25/03/2005
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Médias Walserreichiens - Page 4

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Sofia

Sofia Wallenius, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg

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Meine Damen und Herren

Vous vous êtes tous massivement rendus aux bureaux de vote aujourd’hui afin de rendre compte à la face du monde, une fois de plus, de l’intérêt que les Walserreichiens portent à la gestion des affaires de leur pays. Le premier chiffre que nous donnons à chaque élection par tradition est celui du taux de participation, qui plafonne aujourd’hui à 87%, c’est-à-dire une belle hausse depuis les dernières élections régionales il y a quatre ans où le taux était à 79%. Il est une autre tradition, pendant que les monteurs derrière moi préparent les tableaux et les titres avec les résultats reçus, qui est de rappeler en quelques mots l’intérêt que représentent ces élections pour notre pays.

La Bundesrepublik est un état fédéral et les élections principales ont lieu à trois niveaux : communal, régional et fédéral. Les premières pour élire les maires et autres magistrats locaux, les deuxièmes pour élire les gouvernements de chaque Land, et les troisièmes pour élire la Diète qui élira par la suite la Chancelier. Ainsi, les deux principaux leviers de pouvoir principaux, fédéral et régional, se jouent durant deux élections qui ont lieu alternativement tous les deux ans. L’élection régionale, fondamentalement, a toujours été analysée selon deux prismes principaux ; le premier est le taux d’approbation ou de sanction du gouvernement. Les déclinaisons sont nombreuses ; soit les électeurs sanctionnent le parti au pouvoir, soit ils honorent la coalition au pouvoir. La position la plus dangereuse en l’occurrence est donc bel et bien celle du parti qui dirige la coalition, c’est-à-dire le Nationaldemokratische Partei. C’est le principal désavantage d’une coalition : les défaites sont personnelles et les victoires collectives. Le deuxième levier qui permet de distinguer l’importance des élections fédérales repose dans la qualité des réseaux locaux de chaque parti, ce qui explique que certains partis assez faibles continuent d’exister dans le champ politique alors même qu’ils ont des résultats parfaitement médiocres aux élections nationales ; ainsi, le Sozialistichegerichtigkeit Partei se tient grâce aux associations étudiantes tandis que la Christliche Demokratische Union réussit grâce aux réseaux paroissiaux luthériens, autant que l’on puisse le dire.

La constitution des gouvernements régionaux aux élections régionales est aussi souvent un moyen pour les jeunes partis de se créer un capital confiance, et même un capital sympathie, au-delà du seul développement d’un réseau local, ils peuvent ainsi faire leurs preuves et démontrer à la face des Walserreichiens les capacités qu’ils ont à gérer des affaires publiques de manière juste et intègre, ce qui leur permet ensuite de peser dans les grandes coalitions nationales. En effet, les Länder walserreichiens disposent de nombreuses prérogatives qui permettent en réalité de réellement faire ses preuves. Ainsi, les Länder disposent de larges prérogatives en termes d’éducation, de police et de santé, mais l’armée, la justice et certains pans de l’administration sont gérés au niveau fédéral. Cette habile répartition des responsabilités est très bien établie et nous savons que les conflits de l’un à l’autre sont très peu nombreux grâce à un système de jurisprudence qui s’enrichit depuis plusieurs décennies.

On m’annonce que les résultats officiels vont être publiés sur les écrans devant vous d’une minute à l’autre, nos experts sont présents avec nous autour du plateau pour les commenter. Soyez attentifs. En rouge apparaîtront pour chaque Land les partis qui ont fait les plus hauts scores, et une fois les résultats publiés et commentés, les coalitions se formeront, et nous tenterons ici, ce soir, des pronostics, bien évidemment. D’après ce que j’ai compris, nous devrions être plus surpris parce que nous allons voir apparaître sous nos yeux.


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sdf

On commence par une excellente nouvelle pour le Nationaldemokratische Partei (NP), qui augmente son score des élections fédérales. Le parti majoritaire de la coalition réunit au total 24% des voix –contre 21 aux élections fédérales-. Il arrive en tête dans le Wartberg, le Suhlingen et le Saalhausen et aussi, beaucoup plus étonnant, dans le Sonderland. Il consacre ainsi son avantage écrasant dans le Nord et on constante son recul dans le Sud, où son plus mauvais score, ironiquement, se trouve dans l’Holzland, où il semblerait qu’une grande partie de son électorat ait été siphonnée par l’Agrarpartei. On constate que la sociologie des électeurs du NP lui permet malgré d’être présent sur tout le territoire et peu importe comment on le prend, force est de constater que là où l’Agrarpartei progresse, c’est aux dépends du NP. La grande déception pour le NP reste les Länder de l’Est, où il se fait largement damer le pion pour la social-démocratie qui y maintient ses bastions. La stratégie qui consiste à s’appuyer sur le réseau local de la CDU sera toutefois probablement payante.

L’Agrarpartei réalise un résultat en demi-teinte. En faisant une moyenne, le parti n’obtient qu’environ 17% des voix, contre 19 aux élections fédérales. Toutefois, ce recul doit être largement relativisé par rapport aux inégalités énormes des résultats du parti. En effet, ses résultats dans les Länder du Nord sont ridicules ; à peine 4% en Westerburg et 3 en Ulmau. Cependant, bien que nous en reparlerons tout à l’heure avec le Linkepartei, c’est l’Agrarpartei qui réalise le meilleur score pour un parti seul dans une région, avec presque 40% des voix dans l’Holzland. Résultat attendu, mais toujours intéressant à considérer dans son ampleur. Le Land qu’il faudra surveiller de très près au vu du résultat qu’y fait l’Agrarpartei présentement est le Suhlingen. 26%, c’est très peu commun pour ce parti. Toutefois, deux pistes sont sûrement à explorer ; tout d’abord, le Suhligen marche largement grâce au tourisme et ses habitants sont habités d’une profonde conscience écologique et donc fondamentalement conservatrice. L’autre raison est peut-être la présence d’une population jeune et donc tentée par un vote radical, sans être fondamentalement extrémiste, et la popularité récente de l’Agrarpartei en fait un parti « à la mode » d’une certaine manière.

Le Volkspartei est peut-être le gagnant de ces élections si l’on regarde les chiffres bruts. Il totalise 23% des voix, là où il atteignait péniblement les 19% aux élections fédérales. Ainsi, le choc de la chute de Stutzberg semble passé, et Angela Schutzbaum a réussi son pari en faisant du Volkspartei une grande force de gauche. Le parti arrive en tête dans le Westerburg et l’Ulmau. La sociologie électorale du Volkspartei semble se concentrer de plus en plus sur une bourgeoisie urbaine très concentrée dans certaines métropoles où le parti peut alors se renforcer, parfois au détriment d’autres électorats ; fondamentalement, le parti progresse partout mais son électorat se contracte et se concentre, et il n’arrive en tête que dans deux Länder sur douze. S’il veut s’imposer et former un barrage sérieux à la coalition gouvernementale, ce qu’il doit faire s’il veut redevenir l’opposant numéro 1, alors le Volkspartei doit passer par un jeu de coalitions très intelligent.

Les scores de la Christliche Demokratische Union (CDU) forment le dégradé habituel : puissant au Nord et de plus en plus sur faible vers le Sud. Toutefois, il réalise près de 19% des voix, et on se souvient qu’il en avait totalisé beaucoup moins aux élections fédérales. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de la plus grosse surprise de ce scrutin ; la CDU maintient ses bastions, et en étend même certains. Ainsi, sa dynamique n’est pas en progrès mais en expansion sur ses bases, ce qui ne le rend pas moins intéressant ; en effet, dans les plus gros Länder, la CDU demeure un poids politique remarquablement imposant et ne saurait être distancié et marginalisé par les autres alliés de sa coalition. Ainsi, contre toute attente, la CDU ne recule pas et sera l’une des pièces maîtresses du jeu des alliances qui se mettra en place dès demain pour organiser les coalitions régionales, où les réseaux et sympathies locales ont bien souvent plus de poids et d’importance que les alliances nationales, et qui a justement tendance à renverser ces dernières. Peut-être, après tout, la CDU trouvera ainsi son rôle au sein de la Bundesrepublik.

Le Linkepartei est la grande surprise de ces élections régionales ; il arrive en tête dans quatre Länder, soit autant que le parti dont est issu le chancelier. 26% des voix dans le Nisnau-Wemar, 30% à Gütthaven, 27% dans le Zalkalden et 39% dans le Nörteborg, soit des scores remarquablement élevés par rapport à ce qui était attendu. Toutefois, ce résultat est en quelque sorte un trompe-l’œil qu’il faut considérer avec circonspection. Il y a eu en effet plusieurs types de votes Linkepartei : un puissant vote de contestation contre la corruption et l’encroûtement d’une certaine élite dirigeante du Volkspartei, un vote jeune et dynamique et un vote régional pour une certaine tendance du Linkepartei, plus populiste et populaire. Il apparaît difficile de réunir toutes ces tendances au sein d’une seule et même formation politique. Pour être honnête, il semblerait même que ces élections consacrent la puissance du parti autant que la force de ses contradictions internes. Ironiquement, le haut score du Linkepartei pourrait signer la fin de ce mouvement. Il est difficile de voir sa secrétaire générale, Hannah Drexler, prête à faire alliance avec le Volkspartei et le Sozialistichegerichtitigkeit Partei à Gütthaven, demander à Svea Johansson d’en faire de même dans le Nörteborg, où toutefois ce serait le seul moyen de créer une majorité social-démocrate et de faire basculer à gauche les Länder d’Outre-Mer.

La Walserreich Kreuz n’a pas eu le résultat attendu. Alors que Jana Rosenhirsch planchait sur une grosse percée de son parti, le petit parti d’extrême-droite n’a pas faire jouer ses réseaux étendus que dans le Kupferland, atteignant il est vrai le score tout à fait impressionnant de 12%. Toutefois, il plafonne péniblement à 7% dans l’Holzland, où l’Agrarpartei a capté son électorat, et 9% dans le Wartberg, où la popularité du Nationaldemokratische Partei n’a pas été sérieusement remise en question. Cela dit, le Kupferland, où près de 75% des électeurs ont voté à droite, n’est pas prêt de faire rentrer le WK dans ses coalitions ; le Volkspartei y a fait un score tellement médiocre que l’alliance avec le WK ne sera pas nécessaire aux grands partis conservateurs pour maintenir leur domination sur ce Land. Ainsi, sauf grande surprise, il semblerait que le WK n’entre dans aucune grande coalition de gouvernement régional, signant ainsi l’échec de Jana Rosenhirsch.

Les Kinder des Herrn (KdH) ont en gros accompli ce qu’on attendait d’eux, c’est-à-dire des scores tout à fait honnêtes dans les Länder où le catholicisme joue encore un grand rôle dans la vie des habitants, et on sait que les catholiques, au Walserreich, sont plus actifs et obéissants politiquement que les luthériens. Ses scores tournent donc autour des 20% dans ces Länder, et si on oublie les ridicules 2% obtenus en Westerburg, on peut considérer que le KdH demeure une grande force politique de certains Länder et si on lit sérieusement les résultats et les tensions existantes au sein de la coalition gouvernementale, -car il y en a-, alors peut-être qu’en la jouant finement, l’archevêque Siedentopp peut jouer une carte intéressante. De là à le positionner comme chef d’un gouvernement régional, ce serait peut-être exagérer, mais il ne fait aucun doute que son parti ne peut être tourné en ridicule. Tous les jeux restent ouverts.

