25/03/2005
01:29:21
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Encyclopédie de la République de Tapiolie

APERÇU GÉNÉRAL
Dernière mise-à-jour : 21/09/2020
Aurore
Les aurores boréales sont l'un des nombreux spectacles naturels que la Tapiolie a à offrir

INFORMATIONS GÉNÉRALES
  • Nom officiel du pays : République de Tapiolie | Tapiolan Tasavalta
  • Nom courant du pays : Tapiolie | Tapiola (nom féminin)
  • Gentilé : Tapiolais(e)(s)
  • Adjectifs : Tapiolais(e)(s)
  • Capitale : Lemminkäina
  • Grandes villes : Kunpäla, Imanola, Siliasi, Jämnikola, Elssi
  • Devise : Voimaa ja Rauhaa, « Force et Tranquillité »
  • Hymne officiel : O Tapiola, « Ô Tapiolie »

  • Oi Tapiola, katso, Sinun päiväs koittaa
    Yön uhka karkoitettu on jo pois
    Ja aamun kiuru kirkkaudessa soittaa
    Kuin itse taivahan kansi sois
    Yön vallat aamun valkeus jo voittaa
    Sun päiväs koittaa, oi synnyinmaa

    Oi nouse, Tapiola, nosta korkealle
    Pääs seppälöimä suurten muistojen
    Oi nouse, Tapiola, näytit maailmalle
    Sä että karkoitit orjuuden
    Ja ettet taipunut sä sorron alle
    On aamus alkanut, synnyinmaa

  • Drapeau :

Drapeau

INFORMATIONS POLITIQUES
  • Pouvoir exécutif : Président de la République, confié au gouvernement
  • Pouvoir législatif : Président de la République et Eduskunta
  • Pouvoir judiciaire : Cour suprême de Tapiolie
  • Chef de l'État : Paavo Sultsaïnen Président de la République
  • Chef du gouvernement : Lucius Mirko Premier ministre
  • Idéologie dominante : Libéralisme socio-économique
  • Président de l'Eduskunta : Kaspar Ingman
INFORMATIONS ÉCONOMIQUES
  • Produit Intérieur Brut : 500 000 000 000 dollars internationaux
  • Devise monétaire : Couronne tapiolaise, TPK
  • Modèle économique : Liberté d'entreprise, libre marché, couverture sociale modérée
INFORMATIONS DÉMOGRAPHIQUES
  • Population : 19 000 000 habitants
  • Produit Intérieur Brut par habitant : 26 302 $
GÉOGRAPHIE

Villes majeures et population

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Les conditions de vie et le climat rude qui règnent en Tapiolie ont en grande partie conditionné l'équilibre démographique du pays et ont ainsi offert aux différentes communautés des développements diverses selon leur situation géographique. C'est sans surprise que les zones côtières ont ainsi pris l'ascendant économique puis politique sur les implantations de l'intérieur des terres. L'océan apportant tant un climat plus indulgent qu'une opportunité d'échanges commerciaux et l’installation de comptoirs, il est rapidement devenu le point commun à toutes les agglomérations émergentes au cours de l'histoire de la Tapiolie. Lemminkäina, la capitale, occupe la place de ville la plus au sud et, abritée derrière des îles côtières nombreuses et massives la protégeant des forces océaniques, elle a pu connaître un développement soutenu au cours des derniers siècles. Elle étend désormais une importante zone périurbaine où la classe moyenne tapiolaise loge majoritairement.

La ville de Jamnikola présente une physionomie et une situation géographique comparables à celle de la capitale. C'est donc logiquement qu'elle se place en deuxième position tant en terme de poids démographique que d'influence économique. Elle possède un rayonnement périurbain important, si bien qu'ensemble Lemminkäina et Jamnikola forment les prémices déjà observables d'une conurbation où se concentre une part importante de la vie économique et démographique du pays. Cette bande de développement est couramment désignée par les analystes économiques et politiques comme la Voie dorée (kultainen tapa) de la Tapiolie. Il s'agit, en clair, de son cœur économique.

Les autres villes reprises sur la carte n'appartiennent pas à la voie dorée formée par la capitale et Jamnikola. Elles occupent des positions plus isolées au milieu d'environnements beaucoup plus ruraux et, pour certains, sauvages et pratiquement inviolés. Leur population est davantage formée par des professions appartenant aux secteurs primaires et secondaires, le tertiaire n'occupant qu'une part très minoritaire dans leurs activités. Ces régions vivent ainsi principalement de l'exploitation sylvicole et piscicole et évoluent dans un certain isolement contraint par un manque d'infrastructures. A titre d'exemple, il n'y avait, jusque récemment, pas d'autoroute permettant la liaison entre Lemminkäina et la ville de Imanola, et il n'y en a toujours pas pour rejoindre la septentrionale Elssi.

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GÉOGRAPHIE

Environnement naturel

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L’environnement naturel occupe une place absolument majeure en Tapiolie ainsi que dans l’identité nationale. La nature est véritablement omniprésente et les milliers de lacs, de collines et de forêt sont là pour en témoigner. L’eau comme le bois, le vent comme la neige, les plaines comme les montagnes font de la Tapiolie et des ses zones rurales un centre admirable de préservation de la vie sauvage et des modes de vies traditionnels qui tranchent avec la vitalité et le dynamisme des grandes baies côtières.

On peut diviser l’espace naturel tapiolais en plusieurs zones, plusieurs biomes qui chacun contribuent à l’équilibre général comme à la vie locale qu’ils abritent.

La côte, les îles

La Tapiolie compte sans doute l’un des littoraux les plus morcelés et fragmentés au monde, tant par son relief plat, qui permet la pénétration des eaux, que par la prolifération de petites collines rocheuses qui forment bien souvent des chapelets de petites îles inhabitées. En plus d’abriter une biodiversité remarquable, ces formations sont également d’une grande aide dans la protection des installations côtières contre les forces de l’océan. Elles forment de véritables ports naturels, protégés et sûrs pour les embarcations, et ont toujours été préférées aux côtes nues pour l’établissement d’habitations. La capitale Lemminkaina est ainsi située à l’embouchure de la rivière Salainenjoki et son delta, constitué de larges îles, a largement contribué à la prospérité de la ville. La plupart de ces îles sont inhabitées et laissées aux éléments, ce qui n’empêche pas qu’on y trouve parfois du petit bétail quand la configuration le permet, voire une petite ferme. Chez ces communautés l’usage du bateau à moteur a depuis longtemps remplacé la traction automobile.

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Les lacs, les marais

L'eau est un élément majeur au sein de l'environnement tapiolais, et sa présence est si importante qu'elle couvre près de quatre pour cent de la superficie du territoire. Trop souvent nommée la pays des mille lacs, la Tapiolie en compte en vérité bien plus, trop pour les recenser. En cause, un relief et un dénivelé faible sur une grande partie du pays qui empêchent le bon écoulement de la plupart des eaux. Les cours s'écoulent lentement et s'étalent, grossissent et se figent, donnant naissance à de nombreux étangs et lacs à l'eau pure et cristalline. Ils sont particulièrement prisés des pêcheurs, humains ou non, et il est impossible d'y échapper tant il y en a partout. Parfois les cours n'ont pas même le temps de se former. Les sources stagnent, les précipitations et la fonte des neiges au printemps viennent les grossir, donnant lieu à un remarquable maillage de points d'eaux qui ne sont ni des rivières ni des étendues d'eau claire. Ce phénomène a transformé des forêts en landes marécageuses tout à fait impraticables et infestées de moustiques. Certains chemins ont été aménagés par la pose de planches qui permettent de rester au sec et de progresser, mais l'immense partie du terrain reste à tremper dans cette eau prise au piège.

