15/11/2004
14:47:57
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Médias Walserreichiens - Page 2

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VERS UNE AUGMENTATION DU CHEQUE-EDUCATION ?



Günther

Le Chancelier de la Bundesrepublik Günther Hammerthal a demandé hier matin à la Diète d’étudier un projet de loi relatif à l’augmentation du budget éducation du Walserreich. Il convient tout d’abord de rappeler le fonctionnement du système éducatif walserreichien, considéré comme l’un des plus performants du monde. Il se divise en trois cycles mais c’est aujourd’hui son accès qui a intéressé le gouvernement. En effet, chaque année, chaque famille reçoit un chèque-éducation par enfant. A l’heure actuelle, il s’élève à 10 000 Wm par an, et Günther Hammerthal étudie une augmentation de 10%. Comment cela fonctionne-t-il ? Depuis la suppression de la carte scolaire en 1991, les écoles de premier et second cycle (de 7 à 18 ans) se divisent en écoles publiques et en écoles privées. A l’heure actuelle, une école publique propose à chaque enfant une éducation qui coûte environ 10 000 Wm par an, pris sur les deniers publics. A côté de cela, le gouvernement offre un chèque-éducation du même montant à toute famille désirant inscrire son enfant dans une école privée, généralement plus petite et disposant d’un matériel de meilleure qualité. Ce système, en 10 ans, a clairement fait ses preuves : le mélange social est extrêmement important au Walserreich, et des enfants d’avocats partagent les rangs d’écoles avec des enfants d’ouvriers dans des écoles de très bonne qualité. L’objectif très clair de ce système est de créer une concurrence entre les écoles : il n’existe pas de carte scolaire, et chaque famille peut changer son enfant d’école, selon le nombre de places disponibles, sans aucune complication administrative. Le but est ainsi de donner accès à chaque école à chaque enfant et de vider les écoles de mauvaise qualité. Ainsi, durant les dix dernières années, près de 21% des écoles primaires ont fermé, et ont été remplacées dans les trois années par des écoles dont le temps a prouvé l’efficacité. Ainsi, mettre un enfant dans une école publique coûtera 0 Wm à ses parents, le coût étant retrouvé dans les impôts. Mettre son enfant dans une école privée moyenne coûtera 0 Wm, car les parents pourront y utiliser leur chèque éducation. Si jamais l’école privée est de très bonne qualité et qu’une année en son sein coûte 12 000 Wm, alors les parents devront dépenser de leurs poches 2 000 Wm. Il existe très peu d’écoles primaires dont le coût surpasse 14 000 Wm par an, et de fait, la mixité sociale est importante et la concurrence permet en permanence d’élever le niveau qualitatif des écoles. Le gouvernement fédéral dispose de trois rôles principaux : fixer les programmes scolaires, maintenir des écoles dans les zones à faible densité de population et définir le montant du chèque-éducation.

C’est ce dernier levier que Günther Hammerthal souhaite bouger en augmentant de 10% le prix du chèque-éducation. La Diète débat de la question à cause de la répercussion de cette mesure sur l’école publique. En effet, la conservation du système walserreichien actuel passe par un juste équilibre entre le coût dans le privé et dans le public. Ainsi, si la Große Koalition conservatrice veut augmenter le chèque-éducation, il lui faudrait aussi augmenter le budget de écoles publiques… ce qui n’était pas prévu dans le projet que le Chancelier Hammerthal a proposé. C’est autour de cette question que s’orientent les débats actuels à la Diète. Une partie de la coalition, principalement les députés de l’Agrarpartei, refusent de suivre aveuglément le Nationaldemokratische Partei, car cette loi est accusée de favoriser un peu les écoles privées, alors que les députés de l’Agrarpartei, plutôt originaires du Sud du pays, sont largement dépendants des écoles publiques pour l’éducation des leurs. Le souci, a souligné Hammerthal, c’est qu’une augmentation du budget des écoles publiques requiert un coût très important. Les débats n’en n’ont pas terminé, et il n’y aura que deux solutions pour Hammerthal : maintenir le système actuel ou bien augmenter le budget de l’éducation publique, principalement géré par les états fédérés, d’ailleurs. L’opposition ne suivra le Chancelier que s’il choisit le second chemin. Si tout le monde est d’accord pour améliorer en permanence la qualité de l’éducation au Walserreich, personne n’acceptera que soit larguée une partie de jeunes enfants issus de provinces reculés et défavorisés. Drôle de situation, où la droite conservatrice dure de l’Agrarpartei se retrouve aux côtés de l’opposition social-démocrate.
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Sofia

Sofia Wallenius, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg

Sofia Wallenius a écrit :
« Meine Damen und Herren, bienvenue dans cette édition de notre Tageschau du 16 avril 2003,

En Tapiolie, tout d’abord, à l’approche des élections, le Premier Ministre Lucius Mirko, qui occupe le poste depuis 17 ans, a annoncé qu’il ne briguerait pas un mandat supplémentaire. Son rôle dans la construction de l’état-providence tapiolien a été souligné par de nombreux commentateurs, fustigé par d’autres, et maudite par d’autres encore. Il ne fait aucun doute qu’après cette annonce, le champ politique tapiolien se retrouve dans un état d’effervescence comme il en a rarement connu cette dernière décennie. Les sociaux-démocrates, les libéraux et les nationalistes sont d’ores et déjà dans les starting-blocks, attendant le début de la course au poste de premier ministre. Le remue-ménage que l’on attend dans l’électorat tapiolien est tel qu’il est difficile de s’avancer sur qui tirera les marrons du feu. Le Chancelier du Walserreich Günther Hammerthal a salué la décision de Mirko en lui présentant ses vœux de quiétude et de santé pour les années à venir. Le Walserreich, à n’en pas douter, regardera de très près les résultats des élections à venir chez son plus grand voisin.

Le ministre la défense Friedrich Wolffhart a présenté hier à la Diète un projet d’augmentation du budget militaire pour l’an prochain, une augmentation substantielle de près de 15% destinée, dit-il, à armer la Bundesrepublik et a rehausser une partie de la masse salariale des militaires de rang, sous-payés et sous-considérés au Walserreich, ce sont ses mots. Toutefois, le Chancelier a d’ores et déjà refusé d’amputer un autre budget d’état pour transférer sur le budget de la Défense l’argent demandé par Wolffhart. Ainsi, la seule possibilité pour ce dernier d’obtenir ce qu’il souhaite est de proposer un projet solide à la Diète qui, une fois validée, sera soumis par référendum aux citoyens du Walserreich, comme se doit de l’être chaque demande d’augmentation d’un budget national. Wolffhart, voyant sa proposition déboutée par ses alliés du gouvernement, a d’ores et déjà demandé à son parti, l’Agrarpartei, de militer au sein de la population pour préparer un référendum.

La gauche entre-t-elle dans l’une des périodes les plus sombres de son histoire ? Telle est la question qu’il est légitime de se poser après la débandade du Volkspartei et du Linkepartei aux dernières élections fédérales. Le discours tenu aujourd’hui est très clair : les mandats successifs du Chancelier Stutzberg ont enfoncé les partis de gauche dans une apathie telle qu’il leur est aujourd’hui difficile d’opérer une mue salutaire pour proposer à nouveau un projet sérieux, original et crédible aux Walserreichiens. Les prochaines élections fédérées ont lieu dans un peu plus d’un an et seront sûrement un premier test pour la nouvelle ligne qu’adopteront ces partis. Entre les partis qui divisent, comme le Sozialistische Gerichtigikeit Partei (SGP, marxiste-LGBT), et les vieux partis de gouvernement (Volkspartei et Linkepartei), un accord pourrait être recherché. Toutefois, les lignes de fracture sont nombreuses et le renouvellement très relatif des élites des partis a maintenu une certaine animosité entre certains cadres, rendant une possible alliance très instable. Des sources proches du Volkspartei indiqueraient que ce parti s’apprêterait à revenir au peuple en proposant de nouvelles lignes de combat politique. Affaire à suivre.

