13/11/2004
14:50:00
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Activités étrangères en Magermelk

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Activités étrangères en Magermelk

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Magermelk. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de Magermelk, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Des intrus


Il semblerait que dans la nuit du 27 au 28 Juillet deux hommes armés ce soit introduit dans la résidence de l'impératrice de l'empire latin francisquien, Eugénie de Malatios. Les deux hommes se serait introduit en franchissant un mur en se faisant la courte échelle. Après s'être introduit dans la propriété les deux hommes auraient cherchés dans toute la propriété l'impératrice pour finalement la trouver dans le jardin puisqu'elle effectuait une balade nocturne. Les deux hommes l'ont ensuite menacée avec un couteau sous la gorge et emmenée dans son salon. l'Impératrice faisait acte de résistance, les deux individus lui on plantés 3 fois le couteau dans la main gauche avant que l'Impératrice ne cesse de se débattre. Après cela les deux individus l'auraient enfermés dans sa chambre mais l'Impératrice a eu le réflexe de sauter par sa fenêtre avant que son équipe de surveillance ne le remarque enfin et qu'ils arrêtent les deux individus. Les deux individus sont actuellement en détention et sont en attente d'être interrogés.
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7 août 2004

Rue

Les rues de Tarkeft étaient faiblement éclairées à cette heure de la nuit. Mais avaient-elles seulement besoin de l'être davantage ? Dans la capitale d'un pays où les lois encadraient si fermement les mœurs de la population ; qui n'en avait d'ailleurs presque pas besoin pour s'auto-inhiber, tant l'attitude générale était à la condamnation de la première déviance se détournant des voies tracées par le dogme catholique ; la vie nocturne était relativement peu agitée, si bien que déjà, à minuit et demi, ses rues semblaient quasiment désertes. Cette ambiance morose facilitait malgré tout le travail des agents des services de renseignement fédéraux, bien que ne favorisant pas leur discrétion. Disposés à une douzaine de points stratégiques de la capitale, ils conduisaient en effet leurs opérations sans l'aval des autorités locales, qui n'avaient pas même connaissance de leur présence sur le territoire maguerrois. Leur activité y était récente, puisqu'elle suivait directement les tentatives d'assassinat perpétrées contre Eugénie de Malatios. De toute évidence, les mesures de sécurité mises en œuvre pour protéger la propriété où résidait l'Impératrice déchue n'étaient pas suffisantes, puisqu'elles avaient permis à deux ressortissants francisquiens armés d'approcher leur victime et de la blesser. Même si la surveillance des lieux avait certainement dû être renforcée depuis ce triste incident, il n'en demeurait pas moins qu'Albel ne pouvait en aucun cas permettre que l'Impératrice soit l'objet d'un nouvel attentat, alors que le gouvernement fédéral espérait parvenir à agir dans le sens d'une transition politique au sein de l'Empire Francisquien, impliquant un retour sur le trône de la mère de l'actuel Empereur.

Jérôme Escoffier, agent des services de renseignement de la Fédération d'Albel

Cela faisait plus de six heures que Jérôme Escoffier patientait au volant de sa voiture, lumières éteintes. L'agent était positionné au plus près de l'enceinte cernant la résidence de l'Impératrice, dans une rue adjacente échappant toutefois à la surveillance des gardes gouvernementaux qui effectuaient des rondes régulières autour du bâtiment. Et pourtant, il s'ennuyait comme un rat mort. Il n'était certes qu'un maillon au sein d'un dispositif censé couvrir l'ensemble des accès possibles au lieu de résidence de la cible, dans l'objectif de repérer toute personne suspecte susceptible de représenter une menace pour l'hôte du gouvernement maguerrois. Mais que n'aurait-il pas donné pour voir surgir un groupe d'individus louches, histoire qu'il se passe enfin quelque chose. Il semble que Dieu entendit ses pensées, puisqu'alors qu'il s'apitoyait sur son sort d'agent de renseignement ayant passé tous les concours les plus sélectifs pour finalement mener des missions si pauvres en action, son téléphone portable se mit à vibrer. Il ouvrit rapidement le clapet de l'appareil et appuya sur le bouton de décrochage, avant de le porter à son oreille.