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La campagne, la forêt

Passé le rivage, rarement sablonneux, souvent rocailleux, le pays offre un de ses paysages les plus typiques : une plaine herbeuse s’étendant à perte de vue, les arbres y assurant seuls le relief. Ces paysages soulignent la platitude générale de la Tapiolie, un pays plat et dominé par la végétation. Ces plaines, largement irriguées par la myriade de lacs et de petits cours d’eau, se prêtent parfaitement à l’exploitation agricole, le climat malheureusement moins, bien que l’on préfère souvent le rendement sylvicole à celui de la terre.

La forêt occupe en effet la majeure partie de la superficie du pays (67%) et ses richesses assurent à l’économie tapiolaise la promesse de prospérité d’un secteur sylvicole en pleine expansion. Les forêts sont majoritairement peuplées de bouleaux, que le pays chérit comme un symbole national, ainsi que par de nombreux chênes qui cèdent peu à peu la place aux conifères et pins des régions plus hostiles. La faune y trouve également son compte, notamment l’importante population d’ours bruns que la loi protège de la chasse sportive. Citons aussi les cygnes, oiseau national, les phoques, caribous, rênes et bien d’autres.

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Les montagnes chauves

Il n’y a pas de montagnes en Tapiolie. Tout le relief observable n’est en soi qu’une déclinaison de collines de tailles variables. Les « montagnes chauves » (kalju kiinnikkeet) désignent en réalité les formations sombres de roche granit que l’on trouve dans l’Est du pays. Ces petits dômes noirs percent la couverture forestière ou parsèment la lande désolée dont seuls s’accommodent les lichens et les mousses. Leur apparence singulière, parfois inquiétante et mystérieuse, leur a assuré une longue tradition de récits et d’histoires dans le folklore national. Elles seraient les résidences de dieux exclus où les crânes de géants terrassés. Les montagnes chauves sont aujourd’hui l’un des hauts-lieux du tourisme naturel du pays et les Tapiolais y sont très attachés.

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CULTURE

Johan Laakso et le Vanhatarinat (1) Généralités

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Le Vanhatarinat, littéralement les "vieilles histoires", est un recueil de contes et légendes du folklore ancestral de Tapiolie et d'ailleurs. Il est écrit en vers métriques et s'organise selon un plan de cinquante chants. Leur élaboration est le fruit d'une tradition aux origines immémoriales et dont la pérennité ne fut longtemps seulement assurée que par la transmission orale des différents récits. Le Vanhatarinat, en tant qu’œuvre littéraire unifiée, est la création propre du poète et écrivain Johan Laakso qui, de 1887 à 1905, compila, arrangea et parfois compléta les histoires du folklore tapiolais pour les rassembler au sein d'un seul ouvrage. Le but de cette entreprise, que Laakso entrepris très jeune, à seulement 22 ans, était surtout de faciliter l'appropriation du folklore national pour les jeunes générations face au dépérissement relatif que connaissait la tradition orale dans un monde en pleine mutation. La publication du Vanhatarinat fut un événement national à part entière, jamais pareil projet n'avait abouti et la réception critique célébra Laakso comme un génie, que son jeune âge ne rendait que plus exceptionnel.

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Johan Laakso en 1903 | Une édition moderne illustrée du Vanhatarinat

Le tour de force de Laakso fut de parvenir à rassembler dans un ordre cohérent et profondément symbolique des histoires indépendantes qui jusque-là cohabitaient sans pour autant offrir une progression narrative bien établie. Dans son œuvre, Laakso introduit le personnage du poète qui propose de raconter l’histoire du monde depuis sa création. Il s’inspire ainsi de l’usage en vigueur dans les épopées antiques (Iliade, Énéïde) où l’aède porteur de la tradition tient son récit directement des divinités.

Le Vanhatarinat fut une révolution culturelle en Tapiolie, et sa publication entraîna une véritable renaissance des arts nationaux qui redécouvrirent sous la plume de Laakso les légendes et récits dont les anciennes générations s’étaient entourées. La littérature, la peinture, la musique, et plus tard le cinéma allaient reprendre en chœur ce nouveau matériau redécouvert et faire goûter au public la puissance de ses mythes fondateurs oubliés. L’aura de Laakso devint telle qu’il fut progressivement considéré comme un véritable héros de la Nation et comme son père culturel et identitaire. Aujourd’hui, il est sans doute le Tapiolais le plus connu à travers le monde, car son épopée connut également un incroyable succès à l’étranger où les publics, évidemment moins concernés, l’apprécièrent davantage comme œuvre littéraire que comme ouvrage identitaire et culturel fondateur.

L’ironie de l’histoire veut que, voulant sauver la tradition orale, Laakso l’enterra définitivement puisque son texte vint complètement redéfinir la manière dont on se racontait ces histoires. La version unique de Laakso mit un terme aux modifications et interprétations personnelles que les gens, inventant pour combler leurs éventuels trous de mémoire, transmettaient sans le vouloir aux enfants. Les particularismes locaux n'y survécurent pas davantage. La richesse de la transmission y perdit sans aucun doute, mais l’uniformisation apportée par le recueil de Laakso permit une diffusion jusque là inégalée de ce fond culturel qui joua, à bien des égards, un rôle non négligeable dans l’affirmation du sentiment national en Tapiolie.
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POLITIQUE

Partis principaux

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Situation au 23/06/2004

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Nom du parti : Parti Libéral | Liberaali
Idéologie : Centre-droit, libéralisme socio-économique, progressisme social.
Dirigeant : Irven Samsta
Généralités : Le Parti Libéral est un parti de premier plan dans le paysage politique tapiolais. Il constitue, avec le Parti Social-Démocrate, le noyau dur sur lequel s’est appuyé, de très longues années durant, la politique gouvernementale pendant les trois mandats Mirko (1986-2004). Sa politique économique est en phase avec la mondialisation progressive de l'économie mondiale et son programme souhaite préparer au mieux la Tapiolie aux nouveaux enjeux du monde moderne. Sur le plan sociétal, les libéraux soutiennent l’application et le développement des droits humains fondamentaux en Tapiolie mais aussi à travers le monde. Aux côtés du Parti Social-Démocrate, les libéraux ont également activement travaillé à l’amélioration de la couverture sociale en Tapiolie, bien qu’une importante part de leurs membres juge que cette politique ne pourra tenir sur le long terme et qu’elle devra faire l’objet d’une révision. L’électorat libéral est surtout représentatif des classes moyennes supérieures disposant de revenus confortables voire très élevés. C’est le parti de l’entreprenariat, du patronat et des défenseurs de la méritocratie. Il s’adresse moins à la jeunesse dynamique qu’à l’employé, cadre ou indépendant ayant déjà derrière lui une grande expérience du monde du travail.