Insolite, dans l’Holzland, dans la petite commune de Süngau, l’agent communal s’est retrouvé nez-à-nez avec un homme de 98 ans sortant de la forêt, qu’il reconnaît immédiatement comme étant Wulfric Fritz, un retraité porté disparu depuis plus de 4 jours. L’intéressé n’aurait rien déclaré de plus à part « J’étais parti chercher des champignons, mais on est en avril, je n’en n’ai pas trouvé beaucoup, alors je les ai attendus ». L’agent communal a immédiatement contacté les autorités locales qui ont pu raccompagner le vieil homme chez lui, dans sa famille, après avoir été ausculté par un médecin. Plus de peur que de mal, Wulfric Fritz a déclaré avoir passé les quatre dernières jours dans une cabane de garde-forestier où il se servait allègrement dans les réserves de nourriture. Plus de peur que de mal ! »
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NOUVEAU RECORD POUR UN PARTI AU POUVOIR :
…AUCUNE LOI PROMULGUEE EN SIX MOIS


Hammerthal

Mais que fait Günter Hammerthal ? Le Chancelier (Nationaldemokratsiche Partei) du Walserreich vient de battre un ancien record détenu par les libéraux des années 80 ; il n’a promulgué aucune loi depuis son arrivée au pouvoir. Son œuvre politique pour le moment a consisté à détricoter un grand nombre de régulations (notamment écologiques) mises en place par son prédécesseur Stutzberg pour « faire souffler un peu les entreprises ». Ses ministres ont aussi prononcé quelques décrets mais de manière générale, à l’heure actuelle, en faisant le ratio, on constate que la coalition conduite par Hammerthal est l’une des plus amorphes que le Walserreich ait connu : son activité législative est d’une faiblesse remarquable. Jamais le sens premier de « conservateur » n’a été aussi justifié. L’immobilisme de Hammerthal commence à être fustigé par son propre camp, notamment les branches les plus réactionnaires qui demandent au Chancelier de sonner la charge contre les intrusions du libertarisme dans la société walserreichienne. Toutefois, selon nos sources à Westerburg, il semblerait qu’Edda Steinwald, dirigeante de la CDU (Christliche-Demokratische Union) freine des quatre fers et refuse d’assumer une position « trop à droite » pour la coalition. De l’autre côté de celle-ci, l’Agrarpartei est le principal moteur de cette volonté de faire taire les velléités libertariennes au sein de la société walserreichienne. D’après de nombreuses rumeurs, l’augmentation du budget militaire préconisée par le parti serait en passe de donner lieu à un référendum.

La métamorphose de la coalition gouvernementale est assez étonnante. Au centre, en position d’arbitre, Günther Hammerthal et le Nationaldemokratische Partei, ne voulant froisser personne, se contentant d’accomplir benoîtement ses promesses sans rien proposer de plus. Or, sa campagne fut surtout dirigée contre le Volkspartei et le Linkepartei, qui formaient la précédente coalition. Ainsi, en dehors du « détricotage » évoqué plus haut, le Chancelier n’a qu’une marge de manœuvre très réduite. En effet, à sa droite, l’Agrarpartei de son ministre de la défense Friedrich Wolffhart pousse la coalition vers l’électorat du Sud, plus populaire et conservateur en termes de mœurs, attaché à ses traditions et à sa religion, tandis qu’à sa gauche, la CDU d’Edda Steinwald, parti certes conservateur, mais dont l’électorat plus urbain, âgé et athée, est légèrement plus ouvert aux propositions d’une social-démocratie « rose bonbon ». Les lignes de fracture politique au sein de la coalition sont sociologiques ; ni économiques, ni religieuses. A l’heure actuelle, l’alliance se fait sur l’approbation du modèle économique libérale et du modèle social conservateur. Toutefois, il n’est pas exclu qu’à l’avenir, même cette jonction se fissure. Si Hammerthal veut maintenir sa coalition, il devra construire un projet susceptible de rassembler ces électorats, et pour l’instant, sa position de gardien de la neutralité risque de ne faire de lui que la statue sur laquelle, au final, on jette les tomates.
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AUGMENTATION DU BUDGET DE LA DEFENSE :
WOLFFHART VEUT ALLER AU REFERENDUM



FWolffhart

La rumeur grandit de plus en plus dans les rues de Westerburg : tout le monde savait que l’arrivée du nouveau Ministre de la Défense Friedrich Wolffhart rebattrait les cartes de la politique walserreichienne. L’Agrarpartei, pour le moment, a réussi à rester dans une relative neutralité par rapport aux grandes questions sociétales, mais il ne fait aucun doute que son « vrai visage » d’extrême-droite ne va pas tarder à apparaître. Pour le moment, il ne fait office que de faire-valoir très conservateur pour protéger l’aile droite de la coalition et lui garantir un certain soutien populaire, ou plutôt lumpenprolétaire. Ce que le Chancelier Günther Hammerthal n’avait peut-être pas prévu, c’est que Wolffhart ait l’intelligence de comprendre sa position de pivot au sein de la coalition : Wolffhart peut conduire une opposition mesurée tout seul, dans son coin, il n’a fondamentalement pas besoin de Hammerthal, tandis que ce dernier, en revanche, a besoin de l’Agrarpartei. Ainsi, Wolffhart sait qu’il est essentiel à la coalition et peut donc se permettre de faire plus qu’il ne le pourrait en cas normal. C’est précisément dans une attitude de défi qu’il s’est présenté devant la Diète hier pour étaler avec verve et fierté le projet abouti d’augmentation du budget militaire de 15%, ce qui est un montant significatif. Il y a dans ce projet un point intéressant ; Wolffhart promet que l’argent supplémentaire injecté ne servira en aucun cas à augmenter les salaires des militaires. Wolffhart évacue ainsi les critiques qui étaient déjà prêtes à son encontre, considérant que cette augmentation de budget était proposée uniquement pour consolider son électorat militaire. Grâce à cette petite nuance, il maintient son électorat militaire malgré tout, car en augmentant leur budget, il leur montre qu’ils sont pris au sérieux, et il évite la critique électoraliste de l’opposition. C’est la manœuvre qu’il accomplit pour brasser large et attirer à sa position sur un potentiel référendum des électeurs d’horizons très différents.

Le référendum, toutefois, « on n’y est pas encore », comme l’a rappelé le Chancelier Günther Hammerthal (NP) dans un récent entretien dans un journal économique. Il souligne avec entrain la volonté de son Ministre de la Défense de passer par la participation populaire pour faire avancer les positions du gouvernement et précise, dans la platitude et la neutralité la plus totale, que les processus politiques prévus par la Constitution seront scrupuleusement respectés. En effet, il faut bien comprendre qu’un référendum ne peut pas avoir lieu sur simple demande d’un Ministre. Tout d’abord, Wolffhart a pris la température de l’opinion publique pour savoir si l’idée était envisageable ; fort heureusement pour lui, aucun tollé général n’a accompagné ses premières annonces. Ensuite, avant d’envoyer ses troupes militantes militer pour le « oui », il faut poursuivre un processus législatif strict. Wolffhart a monté un projet abouti, chiffré et précis sur son projet, et il l’a présenté devant la Diète. Chaque groupe parlementaire a rendu un avis sur le projet. Dans quelques jours, les députés voteront pour autoriser la tenue ou non du référendum dans les délais les plus brefs. La particularité de ce référendum, c’est qu’il est proposé par un Ministre, de la Défense, en l’occurrence, et non pas le Chancelier lui-même, ce qui est relativement rare dans l’histoire politique du Walserreich. Ce qui est encore plus étonnant, c’est que le Chancelier ne demande pas aux députés de la coalition de soutenir le projet de loi, il les laisse libres de se positionner en leur âme et conscience. Or, la présidente de la CDU (Christliche Demokratische Union) Edda Steinwald n’est pas particulièrement favorable à ce projet, prétextant qu’il faut, selon elle, d’abord réorganiser les finances de l’armée avant d’y injecter de nouvelles sommes. Le Nationaldemokratische Partei du Chancelier soutiendra sans aucun doute la position de son Ministre de la Défense pour les raisons décrites plus haut. Ainsi, si Friedrich Wolffhart veut réussir à faire passer son référendum, le soutien partiel de la coalition ne lui suffira pas ; il lui faudra trouver du soutien ailleurs. Les députés d’extrême-droite de la Waslerreich Kreuz et les Kinder des Herrn sont déjà dans les starting-blocks.
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AUGMENTATION DU BUDGET DE LA DEFENSE :
FRIEDRICH WOLFFHART OBTIENT LE REFERENDUM



FW

Le processus institutionnel est arrivé à son terme : le ministre de la défense, Friedrich Wolffhart (Agrarpartei), ira au référendum pour son projet d’augmentation du budget du ministère de la défense. Depuis le début, les lois du Walserreich rendent obligatoire le référendum pour toute augmentation du budget de l’état, d’autant plus qu’il s’agit en l’occurrence d’une augmentation substantielle de 20%, dans le projet final. Toutefois, avant d’obtenir le référendum, il y a un chemin à parcourir, destiné à construire un projet afin que, une fois le référendum accompli, le projet se mette immédiatement en place ; la volonté du peuple ne doit pas souffrir de la lenteur de l’administration. On fait donc en sorte que soient respectées les volontés populaires avant même qu’on ait le temps de se demander s’il faut passer par mille et un fonctionnaires. Le chemin de Friedrich Wolffhart a notamment du rencontrer quelques obstacles issus de sa propre coalition : le Nationaldemokratische Partei (NP) n’a pas officiellement soutenu cette mesure et s’est engagé dans une certaine neutralité au sein de ce débat. Le Chancelier Günther Hammerthal (NP) n’a pas soutenu son ministre, pas plus qu’il ne lui a mis des bâtons dans les roues : il n’a donné aucune consigne de vote officielle au niveau du parti, mais a indiqué à ses députés qu’ils devaient voter en leur âme et conscience et retourner dans leurs circonscriptions afin de recueillir l’avis du peuple. Une bonne partie des députés de la Diète n’a donc pas voté pour –ni contre- le projet mais certains députés NP issus de circonscriptions plus populaires ont reçu plusieurs avis de comités populaires locaux leur demandant de valider la tenue du référendum. Ainsi, de nombreux députés NP ont malgré tout voté en faveur de la tenue du référendum, tandis que les députés de la troisième branche de la coalition (Christiliche Demokratische Union – CDU) ont tous voté pour le référendum, ce qui traduit une stratégie intéressante d’Edda Steinwald, la présidente du parti, qui a de facto accordé une grande importance au maintien de la cohésion au sein de la coalition… ou alors attend-elle un renvoi d’ascenseur. La coalition, qui compose la majorité de la Diète, n’a donc pas unanimement voté en faveur de la tenue du référendum, et les voix manquantes du NP ont été compensées par les votes du parti d’extrême droite la Croix Walserreichienne ainsi que par une partie des Kinder des Herrn, ce qui n’était pas inattendu mais en l’occurrence, a été décisif.