Le Sozialistichegerichtigikeit Partei (SGP) maintient son rôle de petit parti marxiste-LGBT contestataire. Ses meilleurs scores sont comme d’habitude dans le Land très étudiant du Nisnau-Wemar (7%) et de Gütthaven (17%) où il pourrait bien entrer dans une coalition avec quelque force social-démocrate, ce qui n’a en soi rien d’étonnant. Ce parti, très bien étalé sur tout le territoire, de manière assez uniforme, n’est pas parvenu à concentrer ses forces sur un seul et unique endroit où « tout donner ». Bien au contraire, son éparpillement semble s’être fait au détriment de sa puissance politique car nulle part il ne semble constituer une force de gauche suffisamment imposante pour se présenter comme indispensable aux sociaux-démocrates.

Meine Damen und Herrn, c’est la fin de notre émission consacrée aux élections régionales. Vous retrouverez sur notre site internet une version sous-titrée de cette émission ainsi que des liens vers les sites gouvernementaux officiels. Le message qui est à retenir ce soir, c’est peut-être bien que les jeux ne sont pas fermés, bien au contraire, tout reste possible, tout reste à faire, et il ne fait aucun doute que quelque surprise viendra dans les jours à venir.
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wf

Sofia

Sofia Wallenius, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg

Meine Damen und Herren

Ce soir, il ne sera pas question de proposer un résultat définitif aux jeux d’alliance politique qui se sont tissés ces derniers jours, bien au contraire. Nous rappelons dans le tableau ci-dessous les résultats officiels, validés par les institutions, des élections régionales, Land par Land, avec en rouge et gras le score du parti qui a obtenu le score le plus élevé. Nous avions déjà eu l’occasion la semaine dernière de proposer une analyse poussée de chaque parti, avec différents experts qui s’étaient joints à moi. Aujourd’hui, nous allons faire un bref état des lieux sur ce qu’il s’est passé ces derniers jours. Comme la presse régionale vous en a sûrement informé, dès le soir même des élections en réalité, des coalitions ont été formées, mais plusieurs semaines plus tard, certains Länder ne sont toujours pas parvenus à un compromis et certains sentent même un certain enlisement qui risquerait d’être préjudiciable au bon fonctionnement des institutions. Nous allons aujourd’hui, dans les quelques minutes qui suivent, présenter la situation telle qu’elle est, à l’heure actuelle, dans chacun des Länder mais aussi proposer d’éventuelles pistes de réflexion qui pourraient nous permettre d’anticiper ce qui va se passer. Tout ce que nous pouvons dire, en guise d’introduction, c’est que c’est du jamais vu. Jamais au Walserreich autant de Länder n’ont été sur un fil de noctambule aussi instable. Le jeu politique walserreichien est sans l’ombre d’un doute en plein renouvellement. A moins que, à moins que… certains problèmes, comme nous allons le montrer dans quelques minutes, pourraient probablement se régler beaucoup plus simplement qu’on ne le croit, mais la désagrégation du champ politique national et fédéral excite les egos et toutes les difficultés qui se présentent ressemblent peut-être plus à des duels de coqs, mais ne nous précipitons pas dans les jugements de valeur et tentons de démêler le vrai du faux.


sdf

Westerburg (1). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : VOLKSPARTEI – LINKEPARTEI – SOZIALISTICHEGERICHTIGKEIT PARTEI. Jusqu’à ce jour, le Volkspartei et le Linkepartei avaient réussi à organiser leurs coalitions dans ce Land sans trop de problèmes. De plus, les dirigeants locaux de ces partis se connaissent parfaitement bien et savent gouverner ensemble. Cependant, la campagne dans ce Land avait été particulièrement agressive. Le parti au pouvoir, le Nationaldemokratische Partei, avait « mis le paquet » pour ramener dans le giron conservateur le Land de la capitale. Toutefois, l’exode rural et l’arrivée à Westerburg d’un électorat plus marqué à gauche a permis au Volkspartei de grossir les rangs de son parti malgré la déconfiture du chancelier Stutzberg dont il semble se remettre. Toutefois, si la percée conservatrice attendue n’a pas eu lieu, la gauche social-libéral a dû affronter malgré tout les conséquences de ses errements passés et la répercussion des frictions internes au bloc de gauche. Ainsi, Volkspartei et Linkepartei ensemble totalisent 49% des voix et ont donc dû demander au parti marxiste-LGBT Sozialistichegerichtigkeit Partei de rejoindre leur coalition, proposition évidemment acceptée. Paradoxalement, l’entrée des marxistes-LGBT dans le gouvernement du Land de la capitale risquerait bien de faire monter le vote conservateur.

Ulmau (2). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : VOLKSPARTEI – LINKEPARTEI – SOZIALISTICHEGERICHTIGIKEIT PARTEI. Le rapport de force est à peu près semblable à celui de Westerburg, à la différence près qu’en l’occurrence, le SGP n’est pas obligé de rejoindre la coalition ou du moins pas nécessaire, le Volkspartei et le Linkepartei totalisant 51% des voix à eux deux. Toutefois, afin de réaliser la coalition en Westerburg, Ralf Schulz, secrétaire général du SGP, a demandé à ce que le SGP intègre aussi la coalition de l’Ulmau. Toutefois, alors qu’il jouera un rôle actif dans le Westerburg, il n’aura qu’un rôle de médiateur dans l’Ulmau en cas de problème entre les deux gros bras de la coalition, et récupèrera aussi probablement quelques petits secrétariats et quelques postes de fonctionnaires fédéraux intéressants, afin de calmer les ambitions. Toutefois, que ce soit dans le Westerburg ou dans l’Ulmau, le SGP réalise deux belles opérations, entrant dans deux gouvernements régionaux dans des terres longtemps acquises aux conservateurs et ce, sans dépasser les 2% aux élections. C’est en soi un tour de force qui doit nous amener à reconsidérer le poids des « petits partis », qui peuvent rapidement devenir de véritables engrenages nécessaires à des machines plus grosses que l’on construit pour prendre le pouvoir. L’électorat « bobo », sans l’ombre d’un doute, a grossi dans ces deux états du Nord, et tout le monde l’a compris.

Wartberg (3). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : NATIONALDEMOKRATISCHE PARTEI – AGRARPARTEI – CHRISTLICHE DEMOKRATISCHE UNION. Les Länder remportés par la droite libéral-conservatrice sont particulièrement intéressants. Dans le Wartberg, le NP arrive largement en tête avec plus d’un tiers des voix. Techniquement, il peut se permettre de ne prendre que l’AP ou que la CDU pour arriver à la majorité. Toutefois, contrairement aux disputes de la gauche, la coalition gouvernementale tient le choc et donc, elle se reproduit parfaitement au niveau local. Le score de la Walserreiches Kreuz n’a pas été suffisamment impressionnant pour peser dans la balance. C’est probablement au prorata que les postes se distribueront : le NP prendre la moitié des postes et l’autre moitié sera partagée entre AP et CDU. L’équilibre étant à peu près respecté, le Wartberg n’a posé aucun problème et demeure donc un bastion confortable et solidement gardé de la droite libéral-conservatrice.

Kupferland (4). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : NATIONALDEMOKRATISCHE PARTEI – AGRARPARTEI – CHRISTLICHE DEMOKRATISCHE UNION. Les problèmes commencent à ce Land central. Le NP y avait d’habitude une hégémonie incontestée. Toutefois, le référendum du Ministre de la Défense Wolffhart (AP) avait largement été plébiscité par les habitants du Kupferland, où l’armée dispose d’une popularité très importante. Ainsi, il était prévisible que l’Agrarpartei puisse y faire une percée, et c’est ce qu’il a fait en arrivant en tête avec 28% des voix, ce qui est remarquable. Là encore, il pourrait se passer de la CDU par exemple. Toutefois, afin de contrebalancer le Wartberg et de reproduire à l’échelle fédérale la coalition gouvernemental, les trois partis de gouvernement NP – AP – CDU s’unissent et forment une coalition qui distribuera les postes au prorata. Toutefois, il est intéressant de noter qu’ici, c’est le score important de l’extrême-droite (12%) qui permet aux trois partis de gouvernement de ne pas être totalement dépendants l’un de l’autre. Ainsi, peut-être qu’ironiquement, c’est la percée –toute relative- de l’extrême-droite dans ce Land qui va faire germer quelques mauvaises réflexions dans l’esprit de quelque ambitieux cadre de la droite libéral-conservatrice qui attend son heure dans l’ombre.

Holzland (5). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : NATIONALDEMOKRATISCHE PARTEI – AGRARPARTEI – CHRISTLICHE DEMOKRATISCHE UNION. En dehors du Linkepartei dans le Nörteborg, aucun parti ne fit à lui tout seul un score aussi important que l’Agrarpartei dans l’Holzland avec près de 39% des voix, ce qui lui permettrait là encore de se passer de l’un ou l’autre de ses alliés gouvernementaux. Toutefois, pour les raisons déjà évoquées précédemment, la coalition du gouvernement se reproduira au niveau de l’Holzland, et le prorata sera respecté : l’AP obtiendra donc une très large domination à la diète régionale. A eux trois, les partis réalisent par ailleurs le score très impressionnant de 65% des voix, et on sait que les deux tiers sont parfois nécessaires pour certaines procédures législatives. La domination du bloc conservateur et donc du gouvernement semble parfaitement acquise sur l’Holzland… tant que l’Agrarpartei ne prétend pas à plus de pouvoir au niveau national.

Nisnau-Wemar (6). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : VOLKSPARTEI – LINKEPARTEI – SOZIALISTICHEGERICHTIGKEIT PARTEI. En parvenant là encore assez timidement à 50%, le Volkspartei et le Linkepartei se retrouvent obligés d’inclure parmi eux le SGP et ses 7%, faisant du Nisnau-Wemar le troisième Land où les marxistes-LGBT entrent au gouvernement, sous les mêmes modalités que dans le Wartberg, sans l’ombre d’un doute. Toutefois ici, le Linkepartei arrive à deux points devant le Volkspartei et conduira donc la coalition, selon les accords prévus en amont par les cadres locaux. Ici, la coalition sera peut-être plus difficile à tenir, étant donné que le Linkepartei y est un parti jeune, dynamique, très étudiant –à l’image du Nisnau-Wemar au sens large- et donc enclin à de multiples disputes. Il ne fait aucun doute par ailleurs que la gestion du Nisnau-Wemar sera compliquée dans les années à venir, mais qu’elle pourra se faire même avec un gouvernement régional peu enclin à une certaine cohérence. Ainsi, c’est plutôt une bonne nouvelle pour la coalition social-démocrate ; leurs disputes et errements passeraient ici bien inaperçus.

