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PRESSE | Τύπος στο Κεμέτ

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PRESSE
Τύπος στο Κεμέτ
Presse en Cémétie

Dernière mise-à-jour : 10/11/2003

Presse en Cémétie
En Cémétie comme ailleurs, la presse papier joue un rôle essentiel dans et pour la vie du pays.

LISTE DES JOURNAUX

Κεμέτ πρωί | « Cémétie Matin »
Cémétie Matin
Prermier journal au niveau national, Κεμέτ πρωί est un quotidien généraliste pour les cémétiens par les cémétiens. En partie financé par l'État, il met en avant l'actualité nationale et internationale au profit du plus grand nombre. En plus d'être le plus lu sur le territoire cémétéen, il est également le premier quotidien cémétéen le plus lu dans le monde. Une référence en termes d'actualité nationale.

Πληροφορίες από Θάον | « Informations du Thaon »
Informations du Thaon
Avec une ligne éditoriale plus prononcée, Πληροφορίες από Θάον est un hebdomadaire plus tourné vers l'analyse critique et technique de l'actualité, avec une certaine bienveillance vis-à-vis des communautés helléniques, qui en sont les principaux lecteurs. Si le journal tend à rester neutre, le soutien affiché à un plus grand libéralisme, notamment économique, se fait sentir dans les lignes de l'hebdomadaire.

ϥⲁⲋⲟⲩⲱ ⲁⲝⲓⲁ | « Le Messager du Désert »
Le Messager du Désert
Premier journal de la communauté hiptique, lu et édité par les hiptophones, ϥⲁⲋⲟⲩⲱ ⲁⲝⲓⲁ cherche à apporter un regard différent à l'actualité nationale telle que traitée par les helléniques. Ainsi, le journal cherche à défendre chaque semaine les intérêts des hiptiques en cherchant à montrer les inégalités toujours plus importantes entre communautés ethnoculturelles. Dans les feuilles du journal, le traditionalisme puritain et théologique de la société hiptique est facilement discernable par le lecteur averti.

Lo Orientau | « L'Oriental »
L'Oriental
Principal journal lengadocien, il défend les intérêts de la communauté occidentale en Cémétie et est le journal le plus lu dans le nome de Kiniakeia, où il est édité. Outre son point de vue autonomiste, Lo Orientau défend une vision du monde occidentalisée, libérale-conservatrice oscillant entre modernité à l'occidentale et traditions latines.

Πρόοδος και ελευθερίες | « Progrès et Libertés »
Progrès et Libertés
Petit dernier de la presse nationale, Πρόοδος και ελευθερίες est un hebdomadaire politiquement engagé et ancré à gauche, bien qu'il tende à favoriser les libertés individuelles aux obligations collectives, plus proche d'une ligne libérale et libertaire plutôt que socialiste. Tout en s'affichant soutien des grands mouvements politiques à gauche, la rédaction revendique son indépendance financière comme politique. Le journal est fondé par l'artiste arkencan d'origine afaréenne Raul Correa, arrivé en Cémétie en 2003.
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Cémétie Matin
Christopoulos Perrakos va bientôt annoncer son nouveau gouvernement
Sophia Mattakou | 16/08/2002

Premier Ministre Cémétie Perrakos
Le Premier ministre cémétien dévoilera son gouvernement prochainement.

C'est dans un communiqué officiel du cabinet personnel du Premier ministre de la Principauté de Cémétie que le chef du gouvernement a annoncé la nomination prochaine des membres de celui-ci. Récemment élu par la majorité certes fragile mais nouvellement formée à la Vouli (parlement cémétéen), Christopoulos Perrakos est un « homme de l'ombre » de la coalition parlementaire, ancien haut-fonctionnaire sous plusieurs mandatures, longtemps présent au Ministère de l'Économie (Υπουργείο Οικονομίας, Ypourgeío Oikonomías) et à qui l'on peut attribuer un travail de fond sur plusieurs réformes socio-économiques : mise en place du système de retraites, soutien à l'État-providence...

Un parcours professionnel et politique qui n'a pas laissé indifférent le chef de l'opposition et président de la Vouli, Antonis Nicolopoulos, qui a soutenu la candidature de Christopoulos Perrakos au poste de Premier ministre, alors même que la majorité récemment formée avait déjà d'autres candidats en tête : un tour de force politique qui pourrait fragiliser la position déjà instable du député cémétien. Né à Héraclée en 1953, Perrakos a fait ses études dans la capitale cémétéenne puis a poursuivi sa thèse en économie à l'université d'Ischopolis. Un parcours académique brillant, qui l'a directement propulsé au sommet de la fonction publique.

Mais si son parcours est exemplaire, sa conduite morale ou ses idéaux n'ont pas encore véritablement été testés par le scrutin populaire, aussi indirect soit-il : ainsi, la fonction de Premier ministre de la Principauté de Cémétie est le premier mandat qu'il effectuera avec la confiance des électeurs et responsable devant la Vouli. Sa prise de fonction, qui s'est effectuée en juillet dernier après sa nomination par scrutin parlementaire, a été approuvée par son Altesse le prince Dimitrios III, comme il est de coutume lorsqu'un chef du gouvernement est élu en Cémétie. Un refus par le monarque n'a ainsi pas été observé depuis les années 1970, où la vision radicale du candidat nommé au poste de chef de gouvernement était rentrée en conflit direct avec la monarchie.

Par ses idées et ses réformes, Perrakos souhaite, selon ses propres mots, « marquer un temps d'arrêt au soutien féroce de l'État cémétéen dans le maintien d'un hermétisme total à l'économie cémétéenne ». Libéral sur le plan économique, Christopoulos Perrakos n'en demeure pas moins grand défenseur des traditions cémétéennes, parfois au détriment de ses idées politiques. Un personnage qui pourrait rassembler autour de son parcours brillants et ses idées innovantes, tout en fédérant le pays autour des valeurs véhiculées par la culture cémétéenne. Un propos paradoxal, quand on sait les conséquences du libéralisme trop sauvage dans les États occidentaux et ailleurs dans le monde. La Cémétie pourrait bien connaître dans les années à venir un tournant majeur de son histoire moderne.
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Le Messager du Désert
Le président de la Vouli veut introduire constitutionnellement le bicamérisme
Iskandar Safar | 16/08/2002

Président Vouli Nicopoulos Cémétie
Le chef du Parlement Antonis Nicopoulos souhaite défendre les territoires.