Un projet a donc été soumis aux députés qui l’ont validé, et ce projet, résumé en quelques lignes, sera présenté au peuple du Walserreich afin qu’il l’accepte ou le refuse. Le premier point qui constitue en réalité l’argument le plus massif de Friedrich Wolffhart, est le fait que l’augmentation du budget ne pèsera que très peu sur la fiscalité générale ; elle sera due principalement à la réorientation du budget déjà disponible et a une reconduction d’une partie des recettes –en hausse) de l’état suite à une bonne croissance du PIB à prévoir pour cette année (on s’attend à 7% de croissance, avec toutes les précautions possibles). Beaucoup de citoyens sont convaincus par ce simple fait, tandis que d’autres estiment que cet argent aurait pu être utilisé ailleurs, l’investissement militaire étant économiquement stérile dans un premier temps. Ensuite, l’utilisation de ce budget est un autre argument : le salaire des militaires de rang sera légèrement rehaussé et une nouvelle vague de recrutement sera organisée. Toutefois, c’est bien un réarmement que Wolffhart appelle de ses vœux, non dans une vision belliqueuse des relations internationales mais dans une vision protectrice. Personne ne sait qui succèdera à Mirko en Tapiolie et quelles seront ses vues sur les terres walserreichiennes au Nord. Personne ne sait non plus jusqu’à quel point dégénèrera la situation au Varanya et comment cela impactera le commerce international, le prix du pétrole notamment. L’armée devra donc se structurer autour d’une nouvelle stratégie de projection, et c’est là un autre projet que Wolffhart entend conduire : faire de l’armée walserreichienne une armée de projection, capable de faire de ses troupes de forces d’interposition et de paix, d’arrêter des conflits plutôt que d’en démarrer. Si cette stratégie fera l’objet d’un débat ultérieur, elle n’aurait aucun sens si l’armée n’avait pas déjà en elle-même de puissants moyens. C’est le chemin très pragmatique que souhaite prendre Wolffhart : créer les outils d’un travail à venir.
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Sofia

Sofia Wallenius, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg



Sofia Wallenius a écrit :
« Meine Damen und Herren, bienvenue dans cette édition de notre Tageschau du 21 août 2003,

La situation au Varanya n’est pas prête de s’améliorer. Les journalistes sur place et ceux disposant d’informations de la part du gouvernement présentent une situation qui risque de dégénérer à n’importe quel moment ; alors que des nations comme l’Arkencheen appelle à la guerre civile et encourage une dislocation de la stabilité régionale, le Walserreich conduit tous les efforts diplomatiques possibles pour maintenir l’ordre et la paix dans l’intérêt de chacun. L’absence d’une vaste concertation internationale préventive sera préjudiciable à l’ordre mondial. Toutefois, le Walserreich maintiendra sa position diplomatique fondamentale, qui est celle de la non-ingérence, et se retirera de toutes les affaires étrangères violentes et dangereuses, dès lors que le demandera le régime légal en place.

C’est officiel, le ministre de la défense et des armées Friedrich Wolffhart a obtenu son référendum sur l’augmentation du budget de la défense. Il ne reste plus qu’à la commission qu’il a formée de sélectionner une date, ce sera probablement le mois prochain, d’après nos informations. D’ores et déjà, dans les rangs de l’Agrarpartei, les militants se sont mis en branle pour faire valoir leur point de vue sur la question, tous rangés derrière leur chef. Au grand étonnement de beaucoup, la Christlichdemokratische Union (CDU) a appelé ses sympathisants a voté « Oui » au référendum, tandis que le Nationaldemokratische Partei (NP) n’a donné aucune consigne de vote, ne soutenant donc pas directement son allié de coalition. A gauche, aucune ligne claire n’a été adoptée par les différents partis : le Volkspartei a appelé à voter « Non », avec le parti marxiste-LGBT SGP, tandis que le Linkepartei n’a donné aucune consigne de vote. Les petits partis ne sont pas en reste ; la Croix du Walserreich militera aux côtés des militants de l’AP pour le « Oui », tandis que les Kindern des Herrn ne se sont pas prononcés. Au total, si l’on compte les sympathisants de chaque parti, on peut conclure qu’à peu près la moitié des Walserreichiens n’a reçu aucune indication, ce qui laisse pour un camp comme pour l’autre une marge de manœuvre tout à fait appréciable pour l’emporter.

Du rififi au Linkepartei ? Nous évoquions à l’instant la non-prise de position du Linkepartei sur le référendum à venir ; elle n’est pas due à un désintérêt pour la question, nous ont assuré les cadres du parti, mais au contraire, et c’est peut-être plus étonnant encore, de l’impossibilité de mettre tout le monde d’accord au sein du mouvement. La présidente du parti, Hannah Drexler, ancienne Ministre des Affaires Etrangères du chancelier Stutzberg, est en effet prise entre deux feux. C’est une première dans l’histoire du parti : d’un côté, une gauche favorable à une alliance stricte avec le Volkspartei et avec le Sozialistichegerichtigkeit Partei pour former la grande coalition qui avait soutenu le précédent chancelier Stutzberg, et de l’autre côté, une gauche plus populaire, déçue depuis longtemps par le Volkspartei, et qui entend renaître sous la forme d’un populisme populaire, si l’on peut dire proche des préoccupations des petites gens, quitte à abandonner une partie trop libérale et progressiste de la gauche traditionnelle. Hannah Drexler, au centre de ces deux camps, ne peut pour le moment que maintenir un statu quo et attendre qu’un sujet de réconciliation, ou justement de discorde, ne vienne régler le débat une bonne fois pour toutes.

D’après un récent sondage, près de 76% des Walserreichiens sont satisfaits du fonctionnement actuel de Bildungsystem ; si ce chiffre reste assez important, il n’en demeure pas moins qu’il est en baisse. La faute à la gestion considérée comme moyenne des écoles publiques dans les régions reculées qui n’attirent que peu de personnel. Le gouvernement craint une lame de fond qui pourrait avoir de sérieuses conséquences politiques mais, pour le moment, seuls les Länder ont un véritable pouvoir sur la gestion de ces écoles, et c’est à eux que revient le devoir de bien gérer l’argent public reçu.

L’information insolite du jour ; une enquête a été ouverte dans le Quartier de la Synagogue à Westerburg sur un bien étrange trafic de vêtements. Une enseigne peu connu proposait sur Internet des services remarquables : des vêtements à prix cassés, robustes et à la mode comme ceux des marques traditionnelles. Toutefois, plusieurs clients se sont réunis pour porter plainte, ayant constaté que les pantalons, livrés à leur domicile, n’avaient qu’une seule jambe ! Drôle de mode ! »
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Sofia Wallenius : « Cela fait plus de deux mois désormais que le Ministre de la Défense, et président de l’Agrarpartei, Friedrich Wolffhart, fait avancer l’idée d’une augmentation du budget de la défense, trouvant du grain à moudre dans les instabilités géopolitiques grandissantes en différentes parties du monde, et notamment au Varanya. Bien que les menaces lointaines ne s’agitent qu’avec peu de succès au sein de la société walserreichienne, celle-ci semble traversée par une lame de fond bien plus sérieuse, plus profonde et plus enracinée, qui entend doter la Bundesrepublik d’une armée crédible, dans un but non pas offensif, mais bel et bien défensif. Le but avoué est de faire en sorte « qu’on nous laisse tranquille », afin de pouvoir se construire sérieusement sans jamais craindre une attaque extérieure. Jusqu’à maintenant, les départements secrets de l’Office des Affaires Etrangères s’occupaient de vastes opérations d’espionnage et contre-espionnage qui étaient jugées suffisantes pour assurer la sécurité du pays. Les porteurs du projet, Wolffhart en tête, soulignent qu’il ne s’agit que d’une seule face du dispositif de protection d’un pays, et qu’une jambe fonctionnelle ne remplacera jamais entièrement une jambe brisée. L’année qui vient de s’écouler (2003) laissera probablement le Walserreich avec une croissance importante aux alentours de 7%, et Wolffhart propose donc de réinvestir une partie de la richesse créée ainsi dans les circuits de hard power, trop souvent mésestimés par les gouvernements successifs que nous avons connus jusqu’à maintenant. Du côté de l’opposition au projet, Angela Schutzbaum (Volkspartei) en tête, on disserte sur une dépense inutile, superflue, qui devrait être réorientée vers les systèmes éducatifs et les systèmes de santé plutôt que sur un système militaire qui ne saurait être que trop lourd et inutile. Une partie de la critique portait aussi sur des accusations de clientélisme politique. Friedrich Wolffart est un ancien militaire, et augmenter le budget de la défense peut passer comme une tentative de sa part de consolider autour de lui le vote des forces de l’ordre et des militaires, qui lui sont cela dit d’ores et déjà largement acquis. On aura noté, dans le débat politique, l’absence totale du grand parti libéral-conservateur, le Nationaldemokratische Partei, qui n’a pas voulu tranché du côté de son allié de coalition, et le Linkepartei, parti social-démocrate, qui n’a pas rejoint le Volkspartei pour lutter pour le « Non ».
Après de longues semaines de militantisme et de débats à tous les niveaux de la société, les résultats seront publiés dans quelques instants sous vos yeux »