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Nom du parti : Parti Social-Démocrate | Sosiaalidemokraatit
Idéologie : Centre, libéralisme socio-économique, progressisme social.
Dirigeant : Petrus Hiermanjarvi
Généralités : Les Sociaux-Démocrates sont l’autre poids lourd de la vie politique tapiolaise. Initialement créé au siècle dernier comme une formation issue de la gauche ouvrière, le parti s’est progressivement décalé vers le centre à mesure que l’émiettement progressif du prolétariat industriel a donné naissance à des classes moyennes toujours plus importantes, soucieuses de leur pouvoir d’achat et des possibilités de la vie moderne et urbaine. Aujourd’hui, la politique économique du Parti Social-Démocrate peut être qualifiée de centriste, en ce sens qu’elle tend à modérer l’appétit de son adversaire et pourtant partenaire, le Parti Libéral. Les Sociaux-Démocrates tiennent à cœur l’État-providence qu'ils travaillent depuis plusieurs années à ériger en modèle économique de référence. La politique sur les enjeux de société rejoint celle conduite par le Parti Libéral, et souhaite aller plus en avant dans l’élargissement de l’égalité en droits des sexes, des classes sociales et des différentes origines cohabitant en Tapiolie. Le parti s’adresse principalement aux jeunes adultes et aux employés de tous les secteurs. Sa conversion au libéralisme économique, engagée en vue d’entrer au premier gouvernement Mirko en 1986, lui a cependant valu l’inimitié de toute la gauche qui considère le Parti Social-Démocrate comme un traître à ses idées fondatrices.

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Nom du parti : Avenir | Keksia
Idéologie : Centre, libéralisme socio-économique.
Dirigeant : Paavo Troinen
Généralités : Avenir est une création récente de la politique tapiolaise. On doit sa fondation à Paavo Troinen, ministre démissionnaire du gouvernement Mirko II, membre du Parti Social-Démocrate, regrettant le bipartisme qu’entretenait le système politique et provoquant le gel du « renouvellement escompté par la démocratie ». Avenir se pose en force intermédiaire au sein de l’Eduskunta, situé entre les formations libérales et démocrates. Le projet initial était de créer un véritable troisième corps politique qui puisse revitaliser les discours parlementaires et les formations ministérielles, mais force est constater qu’Avenir n’a jamais su convaincre qu’un petit nombre d’électeurs. L’ironie veut que la constitution du mouvement, qui refuse la nomination de parti, a davantage contribué à l’affaiblissement général du débat qu’à sa revitalisation.

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Nom du parti : Parti National Tapiolais | Kansallinen Tapiolan Puolue
Idéologie : Extrême-droite, corporatisme, nationalisme identitaire.
Dirigeant : Johan Ainola
Généralités : Généralités : Le Parti National Tapiolais, souvent réduit à Parti National, est à ce jour la seule véritable formation nationaliste et identitaire à rassembler suffisamment de soutien pour prétendre à l’élection de représentants. La création du parti remontre à 1999 et constitue la récente extension politique de la Société des Amis de la Nation, un cercle intellectuel regroupant écrivains, artistes et hommes d’affaires souhaitant œuvrer pour la défense de l’héritage et de la culture nationale. Les activités de la Société sont vastes mais c’est surtout la maison d’édition Kullervo, fondée par Johan Ainola durant ses études, proposant la diffusion d’ouvrages généraux sur l’histoire et la culture tapiolaise, qui assure au groupe sa notoriété et sa survivance économique. En 21 ans, les Éditions Kullervo ont publié pas moins de 500 ouvrages, essais comme œuvres de fiction, et la revue Les Temps Nouveaux fait l’objet d’un tirage étendu jusque dans le milieu universitaire. Le Parti National est l’aboutissement de cette structure et souhaite porter sur la scène politiques les idéaux de défense de la spécificité tapiolaise contre l’uniformisation redoutée qu’apporterait la mondialisation. Le parti évite questions économiques, préférant faire du champ culturel et civilisationnel son terrain de lutte privilégié, et se range ordinairement sous un protectionnisme d’État modéré, qui devrait tant protéger le pays de l’avidité étrangère que des flux migratoires que l’ouverture économique génère logiquement. Avec un important déploiement événementiel, le parti a considérablement renforcé sa présence dans l’espace publique en organisation des conférences et des formations sur les campus à destination des étudiants. En dehors de la jeunesse, le parti s’adresse à tous les Tapiolais soucieux de la préservation de la population et des traditions nationales.

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Nom du parti : Parti Chrétien Conservateur | Kristillinen Konservatiivinen Puolue
Idéologie : Droite conservatrice. démocratie chrétienne, traditionalisme protestant.
Dirigeant : Selma Tjuus
Généralités : Le Parti Chrétien Conservateur, couramment abrégé KKP, est le seul parti tapiolais à revendiquer un ancrage religieux dans sa communication officielle. Le parti est très proche des milieux presbytériens et jouit d’un soutien sans défection au sein des paroisses les plus ferventes. Défenseur d’un ordre cultuel de la société, le KKP promeut la conception traditionnelle du mariage chrétien et sa vocation à la procréation, s’opposant ainsi à son ouverture aux personnes homosexuelles. D’un point de vue économique, le parti suit une ligne libérale-conservatrice qui rejoint généralement les intérêts de son électorat aisé et plus âgé. Sans jamais avoir été invité au gouvernement au cours des vingt dernières années, le KKP pose néanmoins de manière régulière son soutien à certains projets portés par le Parti Libéral avec qui il entretient une concurrence douce. La Nation n’intéresse que peu le KPP, qui soutient dans son discours l’avenir d’une Tapiolie dévote et sûre dans sa foi plutôt que les traits culturels supposément hérités des anciennes croyances.

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Nom du parti : Force Ouvrière ! (désigné Tyovoima) | Tyovoima !
Idéologie : Extrême-gauche, anticapitalisme, marxisme révolutionnaire.
Dirigeant : Konstantin Kuloinen
Généralités : Tyovoima, littéralement Force ouvrière ou Main d’œuvre, est le visage actuel de l’ancien Parti Communiste Tapiolais, fondé dans les premières années qui suivirent la chute de l’Ancien Régime. Ses préceptes n’ont que peu évolué avec le temps et ses membres continuent d’opposer leur résistance au développement des forces capitalistes à l’internationale et sur leur sol. Aujourd’hui, Tyovoima pilote la majeure partie des unions syndicales en Tapiolie dans les milieux industriels et dans le secteur primaire, mais peine à réellement gagner le cœur de l’activité économique en incluant l’entreprise moderne à sa dialectique. Néanmoins, la « caviardisation », comme dit dans le milieu, des forces démocrates a redirigé vers Tyovoima tout un électorat déçu des rapprochements avec le Parti Libéral. Un sang neuf qui soulève en interne les débats sur l’actualité de la doctrine révolutionnaire dans un parti devenu, de facto, une formation d’inspiration réformiste. La dictature du prolétariat reste toutefois l’horizon du mouvement, comme maintes fois revendiqué par ses cadres.

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Nom du parti : Société Écologique | Ekologinen Yhteiskunta
Idéologie : Gauche écologique, progressisme social, capitalisme vert.
Dirigeant : Yul Lulenberg
Généralités : La nature est omniprésente sur le territoire tapiolais et sa considération s’impose à tous. L’histoire des premiers mouvements de défense environnementale est longue en Tapiolie, et les forces actuelles sont le fruit d’une longue tradition militante qui toujours chercha à limiter les dégâts du développement industriel sur le cadre naturel. Société Écologique est actuellement la seule mouvance militante à s’être imposée à l’Eduskunta et ses élus sont actifs dans l’opposition et dans la dénonciation des pratiques parfois irresponsables de la part des divers secteurs de l’économie tapiolaise. Comme fer de lance, le parti tient la préservation des eaux comme absolument fondamentale et nécessaire et ses élus militent constamment pour que les normes environnementales soient rehaussées et que leurs transgressions fassent l’objet de poursuites en accord avec la loi. La grande question qui divise Société Écologique, comme tout le milieu, consiste dans l’attitude à adopter vis-à-vis du capitalisme et des formes modernes de l’économie libérale. Certaines voix se placent ouvertement contre, rejoignant ainsi le bord radical proche de Tyovoima, quand d’autres persistent à trouver un terrain d’entente avec le patronat dans l’espoir de responsabiliser l’économie. Cette indécision pèse sur le parti dont les positions sont souvent timides car ne rencontrant pas l’unanimité interne. L’électorat écologique est surtout urbain et relativement aisé, ce qui explique, qu'en dehors de la lutte écologique, le parti s'approprie également de nombreux enjeux égalitaires et de justice sociale. Le milieu rural lui est souvent hostile.
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POLITIQUE

Résumé législatif

Fondamentaux

Majorité civile : 18 ans

  • Tous les Tapiolais sont majeurs à leurs 18 ans révolus. La majorité civile est requise pour l'exercice du droit de vote et expose le citoyen a la justice régulière.

