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PRESSE | Τύπος στο Κεμέτ - Page 3

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Cémétie Matin

Législatives : l'étau se resserre, les erreurs deviennent des affaires


Vasiliki Strakelli | 05/09/2003

Parlement Cémétie Vouli

De simples erreurs de parcours peuvent devenir fatales pour l'opinion publique.


On le sait, les élections législatives approchent à grands pas : dans deux jours, les citoyens cémétiens se rendront dans les urnes pour départager au scrutin proportionnel de liste

, les mouvements politiques qui composent le paysage national. Si les nationalistes, hiptiques de la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») et helléniques de la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (, « Ligue Nationale Hellénique »), ont eu le vent en poupe ces dernières années en profitant très largement des bilans de mandat peu reluisants de certains élus de l'ancienne majorité conservatrice, la nouvelle majorité parlementaire, formée avec les députés libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), n'est pas en reste.

Le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), qui avait jusque-là la majorité absolue en nombre de voix et en sièges obtenus à chaque élection depuis plusieurs décennies, s'est allié l'an dernier avec le ΚΦΚ

pour sortir de l'impasse parlementaire dans laquelle était la majorité relative : un gouvernement de minorité, composé uniquement du ΧΔΜ, qui peinait à faire passer ses mesures à la Vouli (Parlement cémétéen). Une situation d'impasse qui pourrait redevenir d'actualité après les échéances électorales à venir, si l'on en croit le dirigeant du parti nationaliste hiptique, Iskandar Kanaan, qui espère pouvoir trouver « un accord de gouvernement avec d'autres mouvements ».

Un appel au rassemblement de l'opposition par une organisation politique qui était jusque-là très minoritaire, mais qui monte rapidement dans les sondages

au point de largement concurrencer l'autre branche du nationalisme en Cémétie, les panhellénistes de l'ΕΕΠ. Si l'ΕΕΠ et la ΝΣ peinent à trouver des terrains d'entente, comme le démontre les difficultés rencontrées par ces deux partis pour trouver une plateforme politique commune pour les échéances électorales à venir suite à leur décision de rapprochement de circonstance, les deux principaux courants nationalistes n'ont aucune peine à désigner leur ennemi commun : la droite « molle », le pouvoir en place, les libéraux, les sociaux-démocrates...

Une liste longue comme le bras qui souligne le caractère éminent contestataire des deux partis nationalistes. Malgré les vives critiques et les tensions, la mouvance nationaliste « unie » semblait partir pour concurrencer directement la majorité

parlementaire et lui contester des sièges y compris dans ses fiefs, comme lors des gouvernatoriales de septembre 2002. Pourtant, le président de la Vouli Antonis Nicopoulos (ΧΔΜ) avait annoncé une contre-offensive médiatique : une promesse tenue, l'affaire Raul Correa faisant la une des journaux et entachant directement la responsabilité des courants militants chez les nationalistes. Si la progression du nationalisme, notamment hiptique, dans l'électorat reste notable, les jours de la majorité récemment établie ne sont plus en danger.
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Cémétie Matin

Élections législatives : décennie noire pour les conservateurs


Vasiliki Strakelli | 08/09/2003

Elections législatives Cémétie 2003

Comme pressenti dans les sondages, l'ancien parti majoritaire continue de reculer dans les urnes.


Hier, les citoyens de la Principauté se sont rendus dans les urnes pour départager, au scrutin proportionnel, les listes officielles présentées pour les élections législatives

: c'est sans surprise que le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») reste le premier parti politique cémétéen avec 34,99% des places obtenues à la Vouli (Parlement cémétéen), soit 190 députés sur les 543 sièges. Une majorité relative qui se voit fortement affaiblie par rapport à 1999 où le parti conservateur avait obtenu 271 sièges soit 49,91% des députés ; une tendance qui s'accélère ses dernières décennies, puisque les derniers scrutins (notamment les gouvernatoriales de 2002) ont été peu clémentes envers les conservateurs, anciennement majoritaires.

Le grand parti vainqueur dans les urnes est la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») qui remporte 70 sièges (12,89% de la Vouli)

, soit sept fois plus qu'en 1999 ; si les nationalistes hiptiques triomphent, les nationalistes helléniques, leurs partenaires de circonstances, peinent à s'imposer et ne gagnent que dix députés par rapport à il y a quatre ans : de 34 (6,26%) à 44 sièges (8,10%) pour la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique »). Un moins bon score que pressenti dans les sondages cependant, qui donnaient jusqu'à un quart de la Vouli aux nationalistes qui s'en tirent finalement avec un cinquième des sièges, un résultat néanmoins notable quand on sait que ΝΣ n'est rentré qu'aux précédentes élections au Parlement.

Le cavalier solitaire inattendu du scrutin est l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), la gauche radicale remportant 8,66% de la Vouli avec 47 sièges

: un candidat socialiste qui crée la surprise en phagocytant le Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social »), qui lui perd 41 députés (de 122 à 81 députés). Une évolution politique qui pourrait bien se concrétiser et se pérenniser aux prochaines échéances politiques par le basculement de l'électorat de gauche vers les discours contestataires de l'ΑΣΚ, au détriment d'un ΛΚΚ que certains jugent parfois trop timoré pour s'imposer. Les scénarios se multiplient, alors que les cadres de la gauche traditionnelle peinent à expliquer ce revers de fortune.

Devenu second parti de Cémétie en nombre, les députés du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») sont désormais au nombre de 93 (17,13%)

, une progression de dix-neuf sièges qui s'explique largement par le ralliement d'une partie de l'aile libérale du ΧΔΜ. Les libéraux représentent désormais un tiers des députés qui vont composer le nouveau groupe majoritaire : 283 sièges (190 conservateurs et 93 libéraux) soit 52,12%, à peine onze voix de plus que ce qui est nécessaire pour avoir la majorité absolue (272 voix). Le jeu d'équilibriste pour retenir les futurs éléments transfuges de la majorité fragilisée pourrait bien animer le jeu politique cémétéen pour les années à venir ; les années 2000 sont une décennie noire pour le parti conservateur qui règne sur les institutions politiques nationales depuis plus de trente ans.