Gütthaven (7). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : VOLKSPARTEI – LINKEPARTEI – SOZIALISTICHEGERICHTIGKEIT PARTEI. Pour le coup, aucun des trois partis ne peut se passer des autres, et c’est une coalition plutôt équilibrée qui arrivera au pouvoir dans quelques jours à Gütthaven, cité-Land qui prend ces derniers temps une importance tout à fait importante, notamment grâce à la tenue du concours Miss Univers. En effet, le boom économique, la vie dynamique de la ville et la liberté profonde et frivole qui y règne attire des milliers de jeunes gens et notamment étrangers, qui y vivent et y consomment richement, générant de puissants revenus financiers pour un gouvernement régional qui est alors assis sur un argent monstrueusement important. Le SGP y réalise son score le plus important, à plus de 17% et obtiendra donc en toute logique une importante part de la gestion des affaires. Cependant, c’est une fois de plus le Linkepartei qui arrive en tête, au grand dam du Volkspartei, parti de vieux sociaux-libéraux qui ont été dévorés démographiquement par une jeunesse plus démocrate que libérale. Ainsi, le Linkepartei, comme au Nisnau-Wemar, dame le pion du Volkspartei avec brio mais est contraint de rester attaché à lui. Toutefois, rappelons que la secrétaire générale du Linkepartei, Hannah Drexler, avait comme « stratégie » de se ranger plus ou moins sagement derrière le Volkspartei, mais l’agitation provoquée par Svea Johansson et les siens a visiblement eu l’effet inverse que celui attendu : ça a donné l’image d’un Linkepartei actif et rempli d’émulations, face à un Volkspartei attentiste et avachi sur ses privilèges, attendant que tout se fasse pour lui. Ainsi, les paradoxes s’enchaînent –encore !- au sein de la gauche : le Linkepartei s’écharpe pour savoir s’il faut ou non suivre le Volkspartei… ce qui provoque une émulation appréciée par les Walserreichiens, se manifestant électoralement par une poussée du Linkepartei face au Volkspartei, remettant en question sa position de suiveur… !

Zalkalden (8). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : NATIONALDEMOKRATISCHE PARTEI – AGRARPARTEI – CHRISTLICHE DEMOKRATISCHE UNION. Première grande « anomalie » de ces résultats électoraux : alors que le parti en tête est le Linkepartei, l’effondrement du Volkspartei n’a pas permis la constitution d’une coalition de gauche. En effet, le Zalkalden est un Land souvent « oublié » par les politiques, comme un désert économique et démographique au milieu d’un Walserreich polarisé ailleurs. Le chancelier Stutzberg avait été copieusement attaqué sur sa gestion du Zalkalden qu’il avait laissé à l’abandon. Ainsi, le Volkspartei n’arrive pas à faire mieux que 20% et une grande partie de son électorat, déçue, s’est réfugiée soit dans l’abstention, soit dans le vote Linkepartei. Dans tous les cas, bien que ce dernier ait largement profité de la chute du Volkspartei, leurs scores cumulés, même avec le SGP, ne permettent absolument pas de reconduire la gauche au pouvoir. Ainsi, NP, AP et CDU reproduisent la coalition gouvernementale ici aussi, profitant de l’intelligence du chancelier Hammerthal (NP) actuellement au pouvoir, qui a été bien plus actif et prévenant à l’égard du Zalkalden. Ainsi, la droite prend le pouvoir au Zalkalden, ce qui ne peut que lui faire du bien au niveau national.

Suhlingen (9). GOUVERNEMENT DE COALITION FORMÉ : NATIONALDEMOKRATISCHE PARTEI – AGRARPARTEI – CHRISTLICHE DEMOKRATISCHE UNION. Sans aucune surprise par rapport à ce qui a été constaté dans d’autres Länder remportés par la droite, le Suhlingen fait son marché et propulse au pouvoir les trois grands partis de la droite, à tel point qu’ils pourraient là encore, techniquement, se passer l’un de l’autre. Toutefois, une reproduction de la coalition gouvernementale était la meilleure solution pour maintenir une cohérence nationale. Un point doit toutefois être souligné ; l’Agrarpartei y a recueilli plus d’un quart des voix. La gauche y fait un score très mauvais, mais ce qui est intéressant de noter, c’est la modification des sujets qui amènent les électeurs à voter pour tel ou tel parti. L’Agrarpartei a fait un très bon score grâce à un discours écologique particulièrement puissant, et il a utilisé une stratégie typique de la naissance de son mouvement : les syndicats paysans qui, très puissants dans le Suhligen, terre de pâturages, a été payant. Tout est à parier que l’hégémonie de l’Agarpartei dans ces terres agricoles n’en n’est qu’à ses débuts.

Saalhausen (10). GOUVERNEMENT DE COALITION NON-FORMÉ. Sans le soutien de l’Agrarpartei, le NP et la CDU se retrouvent seuls, avec un score de 40% clairement pas suffisants. L’arrivée au pouvoir d’une clique de protestants du Sud et de l’Est a été mal vue par une large part de l’électorat catholique qui a alors voté massivement pour les Kinder des Herrn. Et là, le problème se pose. Du point de vue de la convergence des idées, les KdH pourraient très largement s’allier au NP et à la CDU pour gérer un Land. Toutefois, deux problèmes se posent ; la tête de liste des KdH n’est autre que l’archevêque Siedentopp, personnage controversé et très clivant, figure évidente et éminente du catholicisme walserreichien. Il forme à lui-même un obstacle à toute bonne entente, d’autant plus qu’il est parfaitement conscient d’être une pièce maîtresse du jeu qui se joue. Le second problème est celui de la CDU qui, partout où il est, est un parti de petits réseaux pastoraux protestants. La fracture religieuse avec les KdH est trop importante, et l’un comme l’autre freine de tous leurs fers. Ainsi, que se passe-t-il ? Le NP tente de tirer les marrons du feu en poussant les deux partis à s’unir autour de lui, ce qui lui donnerait une position de chef et d’arbitre, mais qui pourrait aussi se retourner contre lui si la coalition devient ingérable. Les négociations sont encore, et il ne fait aucun doute que les difficultés ne font que commencer.

Sonderland (11). GOUVERNEMENT DE COALITION NON-FORMÉ. Le Sonderland suédophone souffre d’un nouvel éclatement des voix conservatrices. Ici, le NP maintient des bastions fragiles, hérités du passé, alors que deux partis enregistrent une puissante dynamique ; le Linkepartei et les Kinder des Herrn. Le premier est mené par les cadres de Svea Johansson, dont on connaît les dissensions profondes avec les cadres dirigeants du Linkepartei. De l’autre côté, les Kinder des Herrn jouissent d’une grande liberté vis-à-vis du continent. Ainsi, tout laisse à supposer qu’un scénario semblable à celui du Saalhausen se reproduise parfaitement, à savoir une entente entre NP, CDU et KdH. L’archevêque Siedentopp comprend qu’il n’a pas une paire mais un brelan en main et nous pouvons continuer sur lui pour faire augmenter la mise. Une alliance catho-conservatrice paraît parfaitement envisageable dans la mesure où sa reproduction dans le Saalhausen lui assurerait une certaine emprise territoriale. Toutefois, il ne faut pas oublier que les cadres du KdH ont les dents longues et que demander leur soutien ne saurait se faire sans de sérieuses contreparties, et est-on prêt à aller aussi loin pour le NP ? Hammerthal ira-t-il jusqu’à serrer la main des catholiques du Nord pour faire montre d’une puissance hégémonie à ces élections ?

Nörteborg (12). GOUVERNEMENT DE COALITION NON-FORMÉ. C’est probablement dans ce Land que la situation la plus originale se présente. Le Linkepartei, profondément inspiré par la faction dissidente de Svea Johansson, réalise quelques 39% des voix. Il en a besoin de 12 pour former un gouvernement. Or, le Volkspartei n’en n’a qu’11. Le SGP en a 2 et il pourrait être possible, en toute logique, de reproduire la coalition de gauche qui s’est faite dans d’autres Länder continentaux. Toutefois, à peine les résultats ont-ils été publiés qu’une immense bronca a éclaté dans les rangs du Linkepartei : hors de question de s’aliéner une grande partie de l’électorat catholique en faisant entrer des marxistes-LGBT au pouvoir, répugnants tant par leurs passions sodomites que par leurs folies collectivistes. Toutefois, une pression énorme s’exerce en ce moment même sur le Linkepartei du Nord qui est appelé à faire une alliance classique mais qui, depuis ces terres, a précisément conduit une fronde contre de telles alliances qui n’apporteraient rien sinon la continuation d’un schéma politique qui a amené à l’échec très sérieux et très violent de la dernière coalition au pouvoir. C’est le Nörteborg qu’il faudra regarder de très près dans les jours à venir.
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DU RIFIFI DANS LE SAALHAUSEN
MONSEIGNEUR SIEDENTOPP DOIT-IL SE RETIRER ?


FvS

Heinrich VON SIEDENTOPP, Archevêque de Kornenburg et président des Kinder des Herrn

Le Saalhausen ne devrait pas poser de problèmes à l’ordre conservateur au pouvoir depuis quelques années maintenant au Walserreich. Toutefois, la situation s’est présentée sous des auspices bien plus compliqués qu’attendu. Bien que le Nationaldemokratische Partei (NP) du Chancelier Hammerthal soit arrivé largement en tête, il n’en demeure pas moins que son allié traditionnel, la Christliche Demokratische Union (CDU) a réalisé le score quelque peu ridicule de 7%. En soi, ce n’était pas à proprement parler imprévisible, bien au contraire. La CDU demeure un parti religieusement ancré du côté protestant, et sa puissance dans l’Est du pays tient principalement à l’influence des réseaux pastoraux. Toutefois, partout où la proportion de catholiques augmente, les scores de la CDU régressent mécaniquement, et donc, le Saalhausen, où demeure une forte population catholique, ne saurait être qu’un Land où sous-performe la CDU, les protestants locaux, se sentant en trop faible position préférant voter massivement pour le NP, vu comme plus stable pour obtenir une réelle influence politique. Toutefois, le vote religieux ne permet pas d’expliquer l’intégralité des résultats obtenus, en dehors peut-être du score ridicule du parti marxiste-LGBT, qui n’a pas même obtenu suffisamment de voix pour être statistiquement remarqué sur les tableaux officiels des résultats.

Une deuxième lame de fond prend de l’ampleur, c’est celle de la contestation contre le pouvoir de Günther Hammerthal, le Chancelier. En effet, la fracture politique se superpose à la fracture religieuse et la recouvre en large partie. C’est peut-être la grande leçon qu’il faut retenir de cette élection dans ce Land. En effet, où se dirige la contestation ? Dans un premier temps, elle se dirige vers la social-démocratie. Toutefois, le passé « gauchiste » et anticlérical du Linkepartei le fait plafonner difficilement à 7% avec quelques jeunes en déshérence qui cherchent un vote de contestation à pas cher. Ainsi, le Volkspartei récupère la contestation la plus sérieuse, dans le sens où les voix social-démocrates se concentrent sur ce parti, dont les cadres locaux, il faut le reconnaître, ont joué suffisamment finement pour ne pas se mettre un électorat qui leur est souvent assez opposé. Cependant, la sociologie et la culture politique du Saalhausen est suffisamment bien marqué et a été assez étudié pour que ne puissions savoir que l’électorat local, bien que mouvant et séditieux, était largement conservateur. Toutefois, où peut se réfugier la contestation conservatrice ? Personne n’a jamais imaginé la moindre seconde que le libéral-conservatisme walserreichien était un bloc monolithique, et le Saalhausen en est la meilleure démonstration. L’Agrarpartei n’est pas là pour canaliser une partie de la colère et la CDU ne saurait percer, et il reste donc un seul et unique moyen de prendre les voix conservatrices de contestation ; le parti catholique, les Kinder des Herrn.