Liberté d'expression : Garantie

  • La liberté d'expression est garantie par la Constitution du 12 juin 1919. Il n'y a pas d'idéologie ou de mouvance politique interdites en Tapiolie, mais l'incitation à la haine, à la rébellion, la diffusion de fausses informations, la diffamation et le trouble à l'ordre public sont logiquement punis par la Loi.

Liberté de culte : Garantie

  • Tous les Tapiolais peuvent exercer librement leurs croyances dans le cadre privé et dans les lieux prévus à cet effet. L'espace public est un espace laïc, implicitement permissif à l'égard du christianisme.

Liberté de rassemblement : Garantie

  • Tous les Tapiolais ont le droit de se réunir, et ce à n'importe quelles visées légales. Les manifestations doivent être organisées selon les modalités prévues par la Loi. Le trouble à l'ordre public est puni par la Loi.

Liberté d'association : Garantie

  • Tous les Tapiolais ont le droit de s'associer, et ce à n'importe quelles visées légales. La liberté d'association entend notamment la liberté pour tous les citoyens de s'engager politiquement et pour les travailleurs de se syndiquer.

Droit de grève : Garanti

  • Tous les Tapiolais ont le droit de se mettre en grêve, et ce selon les modalités prévues par la Loi.

Droit d'entreprendre : Garanti

  • Tous les Tapiolais ont le droit d'entreprendre, de monter une affaire, dans le cadre de la Loi, et de jouir des profits générés.

Droits des femmes : Flou

  • La Constitution du 12 juin 1919 s'adresse à tous Tapiolais indépendamment de leur sexe. Il n'y pas de droits spécifiques reconnus aux femmes, pas plus qu'aux hommes. Les congés de parentalité relèvent du Code du Travail, et la législation matrimoniale traite les deux sexes également.

Droits des enfants : Flou

  • La Constitution du 12 juin 1919 consacre l'enseignement obligatoire pour tous les enfants résidents sur le territoire national. La Loi punit durement la violence à l'égard des enfants, particulièrement lorsque celle-ci survient dans le sein du domicile familial. Il n'y a cependant pas de droits reconnus aux enfants.

Droits des animaux : Flou

  • La Constitution du 12 juin 1919 ne consacre aucun article à l'intention de la condition animale. La Loi impose aux exploitations d'élevages et de l'agro-alimentaire un cahier-des-charges comprenant des conditions de vies décentes, la possibilité de soins et le souci d'un abatage avec étourdissement et le plus rapide possible. La Loi punit la maltraitance envers les animaux qu'ils soient domestiques ou non.

Mœurs

Mariage civil : Reconnu

  • Le mariage civil est la seule union reconnue par la République de Tapiolie et ses services administratifs. Tous les Tapiolais peuvent se marier à leurs 18 ans révolus.

Mariage religieux : Non reconnu

  • Le mariage religieux n'est pas reconnu par la République Tapiolaise et ses services administratifs. La Loi punit l'union arrangée contre le gré des mariés.

Divorce : Reconnu

  • Le divorce peut être prononcé dans les cas le justifiant, et à l'appréciation de la justice.

Consanguinité : Règlementée

  • Le mariage consanguin n'est pas autorisé en ligne directe et au sein du cercle familial proche. L'union maritale entre cousins est reconnue par la Loi.

Polygamie : Interdite

  • Les époux Tapiolais sont tenus à la fidélité, l'adultère est un motif de divorce. La Loi ne reconnait pas d'autres unions que celles correspondant à un modèle monogame strict. Tout concubinage couvrant une situation de polygamie pourra faire l'objet de poursuites.

Homosexualité : Légale

  • L'homosexualité est légale en Tapiolie. L'homophobie est punie par la Loi.

Mariage homosexuel : Non reconnu

  • La Constitution du 12 juin 1919 consacre le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme.

Adoption homosexuelle : Interdite

  • La Loi n'autorise les procédures d'adoption qu'à l'égard des couples mariés.

Procréation médicalement assistée : Réglementée

  • La Loi permet le recours à la procréation médicalement assistée dans les cas de stérilité et autres indispositions.

Gestation pour autrui : Interdite

  • La Loi punit la gestation pour autrui, et ce de manière bilatérale.

Transsexualisme : Réglementé

  • La Loi permet le recours à l'expertise médicale pour modifier le sexe d'une personne dans le cas où un bilan psychologique complet l'autorise.

Prostitution : Réglementée

  • La prostitution est tolérée en Tapiolie et sa pratique est strictement réglementée. Elle doit s'effectuer dans un cadre contrôlé et dans des lieux dédiés. La prostitution "de rue" est interdite et punie par la Loi. Les prostituées ne sont pas éligibles à la Sécurité Sociale et ne disposent d'aucune caisse de retraite.

Pédophilie / Zoophilie : Interdites

  • La Loi punit les relations sexuelles entre un majeur sexuel et un mineur sexuel ainsi que les actes zoophiles.

Avortement : Légal

  • La Loi permet à tous les Tapiolais d'avorter selon les conditions prévues par la Loi.

Euthanasie / Suicide assisté : Interdite

  • La Loi ne connait aucune distinction entre l'euthanasie et l'homicide volontaire.

Jeux de hasard : Autorisés

  • Les jeux de hasards sont autorisés aux 18 ans révolus.

Sécurité

Armes à feu : Réglementées

  • La possession d'armes à feu fait l'objet d'une étroite réglementation. L'octroi d'une licence couvre les professions requérant l'usage d'armes, les activités de chasse et les activités sportives.

Torture : Interdite

  • La Constitution du 12 juin 1919 abolit l'usage de la torture par l'appareil d'État.

Offense à l’État ou au chef de l’État : Autorisée

  • La liberté d'expression permet l'offense à l’État ou au chef de l’État.

Peine de mort : Interdite

  • La peine de mort est abolie en Tapiolie depuis 1967.

Autres

Clonage et OGM : Interdites

  • La Loi interdit les expérimentations sur le clonage et la modification génétique d'organismes.

Vente et consommation d'alcool et de tabac : Autorisées

  • Tous les Tapiolais peuvent acheter de l'alcool à leurs 16 ans révolus, et du tabac à leurs 18 ans révolus.

Vente et consommation de drogues : Clonage et OGM : Interdites

  • La vente, le trafic, la synthèse et la consommation de stupéfiants sont punis par la Loi.
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POLITIQUE

La Constitution du 12 juin 1919

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Préambule
La République de Tapiolie, réunie à nouveau dans l'intégrité de sa population et de son territoire, souhaite, par la présente, réaffirmer son droit inaliénable à l'autodétermination de sa politique. Les élus du Peuple, rassemblés en lieu et sein de l'Eduskunta, livrent le présent texte qui définit et consacre la primauté de la Loi sur le territoire national. Ratifié par le Président de la République et auparavant voté par les membres de l'Eduskunta le 12 juin 1919. Ratifié par le Peuple par référendum le 12 juillet 1919.