Réf

Johann Metzger : « Dès l’an prochain, l’armée walserreichienne verra son budget augmentée de 20%, ainsi l’ont décidé les Walserreichiens, le « Oui » réalisant le score tout à fait remarquable de 53,4%.

Nos caméras dans les locaux de l’Agrarpartei témoignent de l’effervescence qui y règne, et probablement les militants ont raison de comprendre cette victoire comme une victoire du parti, et non pas comme une victoire de la coalition. C’est la première chose que l’on peut dire, n’est-ce pas ? C’est peut-être une erreur, d’ailleurs, du chancelier Hammerthal : s’il avait soutenu le « Oui » avec son ministre de la défense Wolffhart, il aurait pu récolter une partie des lauriers, alors qu’en l’occurrence, il laisse tous les fruits de la victoire à l’Agrarpartei, c’est un boulevard qui s’offre à Wolffart, même s’il reste à savoir s’il parviendra à capitaliser sur cette victoire, en profitant d’alliés relativement neutres et d’adversaires relativement amorphes. Peut-être qu’Hammerthal avait parié sur une défaite de son ministre, ce qui était assez mal vu de sa part, mais peut-on lui en vouloir ? Depuis le début, sur notre chaîne, nous ne cessons de répéter que l’issue de ce référendum est plus qu’incertaine, chacun des deux camps ayant une marge de manœuvre particulièrement étendue.

Et justement, la question qui se pose, c’est comment Friedrich Wolffart a pu conquérir les parts suffisantes de l’opinion publique pour imposer son idée ? Ce n’était pas gagné, au départ. Et là nous assistons peut-être à un véritable petit tremblement de terre sur la scène walserreichiennes : après les deux mandats soporifiques du chancelier Stutzberg, nous avons enfin une question, un débat publique, qui mobilise les citoyens et qui nous créé une véritable ambiance de campagne et d’émulation intellectuelle. La politique revient sur le devant de la scène. Et ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne revient pas par un grand débat lancé par le Chancelier ou par des députés de la Diète, mais elle revient par un ministre énergique, qui a derrière lui des soutiens finalement assez silencieux qui viennent de s’exprimer par les urnes. On va être honnête : malgré l’incertitude, on ne voyait pas le « Oui » l’emporter, à cause de l’éloignement habituel du sujet militaire-sécuritaire des préoccupations principales des Walserreichiens. Je me demande : ceux qui ont voté « Oui » ont-ils voté pour une meilleure armée ? Ou ont-ils voté pour Friedrich Wolffhart ou du moins pour une certaine voix qu’il porte ? La question mérite d’être posée. De plus, il n’aura échappé à personne que les campagnes de tous les Länder ont été battues par les militants de l’Agrarpartei. Contrairement aux partisans du « Non », qui se sont contentés d’une campagne nationale et générale, si l’on peut dire, l’Agrarpartei a conduit une campagne chirurgicale, les militants ont été redoutablement actifs, on les voyait sur les places de marché, dans les évènements culturels, dans les chaînes locales ; ils n’ont pas cherché à monopoliser l’espace audiovisuel mais l’espace physique, et ça a été payant.

Les adversaires, justement, les tenants du « Non », où sont-ils ? C’est bien ça, où sont-ils ? Le Volkspartei, qui s’est lamentablement vautré aux dernières législatives après avoir tenu huit années au pouvoir, a fait la campagne dont je parlais à l’instant, une campagne active mais trop globale. Le seul électorat où son succès a été clair est l’électorat dit très « libéraliste », c’est-à-dire le courant qui pousse le libéralisme dans tous ses extrêmes sociaux et culturels. Le problème, c’est que si cet électorat est anti-militariste, dans ses gênes, il est ultra-minoritaire, il se concentre à peine dans le Sozialistichesgerichtigkeit Partei (SGP), qui n’a jamais dépassé les 5% ces dernières années. L’opposition a manqué d’arguments suffisamment résonnants. En fait, leurs arguments étaient trop généraux, leur message trop général et leur exposition trop nationale ; en voulant viser tout le monde, ils n’ont eu personne. Enfin, personne, pas suffisamment de personne, très clairement, pour un débat qui, honnêtement, était largement à leur portée. Le Volkspartei continue dans sa stratégie mortifère qui consiste à se reposer sur ses lauriers, comme si l’échec et la chute du chancelier Stutzberg ne lui avait pas servi de leçon. Et ce n’est pas une alliance avec des marxistes-LGBT à 5% qui va lui sortir la tête de l’eau.

Ce qui est plus intéressant, c’est le comportement du Linkepartei. Hannah Drexler, la secrétaire générale du parti, n’a pas voulu tranché les différentes lignes qui s’affrontaient en son sein. Curieusement –ou pas, peu importe-, une partie de l’électorat populaire déçu par Stutzberg est passée au Linkepartei grâce à la figure conciliatrice et dynamique de Drexler. On a donc eu la naissance au sein du parti d’une ligne électorale qui lui était inconnue jusqu’alors, une ligne électorale d’une gauche social-démocrate populaire qui veut retrouver une voix que Stutzberg avait enrouée. Je pense que nous avons là les grandes lignes à suivre si on poursuit les courbes : une montée de l’Agrarpartei, une redéfinition des lignes politiques de la gauche social-démocrate et un recul relatif des grands partis traditionnels de gouvernement. Tout cela sera à suivre de très près, mais à mon avis, il y aura un avant et un après Référendum ».
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LA SOCIOLOGIE DES EVANGELIQUES INQUIETE


DE QUOI LEUR SUCCES EST-IL LE NOM ?



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Les dernières élections législatives ont eu lieu il y a suffisamment longtemps pour que de réelles études politiques et sociologiques aient lieu, afin de savoir qui a voté pour qui. Il en va de même pour les résultats du dernier référendum, qui a vu le retour sur le devant de la scène d’une part terriblement conservatrice et légèrement oubliée de l’électorat. Toutefois, une fois tous ces chiffres sortis, ce sont les résultats de certains groupes qui nous intéressent au premier plan. Les évangéliques sont une tendance récente au Walserreich, ils ne sont apparus massivement que dans les années 80. Ils existaient depuis le dix-neuvième siècle, dans des communautés mennonites ou anabaptistes souvent rurales et assez petites. Dans les années 70, une vaste mutation a lieu dans leur ADN ; ils commencent à s’étendre et à prêcher par différents moyens aux quatre coins du pays, profitant d’un essoufflement des religions protestantes et catholiques traditionnelles, d’ailleurs tout à fait relatif. En seulement quarante ans, les évangéliques passent alors de 0,3% de la population à 4%, c’est-à-dire aujourd’hui près d’1,5 millions de Walserreichiens qui ont embrassé cette foi particulièrement militante et active. Une autre grosse mutation est la mutation géographique : d’abord né dans un milieu protestant rural et replié sur lui-même, l’évangélisme a gagné du terrain pour devenir, depuis l’an dernier, une religion citadine. En effet, 53% des évangéliques vivent désormais en ville (contre 64% de la population walserreichienne totale). Près de deux tiers de leurs églises –on en compte au total 30 000, de tailles très variées- sont situées en milieu urbain. Au-delà de cette urbanisation des évangéliques, il faut aussi signaler une autre mutation, beaucoup plus « préoccupante », de l’avis de certains experts, la mutation socio-économique. Les débuts de l’évangélisme ont été ruraux et populaires, les évangéliques sont aujourd’hui de plus en plus citadins et aisés. Ce que l’on constate, c’est un retour des basses classes évangéliques vers les religions traditionnelles dans les campagnes : les petites gens nées dans l’évangélisme retournent au luthérianisme traditionnel, tandis que les personnes plus aisées nées dans le catholicisme ou le protestantisme « classiques » passent de plus en plus dans l’évangélisme. Il ne faisait aucun doute que ces variations géographiques et socio-économiques entraîneraient des modifications de leur comportement politique, d’autant plus que leur nombre commence sérieusement à peser sur l’électorat walserreichien. Les évangéliques seront de plus en plus une donnée à prendre en compte dans les élections.