« Secteur 5, ici Secteur 3. Un individu suspect se dirige vers votre position. Vous avez la permission de l'appréhender.

- Bien reçu. »

Jérôme Escoffier raccrocha et scruta attentivement la rue qui se trouvait face à lui. Après quelques minutes, il vit effectivement une silhouette faire son apparition à l'angle de la rue voisine, et marcher en direction de la zone où se situait la résidence de l'Impératrice. Portant un chapeau et un long manteau noir, l'homme avançait d'un pas précipité, tout en se retournant régulièrement pour regarder derrière lui, comme s'il craignait d'être suivi. L'agent albelais ouvrit la portière de son véhicule et se dirigea vers l'individu suspect pour l'interpeler.

« Bonsoir.

L'homme se retourna dans un sursaut, et fixa le visage de Jérôme Escoffier de ses yeux écarquillés à travers ses épaisses lunettes.

Individu suspect

- Qu... qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

- Rien de particulier. Je me promène... Et vous, où allez-vous d'un pas si pressé ?

- Je... je... Je fais la même chose que vous, je me promène...

- À cette heure de la nuit ?

- Je... C'est bon, laissez-moi ! »

L'homme tourna les talons et reprit sa marche, d'un pas encore plus rapide qu'auparavant. Cependant, l'agent albelais ne pouvait se permettre de le laisser disparaître ainsi. Il bondit sur l'inconnu et passa son bras gauche autour de son cou, avant de commencer à le serrer de toutes ses forces. L'homme tenta de réagir en levant ses mains vers le bras qui serrait sa gorge, pour essayer de forcer son agresseur à relâcher son étreinte, mais ses efforts étaient vains. Après quelques secondes d'une lutte inutile, il eut tout juste le temps de sentir la pointe du poinçon que Jérôme Escoffier lui enfonçait dans la gorge à l'aide de sa main restée libre, avant que ses forces le quittent et que ses deux bras retombent, ballants.

Sans retirer son bras du cou de sa victime, l'agent albelais tira le corps en laissant trainer ses pieds sur le sol, pour le mener à l'arrière de sa voiture. Il ouvrit le coffre de sa main droite, et souleva le cadavre pour l'y hisser. Avant de refermer la porte arrière du véhicule, il fouilla rapidement la veste du malheureux pour en extraire son portefeuille, puis retourna à sa place initiale, au volant de la voiture, pour aller en inspecter le contenu. De toute évidence, sa victime n'avait rien d'un assassin francisquien, les papiers qu'il portait sur lui étant bel et bien maguerrois.

L'espace d'un instant, Jérôme Escoffier crut avoir exécuté un homme innocent. Ce n'était pas que cela gênait sa conscience, puisque cet inconnu était loin d'être le premier innocent qu'il abattait froidement. C'était son métier après tout, et il l'accomplissait dans l'intérêt supérieur de la Fédération, ainsi que de sa propre personne, au vu des larges indemnités qu'il touchait de la part de l'État pour accomplir ces basses besognes. Cependant, il trouva un autre élément intrigant dans le portefeuille du macchabée. Un morceau de papier, sur lequel il était écrit à l'encre noire : « Le Secours du Pèlerin, 94 rue Saint-Eustache, 1h du matin ». De toute évidence, l'homme qu'il venait d'abattre avait un rendez-vous prévu à deux pas de la résidence de l'Impératrice, ce jour même, et dans une dizaine de minutes seulement. La nuit ne faisait visiblement que commencer pour l'agent albelais.
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Les prisonniers

Cela fait déjà environ 5 jours qu'ils ont tentés d'enlever l'impératrice Eugénie de Malatios et l'enfant qu'ils portent. Ils sont deux francisquiens et leur plan semblait parfait mais manifestement l'impératrice déchue cache ses talents et n'a pas besoin de gardes du corps dans toutes circonstances pour se défendre. Tout avait été préparé mais plus rusée qu'eux, elle avait réussie à les faire emprisonner et désormais le Magermelk attend des informations d'un pays qui refuse désormais tout contact diplomatique avec eux.