Article premier
La Tapiolie est une République parlementaire, souveraine, unitaire et démocratique.

Titre premier : De la Nation
Titre premier : De la Nation
Article deuxième
Le territoire national comprend les terres et les mers confiées à la Tapiolie sous l'Ancien Régime, en plus ce celles gagnées par la suite et référées dans les Accords de Kanvaportti.

Article troisième
  • Le drapeau national est formé de trois bandes horizontales d'un tiers chacune et, de haut en bas, de couleurs jaune, blanche et verte. À son centre sont placées les armes nationales.
  • L’hymne national est Tapiola Hymni.
  • La fête nationale est fixée le 12 juin, en souvenir de la présente Constitution.
  • La capitale est Lemminkaina.

Article quatrième
La langue nationale est le tapiolais. Tous les citoyens ont le devoir de le savoir et le droit de l'utiliser. Les langues des minorités suédoises et allemandes sont reconnues par l'État.

Article cinquième
La Nation tapiolaise est indivisible.

Article sixième
La République de Tapiolie est un État laïc.

Article septième
Le Peuple incarne la souveraineté nationale.

Titre deuxième : Des Droits et Devoirs
Titre deuxième : Des Droits et Devoirs
Article huitième
Les Tapiolais sont égaux devant la Loi ; ils ne peuvent faire l’objet d’aucune discrimination pour des raisons de naissance, de race, de sexe, de religion, d’opinion ou pour n’importe quelle autre condition ou circonstance personnelle ou sociale.

Article neuvième
La Loi seule établit et applique les peines.

Article dixième
La peine de mort, la torture et les peines ou traitements dégradants sont interdits. Exception faite aux dispositions que peuvent prévoir les lois en temps de guerre.

Article onzième
  • L'État garantit le respect des droits personnels du citoyen dans sa législation et, dans la mesure du possible, de les défendre et de les faire valoir par ses lois.
  • L'État, en particulier, par sa législation, protège du mieux qu'il peut la vie, la personne, l'honneur et les droits de propriété de tout citoyen d'une injuste attaque et en cas d'injustice, il les fait valoir.

Article douzième
  • La liberté individuelle est inviolable. Aucun citoyen ne peut, en raison de ses convictions politiques ou religieuses ou de ses origines, être exposé à la détention sous quelque forme que ce soit.
  • La détention ne peut avoir lieu que dans les conditions prévues par la Loi.

Article treizième
L'État reconnait et garantit les droits et libertés suivants :
  • D'exprimer et de diffuser ses opinions et pensées.
  • D'exercer le culte de son choix.
  • De choisir son lieu de résidence et de circuler librement sur le territoire national.
  • De communiquer ou de recevoir librement une information véridique par n'importe quel moyen de diffusion.

Article quatorzième
  • Le droit de réunion pacifique, sans armes et sans autorisation est réuni.
  • Les autorités seront prévenues lors de réunions dans des lieux de circulation publique et de manifestations.

Article quinzième
  • Le droit d'association est reconnu.
  • Les associations constituées selon le présent article devront s'enregistrer dans un registre.
  • Les associations secrètes, paramilitaires ou qui poursuivent des fins ou utilisent des moyens considérés comme des délits sont interdites.

Article seizième
En cas d'émeute, la force armée, lorsqu'elle n'est pas attaquée, ne peut intervenir qu'après avoir trois fois, au nom de la Loi, sommé vainement la foule de se disperser.

Article dix-septième
  • Les citoyens ont le droit de participer aux affaires publiques, directement ou par l'intermédiaire de représentant librement élus à des élections périodiques au suffrage universel.
  • De même, ils ont le droit d'accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions et aux charges publiques, compte tenu des exigences requises par la Loi.

Article dix-huitième
Le domicile est inviolable. Toute visite domiciliaire, toute saisie ou tout contrôle de lettres ou d'autres papiers, toute violation du secret de la correspondance postale, télégraphique et téléphonique ne pourront se faire, si aucune loi ne justifie une exception particulière, qu'après une décision judiciaire.

Article dix-neuvième
La propriété est inviolable. Nul ne peut être contraint de se dessaisir de sa propriété si ce n'est pour cause d'utilité publique. L'expropriation ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une loi.

Article vingtième
  • Dans l'intérêt du bien commun, il convient de s'efforcer à ce que tout citoyen apte au travail ait la possibilité de travailler dans des conditions propres à assurer son existence.
  • Quiconque est hors d'état de pourvoir à sa subsistance et celle des siens, et dont l'entretien n'est pas à la charge d'une autre personne, a droit aux secours des autorités publiques, à condition toutefois de se soumettre aux obligations prescrites par la Loi à cet égard.

Article vingt-et-unième
Tous les enfants ayant l'âge de l'instruction obligatoire ont droit à l'enseignement gratuit dans les écoles publiques. Les parents ou tuteurs qui se chargent eux-mêmes de faire donner aux enfants une instruction égale à celle qui est généralement exigée dans les écoles publiques primaires, ne sont pas tenus de faire instruire les enfants dans les écoles publiques.

Article vingt-deuxième
Tous ont le droit et le devoir de défendre la patrie.

Article vingt-troisième
L'armée peut recruter des citoyens issues d'études supérieures pour des emplois militaires spécifiques.

Article vingt-quatrième
Tout homme en état de porter les armes est tenu de contribuer de sa personne à la défense de la patrie, conformément aux règles prescrites par la Loi. La conscription est prévue par temps de guerre.

Article vingt-cinquième
Le droit des communes de s'administrer librement sous la surveillance de l'État est réglé par la Loi.

Article vingt-sixième
Tout privilège attaché par la législation à la noblesse, au titre et au rang est aboli.

Article vingt-septième
La presse est libre et ne sera jamais l'objet de censure.

Article vingt-huitième
L’art et la science, la recherche et l’enseignement sont libres et ne seront jamais l’objet de censure.

Article vingt-neuvième
  • Le mariage et la famille sont placés sous la protection particulière de l’État.
  • Élever et éduquer les enfants sont un droit naturel des parents et une obligation qui leur échoit en priorité. L’État veille sur la manière dont ils s’acquittent de ces tâches.
  • Les enfants ne peuvent être séparés de leur famille contre le gré des personnes investies de l’autorité parentale qu’en vertu d’une loi, en cas de carence de celles-ci ou lorsque les enfants risquent d’être laissés à l’abandon pour d’autres motifs.
  • Toute mère a droit à la protection et à l’assistance de la communauté.
  • La législation doit assurer aux enfants naturels les mêmes conditions qu’aux enfants légitimes en ce qui concerne leur développement physique et moral et leur statut social.

Article trentième
  • Toute personne a le droit d’obtenir la protection effective des juges et des tribunaux pour exercer ses droits et ses intérêts légitimes, sans qu’en aucun cas cette protection puisse lui être refusée.
  • De même, tous ont droit au juge ordinaire déterminé préalablement par la Loi, de se défendre et de se faire assister par un avocat, d’être informés de l’accusation portée contre eux, d’avoir un procès public sans délais indus et avec toutes les garanties, d’utiliser les preuves pertinentes pour leur défense, de ne pas déclarer contre eux-mêmes, de ne pas s’avouer coupables et d’être présumés innocents. La Loi réglementera les cas dans lesquels, pour des raisons de parenté ou relevant du secret professionnel, nul ne sera obligé à déclarer sur des faits présumés délictueux.