L’archevêque de Kornenbourg Heinrich von Siedentopp est parfaitement conscient de ce rôle que son parti occupe et il avait même choisi de se présenter lui-même en tête de liste pour ces élections. Le résultat attendu a été atteint : un déport massif de la contestation de droite vers le parti catholique, qui a par ailleurs épuré son discours. Toutefois, un nouveau problème se pose : la personnalité trop clivante de Siedentopp peut empêcher la constitution d’une alliance de droite dans le Saalhausen. En effet, pourquoi un parti catholique s’allierait-il avec le parti protestant de la CDU juste pour organiser une coalition locale ? Les KdH vont-ils demander l’éviction pure et simple de la CDU –une coalition NP-KdH serait suffisante pour régner électoralement- ? A quel prix la CDU accepterait-elle d’être marginalisée ? Jusqu’où le NP devra-t-il aligner les concessions pour ne pas être rongé ? Un rôle d’arbitre entre les deux forces, si inégales dans ce Land, est-il accessible pour le NP ? Une chose est sûre : l’archevêque Siedentopp a plus d’un tour dans son sac et ne quittera jamais la scène politique sans un sérieux bénéfice.
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Drite

LE SONDERLAND COINCE
SVEA JOHANSSON « LA RENARDE DES NEIGES » NE DEMORD PAS



SJ

Svea JOHANSSON, députée de Sällen à la Diète fédérale

La situation du Sonderland ressemble à s’y méprendre à la situation du Saalhausen (voir article ci-dessus), à la différence près qu’ici, Nationaldemokratische Partei (NP) et Kinder des Herrn (KdH) à eux deux ne totalisent que 49% des voix et donc, l’allié gouvernemental du NP, la Christliche Demokratische Union (CDU), devient nécessaire pour former une coalition. Le problème est toutefois le même ; les catholiques des KdH ne veulent pas partager une coalition avec les protestants de la CDU. Autant la situation est sujette à discussion dans le cas du Saalhausen, où d’autres voies sont possibles, autant la situation paraît plus compliqué dans le Sonderland, à cause de la radicalisation des cadres locaux sur la question religieuse, qui demeure encore bien plus présente qu’ailleurs au Walserreich. Ici, le catholicisme constitue un ferment identitaire de premier plan et ne sera qu’avec grande difficulté amalgamé avec un protestantisme vu comme conquérant, d’autant plus que son variant évangélique se répand avec ferveur et prosélytisme. Ainsi, la droite libéral-conservatrice patauge, mais sur des lignes différentes que dans le Saalhausen, et la résurgence de thèmes religieux au premier plan n’est pas bien accueillie par les états-majors des autres partis et même par les Walserreichiens qui, de manière générale, ont une position ambiguë sur les rapports entre politique et religion.

Il y a toutefois une pièce maîtresse du jeu qu’il ne faut pas négliger : le Linkepartei, dont les résultats surpassent largement ceux du Volkspartei dans ce Land. Ainsi, pour la première fois depuis de longues décennies, le Linkepartei reprend les rênes de la social-démocratie, bien que ce soit à l’échelle d’un Land. Il ne faut toutefois pas considérer cela comme une percée de la gauche mais comme un vaste déport de l’électorat du Volkspartei vers celui du Linkepartei, et ce déport porte un nom : Svea Johansson. Cette jeune députée du Linkepartei, élue à Sällen, a remué les coulisses du Linkepartei avec ses partisans, allant jusqu’à contester la ligne directrice d’Hannah Drexler, secrétaire générale du parti, qui entendait créer un énorme bloc de gauche, c’est-à-dire poursuivre l’alliance VP-LP coûte que coûte, tandis que Svea Johansson et les siens proposaient plutôt une réorientation de leur politique et des alliances moins systématiques. Le résultat est pour le moment assez cinglant : la ligne Drexler du Linkepartei maintient ses acquis avec difficulté, tandis que la ligne Johansson dévore tout sur son passage, siphonne le Volkspartei, et explose les compteurs. Svea Johansson n’a pas hésité à le rappeler, bien au contraire. Elle s’est fendue d’un discours le soir des électeurs pour rappeler que sa ligne avait été entendue et plébiscitée par les électeurs. Celle que l’on surnomme déjà la « renarde des neiges » vient d’ancrer son nom sur la scène politique walserreichienne. Il faut désormais voir comment elle saura capitaliser là-dessus.

Toutefois, l’équilibre des voix est clair : face au prosélytisme protestant et la montée de la gauche, une radicalisation de l’électorat catholique (et) de droite a eu lieu, maintenant le Sonderland dans le giron libéral-conservateur. Peu importe comment on retourne la question, la gauche ne semble pas pouvoir l’emporter, et les problèmes politiques régionaux du Sonderland demeurent ceux d’une droite qui, toutefois, semble s’essouffler, et ainsi, pourrait par ses agissements faire profiter ses adversaires. L’embuscade semble prête, et pas si cachée que ça, et si la droite conservatrice ne parvient pas à organiser la résistance et donc une alliance, sa cote de popularité risque de chuter et Dieu sait ce qui arriverait à un électorat en perdition, haïssant ses dirigeants qui ne peuvent même pas s’allier, face à une gauche renouvelée, en pleine puissance et irrésistiblement dynamique !
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gauche

LE CASSE-TÊTE DU NÖRTEBORG
VERS « L’IMPOSSIBLE ALLIANCE » ?


Nord

Le Nörteborg est le caillou qui va longtemps démanger les experts de la politique walserreichienne, car la situation y est exceptionnelle en tout point. Les partis dits de droite y réalisent au total le score 48% là où les partis dits de gauche font 52%, c’est probablement l’un des résultats les plus serrés qui soit, et il est du moins à l’effondrement de la droite catholique (18% contre plus de 30% aux dernières élections) qu’à l’extraordinaire progression de la gauche social-démocrate, à laquelle il faudra peut-être donner un nouveau nom, ou dans tous les cas redéfinir. Le Linkepartei a particulièrement bien pris dans ce Land, réalisant 39% des voix, soit autant que le très régionaliste parti de l’Agrarpartei dans l’Holzland. Le Linkepartei est-il en train de prendre un tournant régionaliste ? C’est peut-être vite dit. Toutefois, cela pose la difficile question de l’alliance nécessaire pour arriver à construire un gouvernement. En toute logique, le Linkepartei devrait s’allier au Volkspartei et au Sozialitsichegerichtigkeit Partei (SGP), mais cela pose quelques difficultés. Premièrement, l’équilibre très instable de la coalition. La domination écrasante du Linkepartei en fait un géant aux pieds d’argile ; il a été largement plébiscité, mais pour parfaire sa domination, a besoin d’alliés devant lesquels il est en position de demandeur, et il ne fait aucun doute que le Volkspartei et le SGP vont imposer de lourdes conditions, faute de quoi le plébiscite risque de tourner au vinaigre et d’être un cadeau empoisonné pour le Linkepartei. Le second problème est celui de la ligne politique. Le Linkepartei a gagné dans le Nörteborg, très clairement, sur la ligne Svea Johansson, c’est-à-dire une ligne plus populiste et moins soumise au Volkspartei que celle d’Hannah Drexler, et donc, une alliance avec le Volkspartei apparaît comme une drôle de compromission, passaant peut-être même comme une trahison du point de vue des électeurs.

Quelle solution alors pour le Nörteborg ? Des rumeurs de couloirs circulent à propos de « l’impossible coalition », c’est-à-dire celle du Linkepartei avec les Kinder des Herrn. Le parti historique du gauchisme anticlérical main dans la main avec les conservateurs catholiques, ce qui serait impensable sur n’importe quelle autre terre walserreichienne, mais qui peut l’être ici, pour plusieurs raisons : la culture catholique du Nörteborg ne souffre pas du centralisme de Kornenbourg et maintient donc à son égard une certaine indépendance. Ensuite, les évêques locaux, de par leur histoire, sont pénétrés d’un sentiment social et populaire assez rare chez les prêtres et qui leur fait entretenir une relation très particulière avec les courants de gauche. Enfin, et dernièrement, le mépris grandissant pour le jeu politique « classique » pourrait ouvrir des brèches tout aussi originales qu’inattendues. Pour le moment, ces rumeurs ne sont précisément pas plus que des rumeurs, mais leur réalisation ne semble pas hors de propos et serait un signal très fort envoyé à une classe politique considérée comme de plus en plus décalée avec les aspirations des gens, en particulier ceux des Länder d’Outre-Mer. Cette « impossible alliance », si elle venait à se concrétiser, serait à double tranchant. Son échec marquerait un profond coup d’arrêt à la dynamique du Linkepartei, et sa réussite renverserait la table du jeu catholique walserreichien, dont on sait l’importance dans la structuration d’une partie de l’électorat.

Si les situations au Saalhausen et au Sonderland vont probablement se résoudre d’elles-mêmes après quelques compromissions plus ou moins profondes mais en tout cas, pas exceptionnelles dans le cadre de la vie politique walserreichienne. En revanche, le Nörteborg a une situation bien plus particulière, et lui qui a toujours été un Land particulier, différent des autres, moins bruyant que l’Holzland malgré tout, il sera peut-être le berceau d’une reconfiguration profonde de la vie politique walserreichienne.
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Emma Weidenham, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg

WF a écrit :
« Meine Damen und Herren

La tension était à son comble depuis plusieurs semaines maintenant suite aux résultats des élections régionales et de nombreux partis se trouvaient en ballotage dans des situations qui apparaissaient parfois inextricables. Les nœuds étaient formés et les responsables politiques ont du faire de remarquables efforts intellectuels et multiplier les négociations pour parvenir à trouver des solutions. Nombreuses furent celles qui furent interdites d’accès aux journalistes pour des raisons de confidentialité, tout à fait exceptionnelles par ailleurs, mais nous avons pu accéder aux conclusions, et le moins que l’on puisse dire, semble-t-il, c’est que des coups de téléphone bien cachés ont dû être passés car rien de ce que nous allons pouvoir vous annoncer ce soir n’a pu être correctement anticipé par de nombreux analystes. En effet, nous expliquerons ce qui a raté, ce qui a réussi, ce qui a conduit à des échecs et à des alliances exceptionnelles. Nous verrons aussi que certains partis ont dû reconsidérer très largement leurs organisations internes, à un point où il ne fait aucun doute que des alliances ont dû se tisser dans le dos de certains, à partir de promesses renversées et de coups bas politiciens. De manière générale, nous pouvons déjà dire que la droite libérale-conservatrice sort victorieuse de ces élections, c’était quelque chose de largement prévisible, déjà avec les résultats annoncés le lendemain des élections. Toutefois, à quel prix a été remporté cette victoire ?