Il y a quelques mois, le sociologue Johann Krakenberger (Université de Westerburg) avait écrit un texte sur les évangéliques qui concluait sur cette phrase tout à fait intéressante : « D’une certaine manière, les évangéliques représentent l’électorat walserreichien porté à toutes les radicalités qui constituent l’identité politique de notre nation : ils sont plus libéraux que les autres Walserreichiens, plus conservateurs sur les questions de mœurs, plus tournés vers Dieu et plus riches que les Walserreichiens ». En somme, les évangéliques sont le Walserreich porté à tous ces extrêmes dans leur comportement politique. Ce qui est intéressant, lorsque ce constat est dressé, c’est de voir la traduction en termes électoraux de ce fait. La question géographique peut être de facto éliminée puisque les évangéliques sont très répandus sur le territoire ; il n’y a pas « d’evangelisches Land » comme il peut y avoir un « katolisches Land » au Nord du pays. Seul le Sud-Ouest du pays présente une faible concentration de cette religion. Le premier point à noter c’est que les évangéliques possèdent le taux d’abstention le plus faible de n’importe quelle communauté du Walserreich : 3% d’entre eux ne sont pas allés voter aux dernières élections législatives, contre 7% au niveau national. Pour qui votent-ils ? De manière générale, les évangéliques votent à droite, libéral-conservateur, et sont plutôt légalistes et loyalistes : ils évitent les partis trop à droite comme l’Agrapartei ou la Walserreiches Kreuz et restent très loin des partis comme les Kinder des Herrn profondément catholique. Il a été estimé que seul un quart des évangéliques vote à gauche, social-libéral, avec une tendance très claire de ce côté-là vers le Volkspartei. Le Linkepartei a une tradition anti-cléricale qui est très mal vue et le Sozilitische Gerichtigikeit Partei ne recueille quasiment aucune voix évangélique à cause de son orientation LGBT-marxiste, très largement condamnée par cette frange de l’électorat. Le parti recueillant le plus de voix évangéliques est à l’heure actuelle le parti au gouvernement, le Nationaldemokratische Partei. Pourquoi ? D’après les experts de la question religieuse et politique au Walserreich, il s’agit là d’un pur réflexe légaliste. Comme l’écrivait Paul dans l’Epître aux Romains (13:1) : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures, car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu ». Ainsi est la position évangélique : la Bible est la parole de Dieu révélée aux Hommes, et par ce verset, Dieu Lui-même demande à Ses fidèles d’être fidèles et droits face aux autorités, car aucune ne peut tenir en place si Dieu Lui-même ne le veut pas. Les évangéliques sont de fait un électorat qui votera pour le parti de l’ordre, en permanence. La raison religieuse est préférable à la raison économique, qui consisterait à dire qu’ils votent pour l’ordre en place afin de protéger leurs avoirs économiques, car cette tendance se voit aussi chez les évangéliques issus des classes populaires. Malgré leur embourgeoisement et leur urbanisation croissante, les évangéliques demeurent assez solides et stables dans leurs choix électoraux et leur nombre croissant fera d’eux, dans les années à venir, une pièce maîtresse du jeu électoral walserreichien.
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EDDA STEINWALD DANS LES CHOUX :
QUEL AVENIR POUR LA CDU ?



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Qui connaît encore Edda Steinwald ? Pour ceux qui l’auraient oubliée, elle est actuellement la présidente de la Christliche Demokratische Union et en dirige les députés à la Diète. Accessoirement, son parti est membre de la coalition actuellement au pouvoir avec Le Nationaldemokratische Partei (NP) du Chancelier Hammerthal et l’Agrarpartei (AP) du Ministre de la Défense Friedrich Wolffhart. La particularité de cette coalition et de son équilibre repose dans le fait que la présidente de l’un des partis, la CDU en l’occurrence, ne dispose d’aucun ministère. Le Ministère des Affaires Etrangères est tenu par Herbert Zückersturm, l’un des bras droits de Steinwald, mais il s’agit d’un poste relativement simple à gérer ces temps-ci, malgré les quelques remous qui se profilent à l’horizon, et qui ne présentent que peu d’intérêt quant à l’enrichissement potentiel d’une stratégie de communication à l’échelle du parti. Ce déséquilibre a fait barder quelques ténors du parti il y a quelques mois déjà, et Günther Hammerthal a donc décidé de donner un os à ronger à la CDU ; Edda Steinwald dirige plus ou moins les députés de la coalition à la Diète et organise les rédactions de décrets et projets de lois, tout en repoussant et contredisant ceux des autres. Certains se sont satisfaits d’une telle position accordée à la CDU. Toutefois, les résultats des dernières semaines sont assez significatifs ; les députés de la CDU sont devenus les petits gratte-papiers des députés du NP et de l’AP. Vu que tout doit passer par eux ; au lieu de leur donner une importance politique fondamentale, cela a fait d’eux les larbins de la coalition, et de fait, ils n’ont strictement plus rien d’autre à faire. La question que l’on peut légitimement se poser désormais, est la suivante : est-ce une stratégie délibérée de Günter Hammerthal pour plomber la CDU ou bien est-ce un réel problème d’équilibrage au sein de la coalition ? Le rôle de l’AP semble de prime abord minoritaire, mais les réunions secrètes entre Günther Hammerthal et Friedrich Wolffhart, sans représentant de la CDU, ont soulevé beaucoup de questions ces dernières semaines. On ne peut rien préjuger, mais il y a une chose que l’on garde à l’esprit : la CDU s’est pris une déculottée assez sévère aux dernières élections législatives et à bien des égards, c’est un parti qui ne se maintient que grâce à son ancrage régional sérieux et solide dans beaucoup de grandes et petites villes de provinces et dans un second temps grâce au réseau historique de pasteurs qui votent CDU par tradition et amènent leurs fidèles dans ce sens, les tenant encore un peu plus loin du NP un peu trop laïcisé à leur goût.

Quelle va être la réaction d’Edda Steinwald ? Partons du principe qu’il y en aura une. Pourquoi n’y aurait-il pas ? Comme nous l’avons rappelé à l’instant, le parti dispose encore d’une implantation territoriale solide, un réseau de soutiens fidèles et une base électorale suffisamment large pour peser dans les élections et créer des coalitions : celle actuellement au pouvoir n’aurait jamais pu se créer sans la CDU. Lors du référendum sur l’augmentation du budget de la défense, Edda Steinwald n’a pas suivi le mutisme de Günther Hammerthal mais a rejoint à 100% l’Agrarpartei de Wolffhart en mettant à sa disposition une grande partie de sa machine militante. Lors des réunions publiques d’ailleurs, Wolffhart et Steinwald s’entendent toujours particulièrement bien et présentent l’image d’une coalition ferme. Toutefois, Steinwald aurait-elle soutenu le référendum sans aucune contrepartie ? Qu’a-t-elle demandé, que va-t-elle obtenir ? Il est trop tôt pour le dire. Toutefois, la CDU, force est de le constater, s’enfonce dans une vie politique amorphe, une vie des idées faible et plate. Pendant un temps, on avait cru que le destin politique de la CDU était de devenir un satellite de la NP, destiné à rassembler un électorat religieux protestant pour l’amener au NP pour former des gouvernements. Toutefois, l’arrivée de l’Agrarpartei a rebattu les cartes, car beaucoup d’électeurs de la CDU, sur bien des sujets, se sentent plus proches de l’AP que de ceux du NP, plus bourgeois, urbains et libéraux. On aurait ainsi une droite walserreichienne qui se construit autour de deux pôles : une droite populaire, rurale et traditionnelle qui se rassemble autour de l’AP, et une droite bourgeoise, urbaine et libérale autour du NP. Quant à la CDU, elle a plusieurs solutions : soit être satellitée par l’un des deux partis au gré des élections, soit proposer une alternative sérieuse et solide qui rendra son poids déterminant mais surtout décideur au sein des coalitions à venir.
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LES ELECTIONS REGIONALES APPROCHENT


LA GAUCHE VA-T-ELLE SORTIR LA TÊTE DE L’EAU ?