Si le chef de l'opposition s'était montré jusque-là indifférent à la cause hiptique, ses récents propos à la Vouli et devant la presse dans une conférence exceptionnelle organisée la semaine dernière montrent le contraire. En effet, maintenant devenu président du Parlement grâce à la majorité actuelle qu'il a aidé à mettre en place en tant que chef de parti, Antonis Nicopoulos s'est montré très regardant vis-à-vis de la condition des territoires et collectivités régionales dans leur représentation au sein du pouvoir législatif. Déplorant un « manque de représentativité certain de la part des institutions », Nicopoulos a avancé l'hypothèse de la création d'une chambre haute au sein du Parlement cémétéen pour représenter les territoires.

Ainsi, sur le modèle des démocraties occidentales où le bicamérisme est roi, la monarchie cémétéenne devra traiter non pas avec les représentants nationaux des partis politiques, à savoir les députés, mais avec une assemblée collégiale de représentants à la fois nationaux et régionaux, dans l'intérêt et de la Principauté et des nomes (subdivisions régionales). Un projet d'envergure, puisqu'il réclamera la construction ou du moins la réhabilitation de bâtiments pour accueillir la nouvelle chambre législative mais aussi le Parlement réuni, à savoir la chambre haute et la chambre basse en une assemblée.

Ambitieux projet, mais surtout tape-à-l'œil selon Iskandar Kanaan, chef du principal parti politique hiptique du pays et premier représentant de la communauté auprès des institutions. Celui-ci juge qu'Antonis Nicopoulos « cherche à s'assurer le soutien des territoires, mais aussi de la communauté hiptique au travers d'un tigre de papier pour le gouvernement ». En effet, si le projet de Nicopoulos venait à voir le jour avec l'accord et du gouvernement et du prince Dimitrios III, seul autorisé à modifier la constitution cémétéenne (la Σύνταγμα, Syndagma), la chambre haute nouvellement formée ne bénéficierait que de rares prérogatives purement consultatives, puisque la Vouli possède déjà les pleins pouvoirs législatifs et refusera probablement de les céder à une institution qui lui est concurrente.

Une question qui demeure épineuse, puisque les contre-pouvoirs au gouvernement et à la Vouli sont rares et bien souvent éclipsés par des institutions ancestrales mais jugées obsolètes et corrompues. Des allégations néanmoins lourdes, que de nombreux politiciens se refusent à reconnaître tant la situation est complexe au sommet de l'État. La représentation des différentes communautés ethniques, linguistiques, culturelles et religieuses du pays se fait encore désirer elle aussi, puisque la communauté hellénique continue de peser lourdement au sein des institutions alors qu'elle ne représente qu'un peu plus de la moitié des habitants du pays. Si la fracture communautaire est ancienne, elle est néanmoins constamment ravivée par les nombreux écarts existants entre helléniques et hiptiques.
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Informations du Thaon
Les récoltes devraient être exceptionnelles cette année
Apostolos Tripakis | 19/08/2002

Thaon agriculture Cémétie
Le Thaon, plus grand fleuve cémétéen, est la principale région agricole du pays et produit la majorité des ressources alimentaires.

Plus grand fleuve de Cémétie et principal grenier à blé du pays, le Thaon est un cours d'eau chargé d'histoire. Après avoir accueilli les premières civilisations cémétéennes, il devient le réservoir alimentaire de toute la Mer Leucitaléenne, grand bassin maritime qui représente quatre-vingts pourcents des côtes cémétéennes. Souvent soumis à des crus violentes qui ont régies la vie le long de ses berges, le Thaon est un dieu capricieux pour les cémétiens : d'une année à l'autre, les crues et les sécheresses sont garantes du bon équilibre agricole thaonien. Si 1999 avait été une famine certaine pour la population thaonienne, 2002 sera, selon différents rapports des autorités sur la question, une année prolifique pour la vie alimentaire du pays.

Mais si nous pouvons nous réjouir d'un tel résultat annuel, une question bien plus profonde tend à émerger à l'aube du vingt-et-unième siècle : alors même que le Thaon alimente les trois-quarts de la population cémétienne, la Principauté devrait-elle encore s'appuyer si lourdement sur l'agriculture traditionnelle et rurale de la vallée du Thaon pour nourrir une si grande partie de ses habitants ? Problématique épineuse au demeurant, puisque la modernisation de l'agriculture, qui a été opérée par la plupart des puissances occidentales sur leur territoire depuis plusieurs décennies, n'en est encore qu'au stade embryonnaire en Cémétie. En effet, outre l'hostilité certaine des autorités gouvernementales et plus largement d'une grande majorité de la population à la modernité, c'est tout le modèle agricole cémétéen qui est en jeu.

Encore une fois, si les résultats attendus sont au rendez-vous pour les autorités agricoles de la Principauté, les ambitions n'y sont pas. Le Υπουργός Γεωργίας και Θάον (« Ministère de l'Agriculture et du Thaon ») reste encore une institution à la ramasse sur le plan organisationnel, peinant à négocier avec les corporations paysannes thaoniennes qui protègent les intérêts des petits exploitants agricoles thaoniens avec férocité en refusant toute concurrence étatique qui pourrait leur être défavorable. Les corporations paysannes de la vallée du Thaon agissent également en monopole sur les terres fertiles de la vallée fluviale, faisant pression et sur les autorités régionales des nomes concernés et sur l'État cémétéen pour conserver leurs acquis.

Si les économistes s'indignent de la situation agricole du pays, « ils ne se sont pas encore suffisamment penchés sur la mainmise des corporations sur l'agriculture vivrière du pays [et] qui menacent l'intégralité du système économique en tenant en otage les ressources vitales de la Cémétie », selon les propos de l'historien économiste lengadocien Josèp Labarrèra, connu pour avoir soutenu la libéralisation du secteur agricole par les autorités autonomes du nome lengadocien de Kiniakeia. Le nouveau gouvernement et sa majorité parlementaire pourraient jouer en défaveur des corporations et améliorer l'état de l'agriculture à travers le pays si la fragile majorité législative le permet ; rien n'est moins sûr, quand on sait le climat délétère ambiant au sein des institutions quand il s'agit de moderniser ne serait-ce que le régime et ses coutumes institutionnelles.
3094
Cémétie Matin
Sommet des chrétiens : les patriarches s'entendent
Vasiliki Strakelli | 19/08/2002

Patriarche catholique Cémétie
Le catholique Norbèrt Nogaròt a rencontré l'orthodoxe Achilleas III.