Article trente-et-unième
Toute personne a le droit d’obtenir des documents administratifs et d’être jugé en tapiolais comme dans la langue reconnue de son choix.

Article trente-deuxième
Toute personne a le droit de consulter chaque document administratif et de s'en faire remettre copie, sauf conformément à la Loi.

Article trente-troisième
  • Tous les Tapiolais ont le devoir de travailler et le droit au travail, au libre choix de leur profession ou de leur métier, à la promotion par le travail et à une rémunération suffisante pour satisfaire leurs besoins et ceux de leur famille, sans qu’en aucun cas ils puissent faire l’objet d’une discrimination de quelque nature.
  • La Loi établit un statut des travailleurs

Article trente-quatrième
  • Tous ont le droit de se syndiquer librement. En ce qui concerne les Forces armées ou les institutions et autres corps soumis à la discipline militaire, la Loi pourra limiter l’exercice de ce droit ou les en exempter ; pour ce qui est des fonctionnaires publics, la Loi régira les particularités de son exercice. La liberté syndicale comprend le droit de créer des syndicats ou de s’affilier à celui de son choix, ainsi que le droit, pour les syndicats, d’établir des confédérations et d’instituer des organisations syndicales internationales ou de s’y affilier. Nul ne pourra être obligé à s’affilier à un syndicat.
  • Le droit à la grève est reconnu aux travailleurs pour la défense de leurs intérêts. La Loi réglementant l’exercice de ce droit établira les garanties nécessaires pour assurer le maintien des services essentiels de la communauté.


Article trente-cinquième
Toute personne a le droit d’adresser par écrit, individuellement ou conjointement avec d’autres, des requêtes ou des recours aux autorités compétentes et à la représentation du peuple.

Article trente-sixième
Le secret de la correspondance ainsi que le secret de la poste et des télécommunications sont inviolables.

Titre troisième : Des Pouvoirs
Titre troisième : Des Pouvoirs

Article trente-septième
Tous les pouvoirs émanent de la Nation.

Article trente-huitième
Le pouvoir législatif s’exerce collectivement par le Président de la République et L'Eduskunta.

Article trente-neuvième
Le pouvoir exécutif appartient au Président de la République, qu'il confie au Gouvernement.

Article quarantième
[indent=1%]Le pouvoir judiciaire est exercé par les cours et tribunaux.

Article quarante-et-unième
Les arrêts et jugements sont exécutés au nom de la Loi.

Article quarante-deuxième
Les intérêts exclusivement communaux et régionaux sont réglés par les conseils communaux et régionaux, d’après les principes établis par la Constitution.

Article quarante-troisième
La Loi attribue aux organes communaux et régionaux qu’elle crée et qui'elle compose de mandataires élus et de la compétence de régler les matières qu’elle détermine.

Titre quatrième : De la Présidence
Titre quatrième : De la Présidence

Article quarante-quatrième
Le Président de la République est le chef de l’État, symbole de son unité et de sa permanence. Il est l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier des institutions.

Article quarante-cinquième
[indent=1%]Dans les limites prévues par la présente Constitution, le Président de la République est investi de l'autorité suprême sur toutes les affaires du pays, et il exerce cette autorité par les membres du Gouvernement.

Article quarante-sixième
Le Président de la République assume la plus haute représentation de l’État dans les relations internationales.

Article quarante-septième
Le Président de la République est irresponsable durant son mandat. Les membres du Gouvernement sont responsables de la conduite des affaires ; leur responsabilité est spécifiée par la Loi..


Article quarante-huitième
Le Président de la République est élu au suffrage universel lors d'élections périodiques. Son mandat est de cinq ans ; la limite est de deux mandats successifs..

Article quarante-neuvième
Le Président de la République ne peut être en même temps chef d’un autre État sans l’assentiment de de l'Eduskunta.

Article cinquantième
Le Président de la Républiquene doit être né sur le sol national.

Article cinquante-et-unième
Le Président de la République ne doit être âgé d'au moins 35 ans.

Article cinquante-deuxième
Le Président de la République ne commence son mandat qu’après avoir solennellement prêté, dans le sein de l'Eduskunta, le serment suivant : « Je jure d’observer la Constitution et les lois du peuple tapiolais, de maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire. ».

Article cinquante-troisième
Si la mort du Président de la République survient, le pays est appelé à en élire un nouveau sous une année. La charge présidentielle revient au Vice-Président mentionné lors de l'investiture.

Article cinquante-quatrième
Le Président de la République a le droit de grâce et d'amnistie. Il ne peut faire grâce aux membres du Gouvernement des peines qui leur sont infligées par la Cour Suprême qu'avec le consentement du Parlement.

Article cinquante-cinquième
Le Président de la République est le commandant en chef des Forces Armées.

Article cinquante-sixième
  • Le Président de la République reçoit sur le budget de l’État une somme globale pour l’entretien de sa famille et de sa Maison et il la répartit librement.
  • Le Président de la République nomme et relève librement de leurs fonctions les membres civils et militaires de sa Maison.

Titre cinquième : Du Gouvernement
Titre cinquième : Du Gouvernement

Article cinquante-septième
  • Le Président de la République nomme et révoque les membres du Gouvernement.
  • Le Gouvernement remet sa démission au Président de la République si l'Eduskunta, à la majorité absolue de ses membres, adopte une motion de méfiance proposant la nomination d’un successeur au Premier ministre, ou dans les trois jours du rejet d’une motion de confiance. Le Président de la République nomme Premier ministre le successeur proposé, qui entre en fonction au moment où le nouveau Gouvernement prête serment.


Article cinquante-huitième
  • Le Gouvernement se compose du Premier ministre, le cas échéant des Vice-Premiers ministres, des Ministres et des autres membres déterminés par la Loi.
  • Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement et coordonne les fonctions de ses autres membres, sans préjudice de la compétence et de la responsabilité directe de ceux-ci dans leur gestion.
  • Les membres du Gouvernement ne pourront exercer d’autres fonctions représentatives que celles qui sont propres au mandat parlementaire, aucune autre fonction publique que celle découlant de leur charge, ni aucune activité professionnelle ou commerciale.
  • La Loi définit le statut et les incompatibilités des membres du Gouvernement.

Article cinquante-neuvième
Le Gouvernement est composé de quinze Ministres tout au plus.

Article soixantième
Seuls les Tapiolais peuvent être Ministres.

Article soixante-et-unième
Les Ministres sont responsables devant l'Eduskunta. Aucun Ministre ne peut être poursuivi ou recherché à l’occasion des opinions émises par lui dans l’exercice de ses fonctions.

Article soixante-deuxième
Les Ministres sont jugés exclusivement par la cour d’appel pour les infractions qu’ils auraient commises dans l’exercice de leurs fonctions. Il en est de même des infractions qui auraient été commises par les Ministres en dehors de l’exercice de leurs fonctions et pour lesquelles ils sont jugés pendant l’exercice de leurs fonctions. La Loi détermine le mode de procéder contre eux, tant lors des poursuites que lors du jugement.

Titre sixième : Du Parlement
Titre sixième : Du Parlement


Article soixante-troisième
  • Le Parlement représente le peuple tapiolais et se compose de l'Eduskunta.
  • Le Parlement est monocaméral.
  • Le Parlement exerce le pouvoir législatif de l’État, vote le budget, contrôle l’action du Gouvernement et assume les autres compétences que lui attribue la Constitution.
  • Le Parlement est inviolable.