Parlement Cémétie Vouli élections législatives 2003 résultats
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Informations du Thaon

Tensions au Varanya, les puissances entrent dans le jeu


Anargyros Zervatos | 14/10/2003

Bandar Abbas Varanya

La guerre civile larvée au Varanya pourrait bien tourner au conflit ouvert.


Arkencheen, Naka, Aumérine, Walserreich, Fortuna, Albel, Catalina...

Autant d'États ayant pris position, du moins diplomatiquement, dans le marasme varanyen

: au bord de l'ébullition, le petit empire est-afaréen connaît des troubles sans précédent dans son histoire contemporaine. Monarchie habituée à l'immobilisme et au conservatisme, le Varanya connaît des revendications démocratiques toujours plus importantes de la part de mouvements insurgés relevant de différentes tendances : partisans de l'instauration d'un régime théocratique islamique, révolutionnaires d'inspiration marxiste défendant la collectivisation et le socialisme, et fervents soutiens d'une démocratie libérale ouverte sur le monde.

Si les mouvances islamistes et communistes avaient jusque-là effrayé le quidam varanyen, la domination peu à peu établie des libéraux sur le mouvement révolutionnaire

a contribué à redorer le blason d'une insurrection qui s'essoufflait jusque-là face à un pouvoir central toujours plus autoritaire. Les libéraux de l'« Alliance Nationale Varanyenne » (ANV), soutenus par la Fédération d'Arkencheen et la République de Fortuna, ont pris le pas sur les revendications des deux autres tendances qui composent le « Front National Varanyen » (FNV) et marqué un tournant majeur dans la politique interne de la rébellion. Le régime de Thadamis, la capitale impériale, n'est désormais plus en mesure de diaboliser son adversaire direct.

Mais qui pourrait bien se dresser contre la perspective démocratique au Varanya ? Des puissances étrangères, régionales comme extracontinentales

, cherchent encore à maintenir le régime monarchique et les forces loyalistes au sein du gouvernement actuel. Une tâche rendue ardue par le zèle des rebelles, toujours plus soutenus financièrement et matériellement par l'archipel arkencan qui s'appuie, entre autres, sur des bases arrières sur le sol fortunéen. L'archipel mondial que représente la petite République vénète est un vivier à ports d'attache et constitue un collier de perles très avantageux pour organiser des bases arrières - l'attitude de laisser-faire des autorités insulaires n'arrangeant rien.

Mais les échanges de matériel de propagande ne sont que secondaires en comparaison de l'afflux d'équipement militaire vers le sol varanyen

: un conflit d'envergure s'y prépare, opposant loyalistes à rebelles, mais potentiellement aussi une « impasse encolanaltèque » entre libéraux, communistes et islamistes. La question varanyenne risque de peser lourdement sur la scène internationale jusqu'à sa résolution, qui ne saurait laisser les États participants, riverains comme étrangers, indifférents les uns aux autres. Une guerre civile au Varanya pourrait-elle concrétiser la fin de l'autarcie mondiale et ouvrir le nouveau millénaire sur des problématiques liées au multilatéralisme et à une potentielle course des puissances ?
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Le Messager du Désert

Municipales : Iskandar Kanaan envisage une « vague violette »


Iskandar Safar | 04/11/2003

Iskandar Kanaan Président Ligue du Sud Cémétie

Le président du mouvement nationaliste hiptique se sait victorieux, pour le moment.


Dopés par leurs résultats aux élections législatives de septembre 2003,

les nationalistes hiptiques de la ⲣⲉϥⲡ ⲣⲏⲉ-Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») comptent sur leurs conquêtes récentes pour redorer le blason de l'ancien parti régional

. Récupéré par Iskandar Kanaan il y a une dizaine d'années dans l'espoir de l'aider à conquérir le siège de gouverneur du Haut-Thaon, la ΝΣ n'avait pas fier allure dans les années 1990 alors que le mouvement politique, après de belles années dans l'opposition locale et régionale, avait peiné à s'insérer dans la vie politique nationale - à cause d'une ligne trop clivante et une majorité conservatrice écrasante.

Iskandar Kanaan, ancien membre du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), parti de droite anciennement majoritaire et aujourd'hui dans une coalition de gouvernement avec le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), avait été expulsé de ce même parti conservateur pour ses propos tenus dans la presse

, jugés trop licencieux et peu représentatifs des cadres hiptiques du mouvement conservateur, que Kanaan représentait alors. Aujourd'hui, son départ lui a coûté mais lui a également rapporté une grande popularité : candidat autodésigné comme antisystème, son hostilité ouverte à la modernité et à la construction binationale plaît.

Personnage qualifié de « sulfureux », « populiste » et « démagogue » par la presse hellénophone, Kanaan n'hésite pas à en jouer : ses réunions politiques comptent parmi les plus influentes du pays

. Mais Kanaan et la ΝΣ ne se sont pas construits seuls : à l'époque de l'adhésion d'Iskandar Kanaan au bureau national du parti nationaliste hiptique, le mouvement a pu compter sur un réseau d'élus locaux sympathisants très importants dans le sud de la Cémétie, allant jusqu'à déjouer les pronostics pour les élections législatives de 1999 où, on s'en rappelle, onze députés avaient défrayé la chronique en étant les premiers élus du parti au sein de l'hémicycle héracléen.