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Alors que les élections nationales se sont éloignées et que le Chancelier Günther Hammerthal a tranquillement installé son pouvoir dans un silence de plomb, la coalition ne semble pas prête de se fissurer ; le Nationaldemokratische Partei (NP), l’Agrarpartei (AP) et la Christliche Demokratische Union (CDU) semblent mieux s’entendre que jamais, ou du moins ne pas manifester publiquement leurs désaccords, en laissant à chacun des électorats la possibilité de faire ses propres choix sans trop investir dans les querelles de partis. La politique du gouvernement est stable et le Chancelier est suffisamment malin pour laisser à chacun de ses ministres, quels que soient leurs partis, l’opportunité de proposer leurs projets de lois et de les déposer à l’approbation du peuple ou de la Diète, ou des deux. Cette harmonie qui régit la Coalition a envoyé directement dans les choux l’opposition qui constituait la vieille garde du Chancelier Stutzberg. Ce dernier avait consolidé autour de lui le Volkspartei et le Linkepartei pour régner durant les dix dernières années, et l’édifice s’était rapidement effrité dès que sa politique et sa confiance physique se sont effondrées aussi. Le confort dans lequel s’était engouffrée la social-démocratie n’a pas supporté les lames de fond qui ont secoué la société walserreichienne juste avant les élections. Ils ont raté le coche et sont désormais dans les choux : le Volkspartei peine à rassembler ses troupes et le Linkepartei doit affronter des conflits internes comme il n’en n’a que très rarement vu. De plus, on a donc une droite libéral-conservatrice confortablement installée au pouvoir et une gauche social-démocrate qui se cherche elle-même qui doivent affronter la solidification des petits partis. En effet, la déshérence des grands partis a amené les militants des petites formations à conduire de véritables campagnes de renforcement de leurs rangs. Les « Kinder des Herrn » ont largement augmenté leur score chez les catholiques, tandis que le petit parti d’extrême-droite la Croix du Walserreich (Walserreich Kreuz) ne cesse d’étendre son influence dans les portions mécontentes de la population, en s’imposant de plus en plus comme le parti de la contestation. Même le parti marxiste-LGBT, le Sozialistischegerichtigkeit Partei (SGP), semble augmenter son score dans les anciens bastions de la gauche social-démocrate. En somme, on assiste à un mouvement général dans tout le Walserreich : le bloc libéral-conservateur se stabilise en position de force (au risque de suivre le même chemin d’engluement que la gauche à la fin des années 90), le bloc social-démocrate patauge en position de faiblesse, les petits partis de droite se renforcent et les petits partis de gauche montent.

Tous ces éléments sont à prendre en compte dans la perspective des élections régionales qui arrivent. Les électeurs de chaque Land devront se rendre aux urnes pour élire les gouvernements de tous les Länder et redéfinir les nouvelles lignes politiques de toute la Bundesrepublik. Au cours de l’histoire, la position stratégique des élections régionales lui a donné un double-rôle naturel : celui d’élections de confiance envers le gouvernement fédéral en place, et celui de thermomètre pour les prochaines élections. A l’heure actuelle, le bloc social-démocrate tient encore une bonne partie des Länder suite au succès des dernières élections il y a quatre ans, où le Chancelier Stutzberg avait réussi à limiter la casse. Il y a toutefois une variable qu’il ne faut jamais oublier : la constitution fédérale du Walserreich donne à chaque gouvernement régional un véritable pouvoir, très important, dans ses terrains. Ainsi, beaucoup de Walserreichiens peuvent voter différemment aux élections régionales et fédérales, selon l’efficacité et la popularité du gouvernement en place, qui est généralement très sévèrement jugé, d’autant plus que les citoyens ont un large pouvoir de contrôle sur leurs élus. Dans les Länder du Sud, l’Agrarpartei a lancé une très sérieuse campagne afin de s’imposer comme membre principal de la coalition, selon certains ; toutefois, ce constat doit être réévalué à la baisse. L’Agrarpartei reste un parti très concentré dans le Sud du pays, réalisant des scores ridicules au Nord, où le Nationaldemokratische Partei dispose d’une large hégémonie qu’il ne semble pas prêt de perdre. C’est sur les marges de la gauche social-démocrate qu’il y a à rogner, mais personne pour le moment ne semble prêt à parler à cet électorat déçu. Aux armes, partis !
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LE SGP APPELLE A MANIFESTER CONTRE L’EXTRÊME-DROITE


A L’APPROCHE DES REGIONALES, LA TENSION MONTE A GUTTHAVEN



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La vie politique walserreichienne est une chaîne de montagnes où les plateaux sont nombreux mais petits. De manière générale, on peut dire que l’activité politique permanente garantie par les canaux de démocratie directe assure aux citoyens du Walserreich une vie politique stable et perpétuellement active. Tous les moyens mis à disposition font reposer à chacun une responsabilité sur la gestion des affaires publiques. En revanche, la forme même de l’état moderne, quoiqu’on en pense, accorde de trop larges prérogatives aux institutions traditionnelles pour qu’elles ne soient oubliées. Ainsi, les élections législatives, qui conduisent à choisir le Chancelier, et les élections régionales, pour choisir les gouvernements locaux de chaque Land, sont les deux élections les plus en vues du Walserreich, et elles alternent ; il y en a une tous les quatre ans, soit une élection principale tous les deux ans. Le souffle ne s’épuise jamais, et à peine on se remet d’une campagne qu’on se plonge dans la suivante. Ainsi, plus d’un an après l’arrivée de Günther Hammerthal (Nationaldemokratische Partei) au poste de Chancelier, il doit d’ores et déjà affronter les conséquences de ses propres politiques : en effet, aux régionales, deux tendances se heurtent. D’un côté, il s’agit de soutenir ou de sanctionner le parti du Chancelier, et de l’autre, de soutenir ou de sanctionner les gouvernements déjà en place sur leur efficacité de la dernière mandature. Il est très rare, voire quasiment impossible pour un parti d’arriver au pouvoir sans posséder un ancrage territoriale, qui le fait connaître et lui offre une grande crédibilité selon sa gestion des affaires. De plus, les coalitions qui se font au niveau national peuvent se reproduire ou au contraire s’infirmer au niveau local. C’est ici que se testent les amitiés personnelles et de partis. Les élections régionales sont le grand test que doit passer tout parti pour entrer dans la cour des grands.

Ce fait a été largement compris par les petits partis, qui sont généralement beaucoup plus actifs pendant les élections locales que nationales, car leurs chances y sont plus importantes, et faire un score élevé peut amener les grands partis à les « repérer » pour conclure avec eux des alliances qui, généralement, se font après les élections. Les accords pré-électifs sont rarissimes, même quand deux partis sont déjà alliés au niveau national. En l’occurrence, une lame de fond traverse la société walserreichienne depuis quelques années, et attend de se manifester en surface ; certains préfèrent l’appellation de feux de tourbière. Quel que soit le nom qu’on lui donne, c’est un mouvement populaire profond qui a pour l’instant été minoré par les analystes politiques mais qui doit être signalé. La modernité a violemment heurté le Walserreich, d’une façon ou d’une autre, tout n’est pas négatif. Toutefois, plusieurs points ont été vécus comme une humiliation pour une partie de plus en plus large de la société walserreichienne : tolérance accrue à l’égard de l’homosexualité, recul relatif de la foi, individualisme, règne de l’argent, libéralisme effréné etc. Bien qu’un grand nombre de protections diverses ait été érigé, il n’en demeure pas moins qu’un bouleversement profond s’est opéré. Une grande partie de cette colère a été canalisée pendant longtemps par les partis conservateurs traditionnels : ceux qui refusaient les dérives progressistes tout en acceptant le libéralisme économique votaient pour le Nationaldemokratische Partei (NP), et ceux qui refusaient les deux tout en ayant au cœur de profondes convictions chrétiennes étaient amenés au vote Christliche Demokratische Union (CDU). Ces deux partis, depuis quelques années, vivent sur des rentes et ne semblent plus disposer du dynamisme de la contestation, contestation tranquille, mais contestation quand même.

Une partie de l’électorat ne se retrouve plus dans les voix contestataires NP-CDU, jugées trop molles et conciliantes, et se tourne alors vers des partis minoritaires ; la Croix du Walserreich (Walserreich Kreuz – WK) pour les protestants, et les Kinder des Herrn (KdH) pour les catholiques. Deux partis catalogués à l’extrême-droite qui ne cessent de grimper discrètement dans les sondages, le KdH partant à la conquête du Nord du pays et la WK faisant des petits miracles locaux dans le Sud-Ouest. Cette montée de partis ouvertement réactionnaires et assez anti-libéraux inquiète une partie de la jeunesse cosmopolite et progressiste, dont le centre intellectuel est Gutthaven. Ainsi, c’est dans l’état où l’extrême-droite fait ses scores les plus faibles que se déroulent les plus grandes manifestations contre elle. La répercussion à l’échelle nationale sera probablement limitée : le parti à l’origine des manifestations n’étant autre que le controversé parti marxiste-LGBT Sozialistischegerichtigkeit Partei (SGP). Toutefois, des braises des élections à venir commencent à jaillir quelques flammes.
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LE SERVICE MILITAIRE FEMININ EN DANGER ?
UNE SINGULARITE WALSERREICHIENNE EN DEBAT


