le mandat est signé de sa main.

Colonel Marie Kringel - C'est n'importe quoi... Scheiße ! Lasst sie passieren !

Les soldats gardant l'entrée du périmètre de sécurité ouvrirent un passage dans le cordon pour laisser pénétrer les deux agents de l'AFS, tandis que le Colonel Kringel, après avoir laissé tomber par terre le mandat d'investigation, repartait d'un pas furieux.
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14 juillet 2003

CHOU BLANC



Le Dôme de Paradis, gardé par les militaires de l'Ordolibertas

(Note HRP : Ce RP suit le précédent et se déroule le 14 juillet 2003)

Après deux heures passées à arpenter les couloirs des locaux du Sénat Fédéral et inspecter les innombrables pièces du Dôme de Paradis, sous les regards méfiants et menaçants des gardes de l'Ordolibertas allant et venant sans cesse à travers l'arche d'entrée du bâtiment pour en occuper chaque point de passage possible, les deux agents de l'AFS quittèrent l'imposante structure en dévalant paisiblement les marches donnant accès aux jardins. Tous les environs du Dôme étaient occupés par les militaires, dont les véhicules slalomaient entre les tentes de campagne plantées ici et là sur les pelouses qui cernaient la cour. Les deux agents marchaient le long des allées formées par ces hôtels de fortune où couchaient les soldats.

Alexandre Remaut, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de SécuritéMarie-Ange Chaney, Agent de terrain de l'Agence Fédérale de Sécurité
Alexandre Remaut - Marie-Ange Chaney
Agents de terrain de l'AFS

Alexandre Remaut - Je commence sérieusement à me demander ce qu'on fait ici, à enquêter à la limite de notre juridiction sur une affaire que la police militaire a visiblement déjà parfaitement en main. Je n'ai aucune idée de ce que les juges s'attendent à ce que l'on trouve dans un bâtiment officiel du Sénat. Si l'Ordolibertas a raison et qu'il y a effectivement une bombe dans l'hémicycle, ils ont plus de chances de la trouver avec tous les hommes qu'ils ont, que nous deux avec rien d'autre qu'un laissez-passer douteux et deux lampes torche.

Marie-Ange Chaney - S'il y avait réellement une bombe ici, je pense que ça fait un moment qu'elle aurait dû exploser. Ça fait plus de quinze heures que la session du Sénat est terminée.

Alexandre Remaut - C'est une fausse alerte, voilà tout. L'Ordolibertas a dû trouver des informations sur un projet d'attentat et, peut-être, surestimer son état d'avancement au point de penser qu'il allait avoir lieu aujourd'hui. De toute manière, s'ils ne sont pas déjà repartis, c'est qu'ils avaient des preuves suffisantes pour obtenir l'accord du juge et poursuivre les investigations. On ne sert à rien, ici. On ne fait que les gêner.

Marie-Ange Chaney - Mais si le juge a donné un mandat d'investigation à l'AFS en parallèle de la police militaire, c'est bien qu'il a des doutes.

Alexandre Remaut - Des doutes ? Sur quoi ?

Marie-Ange Chaney - Je ne sais pas... Sur les motivations de l'Ordolibertas, par exemple... Ce ne serait pas la première fois que l'armée abuse de ses prérogatives dans ce pays.

Alexandre Remaut - Je n'aime pas cette idée de devoir enquêter sur les activités des autres services fédéraux. C'est malsain.

Marie-Ange Chaney - C'est l'Ordilibertas qui est malsaine... Dis-moi, qu'est-ce que c'est que ça ?

Alexandre Remaut - Visiblement, un véhicule de l'armée.

Marie-Ange Chaney - On dirait qu'il y a comme un bureau à l'intérieur.

Alexandre Remaut - C'est un véhicule de commandement. La trappe arrière s'ouvre pour donner accès à l'espace intérieur, qui sert de QG portatif que l'on peut déplacer sur les différents théâtres d'opération. On s'en servait souvent en entraînement du temps où j'étais dans l'armée.

Marie-Ange Chaney - Si le juge veut qu'on trouve des éléments, il y a sûrement tout ce qu'il faut là-dedans.

Alexandre Remaut - Ha ha ! Peut-être, mais on n'est pas habilités à fouill... Eh, attends, qu'est ce que tu fais ?

Marie-Ange Chaney - Je jette juste un coup d’œil. Préviens-moi si quelqu'un arrive.

Marie-Ange Chaney gravit la rampe d'accès et commença à ouvrir les tiroirs du bureau qui se trouvait à bord du véhicule pour feuilleter les dossiers qui y étaient rangés.

Alexandre Remaut - Descends vite de là ! Si quelqu'un nous trouve ici, on est...

Colonel Marie Kringel, Officier de l'Ordolibertas
Colonel Marie Kringel, Officier de l'Ordolibertas

Colonel Marie Kringel - Je peux savoir ce que vous faîtes là ?

L'agent Chaney claqua rapidement le tiroir à l'intérieur duquel elle était en train de fouiller et se retourna juste à temps pour faire face à Marie Kringel avant que celle-ci parvienne face à l'entrée du véhicule.

Marie-Ange Chaney - Nous...

Alexandre Remaut - Nous vous cherchions, justement... pour... pour vous dire qu'on s'en allait.

L'officier de l'Ordolibertas haussa un sourcil incrédule, et marqua un silence de quelques secondes avant de répondre.

Colonel Marie Kringel - Qu'est ce que vous voulez que ça me fasse ? Allez-y, tirez-vous.

Marie Kringel se rangea sur le côté pour laisser passer les deux agents, sur lesquels elle posa un regard dédaigneux alors qu'ils quittaient le véhicule pour prendre le chemin du portail d'entrée. Elle ne manqua pas de leur cracher une bouffée de fumée au visage au moment où ils passèrent devant elle, ce à quoi ils n'osèrent répondre, pas même en détournant le regard. Ils restèrent totalement muets jusqu'à temps d'avoir repassé le filtrage militaire par lequel ils étaient entrés, et quitté l'enceinte du Dôme. À peine entré dans la voiture, l'agent Remaut desserra le noeud de sa cravate et essuya du revers de sa manche les gouttes de sueur qui perlaient sur son front.

Alexandre Remaut - Bon sang... on l'a vraiment échappé belle sur ce coup. Quand j'y pense, tout ce temps passé ici et tous ces risques pris, pour finalement repartir les mains vides...

Marie-Ange Chaney - Pas si vides que ça...

Marie-Ange Chaney déboutonna le haut de son tailleur et glissa une main sous sa veste, pour en extirper un dossier dont la couverture portait le sceau de l'Ordolibertas.

Alexandre Remaut - Bon... je nous ramène au siège.
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