Ce réseau d'élus haut-thaoniens, la ΝΣ l'a réaffirmé il y a plus de cinq ans lors des élections municipales, en remportant de nouvelles villes et en imposant des groupes d'opposition solides au sein de certains conseils municipaux

. Dans les dèmes (unité administrative urbaine régie par le conseil municipal), les listes des « hiptistes », nouvelle appellation fréquemment utilisée dans les discours des nationalistes hiptiques, les listes municipales se préparent : 2004 promet d'être une année riche politiquement parlant, au vu des projets et propositions de loi à débattre à la Vouli (Parlement cémétéen), mais aussi au vu de l'échéance locale majeure qui se prépare. L'occasion pour certains élus de perpétuer la tradition du cumul des mandats, de plus en plus critiqué par les politologues comme une « pratique des élites ».
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Cémétie Matin

La majorité inquiète à l'approche des municipales


Vasiliki Strakelli | 10/11/2003

Elections législatives Cémétie 2003

Un an après les législatives, les électeurs défileront devant les urnes pour choisir les nouveaux maires.


Qui dit scrutin en approche dit aussi campagne électorale et recomposition politique : des mots très alléchants pour les nouveaux partis dits « conquérants »

: la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») mais aussi et surtout la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud »), deux formations politiques qui ont largement profité des dernières élections législatives pour partir à la conquête de nouvelles voix, remportant respectivement dix et cinquante-neuf sièges à la Vouli (Parlement cémétéen). Un score à mettre en perspective avec le recul relativement récent de l'ancien parti majoritaire, le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »).

Le mouvement des conservateurs cémétéens a ainsi connu des heures moins sombres : un euphémisme, quand on sait la mainmise passée du ΧΔΜ sur la vie politique nationale

. Désormais, tout mariage avec les réactionnaires est rompu et la sécession de plusieurs députés, notamment hiptiques comme Alexis Gerotis en janvier dernier, est symptomatique d'une mutation de la scène politique cémétéenne qui pourrait bien se concrétiser au-delà des frontières des gouvernorats du Haut-Thaon et de Khargie, deux régions récemment conquises par des candidats nationalistes : respectivement, le nationaliste hiptique Adel Sawiris et le nationaliste hellénique Demos Comopoulos.

La prochaine échéance électorale approche, et chacun le sait : pour les municipales, les listes se fourbissent déjà en attendant les inscriptions officielles et l'annonce de la date

. La seule chose que les formations politiques savent sur les élections locales, c'est qu'elles auront lieu entre les mois de mars et d'avril 2004 ; de nouveau, les problématiques politiques reprennent le devant de la scène médiatique, comme en septembre dernier pour les législatives. Mais les débats ciblent des questions beaucoup plus locales : pour les grandes villes, en pleine gestation démographique avec l'exode rural, mais aussi pour les petites communes, où l'urbanisation vient défier les paysages ruraux en perte de vitesse.

Les élections municipales se déroulent au scrutin proportionnel de liste avec prime majoritaire : un système qui a déjà fait ses preuves, notamment en ce qui concerne les villes d'Héraclée et de Ménorophon

, les deux plus grandes villes cémétéennes où les élections municipales provoquent généralement des coalitions électorales relativement travaillées et muries. Si les nationalistes ont une emprise au niveau national, les élections locales constituent un tout autre champ de lutte politique - bien plus que les régionales. Historiquement partagées entre listes dites d'« union de la gauche » entre le Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social ») et l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie ») et listes d'« union de la droite » du ΧΔΜ avec le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), une partie des communes pourraient bien basculer l'an prochain.
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Le Messager du Désert

Que sont devenus les députés frondeurs ?


Iskandar Safar | 10/11/2003

Alexis Gerotis député Cémétie Vouli Parlement Ilias Kasidiaris

Alexis Gerotis est vite devenu le chef de file de cette « fronde parlementaire ».


On le sait, l'aile la plus à droite du parti conservateur, le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), avait défecté les rangs de la majorité

établie avec les libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») pour quitter l'axe libéral-conservateur et rallier les partis dits nationalistes, à savoir la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») et la ⲣⲉϥⲡ ⲣⲏⲉ/Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud »). Si les transfuges s'étaient initialement constitués en groupe parlementaire dissident pour chercher à faire évoluer la ligne politique de la coalition au pouvoir, leur nombre (une vingtaine) n'a pas suffi à opérer un virage significatif.

Intraitables, les cadres des deux partis constitutifs du bloc majoritaire n'ont pas hésité à renvoyer les députés en question des formations politiques affiliées

, poussant ces derniers à rejoindre momentanément le groupe des « sans étiquettes ». Une décision qualifiée d'« arbitraire » par les parlementaires incriminés, qui « [souhaitaient] simplement interpeller le gouvernement sur ce virage libéral récent » (sic) : des désertions forcées qui ont néanmoins ravi les dirigeants des partis d'opposition, notamment les nationalistes qui avaient déjà engagé à l'époque le changement de groupe politique pour les élections législatives. La dernière fois que nous en parlions, des négociations étaient en cours ; depuis, les législatives ont permis des fusions de liste avec les dissidents.

Des personnalités notables du mouvement frondeur comme Alexis Gerotis, député du Bas-Thaon, qui avait agi en chef de file des dissidents après son expulsion du ΧΔΜ en janvier 2003

, se sont retrouvés en tête des listes nationalistes pour les législatives dans cette même région. Un changement de camp significatif, puisqu'il marque la fin définitive de l'« arc conservateur » propre à l'union de la droite cémétéenne, qui avait permis au parti conservateur d'avoir des majorités parlementaires confortables depuis plusieurs décennies en maintenant le débat d'idées entre libéraux-conservateurs, sociaux-conservateurs et réactionnaires dans l'enceinte de la formation politique. Un exercice périlleux au début, mais qui avait laissé penser que les réactionnaires s'inféodaient définitivement au conservatisme institutionnel.