Du haut de ses soixante-dix ans, le patriarche des catholiques orientaux de Cémétie et d'Orient, Norbèrt Nogaròt, a serré la main du patriarche orthodoxe d'Héraclée, Achilleas III, de son vrai nom Alexios Bosaliades. Une rencontre historique qui s'est opérée dans la ville sainte de Samareia, dans le nome homonyme, un geste fort puisque Samareia est une cité biblique accueillant de nombreux lieux saints, comme le Temple de Samareia, lieu saint pour les juifs et les chrétiens. Aux pieds du Temple de Salomon, les deux exarches se sont entretenus au sujet de l'œcuménisme chrétien et autour des différents conciles qui définissent les fois chrétiennes. Si les deux hommes d'Église ont longuement conversé sur différents thèmes théologiques, c'est surtout le geste de la main tendue par le cardinal catholique Norbèrt Nogaròt qui a marqué les esprits.

En conflit depuis plusieurs siècles, notamment à cause de questions religieuses et politiques, les deux Églises coexistent depuis de longues décennies au sein du territoire cémétéen, se disputant les institutions. Par le truchement des revendications lengadociennes, l'Église catholique orientale avait déjà gagné son indépendance financière garantie par l'État : le catholicisme en Cémétie étant le fait des communautés lengadociennes du nord du pays, dans le nome de Kiniakeia, la Principauté a répondu aux revendications autonomistes en finançant le fonctionnement du corps ecclésiastique catholique national. Une initiative politique qui a longtemps courroucé les prêtres orthodoxes, voyant dans le financement des deux cultes chrétiens par l'État cémétéen une sorte de mise en concurrence.

Mais les deux patriarches ont depuis longtemps enterré la hache de guerre et préféré l'unité chrétienne œcuménique plutôt que la guerre théologique féroce que leurs prédécesseurs et contemporains érudits se sont livrés et continuent encore parfois à perpétuer. Le pape des orthodoxes et patriarche d'Héraclée Achilleas III a également rappelé le soutien indéfectible de l'Église orthodoxe cémétéenne à la monarchie, invitant la communauté catholique à le suivre dans cet appel à l'unité nationale. Les deux ecclésiastiques, après avoir débattu devant les journalistes sur les divergences théologiques entre les deux Églises, se sont rendus à l'intérieur du Temple de Samareia puis ont honoré les différents lieux saints de la ville.

Si les conciles continuent à diviser les chrétiens de Cémétie, les faits politiques passés ne sont plus des éléments de fracture : les deux Églises chrétiennes cémétéennes sont réconciliées autour de valeurs communes depuis plusieurs décennies, et le maintien d'une paix religieuse durable et œcuménique est le garant d'une stabilité certaine pour la Principauté. Le chef d'État, son Altesse le prince Dimitrios III, n'a pas souhaité être présent à la rencontre des deux patriarches chrétiens, souhaitant favoriser la libre-entente entre les chefs religieux. Il a néanmoins annoncé son soutien total et sans retenue à cette conciliation, scellant ainsi cette rencontre historique dans le marbre des murs de la ville sainte de Samareia. Un symbole fort pour l'avenir, quand on sait la religiosité respective des helléniques et hiptiques orthodoxes et des lengadociens catholiques.
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L'Oriental
Le canal de Césanès fait face à un trafic trop intense
Abèlart Bordèlès | 22/08/2002

Canal de Césanès Cémétie
Le petit canal lengadocien connaît un afflux trop important de navires pour sa largeur et sa profondeur.

Véritable bijou technique lorsqu'il avait été construit dans les années 1930, le canal de Césanès, creusé par le philanthrope lengadocien Antonè Césanès, est aujourd'hui un vestige de la grandeur économique occidentale passée en Cémétie septentrionale. En effet, les berges, pour la plupart laissées à l'abandon, sont aujourd'hui devenues des zones franches où la misère ne cohabite qu'avec la nature la plus sauvage, tandis que le trafic auparavant minutieusement contrôlé pour limiter l'afflux trop important de navires à tirant d'eau trop grand dans le canal et les fleuves attenants, mais rien n'y fait, les autorités nationales ont eu tôt fait de définancer l'édifice et de laisser ce bijou architectural retourner au chaos de la nature. Alors bien sûr, les autorités gouvernatoriales du nome de Ginhac ont bien tenté de conserver le canal, du moins d'un point de vue patrimonial.

Et pourtant, les fleuves attenants au canal et se déversant respectivement dans la Mer Leucitaléenne à l'ouest et dans le Golfe Samaréen à l'est, demeurent parmi les voies d'eau les plus fréquentées du pays avec le Thaon bien sûr, alors même que le Thaon a un volume de l'ordre de mille fois plus important. Le canal de Césanès, s'il n'est pas stratégique aux yeux des autorités cémétéennes, reste un passage maritime stratégique pour les échanges commerciaux internationaux : son abandon par le gouvernement central est une grossière erreur, autant sur le plan fiscal que stratégique. Maintenant qu'il n'est plus imposé par les autorités douanières du pays en tant que passage maritime stratégique, puisque canal reliant deux mers puis les océans du monde entier, le canal est devenu l'option la moins chère pour les navires.

Une concurrence déloyale pour les autorités rémiennes, plus au nord, qui imposent les navires pour leur traversée maritime. Si cette compétitivité involontaire du canal de Césanès est une aubaine pour les marchands du monde entier, elle ne l'est pas pour les lengadociens puisque le nome de Ginhac connaît fréquemment des conflits avec les institutions princières concernant la réhabilitation du canal. Qu'attend le gouvernement pour aménager proprement celui-ci, réinvestir dans une politique tarifaire et douanière efficace ? Malgré la fréquence de passage des navires dans l'isthme, la nature reprend ses droits sur la voie navigable qui elle se réduit de jour en jour. Comment remédier à ce laxisme volontaire du gouvernement princier ? Les économistes, y compris au niveau national, s'indignent déjà de la situation du pays.