21:30, Magermelk :

Kidnappeur 1 : T'es sûr que tout est bon pour ce soir?

Kidnappeur 2 : Certains, si on ne le ramène pas ici c'est que nous sommes idiots

Kidnappeur 1 : Je ne crois pas non, bref tu as des lampes torches?

Kidnappeur 2 : Oui mais je pense que si la résidence de l'Impératrice est surveillée il vaudrait mieux s'armer

Kidnappeur 1 : T'es bête ou quoi? Deux hommes armés qui se dirigent vers la résidence de l'impératrice on aura l'air très sain d'esprit

Kidnappeur 2 : Bon alors au moins un couteau ou quelque chose

Kidnappeur 1 : D'accord pour le couteau mais on ne la blesse pas c'est l'impératrice

Kidnappeur 2 : Bien, bien. J'ai aussi pris une corde pour escalader car apparemment il y aura un mur

Kidnappeur 1 : C'est exact. Bon voilà le plan :

Nous arriverons par derrière vers 1h15 du matin, généralement les gardes prennent une pause et l'arrière de la résidence est délaissé grâce au mur. À 1h20, on escalade le mur et on se rend sous le balcon de sa fenêtre. 5 minutes plus tard, l'impératrice se lève pour boire un verre d'eau et à ce moment là on crochète la serrure de la porte de derrière et on entre. À partir de là c'est compliqué car on a aucune connaissance sur l'intérieur mais on doit essayer de monter à l'étage et si il y a un agents de sécurité on le tue immédiatement. On prendra les escaliers en restant le plus discret possible puis finalement, quand on sera dans la chambre de l'impératrice on fera preuve de diplomatie mais si elle n'écoute pas on l'emmène avec nous.

Kidnappeur 2 : Mais comment tu sais qu'elle se lèvera à 1h25?

Kidnappeur 1 : Je l'ai observé pendant 4 nuits et elle se lève toujours entre 1h20 et 1h30

Kidnappeur 2 : Mais si elle se débat et qu'elle arrive à alerter les agents?

Kidnappeur 1 : Le but est de justement l'en empêcher. On doit couvrir sa bouche et l'empêcher de crier y comprit si cela nécessite de lui mettre le couteau sous la gorge

Kidnappeur 2 : Je croyais que tu ne voulais pas qu'on lui fasse du mal

Kidnappeur 1 : Si tu l'égorge elle aura mal mais sinon elle ne souffrira pas, réfléchis

Kidnappeur 2 : Bien alors on part pour quelle heure?

Kidnappeur 1 : Le temps de se rendre là-bas je dirais 20:15

Kidnappeur 2 : Bien alors on se rejoint au point de rendez-vous?

Kidnappeur 1: C'est ça, à 20h14 tu es là-bas je te préviens

Kidnappeur 2 : Oui oui j'y serais

La fin d'après-midi passèrent et pourtant le premier kidnappeur ne pu s'empêcher de tout revoir toutes les 10 minutes afin d'être sûr que tout soit parfait.

20:10, la route

Kidnappeur 2 : C'est bon je suis la

Kidnappeur 1 : Parfait, on va se mettre en route dès maintenant au cas où on prend du retard

Kidnappeur 2 : Tu n'espère quand même pas qu'il y aura des embouteillages à une heure pareille?

Kidnappeur 1 : Évidemment que nous mais simplement au cas où nous avons un problème sur la route il vaut mieux partir en avance

Les deux kidnappeurs se mirent en route en direction de la résidence d'Eugénie de Malatios dont leur but était de la libérer car ils estiment encore qu'elle est prisonnière de cette endroit et qu'on l'emprisonne à l'intérieur pour mieux la tenir à l'écart du trône francisquien qui a été prit illégitimement par son premier fils qui a assassiné l'empereur et son propre père.