Immobilisme, soutien excessif aux décisions monarchiques, participation active à l'identité binationale cémétéenne, gestion obscure des financements et affaires juridico-légales en tout genre...

Les critiques adressées par les anciens députés frondeurs ne manquent pas contre le gouvernement en place : l'ouverture de la majorité aux libéraux du ΚΦΚ a constitué un choix politique et un motif de départ et d'opposition pour des députés conservateurs et réactionnaires qui se sont vus trahis par une direction collégiale du mouvement désormais très tournée vers le libéral-conservatisme. Ainsi, sur la vingtaine d'anciens députés conservateurs dissidents, une dizaine ont pu trouver une place plus à droite au sein du l'hémicycle. Si le virage législatif n'a pas été massif, le vote s'est ressenti dans les urnes : le dernier scrutin a été l'occasion pour le ΧΔΜ de limoger ses députés les plus à droite et proches de la ligne réactionnaire, au profit d'une majorité toujours plus libérale.
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Cémétie Matin

L'artiste étranger Raul Correa se lance en politique et en journalisme


Vasiliki Strakelli | 10/11/2003

Raul Correa chanteur Arkencheen Francky Vincent

Curieuse expédition sur la scène politico-médiatique nationale pour le chanteur arkencan.


Personnage ayant fait apparition sur la scène médiatique cémétéenne avec son agression en pleine rue par des militants nationalistes, Raul Correa est devenu en quelques mois la coqueluche de la presse populaire

: entretiens, rencontres et réunions, le chanteur arkencan est loin d'avoir été ignoré par la classe politique nationale, même si l'actualité récente et les décisions judiciaires semblaient avoir plutôt ignoré et méprisé l'« affaire Correa ». Il faut dire qu'à la source de cette épopée rocambolesque, il y a un jeune arkencan d'origine afaréenne rêvant de gloire et de réussite dans l'archipel aleucien. Mais au-delà de ces ambitions nationales, le jeune Raul Correa se voyait déjà à l'époque redécouvrir la terre dont il avait été arraché par l'émigration parentale.

Une histoire romancée du moins, puisque c'est comme cela que Raul Correa a lui-même présenté son parcours au cours d'une conférence de presse exceptionnelle

où, après plusieurs longues minutes d'introduction sur sa vie et son œuvre, l'artiste a présenté son projet... politique. Une annonce qui est loin d'avoir laissé indifférents les journalistes présents à cette conférence : tout en détaillant son point de vue sur les problématiques actuelles de la Cémétie, Correa a également détaillé sa vision pour ouvrir une candidature dite d'« union de la gauche » afin de conquérir la mairie de Ménorophon. Perspectives ambitieuses pour le chanteur, à peine naturalisé il y a quelques semaines de cela après son hospitalisation et la médiatisation de son agression.

À cette volonté de conquête politique, Raul Correa s'est également montré très attaché à « des valeurs citoyennes et la revitalisation de la démocratie cémétéenne en déperdition »

. Tout en refusant « l'affiliation à aucun parti existant », le désormais candidat à l'élection municipale ménorophonite a annoncé la création d'« un parti politique citoyen souhaitant incarner des valeurs d'humanité et de solidarité ». Si le nom de la nouvelle formation politique fondée par le chanteur arkencan et candidat à la mairie de Ménorophon reste encore inconnu, sa contenance l'est tout autant : sans doute à visée locale et municipale, le mouvement pourrait bien se concrétiser également au niveau national, au vu des soutiens affichés à Correa depuis l'affaire de son agression.

Alors que les élections municipales ne prendront place que l'an prochain entre mars et avril 2004, Correa a souligné qu'il ne resterait pas inactif

et comptait bien « agir au niveau local comme national pour les causes qui [lui] importent » : des annonces relativement vagues s'il en est, en tout cas la presse restera sans doute à l'affût puisque Raul Correa a également annoncé sa participation à la fondation d'un nouveau journal ancré à gauche, Πρόοδος και ελευθερίες (« Progrès et Libertés »). Reste à savoir si le gouvernement mettra son feu vert au projet journalistique, qui s'annonce être une redynamisation d'une gauche en ralentissement constant depuis plusieurs années. La naturalisation récente de Correa, ses origines alti-thaoniennes, son caractère et sa profession rendront sans aucun doute son évolution politique parmi les plus critiqués. Les urnes départageront l'opinion publique et les opinions des politiques sur le sujet l'an prochain.
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Progrès et Libertés

La tribune de Raul Correa pour « un monde plus juste »


Stefanos Mundotis | 13/11/2003

Raul Correa chanteur Arkencheen Francky Vincent

Sa réunion politique organisée à Ménorophon s'est faite à grand renfort de modernité.


«

Rentrer en politique, ce n'est pas une mince affaire

», une épitaphe tout à fait convenable pour Raul Correa, le désormais secrétaire général de l'Εναλλακτική Αλληλεγγύη (Enallaktikí Allilengýi, EA, « Alternative Solidariste »), formation politique qu'il a lui-même fondé la semaine dernière à grand renfort de médiatisation et de soutiens publics. Projet politique principalement local voire régional, Raul Correa n'a pas exclu « l'élargissement de cette fédération politique à d'autres horizons », même si l'impératif majeur actuel demeure les élections municipales dans le Bas-Thaon, en particulier dans la ville de Ménorophon où Raul Correa a annoncé l'installation de ses quartiers généraux en termes de politique.

L'arkencan récemment naturalisé cémétien après la médiatisation de son agression en pleine rue par des militants nationalistes au cours de l'« affaire Correa », a résumé sa ligne politique dans un long discours

réalisé devant une audience nombreuse venu le voir au cours de la réunion politique d'inauguration de son parti, à Ménorophon. Parmi les points évoqués, des problématiques notables comme l'union des gauches pour les listes municipales au niveau local et les perspectives nationales d'une telle alliance, la gestion de l'urbanisme dans la ville en pleine expansion qu'est Ménorophon mais aussi la question des inégalités de services entre les différents territoires de la commune et du nome (division administrative regroupant les communes).