Au-delà des clivages politiques qui déchirent déjà une Vouli (le Parlement cémétéen) devenue inefficace dans son traitement législatif, il est impératif que le prince Dimitrios III intervienne lui-même sur la question en poussant l'administration du gouvernement Perrakos, qui n'est au passage pas encore nommé, à agir sur le canal. Des députés lengadociens de l'opposition comptent ainsi interpeller la majorité récemment formée et le Premier ministre Christopoulos Perrakos sur la question des voies navigables du nord du pays. Comment la Cémétie peut-elle prétendre à être une monarchie traditionaliste quand elle abandonne à son sort un patrimoine essentiel et stratégique comme le canal de Césanès ? Face à ces questions, députés comme ministres risquent de perdre des plumes. Dans le nord, les yeux de tous sont braqués sur la ville sainte de Samareia et oublient trop souvent, plus au nord encore, le gouvernorat autonome de Kiniakeia.
3144
L'Oriental
Les autorités accusées de complicité dans des violences ethniques
Abèlart Bordèlès | 25/08/2002

Violences ethniques Cémétie
Des accusations graves sur fond de violences civiles récurrentes.

Rares sont les voix à s'élever sans crainte contre le régime princier d'Héraclée qui, depuis sa tour d'ivoire, réprime sévèrement les opposants politiques directs à son Altesse Dimitrios III. En effet, le gouvernement et les autorités judiciaires ont toujours la main lourde en ce qui concerne l'outrage au chef de l'État lors des procès et verdicts. Pourtant, si la critique de la monarchie est fortement prohibée, la satire des actions gouvernementales et de l'administration d'État n'est pas interdite : la presse, les associations et autres organismes non-étatiques s'en donnent à cœur joie pour démolir le peu de réputation du Premier ministre Christopoulos Perrakos, chef du gouvernement fraîchement élu par la Vouli (Parlement cémétéen) qui a enfin réussi à s'entendre pour catapulter un énième haut-fonctionnaire aux fonctions suprêmes.

Mais si la critique du gouvernement est une discipline aisée, Dieu remercie l'inconnu ministre ayant facilité la liberté de la presse dans le pays, les accusations graves se font rares : en effet, sous crainte de connaître l'ire des redoutables services « personnels » de son Altesse, les journalistes étouffent des affaires de violences quotidiennes, notamment entre lengadociens et hiptiques. Une crise politico-médiatique qui se met progressivement en place, mais qui est écrasée par la prédominance du redoutable directeur des services secrets intérieurs, Anastasios Stamiades. De nombreuses plaintes portées par des familles à l'encontre du sulfureux chef du renseignement intérieur ont ainsi été écartées par la justice, alors même que les preuves s'accumulent à l'encontre de l'agence de « surveillance » intérieure.

Mais derrière l'action d'Anastasios Stamiades, c'est la dynamique ethnique qui est en jeu dans le pays : les helléniques, depuis longtemps principale ethnie présente dans les institutions avec un cruel manque de représentation des autres communautés, éliminent peu à peu les opposants politiques à ce « grand remplacement » et jettent la faute sur les hiptiques, ethnie native de Cémétie qui souffre depuis des siècles de la tyrannie imposée par les helléniques. Mais en lieu et place d'helléniques, les violences des communautés hiptiques de l'arrière-pays sont dirigées envers les lengadociens, qui certes ont aussi colonisé le territoire cémétéen mais seulement le Levant cémétéen, région septentrionale du pays (gouvernorats de Kiniakeia et de Samareia).

Un jeu du lion et de l'autruche, tant et si bien qu'une association d'exploitations agricoles de l'arrière-pays ginhacois (nome de Kiniakeia) a décidé de porter plainte non plus contre le directeur des services secrets intérieurs suspecté de nombreux enlèvements, Anastasios Stamiades, mais à l'encontre de l'État cémétéen pour « complicité de crimes à caractère ethnique ». Une accusation lourde, que devra soutenir l'avocat des plaignants devant le juge administratif, seul habilité à délivrer un jugement sur une personne morale de droit public. Dans leur communiqué, les agriculteurs lengadociens ont bien omis le nom du chef d'État, mais aussi celui du chef du gouvernement récemment élu, réclamant néanmoins des limogeages afin d'assurer la bonne application des peines si des sanctions tombent. Une affaire à suivre de très près, quand on sait comment l'administration princière apprécie de se draper dans un linceul de toute-puissance.
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Cémétie Matin
Christopoulos Perrakos dénonce une surmédiatisation d'une affaire juridique
Sophia Mattakou | 06/09/2002

Premier Ministre Cémétie Perrakos
Le chef du gouvernement a fustigé l'intervention médiatique.

Attaqué en justice par des associations agraires du nord du pays, l'État cémétéen fait face à une véritable fronde politique menée et par des citoyens, majoritairement des lengadociens résidant dans le gouvernorat autonome de Kiniakeia, et par des députés de la Vouli, parlementaires tous issus du Grop dels Regionalistas (Ομάδα Περιφερειών, « Groupe des Régionalistes »), principal parti politique lengadocien et seul présent dans l'hémicycle. Suite à une plainte déposée par lesdites associations d'agriculteurs lengadociens soutenus par les députés du nome de Kiniakeia, l'Άρειος Πάγος (Áreios Págos, « Aéropage »), l'institution juridique suprême cémétéenne, a reconnu la plainte et a accepté de la traiter.

Un jugement qui pourrait devenir historique, étant donné qu'il s'agit d'une des premières plaintes contre l'État acceptées par l'Aéropage. Si les députés lengadociens ayant soutenu le projet de plainte redoutent l'annulation de la plainte et la nullification du procès par les autorités, les juges en charge du dossier se sont déjà dit confiants en ce qui concerne la neutralité du pouvoir juridique dans le traitement de l'affaire. Quant au chef du gouvernement, le Πρωθυπουργός (Prothypourgos, « Premier ministre »), il a refusé toute accusation de complaisance du pouvoir exécutif vis-à-vis des violences ethniques dans le nord du pays. Au contraire, Christopoulos Perrakos s'est dit « outragé par le manque de confiance des citoyens envers [lui-même] ».

Allant même plus loin, il dénonce aussi un « vaste canular visant à décrédibiliser et la haute-fonction publique et les dignitaires étatiques », « une tentative de micro-coup d'État auquel [il] compte mettre fin prestement ». Des propos agressifs à l'encontre de ce que certains qualifient de « simples victimes d'agressions à caractère ethnique », sur lesquels est revenu le chef du gouvernement un peu plus tard en « dénonçant rigoureusement les agissements violents d'organisations clandestines dans le nord du pays » et « [contre lesquelles] le procès devrait être dirigé, avec la coopération totale de l'État cémétéen ». Des discours qui se veulent plus précautionneux que ce qui a été dit plus tôt, soulignant ainsi l'approche ambivalente du Premier ministre sur la question.