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Le service militaire obligatoire est encore d’actualité au Walserreich. Il est d’une durée de 9 mois pour les garçons, et de 6 mois pour les filles. Il s’agit d’un héritage du XIXe siècle, époque où la conscription classique, où l’on tirait au sort les jeunes hommes selon les besoins guerriers du moment, a été remplacée par une armée plus professionnelle et plus solide, avec la mise en place d’un service militaire obligatoire pour les jeunes hommes qui, dès leurs 18 ans, étaient envoyés à l’armée pour un an. Au cours du XXe siècle, les 12 mois sont passés à 9 et les femmes ont été appelées elles aussi à participer à l’effort militaire, dans des proportions certes moindres -6 mois seulement-, et dans des services différents. A l’heure actuelle, le service comporte une formation de base dispensée à tous ; maniement des armes, premiers secours, gestion des situations à risque (catastrophes naturelles etc.), discipline, travaux communs etc. Une fois cette formation dispensée, qui dure environ 3 mois, les chemins se séparent. Les femmes approfondissent leurs formations en santé, secours, avec en plus de la logistique et de la stratégique pour la gestion des ravitaillements et de l’organisation des arrières-fronts. Quant aux hommes, ils reçoivent une formation individuelle et collective militaire plus poussée, incluant des stages commandos et des apprentissages aux armes plus lourdes. Près de 90% des jeunes, hommes et femmes, en profitent pour passer leur permis de conduire, ainsi que, pour une moindre proportion, le permis poids-lourds (26% des hommes, 30% des femmes) ou encore le permis de vol en hélicoptère et avion de petit calibre (3% des hommes). De manière générale, le service militaire représente une véritable période de transition dans la vie des jeunes walserreichiens et walserreichiennes, qui disposent là d’un moyen de quitter les jupons de leurs parents et de se familiariser avec ce que la vie aura peut-être de plus sérieux à leur opposer, bien que la guerre ne soit plus qu’au Walserreich un lointain souvenir.

Toutefois, lorsqu’un conflit militaire éclate à l’étranger, il provoque toujours un certain émoi dans la population walserreichienne, grâce à la sensibilisation particulière dont elle fait preuve face à la guerre. Alors même que le service militaire reste largement plébiscité par les Walserreichiens, quelques voix s’élèvent parfois et se demandent s’il est positif dans une société de maintenir un état mental de semi-guerre permanente. Il est facile de répondre à cela que la guerre se prépare et qu’être préparé au pire est le meilleur moyen de réagir en cas de problème. Il existe d’ailleurs des dispositifs permettant aux chômeurs de s’engager dans l’armée pendant quelques mois, de refaire un service militaire en somme, afin de se remémorer les bases et de consolider leurs acquis à ce sujet. Les statistiques montrent que 20% des Walserreichiens, hommes et femmes, refont au moins un service militaire volontaire dans leurs vies. Toutefois, après une critique anti-militariste classique venant de la gauche, c’est une critique plus conservatrice qui fait débat en ce moment, à savoir celle du bien-fondé du service militaire féminin. C’est une anomalie sur la scène internationale : les pays qui font faire un service militaire aux femmes se comptent sur les doigts d’une main et cela a tendance à déranger certains conservateurs, principalement issus du monde catholique. Monseigneur Siedentopp, archevêque et président du parti Kinder des Herrn, s’est clairement prononcé contre le fait de préparer les femmes à la guerre, sous prétexte que ce ne serait « pas leur rôle ». Toutefois, cette vision est minoritaire parmi les opposants au service militaire féminin dans les rangs conservateurs. La plupart voit un problème au fait de faire porter les armes aux femmes et proposent tout simplement de réduire de moitié le temps passé par les femmes à l’armée en sucrant tout ce qui a trait aux armes pour l’échanger contre une meilleure formation aux soins et logistique en temps de guerre. La température a été prise dans la population et de manière générale, il semblerait que ceux désirant abolir le service militaire féminin soit vraiment peu nombreux. En revanche, ceux désirant sa modification ou plutôt son amendement grossissent, et il ne fait aucun doute que le Ministre de la Défense, Friedrich Wolffhart, aura un débat national à mener.
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TOLLE A GAUCHE
ANGELA SCHUTZBAUM (VK) « RAPPELLE A L’ORDRE » LE LINKEPARTEI



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« Mais pour qui se prend-elle ? » ; le Linkepartei a été traversé hier de part en part par cette question, posée à à la face d’Angela Schutzbaum, la présidente du Volkspartei. En effet, dans une conférence de presse, elle a ouvertement déclaré : « Le Linkepartei s’est embourbé dans des guerres internes qui n’ont pas de sens et dont je ne suis pas sûre qu’elles aboutiront à une ligne claire et sérieuse au final. Parfois, il est préférable de prendre acte de sa propre incapacité à gérer ses troupes et se placer, momentanément bien sûr, sous l’aile d’une structure mieux organisée. Je n’appelle pas là une culture de la soumission, mais à un réflexe de responsabilité et d’ordre. Si le Linkepartei n’est pas capable de régler ses problèmes en interne, qu’il se joigne à nous et nous accorde une fois de plus le droit d’être son ami et conseiller le plus proche ». Ce ton paternaliste et suffisant a été une entorse, selon le LP (Linkepartei), au pacte de non-agression qui devrait exister au sein de la social-démocratie walserreichienne. Toutefois, rien de sérieux ni de solide n’a été proposé à ce sujet, il s’agissait d’un accord tacite, après le double-mandat du Chancelier Stutzberg, issu du Volkspartei, qui avait régné pendant 8 ans grâce au ralliement du Linkepartei. Une coalition sérieuse et solide, qui a sérieusement pris du plomb dans l’aile et qui s’est fait saigner par une partie de la contestation conservatrice. Fondamentalement, si l’on regarde de près les statistiques, le Volkspartei a perdu plus d’électeurs que le Linkepartei, en proportion. Toutefois, c’est bien le Volkspartei qui a le mieux tenu le choc ; ses structures internes ne se sont pas effondrées et un simple ravalement de façade a été suffisant pour effacer les longs mandats de Stutzberg. Son ombre a cessé de planer sur le parti, bien que certains aimerait une réforme plus sérieuse. Certains critiquent d’ailleurs sérieusement cette incapacité du Volkspartei à se remettre plus sérieusement en cause ; il croit trop à l’alternance, en pensant qu’il suffit de laisser le Nationaldemokratische Partei (NP) s’éroder puis s’effondrer afin de prendre la succession. Toutefois, la politique du Chancelier Hammerthal, actuellement en place, n’est pas des plus dynamiques : les lois votées sont peu nombreuses et les débats à la Diète relativement mornes. Le Volkspartei n’a aucune prise et n’arrive pas à attaquer la Coalition, comme si cette dernière attendait sagement que l’amorphisme du Volkspartei le termine définitivement.

Et c’est pourtant ce parti, qui s’embourbe de semaine en semaine, qui donne des leçons au Linkepartei. Après la débâcle post-Stutzberg et la reprise du pouvoir par les conservateurs, le Linkepartei n’est pas entré dans un immobilisme recroquevillé comme le Volkspartei. Pas question pour la branche douce de la social-démocratie de rouler la colonne vertébrale en attendant que la tempête passe. Au contraire, le Linkepartei a bouillonné comme rarement dans son histoire. Deux tendances sont apparues au sein de son appareil. La première, traditionnelle, représentée par Hannah Drexler, présidente du parti, porte toute la tradition de la social-démocratie progressiste et libertaire qui ne demande qu’à être un satellite du Volkspartei pour éventuellement arracher les meilleurs ministères lorsque la gauche passe à la caisse. La seconde tendance est originale et nouvelle. Elle est incarnée par Svea Johansson, une jeune femme de culture suédoise, issue des lointaines terres nordistes du Walserreich. Pas question de se compromettre avec un parti qui trahit les convictions profondes de la gauche. Johansson incarne une social-démocratie populaire, à tendance populiste sur les bords, légèrement conservatrice et pas si libérale que ça sur les questions économiques. Une social-démocratie renouvelée face aux nouvelles préoccupations populaires et plus intéressante que tout ce que le Volks- et le Linkepartei ont produit jusqu’à maintenant. L’affrontement de ces tendances est passé du débat, il y a quelques semaines, à l’empoignade sérieuse la semaine dernière, ce qui donne, de l’extérieur, une sérieuse impression de désordre. Est-ce ainsi qu’il faut le considérer ? Ne faut-il pas plus voir un serpent qui prépare sa mue, un insecte qui attend de sortir son cocon, ou, de manière plus humaine, des jumeaux qui s’apprêtent à naître du même ventre ? La question, c’est de savoir si les jumeaux seront Caïn et Abel ou Jacob et Esaü. Dans tous les cas, le sang coule.
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FAUT-IL INTERDIRE LA PROSTITUTION ?
LE RETOUR DU COMBAT DES DROITES