Dans le Saalhausen, monseigneur Siedentopp renonce à ses ambitions politiques, mais fait entrer les Kinder des Herrn dans la coalition gouvernementale… avec les protestants de la CDU. Il semblerait que le Chancelier Günther Hammerthal ait réussi son coup avec un certain brio. Une alliance entre son parti, le Nationaldemokratische Partei (NP), et les Kinder des Herrn (KdH), aurait pu suffire pour créer un gouvernement. Le problème, c’est que cette alliance NP-KdH n’est pas suffisante dans le Sonderland. Ainsi, écarter la CDU dans le Saalhausen aurait amené à une grosse crise politique dans le Sonderland ; il n’était pas question pour le Chancelier de déplacer le problème de l’autre côté de la mer. Les Suédophones du Nord pensent déjà suffisamment être le vide-ordure de la Bundesrepublik à chaque gros pépin. Il fallait donc trouver, coûte que coûte, un moyen de faire cohabiter les catholiques KdH avec les protestantes de la CDU, en sachant que ces derniers étaient conscients d’être à la fois largement minoritaires, et à la fois essentiels pour que la coalition puisse se former ici et dans le Sonderland. Ainsi, il semblerait, d’après quelques-unes de nos informations, que le chancelier Günther Hammerthal ait lui-même personnellement téléphoné à l’archevêque de Kornenbourg, Mgr Siedentopp, chef des KdH, ainsi qu’aux cadres locaux de la CDU, et la solution qui a été trouvé est la suivante ; la CDU rejoint la coalition NP-KdH aux conditions suivantes : (a) reformer la coalition dans le Sonderland, (b) ne pas entraver les décisions catholiques parce que catholiques et (c) revoir à la baisse ses ambitions au sein de gouvernement régional, selon des modalités qui n’ont pas encore été détaillées. En contrepartie, la CDU a obtenu la tête de Mgr Siedentopp. Celui qui s’était présenté en tête de liste, et qui a donc attiré le plus de voix, sans aucun doute, pour son parti, se voit paradoxalement contraint de passer le pouvoir à son numéro 2 afin de ne pas froisser la coalition tout juste formée. C’est avec le sourire et avec une certaine abnégation que Siedentopp a annoncé à ses électeurs le fruit des négociations. Toutefois, certains ont immédiatement supposé que son sourire narquois, allié à son caractère retors bien connu, devait cacher quelque chose. En effet, ce qui s’est passé au Nörteborg l’a démontré, nous allons y revenir tout de suite. Le pas sur le côté de Siedentopp n’était qu’un élan vers une autre stratégie.

Dans le Sonderland, malgré les pressions des gens de Svea Johansson du Linkepartei, la coalition de droite chrétienne-conservatrice constituée dans le Saalhausen se reforme. La reproduction dans le Sonderland de la coalition du Saalhausen est la conséquence logique des tractations plus ou moins obscures qui ont lieu dans ce Land. Toutefois, plusieurs questions et problèmes ont été posés avec raison et ont dérangé les cadres locaux. Il s’agit de la question de l’Agrarpartei, absent de ces terres, de l’emprise du Linkepartei, et du sort de la minorité suédophone. L’Agrarpartei (AP), allié gouvernemental du NP et de la CDU, est absent de ces terres, étant trop ancré dans les Länder du Sud et accessoirement trop germain pour percer dans des terres suédophones et catholiques, et trop agrarien pour ces terres arides et infertiles. La question a été posée au sein de l’Agrarpartei, parmi les cadres les plus intransigeants par rapport à la coalition NP-CDU-AP. Nombreux, en effet, sont les chefs du parti qui voient dans cette alliance la seule chance inespérée de gouverner. Toutefois, ce n’est pas suffisant pour beaucoup, qui aimeraient pousser encore plus loin et s’implanter dans des Länder qui n’ont rien à voir avec leur ADN politique. A l’inverse, d’autres optent pour la stratégie de l’implantation et de l’identité régionale et la recherche au cas par cas d’autres alliances, quitte à passer pour plus faible aux yeux de ses alliés coalisés. Le deuxième point à soulever est l’excellent score du Linkepartei, qui ne cesse de progresser au détriment du Volkspartei. La ligne de Svea Johansson fait des miracles et risque de devenir une force politique incontournable, ne serait-ce que par son poids et son unité face à un bloc de droite qui a malgré tout peiné à s’organiser de manière cohérente. Par ailleurs, le Linkepartei n’aura pas le Volkspartei dans les pattes et pourra donc se permettre très largement de faire peser une opposition réelle et puissante, avec fort lien populaire qui ne pourra être qu’un avantage tant en termes de communication qu’en termes politiques, la dynamique du parti semble talonner sérieusement le bloc chrétien-conservateur qui remporte une victoire issue d’héritages passés. Le dernier point, c’est le sort de la minorité suédophone, de plus en plus séduite par l’évangélisme et donc de moins en moins circonscrite dans les schémas KdH-CDU [i]id est catholique-protestant. Toutefois, de véritables revendications de développement économique sont brandies dans tout le Sonderland et si la coalition locale NP-KdH-CDU continue de se bagarrer dans ses bureaux, elle risque de ne pas voir assez clair et de négliger des réformes qui pourraient, en leur absence, favoriser leurs adversaires et propulser au pouvoir l’opposition. [/i]

Dans le Nörteborg, « l’impossible alliance » s’est accomplie. Le Linkepartei fera une coalition avec les Kinder des Herrn, dans l’étonnement général. Est-ce le cadeau empoisonné de monseigneur Siedentopp ou bien sa crotte de nez envoyée dans la face du gouvernement ? L’indépendance du clergé catholique dans ce Land d’Outre-Mer, lointain et très autonome, a impacté la ligne politique de la section locale du parti catholique Kinder des Herrn, qui n’a que faire des alliances de politique politicienne. Toutefois, nos informations sont assez certaines sur ce point ; Mgr Siedentopp a passé un coup de téléphone au responsable local des KdH et sans l’ombre d’un doute, ce dernier a reçu l’accord de l’archevêque de Kornenbourg pour organiser cette alliance. Comment en est-on arrivé à une alliance entre un parti anciennement gauchiste et anticlérical, allié au parti marxiste-LGBT dans d’autres Länder, et un parti catholique aux positions réactionnaires ? Il s’agit de comprendre le double mouvement convergent qui a amené ces deux partis à s’assoir à la même table. Du côté de la gauche, le mouvement est ancien et profond. Cela fait des mois que le Linkepartei est traversé par une fissure profonde entre une ligne loyaliste à la gauche libéral-démocrate, et un autre mouvement plus populaire et fidèle à un lointain héritage social-démocrate. C’est cette ligne qui est puissante dans le Nord et qui a poussé le parti à y faire de si bons scores. De l’autre côté, le mouvement est très récent. Comme nous venons de le signaler, afin de former les coalitions dans le Saalhausen et le Sonderland, les KdH, malgré leur puissance, ont été poussé à faire de grosses concessions aux protestants du NP mais surtout de la CDU. Il ne fait aucun doute que l’alliance avec le Linkepartei dans le Nörteborg est le retour du bâton de Siedentopp pour dire au Chancelier « Tu vois ? Je suis tellement puissant là-haut que je fais ce que je veux et que je peux gouverner… sans toi ». Toutefois, le vrai challenge est à venir : si la coalition LP-KdH s’effondre comme un rien, ce sera une humiliation sans nom pour l’un et pour l’autre. Si elle réussit, alors l’entièreté du champ politique walserreichien pourrait en être changée pour toujours. Quitte ou double.

Ci-dessous se trouve la carte finale des couleurs politiques des gouvernements religieux. En bleu foncé les coalitions libérale-conservatrices, en bleu clair les coalitions chrétienne-conservatrices, en rouge les social-libérales et en hachuré l’étrange alliance LP-KdH.

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L’ALLIANCE KINDER DES HERRN – LINKEPARTEI SE CONSTRUIT
CA PASSE… OU CA CASSE ?


FvS

Salle du Conseil du Nörteborg, Nystadten

Les résultats des élections régionales des jours derniers ont donné lieu à quelques difficultés dans le Land du Nörteborg, loin au Nord du Walserreich continental, et ce pour une raison très simple : la coalition de gauche, qui aurait dû l’emporter, a refusé de se former, à cause des velléités personnelles du Linkepartei, dont la tradition dans ce Land l’empêche de s’allier avec un parti marxiste-LGBT, en vertu de deux points fondamentaux ; le premier est la trahison des idées socialistes par le Sozialistichegerichtigkeitpartei (SGP) qui a considéré comme un nouveau prolétariat les militants LGBTQIIOHSFUHIPESF+, et le deuxième est l’éloignement des thèmes du parti (reconnaissance du mariage homosexuel, dépénalisation de la sodomie etc.) des thèmes que souhaitent développer le Linkepartei ici, à savoir un discours populaire et populiste sur les droits des travailleurs. La simple expérience a démontré l’incompatibilité d’un double discours à ce sujet. Le Sonderland, à quelques petits pourcentages près, a failli se trouver dans une situation comparable, mais une vaste coalition de droite, qui ne se fera sûrement pas sans heurt, s’est formée pour remettre les choses à l’endroit, au moins momentanément. Ici, à Nystadten, la situation a été terriblement différente, car la droite seule n’a pas pu former une coalition et la gauche ne parvenait pas à se mettre d’accord sur les thèmes d’un éventuel programme commun de gouvernement, pour les raisons que nous venons d’énumérer.

En réponse à cette situation apparemment inextricable, le Linkepartei a pris les devants, étant arrivé largement premier dans les urnes, et a posé la situation suivante, que nous citons d’après leur communiqué officiel publié le soir des élections : « Ayant obtenu près de 40% de vos voix, il n’est pas possible pour nous d’opter pour une solution par défaut qui réduirait le rôle que vous avez décidé de nous accorder. Ainsi, nous posons sur la table tous les sujets qui nous sont chers et qui sont autant de raisons pour lesquelles vous avez votés pour nous ; la défense des intérêts des travailleurs, une indépendance régionale raisonnée vis-à-vis de Westerburg, une intégration culturelle réfléchie au sein de la Bundesrepublik et une offre sociale correspondante aux besoins de chacun des citoyens. Nous saurons nous entendre avec n’importe quel parti qui se propose d’accorder une importance fondamentale aux mêmes sujets ». Le ton était dès lors donné ; tous les partis qui sont désireux de monter une coalition sont autorisés dès lors à déposer leurs CVs et lettres de motivation au bureau régional local du Linkepartei. Et le Volkspartei est venu déposer sa candidature, qui a reçu une fin de non-recevoir ; c’est même plus que ça, les journalistes présents sur place affirment que la réunion entre cadres du Linkepartei et du Volkspartei a été très courte, et que ces derniers sont partis non pas en claquant la porte mais avec des moues particulièrement révélatrices de ce qui a pu se passer durant leur entretien, et c’est alors que les cadres du Kinder des Herrn se sont présentés avec, en bon parti catholique, des prêtres, qui se sont alors assis à la table d’anciens militants libertaires.