Kidnappeur 2 : J'en reviens pas, ils ont quand même réussit à emprisonner l'impératrice et le prince ne dit rien

Kidnappeur 1 : Le prince est un idiot. Il soutient sa mère mais ne fait rien pour la libérer mis à part se mettre en colère contre le Margermelk ce qui n'avancera à rien

Kidnappeur 2 : Il ne peut pas envoyer de force armées celui-là?

Kidnappeur 1 : Tu penses, ils emprisonnent l'impératrice mais lui il est sur le trône. Ça l'arrange bien

Kidnappeur 2 : Il avait l'air sincère pourtant

Kidnappeur 1 : Il l'est mais si il n'agit pas il doit comprendre qu'il ne retrouvera jamais sa mère

Kidnappeur 2 : Alors nous nous sommes les justiciers c'est ça?

Kidnappeur 1 : Si c'est les légitimistes n'agissent pas, qui le fera?

Kidnappeur 2 : Effectivement.

Après plusieurs discussions sur le Prince Impérial, actuel empereur, l'impératrice et la politique, les deux hommes arrivent finalement derrière la résidence de l'impératrice et décharge leur matériel afin de pouvoir escalader le mur

Kidnappeur 1 : Attends

Kidnappeur 2 : Quoi?

Kidnappeur 1: 3...2...1...Maintenant

Kidnappeur 2 : C'est parti

Les deux hommes escaladèrent le mur arrière de la résidence de l'impératrice et comme ils l'avaient prévus, l'impératrice est déjà levée et personne n'est la pour les attendent. Tout se passe bien, il arrive en dessous du balcon, crochète la serrure et sont plus silencieux que le silence lui-même. Tout à l'air de fonctionner et ils rentrent finalement et personnes ne les attends mais un détail va attirer leur attention.

Kidnappeur 1 : Regarde ça, une lettre

Kidnappeur 2 : Mais attends il n'y a pas de sceau dessus? Et la couleur de la feuille c'est du bleu impérial?

Kidnappeur 1 : Apparemment l'Impératrice cache bel et bien quelque chose, moi qui ne voulait pas croire le journal de presse

Kidnappeur 2 : "Cher Louis, mon fils."

Kidnappeur 1 : C'est une lettre au Pri-

Un cri surgit derrière eux. C'est l'impératrice

Kidnappeur 1 : Votre majesté n'ayez craintes nous venons vous sauver!

Eugénie de Malatios : Laissez-moi tranquille! Je suis en sécurité ici!

Kidnappeur 1 : Vite retient-là!

Le second kidnappeur ne pu s'empêcher de lui écraser la cheville pour qu'elle ne puisse pas s'enfuir alors qu'elle venait de tomber au sol

Kidnappeur 2 : Votre majesté nous avons besoin d'informations!

Kidnappeur 1 : Absolument pas! Nous voulons vous conduire à l'empire et jusqu'à votre trône

Eugénie de Malatios : Laissez-moi tranquille! Je suis en sécurité ici! L'empire me hait et seul mon fils me soutient! Le peuple est contre moi et me prend pour une criminelle tandis que personne n'ose se mettre en travers de leur chemin! Seul mon fils essaye de m'aider et vous, vous! Vous vous pensez agir en son nom? Vous n'êtes que deux idiots qui pensez pouvoir me faire monter sur le trône alors que mon propre peuple me déteste!

Kidnappeur 2 : C'est faux! Il y a encore vos soutiens! Le Prince est certes, contre certains d'entre nous mais dans la démocratie de l'empire il y a un parti politique entier qu'il a reconnu et ils vous soutiennent tous!