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En bon pays de tradition puritaine, le Walserreich souffre du complexe de la pute. D’un côté, la prostitution apparaît comme une odieuse vente d’un corps humain pour une chose aussi précieuse que le rapport sexuel, et d’un autre, la prostitution est comme une soupape de sécurité qui empêche l’homme en proie à ses démons de violer ou agresser sexuellement, dans une société parfois trop oppressive. Cette situation difficile est comparable au complexe du loup-garou dans certaines sociétés anglo-saxonnes, c’est-à-dire qu’elle est tellement inscrite dans les profondeurs spirituelles de l’Homme qu’il est impossible de faire pencher le dispositif législatif d’un côté ou de l’autre. Aujourd’hui, le statut législatif de la prostitution est d’autant plus difficile à définir qu’il se heurte à l’individualisme libéral le plus violent qu’une société ait pu connaître qui, au Walserreich, ne se comprend pas comme un libéral-libertarisme aux mœurs débridés mais comme une version plus originale du libéralisme, c’est-à-dire l’égalité de tous devant ses propres responsabilités. Ainsi, vendre son corps et en accepter les conséquences morales et psychologiques est un choix personnel, et c’est justement là que les principes fondamentaux du Walserreich interviennent : fondamentalement, il faudrait que la prostitution ne soit jamais une contrainte et toujours un choix libre… mais cela revient à regarder des dizaines de personnes en détruire psychologiquement une autre avec leurs appareils génitaux. Cette ambiguïté maintient la prostitution dans un cadre juridique à peine réformé depuis des décennies et dont les grandes lignes furent fixées sous le Reich. Dans les grandes lignes ; la prostitution n’est pas interdite au Walserreich à partir du moment où tous les acteurs consentent librement aux transactions et où des dispositifs de sécurité sont mis en place. Toutefois, force est de constater qu’aucune sanction pénale n’existe contre la prostituée, l’organisation ou même le client. Ce dernier peut éventuellement recevoir un « rappel à la loi » s’il est attrapé sur le fait. Il existe toutefois l’une des branches les plus corrompues de la société walserreichienne vue de l’étranger ; des associations, souvent religieuses, qui n’hésitent pas à guetter les clients des prostitués, à les attraper, à les pousser à la repentance et, si repentance il n’y a pas, conduire les pires actes de délation. En effet, la prostitution reste de manière générale un tabou, que personne n’évoque mais que tout le monde maudit intérieurement.

La position du spectre politique a toujours été relativement claire à ce sujet. La social-démocratie y est plutôt favorable, quoique préférant maintenir un statu quo sur le sujet, à cause de l’affrontement interne entre libertariens et féministes militants contre la marchandisation du corps féminin. En revanche, la droite libéral-conservatrice est très largement gênée par cette question, relançant la « guerre des droites ». D’un côté, une droite libérale et individualiste, qui appelle chacun à prendre ses responsabilités, et de l’autre, une droite nombreuse et puissante pétrie par les valeurs chrétiennes et puritaines qui demandent, avec un bruyant soutien populaire, l’interdiction radicale de la prostitution. La CDU (Christliche Demokratische Union) a toujours été le parti le plus fermement opposé à la prostitution, et il est aujourd’hui rejoint en cela par l’Agrarpartei donc la composante religieuse doit de moins en moins être négligée. Cependant, le National Demokratische Partei s’embourbe dans son électorat bourgeois et urbain qui demande de plus en plus de libertés et de moins en moins de restrictions morales religieuses. Toutefois, avant de crier victoire et de se frotter les mains, il est quand même nécessaire de rappeler la marginalité relative du phénomène de la prostitution, son intemporalité, et son incapacité par ces faits de créer une véritable ligne de rupture au sein d’une tendance politique. Ce qui est possible, en revanche, c’est qu’il soit un point de départ et qu’il dégénère comme un mélanome dégénère en tumeur cancéreuse, passant du problème de la prostitution à celui de la représentation symbolique de la sexualité, sujet qui a largement de quoi mobiliser les hommes et leur faire se rendre compte de leurs profondes divergences. Ainsi, les banlieues un peu obscures dans lesquelles se trouvent les maisons closes du Walserreich, assorties de personnel médical discret et d’agents de sécurité ont encore quelques jours à vivre. Mais pchut, pas de bruit !
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LE LINKEPARTEI AU BORD DE L’IMPLOSION ?
LES REGIONALES RAVIVENT LES TENSIONS DES ELECTIONS NATIONALES


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Hannah Drexler (gauche) et Svea Johansson (droite)

Le dernier congrès du Linkepartei s’est terminé dans une eau-de-boudin comme rarement il en fut remarqué dans le paysage politique walserreichien. Jamais autant de journalistes ne se précipitèrent dans une salle où tout se bousculait avec, a-t-on remarqué, des officiels qui se prenaient par le col et se seraient battus sans l’intervention de quelque service de sécurité bien ordonné. Les réseaux sociaux furent inondés de photos, de vidéos et de gifs plus croustillants les uns que les autres sans que personne n’arrive à démêler le vrai du faux quant à savoir ce qu’il s’est réellement passé. Le lendemain, le directeur du journal local Der Westerburge Beobachter a présenté sa démission à 9h car il lui été impossible de proposer à ses premiers lecteurs, à 5h30 du matin, une information précise sur ce qui s’était passé la veille au soir. Honneur walserreichien. Tous les autres journaux ont préféré se tenir en retraite quelques heures avant de définir clairement ce qui s’était passé, laissant le champ libre aux médias sociaux pour échafauder les théories les plus fumeuses. Certains n’ont pas hésité à imaginer du Congrès du Linkepartei qu’il avait été la rampe du lancement d’une milice, ou d’un virage à droite pour raller la coalition du chancelier Hammerthal et d’autres encore ont supposé qu’une vague de démissions avait balayé tous les plus anciens cadres du parti, appelant à un renouvellement total d’un parti qui subit de plus fouet la défaite massive subie aux élections fédérales. Le Congrès d’hier soir avait précisément pour objectif de régler les tensions qui existaient au sein du parti depuis. Il semblerait que l’exact inverse se soit produit.

D’après nos informations, rassemblées plus précautionneusement durant toute la journée, la secrétaire générale du parti Hannah Drexler aurait commencé par parler d’une fusion avec le Volkspartei, en présence de l’un des bras droits d’Angela Schutzbaum, la présidente du parti. Toutefois, Drexler, intelligemment, a positionné ce débat sans prendre elle-même position et en le posant devant les adhérents du parti comme une éventualité parmi d’autres, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle fut très rapidement balayée, c’est d’ailleurs le seul point d’accord qui fut trouvé entre toutes les personnes présentes ce soir. Premier couac : le bras droit d’Angela Schutzbaum, furieux d’avoir été évincé avec aussi peu de diplomatie, quitte le Congrès en claquant la porte avec une violence démesurée, selon les personnes présentes. Par la suite, Drexler a tenté de sermonner ceux qui avait exigé une séparation plus nette et brutale avec le Volkspartei, accusé d’être un mauvais navire amiral conduisant le Linkepartei vers des défaites de plus en plus écrasantes. En bon chef de parti, Hannah Drexler souhaitait arrondir les angles et maintenir une alliance qui, à l’heure actuelle, pèse pour plus d’un tiers de l’électorat walserreichien. Toutefois, la colère grondait dans ses rangs et beaucoup appelait à se débarrasser des poids pourris qui conduisaient sur des voies de garage.

Toutefois, le Volkspartei est devenu, aux yeux de beaucoup d’adhérents du Linkepartei, trop insignifiant pour générer autant de tensions. La suite des évènements a envenimé la situation. Les élections régionales approchent dangereusement et il a été question de définir une ligne politique claire pour proposer une alternative au Volkspartei. Deux camps se sont alors créés : le premier est rassemblé derrière Hannah Drexler et propose de rééquilibrer les relations avec le Volkspartei. Il est persuadé que la débandade subie aux dernières élections est le meilleur moyen de prendre la tête de la coalition socdem et de présenter, à la prochaine alternance, un nouveau chancelier qui effacera l’apathie suscitée par le vieux Stutzberg et qui renouvellera la gauche walserreichienne. Toutefois, un deuxième s’est créé, et il est incarné par Svea Johansson (à droite sur la photo), une élue LP de la circonscription de Sällen, province suédoise du Nord du pays, au-delà de la mer. Elle s’est levée, toujours discrète jusqu’à présent, et a directement affronté Hannah Drexler en maintenant des positions fermes. Elle a clairement demandé une rupture entre le Linkepartei et les vieux faméliques du Volkspartei et a proposé comme programme un virage radical, le « Retour au peuple », enchaînant les phrases grandiloquentes sur le retour de la gauche dans les rangs populaires, où la droite et l’extrême-droite sont largement populaires aujourd’hui. La gauche a préféré se concentrer sur un réseau urbain, jeune et progressiste, en conservant toutefois quelques bastions solides dans certaines enclaves rurales du pays, grâce à des élus locaux performants. C’est ce débat qui a déchiré et détruit le Congrès du Linkepartei hier soir : l’affrontement entre une ligne traditionnelle désirant poursuivre et peut-être dominer l’alliance classique avec le Volkspartei et une ligne réformiste désirant quant à elle revenir à la plèbe, au peuple. Débat suffisant pour provoquer des affrontements physiques entre de nombreux cadres du parti. Et ça, à même pas 6 mois des élections.
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