Toutefois, ce n’est pas sans un petit coup de pouce que cette drôle d’union s’est réalisée, et pour être tout à fait exact, il y a eu un double mouvement, venant chacun d’un côté. Du côté des Kinder des Herrn, c’est un coup de téléphone du chef du parti, l’archevêque Siedentopp, qui a changé la donne ; il a appelé les cadres locaux et personne ne saura jamais ce qu’ils se sont dits. Toutefois, l’hypothèse la plus plausible est la suivante : les KdH se sont fait flouer par le Nationademokratische Partei (NP) et la Christliche Demokratische Union (CDU) dans le Saalhausen et dans le Sonderland, dans le sens où le parti a dû faire d’énormes concessions pour entrer dans les gouvernements locaux, en plus aux côtés d’ennemis historiques. Ainsi, une alliance avec les pires ennemis du NP et de la CDU est une petite crotte de nez envoyée dans la tête du Chancelier, le privant d’une situation trop alléchante et favorable ; ce coup ne sera pas oublié. La seconde partie du mouvement vient du Linkepartei, c’est le mouvement de Svea Johansson. Originaire du Sonderland, l’inspiration de l’aile populiste et populaire du Linkepartei s’est rendue, physiquement, au Nörteborg, pour y insuffler la bonne conduite à suivre. Sa stratégie est apparemment assez claire : tenter le tout pour le tout et prouver la puissance de sa ligne en réussissant, en s’alliant avec n’importe qui. Si on peut monter une alliance victorieuse avec les Kinder des Herrn, alors qui peut nous arrêter ?
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QUEL AVENIR POUR LA CDU ?
LE POTENTIEL SOUS-ESTIME DES CHRETIENS DEMOCRATES



CDU

Edda STEINWALD, Présidente de la Christliche Demokratische Union (CDU)

Si tout le monde a évoqué avec raison les casses têtes du Nord, du Saalhausen au Nörteborg en passant par le Sonderland, peu ont évoqué les résultats de l’Est. Dans ces Länder qui forment le corps historique du Walserreich, un cumul rapide de toutes les voix font de la Christliche Demokratische Union (CDU) l’un des premiers partis, et en fait l’un des plus performants dans certaines régions. Toutefois, le second point qui doit être souligné est la constitution de bastion qui durent parfois depuis plus de 50 ans et l’incroyable constance des scores de ce parti dans ceux-ci. Dans les Länder de Westerburg, Wartberg, Ulmau et Suhligen, les scores régionaux du parti flirtent toujours avec les 20%, ce qui en fait, contre toute attente, un partenaire essentiel des coalitions de droite, alors même que de nombreuses personnes prédisaient la mort du parti suite à ses résultats plus que médiocres aux élections nationales. Toutefois, il faut peut-être plutôt considérer que la CDU a complètement réorienté ses stratégies. En effet, personne n’ose se moquer de la CDU, car ses résultats aux élections régionales demeurent toujours une surprise capable de faire basculer la balance ou plutôt, d’empêcher les adversaires, comme une digue bien ancienne mais tout à fait solide. C’est la raison pour laquelle dans le Nord du Walserreich, le Nationaldemokratische Partei (NP) n’a fondamentalement pas pu se passer de la CDU et s’il l’avait fait, il aurait sapé un immense soutien. De plus, son alliance avec les Kinder des Herrn (KdH, parti catholique) risque de sérieusement endommager son image face à l’électorat de la CDU, le rendant encore plus dépendant, justement, de ce parti.

En effet, c’est le point essentiel qu’il faut comprendre si l’on veut saisir toute la complexité et en fait toute la stratégie adoptée par Edda Steinwald ; elle qui ne faisait pas l’unanimité à son arrivée a réussi à fermer des bouches. Elle a parfaitement compris quel était l’électorat de la CDU ; les petits pasteurs protestants et leurs ouailles. Il s’agit d’un vote très divers socialement, qui reflète les fidèles des églises luthériennes et qui ne connaît aucune discrimination ville-province, riche-pauvre ou même homme-femme, bien que l’électorat de la CDU soit bien plus féminin que les autres. Se concentrer sur les « idées » du parti est un contresens qui empêche la lecture de ses résultats ; la démocratie chrétienne a été l’un des piliers fondateurs du Walserreich, et les walserreichiens le savent très bien, en lui étant particulièrement reconnaissant par ailleurs. Toutefois, ce n’est pas le point fondamental qu’il faut retenir. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’une large partie des cadres locaux de la CDU sont des pasteurs protestants qui n’hésitent pas, au culte avant chaque élection, de mettre en avant leur amitié avec le candidat de la CDU, un « sincère chrétien » « qui œuvrera pour le bien de notre Land et de notre paroisse ». Et c’est ainsi que la queue se forme durant les bureaux de vote juste à la sortie de l’église, et comme l’a très bien résumé un expert politique walserreichien : « Si les bureaux de vote fermaient à midi, alors la CDU serait la première puissance politique du Walserreich ».

Alors la question de l’avenir de la CDU est posée ; doit-il continuer à viser, comme elle l’a été pendant longtemps, la Chancellerie ? Ou doit-elle au contraire se borner à devenir un parti local, puissant et sérieux, capable de mobiliser un petit électorat nombreux et stable ? Il n’est pas impossible d’envisager une nouvelle orientation du parti vers cette deuxième solution, peut-être plus efficace à long terme qu’une longue guerre épuisante et éreintante qui finirait par avoir raison du parti en l’usant dans une course qu’il ne gagnerait pas, qu’il ne peut pas gagner au vue de ses parts électorales. Toutefois, le coup n’est pas joué d’avance : si l’on veut être un bon parti régional, il faut structurer ses bases et construire un féodalisme raisonné et savoir s’étendre petit à petit sans avoir les yeux plus gros que le ventre, d’autant plus que la structure fédérale du Walserreich donne aux élections régionales une importance que ne peut pas négliger un parti qui a des ambitions nationales. Ainsi, la CDU doit se positionner par rapport à des alliés potentiels. Pour le moment, c’est sans aucune surprise que le Nationaldemokratische Partei (NP), parti national s’il en fût, se propose systématiquement comme allié de la CDU ; le libéral-conservatisme et la démocratie chrétienne ont des gênes communs qu’ils n’hésitent pas à mettre en avant pour justifier une union qui a plus d’une fois régné avec un certain brio sur le Walserreich. Ainsi, tout porte à croire que cette réorientation stratégique de la CDU ne sera jamais officiellement entérinée, mais elle se présentera petit-à-petit comme une évidence aux yeux de chacun.
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NOUVEAU COUP DE VIS CONTRE LA PEDOPHILIE
LES MOUVEMENTS HOMOSEXUELS DANS LE VISEUR ?


FvS

Reconstitution,

La Ministre de la Justice Sachsa Altmann a prononcé hier soir un nouveau discours pour énumérer les lois qui allaient être allégées et celles qui allaient être renforcées. Il est assez fréquent au Walserreich que certaines lois et notamment certaines peines, soient allégées avec le temps pour des raisons administratives et pratiques. Toutefois, il arrive aussi que des peines de prisons soient massivement alourdies pour des raisons qui ne sont pas toujours très claires –ce qui est souvent reproché aux politiques-. Cela dit, hier soir, c’est en présence du Chancelier Günther Hammerthal que cette prise de parole de Sachsa Altmann a eu lieu. Tout d’abord, il faut mentionner la place que celle-ci est en train de prendre ; elle qui fut nommée pour ses positions sérieusement rigoristes a fait forte impression hier soir, en accordant aux journalistes une petite conférence de presse, tenue sans aucune note, à laquelle elle a répondu présente avec une remarquable efficacité et vivacité d’esprit. Peu de politiques ont aujourd’hui la capacité de conduire une interview de manière aussi brillante, et tout le monde a été impressionné, à tel point que certains commencent tout doucement à voir Sachsa Altmann comme la candidate la plus crédible pour succéder à Günther Hammerthal à la tête du Nationaldemokratische Partei (NP) d’ici quelques années, lorsqu’il aura fait son temps. Ce n’est toutefois pas le sujet que nous souhaiterions traiter dans ces lignes : hier soir, Sachsa Altmann a proposé une vaste série de nouvelles dispositions pour combattre la pédophilie, avec notamment une condamnation plus claire de la détention d’images pédopornographiques, ce qui est très délicat car on entre souvent en contradiction avec le principe de respect de la vie privée et de protection des données.

C’est toutefois la manœuvre politique qu’il s’agit de saisir. En effet, la protection des enfants est un sujet très sérieux qui est pris très à cœur par une large partie de l’électorat protestant et estien du Walserreich. Or, pour qui vote cet électorat ? La Christliche Demokratische Union (CDU), l’alliée fondamentale du NP. Ces lois s’adressent en effet aux électeurs de la CDU, pour leur prouver que les préoccupations qui sont les leurs sont entendues par leur allié qui tient actuellement la Chancellerie. Certains personnages un peu cyniques n’ont pas hésité à rappeler que le NP venait de s’allier dans le Nord au parti catholique Kinder des Herrn (KdH), entretenant un rapport tout particulier à la pédophilie. Toutefois, cette assertion relève plus du cynisme qu’autre chose. En effet, une récente étude conduite dans les prisons et dans les archives de la Bundespolizei démontre que les faits de pédophilie se retrouvent principalement parmi deux viviers de population : les instituteurs et les militants homosexuels. Les professeurs sont déjà très largement corsetés et visés par des démarches anti-pédophiles grâce au puissant système de parents d’élèves qui veille au grain. En revanche, il existe un certain flou pour les mouvements homosexuels, qui contiennent en leur sein beaucoup de pédophiles mais qui sont difficiles à attraper car leur engagement politique les protège en grande partie, en plus d’un secret (évidemment) bien gardé sur leurs pratiques. Sachsa Altmann a rappelé hier soir que la plupart du temps, les pédophiles n’écopaient que de faibles peines de prison car ils étaient arrêtés non pas pour acte pédophile mais pour détention d’images pédopornographiques, après enquêtes sérieuses de la Bundespolizei qui trace les téléchargements de tel matériel. Or, disposer d’images illégales est un délit qui n’a pas une très grande gravité.

Les mouvements homosexuels en question, après avoir tenté vainement d’ouvrir un contrefeu contre l’église catholique, se sont sentis visés par un tel durcissement des lois. Ils pensent en effet qu’il s’agit d’une disposition visant à considérer tout homosexuel comme un pédophile en puissance et une porte ouverte vers leurs données personnelles pour fliquer encore plus leurs vies privées et saisir la moindre occasion de les mettre en porte-à-faux aux yeux de la loi, ce dont Sachsa Altmann s’est bien évidemment défendue en mettant en avant la protection de l’enfance avant toute chose. Alors, manœuvre politicienne ? Mesure rigoureuse pour montrer l’orientation du gouvernement ? Ou mesure anti-lobbyisme LGBT ? Aucune solution ne paraît exclure les autres, mais il faut demeurer prudent.
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EMMA FINCKELBACH PREMIERE DAUPHINE „SEULEMENT“ ?
SOUPCONS DE FRAUDE AU CONCOURS MISS MONDIAL


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Emma Finckelbach, « Première Dauphine » de Miss Mondial 2005

La compétition Miss Mondiale n’a jamais été le plus populaire des évènements internationaux et pour cause ; un certain fond puritain profondément ancré dans la société walserreichienne a longtemps empêché l’exposition de femmes de cette manière. Les pasteurs luthériens ont rappelé que cette pratique d’exposer des femmes sur une tribune pour ensuite les laisser à la libre-appréciation d’un parterre de personnalités lubriques rappelle étrangement la même pratique que celle des anciens Babyloniens, l’anti-Jérusalem, l’anti-juive et donc l’anti-chrétienne par excellence. Ainsi, c’est sans l’ombre d’un étonnement que l’on a pu constater ces dernières semaines de nombreuses manifestations menées par des personnalités de tout bord, souvent des cadres de la CDU (Christliche Demokratische Union), pour demander le report ou tout au plus « la délocalisation » de ce concours dans un autre pays. En effet, l’interdiction demandée de ce concours se heurte au respect de la liberté individuelle des personnes en question, à juste titre, et certains ont donc simplement demandé à ce que le Walserreich retire sa candidature, mais apparemment, tout était déjà sur pieds et il aurait été irrespectueux de demander un report ; de nouveaux locaux, de nouveaux matériels, bref, toute une organisation à revoir, ce qui hérisse les poils de n’importe quel Walserreich bien élevé, si attaché au bon ordonnancement des choses. Toutefois, les autorités ayant déposé la candidature du Walserreich ont proposé un compromis, qui était de « délocaliser » ce concours dans la cité-Land de Gütthaven, où il a effectivement eu lieu ; ce centre de débauche babylonienne dans le Golfe est souvent considéré comme une tumeur du Walserreich, une enclave qui agit comme un bouchon de cocotte-minute qui siffle pour éviter à la société puritaine d’exploser, mais peu importe ces tergiversations, le problème est apparu là où on ne s’attendait pas.