Eugénie de Malatios : Bande de sots, le peuple francisquien est fait de 19 millions d'hommes et de femmes. Il ne suffit pas de 3000 pour pouvoir me faire monter sur le trône même si l'empereur lui-même le demande. Il attend mon retour sur le trône, je le sais. Il n'a jamais voulu le trône il me l'a confié, c'est pour ça que je porte cet enfant.

Kidnappeur 1 : Attendez une minute, le prince ne veut pas le trône?

Eugénie de Malatios : Vous n'êtes vraiment que deux id-

Le second kidnappeur ne pu contenir sa rage. Il venait libérer l'impératrice et elle les insultaient de tous les noms alors il lui planta 3 fois son couteau dans la main

Kidnappeur 1 : Tu es fou ou quoi!

L'Impératrice se saisit du couteau et le planta à son tour dans sa main avant de s'enfuir par les escalier

Kidnappeur 1 : C'est malin ! Idiot !

L'Impératrice courue de toutes ses forces malgré l'enfant qu'elle porte en elle et elle réussi a avertir les agents de sécurité sous une fenêtre qui arrivèrent d'une minute à l'autre pour interpeller les deux kidnappeurs. Heureusement, l'impératrice s'en tirera sans séquelles pour elle et son enfant malgré sa blessure à la main. Les deux kidnappeurs quant à eux seront emmenés par les autorités Marguerroises afin d'être intérrogés.
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7 août 2004

Suite directe du RP précédent

Si l'on en croyait le numéro indiqué sur le palier, c'était bien ici. L'enseigne était plutôt discrète, s'agissant seulement d'une petite pancarte posée sur la porte, indiquant simplement « Le Secours du Pèlerin - Bar Tabac - Ouvert ». Jérôme Escoffier pouvait effectivement apercevoir de la lumière à travers le carreau, ce qui signifiait qu'il y avait bien de l'activité. Il poussa la porte d'entrée, et entra dans l'établissement. Sans cesser d'avancer afin de ne pas paraître trop suspect, il tournait la tête à droite et à gauche afin d'inspecter les lieux. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, le bar semblait plutôt fréquenté à cette heure de la nuit. Des petits groupes d'hommes étaient attroupés ici et là autour des tables qui garnissaient la pièce, échangeant entre eux sans même prêter attention à l'entrée de l'agent albelais. Ne sachant pas trop où se mettre, celui-ci s'avança vers le comptoir et prit place sur l'un des tabourets restés vides.

De l'autre côté de la pièce, il pouvait apercevoir le tenancier du bar, qui faisait la conversation à un groupe de clients attablés un peu plus loin. L'homme ne l'ayant probablement pas vu entrer, il pouvait sûrement attendre un moment avant d'être servi. Quoi qu'il en soit, il n'était pas là pour se rafraichir. Il jeta quelques coups d’œil autour de lui, et n'avait pour seul voisin qu'un petit homme rondouillard et barbu qui gardait les yeux fixés sur son verre de cognac. Cependant, après quelques secondes d'observation, Jérôme Escoffier constata que l'homme en question lui adressait quelques regards en coin, de manière régulière. Afin d'en avoir le cœur net, il se tourna carrément vers lui, et l'autre homme fit de même.


Jérôme Escuffon au comptoir avec un Maguerrois inconnu
Jérôme Escoffier, accoudé au comptoir face à un Maguerrois inconnu

« C'est vous, Cédric ? » lui demanda le barbu.

Cédric était le prénom du Maguerrois qu'il avait étranglé quelques minutes auparavant, de ce qu'il avait pu lire sur ses papiers en fouillant dans son portefeuille un quart d'heure plus tôt. De toute évidence, il était au bon endroit, et son interlocuteur le prenait pour sa victime, ne connaissant probablement pas le visage de celui qu'il aurait normalement dû rencontrer.


- Euh... Oui. C'est bien moi.

- Enchanté. Je suis Philippe, celui avec qui vous aviez rendez-vous.

- Ah, et bien... je me doutais que c'était vous !