Comme de nombreux candidats à la mairie de Ménorophon avant lui, Raul Correa a assuré vouloir « la métropolisation de la ville de Ménorophon

, afin d'assurer une cohérence de la gouvernance entre le conseil municipal et la direction du nome ». Si la structure actuelle des institutions locales favorise la coalition majoritaire, puisque la liste municipale victorieuse du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») est soutenue au niveau régional (gouvernatorial) et nomarchique par le gouverneur élu du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») ; une situation qui pourrait être amenée à évoluer si une liste opposante est élue. Correa milite ainsi pour la fusion du conseil municipal avec les prérogatives nomarchiques, processus dit de « métropolisation » comme le connaît déjà la ville d'Héraclée.

Pour défendre cette mesure, Correa souligne que « la ville de Ménorophon et ses habitants ont déjà trop souffert de l'opposition entre le nomarque et le maire par le passé ; l'alliance de circonstance entre les libéraux et les conservateurs ne saurait garantir la juste coopération entre élus et mandataires à l'avenir »

. Une autre solution, que Correa n'a pas cherché à soulever, est une hypothétique campagne parallèle à la campagne municipale pour asseoir la légitimité du jeune parti de centre-gauche au niveau régional et envisager une candidature d'« union de la gauche » aux gouvernatoriales de 2006. Un projet également ambitieux, mais la petite stature du chanteur devenu homme politique et son accent exotique commencent à peser lourdement sur son avenir dans l'arène avec les lions.
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Cémétie Matin

Soulagement pour la majorité : l'intégralité des ministres reconduits


Vasiliki Strakelli | 20/11/2003

Conseil des ministres Cémétie 2003

La période post-législatives est devenu un moment de tension interne au sein de la coalition au pouvoir.


C'est avec assurance que Christopoulos Perrakos, Prothypourgos (premier ministre) de la Principauté de Cémétie, a annoncé devant la Vouli (le Parlement cémétéen) la liste des personnalités investies dans les principaux portefeuilles ministériels composant le conseil des ministres. Sans véritable surprise, tous les membres du gouvernement sont reconduits à leur poste : une annonce qui pourrait sembler anodine donc, puisque le gouvernement Perrakos II ne diverge du premier gouvernement formé par l'actuel premier ministre uniquement par la différence de législature. Pourtant, les débats ont été rudes entre les chefs de groupes parlementaires composant la coalition au pouvoir.

En effet, les vues sont parfois divergentes entre Antonis Nicopoulos, président de la Vouli et chef de file du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), et Sokratis Boosaloulis, député libéral et président du groupe parlementaire du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), l'autre composante de la coalition de gouvernement. Bien que les libéraux soient minoritaires au sein de cette coalition de la droite et du centre, ils jouent un rôle pivot dans la vie politique et parlementaire du pays : sans le soutien libéral, les conservateurs du ΧΔΜ ne peuvent gouverner en majorité. Grâce à cette supériorité circonstancielle, le ΚΦΚ garde la main haute au gouvernement.

Plusieurs portefeuilles des libéraux ont été reconduits : malgré les contestations d'une partie des élus et militants conservateurs, le libéral et hiptique Rhadames Khoury, ancien candidat de la coalition libérale-conservatrice à l'élection gouvernatoriale dans le Haut-Thaon en 2002, a conservé son poste de Ministre de la Diplomatie. Un poste pourtant peu convoité pour sa complexité et les difficultés rencontrées dans la coopération avec le souverain cémétien, Dimitrios III, qui a rendu la tâche très compliquée pour de nombreux anciens occupants de ce ministère, mais les récents coups d'éclat de Rhadames Khoury en matière de diplomatie internationale et d'ouverture libérale ont poussé certains politiques à critiquer les choix du ministre.

Les mesures récentes du gouvernement n'ont pas fait l'unanimité : les nombreux débats au Parlement, y compris entre les députés membres de la coalition majoritaire, ont enflammé l'hémicycle sur plusieurs questions. Les récentes élections législatives n'auront pas suffi aux conservateurs pour rediriger la ligne du parti vers une gouvernance conjointe avec les libéraux : les mécontentements sont encore nombreux, qui sait si une nouvelle fronde parlementaire pourrait s'immiscer dans le débat au sein de la majorité ? La rupture entre les réactionnaires fédérés par Alexis Gerotis et le bloc majoritaire l'an dernier avait marqué les commentateurs politiques ; rien n'exclut une nouvelle sécession. L'opposition continue à appuyer sur les faiblesses des conservateurs : parti fédérateur, le ΧΔΜ n'a aujourd'hui plus la main haute dans le débat d'idées.
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Informations du Thaon

Le complexe militaro-industriel « pas si mal en point »


Anargyros Zervatos | 22/11/2003

Armée Cémétie blindés

La mise en production d'un nouvelle gamme d'armes¹ signe le renouveau de l'armement cémétéen.


Il y a un peu plus d'un an, un rapport d'experts du complexe militaro-industriel cémétéen cherchaient à alerter l'opinion publique sur l'état supposé de délabrement avancé du tissu de production d'armement du pays : une bouteille jetée à la mer selon certains, mais une tentative d'influence notable par une industrie militaire en pleine expansion selon d'autres. On le sait, l'État cémétéen n'est plus le principal producteur d'armement sur le territoire, largement concurrencé par des firmes oligopolistiques constitués dès la fin du monopole étatique sur ce secteur grâce à de nombreux capitaux nationaux à l'affût de la moindre occasion d'investissement et d'extension économique.