Le Premier ministre a également enjoint les autorités juridiques et les plaignants à abandonner le procès, demande qui sera sans doute rejetée par ceux-ci. En effet, le contexte ne leur est guère favorable et les violences se perpétuent dans « le grand silence approbateur des autorités », comme se plaît à qualifier l'inaction gouvernementale le journaliste lengadocien Abèlart Bordèlès qui s'est lourdement prononcé en faveur des plaignants dans un article virulent dans le quotidien lengadocien Lo Orientau (« L'Oriental ») il y a quelques jours. Les propos tenus des deux parts du procès risquent d'être encore plus virulents, alors même que l'État cémétéen est connu pour ne pas faire de cadeaux particuliers à ses ennemis et détracteurs. Une affaire juridique qui pourrait bien n'être que la partie émergée d'un iceberg politique plus grand encore.
3693
Cémétie Matin

À l'approche des élections régionales, la majorité se dit confiante


Vasiliki Strakelli | 07/09/2002

Vote urnes Cémétie Nichopoulos

Les gouvernatoriales sont l'occasion pour les partis d'illustrer leur ancrage territorial.


Avec quatre sièges de gouverneurs sur les sept régions qui composent la Cémétie, le parti politique majoritaire Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») a la mainmise sur les institutions territoriales. Là où l'opposition, menée par le Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social ») peine à s'organiser dans les espaces moins urbains et dans les localités : le parti majoritaire, conservateur et traditionaliste, a proportionnellement plus de sièges de gouverneurs que d'électorat. Le ΧΔΜ revendique ainsi quasiment soixante pourcents des gouverneurs alors qu'au niveau national il ne comptabilise qu'un peu moins de la moitié des députés.

L'ancrage territorial du plus gros parti cémétéen est ainsi plus important que son implantation nationale : une plus grande organisation caractérise les listes de la droite cémétéenne, avec des coalitions fréquentes entre le ΧΔΜ et le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») pour parvenir à remporter les élections, là où le ΛΚΚ et les autres partis d'opposition peinent à s'accorder sur des listes communes, au bénéfice de la majorité qui rafle les élections gouvernatoriales depuis plusieurs mandats. Il faut dire que la droite mène une politique conventionnelle et qui n'effraie pas les électeurs : avec un taux de participation moyen de 74%, ce dernier est en baisse depuis quelques décennies.

Quels sont les pronostics pour ces élections régionales que certains pensent jouées d'avance ?

En Asayoutie (sud-ouest), le gouverneur sortant Ioannis Perropoulos (ΧΔΜ) se représente avec de fortes chances de réélection, soutenu par une coalition de droite ΧΔΜ-ΚΦΚ, tout comme Vasileios Glarakis dans le Bas-Thaon (centre) et Isidora Stavridi à Irakleia (centre-nord). En Samareia (nord-est), le gouverneur sortant Dimitris Frangiadis (ΚΦΚ) se représente au nom de la coalition libérale avec le ΧΔΜ, lui aussi favori dans son gouvernorat. Le gouverneur régionaliste Agapèt Escudièr (Περ.) se maintiendra sans doute dans le gouvernorat de Kiniakeia (extrême-nord), malgré son refus d'une alliance avec les libéraux du ΚΦΚ.

Deux gouvernorats demeurent néanmoins susceptibles de connaître une évolution politique.

Fief historique de la gauche cémétéenne, le Haut-Thaon pourrait connaître pour la première fois depuis trente ans un gouverneur élu de droite : le candidat hiptique Radames Khoury (ΚΦΚ) a ainsi obtenu le soutien du ΧΔΜ en plus de l'investiture de son propre parti dans la région. Une coalition de droite qui pourrait s'appuyer sur un besoin d'alternance dans le gouvernorat, mais qui fait néanmoins face aux bastions du ΛΚΚ dans la région, incarnés par le candidat Sadiki Sarkis (ΛΚΚ). Le gouvernorat de Khargie (nord-ouest), fief traditionnel du ΧΔΜ, verra s'affronter le jeune candidat Alexios Rossellis (ΧΔΜ) et Demos Comopoulos de la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique »). Le résultat, bien que penchant en faveur du candidat ΧΔΜ, n'est pas assuré car le gouverneur sortant, le sulfureux Agapios Vassallas (ΧΔΜ) a refusé d'accorder son soutien, vital, à Alexios Rossellis.

Projections 2002 Cémétie élections gouvernatoriales
ΧΔΜ ΚΦΚ Περ. ΛΚΚ

Projection des résultats supposés des élections gouvernatoriales de 2002.

3623
Le Messager du Désert

Iskandar Kanaan est venu investir son candidat aux gouvernatoriales dans le Haut-Thaon


Iskandar Safar | 09/09/2002

Iskandar Kanaan Président Ligue du Sud Cémétie

Le président du parti nationaliste hiptique a annoncé son soutien à Adel Sawiris.


Bastion historique du Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ,« Mouvement Populaire et Social »), la région du Haut-Thaon est un gouvernorat principalement habité par la communauté hiptique, là où les helléniques sont majoritaires dans les autres gouvernorats, à l'exception du gouvernorat autonome de Kiniakeia où ce sont les lengadociens qui sont majoritaires. Région très voire trop tournée vers les problématiques sociales et socio-économiques, puisque l'une des plus pauvres économiquement de tout le pays, le Haut-Thaon a une longue tradition électorale de gauche, allant jusqu'à soutenir à plusieurs reprises des coalitions impossibles entre le ΛΚΚ et l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »).

Mais plusieurs décennies sous la houlette du principal parti de la gauche cémétéenne n'a pas amélioré la situation du Haut-Thaon

, c'est le triste constat dressé par le candidat aux élections gouvernatoriales Adel Sawiris. Investi cette semaine par la Νότια Συμμαχία/ⲣⲉϥⲡ ⲣⲏⲉ (ΝΣ, « Ligue du Sud ») avec le soutien direct du chef du parti nationaliste hiptique, l'influent opposant Iskandar Kanaan, le candidat Adel Sawiris part troisième dans les pronostics dressés par le journaliste politique Vasiliki Strakelli dans l'édition d'il y a deux jours du quotidien national Κεμέτ πρωί. Pourtant, le candidat nationaliste n'est pas en reste : enchaînant les tournées et visites de maires et citoyens de l'arrière-pays alti-thaonien, Adel Sawiris mise sur le formidable électorat hiptique.