- Pour ma part, j'ai mis un moment à comprendre que c'était vous. À vrai dire, je vous imaginais plus vieux que ça.

Il est vrai que l'homme qu'il avait abattu juste auparavant paraissait plutôt âgé.

- Tiens donc !

- Remarquez, ce n'est pas plus mal. Vu ce dans quoi vous vous embarquez, il vaut mieux que vous ayez encore toute votre forme. Et dire qu'on m'a raconté que vous aviez dans la cinquantaine. Les idiots ! ajouta-t-il en avalant une gorgée de cognac.

- On vous en a dit beaucoup à propos de moi ?

- Pas plus que ça, rassurez-vous. Vous savez que dans notre milieu, il vaut mieux en savoir le moins possible sur les autres, pour notre sécurité à tous. Surtout dans ce pays où tout est surveillé...

Jérôme Escoffier ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin. Il n'était pas venu pour rien, car visiblement, quelque chose d'illégal se tramait. Étant donné la position du bar, il s'agissant probablement d'un attentat ou d'une nouvelle tentative d'enlèvement tournés contre l'Impératrice. Au moins, les propos de son interlocuteur, ce « Philippe », lui indiquaient que celui-ci en savait très peu sur l'homme pour qui l'agent albelais se faisait passer, ce qui laissait peu de risque qu'il trahisse sa propre couverture. Le Maguerrois avala une nouvelle gorgée avant de reprendre :

- Du peu que l'on m'a dit de vous, il me semble que ça va être votre première fois, n'est-ce pas ?

- En effet. Pour ne rien vous cacher, j'appréhende un peu la chose, à vrai dire.

- C'est bien normal.

L'Albelais tentait d'en apprendre davantage sur l'opération que préparaient son interlocuteur et le cadavre qui se trouvait encore dans son coffre.

- Mais ça me rassurait sûrement si vous m'expliquiez un peu la manière dont les choses vont se dérouler.

- Ça viendra, naturellement, répondit Philippe, mais pas ici, évidemment. Il y a trop de monde autour de nous, et on ne peut être sûr de personne. Pour commencer, dîtes-moi plutôt, vous concernant, jusqu'où vous êtes prêt à aller.

- Je suis prêt à absolument tout, et ne laisserai rien au hasard. Vous pouvez avoir confiance. Je suis un homme fiable, motivé, et actif.

Il ne jouait presque pas un rôle en se décrivant de la sorte. Les agents de renseignement étaient sélectionnés après des épreuves assez dures, auxquelles son succès conféraient à Jérôme Escoffier la prétention de mériter ces qualificatifs.

- J'aime entendre ça, rétorqua le Maguerrois. Vous êtes le genre de personne qui ne manque que trop dans nos milieux. Cependant, pour les premières fois, c'est moi qui me chargerai de mener la barque. Vous, vous suivrez. Bien sûr, ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas prendre des initiatives lorsque ça vous semblera opportun. Au contraire, c'est même plutôt souhaitable. Mais pour des raisons évidentes, il vaut mieux laisser les personnes plus expérimentées mener le jeu.

- Bien sûr, c'est bien normal.

Joseph, le barman
Joseph, le tenancier du Secours du Pèlerin

Le tenancier de l'établissement, qui devait avoir fini sa conversation avec les clients situés à l'autre bout du bar, passa derrière le comptoir. Il saisit un verre qu'il posa face aux deux hommes, et commença à le remplir. Pendant que le liquide s'écoulait de la bouteille, il leva le regard vers eux et leur adressa un léger sourire. De toute évidence, il semblait être au courant de quelque chose.

- Ne vous inquiétez pas, le rassura Philippe, Joseph en est aussi.

Il adressa un hochement de tête en direction du barman, qui répondit par le même signal. Celui-ci referma la bouteille de cognac qu'il tenait en main, et sortit une clé de sa poche.

- Suivez-moi dans la pièce de derrière, dit Philippe en se levant de son siège. Je vais vous donner un aperçu de ce qui vous attend.