La rousse d’Albel a apparemment remporté le concours en obtenant 16 points, tandis qu’Emma Finckelbach, la sémillante et parfaite blonde du Walserreich, n’obtient que 13 points et se présente donc en deuxième position. Peu importe la troisième arrivée. Il est possible dans un premier temps de faire preuve de bon sens et de juger qu’Emma Finckelbach est factuellement plus belle que la rousse, n’importe quel homme pourvu d’un minimum d’hétérosexualité l’aura parfaitement remarqué, et le charme du Nord d’Emma surpasse très largement la vulgarité refaite et redessinée d’une rousse du Sud appartenant à une race lascive et paresseuse. Il est toutefois possible de rejeter ces arguments pour des questions de goût propre ; il est au passage plus juste d’accuser le jury d’avoir des goûts très mauvais, ce qui en soi n’est pas un crime. Toutefois, les règles ont été brisés à plusieurs reprises et ce, dans l’indifférence générale. Tout d’abord, la chevelure de la rousse d’Albel ne semblait pas être vraie, mais faite de morceaux de plastiques savamment racolés pour faire réels. C’est un procédé ingénieux et sûrement sympathique pour ne pas se ridiculiser au lycée après avoir fait une mauvaise manipulation de lisseur, mais dans un concours de Miss Mondiale, c’est éliminatoire en toute logique. Nous ne nous attarderons pas sur tout ce qui a été refait sur cette femme, en contraste avec la beauté naturelle et pure d’Emma, mais il n’est pas impossible de calculer le pourcentage d’artificiel et le pourcentage de chair sur la rousse et d’en déduire qu’elle n’est que partiellement un être humain. De lourdes rumeurs de corruption et vente de charmes traînent aussi dans les rues de Gütthaven ; le jury a peut-être été acheté par l’Albel qui avait besoin pour briller à l’international d’une victoire à un évènement d’une telle ampleur : ce n’est pas grand-chose, mais quand on est un petit pays, toute occasion est bonne de faire parler de soi en bien. Toutefois, il est peut-être préférable de supposer qu’il s’agit simplement d’un épiphénomène provoqué par la corruption et la triche des jurys locaux. Une enquête a été ouverte, car en plus de cela, les votes des autres pays semblent incohérents, et beaucoup se sont portés sur la rousse ainsi que sur d’autres Miss totalement anecdotiques de pays certains de ne pas l’emporter, comme pour propulser la rousse tout en sapant toute opposition crédible et sérieuse. Un prisme tout entier d’indices amène ainsi à penser qu’une sombre politique culturelle ou la prise par les cou*lles d’un jury lubrique a conduit à la défaite d’Emmea Finckebalch sans la moindre justification.

Tous les recours ont été déposés en bonne et due forme par les échevins de Gütthaven qui veulent absolument que justice soit faite et que l’image d’Emma n’en soit pas plus écharpée. Celle-ci est déjà retournée dans son Land natal auprès de sa famille pour poursuivre ses œuvres sérieuse d’aide et de soutien de l’autre. Il n’a jamais été question pour cet edelweiss épuré de danser devant les caméras en faisant la maligne, mais uniquement de profiter des caméras et des projecteurs pour répandre le bien autour d’elle, car il est utile de faire le bien, mais il est plus fonctionnel encore de le faire avec un joli sourire et une belle chevelure lisse et blonde, qu’on le regrette ou pas, il n’est pas correct de penser autrement. Bien évidemment, des voix défaitistes depuis le départ au Walserreich proposent qu’il faudrait laisser tomber l’affaire, et laisser la triche et ses conséquences se poursuivre en se contentant d’une médiocre place de Première Dauphine. C’est tout à fait triste de constater que le patriotisme de certains se limite à des sujets gris et froids, et qu’aucune de ces personnes ne pourrait logiquement se réjouir de voir le Walserreich briller dans un domaine où on ne l’attend pas.
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GÜNTHER HAMMERTHAL SORTIRA-T-IL DE SON TROU ?
LE CHANCELIER ESSUIE LES CRITIQUES DE L’OPPOSITION SANS BRONCHER



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Günther HAMMERTHAL, Chancelier du Walserreich et président du Nationaldemokratische Partei (NP)

Les élections régionales ont consacré, apparemment, la domination de la droite libéral-conservatrice sur tous les plans ; elle domine 7 coalitions sur 12 et participe à une huitième dans le cas très particulier du Nörteborg déjà largement évoqué dans les colonnes de ce journal. Ainsi, il semblerait que le pari que s’était posé Hammerthal est remporté : au moins huit Länder sur douze auront un gouvernement régional qui favorisera et acceptera les régulations du gouvernement central. C’était le but recherché et il est atteint. Il était alors possible, avec plus ou moins de certitude, de définir quel serait le comportement du Chancelier face à une situation aussi confortable, connaissant la personnalité du bonhomme. Les jours qui l’ont suivi l’ont apparemment confirmé. Günther Hammerthal, fidèle à lui-même, s’est réfugié dans une modeste discrétion et n’est apparu que pour remercier les électeurs d’avoir accordé une grande confiance fondamentale au mouvement d’idées qu’il avait décidé de représenter et qu’il portait. Beaucoup de commentateurs ont été déçus du discours d’Hammerthal et auraient peut-être aimé qu’Hammerthal leur donne, non pas plus de caresses dans le sens du poil, mais plutôt une ligne claire sur l’avenir et des perspectives de développement plus claires. Sa position attentiste n’a pas convaincu, comme si, finalement, il avait remporté des élections sans les remporter, ne capitalisant pas sur les bénéfices qu’il venait d’engranger. Faute politique ou calcul savant ? Aucune des deux hypothèses n’est exclue mais il est tout aussi ridicule de supposer la bêtise politique d’Hammerthal –comment serait-il devenu Chancelier ?- que de l’imaginer en grand marionnettiste tirant les ficelles d’un plan mystérieux destiné à l’avènement du conservatisme éternel.

Il faut toutefois se questionner sur les atouts réels dont il dispose dans sa main. La victoire des conservateurs aux élections régionales est-elle une victoire en demi-teinte, une victoire à la Pyrrhus sur laquelle ils tentent d’attirer les regards pour éviter que l’on constate leurs importantes faiblesses ? En effet, le gouvernement a perdu pied dans le Land de Westerburg, celui de la capitale du Walserreich. Les luttes politiques y ont toujours été particulièrement ardues, c’est vrai, et les sociaux-libéraux y ont toujours fait de remarquables percées, et celles-ci, loin d’être des percées, sont en tout cas une puissante implantation : c’est la quatrième fois que les Länder de l’Ouest se colorent de rouge, d’affilées, et il faut remonter aux années 80 pour y trouver les conservateurs en tête, ce qui n’est quand même pas commun dans l’histoire politique walserreichienne qui est connue pour ses variations. Il est peut-être possible de supposer qu’Hammerthal savait la bataille perdue et qu’il a concentré ses forces ailleurs, notamment dans les Länder du Nord, mais si c’est le cas, alors sa stratégie a été mitigée dans ses résultats. En effet, au Nord, rien n’aurait été possible sans l’alliance avec l’Archevêque du Diable, le sulfureux Monseigneur Siedentopp, qui s’est sacrifié lui-même pour propulser son parti dans trois gouvernements régionaux, ce qui est une première et probablement la plus grande percée à ce jour. Ces alliances nécessaires pour le NP ne sauraient se faire sans heurts, car l’allié traditionnel du NP n’est pas la droite catholique mais la droite protestante, pire ennemie de la première ! Ainsi, le NP s’est adjoint au Nord une droite catholique très clivante sans laquelle il ne peut pas régner et qui la rend louche. A l’Est, il n’a pas pu se défaire d’une alliance avec les réseaux protestants locaux qui ont témoigné d’une solidité absolument à toute épreuve. Au Sud, le NP a eu peine à se glisser dans le lit de l’Agrarpartei, qui s’est taillé la part du lion dans les trois plus grands Länder du Walserreich. Dans chacun des trois cas, le NP est dans une position quelque peu difficile et s’apparente plutôt à un cadavre d’un père en train d’être dévoré par ses trois frères.

Pendant longtemps, on s’était questionnés sur les perspectives limitées des Kinder des Herrn et de l’Agrarpartei ainsi que sur l’avenir incertain de la CDU, mais il semblerait que la vraie question qu’il faille poser maintenant est celle de l’avenir du Nationaldemokratische Partei. Ce parti a été au pouvoir de nombreuses fois et a été particulièrement influent dans la conduite de la politique de la Bundesrepublik, et le voilà maintenant face à une déferlante conservatrice… en faveur des autres partis ses alliés. Soit le NP arrive à endiguer ce phénomène en redirigeant ses voix vers lui, soit il se condamne à une mort certaine qui ressemblera plus à une longue agonie car à l’heure actuelle, en augmentant le nombre de ses alliés, il a surtout réussi à partager le masque à oxygène à tellement de personne qu’il n’en n’a plus assez pour lui-même.
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Emma Weidenham, en direct des studios Walserreich Fernsehen à Westerburg

« Meine Damen und Herren

Les semaines qui nous ont précèdent ont été d’un goût très particulier, car beaucoup des prédictions quant aux résultats des élections régionales ont été profondément déjouées, mais les cartes sont rebattues et c’est ainsi que le jeu politique walserreichien s’enrichit, petit à petit, progressivement, avec une paix et une stabilité à toute épreuve, malgré tout. Il a été souligné que Günther Hammerthal s’était positionné lui-même dans une situation particulièrement difficile et devrait probablement compter sur une redéfinition sérieuse de sa stratégie politique s’il veut maintenir le cap pour les années à venir et pourquoi retenter un mandat de Chancelier. Toutefois, nombreux sont ceux qui, y compris dans ses rangs, redoutent le syndrome Stutzberg : l’usure due au pouvoir n’épargne personne et il semblerait que ce soit un frein sérieux non seulement à une réélection mais en plus de cela un rocher dans les engrenages de la machine idéologique que l’on entend représenter, il suffit de voir les décombres de social-démocratie que Stutzberg a laissé derrière lui, n’ayant remporté « facilement » que deux Länder et ayant dû pour 3 autres constituer des alliances particulièrement déséquilibrées.

Dans quelques jours seulement une nouvelle série débutera sur vos écrans, ici même, sur cette chaîne, avec comme titre « Le sol du Walserreich » où tout sera décrit sur la formation des couches géologiques sur lesquelles nous marchons. Cette série documentaire a une visée pédagogique très claire et fut réalisée en collaboration avec l’Université de Géographie de Westerburg, l’Office Fédérale des Forêts et différentes écoles de cinémas qui ont fourni les petites mains laborieuses et essentielles pour la constitution et le montage des épisodes de la série. Une version plus scientifique sera présentée sur notre site internet ; dès qu’un intervenant prononcera quelque chose nécessitant une preuve scientifique, sur notre site se trouvera les liens qui renverront aux articles et publications nécessaires pour bien comprendre ce qui a été dit et, pour les plus passionnés, aller plus loin.