Aussi, l'industrie militaire cémétéenne a connu une explosion économique sans précédent cette année, qui ne pourrait s'expliquer que par la bonne entente entre l'État, seul acheteur légal d'armement du pays, et les producteurs qui sont de fait complètement soumis aux demandes de leur seul client autorisé. Si le duel entre l'État et ces grandes entreprises d'armement peut être difficile pour les nouveaux arrivants, il est cependant jugé très arrangeant pour les forces établies : des prix relativement bas pour l'État mais aussi des avantages notables de la part de l'administration - des pratiques anticoncurrentielles largement critiquées par le monde de la petite entreprise, qui n'apprécie désormais plus ces arrangements illibéraux.

Et si le déclassement du tissu militaro-industriel cémétéen ne passait pas par la baisse de sa production quantitative, mais par la chute de ses capacités technologiques et qualitatives ? Un autre scénario mentionné par le rapport de 2002, mais qui là aussi peine à se confirmer : la mise en production d'une nouvelle gamme d'armes tactiques¹ par plusieurs entreprises au sein d'un groupement militaro-scientifique infirme l'argument d'un potentiel déclassement technologique : le Υπουργείο Άμυνας (Ypourgeío Ámynas, « Ministère de la Défense ») s'est félicité de la bonne vigueur économique de ce nouveau secteur industriel, tout en réassurant la « supériorité technologique de la Cémétie en termes d'équipement militaire ».

Une autocongratulation dont s'est fendu le ministère, mais qui témoigne d'un réel dynamisme militaro-scientifique : outre la coopération active entre centres de recherche - académiques comme privés - et acteurs de production, la remise en état d'une partie de l'équipement des forces armées cémétéennes constitue une gageure en faveur des investissements de défense. Un coût supplémentaire qui pourrait cependant porter préjudice aux finances publiques, mais les bons résultats de la croissance nationale semblent garantir une balance financière saine pour l'année 2003. Un pari pour l'avenir, quand on sait que la Cémétie est redevenue récemment la première puissance navale² au monde grâce à ses dix patrouilleurs.

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¹Mise en production d'« armes légères d'infanterie » de niveau deux.
²Estimation faite au vu de l'équipement naval mondial au 22/11/2003.
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L'Oriental

Le projet de loi de réforme législative inquiète les régionalistes


Mirèlha Lapèira | 25/11/2003

Eusebi Campdepadrós i Pucurull député catalan Parlement Cémétie député lengadocien Josèp Nogaròt

Josèp Nogaròt, le président du groupe des régionalistes, s'est opposé à ce projet de loi.


En janvier dernier, on s'en souvient, les deux chefs de file des partis de la majorité au pouvoir, le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et le Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), avaient obtenu le retrait de la proposition de loi d'un député conservateur et contresignée par plusieurs députés du même groupe, qui souhaitaient à l'époque faire voter une prime majoritaire pour les prochaines élections législatives, assurant de fait au premier parti en score électoral une majorité confortable, du moins pour les échéances à venir. Mais si cette proposition de réforme législative n'avait pas été jugée suffisamment tangible pour être votée la veille des élections, aujourd'hui ne se pose plus la question des échéances électorales à venir.

Aussi, ce qui était initialement une initiative parlementaire d'un élu isolé est maintenant devenu le nouveau projet en vogue au gouvernement : outre les conservateurs, les libéraux du ΚΦΚ se sont montrés bienveillants envers un potentiel texte de loi sur la question. On le sait, le suffrage législatif est régi par une loi organique mais aussi par la Σύνταγμα (la Syndagma, la Constitution cémétéenne) : toute modification en appelle à l'aval du prince Dimitrios III. Un accord princier que les monarchistes du ΧΔΜ ne peineront pas à obtenir, et qui pourrait entériner une évolution constitutionnelle majeure ; la démocratie cémétéenne, garantie par des garde-fous comme la Vouli (Parlement cémétéen), pourrait bien connaître un recul majeur face à la menace des conservateurs souhaitant faire évoluer les règles du jeu.

En outre, diverses mesures ont été débattues en interne d'abord au sein du parti conservateur et ensuite au sein de la majorité avec les libéraux ; si les débats sont restés secrets, plusieurs fuites ont permis de devenir les prémices du texte, qui ne saurait être présenté avant 2004 devant les institutions de la Principauté. Entre autres propositions faisant débat, c'est la mise en place d'un seuil chiffré pour la création d'un groupe parlementaire qui inquiète aujourd'hui l'opposition, en particulier le Grop dels Regionalistas (Ομάδα Περιφερειών-Περ., « Groupe des Régionalistes ») qui réunit les régionalistes lengadociens à la Vouli. Ainsi, Josèp Nogaròt président du groupe parlementaire régionaliste et du parti politique affilié, s'est exprimé dans l'hémicycle contre « cette atteinte manifeste à la démocratie représentative ».

Si le contenu du futur projet de loi n'est pas encore connu à ce jour, le gouvernement reste prévenu par le chef des dix députés régionalistes : « si l'instauration d'un seuil pour la création d'un groupe parlementaire se fait, les députés lengadociens ne pourront plus siéger au sein de leur propre groupe et devront soit se contraindre à rejoindre les sans-étiquettes, soit fusionner avec un autre groupe ». Pour les régionalistes, une perspective « qui [les] inquiète, étant donné le peu de représentativité possible pour les lengadociens dans les autres groupes parlementaires ». L'année parlementaire qui s'annonce risque d'être endiablée, entre la valse des débats au sein-même de la majorité libérale-conservatrice mais aussi le jeu des alliances et rivalités au sein des oppositions, contre lesquelles le gouvernement semble manifestement parti en guerre.
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Informations du Thaon

Du nécessaire réarmement naval de l'État


Anargyros Zervatos | 26/11/2003

Patrouilleur des forces navales de Cémétie

De nouvelles exigences militaires s'imposent à l'heure de la multipolarisation des océans.