En effet, avec un taux d'abstention record aux dernières élections gouvernatoriales de 1996,

le Haut-Thaon fait face à un dégagisme certain vis-à-vis du ΛΚΚ

. Si la droite traditionnelle mise sur une coalition entre le parti majoritaire Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), second parti de la coalition majoritaire, pour gagner, la ΝΣ marche seule dans cette course. Avec le recul dans les urnes des partis traditionnels que sont le ΧΔΜ et le ΛΚΚ, à tel point que l'ancien parti majoritaire a dû s'allier avec le ΚΦΚ pour obtenir la majorité absolue à la Vouli (Parlement cémétéen), rien n'est sûr en ce qui concerne le score à venir des partis moins conventionnels aux élections gouvernatoriales, qu'il s'agisse d'Adel Sawiris dans le Haut-Thaon ou bien la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») en Khargie.

Si Adel Sawiris se dit ainsi confiant sur « la démonstration de force que pourrait être cette élection régionale afin de rappeler aux trois plus gros partis nationaux que les hiptiques existent encore », selon ses propres paroles tenues dans son discours de jeudi dernier en conférence de presse, Iskandar Kanaan dénonce lui « la mainmise hellénique sur les médias, qui éludent complètement le fait que les principaux partis cémétéens sont en réalité minoritaires dans le gouvernorat du Haut-Thaon ». Des propos qu'il a tenu en hiptique tout en refusant la présence d'un traducteur hellénique à ses côtés : un geste fort pour sa communauté, dont il se revendique être le premier représentant. Il devra néanmoins renouveler cette confiance dans les urnes régionales d'ici quelques jours.
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Informations du Thaon

Les corporations cémétéennes sont prêtes pour l'an prochain


Apostolos Tripakis | 09/09/2002

Usine Cémétie

Les industriels de la vallée du Thaon prévoient deux semestres économiques excellents en 2003.


Avec un Produit Intérieur Brut de deux mille milliards de drachmes cémétéennes (₯), soit un demi-millier de milliards de dollars internationaux,

la Principauté de Cémétie est un État relativement riche par rapport à ses voisins du continent

. Mais si le Produit Intérieur Brut augmente, la population aussi, et parfois plus vite : alors que la richesse par tête (PIB par habitant) cémétéen promettait d'atteindre les 20 000 $ en 2000, le chiffre de 12 000 $ semble s'éterniser dans les mémoires, alors qu'en 1990 il était au même niveau. Une stagnation éco-démographique qui semble se pérenniser, malgré les efforts récents des précédents gouvernements et des différentes institutions pour essayer d'enrayer le phénomène. Mais rien n'y a fait jusqu'à maintenant : la faible croissance économique est ce qu'elle est.

Mais le réel problème pour la population cémétéenne, c'est bien son augmentation perpétuelle et incontrôlée, propre à

une transition démographique à peine entamée par le pays et qui caractérise un peuple peu développé

, traditionaliste et tourné vers les espaces ruraux : une très grande partie de la population cémétéenne se concentre ainsi le long des espaces fluviaux comme la vallée du Thaon ou la vallée du Jordau (gouvernorat de Kiniakeia). Un fléau pour le développement urbain et la modernisation des infrastructures communales à travers le pays, puisque la faible concentration géographique et l'éparpillement des habitations en Cémétie est un vrai casse-tête pour les urbanistes et autres experts en charge de l'aménagement du territoire.

Pourtant,

les corporations d'exploitants agricoles et d'industriels de la vallée du Thaon ont tenu à affirmer les bons résultats à venir

de l'économie cémétéenne pour 2002 et 2003 au travers d'un communiqué commun à plusieurs organisations : un gage pour l'avenir selon certains, une tentative de raviver la flamme de la croissance économique par un enthousiasme consumériste généralisé pour d'autres. Les corporations, qui ne font d'ailleurs pas l'unanimité au sein de la population cémétéenne, sont déjà accusées d'être responsables du recul du libéralisme économique dans le pays et de comportement monopolistique hostile à toute concurrence particulière et indépendante. Une période trouble pour l'économie du pays, puisque les secteurs primaire et secondaire sont sous le contrôle d'organismes inamovibles alors même que la mobilité économique y est nécessaire.

A l'approche des élections gouvernatoriales du 15 septembre 2002, l'hostilité des candidats vis-à-vis des corporations pourrait bien pousser le vote de quelques entrepreneurs acquis au libéralisme vers certains bulletins de vote. Rien n'est moins sûr, quand on sait que certains candidats, notamment en Khargie (nord-ouest) et dans le Haut-Thaon (sud), n'ont pas hésité à refuser de se placer politiquement sur des questions d'ordre étatique : ainsi, aucun candidat ou gouverneur sortant ne s'est encore affiché ouvertement hostile aux mesures prises par les précédents gouvernements, et encore moins contre les décrets princiers que certains jugent pourtant comme de véritables diktats du chef d'État.

Les corporations restent donc au centre de la question économique, à défaut de laisser place à une quelconque périphérie pour s'exprimer sur le sujet.

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Cémétie Matin

Gouvernatoriales : recul historique du parti majoritaire


Vasiliki Strakelli | 15/09/2002

Elections gouvernatoriales Cémétie 2002

Le parti majoritaire et la coalition gouvernementale ont connu une lourde défaite dans les urnes.


Avec quatre sièges de gouverneurs sur les sept existants, le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») est le plus gros parti politique cémétéen, totalisant 271 députés à la Vouli

(unique chambre législative du Parlement cémétéen) soit quasiment la moitié des suffrages exprimés. Pourtant, ce score électoral important que le parti a marqué aux élections législatives de 1999, n'a pas suffi à la majorité élue pour conserver sa position au niveau régional : alors que la coalition entre le ΧΔΜ et le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») partait gagnante dans tous les gouvernorats sauf celui de Kiniakeia (extrême-nord) où le Ομάδα Περιφερειών (Περ., « Groupe des Régionalistes ») était le favori des sondages, la coalition au pouvoir a connu une sévère déroute dans les urnes.

Les trajectoires de vote supposaient ainsi une victoire des candidats de la coalition de droite

dans les gouvernorats du Haut-Thaon (sud), du Bas-Thaon (centre), de Khargie (nord-ouest), d'Asayoutie (sud-ouest), d'Irakleia (centre-nord) et de Samareia (nord-est). Pourtant, les urnes ont fait mentir les experts : si le ΧΔΜ conserve ses sièges dans le Bas-Thaon (Vasileios Glarakis réélu avec 53,89% des suffrages), en Asayoutie (Ioannis Perropoulos avec 61,43%) et à Héraclée (Isidora Stavridi avec 54,03%), il perd son fief historique qu'est la Khargie où le jeune candidat novice Alexios Rossellis s'est fait écraser (seulement 39,85% des voix) par Demos Comopoulos de la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique »). Le ΚΦΚ, lui, conserve son unique siège de gouverneur de Samareia (Dimitris Frangiadis avec 51,26% des voix).