Le Ministre de la Défense Friedrich Wolffhart était présent aujourd’hui pour l’inauguration d’une nouvelle base militaire maritime sur la côte nord du Nörteborg, inaugurant ainsi l’un des avant-postes les plus septentrionaux du Walserreich, destinés à recevoir le plus tôt possible des vedettes fabriqués dans les chantiers navals nationaux. Le froid, l’humidité, la pluie et même les quelques flocons qui se sont succédés n’ont jamais pu bloquer l’armée walserreichienne et Wolffhart non plus, il n’a pas hésité à faire un petit tour sur l’eau avec le général en place et les discussions ont tournés autour de la géopolitique du Grand Nord mais aussi, d’après certaines rumeurs, de politique plus politicienne, si l’on peut se permettre l’expression. Si ces rumeurs venaient à être confirmées, il ne fait aucun doute qu’un tollé certain résonnerait dans les couloirs des institutions walserreichiennes, d’autant plus qu’une rencontre entre Wolffhart et les cadres locaux du Linkepartei a apparemment eu lieu, épaississait le mystère du chef de l’Agrarpartei.

Fait insolite du jour : le plus jeune polyglotte du Walserreich a reçu aujourd’hui un prix après une compétition nationale à Sällen. Le jeune homme, Erik Badgrun, originaire du Nörteborg, a grandi dans un foyer où quatre langues étaient couramment parlées. Il les maîtrisait parfaitement à l’âge de 6 ans avant de débuter l’apprentissage de nouvelles langues dès le Gymnasium pour terminer aujourd’hui à 17 ans à une maîtrise totale de 8 langues avec une aisance remarquable. Ayant reçu une bourse nationale d’études grâce à ce prix, Erik Badgrun entend poursuivre ses études dans le domaine de la diplomatie afin de rejoindre l’Office des Affaires Etrangères dans les années à venir, toutes nos félicitations à lui ! »
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CONGRES DU LINKEPARTEI EN VUE
LE RENOUVELLEMENT OU L’EFFONDREMENT DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE ?


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Svea JOHANSSON, députée de Sällen et membre « dissident » du Linkepartei

Les dernières élections régionales ont donné des résultats tout à fait intéressants pour le Linkepartei : alors que beaucoup d’analystes supposaient un effondrement total de ce courant de la gauche suite aux quatre mandats Stutzberg, c’est un résultat aux ressorts bien plus complexes que l’on a découvert au réveil. En effet, les résultats du Linkepartei ont été stables, voire en régression, dans les Länder continentaux notamment, tandis qu’ils sont en très forte augmentation dans les deux Länder d’Outre-Mer où il parvient même à être majoritaire. Toutefois, les enquêtes d’opinion ont donné d’autres résultats qui ont dû atterrir sur les bureaux des cadres du Linkepartei et accélérer la tenue du Congrès présentement en question. En effet, dans Gütthaven et dans le Nisnau-Wemar, les votants du Linkepartei ont choisi ce parti à 56% pour le motif « Défense des droits de minorité » et 23% pour « Questions sociales/économiques ». A l’inverse, dans le Nörteborg et le Sonderland, c’est presque le schéma inverse qui se laisse apercevoir : 76% des votants du Linkepartei ont voté pour les « Questions sociales/économiques » et à peine 8% pour la « Défense des droits de minorité », cette franche inversion dans les ordres de priorité des raisons de vote est généralement quelque chose que l’on observe d’un parti à l’autre, mais très rarement au sein du même parti. Le constat est le suivant, et il faut le tirer : la division de la gauche continue et le congrès apparaît peut-être comme la dernière solution pour garantir l’unité du courant social-démocrate.

Il s’agit tout d’abord de réfléchir aux moteurs qui ont engendré cette coupure de l’électorat au sein d’un seul et même parti. Il ne peut provenir que du fait qu’il y a au sein du Linkepartei deux forces différentes qui proposent deux plats différents aux électeurs. Ces deux forces, inutile de se cacher derrière notre petit doigt, sont assez facilement identifiables ; il s’agit évidemment de la ligne traditionnelle, incarnée par la secrétaire générale du parti, Hannah Drexler, assez proche du social-libéralisme du Volkspartei, très liée à ce dernier, et alourdissant de plus en plus son discours par des références aux minorités dans un baratin libertarien un peu lourd et réchauffé, souvent emprunté à la rhétorique homosexualiste lén(in)ifiante du Sozialistichegerichtigikeit Partei. Cette ligne est accusée de se fondre dans une Grande Coalition de gauche en oubliant totalement ses fondamentaux et en se réfugiant dans une espèce de « vote utile », de « Strategie Erst » qui rend le parti fade et illisible, mais efficace quand l’ennemi est clairement défini et que la politique politicienne prend l’ascendant sur les convictions des profondes des électeurs. La seconde ligne, incarnée par la député de Sällen (Land du Sonderland) Svea Johansson, entend revenir aux sources du Linkepartei –toutes les hérésies prétendent revenir aux sources, nous dira-t-on- avec une ligne plus social-démocrate, proche des mouvements libertaires et accordant dans ses fondamentaux une place plus raisonnée à la fois à l’Etat et à la fois à l’individu. Cette ligne a un écho tout particulier dans les mouvements ouvriers et syndicaux, parmi les jeunes actifs notamment, en soif d’une certaine justice sociale plus profonde, là où le Volkspartei et la ligne Drexler-Linkepartei s’appuient sur un « électorat d’habitude », plus âgée et en mal de renouvellement. En suivant les courbes démographiques, la ligne Johansson devrait avoir plus d’avenir, mais démonter les vieilles structures et habitudes ancrées depuis des décennies ne se fera pas sans heurt. Et ainsi arrive le Congrès.

La dernière fois que Drexler et Johansson se sont retrouvées dans une même pièce, le pugilat n’était pas loin. Maintenant, le Congrès a été proposé comme solution pour régler une bonne fois pour toute le problème. Or, connaissant les personnalités de Drexler et de Johansson, deux femmes de caractère s’il en fût, aucune ne se couchera devant l’autre. Elles ne déposeront les armes que lorsque l’une aura défait l’autre et l’aura soumise, ce qui apparaît difficile. La question est alors la suivante : le Congrès va-t-il déboucher sur un appel aux adhérents, voire à tous les citoyens walserreichiens, pour leur demander de choisir une ligne ou l’autre ? En d’autres termes, va-t-on préférer l’unité du parti au détriment des différences qui le traversent ? Il ne serait pas inintéressant, cela dit, de tenter de recréer un grand parti unique, avec un changement de nom, qui comprendrait en son sein une variété de lignes qui en ferait la richesse et le dynamisme, quitte à en entamer la réussite électorale. Si aucun compromis de ce type ne pouvait être trouvé, alors il faudrait envisager la stratégie du phénix ; la scission, chacun repart de son côté avec ses idées et ses électeurs afin de fonder un mouvement et attendre les élections et les alliances envisagées pour se mesurer face au seul vrai juge des idées et des stratégies : le peuple.
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LES FORÊTS DU GRAND NORD
AU CŒUR DE DISSENSIONS POLITIQUES



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Forêt Septentrionale, Land du Nörteborg

L’un des droits de l’homme le plus fondamental au Walserreich est la capacité à jouir presque sans limite de la nature ; ce droit peut aller jusqu’à empiéter sur la propriété privée, dans certaines conditions, ce qui est suffisamment rare pour être noté dans le droit walserreichien. Toutefois, une histoire de ce « droit de tous à la nature » serait longue et fastidieuse, car ce serait remonter très loin dans le temps que d’expliquer les rapports si particuliers qui unissent les Walserreichiens à leurs forêts, leurs cascades, leurs collines, leurs montagnes, leurs vallées, leurs rivières, leurs lacs et leur mer. Cependant, aujourd’hui, ce droit s’est très largement transformé en un droit pour chacun de pouvoir faire des randonnées partout ; les feux et les durées de campement sont strictement réglementés mais il n’en demeure pas moins que chacun sait jouir comme il faut de ce droit et même d’en tirer profit : de nombreuses offices touristiques disposent de labels leur permettant de proposer les plus belles balades du Walserreich en proposant le maximum de beaux paysages sans enfreindre le droit. C’est une position très particulière qui fait souvent la réputation de « baba cools » et « hippies » de certains quinquagénaires walserreichiens, en particulier quand ils vont à l’étranger et qu’ils appliquent leurs droits de Walserreichiens… qui bien souvent n’existent pas ailleurs, engendrant parfois de drôles de quiproquos juridiques.

Toutefois, les forêts se trouvent aujourd’hui au cœur d’une étrange controverse qui apparaît presque secondaire, et qui pourtant ne l’est absolument pas : le gouvernement est en pleine discussion à propos de la cession de portions de forêts à des entreprises privées spécialisées qui entendent utiliser le bois pour la fabrication de mobilier destiné principalement à l’exportation. Le gouvernement est intéressé par l’exportation du prestigieux label « Made in Walserreich » mais il existe en son sein des voix qui se sont élevés pour appeler à une concertation plus importante à ce sujet. Et le porte-voix de ces aspirations n’est autre que… Friedrich Wolffhart, le Ministre de la Défense. Qu’est-ce que le Ministre de la Défense entend faire au sujet de la gestion des ressources sylvicoles du Walserreich ? On pourrait arguer du fait qu’au vue de son incroyable popularité dans le Sud du pays, où la Dunkelwald est une vraie ressource à tout point de vue, il est de son intérêt strictement politique et électoraliste –ce qui se confond-, de défendre les forêts où qu’elles soient. Cependant, la question va plus loin ; les entreprises privées en question se seraient vues imposées un programme de développement durable des forêts exploitées, afin de ne pas créer ces images horribles de forêts rasées où il ne reste que des troncs dégoûtants. Il aurait alors fallu que ces entreprises gèrent intelligemment la forêt, en replantant tout ce qu’elle déracinait, sans laisser traîner de déchets inutiles et encombrants pour l’enrichissement des sols etc. Il s’agit là d’une science très développée au Walserreich, et de nombreuses boîtes de conseil spécialisées dans la question auraient pu très largement aider les entreprises en question, mais elles auraient engendré un coût supplémentaire peut-être un peu pénible à ajouter sur la facture au final, surtout lorsque ces cabinets de conseil savent qu’ils sont nécessaires et somme toute assez rare.

Toutefois, ce n’est pas là le problème, selon les tenants du camp opposé de cette micro-polémique au sein du gouvernement. Friedrich Wolffhart s’est aussi fait la voix des défenseurs de la nature tout ce qu’il y a de plus basique, dans le sens de ceux qui ne voulaient pas de forêts artificiels renouvelées mais de forêts quasi-primaires, bien plus belles, diverses et profondes à visiter et à connaître –il existe encore des coins de nature au Walserreich où l’Homme n’a pas mis sa patte-. Toutefois, il a clairement exprimé son attachement à la valeur économique mais aussi symbolique des exportations sengaïaises, mais c’est assez étonnant de voir un ministre qui se mêle de ce qui ne le regarde pas au niveau de ses compétences ministérielles, mais qui en revanche le regarde en considérant les préoccupations de son électorat. Qu’un ministre se fasse ainsi le porte-voix de son électorat et d’un courant écologiste transcourant traversant toutes les tendances politiques sans discrimination, c’est une innovation qu’il convient de souligner et pourquoi pas d’inscrire dans un schéma d’intelligence de longue haleine pour Wolffhart, dont les dents ne semblent pas vouloir cesser de grandir.
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