Article soixante-quatrième
  • L'Eduskunta se compose de 200 membres, élus au suffrage universel, libre, égal, direct et secret, dans les termes établis par la Loi.
  • La circonscription électorale est le district. La Loi déterminera le nombre total de députés, assignera une représentation minimale initiale à chaque circonscription et répartira les autres sièges proportionnellement à la population.
  • Les élections se dérouleront dans chaque circonscription sur la base de la représentation proportionelle.
  • L'Eduskunta est élu pour quatre ans. Le mandat des députés expire quatre ans après leur élection ou le jour de la dissolution de l'Eduskunta.
  • Tous les Tapiolais jouissant pleinement de leurs droits politiques sont électeurs et éligibles. La Loi reconnaîtra et l’État facilitera l’exercice du droit de suffrage aux Tapiolais qui se trouvent hors du territoire national.
  • Les élections auront lieu entre les trente et les soixante jours qui suivront la fin du mandat. L'Eduskunta élu devra être convoqué dans les vingt-cinq jours qui suivront les élections.


Article soixante-cinquième
  • Les députés jouiront de la prérogative de l’inviolabilité pour les opinions exprimées dans l’exercice de leurs fonctions.
  • Pendant la durée de leur mandat, les députés jouiront également de l’immunité et ne pourront être détenus qu’en cas de flagrant délit. Ils ne pourront pas être inculpés ni poursuivis en justice sans l’autorisation préalable d'Eduskunta.


Article soixante-sixième
  • L'Eduskunta se réunit de plein droit, chaque année, le deuxième mardi d’octobre, à moins qu’il n’ait été réuni antérieurement par le Président de la République.
  • L'Eduskunta doit rester réuni chaque année au moins quarante jours.
  • Le Président prononce la clôture de la session.
  • Le Président a le droit de convoquer extraordinairement l'Eduskunta


Article soixante-septième
  • L'Eduskunta peut recevoir des pétitions individuelles et collectives, toujours sous forme écrite ; leur présentation directe par des manifestations de citoyens est interdite.
  • L'Eduskunta peut remettre au Gouvernement les pétitions qu’il reçoit. Le Gouvernement est tenu de s’expliquer sur leur contenu chaque fois que l'Eduskunta.


Article soixante-huitième
[Le Président peut ajourner l'Eduskunta. Toutefois, l’ajournement ne peut excéder le terme d’un mois, ni être renouvelé dans la même session sans l’assentiment de l'Eduskunta.


Article soixante-neuvième
Le Président de la République n’a le droit de dissoudre l'Eduskunta que si celui-ci, à la majorité absolue de ses membres :

  • Soit rejette une motion de confiance au Gouvernement et ne propose pas, dans un délai de trois jours à compter du jour du rejet de la motion, la nomination d’un successeur au Premier ministre ;
  • Soit adopte une motion de méfiance à l’égard du Gouvernement et ne propose pas simultanément au Président de la République la nomination d’un successeur au Premier ministre.

Les motions de confiance et de méfiance ne peuvent être votées qu’après un délai de quarante-huit heures
suivant le dépôt de la motion.

En outre, le Président peut, en cas de démission du Gouvernement, dissoudre l'Eduskunta après avoir reçu son assentiment exprimé à la majorité absolue de ses membres.

L’acte de dissolution contient la convocation des électeurs dans les quarante jours et de l'Eduskunta dans les deux mois.


Article septantième
Les séances de l'Eduskunta sont publiques.

Article septante-et-unième
Le membre de l'Eduskunta, nommé par le Président de la République en qualité de Ministre et qui l’accepte, cesse de siéger et reprend son mandat lorsqu’il a été mis fin par le Président de la République à ses fonctions de Ministre. La Loi prévoit les modalités de son remplacement.

Article septante-deuxième
A chaque session, L'Eduskunta nomme son Président.

Article septante-troisième
La Chambre a le droit d'enquête.

Article septante-quatrième
Pour être éligible, il faut :
  • Être Tapiolais ;
  • Jouir des droits civils et politiques ;
  • Être âgé de dix-huit ans révolus ;
  • Être domicilié sur le territoire national.

Aucune autre condition d’éligibilité ne peut être requise.

Article septante-cinquième
  • Chaque membre de l'Eduskunta jouit d’une indemnité mensuelle de cinq mille couronnes.
  • A l’intérieur des frontières de l’État, les membres de l'Eduskunta ont droit au libre parcours sur toutes les voies de communication exploitées ou concédées par les pouvoirs publics.


Article septante-sixième
Le pouvoir législatif a le droit de déclarer qu’il y a lieu à la révision de telle disposition constitutionnelle qu’il désigne.

Après cette déclaration, l'Eduskunta est dissout de plein droit. Il en sera convoqué un nouveau.

L'Eduskunta statue, d’un commun accord avec le Président de la République, sur les points soumis à la révision.

Dans ce cas, l'Eduskunta ne pourra délibérer si deux tiers au moins des membres qui la composent ne sont présents; et nul changement ne sera adopté s’il ne réunit au moins les deux tiers des suffrages


Article septante-septième
Aucune révision de la Constitution ne peut être engagée ni poursuivie en temps de guerre ou lorsque l'Eduskunta se trouve empêché de se réunir librement sur le territoire national.
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CULTURE

Minorités linguistiques : althanophones et germanophones

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Si les autorités locales décident d'adopter une signalisation en althais, la Loi les oblige à proposer l'équivalent tapiolais.

Le tapiolais est la langue privilégiée de l’État, et la langue maternelle de 90% de la population. Néanmoins, il ne faut guère oublier que, sur les côtes occidentales, subsistent plusieurs communautés, essentiellement rurales, où l’usage historique de l’althais et de l’allemand a toujours prévalu contre la standardisation linguistique progressive fixée sur l’usage en vigueur à la capitale. Les derniers recensements montrent une population atlhanophone proche d’un million et demi de membres, soit environ 7% de la population nationale.
Ces populations sont présentes en Tapiolie pour des raisons historiques. Plus proches des royaumes côtiers scandinaves que des villes du Sud comme Lemminkaina ou Jamnikola, où s’est développé le cœur de la société tapiolaise, elles évoluèrent longtemps sans être inquiétées par les populations finnoises qui devinrent, avec le temps, de plus en plus nombreuses. À l’époque moderne, le Royaume d’Albi, dont la Tapiolie était la province la plus occidentale, intégra ces territoires allogènes à sa culture ainsi qu’à son espace linguistique pour s’assurer un contrôle du littoral complet. Ces établissements, pour la plupart, de pêcheurs jouirent d’une relative autonomie dans leurs affaires et seuls les percepteurs venaient leur rappeler à qui ils devaient leur allégeance.

L’effondrement de la monarchie au début du XIXe siècle vint reposer la question du sort de ces communautés isolées au sein d'un environnement essentiellement finnois. La Tapiolie, dans les gains territoriaux qu’elle engrangea au cours de cette période troublée, s’assura de les préserver dans son giron mais, désireuse d’afficher sa spécificité face aux anciennes provinces pharoise et genevoise, elle préféra les intégrer de force à son modèle identitaire plutôt que d’entretenir la même politique issue du fédéralisme déchu. Les althanophones durent alors faire le choix de l’exil ou celui de l’intégration à la culture finnoise. Ils durent se résoudre à abandonner leur langue face aux représentants de l’État et, peu à peu, à redéfinir leur identité culturelle dans les nouvelles configurations su'on leur imposait.