La guerre civile larvée au Varanya n'est qu'un épiphénomène local d'un scénario plus global de réchauffement des relations internationales ; l'élément déclencheur du conflit n'est en effet pas les tensions décennales qui concernent le Shah et la population varanyenne, mais bien l'interventionnisme à peine voilé de différentes entités géopolitiques, autant par les canaux diplomatiques que directement sur le terrain, virtuellement (numérique et finances) que physiquement (présence matérielle). Cette guerre qui ne saurait tarder se fera par procuration : aucun des véritables participants n'interviendra frontalement, profitant du truchement que lui confèrent les camps en place pour avoir un levier guerrier sur d'autres puissances.

Si l'on peut débattre de la tangibilité des coalitions en place, du soutien d'États démocratiques au régime impérial en place ou de la collusion entre démocrates libéraux, théocrates islamistes et autocrates communistes, une autre discussion peut être ouverte, non pas sur les causes de ce qu'on l'on pourrait qualifier de « manège varanyen », mais bien sur les conséquences : dans un monde multipolaire comme le nôtre, tout terrain devient un champ de lutte supplémentaire pour les forces en présence et le premier des terrains de lutte reste le champ militaire, à la spécificité près que la dimension globale des nouvelles puissances émergentes questionne les rapports de force traditionnels sur le simple plan continental.

Finies les guerres de position alimentées par des moyens gargantuesques sur des fronts kilométrés : la guerre de demain s'opère par des frappes chirurgicales, minutieuses mais létales. La puissance de frappe, elle, ne roule plus : elle vole, elle vogue. Si la guerre-éclair et l'art opératif théorisés par les eurysiens restent d'actualité, le char d'assaut n'est plus qu'un vecteur d'une énergie non plus émise par de grandes offensives frontales, mais par des déplacements erratiques et verticaux : la marine a pris le pas sur l'armée de terre, la puissance thalassocratique sur la puissance continentale. Le développement militaro-industriel des États-puissances doit s'opérer en ce sens, sous peine de connaître un déclassement géopolitique inévitable.

La plupart des puissances modernes, en plus de revendiquer une façade maritime importante et une connexion à la mondialisation océanique, font également de leur marine militaire un faire-valoir de leur puissance : l'autarcie économique ne saurait assurer la légitimité de la domination navale au sein des intérêts de la Nation, tandis que la pleine ouverture commerciale ne pourrait rester longtemps sans la menace de vivre au dépens de puissances navales adverses. Si les eaux internationales sont neutres sur le papier, en réalité il n'en est rien : en lieu et place du droit appliqué sur le sol, la mer n'assure aucune défense et seuls les puissances thalassocratiques peuvent y faire régner leur loi. Si la Cémétie reste la première puissance navale mondiale, la concurrence saura se faire rude par les États ayant saisi les nuances du commerce international en pleine mer.
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L'Oriental

Le Parlement vote enfin les financements pour le canal de Césanès


Mirèlha Lapèira | 04/12/2003

Canal de Suez canal de Césanès Cémétie

Le projet d'extension et d'élargissement du canal pourrait devenir un filon de prospérité.


Construit dans les années 1930, le canal de Césanès fut un temps la coqueluche économique et commerciale de la Principauté de Cémétie ; creusé à grand renfort de main d'œuvre lengadocienne à une époque où les conditions de travail ne connaissaient aucune réglementation princière, le canal de Césanès est cependant tombé dans la désuétude lorsque l'isthme de Théodosine fut percé par les autorités impériales d'Apamée, quelques décennies plus tard. Vestige d'une époque de prospérité commerciale pour le gouvernorat autonome de Ginhac et les riverains du canal, il ne sert aujourd'hui guère plus qu'à assurer aux lengadociens et autres habitants du nord du pays un accès privilégié aux eaux orientales des côtes cémétéennes.

Mais la dualité entre l'Empire rémien et la Principauté de Cémétie pourrait venir remotiver l'effort infrastructurel des autorités princières et pousser Héraclée à revitaliser le canal de Césanès et les fleuves auxquels il est relié : cette semaine, les débats autour du traditionnel projet de loi budgétaire annuel ont remis au goût du jour l'enjeu maritime régional autour de la connexion entre espace maritime oriental et espace maritime occidental. Alors que le Varanya et les territoires orientaux de l'Empire rémien deviennent de plus en plus convoités par les puissances étrangères, l'accès aux eaux régionales devient un enjeu notable de puissance ; du moins, c'est ainsi que plusieurs députés de différentes obédiences ont défendu leur projet pour le canal.

D'abord, les députés du groupe parlementaire lengadocien Grop dels Regionalistas (Ομάδα Περιφερειών-Περ., « Groupe des Régionalistes »), dont le président du groupe Josèp Nogaròt, ont avancé leur amendement visant à augmenter le budget annuel attribué à l'entretien des infrastructures fluviales et en particulier le canal de Césanès, dont sa restauration et son entretien voire son expansion sont parmi les revendications du groupe politique au sein de l'hémicycle depuis plusieurs années. Succédant aux dix députés lengadociens régionalistes, une poignée de députés conservateurs du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») ont appuyé et contresigné l'amendement des régionalistes.

Une coalition de circonstance, qui souligne néanmoins l'importance de la réhabilitation du canal de Césanès, autant localement que régionalement voire internationalement : voie maritime notable, il pourrait devenir un axe majeur de la mer leucitaléenne en profitant du déclin progressif de l'Empire rémien et d'une juste expansion de ses moyens. Alors que la question du budget du canal était devenue épineuse pour les autorités locales comme nationales, les deux s'opposant souvent sur l'utilité réelle de la voie d'eau, le canal semble jouer en faveur du gouvernorat autonome de Ginhac, principal gestionnaire du canal. La question de la domination maritime commerciale et militaire pourrait bien profiter aux lengadociens et remettre au goût du jour la petite région autonome du nord du pays.
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Cémétie Matin

Vote du budget : la majorité aux aguets


Vasiliki Strakelli | 16/12/2003

Parlement Cémétie Vouli

La lutte est engagée à la Vouli entre orthodoxie budgétaire et réflexion économique.