Le basculement inédit de la Khargie de la droite conservatrice qu'incarne le ΧΔΜ vers la droite radicale nationaliste qu'est l'ΕΕΠ est sans précédent : le parti nationaliste panhelléniste et « hiptophobe » était jusque-là cantonné aux quelques sièges de députés qu'il récupère fréquemment aux élections législatives, et à aucun moment depuis sa création le parti n'était arrivé jusqu'à un poste exécutif aussi élevé. Ces dernières années, les maires des communes du gouvernorat de Khargie semblent cela dit s'être tournée peu à peu vers le parti nationaliste, abandonnant le ΧΔΜ au pouvoir depuis des décennies. Une sorte de défiance qui a laissé bouche-bée les représentants du parti au pouvoir lors de la soirée électorale d'aujourd'hui. Mais le recul du ΧΔΜ en Khargie n'est pas la seule surprise de ce scrutin.

Dans le gouvernorat Haut-Thaon, avec 56,82% des suffrages exprimés, le parti nationaliste hiptique Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») a balayé au second tour le candidat Radames Khoury de la coalition ΚΦΚ-ΧΔΜ. Le premier tour s'était lui-même avéré être une surprise : alors que le Haut-Thaon est un fief historique du Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ,« Mouvement Populaire et Social »), Sadiki Sarkis, candidat du principal parti de la gauche cémétéenne, a fini troisième lors du premier tour, derrière le candidat de la droite traditionnelle Radames Khoury et le candidat de la droite nationaliste hiptique Adel Sawiris. Les deux candidats au poste de gouverneur du Haut-Thaon, région la plus pauvre du pays et la plus fracturée du pays, se sont affrontés férocement mais les électeurs ont accordé leur confiance au jeune parti nationaliste hiptique fondé par Iskandar Kanaan, son sulfureux président, il y a quelques années et ayant remporté pour la première fois des élections en 1999 en entrant à la Vouli avec onze listes élues et donc onze députés.
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Informations du Thaon

Un rapport d'experts alarme sur la situation militaire du pays


Anargyros Zervatos | 15/09/2002

Armée cémétéenne Cémétie

La Cémétie reste globalement sous-équipée et sous-défendue, selon un comité d'experts.


Avec des politiques budgétaires variables, tantôt austéritaire tantôt sociale, la Principauté de Cémétie continue de déjouer les pronostics de la modernité en gardant un modèle étatique archaïque, frôlant parfois l'obsolescence.

Cette semaine, c'est un rapport de spécialistes issus du milieu de la défense nationale qui est venu ébranler le modèle militaire cémétéen : avec des effectifs humains très faibles, des moyens frôlant le néant et un équipement désuet si ce n'est inexistant, la Cémétie n'est définitivement pas à la hauteur de ses moyens. Alors que le Produit Intérieur Brut a quasiment doublé depuis les années 1950, les forces armées elles n'ont fait que décroître : d'une part par la forte crainte des dirigeants et souverains qui se sont succédés, d'autre part par manque d'intérêt des autorités.

Il faut dire que le Υπουργείο Άμυνας (Ypourgeío Ámynas, « Ministère de la Défense ») cémétéen est une épave qui se transmet de gouvernement en gouvernement :

l'État a longtemps refusé d'investir pour la préservation de l'équipement stratégique national

, à tel point que le pays ne dispose aujourd'hui plus d'aucun moyen de dissuasion concret, alors que la Cémétie entretenait un conflit gelé avec l'Empire rémien, géant panhellénique voisin dont les prétentions territoriales ont poussé la Principauté à s'armer contre la menace il y a de cela un demi-siècle. Rien ne semble pourtant avoir motivé une conservation particulière dudit armement depuis cette ère conflictuelle : il faut dire que la Cémétie est un pays introverti, véritable fossile traditionaliste aux abords de mers en pleine ébullition.

En clair, le pays est lourdement sous-équipé.

L'industrie militaire du pays, bien que tombée en rade depuis quelques décennies, reste un secteur stratégique en déperdition avec des enjeux toujours plus importants dans un siècle à la violence qui s'ignore. Le gouvernement cémétéen n'est plus depuis longtemps intéressé par les problématiques internationales, en témoigne le déclin progressif de la politique étrangère de la Cémétie depuis les années 1970. Rien n'ose faire bouger le monolithique Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), superpuissance de la vie politique nationale qui se refuse, depuis une trentaine d'années qu'il est au pouvoir, d'évoluer sur les questions de diplomatie internationale, d'enjeux militaires et d'ouverture économique.

Mais les cartes pourraient être rebattues prochainement. Déjà, les élections législatives de 2003 sont à moins d'un an d'aujourd'hui : une étape qui semble anodine, mais dont le lecteur averti relèvera les enjeux cruciaux par les temps qui courent. En effet, le léger recul du parti majoritaire aux dernières élections législatives de 1999 ont poussé le ΧΔΜ à s'allier au Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») pour obtenir la majorité absolue de coalition. Une concession faite, qui est la porte ouverte à d'autres : l'éjection du ΧΔΜ de la tête du gouvernorat de Khargie semble également avoir déstabilisé la majorité alors-même que la contre-offensive des nationalistes hiptiques a soufflé l'initiative des conservateurs cémétéens dans le Haut-Thaon. Les élections gouvernatoriales ont manifestement renversé une table que les législatives de 1999 avaient déjà commencé à soulever.
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Cémétie Matin

Perrakos a annoncé la composition du nouveau gouvernement


Vasiliki Strakelli | 18/09/2002

Christodoulos Perrakos Premier ministre Cémétie

Le nouveau Premier ministre cémétien a finalement trouvé un accord avec la coalition.


Nommé par la coalition majoritaire en août dernier, le Πρωθυπουργός (Prothypourgos, « Premier ministre ») de la Principauté de Cémétie a dû marchander avec les cadres du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), les deux partis qui composent la coalition au pouvoir, afin de réunir une équipe gouvernementale qui saurait plaire aux deux partis politiques de droite.