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Une classe d'immersion althanophone comme il en existe beaucoup au Nord du pays | Géographie linguistique de la Tapiolie

La première République demeura très dure à l’égard de ses minorités linguistiques, et il fallut attendre la fin de la guerre civile (1916-1919) pour qu’une Constitution plus libérale ne laisse respirer davantage les particularismes locaux. Les althanophones gagnèrent le droit d’user de leur langue dans l’espace public et dans leurs rapports avec l’administration. Aujourd’hui, on estime néanmoins que la tendance naturelle va vers l’épuisement progressif de l’identité althaise en Tapiolie. Les jeunes générations sont de plus en plus à l’aise avec le tapiolais et partent au sud où se trouvent les opportunités. Parfois quittent-ils tout simplement le pays. Toujours est-il que l’enseignement, dans ces régions, continue de se donner en althais pour qui le souhaite et qu’une bonne partie de l’espace public est aujourd’hui encore tenue au bilinguisme ; l’inverse n’étant pas vrai car l’althais n’a pas statut de langue nationale, car l’État ne fait que la reconnaître.

Tout ce qui vient d’être dit peut également s’appliquer au cas non moins complexe des minorités germanophones, principalement massées à la frontière avec le Walserreich. Cependant, leur nombre est si infime (moins de 100 000 personnes) qu’il est vain pour eux de prétendre un jour accéder à la moindre autonomie, là où les althanophones, formant un groupe non négligeable au sein de la population, ne désespère pas, pour certains, de réclamer plus de droits pour leur communauté. Parmi les revendications majeures, il y a la création d’une région propre où la détermination des politiques culturelles et éducatives reviendrait à des élus choisis parmi la population. Néanmoins, la concrétisation de ces désirs, partagés seulement par une partie des althanophones, n’a jamais su véritablement aboutir par manque d’organisations structurées et motivées à s’imposer dans le jeu électoral. À ce jour, en effet, aucun parti politique n’a fait des althanophones de Tapiolie son public privilégié. Sans doute est-ce par ce que ne sont restées au Nord que les anciennes générations, dont le soutien pragmatique va plus aisément à des partis comme le KPP qu’à des mouvements locaux ne se donnant, bien souvent, pas les moyens de leurs ambitions. Pour nombre d’analystes, la « cause » althanophone n’en est en réalité pas une, ou, du moins, elle ne l'est plus depuis plusieurs générations. Aujourd’hui, l’identité tapiolaise s’est imposée presque partout, et la loi du nombre, qui plus est sur une presqu’île, aura très certainement raison des althanophones et des germanophones dans les décennies à venir.
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HISTOIRE

La guerre civile tapiolaise (1)

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Une exécution de jeunes militants communistes par les "bridages spéciales", 1918.

On peine aujourd’hui à croire, immergé parfois dans le calme et la plénitude qu’offrent les paysages tapiolais, qu’il y a près d’un siècle, les mêmes forêts et rivières, les mêmes collines et les mêmes marais furent le théâtre de combats acharnés et d’affrontements brutaux opposant deux visions pour l’avenir du pays, et pour lesquelles toute une génération paya le prix fort.

La guerre civile tapiolaise désigne la période allant du 12 février 1916 au 2 décembre 1919 durant laquelle plusieurs groupes factieux se livrèrent une lutte armée avec pour principal objectif la prise de la capitale et l’instauration d’un régime nouveau. Elle s’achève avec le traité de Latho qui préfigure l’avènement d’un nouveau régime républicain plus libéral, reposant sur une nouvelle constitution ratifiée par référendum populaire. Les estimations des historiens tendent à s’accorder sur un bilan de cinquante à cent-vingt-mille morts, dont le quart concerne des civils.

Contexte historique

Au début du XXe siècle, la Tapiolie savoure ce qui s’annonce comme son premier centenaire en tant que pays indépendant. Elle est alors sous la gouverne d’une classe de bourgeoisie d’affaire, de grand capital industriel, qui assure son maintien par le principe du suffrage censitaire et plural, où certains seuils d’impôts directs assurent la possibilité de voter une ou plusieurs fois, voire de voter tout court. L’idéal de l’État stratège tend à s’appliquer par le biais d’un champ politique homogène et dont les intérêts ne divergent que sur des points de morale publique, mais non en matière de politique économique.

Dans les campagnes, l’exode rural a fait des ravages et les jeunes générations viennent étouffer soit dans les usines et les ports côtiers soit au fond des mines de cuivre et de charbon qui parsèment le paysage des montages chauves. La misère prolétarienne, comme partout à cette époque à travers le monde industriel, atteint les degrés limites de la décence humaine. D’autant que la classe ouvrière se trouve, en plus, privée de la moindre possibilité de représentation, laquelle est rendue impossible par le système de suffrage au cens.

Néanmoins, les conditions indécentes de travail dues à l’absence de législation, le mutisme politique imposé par le verrou électoral, ainsi que la proximité, à la frontière, d’un théâtre d’expérimentation d’idées radicales de gauche, tendent à créer en Tapiolie, et particulièrement dans les centres industriels, un terreau fertile à l’émergence de mouvements révolutionnaires. Il est notamment de notoriété publique que le voisin pharois s’accomode bien des passages de militants à la frontière qui portent en Tapiolie la Bonne parole de l’émancipation ouvrière. Conscient du risque encouru, le gouvernement technicien conservateur d’Atte Rissanen limite progressivement les rassemblements et surveille les lieux de la sociabilité ouvrière. Dans la rhétorique gouvernementale, accorder plus de pouvoir décisionnel aux basses classes n’était tout simplement pas envisageable. On craignait, à l’époque, qu’une opposition prolétaire ne détruise le tissu économique déjà modeste du pays.

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Atte Rissanen en 1911 | Un mouvement de grève à Jamnikola en novembre 1915

Pourtant, rien n’empêche la progression lente et diffuse des aspirations marxistes, des rêves anarchistes et des projets libertaires au sein d’une part de la population. Sur une dizaine d’années, le milieu ouvrier tapiolais, surtout dans le sud du pays, se dote d’un véritable réseau de formation et de prosélytisme idéologiques, largement soutenu depuis l’étranger, qui doivent lui permettre d’arriver à une maturité suffisante pourrir nourrir l’idée d’un Grand soir. Parmi les figures de cette éducation souterraine, citons Yuri Soininen, assassiné très certainement sur commande le 13 août 1915, qui fut, à cette époque, une petite célébrité des cités industrielles de Lemminkaina, qui appela fréquemment au soulèvement et s’assura la réputation par ses nombreux actes de sabotages, ses braquages et ses divers coups portés contre l’appareil d’État.

L’hiver 1915 fut déterminant dans le déclenchement des hostilités qui suivirent. La rudesse exceptionnelle amena à un pic de la consommation de charbon, qui entraîna rapidement des pénuries partout dans le pays. Le mécontentement grandit des deux côtés, d’abord car la production s’arrêtait et aggravait ainsi ladite pénurie, ensuite car les conditions ne permettaient plus de maintenir un train d’extraction efficace. La raréfaction du combustible joua sur le prix du fret et des transports (ferroviaires et maritimes) qui devinrent plus chers, faisant ainsi grimper le prix des denrées alimentaires largement importées. La situation devint intenable à la nouvelle année où un mouvement massif de contestations et de grèves secoua les corps les plus touchés par la crise. Les plus têtes-brûlées appelèrent à s’en prendre aux forces de l’ordre. Il y eut un premier tir, entendu soudainement et sorti de nulle part, qui en entraîna d’autres.

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