Impatient d'apprendre enfin quelque chose de concret, l'agent albelais se leva à son tour et emboîta le pas de son interlocuteur, suivant le tenancier qui les menait vers une porte située à l'arrière de la salle. À l'aide de la clé qu'il tenait en main, Joseph ouvrit la porte et la tint pour laisser entrer ses deux hôtes. Après avoir fait quelques pas dans la pièce, Jérôme Escoffier jeta un coup d’œil par-dessus son épaule en entendant le barman refermer la porte à clé derrière eux, après leur avoir emboité le pas. Lorsqu'il se retourna, il vit que Philippe s'était accroupi par terre devant lui. Il eut à peine le temps de hausser un sourcil surpris, que déjà le Maguerrois avait approché ses deux mains au niveau de son entrejambe, et commencé à déboucler sa ceinture. Par réflexe, Jérôme fit un bond en arrière et recula de trois mètres, manquant de peu de heurter le patron du bar, qui se trouvait toujours derrière lui.

- Wow ! Qu'est ce que vous faîtes !? s'exclama l'Albelais.

- Qu'est ce qu'il y a ? demanda Philippe après s'être relevé. Vous trouvez que j'ai été trop rapide ?

- Pff... c'est toujours pareil, Philippe ! s'écria le barman. Au début, ça joue les vaillantes, mais dès qu'il s'agit de passer à l'action, y a plus personne !

Joseph se positionna face à Jérôme Escoffier et posa ses deux mains sur ses épaules.

- Arrêtez d'écouter les autres, mon vieux. Acceptez d'être qui vous êtes, sortez du placard !

L'agent albelais se dégagea des mains du patron de bar et recula encore davantage.

- Attendez, il doit y avoir un malentendu. Je ne... je ne suis pas...

- Pas quoi ?

- Oh ! Ça y est, je comprends tout, Joseph ! s'écria Philippe en se précipitant d'aller se blottir dans les bras du barman maguerrois. C'est un flic ! Il est venu enquêter sur nous, et maintenant il va nous dénoncer !

Joseph leva vers l'Albelais des yeux écarquillés.

- Non non, rassurez vous, se défenda-t-il, je ne suis pas flic. D'ailleurs, je ne suis même pas maguerrois !

- Ah, c'était donc ça cet accent bizarre ! répliqua le barman.

- Mais on s'en fout de son accent ! cria Philippe d'une voix suraiguë. Ça change rien, il va nous dénoncer quand même !

- Non non, ne vous inquiétez pas. Je ne vais pas vous dénoncer...

- C'est vrai ?

- Oui.

Le petit homme barbu se libéra de l'étreinte de Joseph, pour aller prendre l'Albelais dans ses bras.

- Oh merci ! Merci monsieur, merci ! Vous êtes un homme bon, comme en croise rarement au Magermelk ! J'aurais envie de vous embras...

Jérôme Escoffier le repoussa avant de tirer sur les pans de sa veste pour la repositionner correctement.

- Bon, ça suffit, n'abusez pas. Lâchez-moi ! »

Il ouvrit la porte dans la serrure de laquelle le patron du bar avait laissé sa clé, et quitta l'établissement. Un quart d'heure plus tard, il était de retour au volant de sa voiture, dont le coffre contenait toujours le même cadavre. Au bout de quelques minutes, son téléphone se mit à vibrer.

Joseph Escoffier au volant de sa voiture
Joseph Escoffier, de retour au volant de sa voiture

« Secteur 5, ici Secteur 3. Vous avez pu vous rendre au rendez-vous du suspect ? demanda la voix au téléphone.

- En effet, mais... ce n'était pas ce qu'on croyait...

- C'est-à-dire ?

- C'était... il n'y avait rien, en fait. Le rendez-vous devait être prévu un autre jour. Ce n'est pas la peine de faire figurer ça dans le rapport. »

Il raccrocha, et lâcha un profond soupir. Vraiment, qu'est-ce qu'il faisait ici ?
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