Après quasiment un mois de délibérations, Christodoulos Perrakos est finalement parvenu à convaincre les chefs de la coalition

de la pertinence de la liste ministérielle qu'il comptait présenter. À défaut d'un consensus, c'est un arrangement que les deux partis politiques n'ont pu refuser.

En effet, avec six des neuf ministères d'État, le ΧΔΜ conserve sa majorité effective dans le contrôle des institutions

mais le ΚΦΚ fait son entrée dans la cour des grands avec trois portefeuilles ministériels. Parmi les ministres affiliés au ΧΔΜ on compte Menelaos Anastakis au Υπουργείο Άμυνας (Ypourgeío Ámynas, « Ministère de la Défense »), Ioannis Metrotis au Υπουργείο Οικονομίας (Ypourgeío Oikonomías, « Ministère de l'Économie »), Sofia Koskeli au Υπουργός Γεωργίας και Θάον (Ypourgós Georgías kai Tháon, « Ministère de l'Agriculture et du Thaon »), Eliza Sarkalli au Υπουργός Εσωτερικών (Ypourgós Esoterikón, « Ministère des Affaires intérieures ») ainsi qu'Akakios Perrallis au Υπουργείο Πολιτισμού και Θρησκευμάτων (Ypourgeío Politismoú kai Thriskevmáton, « Ministère de la Culture et des Affaires religieuses »).

Si aux autres ministères d'État donnés au ΧΔΜ sont investis par des ministres pour la plupart haut-fonctionnaires, nous pouvons également souligner la présence de l'ancien candidat aux élections gouvernatoriales de septembre 2002 en Khargie, Alexios Rossellis, au Υπουργείο Παιδείας (Ypourgeío Paideías, « Ministère de l'Éducation »). Du côté du ΚΦΚ, c'est l'ancien candidat au siège de gouverneur du Haut-Thaon pour le compte de la coalition ΚΦΚ-ΧΔΜ, l'hiptique Rhadames Khoury, qui s'est vu investi au Υπουργείο Διπλωματίας (Ypourgeío Diplomatías, « Ministère de la Diplomatie »), aux côtés de Filaretos Spanelis au Υπουργείο Δικαιοσύνης (Ypourgeío Dikaiosýnis, « Ministère de la Justice ») et de Pinelope Statha au Υπουργός Υγείας (Ypourgós Ygeías, « Ministère de la Santé »).

Six ministres pour le parti conservateur, trois pour le parti libéral

, mais seulement trois femmes sur les neuf ministres nommés par la Christodoulos Perrakos. La moyenne d'âge de la composition du nouveau gouvernement baisse d'un peu moins de dix ans par rapport à 2001, une évolution surprenante qui fera jaser plus d'un, considérant la tendance des institutions à concentrer des gérontes en son sein. Mais ce changement pourrait bien faire évoluer le paradigme des institutions cémétéennes, parallèlement à l'entrée d'une partie de ministres libéraux souhaitant faire évoluer la situation : le Ministère de la Diplomatie pourrait connaître une renaissance après des décennies de décrépitude, en étant dépoussiéré par Rhadames Khoury, homme politique du ΚΦΚ très favorable à l'ouverture de la Cémétie à l'international.
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Le Messager du Désert

Les nationalistes remportent les gouvernatoriales dans le Haut-Thaon


Iskandar Safar | 18/09/2002

Iskandar Kanaan Président Ligue du Sud Cémétie

Le président du parti nationaliste hiptique s'est félicité de cette victoire.


Pourtant fief historique de la gauche cémétéenne, incarnée par le Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social »),

le gouvernorat du Haut-Thaon a basculé cette semaine du côté du parti nationaliste hiptique

Νότια Συμμαχία/ⲣⲉϥⲡ ⲣⲏⲉ (ΝΣ, « Ligue du Sud »), une première dans tout le pays tout comme pour le petit parti de la droite radicale, puisque la ΝΣ est loin de faire l'unanimité au niveau national avec seulement 2,03% des sièges remportés aux élections législatives de 1999 (onze députés nationalistes hiptiques sont entrés pour la première fois à la Vouli à cette date). le jeune parti mise sur une stratégie de provocation et joue sur sa radicalité pour récolter des voix au niveau national pour les échéances générales comme les législatives pour se faire connaître.

Une tactique à double-tranchant que la direction du parti, notamment représentée par Iskandar Kanaan, n'a pas appliqué lors des élections gouvernatoriales du Haut-Thaon

, se concentrant au contraire sur une politique sérieuse de reconstruction d'une région cémétéenne abandonnée par l'État et par les autres partis politiques. La lente décrépitude du parti déjà en place localement, le ΛΚK, mais aussi l'offensive de la coalition de droite du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») ont permis à Adel Sawiris, candidat de la ΝΣ directement investi par Iskandar Kanaan, président du parti, d'arriver au second tour et de rafler l'élection.

Une première pour le « seul parti représentatif des hiptiques »

, comme se revendique lui-même le parti dans ses brochures distribuées aux habitants du gouvernorat du Haut-Thaon, mais aussi « un appel d'air pour une plus juste représentation de la communauté hiptique dans les institutions », et pas seulement par la ΝΣ, selon les propos qu'a tenu Iskandar Kanaan devant les journalistes suite à la victoire de son parti. Adel Sawiris, entrepreneur hiptique et ami de longue date du président du parti nationaliste hiptique, « [n'a] pas pu résister à la proposition de [celui-ci] », selon ses aveux faits à la presse régionale ce matin devant le siège du gouvernorat, en plein centre de la région. Son programme, revendique-t-il, « est essentiel à la survie de l'économie régionale ».

Le principal problème pour le parti nationaliste est maintenant d'appliquer à la lettre les promesses faites aux électeurs

, et elles ne sont pas moindre puisqu'Iskandar Kanaan tout comme Adel Sawiris ont avancé des revendications notables sur les questions communautaires, religieuses et économiques. À cela va devoir s'ajouter l'hostilité de la hiérarchie étatique, quasi-intégralement hellénique et subordonnée au ΧΔΜ, qui pourrait donc tenter de mettre des bâtons dans les roues du nouveau gouverneur du Haut-Thaon, poussant celui-ci à des résultats mitigés pour son programme afin de discréditer définitivement le jeune parti d'opposition. Pourtant, Adel Sawiris ne désespère pas puisqu'il se dit lui-même « confiant sur le bilan [qu'il présentera] en 2008 et qui illustrera l'inefficacité du pouvoir en place dans ses luttes politiques intestines ».
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