Traditionnel bal de fin d'année, le projet de loi budgétaire est toujours une étape à franchir pour la majorité au pouvoir. Si les tergiversations étaient plus édulcorées l'an passée, autour de l'entrée des libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») au sein de la coalition majoritaire et au gouvernement, les discussions sont restées nombreuses cette année, se cristallisant aujourd'hui autour de l'orthodoxie budgétaire soutenue par les libéraux et de l'interventionnisme étatique auxquels sont habitués les conservateurs du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») : deux moitiés irréconciliables sur les questions économiques.

Si sur le plan sociétal et moral les libéraux et les conservateurs ont réussi un parfait syncrétisme intellectuel au sein de la coalition parlementaire et du gouvernement, l'opposition entre paradigmes libéral et social-conservateur reste un enjeu de premier plan pour le pouvoir en place. Mais la bonne santé de l'économie cémétéenne, qui affiche un taux de croissance économique de cinq pourcents pour l'année 2002 et prévisionnellement un taux de croissance de dix pourcents pour l'année 2003, est un justificatif ayant été fréquemment mis en avant par les députés conservateurs lors du vote du projet de loi et son amendement par les députés de la Vouli (Parlement cémétéen).

Si les économistes se déchirent entre positions libérales, interventionnisme et protectionnisme, le consensus politique n'est pas non plus établi au sein de la majorité. L'opposition, habituée à voter contre la plupart des projets de loi y compris budgétaires, penche généralement plutôt en faveur d'un interventionnisme étatique prononcé : les nationalistes helléniques de l'Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») et hiptiques de la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud »), aujourd'hui plus nombreux qu'il y a quatre ans, soutiennent un étatisme fort appuyé sur les corporations et le contrôle total de l'économie nationale.

De même, les sociaux-démocrates du Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social ») et les collectivistes de l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie ») soutiennent un modèle socialiste, avec la propriété étatique puis collective de la plupart, si ce n'est tous, les secteurs de l'économie. Une convergence qui a longtemps favorisé le parti de la gauche traditionnelle, affiché comme consacrant la propriété individuelle tout en vantant la redistribution des richesses par le budget de l'État, alors que la radicalité du parti de gauche radicale questionnait encore de nombreux hommes politiques sur les trajectoires à venir du parti agrarien - dont la virulence des propos ne saurait laisser indifférent les autorités princières si l'ΑΣΚ venait à monter dans les urnes outre mesure.
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Informations du Thaon

Suprématie aérienne : perspectives du vingt-et-unième siècle


Anargyros Zervatos | 22/12/2003

Cémétie avion de chasse Allemagne

L'aviation, déjà pilier de l'armée, est vouée à un rôle crucial dans la défense.


Avec vingt-quatre avions de chasse et soixante-treize batteries de canons antiaériens¹, la Πολεμική Αεροπορία (Polemikí Aeroporía, « Aviation Militaire »), l'armée de l'air cémétéenne, représente parmi les premières forces aériennes au monde en termes d'effectif, concurrençant jusqu'à la Federal Air Force arkencane, et la Κεμέτικός Στρατός (Kemétikós Stratós, « Armée Cémétéenne »), l'armée de terre cémétéenne, compte parmi les mieux équipées au monde y compris en termes de défense antiaérienne. La question du contrôle des airs devient de plus en plus persistante, alors que les dynamiques de militarisation se multiplient dans des divers champs.

Un précédent article publié dans notre journal cherchait à esquisser des thématiques sur la domination navale et l'articulation des enjeux maritimes et militaires à l'aube du vingt-et-unième siècle et de ce nouveau millénaire dont les enjeux géopolitiques évoluent radicalement par rapport au siècle passé. Si l'on peut débattre des différents champs de bataille, qu'il s'agisse de la domination terrestre, aérienne, navale voire cybernétique - la révolution numérique faisant son entrée fracassante dans le domaine des connaissances militaires -, les enjeux de la suprématie aéro-navale et en particulier de la défense des airs restent une problématique du siècle dernier mais toujours actuelle.

Les perspectives de développement aérien continuent, alors que les sociétés contractuelles de production industrielle d'armement connaissent un essor économique sans précédent, avec les bonnes faveurs du gouvernement cémétéen. Si plusieurs acteurs se partagent le tissu militaro-industriel national, ces quelques concurrents forment un oligopole de grandes et moyennes entreprises difficilement concurrencées par la petite production - même si le secteur du numérique militaire tend à être une opportunité économique notable pour les petites entreprises pas encore implantées dans le milieu militaro-industriel. Derrière les ambitions militaristes des autorités princières, des intérêts financiers se font toujours plus importants.

Le conflit au Varanya semble avoir été un catalyseur d'arguments en faveur d'une remilitarisation de la Cémétie : entre l'augmentation notable du budget du Υπουργείο Άμυνας (Ypourgeío Ámynas, « Ministère de la Défense ») et la multiplication du nombre de contractuels autorisés à opérer dans le secteur militaire au cours de cette année, les dépenses militaires ont rarement été aussi importantes - ce qui n'a pas manqué de créer des débats au sein de l'hémicycle, où les députés de l'opposition ont décrié un investissement trop conséquent alors que « le gouvernement manque déjà de volonté de financement de projets sociaux concrets », d'après des propos tenus en séance par des députés de l'opposition de gauche.

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¹Matériel militaire disponible au 22/12/2003.
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